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07/06/2021

La création des comices agricoles au XIXe siècle : les prémices de « l’État-réseau »

Les Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest publient un article sur les premiers comices agricoles de Mayenne. Instrument de modernisation économique (valorisation de nouveaux matériels, remise de prix), mais en retrait par rapport aux « fermes-modèles », ces associations prennent leur essor vers 1830, sous la monarchie de Juillet. Recherchant l'adhésion des populations, l’État encourage les comices, les dote de prérogatives et, ce faisant, étend son contrôle sur le territoire. Leur structuration demeure cependant chaotique jusqu’au milieu du Second Empire. Retrouvant le fil des analyses de P. Rosanvallon, l'auteur conclut que « la force de la IIIe République » est « peut-être d'avoir su activer à son profit un ''État-réseau'' », déjà constitué en grande partie dès le milieu du siècle. Républicains et monarchistes se disputent alors la présidence des comices, « point d'entrée déterminant » dans des campagnes « historiquement hostiles ». Enfin, à partir des années 1880, leur réunion annuelle tend à devenir davantage « une manifestation festive qu'un regroupement professionnel ».

Source : Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest

11/05/2021

Services numériques de location de tracteurs dans des pays « en voie de développement »

La revue World Development publie en avril une étude sur deux sociétés ayant déployé, en Inde et au Nigeria, un service numérique dédié à la location de tracteurs. Ce type d'offre est souvent surnommé « Uber pour les tracteurs », mais il diffère sensiblement du service de voiture avec chauffeur déployé par cette même entreprise en milieu urbain dans les pays « développés ». En effet, la faible densité de la clientèle potentielle, des zones rurales dotées de couvertures réseau hétérogènes, les niveaux réduits d'alphabétisation et d'équipement en smartphones des petits exploitants, etc., tout cela rend nécessaire le recours à des intermédiaires, qui effectuent les demandes de réservation dans l'application. Aussi, ce sont essentiellement des agriculteurs propriétaires qui bénéficient des fonctionnalités de cette offre numérique : suivi en temps réel des tracteurs équipés de GPS, mise à disposition des tracteurs facilitée et des avantages (simplicité d'usage, réduction des coûts de transaction).

Interface des réservations de tracteurs, destinée aux agents intermédiaires, dans l'application « Hello Tractor » (Nigeria)

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Source : World Development

Source : World Development

10/12/2020

L'Institute for Agriculture & Trade Policy (IATP)

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Basé dans le Minnesota, en bordure de la Corn Belt, l'Institute for Agriculture & Trade Policy (IATP) est un think tank étasunien qui promeut une agriculture familiale, au bénéfice des communautés rurales et des écosystèmes. La particularité de l'IATP tient au fait qu'il produit ses propres recherches et analyses, mais veille aussi à défendre ses positions auprès des décideurs publics, au travers d'activités de plaidoyer.

À sa création à la fin des années 1980, l'IATP travaillait essentiellement sur les questions relatives à la libéralisation des échanges de produits agricoles. Les accords de libre-échange étaient alors perçus comme l'une des principales causes des difficultés rencontrées par les agriculteurs familiaux, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde. Si cet intérêt pour les questions commerciales est toujours présent dans les travaux de l'institut, d'autres thématiques ont émergé depuis : changement climatique, « industrialisation » de l'agriculture en général et de l'élevage en particulier, agriculture biologique, circuits alimentaires de proximité, etc.

Parmi les publications récentes de l'IATP figure un rapport sur l'empreinte carbone des principales entreprises laitières mondiales. Les auteurs montrent d'abord que celle-ci s'est accrue de 11 % entre 2015 et 2017. Ils analysent ensuite les éventuelles stratégies mises en place pour la réduire. Il en ressort que sur les 13 entreprises laitières étudiées, 6 n'ont pris aucun engagement en la matière. Par ailleurs, seulement 3 ont engagé une démarche de réduction intégrant non seulement leurs propres émissions, mais aussi celles de leur chaîne d'approvisionnement, laquelle représente 90 % de leur empreinte carbone totale.

Signalons enfin que l'IATP est membre de la National Sustainable Agriculture Coalition (NSAC), qui rassemble plusieurs organisations engagées en faveur d'une plus grande prise en compte des enjeux environnementaux dans la politique agricole étasunienne (Farm Bill). Dans ce cadre, il a participé à l'élaboration d'un document présenté au Congrès et proposant plusieurs ré-orientations : renforcement des fonds alloués aux programmes de conservation des sols, soutien à l'agriculture biologique, etc.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Lien : Institute for Agriculture & Trade Policy

09/12/2020

Les coopératives agricoles, en constante évolution depuis la création de leur statut

Depuis leur apparition à la fin du XIXe siècle, les positionnements et les missions des coopératives agricoles ont fortement évolué. Cela résulte de modifications réglementaires, agricoles et sociétales, qui sont retracées dans un article récemment publié dans la revue RECMA.

Dans leur analyse historique, les auteurs montrent en particulier comment la concentration des coopératives, leur internationalisation, ainsi que le recours à la filialisation à l'aval (pour accroître leur pouvoir de marché) sont des stratégies très dépendantes du contexte. En effet il s'est agi, à partir des années 1980, de mieux garantir les débouchés des produits de leurs adhérents, dans un contexte de surproduction et de libéralisation des échanges.

Pour les auteurs, ce processus continu d'adaptation de la raison d'être des coopératives devrait se traduire par une nouvelle étape, en réponse aux défis actuels, notamment ceux liés aux rapports entre agriculture et environnement.

Évolution des missions des coopératives agricoles en fonction du contexte réglementaire

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Source : RECMA

Source : RECMA

08/12/2020

Les préconisations de la Cour des comptes pour une politique foncière agricole forte

Rappelant que la crise de la covid-19 a mis en évidence la nécessité de maintenir en France une sécurité de l'approvisionnement alimentaire, et donc une agriculture forte et durable, la Cour des comptes regrette, dans un référé publié le 12 novembre 2020, la persistance de l'artificialisation des terres agricoles et de la concentration des exploitations. Elle formule plusieurs recommandations pour enrayer ces tendances, parmi lesquelles : la mise en place en 2023 de l'observatoire de l'artificialisation des sols ; l'affirmation de l'objectif d'une « zéro artificialisation nette » ; le renforcement du rôle des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) et de leur synergie avec l’État et les partenaires locaux ; le regroupement en un seul organisme de la FNSAFER et Terres d'Europe-SCAFR.

Source : Cour des comptes

 

04/02/2020

Le rôle des intermédiaires du marché du travail dans la restructuration des chaînes agroalimentaires latino-américaines

Publié fin 2019, un article de la Revista Latinoamericana de Estudios Rurales traite de la revitalisation des formes d'intermédiation du marché du travail, dans le contexte de libéralisation des relations de production agricole et agroalimentaire en Amérique latine. L'auteur analyse les études disponibles sur diverses filières (vigne, canne à sucre, maraîchage, yerba mate, laine de mouton, etc.), menées en Argentine, au Brésil, au Mexique et en Uruguay. Il s'intéresse à différents « intermédiaires » (dénommés, selon les pays, enganchadores, cuadrilleros, capataces, contratistas, etc.), et étudie leurs rôles, tant dans leurs relations avec les entreprises demandeuses de main-d’œuvre qu'avec les travailleurs eux-mêmes. Il en conclut qu'ils constituent un maillon essentiel dans le développement du capitalisme en milieu rural qui gagne ainsi en productivité et compétitivité, grâce à la réduction des coûts et des risques, et à l'externalisation de la gestion de la force de travail et des conflits.

Source : Revista Latinoamericana de Estudios Rurales

04/03/2019

9 MOOC pour se former en ligne sur les liens entre agriculture et environnement

Diffusant depuis octobre 2013 des cours en ligne, en partenariat avec des établissements d'enseignement supérieur, la plateforme FUN a présenté, le 27 février 2019, un ensemble de neuf MOOC (massive open online courses) consacrés aux thèmes de l'agriculture et de l'environnement, « pour comprendre, connaître et agir ». Avec des débuts échelonnés de février à avril, ces cours abordent diverses sujets : acteurs, leviers et outils de la transition du système alimentaire (proposé par le CNFPT), agroécologie (Agreenium), nématodes et arthropodes (Montpellier SupAgro), gaspillage et coopération agricole (AgroParisTech), agriculture biologique (VetAgro Sup), performance environnementale des produits alimentaires (Ademe), semences végétales (AgroCampus Ouest), abeilles et environnement (Oniris).

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Source : FUN

07/11/2018

Fidéliser, servir, rendre dépendant. Le travail d'attachement au sein d'une grande coopérative agricole

Robin Villemaine (sociologue, AgroSup Dijon) publie, dans la revue Sociologie du travail, un article tiré de sa thèse sur le travail des cadres technico-commerciaux (TC) d'une grande coopérative céréalière du nord-est de la France. Ces agents jouent un rôle important dans « l'attachement » des agriculteurs à leur coopérative. L'auteur dégage notamment de ses entretiens différents profils d'agriculteurs (plus ou moins autonomes ou, au contraire, « délégataires ») et trois procédés mis en œuvre par les TC pour les fidéliser : les « cocooner », sanctionner l'infidélité commerciale, instaurer une convention d'exclusivité. L'article évoque « la faible distance entre le travail de fidélisation » et « le tissage d'une relation de dépendance », une question au centre des débats récurrents sur la séparation du conseil et de la vente d'intrants.

Source : Sociologie du travail

11/02/2016

Conseil privé en agriculture. Acteurs, pratiques et marché. Claude Compagnone, Frédéric Goulet, Pierre Labarthe (coord)

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Les travaux sur le conseil agricole, nombreux, ont surtout porté sur les acteurs publics, à commencer par les chambres d’agriculture. L’intérêt de cet ouvrage collectif est de se centrer, lui, sur les opérateurs privés : coopératives, firmes d’amont et d’aval, associations, consultants, bureaux d’études, groupements de producteurs, organismes de gestion, etc. Sept chapitres sont consacrés à la France et les trois autres à des expériences étrangères (Pérou, Maroc, Argentine). Tous s’appuient sur des recherches empiriques récentes, qui privilégient les approches sociologique ou économique, et concernent un large éventail d’acteurs, de filières et de territoires.

Par-delà les différences imputables aux terrains observés et à la sensibilité des auteurs, ces contributions montrent bien la tendance à l’affaiblissement des intervenants publics et, corrélativement, le fort mouvement de privatisation des activités de conseil. Hier, les États et leurs politiques volontaristes mobilisaient des outils publics et para-publics pour réussir la « modernisation agricole » et la « révolution verte ». Aujourd’hui, la réduction des dépenses étatiques, la diversification des modèles de production, et des politiques centrales moins interventionnistes se conjuguent pour créer une offre de services de plus en plus diversifiés, précis, adaptés, efficaces, mais payants.

Si cet ouvrage offre un bon panorama de la situation présente, il suggère aussi, de façon plus prospective, quelques grandes interrogations pour l’avenir. Par exemple, de nombreuses pages incitent à se demander si l’essor du conseil privé permettra ou non de mieux prendre en compte les enjeux sanitaires et environnementaux. En second lieu, cette logique de privatisation débouchera-t-elle sur de nouveaux partenariats, sur de nouvelles concurrences, ou sur un mixte des deux ? Troisièmement, il sera intéressant de voir comment le conseil s’insérera, de façon plus ou moins cohérente, dans l’actuelle palette d’activités économiques de ces acteurs privés. Quatrièmement, en quoi cette privatisation aura-t-elle des conséquences sur la qualité des prestations proposées ? Certains observateurs craignent également que l’affaiblissement des opérateurs publics ne crée de nouvelles inégalités dans l’accès au conseil. Enfin, les auteurs se demandent, de chapitre en chapitre, si ces acteurs privés sauront, autant qu’ils le prétendent, être porteurs de pratiques innovantes…

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Quae

09:19 Publié dans Développement, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : conseil |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/11/2015

Le principal syndicat agricole britannique interpelle le gouvernement sur le Brexit

Alors que le gouvernement britannique négocie actuellement avec l’UE de nouvelles conditions de l’appartenance du pays à l’Union, la NFU, principat syndicat agricole, a publié un document de positionnement dans lequel il rappelle l’attachement des agriculteurs britanniques à la construction européenne, au caractère commun de la politique agricole et à la libre circulation des travailleurs. Appelant à un contrôle plus fort de la part de la Commission européenne, afin d’éviter la fragmentation du marché commun et les distorsions de concurrence entre États membres, le syndicat conclut néanmoins qu’il ne pourra arrêter une position qu’une fois connues les conditions négociées du maintien ou de la sortie de l’UE.

Source : NFU

 

10:36 Publié dans 4. Politiques publiques, Organisations agricoles, PAC | Lien permanent | Tags : brexit, pac, nfu |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/12/2014

Mutualisme et développement du crédit à l’agriculture

La fondation FARM vient de publier un article intéressant sur la question de l’offre de crédit au secteur agricole. Ce point de vue signé par Bernard Fouquet, ancien cadre du Crédit Agricole, comporte deux parties : une rétrospective de la constitution des banques mutualistes agricoles et rurales (Crédit Agricole en France, Rabobank aux Pays-Bas et Mouvement Desjardins au Canada) et une discussion des possibilités d’amélioration de l’offre de crédit pour les paysans de Tunisie, du Mali et du Sénégal.

Issues des principes mutualistes de l’Allemand Friedrich Wilhelm Raiffeisen, ces banques sont toutes issues d’initiatives collectives décentralisées avant d’avoir été reconnues et soutenues par les pouvoirs publics. Ainsi, en France, si la première caisse de Crédit Agricole mutuel a été créée à Poligny dans le Jura en 1885, le soutien étatique s’est traduit par la création de l’Office national du Crédit Agricole en 1920, devenu ensuite Caisse Nationale de Crédit Agricole jusqu’à sa revente par l’État aux Caisses Régionales en 1988.

L’auteur constate ensuite le manque d’accès au crédit pour les agricultures africaines, ce qui constitue l’un des principaux freins à l’augmentation de la production agricole. Le nombre d’agriculteurs qui bénéficient de crédits est très faible, de 2 à 7 % selon les pays étudiés. Les chiffres issus d’une étude coordonnée par Laurence Roudart (université libre de Bruxelles) au Mali montrent par ailleurs que les taux d’intérêt proposés sont très élevés au regard de la rentabilité de l’activité agricole : de 16 à 52 % sur un an.

Pour autant, la transposition du modèle de banque mutualiste agricole est considérée par l’auteur comme impossible, tant pour des raisons économiques (absence de transfert financier à la hauteur du Plan Marshall d’après-guerre, différentiel de productivité du travail par rapport aux agricultures modernisées, fluctuation des prix) que pour des raisons culturelles (faiblesse de la culture de la coopération et de l’entraide paysanne). Des perspectives sont néanmoins envisagées, telles l’implication des filières ou le développement du warrantage qui permet à l’agriculteur de donner en garantie sa production y compris avant la récolte. Mais, plus généralement, on relèvera l’idée de la nécessité de concevoir les politiques de crédit agricole de pair avec l’ensemble des autres mesures réduisant les risques auxquels sont confrontés les paysans.

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : FARM

15:25 Publié dans Développement, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : mutualisme, crédit |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2014

Nouveau rapport du Forum à haut niveau pour l’amélioration du fonctionnement de la chaîne de valeur agroalimentaire

Le Forum à haut niveau pour l'amélioration du fonctionnement de la chaîne de valeur agro-alimentaire vient de remettre son nouveau rapport. Travaillant de 2010 à 2014 sous l'égide des commissaires Feroci (Industrie et entrepreneuriat), Barnier (Marché intérieur et services), Ciolos (Agriculture) et Borg (Santé), ce comité mobilisant 47 institutions publiques, entreprises et corps intermédiaires a été constitué en 2010, suite au constat de dysfonctionnements de la chaîne de valeur agro-alimentaire et de pratiques commerciales déloyales.

Cette chaîne agro-alimentaire européenne regroupe 46 millions d’emplois et dégage une valeur ajoutée de 800 milliards d’euros par an. En son sein, les industries agroalimentaires constituent le premier secteur industriel européen avec plus de 1 000 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 203 milliards d’euros de valeur ajoutée et 4,25 millions d’emplois.

Le Forum confirme le constat initial et appelle à de meilleures relations commerciales pour l'intérêt de l'ensemble de la chaîne de valeur. Il indique que des moyens d’améliorer la coopération entre les acteurs de la chaîne doivent être explorés et il encourage les États membres à prendre des mesures législatives spécifiques tout en regrettant des divergences d’interprétation du cadre communautaire par les autorités nationales compétentes.

Si le Forum énonce des recommandations, notamment sur l’obésité et le gaspillage, on retiendra surtout son analyse de la récente réforme de la Politique Agricole Commune qui, en encourageant la constitution d'organisations de producteurs et en finançant leur mise en place, permettra d'améliorer le fonctionnement de la chaîne agroalimentaire. Le soutien au développement d'observatoires des prix est réitéré. Au-delà des projets nationaux en fonctionnement ou en projet, l'observatoire des prix du lait installé en avril 2014 montre l'importance de développer ces suivis au niveau communautaire afin d'objectiver les dysfonctionnements.

Clôturant quatre années de discussion, le Forum appelle à un renouvellement de son mandat en se donnant entre autres nouveaux objectifs celui de suivre la mise en place effective de ses recommandations en termes de bonnes pratiques commerciales.

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne

15:17 Publié dans IAA, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : chaîne de valeur agroalimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2014

Aux États-Unis, actions en justice contre Syngenta et son maïs OGM

En l’espace d’un mois, Syngenta a fait face à deux plaintes déposées aux États-Unis par Cargill et des agriculteurs de cinq États fédérés : en cause, le maïs OGM « Viptera », dont les livraisons à destination de la Chine, sans que cette dernière n'ait autorisé cet OGM, ont été refusées.

En avril 2012, le directeur général de Syngenta avait annoncé une autorisation « d'ici quelques jours » de l'OGM par Pékin, ce qui n'a jamais eu lieu. Fin 2013, les autorités chinoises, ayant retrouvé des traces de ce maïs OGM non encore autorisé et ayant donc refusé les cargaisons, de nombreux chargements de grain et de produits dérivés du maïs avaient dû rebrousser chemin ou trouver nouvel acquéreur. Ces problèmes inattendus avaient alors perturbé la filière américaine du maïs et ils conduisent aujourd’hui à deux actions en justice.

Le mois dernier, Cargill a déposé plainte contre le fabricant suisse, lui reprochant d'avoir commercialisé de façon irresponsable des semences avant que la Chine n'approuve l'importation de l'OGM. 130 millions de dollars auraient ainsi été perdus par deux grands exportateurs américains, Cargill et Trans Coastal Supply Co.

Ces jours-ci, ce sont les agriculteurs américains de cinq États fédérés qui, représentés par un grand cabinet d'avocats, attaquent Syngenta en justice. Bien que n'ayant pas planté le maïs OGM, ils auraient tout de même subi les retombées économiques des refus chinois et la chute des prix qui a suivi. La National Grain & Feed Association estime que les producteurs de maïs auraient ainsi perdu près d'un milliard de dollars. Il est en effet possible de détecter Viptera sur de nombreux produits américains, alors que seulement 3 % de la SAU en maïs sont concernés.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Sources : Cargill, National Grain and Feed Association

11:21 Publié dans Mondialisation et international, OGM, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, ogm |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2014

Le sommet international des coopératives s'est tenu à Québec

Du 6 au 9 octobre, le grand rendez-vous des coopératives et des mutuelles a rassemblé à Québec des centaines d'intervenants et exposants. Différentes conférences ont réuni des experts, chercheurs et professionnels du monde entier autour de cinq thèmes : « coopératives », « économie », « emploi », « agriculture » et « santé ».

Parmi les articles présentés, on retiendra les travaux des professeurs Filippi et Cook, des universités de Bordeaux et du Missouri, qui interrogent l'organisation des coopératives face à leur contexte institutionnel. En comparant les situations américaine et française dans lesquelles évoluent les coopératives agricoles, les auteurs analysent les choix de gouvernance et la spécificité des problématiques rencontrées par ces dernières face aux politiques publiques. Par ailleurs, Cécile de Corroller, de l'université de Caen, s'est basée (entre autres) sur des entretiens effectués auprès de grandes coopératives agricoles françaises pour analyser leur compétitivité et les intérêts de la coopération pour réduire les coûts de transaction. Enfin, citons les travaux de Francis Declerck, de l'ESSEC, sur les modes de financement des coopératives agricoles en France. Il pointe notamment des risques de conflits d'intérêt lors de la sollicitation par les coopératives de financeurs extérieurs, et propose des solutions.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Source : Sommet international des coopératives

11:18 Publié dans Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : coopératives |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/04/2013

Les coopératives agricoles dans l'Union européenne

Dans un contexte où le renforcement du pouvoir de marché des producteurs et de leur organisation a été fréquemment souligné comme enjeu majeur, notamment dans le cadre de la future PAC ou du Paquet lait, la Commission européenne vient de publier un rapport intitulé: EP pilot project: Support for Farmers' Cooperatives.

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12:27 Publié dans Filières agricoles, Organisations agricoles, PAC | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook