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25/05/2015

Effets sanitaires possibles des dynamiques environnementales des microorganismes

Le 19 mai dernier, un colloque organisé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans le cadre du « programme national de recherche environnement santé travail » (PNR EST), en collaboration notamment avec l’Ademe et le ministère en charge de l’Écologie, a fait un point sur les interactions possibles entre les microorganismes pathogènes et le milieu extérieur. Ont notamment été présentés des travaux relatifs aux effets sanitaires des dynamiques environnementales liées à des microorganismes, et l’impact possible du changement climatique sur la survenue de maladies vectorielles a été abordé par plusieurs intervenants. En effet, un réchauffement de la température fait partie des facteurs de résistance des arthropodes vecteurs et facilite leur extension.

Cyril Caminade, chercheur à l’institut des maladies infectieuses de l’université de Liverpool (Royaume-Uni), a présenté une étude sur l’impact du réchauffement climatique sur certaines maladies vectorielles, parmi lesquelles la fièvre de la vallée du Rift, zoonose qui a un fort impact sur l’élevage en Afrique. Par ailleurs, parmi les autres zoonoses préoccupantes en lien avec l’environnement et le changement climatique figurent les maladies vectorielles transmises par les tiques. Sur ce point, une équipe de recherche associant l’Anses et l’École nationale vétérinaire d'Alfort développe un outil de dépistage des pathogènes pouvant être portés par différentes espèces de tiques : des essais menés en France, aux Pays-Bas et au Danemark ont permis la détection de portages de pathogènes inattendus sous les latitudes d’Europe du Nord concernées.

Ainsi, les travaux de recherche présentés mettent en évidence l’influence des écosystèmes sur les pathogènes et les hôtes (vecteurs et hôtes définitifs). Une meilleure compréhension de ces facteurs permettra de progresser dans la prévention de ces risques.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Lien : Anses

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18/05/2015

Une technologie simple pour promouvoir la sécurité sanitaire alimentaire et lutter contre le gaspillage alimentaire

Publié mi-avril 2015 sur le site du Massachussets Institute of Technology (MIT), un article décrit les travaux de plusieurs chercheurs ayant mis au point un dispositif qui permet de contrôler l’état de fraîcheur d’une denrée carnée en détectant les gaz de putréfaction. Ce capteur composé de nanotubes de carbone peut en effet être intégré dans l’emballage.

Son principe est basé sur une réaction chimique entre des molécules de métallo-porphyrine liées à du cobalt, incluses dans les nanotubes, et les composés azotés de type amines biogènes qui se forment lors de décomposition de la viande. Cette réaction conduit à une augmentation de la résistance électrique du nanotube et, détectée par le capteur, elle serait facilement utilisable par les consommateurs, la lecture pouvant se faire via un smartphone. Un brevet a été déposé pour cette technologie, qui, si elle débouche sur un développement commercial, sera une avancée notamment pour la gestion du gaspillage alimentaire en fin de chaîne (par exemple pour les réfrigérateurs familiaux).

Source : Massachusetts Institute of Technology

 

08:59 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : mit, capteur, viande |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/04/2015

Vers l’éradication d’une deuxième maladie animale à l’horizon 2030 ?

Du 31 mars au 2 avril derniers, s’est tenue à Abidjan une conférence mondiale organisée par la FAO et l’OIE, autour du lancement de la campagne mondiale de lutte et d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR). Après l’éradication mondiale, en 2011, de la peste bovine, les deux institutions se sont engagées, en 2013, dans la lutte contre cette maladie, actuellement l’une des plus destructrices en Afrique, Moyen-Orient et Asie. La campagne mondiale fait suite au classement de la PPR en tant que maladie à statut officiel dans la version 2014 du code sanitaire des animaux terrestres, ainsi que dans la liste des maladies prioritaires dans le cadre du plan quinquennal mondial 2013-2017 de contrôle des maladies animales transfrontalières.

Identifiée pour la première fois en Côte d’Ivoire en 1942, cette maladie s’est développée considérablement depuis 15 ans pour toucher aujourd’hui 70 pays, situés dans des zones de grande pauvreté (voir carte) concentrant 330 millions de personnes et 80 % de l’élevage ovin et caprin mondial. Le coût annuel de la PPR va de 1,45 à 2,1 milliards d’euros, sachant que l’élevage est une ressource essentielle de l’économie locale, les denrées non consommées étant une monnaie d’échange pour d’autres biens de consommation.

 Situation mondiale de la PPR et apparition de foyers entre 2007 et 2014

carte-PPR.jpg

Sources : réseaux WAHIS OIE et EMRES FAO

La stratégie d’éradication de la PPR repose sur des principes d’évaluation, de contrôle et des actes médicaux (vaccinations notamment). Ainsi, seront mis en œuvre un traitement de la maladie à la source dans les pays précédemment indemnes, une communication optimisée vis-à-vis des éleveurs et un renforcement des capacités de contrôle et du réseau de laboratoires. À titre d’exemple, les campagnes de vaccination, menées ces dernières années dans certaines régions avec des résultats positifs, seront de plus grande ampleur avec une coordination par les organisations internationales.

Le succès de cette entreprise nécessite un soutien politique à l’échelle internationale, la santé animale étant de plus en plus considérée comme un bien public mondial. Les coûts de cette campagne d’éradication à l’horizon 2030 pourraient varier de 7 à 9 milliards de dollars.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : OIE

 

09:52 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : fao, oie, ppr |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/04/2015

La bioinformatique au service de la santé animale

La FAO a désigné, mi-février, l’Institut suisse de bioinformatique (SIB) comme centre de référence sur cette technologie de pointe, dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuses animales, avec en ligne de mire la fièvre aphteuse, les grippes aviaires et la maladie de West Nile.

Les experts du SIB ont développé des outils permettant d’analyser le génome des pathogènes et, ainsi, d’améliorer la détection précoce et les systèmes d’alerte rapide afin de répondre aux émergences de maladies transfrontalières. En collaboration avec l’Institut, la FAO a développé des cours en ligne sur bioinformatique et pathogènes viraux, et le SIB alimente la base de données Global Animal Disease Information System.

Source : FAO

09:24 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : fao, bioinformatique |  Imprimer | | | | |  Facebook

Collaboration entre le Royaume-Uni et les États-Unis en santé animale

Une collaboration active entre le Royaume-Uni et les États-Unis se poursuit dans le domaine de la santé animale, via le partenariat entre le National Institute of Food and Agriculture de l’USDA et le Biotechnology and Biological Sciences Research Council britannique, portant sur les enjeux communs aux deux pays dans le cadre du Collaborative Animal Health and Disease and Veterinary Immune Reagents program. Ces instances viennent en effet d’annoncer, pour 2015 et le financement de cinq projets de recherche sur les thématiques allant du développement de vaccins à l’amélioration de la résistance génétique aux maladies, et à l’écologie des maladies transmises par les insectes vecteurs.

Source : USDA

 

09:22 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : usda |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/03/2015

Les sujets prioritaires de recherche pour l’EFSA, à l’horizon 2020

Dans le cadre du projet Horizon 2020, lancé en 2011 par la Commission européenne et dans lequel avaient été retenus trois domaines prioritaires de recherche (excellence scientifique, leadership industriel et challenges sociétaux), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié, dans un récent rapport d’expertise, 42 priorités de recherche. Relatives à l’axe « challenges sociétaux », certaines de ces priorités avaient déjà été identifiées en 2012 et 2013.

Parmi les sujets mis en avant par l’Agence figurent différents domaines liés à la production agricole et alimentaire, nécessitant des travaux de recherche et des développements méthodologiques pour appuyer une évaluation scientifique et une évaluation des risques. Peuvent notamment être cités :

- des sujets liés à l’environnement et à la santé : impacts des mélanges chimiques sur l’homme et l’environnement, produits chimiques et maladies émergentes ;

- des sujets liés à la santé et au bien-être des animaux : perception par les agriculteurs et les consommateurs, innocuité des nouveaux additifs alimentaires utilisés en aquaculture, pour les santés animale et humaine et pour l’environnement, nouvelles méthodes alternatives in vitro en toxicologie pour réduire le recours à l’expérimentation animale ;

- des sujets liés aux comportements alimentaires : sources alternatives de protéines (insectes par exemple) ;

- des sujets liés aux pratiques agricoles : impact global des pratiques agricoles sur les ravageurs des cultures, protocoles écologiques de surveillance pour contrôler ces ravageurs.

Le présent rapport fait suite à des consultations effectuées au cours de l’été 2014 auprès des instances de l'EFSA. L’Agence poursuivra ce travail afin d’appuyer la Commission dans l’identification des sujets de recherche prioritaires.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : EFSA

09:50 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : efsa |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/03/2015

Le rôle de la nutrition dans la santé mentale

Selon une étude publiée en mars 2015 dans la revue The Lancet et réalisée par des chercheurs des universités australiennes de Melbourne et de Deakin, le mode de nutrition fait partie des facteurs pouvant induire des troubles mentaux chez l’individu. En psychiatrie, l’équilibre nutritionnel jouerait un rôle comparable à celui qu’il a en cardiologie, endocrinologie ou gastro-entérologie. Des associations ont ainsi été notées entre des habitudes alimentaires saines et une prévalence réduite des risques de dépression et de suicide à différents groupes d’âge. Diverses études cliniques ont démontré le rôle protecteur de certains nutriments, tels les acides gras oméga 3, le zinc, les vitamines des groupes B et D. Par exemple, chez le jeune, des carences nutritionnelles importantes durant les périodes critiques du développement peuvent engendrer le développement de troubles dépressifs et psychotiques.

Ces données soulignent l’importance de l’amélioration du régime alimentaire comme moyen de prévenir l’incidence initiale de certains troubles mentaux courants. Les auteurs conseillent ainsi aux cliniciens une prise en compte plus importante de l’équilibre nutritionnel dans l’éventail des traitements contre les troubles de la santé mentale.

Source : The Lancet

09:33 Publié dans Alimentation et consommation, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : nutrition |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/02/2015

Un rapport de l'EFSA dresse un bilan des risques liés à la consommation de lait cru

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié le 13 janvier 2015 le rapport de l’un de ses groupes d'experts (Panel on Biological Hazards), dressant un bilan des risques pour la santé humaine imputables à la consommation de lait cru (i.e. qui n'a pas été chauffé à plus de 40°C et n'a pas subi de traitement ayant un effet équivalent).

Les modalités de commercialisation de ce produit font l'objet de réglementations diverses : par exemple, la vente directe de lait cru de vache est interdite en Espagne, Pologne, Norvège, et certains pays tiers interdisent totalement sa commercialisation (Australie, Canada). Pour des raisons techniques de maintien de la chaîne du froid, la vente se fait le plus souvent en circuit court (directement à la ferme ou en commerce avoisinant). En France les distributeurs ou sites de vente sur Internet mentionnés par l'EFSA se rapportent également à des circuits de proximité (rayon de diffusion souvent faible). Les consommateurs de lait cru sont fréquemment des personnes vivant, de manière permanente ou temporaire, en milieu rural ; l'approvisionnement en milieu urbain, assez difficile, ne peut toucher qu'un public restreint.

Le risque alimentaire lié au lait cru peut être dû à une flore bactérienne très diverse incluant notamment des germes pathogènes (Campylobacter, Salmonella, Listeria, Mycobactérium tuberculosis, Brucella, Escherichia coli productrices deshigatoxines). Le lait cru peut être contaminé à différents niveaux : in vivo (pathologie de l'animal), lors de la traite (mammites, contaminations fécales), pendant le transport et la commercialisation (mauvaise hygiène de collecte et rupture de la chaîne du froid). Sur la période 2007-2012, l'Agence rapporte 27 foyers d'intoxications alimentaires associées au lait cru en Europe, soit un pourcentage très faible du nombre total d'intoxications alimentaires collectives (5363 en 2012, selon un rapport 2014 de l'EFSA et de l'European Center for Disease Prevention and Control).

Schéma représentant les sources potentielles de contamination à la ferme

efsa-lait-cru.jpg

Source : EFSA

Au terme de ce rapport, si le lait cru est une denrée sensible à consommer avec certaines précautions, il aurait été intéressant que l'Agence approfondisse également les effets positifs potentiels de cette consommation pour l’homme, qui ont fait l’objet de diverses publications scientifiques (par exemple un effet protecteur contre le développement d’allergies et d'asthme chez l’enfant).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : EFSA

 

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02/02/2015

La place de l'aquaculture dans le système alimentaire mondialisé

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a organisé en janvier dernier au Vietnam une conférence sur la santé des élevages d'animaux aquatiques, troisième manifestation de ce type depuis dix ans. Dans sa présentation de l’événement, l’OIE rappelle que la production pour l'alimentation humaine issue d'élevages aquacoles connaît une très forte progression, en particulier dans des pays en développement ou émergents, et qu’elle sera, par la fourniture de protéines de qualité, un facteur important de la sécurité alimentaire mondiale en 2050. Les échanges commerciaux internationaux de denrées alimentaires issues d'animaux aquatiques représentent déjà un pourcentage non négligeable des exportations agricoles (environ 10 %).

L’OIE souligne que pour prévenir les risques sanitaires qui pourraient découler de ce développement, il est important de définir une gouvernance, au niveau mondial, de la gestion des pathologies des animaux aquatiques, dans le cadre d'un usage raisonné des antibiotiques notamment.

Source : OIE

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12/01/2015

Les influences du régime alimentaire sur la diversité du microbiote humain

Une étude réalisée par une équipe de recherche de l'université du Colorado et publiée en décembre 2014 dans le British Journal of Nutrition révèle les importantes variations constatées dans la composition du microbiote humain en fonction de différents facteurs, dont principalement le type d'alimentation.

L'intestin humain héberge environ 100 000 milliards de bactéries, formant un système écologique complexe qui interagit avec l'hôte et des facteurs exogènes. Peu abondant chez le nouveau-né, le microbiote se développe en grande partie au cours des trois premières années, atteignant alors une composition proche de celle de l’adulte. Plusieurs facteurs influencent ce développement parmi lesquels les modalités de naissance (voie naturelle ou césarienne) et le type d'alimentation reçue lors du premier âge (allaitement maternel ou biberon de lait infantile). La population bactérienne intestinale évolue ensuite au cours de la vie : les personnes âgées hébergent en effet un microbiote sensiblement différent de celui des adultes plus jeunes.

Jusqu’à présent, la plupart des données sur la flore intestinale humaine concernaient les populations occidentales (Europe, États-Unis, Canada), et cette étude fait un bilan sur des recherches associées à des populations non-occidentales, japonaise, burkinabé et vénézuélienne notamment. Des caractéristiques spécifiques des types bactériens composant le microbiote ont été constatées, ces différences étant imputables à l'environnement, aux modes de vie et aux types d'alimentation. Ainsi, les contacts rapprochés avec des animaux sont un des facteurs de spécificité, par les échanges de bactéries commensales qu'ils provoquent. Toutefois, le facteur clé est le type de régime alimentaire : par exemple, un régime riche en fibres induit la présence du germe prevotella dans le microbiote, tandis qu'un régime riche en graisses et protéines va privilégier celle de bacteroides.

En termes de perspectives, une meilleure compréhension de la variabilité du microbiote en fonction notamment de l’origine ethnique, de l’âge ou du type d'alimentation permettra d’apporter des connaissances sur le fait que certaines populations sont plus fréquemment affectées par des pathologies de type diabète ou obésité. Il y a là également une piste pour faciliter le traitement de ces pathologies.

On peut enfin signaler que, au niveau français, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a entrepris, en collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'université d’Évry, des recherches sur le microbiote humain et en particulier le génome de certaines bactéries.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : British Journal of Nutrition

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07/01/2015

Mise en évidence de facteurs d’antibiorésistances

Le bulletin de veille scientifique de l'Anses de décembre 2014 pointe deux facteurs pouvant contribuer au développement des antibiorésistances. Un premier article identifie la diffusion de gènes de résistances dans le milieu naturel, en lien avec des effluents d'origine agricole (fumier de vaches laitières) ou urbaines (eaux usées). Un deuxième article cite plusieurs cas de mise en évidence, chez les carnivores domestiques, d'un portage de bactéries de type staphylocoque multirésistant, et notamment résistant à la méticilline, antibiotique de dernier recours. Ce type de germe est le plus souvent rencontré en milieu hospitalier.

Source : Anses, Anses

15:47 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook

Un dérivé glycolé présent dans le muscle animal à l'origine d'un phénomène inflammatoire chez la souris

Dans un article publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, une équipe californienne indique avoir identifié dans la viande, principalement bovine, la présence d'un polymère de sucres, l'acide N-glycolilneuraminique (Neu5Gc). Cette molécule, qui n'est pas retrouvée dans le muscle humain, pourrait, selon l'étude, être reconnue comme corps étranger et entraîner des réactions inflammatoires localisées. Cette constatation a été faite sur la base de résultats de tests sur des souris génétiquement modifiées de manière à ne pas produire de Neu5Gc, comme l'homme. Les réactions inflammatoires pourraient secondairement induire certaines maladies : athérosclérose, diabète insulino-dépendant ainsi que certains cancers.

Source : PNAS

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15/12/2014

Phyto-victimes : approches sociologiques d’une mobilisation improbable

Les revues Sociologie du travail et La Nouvelle Revue du Travail ont publié récemment deux articles consacrés à l’association Phyto-victimes. Les risques liés aux produits chimiques phytosanitaires sont connus de longue date – l’existence d’un système d’autorisation de mise sur le marché et d’une politique de prévention des accidents de manipulation suffisent à l’attester. Mais ils font depuis quelques années l’objet d’un débat public renouvelé et soutenu.

Ces deux articles retracent l’histoire de l’association en analysant le parcours personnel des malades : « rupture biographique » que constitue la déclaration de maladie, nombreuses difficultés pour obtenir la reconnaissance comme « maladie professionnelle », échecs des démarches administratives, engagement dans la dynamique de l’association et « exploration » des voies d’action offertes par le droit (contre les fabricants ou la puissance publique). À partir d’entretiens approfondis avec les agriculteurs concernés et leur entourage, ils apportent des éclairages intéressants sur des « acteurs périphériques » qui ont permis de surmonter les obstacles à la mobilisation : journalistes engagés, juristes spécialisés dans les affaires d’intoxication en milieu professionnel, etc.

La mobilisation d’agriculteurs constitués en association de « victimes des pesticides » a joué un rôle important dans cette mise sur l’agenda public. Pour les sciences politiques, cette action collective est particulièrement intéressante car elle était « improbable ». Les répertoires d’action des agriculteurs sont en effet plutôt orientés vers un certain conformisme, avec une prise en charge collective des revendications par les syndicats représentatifs. De plus, le statut de profession indépendante ne facilite par les mobilisations communes et partagées. Enfin, la prescription de bonnes règles d’utilisation tend à renvoyer les cas d’intoxication vers l’erreur de manipulation, la négligence, etc., et donc à insister sur les comportements à risque des exploitants plutôt que sur la responsabilité publique collective.

Par ailleurs, notons que France-Culture a consacré une émission à ce sujet en septembre dernier, où interviennent d’autres chercheurs, Nathalie Jas et Christian Nicourt.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Sources :Sociologie du travail, La Nouvelle Revue du Travail

15:14 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : pesticides |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2014

Rapport du McKinsey Global Institute sur l’obésité

En novembre dernier, le McKinsey Global Institute a publié un document de travail intitulé Overcoming obesity: An initial economic analysis, dont l’objectif est d’initier une large discussion sur les composantes d’une réponse sociétale efficace à ce problème de santé publique.

L’obésité et le surpoids touchent actuellement 2,1 milliards de personnes, soit près de 30 % de la population mondiale (2,5 fois plus que le nombre de personnes malnutries) et les projections prévoient qu'environ 40 % seront concernés en 2030. L’obésité est responsable de 5 % des décès à l’échelle mondiale et son impact économique est estimé à 2 000 milliards de $ (2,8 % du PIB), ce qui la place au troisième rang des causes humaines de décès, derrière le tabac et les violences armées, guerres et terrorisme. Dans les pays développés, elle représenterait de 2 à 7 % des dépenses de santé, et ce pourcentage serait même, selon certaines estimations, de 20 % en incluant le coût du traitement des maladies liées (ex : diabète de type 2).

Le McKinsey Global Institute a recensé 74 modalités d’actions portant sur l’obésité dans le monde, classées en 18 catégories, et réalisé une méta-analyse des résultats de recherche disponibles. Un focus a porté sur le Royaume-Uni, avec l’estimation du coût et de l’impact de 44 de ces interventions. Une analyse similaire devrait être conduite prochainement sur un pays émergent (Chine ou Mexique).

MGI-intervention-portfolio.jpg

Source : McKinsey Global Institute

Le McKinsey Global Institute tire plusieurs enseignements de ses travaux. Seul un programme systémique composé de multiples interventions, non priorisées, top-down et bottom-up, est susceptible d’être efficace et d’entraîner des changements importants de comportements. L’implication de l’ensemble des acteurs est nécessaire, tout comme le fait de s’adresser à différentes parties de la population via divers mécanismes. Dans le cas du Royaume-Uni, une telle démarche permettrait de réduire de 20 % le nombre de personnes obèses ou en surpoids, dans un délai de cinq à dix ans et avec un gain économique estimé à 25 milliards de $ par an (incluant une économie annuelle de 1,2 milliard de $ pour le système de santé). À l’échelle de la société, toutes les interventions sont rentables, sachant que doivent être travaillés à la fois le niveau d’action individuel (via l’éducation et l’incitation) et le contexte environnemental et sociétal.

À noter enfin que la démarche EPODE en France et la Healthy Weight Commitment Foundation aux États-Unis sont données en exemple de réponses intégrées mises en place.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : McKinsey Global Institute

 

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11/12/2014

Découverte d’une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides

Des chercheurs de l’Institut de microbiologie de l'École Polytechnique Fédérale de Zurich ont découvert une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides, la copsine, dans le champignon Coprinopsiscinerea.

Le mécanisme d’action de cette protéine, particulièrement stable et capable de se maintenir plusieurs heures à 100 °C, serait lié à sa capacité à se lier aux lipides constitutifs de la paroi bactérienne et à détruire ainsi la bactérie.

Structure tri-dimensionnelle de la copsine

copsine.jpg

Source : Essig A et al. JBC 2014

Pour Markus Aebis, qui a dirigé les travaux, l’intérêt potentiel principal, au-delà d'une éventuelle utilisation en thérapeutique, serait de savoir comment ces antibiotiques naturels ont pu garder une activité pendant des millions d’années alors que certains antibiotiques, utilisés depuis seulement quelques décennies, deviennent inactifs. Les structures végétales de type moisissures semblent avoir un code génétique interne leur permettant d’utiliser ces substances sans induire de résistance. Décoder cette instruction serait un sujet de recherche important.

Les applications potentielles de la copsine sont d'ores et déjà enregistrées et protégées par un brevet. Ainsi, une valorisation serait envisageable en industrie alimentaire. En effet, la copsine se révèle efficace contre la bactérie listeria, à l'origine d’intoxications alimentaires dues à la consommation d'aliments non traités par la chaleur (fromages au lait cru et viandes séchées).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : École Polytechnique Fédérale de Zurich