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18/10/2017

Les TIC au service de la petite agriculture familiale : nouvelle version du recueil de la Banque mondiale

La Banque mondiale vient de publier une mise à jour de son recueil (sourcebook) sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les petites exploitations agricoles (smallholders). Le document est découpé en quinze chapitres et met en valeur de nombreux projets et pratiques innovantes à travers le monde.

Dans un premier temps, sont abordées des questions transversales telles que l’état des infrastructures dans les pays en développement, notamment en milieu rural, et le rôle des femmes. La seconde partie s’intéresse aux leviers d’amélioration de la productivité au niveau de l’exploitation (outils d’aide à la décision, R&D et conseil, assurances et services financiers). Sont ensuite discutés les enjeux pour les organisations de producteurs (partage des informations techniques et de marché, mise en place de comptabilités plus fiables) et pour la mise en marché (gestion des risques, traçabilité). Enfin, le recueil examine les questions de gouvernance (e-gouvernement et participation, politiques foncières, gestion forestière).

L’édition précédente datait de 2011 et les importantes avancées survenues depuis ont popularisé l’idée que les politiques de développement peuvent tirer parti des progrès en matière de téléphonie mobile, d’observation satellitaire et d’agriculture de précision. Parmi les quatre nouveaux chapitres, on retiendra celui consacré aux données agricoles, qui met en avant une nouvelle problématique transversale autour de l’accès à l'information et de la régulation du big data. Dans le cas des données climatiques par exemple, « les mêmes jeux de données peuvent être utilisés par une large palette d’acteurs, de façons très différentes », des producteurs au moment des semis aux pouvoirs publics pour les préconisations de traitements, en passant par les assureurs privés. Le scepticisme face à l'idée d'utiliser ces technologies de pointe au profit des pays les moins avancés et des producteurs les plus pauvres n'est donc plus de mise, et les auteurs peuvent « plaider fortement pour des investissements publics dans le big data comme bien public ».

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Banque mondiale

17/10/2017

Deux études améliorent la caractérisation du phénomène de suicide chez les hommes agriculteurs exploitants

Dans le cadre du plan national de prévention du suicide dans le monde agricole, Santé publique France et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) ont collaboré à la réalisation de deux études dont les principaux résultats ont été publiés en septembre 2017. Leur objectif était d’identifier les liens entre certaines caractéristiques socioprofessionnelles et les suicides chez les hommes agriculteurs exploitants, afin d'améliorer la connaissance de ce phénomène et le ciblage des actions de prévention. Les études ont été réalisées grâce à l'appariement des données socioprofessionnelles de la CCMSA et de celles du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), entre 2007 à 2011. L'analyse a ainsi couvert l'ensemble de la population des hommes agriculteurs exploitants (non-salariés) en France métropolitaine, sur 5 années consécutives, ce qui lui confère une grande solidité statistique.

Risque relatif (RR) et intervalle de confiance (IIC 95 %) de décès par suicide chez les hommes agriculteurs exploitants en France métropolitaine entre 2007 et 2011 (extrait)

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Source : Santé Publique France

De 2007 à 2011, 674 décès par suicide d’hommes exploitants agricoles ont été recensés, soit un taux d’environ 0,4 décès pour 1 000 personnes par année (c'est-à-dire 20 % de plus, en 2010, que pour les hommes des autres groupes sociaux). Des différences apparaissent selon les caractéristiques sociales et professionnelles. Les agriculteurs les plus à risque sont ainsi ceux : âgés de 45 à 54 ans ; possédant une exploitation à titre individuel ; exerçant une activité exclusive ; travaillant une surface agricole utile comprise entre 20 et 49 hectares ; localisés en Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France ou Auvergne-Rhône-Alpes. Contrairement à d'autres travaux, l'analyse n'a pas conclu à l'existence d'un lien entre risque de mortalité par suicide et secteur d’activité.

Les auteurs discutent ces résultats au regard de la littérature existante. Ils mettent par exemple en perspective la surmortalité par suicide observée chez les 45-54 ans avec leurs difficultés face aux problèmes de modernisation, de respect des normes ou de transmission de leur exploitation. L'effet de la localisation géographique traduirait indirectement, quant à lui, essentiellement des différences individuelles entre agriculteurs. Plusieurs limites des études sont enfin précisées, comme le non-traitement des femmes en raison de contraintes statistiques, ou l’intérêt à l'avenir de considérer d'autres facteurs de vulnérabilité comme le statut marital, l'isolement géographique ou le revenu.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Santé publique France

10:34 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : suicide, santé publique france, ccmsa, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/10/2017

« La caméra explore les champs » de la région Centre-Val de Loire

Le numéro de septembre d’Études Rurales, intitulé « La caméra explore les champs », se penche sur la représentation audiovisuelle de la société rurale, s'appuyant sur une série d'analyses de films ethnographiques à dimension sociale ou historique. La sociologue-anthropologue Nadine Michau y éclaire, dans un article analytique, son documentaire « Quel chemin on emprunte ? » sur les mutations agricoles du début du XXIe siècle dans la région Centre-Val de Loire. Ce film fait suite à l'enquête sociologique SOPHY (Conditions d’acceptabilité des changements de pratiques agricoles) menée par le laboratoire Citeres (Cités, territoires environnement et sociétés) et le CNRS-Université François-Rabelais-Tours entre 2011 et 2014, enquête à laquelle la réalisatrice a contribué.

« Quel chemin on emprunte ? » part ainsi de l'interrogation d'un céréalier quant à ses choix de pratiques culturales et son positionnement idéologique, dans un contexte de mutations technologique et économique de l'agriculture, et sous un contrôle citoyen omniprésent. Cinq profils sociaux d'agriculteurs, comme autant de réponses à cette question, sont distingués dans l'enquête SOPHY qui s'appuie sur les critères de conduite d'exploitation (méthodes conventionnelles, raisonnées et biologiques) et de perception par l'agriculteur de son environnement institutionnel et professionnel. Par des entretiens filmés avec des exploitants, N. Michau illustre chacun de ces profils.

Dans l’analyse de son film proposée dans Études Rurales, la réalisatrice critique le support filmographique et le « pouvoir de censure » qu’impose implicitement la caméra. Elle souligne ainsi le décalage entre les propos rapportés lors des entretiens et la réalité. En effet, souffrant de leur image médiatique de « pollueurs aux pratiques intensives », les agriculteurs interrogés mesurent l’image qu’ils offrent au public à travers ce documentaire. Cependant, l’enquête filmée reste, d’après l'auteure, un instrument de reconnaissance et de légitimation pour les exploitants agricoles à la recherche de modes d’expression plus directs auprès des citoyens. Enfin, diffusé aux institutions intéressées, « Quel chemin on emprunte ? » est également un outil intéressant d'investigation et un support de réflexion sociologique sur le métier d’agriculteur.

Capture d'écran du documentaire « Quel chemin on emprunte ? »

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Source : université de Tours

Armelle Huille, Centre d'études et de prospective

Sources : Études rurales, université de Tours

06/10/2017

La baisse du nombre d'agriculteurs explique la diminution du nombre d'indépendants depuis 1984

En dépit des évolutions observées avec l'apparition de nouvelles formes d'emploi, les statuts d'emploi restent fortement liés aux métiers exercés et au niveau de qualification. Ce sont les conclusions d'une analyse publiée en septembre par France Stratégie, exploitant les enquêtes « Emploi » de la Dares sur la période 1982-2014.

Ainsi, si le métier d'agriculteur s'exerce toujours majoritairement en indépendant (73 %), la part du salariat y a doublé en trente ans, une évolution similaire à celle observée dans la plupart des professions pratiquées traditionnellement sous ce statut (y compris les professions libérales). Les salariés y sont de plus en plus souvent recrutés sur la base des contrats à durée limitée (CDD, contrats d'usage, etc.).

Positionnement des différents métiers selon le taux de croissance annuel moyen des effectifs salariés et non-salariés entre 1984 et 2014

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Source : France Stratégie

À l'inverse, la relation d'emploi dans les industries de process, parmi lesquelles les IAA, reste majoritairement sous CDI, malgré la progression de l’intérim auquel elles ont recours en variable d'ajustement.

Source : France Stratégie

09:33 Publié dans Agriculteurs, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : france stratégie, indépendant, salariat, iaa |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/10/2017

Les ouvriers agricoles parmi les plus heureux au travail

C'est l'une des conclusions les plus marquantes des résultats publiés récemment par la Fabrique de l'industrie à partir de l'enquête « Qualité de vie au travail » de la Dares. Ils sont issus d'une approche originale développée sur la base de l'identification de huit profils de travailleurs selon les conditions objectives de leur activité professionnelle (horaires, revenus, qualifications, expositions aux nuisances, etc.), croisés avec six profils bâtis sur le ressenti exprimé par les actifs (bien-être au travail, autonomie, tensions avec la hiérarchie ou les collègues, etc.). L'ensemble des réponses à l'enquête a été reclassé selon ces deux grilles de lecture, aboutissant à un portrait de la relation au travail des actifs.

Sans surprise, la majorité des agriculteurs exploitants sont classés dans le profil objectif « indépendant » et subjectif « travaille seul » : le sentiment de liberté (de s'organiser, de choisir son activité, etc.) va alors de pair avec des contraintes horaires et physiques importantes. Ils sont également plus souvent que les autres fiers d'un travail bien fait.

Distribution des profils subjectifs par catégorie socio-économique

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Source : La Fabrique de l'industrie

Diversification dans l'agroéquipement : la banque de John Deere

Un article publié par le Wall Street Journal en juillet aborde l'une des conséquences des catastrophes naturelles et de la baisse des prix agricoles, à savoir la mise en fragilité financière des agriculteurs au moment d'entamer le cycle de production et la frilosité du système bancaire traditionnel pour les accompagner. Dans ce contexte, John Deere, premier fabricant mondial de tracteurs et de moissonneuses-batteuses, à travers sa branche financière, est devenu également le cinquième prêteur agricole des États-Unis, en finançant notamment les achats d'intrants. Cette ligne de financement est également proposée par des firmes telles que Monsanto, DuPont ou Dow Chemical. La stratégie de John Deere, face à la baisse des ventes d'équipements agricoles, a été de les proposer à la location, ce qui est une alternative au renouvellement du matériel pour de nombreux agriculteurs endettés. La firme espère, une fois les cours agricoles redressés, que les ventes se relanceront.

Source : The Wall Street Journal

05/09/2017

Les consommateurs prêts à payer plus cher pour une rémunération juste des salariés agricoles

Les consommateurs sont-ils prêts à payer leur alimentation plus chère afin de garantir de bonnes conditions de travail aux salariés agricoles ? C'est la question à laquelle une équipe de chercheurs grecs et américains s'est intéressée dans un article publié dans le numéro de juillet de la revue European Review of Agricultural Economics. Les auteurs ont utilisé la méthode de l'évaluation contingente, afin d'évaluer le consentement à payer des consommateurs pour des fraises qui bénéficieraient d'une certification garantissant des conditions de travail justes (ou tout simplement en règle, comme un salaire minimum, un nombre d'heures de travail limité ou des congés maladie) pour les travailleurs agricoles.

Ils trouvent que les consommateurs grecs sont prêts à payer une prime d'au moins 0,53 € / 500 g pour des fraises produites avec ce type de certification. Ces résultats soulignent la forte asymétrie d'information qui existe sur ce sujet entre les consommateurs et les producteurs. Des modèles de certification innovants pourraient être développés afin de valoriser les produits issus d'exploitations protégeant les droits des travailleurs, et ainsi inciter les exploitants à garantir des conditions de travail correctes.

Source : European Review of Agricultural Economics

10/07/2017

Exploration et partage : échanges d’expérience et réduction des pesticides

Dans le dernier numéro d’Économie rurale, Frédéric Goulet (Cirad) rend compte d’une recherche sur les collectifs d’agriculteurs pratiquant le semis direct et les techniques culturales simplifiées (TCS), consistant à abandonner le travail du sol pour semer dans un couvert végétal, sans labour. L’auteur a analysé les récits d’expériences portant sur la réduction des pesticides publiés dans la revue TCS de 1999 et 2014. Il a également mené des entretiens avec des rédacteurs de la revue, ainsi que des producteurs ayant livré leur témoignage.

Dans un premier temps, TCS se concentre sur les différents défis techniques de l’arrêt du labour : choix du couvert, des matériels, etc. À partir de 2003, l'accent est mis sur les alternatives aux herbicides, dans un contexte de controverses sur le glyphosate. Le format des témoignages mobilisés évolue également. Par ailleurs, en début de période, les monographies d’exploitation sont privilégiées, l’abondance de détails permettant au lecteur de se positionner par rapport au cas présenté. Plus récemment, un format « série » apparaît : les témoignages suivent un innovateur sur plusieurs « épisodes », ménageant un suspense sur les résultats et « pointant de possibles pistes d’exploration saisissables par les lecteurs ». Ces mises en récit permettent de surmonter les difficultés de communication inhérentes à des démarches qui restent toujours exploratoires et singulières.

Au-delà de l’agriculture de conservation, l’article pose d’intéressantes questions politiques. En regard des efforts faits pour mobiliser ces collectifs dans les démarches de développement agricole, le rôle accru donné à la nature par ces agriculteurs-explorateurs constituerait un « facteur limitant » par rapport à des pratiques basées sur le recours aux technologies et aux agro-équipements. L'auteur évoque également un « facteur militant », ces pionniers critiquant les institutions et les réglementations susceptibles d’entraver les dynamiques exploratoires.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Économie rurale

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05/07/2017

Des réformes au bénéfice des travailleurs agricoles risquent de faire évoluer de nombreuses productions aux États-Unis

Dans un article publié sur le site de l'université de l'Illinois, une équipe d'économistes de l'université de Cornell aborde les conséquences, pour l'agriculture, des évolutions du droit du travail agricole de nombreux États fédérés, d'autant plus d'actualité que les incertitudes de la nouvelle équipe présidentielle sur les politiques migratoires alimentent les inquiétudes des agriculteurs. En effet, des États comme la Californie ou le Wisconsin emploient une grande quantité de main-d’œuvre agricole (fruits et légumes, lait), et engagent ou annoncent des réformes provoquant un accroissement important du coût de cette main-d’œuvre (hausse du salaire minimum, droit aux heures supplémentaires, etc.).

S'il leur est difficile de prédire les impacts des adaptations qui seront nécessaires, les chercheurs avancent que les changements seront importants. Ils citent plusieurs évolutions possibles, telles une chute de la production nationale de certains fruits et légumes, une substitution rapide du capital au travail, une relocalisation de la production de certains bassins vers d'autres régions, ou encore l’essor des filières de proximité. Certaines exploitations de taille moyenne pourraient être particulièrement en difficulté, tandis que l'investissement dans la qualité du management sera un impératif pour beaucoup.

Source : farmdoc daily

04/07/2017

Technologie numérique et promesses de changements pour l'agriculture africaine

Un article publié mi-mai par la Harvard Business Review présente les derniers développements technologiques et informatiques appliqués à l'agriculture en Afrique. Selon l'auteur, ceux-ci pourront fournir aux entreprises africaines des solutions technologiques et financières adaptées à la petite agriculture (mesure et traitements de données sur les sols, informations sur les marchés, etc.). L'article souligne que la réussite de ces solutions dépendra d'un ensemble de facteurs tels que le contexte institutionnel, l'amélioration des infrastructures de communication, la réduction des résistances culturelles des agriculteurs vis-à-vis de ces technologies.

L'auteur, Ndubuisi Ekekwe, a une riche trajectoire dans le domaine de la technologie numérique. Diplômé des universités John Hopkins (Baltimore) et de Calabar (Nigeria), il est le fondateur de l'Institut Africain de Technologie, a publié plusieurs ouvrages et développé des technologies dans le domaine de la robotique.

Source : Harvard Business Review

03/07/2017

Développement du tourisme et recomposition des élites dans le Nordeste brésilien

Dans un article publié dans Actes de la recherche en sciences sociales, Tristan Loloum étudie comment les transformations à l’œuvre dans les plantations sucrières de l’arrière-pays, concernant la jeunesse urbaine et les paysans-pêcheurs du littoral, ont pesé sur la vocation touristique du Nordeste brésilien. Dans les littoraux sous l’emprise des élites agraires se développe « un tourisme d’enclaves » (resorts, hôtels all-inclusive). Au contraire, dans les zones où les paysans-pêcheurs avaient gardé une certaine autonomie, apparaissent de petites structures touristiques intégrées aux villages. L’auteur approfondit le cas de Praia de Pipa, haut lieu du surf, où la modernisation des pêches permet aussi l’émergence d’une élite autochtone.

Source : Actes de la recherche en sciences sociales

14:39 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : brésil, tourisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/06/2017

Propriété de la terre agricole en Espagne : structures et évolutions

À l'occasion du Colloque international « L'avenir de l'alimentation et les défis de l'agriculture au XXIe siècle », qui s'est tenu fin avril à Vitoria-Gasteiz (Espagne), une série de travaux ont été présentés et publiés. L'un d'eux porte sur la structure et les évolutions de la propriété de la terre agricole en Espagne, et présente la synthèse d'une étude coordonnée par la Fundación Mundubat et la revue Soberanía Alimentaria.

Les auteurs adoptent une approche quantitative et qualitative : à partir du dernier recensement agricole (2009), ils analysent l'évolution, entre 1999 et 2009, du nombre et de la taille des exploitations, et de la superficie agricole utilisée (SAU). Ces données sont ensuite croisées avec des variables telles que le statut, le sexe et l'âge du chef d'exploitation, ainsi que le prix de la terre. Les auteurs constatent que, en dix ans, le nombre d'exploitations a régressé de 23,2 % (pourcentage plus élevé pour celles de moins de 5 ha), la SAU s'est réduite de 9,2 % et la taille moyenne des exploitations a augmenté de 18 % (pour les exploitations allant de 70 à 500 ha). Par ailleurs, pour mesurer l'évolution de la concentration de la terre, les auteurs appliquent le coefficient de Gini à l'Espagne et à chaque Communauté autonome, en le comparant également à d'autres pays. Cet indicateur montre que la concentration des terres est plus élevée en Espagne qu'en France ou en Pologne, mais inférieure à celle de l'Italie ou de certains pays d'Amérique latine (Argentine, Brésil).

Coefficient de Gini de la taille des exploitations agricoles par pays (FAO) et par communauté autonome (Censo agrario 2009) : plus le coefficient est proche de 1, plus la concentration de la terre est importante

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Source : elikadura21.eus (mise en forme CEP)

Les auteurs examinent aussi d'autres caractéristiques de la propriété foncière agricole : 94 % des chefs d'exploitation sont propriétaires, 31 % sont des femmes (pour 23 % de la SAU) et 61 % ont plus de 65 ans. À noter également que le poids des sociétés commerciales n'est pas significatif (2 % des structures occupant 11 % de la SAU), mais avec une tendance à la hausse.

Dans une deuxième partie, les auteurs exposent les processus socio-économiques et politiques qui, selon eux, sont à l'origine de la concentration de la terre. Ils considèrent que la PAC et le changement d'affectation des terres (urbanisation, tourisme, industrie, mines, énergie) sont des facteurs qui ont favorisé une telle évolution. Le prix de la terre a ainsi suivi une tendance ascendante entre 1995 et 2008, en régressant après légèrement suite à la crise de la bulle immobilière.

Les auteurs discutent enfin un certain nombre de propositions en matière de politique foncière, au niveau de l'Union européenne, de l’État espagnol, des Communautés autonomes ainsi que des municipalités.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : elikadura21.eus

10:06 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : espagne, propriété, terre agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/06/2017

États-Unis : évaluation d'un programme d'assistance renforcé en cas de pertes de récoltes non assurables

L'USDA a publié en mai un rapport sur le Noninsured Crop Disaster Assistance Program (NAP). Le programme fédéral d'assurances agricoles états-unien ne couvre pas toutes les cultures ni tous les comtés présentant les risques climatiques les plus importants : 150 cultures, telles que le maïs, l'herbe ou la cerise, sont concernées. Un programme spécifique, le NAP, a alors été introduit en 1994 pour palier ce manque et permettre aux agriculteurs concernés de couvrir 50 % de leurs pertes, à hauteur de 55 % du prix de marché moyen. Le Farm Bill de 2014 a ensuite ajouté une version renforcée du NAP Basic, appelée NAP Buy-Up, qui couvre 65 % de la récolte à hauteur de 100 % du prix de marché.

Ce rapport du service de recherche économique (ERS) du ministère de l'Agriculture présente les résultats d'une première évaluation des effets de cette réforme, ce afin d'informer les concepteurs des politiques publiques et les agriculteurs pouvant être concernés par ce programme. Après avoir analysé le nombre de souscriptions à NAP Basic et NAP Buy-Up pour trois cultures (cerise, noix de pécan, courges), les économistes ont étudié les effets de l'outil sur les variations de revenu et chiffres d'affaires des producteurs de maïs ne pouvant souscrire d'assurance, les données 2014-2015 n'étant adaptées qu'à l'analyse de cette culture.

Nombre de dossiers d’indemnisation NAP par comté, 2013- 2015

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Source : USDA

Parmi les principaux résultats, pour la période 2014-2015, est mis en évidence un important succès de l'option NAP Buy-Up pour certaines cultures (16 % de l'ensemble des demandes), tandis que le nombre d'agriculteurs souscrivant à une des deux options a doublé, passant de 66 000 à 138 000. Par ailleurs, le nombre d'exploitants en difficulté et de jeunes agriculteurs inscrits s'est accru de façon encore plus importante. Certaines cultures (ex : cerise), sont couvertes à plus de 80 % par l'option renforcée, tandis que 30 % des demandes concernant les cerises, noix de pécan et courges étaient faites dans le cadre de la Buy-Up. En ce qui concerne l'impact économique pour certains maïsiculteurs, l'étude révèle que les deux options réduisent le risque « chiffre d'affaires » de 8 et 20 %. Toutefois, les risques les plus importants sont réduits de 50 % avec l'option Basic, 100 % avec l'option Buy-Up.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

09/06/2017

Agriculture connectée. Arnaque ou remède ?, Vincent Tardieu

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En 2012, le journaliste Vincent Tardieu réussissait à capter l’air du temps avec un livre, Vive l’agro-révolution française !, qui présentait au grand public diverses expériences en matière d’agro-écologie. Il y était assez peu fait état des nouveaux équipements qui peuvent servir de levier pour une meilleure conciliation des performances économiques, sociales et environnementales. Or, « depuis près de dix ans pourtant, une sorte de cheval de Troie technologique s’est introduit dans les fermes occidentales ». Agriculture connectée. Arnaque ou remède ? propose à point nommé une enquête fouillée sur ces derniers développements, de l’élevage de précision à la robotisation, en passant par le big data agricole.

Partant à la rencontre de producteurs férus de nouveautés, la première moitié de l’ouvrage présente dix « contes » de l’agriculture connectée. Ainsi, le premier chapitre dresse le portrait d’un agriculteur qui élève 65 vaches « en solitaire », mais réduit ses astreintes grâce à « une batterie de capteurs tous communicants ». L’auteur évite la caricature en alternant les échanges avec l’agriculteur, qui décrit son système, et des mises en perspectives à partir d’interviews avec des chercheurs. De nombreux encadrés facilitent la lecture. La seconde partie prend le contrepoint de ces histoires enchantées pour en détailler les « mécomptes ». Neuf chapitres examinent des enjeux qui affleuraient seulement dans la première partie : impacts sur l’emploi et le travail agricoles, risques de surendettement, déficits de formation, etc.

Alors, « arnaque ou remède » ? L’ouvrage pose les bonnes questions, mais l’enquête ne permet pas vraiment de trancher. De façon assez plaisante, l’auteur conclut son ouvrage par un dialogue de sourds entre deux personnages imaginaires, Agronumericus et Agroscepticus. À l’enthousiasme technophile pour les nouveaux agroéquipements répondent les lieux communs (informés) d’une agriculture paysanne plus humaine et porteuse d’emploi. De fait, cet embarras semble très répandu, et Tardieu donne à penser qu’il est une donnée structurelle, indépassable, du débat sur l’agriculture de demain.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Belin Éditeur

07/06/2017

Estimer l'offre commerciale de services d'information météorologiques et climatiques et sa dispersion au niveau mondial

Comment se répartit l'offre commerciale de services d'information météorologiques et climatique ? Est-elle proportionnelle au niveau d'exposition aux risques ? Un article récemment publié dans Science Advances se propose d'explorer cette question. En l'absence de statistiques disponibles sur le sujet, les auteurs utilisent une méthode de triangulation des données sur les transactions et opérations commerciales, s'inspirant de travaux similaires dans d'autres domaines. Ils montrent en particulier que l'agriculture, le secteur forêt-bois, les industries extractives et le tourisme sont les acheteurs les plus importants de services d'information météorologiques et climatiques. Les croisements de ces données avec l'indicateur Climate Risk Index, publié par GermanWatch, suggère l'absence de corrélation entre niveau d'exposition aux risques et dépenses associées aux services étudiés, ce qui pose la question de l'adéquation de l'offre et de la demande dans un certain nombre de pays.

Source : Science Advances