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14/10/2019

Interroger le concept de « frontière » pour mieux se protéger contre les ravageurs des forêts

Dans une publication récente, une équipe de chercheurs britanniques se saisit du concept de « frontière » pour en étudier les implications dans la lutte contre les pathogènes forestiers. S'il est fréquemment utilisé dans le cadre des questions migratoires et des risques liés aux déplacements de populations, ce n'est pas le cas en matière de biosécurité et de transport des marchandises.

Cette approche innovante s'appuie sur l'analyse des pratiques et des discours des acteurs de la protection de la santé des arbres (État, ONG, entreprises, scientifiques, etc.), recueillis grâce à une trentaine d'entretiens semi-directifs et à des focus groups. Ceux-ci réunissaient des participants à des ateliers déjà impliqués dans une recherche pluridisciplinaire sur les nouvelles technologies pour la détection précoce des ravageurs et pathogènes.

L'analyse est centrée sur la Grande-Bretagne mais la notion de frontière, a priori facile à définir s'agissant d'une île, paraît plus complexe dès lors qu'il est question de matériel biologique et de ses modalités d'entrée et de dissémination. Les supports des pathogènes sont diversifiés (emballages en bois, bois transformés, plantes), tout comme leurs modes de transport (camions, porte-conteneurs, avions, voitures, etc.). Enfin, leur introduction sur le territoire peut se faire sous différentes formes, plus ou moins faciles à repérer : spores, œufs, larves, etc.

De ce fait, les acteurs interrogés placent la frontière, entendue comme point d'introduction et de contrôle, à différents niveaux et lieux en fonction des produits et des ravageurs, depuis les ports jusqu'aux pépinières. Les auteurs font dès lors émerger le concept de « frontière omniprésente » (everywhere), conduisant à adapter les modalités de lutte contre les introductions de ravageurs. Ils invitent également à renforcer les contrôles à l'origine.

Enfin, si la frontière est partout, la responsabilité de tous dans la prévention et la détection précoce est engagée. La santé de la nature étant un bien commun, les auteurs proposent d'adopter la notion de « frontière pour tous » (everyone) et de définir les rôles de chacun, inspecteurs, forestiers ou grand public, tout en pointant la nécessité d'un développement des savoirs. Ces travaux prennent un relief particulier dans le contexte du Brexit, les auteurs s'interrogeant sur l'arbitrage futur entre renforcement des frontières et libre-échange.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Forests

Tendances en antibiorésistance dans les « pays en voie de développement »

Un article publié récemment dans Science s'intéresse à l'évolution de l'antibiorésistance animale dans les « pays en voie de développement ». Depuis une vingtaine d'années, la demande en viande dans ces régions a fortement augmenté : + 68 % en Afrique, + 64 % en Asie, + 40 % en Amérique du Sud. Elle est associée à une utilisation accrue des antibiotiques en élevage, à hauteur de 73 % du total mondial, pour améliorer la croissance des animaux. Or, ce mode d'usage, reposant notamment sur des doses infra-thérapeutiques, contribue à l'augmentation de l’antibiorésistance. Les auteurs ont souhaité vérifier ce fait dans les pays en voie de développement. Pour ce faire, ils ont analysé 901 enquêtes publiées entre 2000 et 2018, confirmant une élévation très importante de l’antibiorésistance sur cette période.

Évolution du nombre de déclarations d’antibiorésistance, par continent, entre 2000 et 2018

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Source : Science

Cette variation n’est pas répartie uniformément (carte ci-dessous) : des taux élevés d’antibiorésistance sont enregistrés dans le sud et le nord-est de l’Inde, le nord-est de la Chine, le nord du Pakistan, l’Iran, la Turquie, le sud de la côte brésilienne, l’Égypte, le delta du Fleuve Rouge au Vietnam, ainsi que dans les aires urbaines de Mexico et Johannesburg. Cette prévalence de l’antibiorésistance en Asie est corrélée au fait que ce continent rassemble 56 % du cheptel mondial de porcs et 54 % de celui de poulets.

Si l'évolution est générale, on note des variations selon les espèces : le taux de résistance passe, entre 2000 et 2018, de 15 à 41 % pour les poulets, de 13 à 34 % pour les porcs, et de 12 à 23 % pour le bétail. Les antibiotiques les plus concernés sont les tétracyclines, les sulfamides et les pénicillines.

Pour lutter contre cette tendance, les auteurs suggèrent une meilleure déclaration des cas d’antibiorésistance, comme cela se fait en Europe et en Amérique du Nord, une interdiction de l’utilisation en élevage de certains antibiotiques de haut intérêt en médecine humaine dans certains pays (Inde, Chine), et la création d’un fonds financier abondé par les pays développés pour effectuer des études.

Distribution géographique de l’antibiorésistance dans les pays en voie de développement

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Source : Science

Lecture : part des analyses bactériologiques comportant plus de 50 % de résistance aux antimicrobiens.

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : Science

09/10/2019

Pêche et bien-traitance animale : des expériences scientifiques d'étourdissement des poissons

En plus de poser la question de la bien-traitance animale, la mise à mort longue et douloureuse des poissons détériore la qualité de leur chair. Pour y remédier, les auteurs d'un article de septembre 2019, publié dans Plos One, ont comparé deux protocoles d'étourdissement : un lot de maquereaux a subi une première électrocution de 0,5 s, puis une deuxième de 4,5 s avant d'être immergés dans un bain de glace ; un autre lot a été soumis à un unique choc électrique de 5 s avant immersion. Pendant six minutes, la réponse musculaire des individus a été observée, toutes les minutes, pour tester l'efficacité de ces procédés.

Les protocoles testés provoquent tous deux une perte de conscience, effective à partir d'une électrocution de 0,5 s et sans interruption jusqu'à la mort des individus. Aucune trace de dommage interne (de la moelle épinière par exemple) et donc de détérioration de la qualité des poissons n'a été constatée suite à l'électrocution. Néanmoins, obtenir un procédé commercial d'étourdissement nécessiterait des travaux complémentaires pour généraliser le dispositif à l'ensemble des espèces capturées, en particulier celles de grande taille ne pouvant être facilement manipulées.

Schéma du dispositif d'électrocution

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Source : Plos One

Source : Plos One

07/10/2019

Le broyage des poussins mâles bientôt interdit en Suisse

Un article du 19 septembre 2019 du Matin faisait état d'avancées dans l'interdiction, en Suisse, du broyage des poussins mâles vivants de la filière « ponte » : l'ordonnance sur la protection des animaux est en cours d'adaptation, après avis de différentes instances, dont la Commission des sciences, de l'éducation et de la culture. Des considérations éthiques sont mises en avant sachant que, en pratique, le broyage est remplacé dans 97 % des cas par l'euthanasie gazeuse au CO2. Les autorités helvètes souhaitent de plus trouver des alternatives à l'élimination des poussins mâles : élevage de races aviaires mixtes, sexage des œufs, etc.

Sources : Le Matin, Swiss Info

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Éthique de la chimiothérapie chez le chien cancéreux

La fréquence des cancers chez les chiens augmente avec leur longévité. Ainsi, au Royaume-Uni, 27 % des décès canins sont dus à cette pathologie. La médecine vétérinaire a mis en place des protocoles thérapeutiques associant la chimiothérapie, à l’instar de la médecine humaine. L’auteure australienne de cet article pose la question de l’utilité de cette chimiothérapie au regard du bien-être animal. Pour elle, cette thérapeutique lourde peut seulement prolonger la vie de l’animal, sans pouvoir toujours mesurer la souffrance engendrée. Elle considère que le vétérinaire doit se comporter en garant du bien-être animal, parfois contre les demandes du propriétaire. Si l'article met l’accent sur l’éthique de la thérapeutique, il ne différencie pas son propos en fonction de la maladie elle-même, certains cancers pouvant atteindre une rémission complète.

Source : Animals

11:10 Publié dans Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : chiens, cancer, chimiothérapie, vétérinaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/09/2019

Les enjeux à venir pour la pharmacie vétérinaire et la santé animale

Lors de l'assemblée générale de juillet 2019 du Syndicat de l'industrie des médicaments vétérinaires (SIMV), plusieurs intervenants ont évoqué les défis des prochaines années en matière de pharmacie vétérinaire, de bien-être et de santé animale. Le contexte est très évolutif avec le règlement communautaire 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires, le Brexit, les crises sanitaires, la problématique de la résistance aux antibiotiques, la tendance sociétale en faveur du bien-être animal, etc. Parmi les sujets évoqués dans ce cadre, les intervenants ont particulièrement insisté sur : l'écotoxicité des résidus médicamenteux (humains et vétérinaires), avec l'adoption récente d'un plan d'action par la Commission européenne (communication de mars 2019) ; la montée en puissance de nouveaux partis (animalistes par exemple) lors des dernières élections européennes, porteurs de thèmes spécifiques (transport animal, abattoirs mobiles, pétition européenne contre l'élevage en cages, etc.) ; les possibles évolutions de la PAC pour mieux tenir compte du maintien de la biodiversité ; etc.

Source : SIMV

10/06/2019

Le coût global de la chalarose du frêne estimé à 15 milliards de livres pour le Royaume-Uni

Telle est l'estimation, récemment publiée dans Current Biology, à laquelle sont parvenus des chercheurs britanniques en intégrant l'ensemble des coûts liés à l'abattage, à la régénération et à la perte de services écosystémiques, conséquences de la chalarose du frêne (voir à ce sujet une autre brève sur ce blog). Dans ce contexte, des politiques de prévention contre les espèces et pathogènes invasifs, même coûteuses, s'avéreraient efficientes. Ajoutons que le canevas méthodologique élaboré pour cette estimation est mis à disposition.

Source : Current Biology

07/05/2019

Le glyphosate pourrait impacter la santé des générations futures : résultats d'expérience sur des rats

S'il existe de nombreuses études sur les impacts du glyphosate sur la santé animale ou humaine, aucune n'avait été conduite, jusqu'à présent, pour étudier les effets indirects de son utilisation sur la santé des générations futures. C'est la question à laquelle se sont intéressés des chercheurs américains dans un article publié en avril 2019 dans la revue Scientific Reports. Pour y répondre, ils ont exposé des rattes en gestation à des doses de glyphosate équivalentes à la moitié de la quantité connue comme n'ayant pas d'effet indésirable, et les ont comparées à un groupe témoin. Les auteurs n'ont pas identifié d'effet sur la santé des femelles exposées ni sur celle de leur progéniture. Ils ont, en revanche, observé une augmentation forte de la prévalence de certaines pathologies chez les deux générations suivantes (petits-enfants et arrières petits-enfants) : maladies de la prostate et des ovaires, obésité, déficiences rénales et problèmes lors des mises bas. L'analyse épigénétique des spermatozoïdes des descendants a permis d'identifier, pour certains gènes associés à ces pathologies, des différences de méthylation de l'ADN, jouant sur leur expression. Les auteurs concluent que, dans le cas des rats étudiés, le glyphosate peut induire une hérédité transgénérationnelle de certaines maladies et mutations.

Source : Scientific Reports

11:31 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : glyphosate, rats |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/05/2019

Enquêter sur l'homéopathie vétérinaire : y croire ou pas

Sur le blog Transhumances, F. Hellec (Inra) consacre une série de billets à l’homéopathie en élevage, très présente en bio, le cahier des charges restreignant fortement le recours aux antibiotiques. L’apprentissage de ces démarches s’appuie sur des échanges entre éleveurs, sur un corpus spécifique – la matière médicale –, sur des grilles d’analyse et même sur des logiciels disponibles dans le commerce. Des récits de guérisons miraculeuses, véritables « cas d’école », visent à démontrer que « quand le bon remède a été trouvé, la guérison est complète et obtenue rapidement » ; en contrepartie, les échecs sont attribués à un manque de maîtrise, sans remettre en cause la démarche elle-même. L’auteure en vient ainsi à affronter la question épineuse de l’efficacité thérapeutique de l’homéopathie. D'un côté, durant l’enquête, de nombreux discours et pratiques viennent heurter sa culture scientifique. D’un autre côté, la relation entre l’éleveur et ses animaux se trouve « profondément modifiée » : le nouveau cadre relationnel, un suivi plus attentif de l’état sanitaire, des gestes et des paroles, etc., contribuent selon elle en pratique à « ce qui marche » dans l’homéopathie vétérinaire.

Source : Transhumances, Transhumances, Transhumances

11:29 Publié dans Agriculteurs, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : élevage, vétérinaire, homéopathie |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/04/2019

Les biotechnologies pour limiter l'impact des ravageurs en forêt aux États-Unis : des problématiques inédites

Face aux menaces qui pèsent sur la forêt aux États-Unis (7 % des superficies pourraient perdre jusqu'à 25 % de leur végétation d'ici 2027), l'Académie des sciences américaine s'est penchée sur l'utilisation des biotechnologies et sur les impacts potentiels de l'implantation d'arbres génétiquement modifiés. Les experts sollicités ont d'abord réalisé un état des lieux des insectes et pathogènes dans le pays, notamment pour certaines essences emblématiques telles que le châtaigner d'Amérique, décimé par une maladie cryptogamique originaire d'Asie. Aux ravageurs importés s'ajoute l'extension des aires d'action des endémiques, et ce parallèlement au réchauffement climatique, plus rapide que l'adaptation des arbres via la sélection naturelle. La situation est d'autant plus critique que la perte d'une essence s'accompagne de la fragilisation du peuplement dans son ensemble, avec d'importantes répercussions sur les services écosystémiques.

Face à ces menaces, la possibilité de réponses telles que développées pour l'agriculture reste difficile à appréhender. La lutte contre les insectes ravageurs et pathogènes des arbres est complexe, et ce pour diverses raisons : imbrication des différents services rendus par la forêt, étendue et ouverture des espaces, diversité des essences et des patrimoines génétiques, intervention humaine en milieu naturel, pas de temps nécessaire à l'observation, l'expérimentation et l'adaptation. De plus, les auteurs font le constat d'une recherche trop peu développée, tant dans les domaines conventionnels de lutte que dans les biotechnologies. Concernant ces dernières, ils identifient plusieurs défis. Ainsi, la mise au point bio-technologique d'arbres ayant une résistance acquise aux pathogènes pose des questions sociales et éthiques inédites. Il s'agit de développer des caractères de résistance transmissibles, diffusables et durables, posant frontalement la question de la manipulation de la nature. Le pas de temps nécessaire entre deux générations est lui aussi à l'origine de difficultés spécifiques et, dépassant largement l'intérêt économique immédiat, la recherche dans ce domaine a vocation à être essentiellement financée par des fonds publics. Enfin, le temps de latence nécessaire pour expérimenter et observer les conséquences de l'introduction de ces modifications génétiques appelle un cadre réglementaire plus adapté.

Évaluation des risques liés aux insectes nuisibles et aux maladies dans les forêts américaines par sous-bassin hydrographique, 2013-2027 ( % potentiel de perte de végétation)

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Source : The National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : The National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine

11/04/2019

État des connaissances sur les pesticides et les stratégies pour en réduire l’utilisation

En février 2019, le Service de la recherche du Parlement européen a publié une étude intitulée Farming without plant protection products, réalisée par trois chercheurs de l'université catholique de Louvain (département des biosystèmes). Mise en discussion lors d'un atelier le 6 mars, cette étude propose une synthèse des connaissances sur les possibilités, pour l'agriculture, de produire sans pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) et, à ce titre, fournit diverses clés de lecture intéressantes sur ce débat d'actualité. Après un panorama général des produits et de l'évaluation des risques associés, les auteurs se penchent sur leur contribution aux rendements, sur leurs usages et leurs perceptions par divers acteurs, et analysent également les stratégies de réduction existantes et à venir. Ils rappellent que l'utilisation de pesticides permet d'éviter des pertes de rendement comprises entre 20 et 40 % suivant les cultures, mais aussi qu'elle contribue, avec d'autres facteurs (changement d'utilisation des sols, fragmentation des habitats, etc.), à la perte de biodiversité. De plus, ils soulignent que la recherche de produits se dégradant plus vite pourrait impliquer, dans certaines situations, un recours plus fréquent aux traitements.

Parmi les stratégies de réduction disponibles à ce jour, figure notamment la lutte intégrée, combinaison de mesures biologiques, biotechnologiques, chimiques, physiques, culturales ou de sélection végétale (telle que définie en 1991 et préconisée en 2009 au niveau européen). Elle tendrait à réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement, tout en s'accompagnant de l'utilisation de produits chimiques plus sélectifs. Par ailleurs, selon les auteurs, le recours aux biopesticides (en particulier en agriculture biologique) ne présenterait pas d’avantages clairement établis par rapport aux pesticides chimiques, concernant leur toxicité, leur efficacité et leur impact sur la biodiversité. Enfin, l'agro-écologie recouvre un large ensemble de pratiques, d'où une évaluation difficile de ses effets sur l'usage des produits et les impacts environnementaux et sanitaires associés.

Dans la dernière partie, les auteurs s'intéressent au potentiel de nouvelles technologies pour limiter l'utilisation de produits phytosanitaires : systèmes d’aide à la décision, sélection de cultivars grâce à CRISPR/Cas9, agriculture de précision, etc.

Pacôme Dupont-Guianvarch, Centre d’études et de prospective

Source : Parlement européen

10:24 Publié dans Agronomie, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : pesticides, parlement européen |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/04/2019

Les alternatives aux tests sur animaux dans l'Union européenne

Le site EU Science Hub de la Commission européenne a publié en février une interview de V. Zuang, auteure principale du rapport du groupe de travail sur le développement, la validation et l'acceptation réglementaire de méthodes et d'approches alternatives aux tests animaux (2018), et de M. Whelan, chef du laboratoire de référence du Centre commun de recherche dans ce domaine (EURL ECVAM). En la matière, les évolutions ont été notables ces dernières années : vision de la réglementation (directive 2010/63), méthodes in vitro ou in silico, « référence croisée » à des études sur un composé proche, etc. Le recours aux alternatives est maintenant habituel pour les substances relevant du règlement REACH. Pour l'Union européenne, un objectif d'abandon de l'expérimentation animale devait être poursuivi progressivement, car les alternatives manquent sur certaines pathologies. Des travaux internationaux sont menés dans cette optique (ex. : projet H2020 Tox Risk), notamment sur les cellules souches pluripotentes induites et les modèles de tissus artificiels.

Source : Joint Research Center

02/04/2019

Un nouveau vaccin contre la fièvre de la vallée du Rift

Le département de recherche vétérinaire de l'université de Wageningen prépare et teste, dans le cadre du programme Castellum, un nouveau vaccin destiné aux ruminants domestiques contre la fièvre de la vallée du Rift, grave zoonose fréquente en Afrique. Il existe déjà un vaccin sur le marché mais présentant des contre-indications chez les brebis gestantes. Le nouveau produit devrait, selon le communiqué de Wageningen, satisfaire aux conditions d'efficacité et d'innocuité pour tous les animaux, et son prix être compétitif sur le marché africain.

Source : Wageningen University & Research

15/03/2019

Rapport de l'OPCC sur le changement climatique dans les Pyrénées : impacts, vulnérabilités et adaptation

L'Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC) a publié récemment un rapport mettant à jour les connaissances sur les conséquences des évolutions du climat sur le massif des Pyrénées, proposant des recommandations et identifiant dix défis, présentés dans une vidéo en ligne. Lancé en 2010, l'OPCC analyse la vulnérabilité sociale, économique et naturelle au changement climatique de cette biorégion, s'appuyant sur une coopération transfrontalière : près de 100 scientifiques et experts ont ainsi contribué au présent rapport. Dans cette zone de montagne particulièrement vulnérable, le changement climatique est un « facteur de stress supplémentaire », aggravant les difficultés actuelles : dépeuplement, changements d'affectation des sols, faible renouvellement des générations dans le secteur primaire. Une augmentation récente de la température moyenne annuelle et une diminution des volumes annuels des précipitations sont ainsi documentées, et un accroissement progressif des températures minimales et maximales est modélisé.

Évolution de la température moyenne annuelle dans l'ensemble des Pyrénées durant la période 1959-2010 (en rouge, anomalie positive par rapport à la valeur moyenne de la période de référence 1961-1990 ; en bleu, anomalie négative ; en noir, moyenne mobile pour une période de dix ans)

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Source : OPCC

Parmi les impacts étudiés sur les systèmes biophysiques et les secteurs socio-économiques, retenons par exemple ceux identifiés pour les forêts : modification de la diversité des communautés et de la distribution des espèces, déplacement en altitude et recolonisation des zones de pâturage, altération de la productivité et du rôle de puits de carbone, dégradation des conditions de santé et apparition de nouveaux pathogènes. Les capacités forestières de protection contre des risques naturels seraient affectées et le nombre et l'intensité des incendies pourraient augmenter. S'appuyant sur ces constats, les auteurs recommandent par exemple de maintenir voire développer les activités agricoles, pastorales et sylvicoles, pour diminuer le volume et la continuité des combustibles, assurer une mosaïque d'habitats plus résilients, etc.

Types de successions possibles d'essences sous l'effet des changements climatiques en zone de montagne pyrénéenne

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Source : OPCC

Du côté de l'agropastoralisme, l'OPCC identifie, par exemple, une expansion de cultures méditerranéennes (ex : vigne, olivier), une baisse de la productivité (manque d'eau, modifications de calendriers, phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents), la perte de diversité floristique des pâturages, ou encore des impacts négatifs accrus sur la santé et le bien-être des animaux d'élevage. Là encore, des recommandations sont proposées : renforcement ou réorientation des plans de suivi et de surveillance des ravageurs et pathogènes, gestion conservatoire des sols, primes à la modernisation des systèmes de ventilation des bâtiments d'élevage, etc.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : OPCC, OPCC

12/03/2019

Le Centre d'études stratégiques de la Marine s'intéresse aux rapports entre mer, agriculture et sécurité alimentaire

Le Centre d'études stratégiques de la Marine (CESM) se penche actuellement sur les relations entre mer et agriculture, notamment à travers le prisme de la sécurité alimentaire. Dans cette perspective, il organisait le 27 février 2019, avec le Club Demeter, un colloque intitulé « Mer et agriculture, itinéraire d'un grain de blé » (voir le compte Twitter du Centre pour les temps forts).

En parallèle, le CESM publie le numéro 15 de sa revue Études marines, intitulé « Nourrir ». Comportant trois axes (« Ressources de toujours », « L'avenir », « Les enjeux »), il regroupe des contributions scientifiques et professionnelles variées. Dans la première partie, un article s'intéresse aux enjeux de la production d'algues dans trois domaines : l'alimentation humaine, la médecine, l'alimentation animale. Il souligne le caractère ancien de ces utilisations dans des régions très diversifiées (Asie, mais aussi Irlande, Norvège et, plus localement, Normandie et Bretagne). Concernant l'alimentation humaine, l'auteure note une tendance récente, en France, à la consommation des algues comme légumes (macro-algues) et condiments (micro-algues). Trois facteurs expliquent, pour elle, cette tendance : la demande d'aliments « naturels » de la part des consommateurs, le développement des régimes végétariens (qui trouvent dans les algues une source de protéines, de minéraux et de vitamines), le succès de la cuisine innovante inspirée de la gastronomie japonaise. En médecine pharmaceutique et vétérinaire, les algues contiennent des substances, non présentes sur terre et méconnues, qui révèlent un large potentiel sous-exploité : perspective, par exemple, d'un usage susceptible de réduire le recours aux antibiotiques en santé bovine.

Principales macro et micro-algues alimentaires consommées en France

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Source : CESM

La deuxième partie (« L'avenir ») propose deux axes d'étude : le dessalement de l'eau de mer comme réponse potentielle au manque d'eau (y compris potable) induit par le changement climatique ; la place de l'aquaculture dans la nourriture mondiale (cf. carte). Enfin, la dernière partie (« Les enjeux ») met en lumière, d'une part, les enjeux sanitaires qui restent prégnants dans le cadre de la conchyliculture ; d'autre part, les rôles multiples que joue la Marine nationale pour l'approvisionnement et la sécurité alimentaire du pays : sécurisation des flux, police de la pêche, protection de l'environnement marin.

Principaux pays et régions producteurs en aquaculture

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Source : CESM

Hélène Milet, Centre d'études et de prospective

Source : CESM