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15/09/2020

Une estimation des conséquences économiques des sécheresses sur le secteur agroalimentaire italien

Sous l'effet du changement climatique, l'Europe connaît des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, intenses et longs. Dans un article publié dans la revue Land Use Policy, une équipe du Centre commun de recherche (Joint Research Center) propose une modélisation rétrospective visant à estimer les conséquences économiques des sécheresses survenues entre 2001 et 2016 en Italie. Si ce type de travaux fait régulièrement l'objet de publications (voir à ce sujet un précédent billet), l'originalité du travail présenté ici réside dans le fait que l'analyse ne se limite pas au seul secteur agricole, mais inclut également les secteurs de l'aval (transformation, distribution, etc.).

La modélisation combine un modèle statistique estimant la corrélation entre le rendement des principales cultures et l'intensité des sécheresses, et un modèle économétrique d'équilibre général régionalisé appréciant les répercussions économiques de la diminution de production agricole suite au déficit en eau. Il en ressort un impact relativement limité des sécheresses sur l'économie italienne en général : la réduction estimée du PIB varie de 0,03 % en 2011 (sécheresse modérée) à 0,1 % en 2003 (sécheresse extrême). Les impacts sur le secteur agricole sont cependant significatifs puisque, d'après la modélisation, l'épisode de 2003 aurait engendré une diminution de la production de plus de 2 milliards d'euros (- 3,74 %). Le secteur des fruits et légumes aurait été le plus touché (- 8,69 %), et celui des oléagineux, principalement l'olivier, le plus épargné (- 0,43 %). Les pertes subies par le secteur primaire ne représentent toutefois que 60 % des pertes totales de la filière alimentaire, le reste pesant sur les autres secteurs d'activité, en particulier les industries de transformation (20 %). Les auteurs notent que cette répartition des pertes semble être constante et varie peu en fonction de l'intensité de la sécheresse.

Estimation des impacts économiques des sécheresses de 2003 (extrême), 2006 (intermédiaire) et 2001 (modérée)

Secheresses.jpg

Source : Land Use Policy

Sur la base de ces constats, les chercheurs concluent en estimant que la prise en charge, par les politiques publiques, des conséquences économiques des événements climatiques, tels que les sécheresses, ne devrait pas se limiter au seul secteur agricole, mais inclure l'ensemble de la filière agroalimentaire.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Land Use Policy

18:18 Publié dans Agronomie, Climat, Environnement, IAA, Production et marchés | Lien permanent | Tags : italie, sécheresse |  Imprimer | | | | |  Facebook

Cartographie des risques structurels pour l'Union européenne

Fin juillet 2020, le service de la recherche du Parlement européen a publié une analyse des risques structurels, pour la prochaine décennie, à l'échelle de l'Union. À la suite de la crise du Covid-19, il s'agit d'une première contribution pour favoriser une meilleure prise en compte des anticipations et approches systémiques dans la conception des politiques publiques. Les auteurs ont caractérisé et classé 66 risques, puis identifié ceux nécessitant une action immédiate. Retenons par exemple, dans le champ des risques économiques et financiers, l'instabilité accrue sur les marchés agricoles, la concentration croissante de la production primaire, ou encore des ruptures d'approvisionnement alimentaire. Du côté des aspects environnementaux, figurent notamment l'échec des actions climatiques, les crises sur la ressource en eau et la destruction de terres agricoles.

Source : Think tank du Parlement européen

 

16:00 Publié dans IAA, Production et marchés | Lien permanent | Tags : risques, union européenne |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/07/2020

Besoins en financement de l'agriculture et de l'agroalimentaire dans l'Union européenne : enseignements de l'étude fi-compass

Conduite à la demande de la Commission européenne et de la Banque européenne d'investissement, l'étude fi-compass a été publiée en juin 2020. Elle analyse l'offre et la demande de financements dans les secteurs agricole et agroalimentaire, dans 24 États membres, en suivant une méthodologie commune. L'étude repose sur deux enquêtes téléphoniques menées en 2018 et 2019, auprès de 7 600 agriculteurs, complétées par un examen des statistiques publiques européennes et nationales, et d'entretiens avec des parties prenantes, administrations et organismes financiers. Chaque pays a fait l'objet d'un rapport individuel, accessible sur un portail dédié. Une des contributions originales de l'étude consiste en l'estimation du déficit de financement (financing gap), défini comme la « demande de crédit non satisfaite en raison de contraintes ou d'absence d'accès au financement », et qui comprend à la fois les demandes rejetées ou découragées (anticipation de rejet).

Dans le cas de la France, plusieurs résultats intéressants se dégagent. Tout d'abord, le marché du crédit augmente dans le secteur agricole depuis plusieurs années, avec 52,7 milliards d'euros de prêts en 2018 contre 47,7 milliards en 2015. Néanmoins, les auteurs estiment qu'il existe un déficit de financement, entre 1,3 et 1,7 milliard d'euros, en dépit de conditions d'accès au crédit favorables et de taux d'intérêt bas. Les crédits sont inégalement répartis, 15 % des exploitations agricoles concentrant 65 % des volumes de prêts. Enfin, les nouveaux entrants et les jeunes agriculteurs connaissent un accès plus difficile au crédit, comme les porteurs des projets les plus innovants.

Déficit de financement du secteur agricole français par type de produit bancaire, 2017

FiCompass1.jpg

Source : fi-compass

Dans le secteur agroalimentaire français, la hausse de l’investissement est nettement plus marquée que pour l'agriculture (+35 % entre 2014 et 2017) et elle atteint 13 à 14 milliards d'euros en 2018. Cependant, le déficit de financement dans ce secteur serait de 2,9 milliards et concernerait à 88 % les petites entreprises. Sur la base de ces diagnostics, l'étude propose une série de recommandations, en faveur notamment d'évolutions du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

Déficit de financement du secteur agroalimentaire français par type de produit bancaire, 2017

FiCompass2.jpg

Source : fi-compass

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : fi-compass

15:37 Publié dans Exploitations agricoles, IAA | Lien permanent | Tags : financement, fi-compass, crédits, prêts |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/07/2020

15,9 millions de personnes travaillent à la production, la transformation et la vente de produits alimentaires dans l'Union européenne

La direction de la Commission européenne en charge des statistiques (Eurostat) a publié, en mai 2020, une note sur les 15,9 millions d'employés du secteur de l'approvisionnement alimentaire, représentant 8 % de l'emploi total européen. Elle souligne les variations importantes entre les pays : la Roumanie (23 %), la Grèce (18 %) et la Pologne (14 %) arrivent en tête, tandis que le Luxembourg et la Suède présentent le plus faible pourcentage (3 %). Ces différences existent aussi au sein d'un même pays (carte ci-dessous) : en France, par exemple, ce taux varie de 2 à 14 % suivant les régions considérées. Enfin, près de 50 % des employés du secteur travaillent en « production animale et végétale et chasse », 26 % dans la transformation et 15 % dans la vente en magasin spécialisé.

Part des employés travaillant dans l'approvisionnement alimentaire dans l'Union européenne et les régions limitrophes

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Source : Eurostat

Source : Eurostat

14:59 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, IAA, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : eurostat, production, agroalimentaire, vente |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2020

Dans l'UE, la continuité des activités liées à l'alimentation repose en particulier sur les travailleurs extra-nationaux

C'est l'une des conclusions d'une étude récemment publiée par le Centre commun de recherche (Joint Research Centre) de la Commission européenne, sur la contribution des travailleurs détachés ou extra-européens aux activités « essentielles » durant la pandémie. Les chercheurs se sont appuyés sur la définition qu’en donne la Commission dans le contexte de l'épidémie et sur les résultats de la dernière enquête européenne (2018) sur les actifs. Ils ont analysé la composition de la force de travail au regard de l'origine de ces « travailleurs clés ». Par leur contribution à la sécurité alimentaire, les travailleurs agricoles (12 % des « travailleurs clés »), de la transformation et du commerce (2 %), ainsi que les pêcheurs et chasseurs professionnels (0,2 %) sont classés dans cette catégorie.

Si la part des travailleurs extra-nationaux dans l’agriculture et la pêche reste faible (moins de 10 %), elle approche 20 % dans l'agroalimentaire et le commerce, avec des variations importantes selon les pays. De ce fait, les auteurs concluent à la dépendance de ces secteurs clés vis-à-vis de la main-d’œuvre extra-nationale, notamment pour les emplois les moins qualifiés.

Proportion de travailleurs extra-nationaux selon les secteurs et l'origine nationale

Travailleurs.jpg

Source : Joint Research Centre

Source : Joint Research Centre

16/04/2020

Impacts économiques des mesures de confinement en France : estimations de l'OFCE

Un policy brief de l'OFCE, publié le 30 mars, propose une première estimation de l'impact économique des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 en France. Plusieurs effets, directs et indirects, sont pris en compte par les auteurs : baisse de la consommation (fermeture des commerces non essentiels, diminution des activités impliquant des contacts) ; contraction de l'investissement ; réduction de la main-d’œuvre (activités non télétravaillables, garde d'enfants). Les impacts économiques sont décomposés par branche ou secteur d'activité, selon les variables considérées.

Au total, l'OFCE estime que les mesures de confinement pourraient réduire le PIB de 60 milliards d'euros par mois (soit environ un tiers du PIB mensuel de la France, ou 2,6 % du PIB annuel). Cette diminution s'explique par la baisse de la consommation (- 1 point de PIB), de l'investissement (- 0,7 point), par le confinement de la main-d’œuvre (- 0,4 point), la fermeture des écoles (réduction de l'offre de travail, les parents devant garder leurs enfants, - 0,3 point) et d'autres effets de demande (solde commercial, tourisme : - 0,2 point).

Impacts du confinement sur le PIB annuel et sur les secteurs d'activités

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Source : OFCE

En ce qui concerne le système alimentaire, les branches « agriculture, sylviculture et pêche » et « fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac » sont parmi les moins impactées, avec au contraire une hausse de la consommation des ménages estimée respectivement à 9 % et 6 %. Néanmoins, l'activité des secteurs agricole et agroalimentaire (cf. tableau ci-dessus) serait en baisse (-13 % et -20%) du fait de la diminution des consommations intermédiaires des autres secteurs, notamment la restauration. Ainsi, l'ensemble « hébergement et restauration » subirait, selon les auteurs, une chute de consommation de 90 %, et contribuerait ainsi, à hauteur de 5 points, à la contraction du PIB due à la baisse de consommation (-18 % au total). À cela s'ajoute un effet indirect lié à la diffusion des chocs de demande via les produits intermédiaires, que les auteurs ont estimé à l'aide d'un tableau entrées-sorties international (World Input-Output database) (figure ci-dessous). L'étude propose également d'autres estimations sectorielles concernant le taux de possibilité de télétravail, le nombre d'emplois concernés par le mode de garde des enfants, etc.

Pertes de production liées à la fermeture des commerces non essentiels par secteur

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Source : OFCE

Les auteurs soulignent qu'il s'agit d'une première estimation devant être mise à jour et qu'il convient de bien prendre en compte les hypothèses sous-jacentes et les phénomènes exclus de l'analyse (ex. : perte de productivité en cas de télétravail prolongé, risques financiers et bancaires, etc.).

Pour compléter ce billet, rappelons que l'Insee a publié, le 26 mars 2020, une première estimation de la perte d'activité économique liée à la crise sanitaire en cours, suivie plus récemment (8 avril) par celles de la Banque de France pour le premier trimestre 2020.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : OFCE

19:19 Publié dans 3. Prévision, IAA, Production et marchés | Lien permanent | Tags : covid-19, ofce, confinement |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2020

Une évaluation de l'impact des Programmes de développement rural sur le secteur agroalimentaire

Si les Programmes de développement rural (PDR) du second pilier de la PAC bénéficient d'abord aux agriculteurs, ils ont également des effets sur les industries agroalimentaires (IAA). Pourtant, la plupart des évaluations des PDR se focalisent sur le secteur agricole et abordent peu celui de la transformation. Dans un article publié dans la revue Regional Studies, une équipe du Joint Research Centre a cherché à pallier cette lacune, en étudiant le cas polonais.

Les auteurs commencent par rappeler que les PDR touchent directement les industries agroalimentaires, au travers de mesures visant à soutenir leurs investissements, mais aussi de façon indirecte, au moyen de dispositifs cherchant à développer les infrastructures publiques, les services de base dans les territoires ruraux, etc. Ils considèrent dès lors que l'évaluation doit porter non seulement sur l'effet des mesures spécifiquement dédiées aux IAA, mais également sur l'effet global du programme.

Pour ce faire, les auteurs mobilisent des approches économétriques quasi-expérimentales, reposant sur des données agrégées à une échelle cantonale, et non sur des données collectées à l'échelle micro des entreprises. Ces dernières ne sont en effet pas toujours accessibles et elles ne permettent pas de saisir les effets indirects.

Pour estimer l'effet direct des dispositifs dédiés aux IAA, une première analyse compare des cantons ayant bénéficié de telles mesures avec d'autres qui n'en ont pas bénéficié. Elle montre que ces soutiens ont un effet négatif sur l'emploi, en raison des substitutions capital/travail qu'ils favorisent. Une telle comparaison entre cantons bénéficiaires et non-bénéficiaires n'est pas possible pour mesurer l'effet global des PDR, car très peu d'entre eux n'ont bénéficié d'aucun soutien. Aussi, les auteurs ont plutôt regardé si le niveau de soutien reçu dans un canton donné influait sur la structure de son secteur agroalimentaire. Ils mettent en évidence une corrélation positive entre le niveau d'aides reçues et le nombre d'IAA et, partant, sur l'emploi.

Ces résultats illustrent les effets ambivalents et potentiellement contradictoires des programmes de développement rural et interrogent leur cohérence interne.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Regional Studies

09:40 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, IAA, PAC | Lien permanent | Tags : pdr, agroalimentaire, pologne |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/02/2020

Impact de l'automatisation sur l'emploi dans le secteur agroalimentaire

En janvier, l'Office français des conjonctures économiques (OFCE) a publié un working paper étudiant l'impact de l'automatisation sur le marché du travail en France, entre 1994 et 2015. Un panel de 16 227 entreprises a été constitué à partir des données appariées employeurs-employés de l'Insee pour l’emploi et l’automatisation, des Douanes pour le commerce, et de l’International Federation of Robots (IFR). Cet article revêt un intérêt particulier dans un contexte où les innovations technologiques dans l’agroalimentaire sont en pleine croissance, en particulier celles en lien avec la foodtech.

En premier lieu, les auteurs décrivent statistiquement les entreprises de leur panel quant à l’automatisation, l’emploi et les ventes totales. Le concept de force motrice (exprimé en tonnes équivalent pétrole) permet de déterminer approximativement leur niveau d’automatisation. Cette variable décrit la consommation d’énergie de tous les appareils continuellement branchés durant le processus de production. Les auteurs ont choisi cette approche de l’automatisation car elle est plus inclusive que celle retenue par l’IFR. L’analyse montre que le secteur agroalimentaire figure parmi les cinq secteurs les plus automatisés sur les 245 étudiés (voir figure). Il représente près de 10 % de la consommation totale d’énergie (« force motrice ») et regroupe plus de 5 % de l’ensemble des robots industriels (« robots IFR »).

L’étude révèle ensuite que l’impact de l’automatisation sur l’emploi a été positif, tous secteurs confondus, y compris pour les travailleurs non qualifiés. L’analyse économétrique permet d’estimer une élasticité de l’emploi par rapport à l’automatisation de 0,28, comparée à une élasticité de - 0,05 pour les prix et de 0,37 pour les ventes. Ces résultats suggèrent que l’automatisation génère des destructions d’emploi mais aussi des gains de productivité, des baisses de prix à la consommation, une hausse de la demande adressée aux entreprises, et donc in fine de l’emploi. Néanmoins, l’effet est significatif uniquement dans les secteurs exposés au commerce international (dont l’agroalimentaire). L’élasticité de la demande par rapport aux prix est moins forte dans les secteurs non exposés (l’offre de produit y étant moins variée), et ne permet pas alors d’accroître l’emploi de manière significative.

Distribution des technologies d'automatisation parmi les cinq secteurs français les plus automatisés

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Source : OFCE

Lecture : Motive Force : force motrice ; IFR Robots : robots selon la définition de l’International Federation of Robots (contrôlés automatiquement, manipulateurs polyvalents reprogrammables, programmables sur trois axes ou plus) ; Payroll : salaires (dont cotisations sur retraite) ; Sales : ventes ; Chemicals : secteur de la chimie ; Rubber : secteur du caoutchouc ; Paper : secteur des pâtes et papiers ; Glass & ceramics : secteur du verre et de la céramique ; Food & beverage : secteur de l’agroalimentaire.

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OFCE

09:36 Publié dans IAA, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : ofce, automatisation, emploi, agroalimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/02/2020

Le rôle des intermédiaires du marché du travail dans la restructuration des chaînes agroalimentaires latino-américaines

Publié fin 2019, un article de la Revista Latinoamericana de Estudios Rurales traite de la revitalisation des formes d'intermédiation du marché du travail, dans le contexte de libéralisation des relations de production agricole et agroalimentaire en Amérique latine. L'auteur analyse les études disponibles sur diverses filières (vigne, canne à sucre, maraîchage, yerba mate, laine de mouton, etc.), menées en Argentine, au Brésil, au Mexique et en Uruguay. Il s'intéresse à différents « intermédiaires » (dénommés, selon les pays, enganchadores, cuadrilleros, capataces, contratistas, etc.), et étudie leurs rôles, tant dans leurs relations avec les entreprises demandeuses de main-d’œuvre qu'avec les travailleurs eux-mêmes. Il en conclut qu'ils constituent un maillon essentiel dans le développement du capitalisme en milieu rural qui gagne ainsi en productivité et compétitivité, grâce à la réduction des coûts et des risques, et à l'externalisation de la gestion de la force de travail et des conflits.

Source : Revista Latinoamericana de Estudios Rurales

14/01/2020

Stratégies politiques des entreprises de l'agroalimentaire en France, dans les champs de la santé publique et de la nutrition

Dans un article publié dans la Revue française des affaires sociales, D. Benamouzig et J. Cortinas présentent les résultats d'une étude empirique des stratégies politiques des entreprises de l'agroalimentaire dans les champs de la santé publique et de la nutrition. Réalisé à la demande du ministère de la Santé, ce travail s'appuie sur une quarantaine d'entretiens semi-directifs, les échanges avec les interviewés étant centrés sur trois sujets : les EGA et la loi Égalim ; les logos nutritionnels ; la publicité pour certains produits alimentaires dans les programmes télévisés à destination des enfants. Trois types de stratégies sont finalement identifiées et détaillées : i) celles d'ordre cognitif, visant la production et la diffusion de savoirs et d'arguments (scientifiques, techniques, économiques, légaux, philosophiques, moraux), mais aussi d'ignorance et de doute ; ii) celles de représentation d'intérêts (prises de positions, alliances avec d'autres acteurs, etc.) ; iii) enfin des stratégies d'ordre symbolique, visant à créer du crédit ou du discrédit social. Si ces stratégies ne sont pas totalement indépendantes, elles sont mises en œuvre par des acteurs spécifiques et forment un « système cohérent d'activités politiques ». Les auteurs identifient plusieurs pistes d'approfondissement : confronter cette grille à d'autres contextes, considérer les particularités des filières ainsi que les ressources et capacités des différents acteurs.

Source : Revue française des affaires sociales

14:30 Publié dans IAA, Société | Lien permanent | Tags : agroalimentaire, entreprises, stratégies politiques |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/12/2019

Évolution de l'utilisation des additifs alimentaires dans les produits transformés entre 2008 et 2016

L’Observatoire de l’alimentation (Oqali) a publié, fin novembre 2019, un rapport sur l'évolution, entre 2008 et 2016, de la présence d'additifs dans plus de 30 000 produits alimentaires transformés présents sur le marché français. S'appuyant sur les informations présentes sur les emballages et considérant une vingtaine de catégories (hors confiseries notamment), cet état des lieux met en évidence une diminution globale. De plus, si environ 400 additifs sont autorisés, 285 ont été identifiés et la majorité est faiblement utilisée : 53 % des produits testés contiennent moins de trois additifs et 22 % aucun.

Répartition des produits selon le nombre d'additifs différents retrouvés dans leurs listes d'ingrédients, tous secteurs confondus et au sein des 30 125 références étudiées

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Source : Oqali

Parmi les additifs les plus courants figurent l’acide citrique (23 % des produits), les amidons modifiés (22 %), les lécithines (17 %), les glycérides. D'autres voient leur usage augmenter : caroténoïdes et anthocyanes, pectine, carbonate de sodium, édulcorants steviol et sucralose (aujourd'hui plus utilisés que l'aspartame et la saccharine).

Pour ce qui est des segments de marché, l'analyse révèle aussi que les produits sous marques nationales sont, en proportion, plus nombreux à ne pas contenir d'additifs : ils sont 27 % contre 21 % pour les produits sous marques de distributeurs, 20 % pour les entrées de gamme de la grande distribution et 19 % pour celles du hard discount. Par ailleurs, les produits comportant le plus d'additifs sont les viennoiseries et desserts surgelés, les produits traiteurs frais et les glaces et sorbets.

Selon les auteurs, cette tendance à la baisse d'utilisation par les industriels s'explique notamment par leur réaction à l'augmentation de la vigilance des consommateurs sur la composition des produits (applications smartphone, Nutriscore, etc.), et leur méfiance envers les produits trop transformés, soupçonnés d'effets néfastes sur la santé (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog). Enfin, ils évoquent plusieurs pistes pour l'utilisation de ces résultats et la poursuite des travaux : mieux caractériser l'exposition aux additifs, s'intéresser à d'autres catégories de produits et au secteur de la confiserie (denrées consommées principalement par des enfants et contenant en particulier des colorants), suivre les alternatives mises en œuvre par les industriels (nouveaux traitements technologiques, diminution de la durée de conservation, remplacement par d'autres substances).

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Anses

15:33 Publié dans Alimentation et consommation, IAA | Lien permanent | Tags : oqali, qualité nutritionnelle, additifs, produits transformés |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2019

Comment améliorer la qualité nutritionnelle des aliments

Le récent volume 78 d'Innovations agronomiques, revue éditée par l'Inra, propose dix articles issus du colloque « Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments », organisé début novembre 2019. Le premier présente les observations générales effectuées dans le cadre de l'Observatoire de la qualité de l'alimentation (Oqali) : si des démarches d'amélioration des produits sont bien engagées, elles restent trop limitées pour avoir des effets importants sur les apports nutritionnels des consommateurs. Les évolutions les plus nettes sont constatées pour la réduction des teneurs en sel.

Les articles suivants abordent les aspects sensoriels, souvent présentés comme limitant l'acceptabilité, par les mangeurs, des reformulations nutritionnelles. Parmi les pistes ouvertes, figurent par exemple des alternatives à l'addition de substituts ou d'exhausteurs pour la réduction du sel et du sucre dans des produits de la catégorie « boulangerie pâtisserie viennoiserie » : répartition hétérogène du sel dans les pizzas ; production par voie enzymatique de sucres (à partir d'amidon) dans une pâte feuilletée permettant ensuite de limiter leur teneur dans le fourrage aux fruits associé.

D'autres contributions s'intéressent aux leviers existants du côté des procédés de transformation : enrichissement des produits céréaliers en fibres, limitation des matières grasses dans les denrées frites, réduction de l'imprégnation en sel des charcuteries sèches, etc. Ainsi, dans le cas de jambons, les effets biochimiques, texturaux, structuraux et microbiologiques induits ont pu être quantifiés grâce à la simulation du procédé de transformation.

Enfin, sont également présentées des approches à l'échelle des filières, par exemple avec l'association céréales-légumineuses (blé-pois), connue pour ses avantages agronomiques et nutritionnels, depuis le champ jusqu'à la production de gâteaux moelleux. Les auteurs soulignent les questions posées par la variabilité des matières premières et la modification des procédés de transformation, ainsi que les opportunités de l'« ingénierie reverse ». Ils identifient plusieurs pistes d'améliorations : limiter le différentiel de dureté entre graines de blé tendre et de légumineuses, privilégier les conditions maximisant la proportion de pois, envisager un nouveau système de rémunération, de valorisation et de stockage.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Innovations agronomiques

15:30 Publié dans Alimentation et consommation, IAA | Lien permanent | Tags : qualité nutritionnelle, aliments, procédés, transformation |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2019

Déconvenues spectaculaires chez les startups de la foodtech

Deux actualités récentes, dans le domaine de l'agriculture urbaine, jettent un éclairage cru sur les promesses de rupture et de disruption des startups de la foodtech mondiale. Certains projets semblent avoir fait l'objet d'un enthousiasme injustifié, mélange d'envie d'y croire et de poudre aux yeux. Aux États-Unis, c'est un projet du Media Lab du MIT, celui des food computers de l'Open Agriculture Initiative, qui a été mis en cause par des journalistes : leur travail d'investigation a révélé une vaste supercherie comparable, toutes proportions gardées, avec celle de Theranos dans le domaine biomédical. En Europe, les données financières retraçant la faillite d'Urban Farmers, qui s'était engagée dans la production aquaponique à La Haye, ont été mises à disposition du public. Dissensions dans l'équipe, mauvaise évaluation des coûts et du marché potentiel : cet exemple donne à réfléchir sur la viabilité et le calibrage des projets d'agriculture urbaine.

Sources : Spectrum, The Conversation

09:43 Publié dans IAA | Lien permanent | Tags : foodtech, innovation, startup, agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2019

Fermentation de précision : une technologie disruptive des systèmes alimentaires à l'horizon 2030 ?

Cet exercice prospectif mené par RethinkX, un think-tank américain, s'intéresse aux changements technologiques actuels dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture aux États-Unis. Tirée par le développement de la biologie de précision, la production alimentaire s'orienterait, selon le rapport, vers un modèle « food as software » d'ici à 2030. Le scénario tendanciel proposé ici s'intéresse principalement à la fermentation de précision, un processus « programmant » des micro-organismes pour produire n'importe quelle molécule organique complexe. À partir des hypothèses technico-économiques formulées par les auteurs, les aliments d'origine animale (viande, lait et dérivés) seraient progressivement remplacés par des équivalents protéiques moins coûteux, obtenus à 10 dollars/kg entre 2023-25 puis à 1 dollar/kg après 2035.

Baisse rapide des coûts de la fermentation de précision (en USD/kg de protéine) d'ici à 2030

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Source : RethinkX

Seraient d'abord remplacés les ingrédients représentant un faible pourcentage dans la composition du produit final (ex. caséine, lactosérum ou gélatine), utilisés dans les gâteaux, les desserts et la nourriture infantile. Ensuite, ces substitutions partielles ou totales concerneraient des produits alimentaires comportant notamment de la viande hachée (ex. saucisses, burgers, lasagnes, boulettes). En 2030, 55 % de la demande en viande bovine devraient être satisfaits par des protéines issues de la fermentation de précision, et seulement 5 % par de la viande in vitro. Pour le lait, seuls 20 % de la consommation comme boisson seraient d'origine animale. Les produits laitiers (crème, beurre, fromage) ainsi que les ingrédients à base de protéines de lait seraient totalement obtenus par fermentation de précision.

Évolutions des parts du lait (haut) et de la viande bovine (bas) d'origine animale et non-animale dans la demande américaine d'ici à 2030

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Source : RethinkX

L'étude prospective détaille ensuite les conséquences de ces bouleversements : réorganisation des relations commerciales à l'échelle globale, effondrement des secteurs bovins et laitiers américains, baisse de la rentabilité sur l'ensemble de la chaîne de valeur, perte de plus de 600 000 emplois aux États-Unis, baisse du prix du foncier agricole, gel du secteur bancaire agricole, émergence d'une nouvelle chaîne d'approvisionnement alimentaire tirée par le secteur des biotechnologies (développeurs alimentaires, design moléculaire) et des softwares (systèmes d'opération, IA, bases de données). Cette production affranchie des contraintes géographiques aurait un moindre impact environnemental : en 2035, la réduction du cheptel américain de 75 % libérerait ainsi 60 % des terres aujourd'hui dédiées à l'élevage et à son alimentation, permettant d'autres usages comme le stockage de carbone. En 2030, les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole pourraient alors être réduites (- 35 %), tout comme la consommation d'eau.

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : RethinkX

06/11/2019

Les entreprises agroalimentaires thaïlandaises participent à la prévention de la peste porcine africaine

D'après un article publié par la Nikkei Asian Review, pour tenter de préserver la Thaïlande de la peste porcine africaine, les trois principales entreprises agroalimentaires du pays ont décidé d'appuyer le gouvernement dans sa politique de prévention. Elles ont ainsi annoncé qu'elles apporteraient les fonds nécessaires à la mise en place de 50 points de contrôle sanitaire aux frontières, ainsi qu'à la création d'un fonds d'indemnisation des éleveurs.

Source : Nikkei Asian Review