Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/06/2022

Marché mondial du vin et restructuration de la filière du champagne

La revue Économie rurale d’avril-juin 2022 présente un article sur l’adaptation des viticulteurs champenois aux évolutions du marché mondial du vin. Cette étude a été réalisée dans un contexte de renforcement de l’environnement concurrentiel des vins de champagne, sous l’effet de changements de la consommation, de la production de vins dits « du Nouveau Monde » et de la restructuration du vignoble des pays européens. Entre 2002 et 2018, les ventes de vins effervescents ont beaucoup progressé (+ 58 % en volume), mais la hausse n’a que peu bénéficié au champagne (+ 5 %).

Les auteurs, sur la base d’une enquête et d’entretiens, ont établi une typologie des vignerons champenois, selon différents critères : profil de l’exploitant, part des différentes activités dans le chiffre d’affaires, prix des vins, part des exportations dans les ventes, etc. Les chercheurs ont en particulier analysé leur degré d’intégration verticale dans la filière, c’est-à-dire leur implication aux différentes étapes, de la production à la distribution. Trois grands types de producteurs ont été identifiés. Les « traditionnels » (32 %) ont le degré d’intégration verticale le plus faible : ils sont pour la plupart récoltants et la vinification est principalement faite par une coopérative. Les « commerçants » (57 %) ont un degré d’intégration intermédiaire : ils vinifient une grande partie de leurs vins. Les « pionniers » (11 %) vinifient la quasi-totalité de la production et ont des capacités commerciales, notamment à l’export, supérieures à celles des autres groupes.

Les auteurs estiment qu’un lien positif existe entre le degré d’intégration verticale et le niveau de valorisation du champagne. Selon eux, dans un contexte de compétitivité et de rentabilité en baisse, seuls les exploitants « en mesure de valoriser leur production parviendront à se maintenir sur le marché ». Un positionnement haut de gamme des produits permettrait d’affronter les concurrents arrivés plus récemment sur le marché, dont certains bénéficient de coûts de production inférieurs à ceux du champagne. Ils peuvent alors dédier plus de fonds aux stratégies de marques et aux exportations. Les « pionniers » semblent donc les mieux adaptés à ce nouveau contexte. Parallèlement, la hausse du nombre de viticulteurs (donc n’assurant pas la transformation) devrait se poursuivre, avec un risque de baisse du prix du raisin (non quantifiable) et du poids des vignerons dans les ventes de champagne.

Amandine Hourt, Centre d’études et de prospective

Source : Économie rurale

13/06/2022

23e édition du festival La Caméra des champs

Le festival international documentaire La Caméra des champs a fait connaître son palmarès, le 22 mai 2022, à l'issue de trois jours de projections d’œuvres interrogeant différentes dimensions de la ruralité, en particulier agricoles. Les 16 films en compétition ont rassemblé un public nombreux, autour de formes alternatives de production et de consommation, auxquelles participent certaines exploitations agricoles (régénération des sols, agriculture protectrice de la vie sauvage). Les petites unités productives étaient bien représentées, mais le festival a aussi exposé de telles pratiques dans de grandes exploitations : structure de 200 ha dans L'échappée (figure ci-dessous), exploitations céréalières dans La Beauce, le glyphosate et moi. Les transmissions intrafamiliales difficiles et l'arrivée des néo-paysans montrent des populations agricoles partagées entre idéalisation du local en partie révolu et quête de renouveau. Le Grand prix a été remis à La Ferme à Gégé de Florent Verdet.

L'affiche du film L'échappée de P. Boutillier, 3e prix

échappée .jpg

Source : La Caméra des champs

Source : La Caméra des champs 

09:36 Publié dans Agriculteurs, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : cinéma, ruralité |  Imprimer | | | | |  Facebook

31/05/2022

Permaculture, retour à la terre et difficultés d’installation

Disponible sur la plateforme france.tv, le documentaire Nouvelles graines suit l’installation d’un jeune couple de néo-ruraux sur une ferme des Landes. Ils veulent « revenir » à un mode de vie plus authentique et éthique. Sur sept hectares, ils appliquent les principes de la permaculture : refus des pesticides, des plastiques, complémentarité entre maraîchage et élevage, etc. Les difficultés rencontrées rapidement (charge de travail, problèmes de trésorerie, infestation de limaces) amènent bien des désillusions, qui ne sont pas sans évoquer le reflux des utopies communautaires des années 1970. « Je ne pense pas qu’on puisse vivre de la permaculture », a même déclaré le réalisateur.

Source : france.tv

15:41 Publié dans Agriculteurs, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : permaculture, documentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/05/2022

Adoption et impact des technologies numériques dans l'agriculture des pays de l'OCDE

L'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a publié, en avril 2022, un rapport sur les usages et impacts des technologies numériques en agriculture, dans des pays de l'OCDE. À partir d'une revue de la littérature scientifique, leurs apports à la rentabilité, à la durabilité et à la résilience des exploitations sont évalués. Pour ce faire, les auteurs distinguent trois secteurs de production : les grandes cultures, l'élevage et les cultures spécialisées (principalement fruitières et légumières).

Dans un premier temps, ils se basent sur des enquêtes nationales pour quantifier l'adoption de ces technologies et ses différentes modalités. Si l'usage du numérique progresse en agriculture depuis les années 2000, la digitalisation de ce secteur varie selon les technologies, les productions et les pays. Les systèmes de guidage par Global Positioning System (GPS) et les capteurs de rendement sont bien installés dans les exploitations de grandes cultures, notamment aux États-Unis. En revanche, les outils plus avancés de l'agriculture de précision, comme les technologies à taux variable (VRT), modulant automatiquement les intrants, connaissent une progression beaucoup plus lente. Plusieurs évaluations confirment leur effet positif mais limité pour la productivité des exploitations de grandes cultures, et peu de preuves démontrent leurs impacts positifs en matière de durabilité ou résilience. Pour les exploitations d'élevage et de cultures spécialisées, il y a peu d’informations sur le niveau d'adoption des outils numériques et sur leurs impacts. Les technologies sont moins matures et plutôt orientées vers des solutions robotiques (robots de traite, de récolte), en vue de diminuer la pénibilité de certaines tâches et de générer des économies de main-d’œuvre.

La convergence de facteurs freinant l'adoption de ces technologies (coût, rentabilité, adaptation aux besoins réels, complexité des usages, etc. ; figure ci-dessous) conduit les auteurs à formuler des recommandations à destination des gouvernements des pays de l'OCDE. Elles portent notamment sur la gouvernance des données, la régulation de la concurrence des marchés de ces technologies, les services d'informations aux agriculteurs, etc.

Contraintes identifiées à l'adoption du numérique par les agriculteurs

technologies.jpg

Source : OCDE

Lecture : les freins à l'adoption du numérique mentionnés par les agriculteurs sont regroupés en 4 familles : coût ; pertinence ; convivialité ; risque et confiance.

Jérôme Lerbourg, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

12:17 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : technologies numériques, ocde |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/05/2022

Des tensions à prévoir sur les recrutements en agriculture à l'horizon 2030

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares, ministère du Travail) et France Stratégie ont récemment publié leur rapport de prospective sur les métiers et qualifications à l'horizon 2030, dans la continuité de précédents travaux similaires. Ces résultats ont été présentés lors d'un colloque public. Pour la première fois, les auteurs ont cherché à évaluer l'adéquation entre les personnes formées et les postes disponibles, en se basant sur les flux d'entrée en formation (graphique ci-dessous). De plus, ils ont fourni une évaluation de l'impact sur l'emploi de la transition bas carbone et de celui de la crise de la Covid.

Postes à pourvoir et déséquilibres potentiels par métiers

métiers agriculture 2030.png

Source : Dares/France Stratégie

Quel que soit le scénario, l'agriculture perdrait des emplois, mais moins vite que durant la décennie écoulée, et elle aurait des difficultés à recruter. Des variations sont attendues selon les métiers (hausses en maraîchage, en viticulture, dans les postes d'encadrement) et les scénarios (baisse atténuée dans les scénarios bas-carbone et Covid-19). Enfin, près de 10 000 emplois supplémentaires seraient à pourvoir dans l’agroalimentaire, avec une montée en qualification au profit des techniciens et des ingénieurs.

Source : France Stratégie

09:15 Publié dans 1. Prospective, Agriculteurs, IAA, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : métiers, qualifications, 2030, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

Histoire des paysans, acteurs de progrès

histoire de paysans.jpg

Sur France Culture, l'émission Le Cours de l'histoire a consacré une série de diffusions aux paysans et à leur place dans la société. La première porte sur l'Antiquité et les innovations en Mésopotamie et en Égypte : domestication des céréales, irrigation et outillage, etc. La spécialisation agricole accompagne l'urbanisation et l'essor démographique. Deux historiens ruralistes sont interviewés dans les deux émissions suivantes. J.-M. Moriceau présente « trois fermiers "capitalistes" avant l'heure », qui parviennent à accumuler les terres en Île-de-France aux XVIIe et XVIIIe siècles : « inspirés par le développement de la science agronomique, ces nouveaux maîtres du monde rural s’emploient à maximiser rendements et profits ». Dans la troisième, C. Marache livre ses analyses sur les petites villes et l'exode rural, la révolution des transports et la modernisation des campagnes. Enfin, le quatrième épisode porte sur deux formes de militantisme paysan au XXe siècle. J. Vigreux y évoque les mouvements communistes et la défense de la petite propriété, tandis que C. Rouvière éclaire les ressorts du « retour à la terre » et l'installation des « néo-ruraux », notamment en Ardèche après les événements de « mai 68 ».

Source : France Culture

08:55 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Territoires | Lien permanent | Tags : histoire, paysans, territoires |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/04/2022

Des dynamiques entrepreneuriales agricoles portées par des installations d'étrangers

Dans le cadre d'un projet de recherche consacré aux campagnes françaises dans les migrations internationales, la Revue européenne de géographie a publié un article sur les présences étrangères dans les territoires ruraux du sud-ouest de la France. Il évalue la contribution de ces migrations à la diversification sociale et économique de ces espaces.

En croisant travaux de terrain et analyses des recensements de la population depuis 1968, les auteurs montrent que si les migrations internationales concernent essentiellement les espaces urbains, elles ne sont pas négligeables dans certains territoires ruraux : zones frontalières de l'Est, lieux de villégiature de l'arrière-pays méditerranéen, grande périphérie de l’Île-de-France, et sud-ouest du pays (voir figure). Ainsi, alors que les habitants de nationalité étrangère ne représentaient que 3 % des populations vivant en milieu rural (contre 6,5 % au niveau national), ce chiffre atteignait 6,7 % dans le Périgord Vert en 2015.

Répartition des habitants de nationalité étrangère dans les espaces ruraux en France métropolitaine

dynamiques entrepreunariales.jpg

Source : European Journal of Geography

Dans cette zone, les auteurs montrent que cette population étrangère est porteuse d'une dynamique d'installation de nouveaux agriculteurs. Sur ce territoire peu dense, le choix d'une activité agricole représente souvent un projet de vie en rupture, au moins partielle, avec la vie citadine et leurs activités professionnelles antérieures. Les auteurs identifient deux types différents d'exploitations qui, dans les deux cas, essaiment à partir d'une exploitation-mère.

Dans le premier cas, les porteurs de projet (de nombreux Britanniques) ont créé des exploitations de maraîchage sur des terrains de faibles superficies (2 ou 3 ha), qu'ils ont achetés dans cette région historiquement tournée vers l'élevage. Ces exploitations sont à l'origine d'innovations commerciales (collectifs de producteurs, vente en cagettes, etc.) combinées à un ancrage local (implication dans des marchés paysans historiquement bien implantés). Le second modèle repose sur des Néerlandais, installés en élevage laitier, attirés par un foncier accessible et des opportunités de reprise. Ce sont plutôt des exploitations de grande taille, insérées dans la filière laitière locale, insérées dans un réseau d'échanges et de formations avec les Pays-Bas. Ces néo-paysans étrangers s'installent quasiment tous en agriculture biologique, confortant une dynamique locale majeure.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : European Journal of Geography

Contributions du numérique à la transition vers des agricultures et systèmes alimentaires durables

Cinq chercheurs d'Inrae et de l'Inria ont publié un livre blanc, Agriculture et numérique, sur les Technologies de l'information et de la communication (TIC) pouvant aider l'agriculture à répondre aux nouveaux enjeux de sécurité alimentaire, climatiques et environnementaux (diminution de la biodiversité, réduction des ressources, etc.). Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), deux grands modèles sont envisageables : l'intensification durable (augmenter la productivité sans effets néfastes sur les écosystèmes), l'agro-écologie (s'appuyer sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes pour concevoir les systèmes de production). L'ouvrage explore les apports du numérique pour la transition vers ce second modèle, plus propice, selon les auteurs, à la préservation d'une agriculture familiale associée à un revenu et à des conditions de travail décentes des exploitants.

Les technologies numériques mises en œuvre par l'agriculture de précision sont actuellement plutôt utilisées dans une optique d'intensification durable. Elles reposent sur quatre principes (observer, diagnostiquer, préconiser, agir), afin de répondre aux besoins des plantes et animaux. Ces principes sont transposables au modèle agro-écologique (exemple dans la figure ci-dessous). De plus, le numérique offre des solutions pour comprendre et gérer la complexité des systèmes de production agro-écologiques, grâce à ses outils d'acquisition, ses capacités de traitement et de modélisation de données massives par les techniques d'intelligence artificielle. Il permet aussi d'anticiper les maladies ou nuisibles (dispositifs optiques pour la surveillance des plantes et la détection des insectes volants, pièges à insectes connectés, etc.) et de faciliter les opérations culturales sur des parcelles de cultures mélangées (petits robots connectés en essaim, cobots, etc.). Les auteurs identifient également d'autres opportunités d'usage : accompagnement de la territorialisation de l'alimentation, rééquilibrage des chaînes d’approvisionnement, appui à l'élaboration de stratégies, transmission et partage de connaissances, etc.

Pour souligner l'importance du développement d'un « numérique responsable » en agriculture, les auteurs en explicitent les différents risques. Ils identifient en particulier l'affaiblissement du lien entre l'agriculteur et la nature, le coût environnemental de ces technologies, l'accentuation de la concentration et de l'industrialisation de l'agriculture, ou encore la perte de souveraineté (maîtrise des données et des outils de production, dépendance aux outils d’aide à la décision, enjeux de cybersécurité).

Chaîne de traitement de l'outil d'aide à la décision Farmstar

j lerbourg.jpg

Source : Inrae-Inria

Lecture : à partir d'images spatiales à résolution infraparcellaire, l'outil d'aide à la décision Farmstar fournit des conseils agronomiques à l'agriculteur. Au sein d'une architecture informatique, une chaîne de traitements associe différents flux de données et des modèles agronomiques pour une mise à disposition de cartes et tableaux de bord d'indicateurs dans l'application finale de l'utilisateur, via des Application Programming Interfaces (API).

Jérôme Lerbourg, Centre d'études et de prospective

Source : HAL INRAE

13/04/2022

L'institut cambodgien de ressources pour le développement

CDRI.jpg

Fondé en 1990 dans un contexte marqué par la fin d’un conflit qui déchira le Cambodge, le Cambodia Development Resource Institute (CRDI) est un centre de recherche dont les activités sont reconnues par le gouvernement cambodgien, avec comme objectif global le développement durable du pays. L'institut est intégré aux réseaux de recherche et de réflexion régionaux, comme le NARDT (Network for Agriculture and Rural Development Think-Tanks for Countries in Mekong Sub-Region), soutenu par le Fonds international de développement agricole, une agence onusienne.

L'activité de l'institut comporte 5 axes : gouvernance et société inclusive, développement économique et commerce, éducation, ressources naturelles et environnement, politiques agricoles et développement rural. Ce dernier est traité au sein d'un centre de recherches éponyme dont les travaux, centrés géographiquement sur le Cambodge, s’intéressent à l’économie agricole (approche quantitative et qualitative), mais aussi à la sécurité alimentaire, en intégrant le volet nutritionnel.

L'institut produit ses propres études, à l’instar de celle consacrée en 2021 à la manière dont sont employés les produits phytosanitaires dans les exploitations agricoles cambodgiennes. Elle a montré l'importance des pesticides dans les coûts de production, avec des situations variées en fonction de l'âge de l'agriculteur, de son sexe ou de son niveau d'éducation. D'autres travaux sont conduits avec des partenaires internationaux, telle l’analyse consacrée aux impacts directs et indirects de la Covid 19 sur le commerce agroalimentaire du pays. Réalisée dans le cadre du programme de recherche PRCI (Food Security Policy Research, Capacity and Influence), financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international, et coordonnée par l'université du Michigan, l'université Cornell et l’Institut international de recherche en sécurité alimentaire, elle montre que l'économie agricole cambodgienne reste structurellement déficitaire, mais qu'elle a relativement bien résisté à la pandémie de la Covid 19.

Outre les publications, sont organisés des séminaires et des ateliers, à destination des décideurs politiques, des partenaires de développement et des chercheurs.

Johann Grémont, Centre d'études et de prospective

Source : Cambodia Development Resource Institute

Impacts socio-économiques de la peste porcine africaine aux Philippines

La peste porcine africaine (PPA) est apparue aux Philippines en juillet 2019, occasionnant une baisse de production de 9,8 % au dernier trimestre de la même année. Si les mesures sanitaires ont permis de limiter les conséquences de l'épizootie, leurs impacts sur la vie quotidienne des éleveurs, et plus largement des travailleurs de la filière porcine, ont été moins bien étudiés. Pour y remédier, une évaluation a été mise en place, en coopération avec l'Australie et le Timor oriental. Il était principalement basé sur des groupes de discussion, dans des zones rurales ayant subi la PPA. Il en ressort qu'aux Philippines les petits élevages sont nombreux, certains d'appoint, souvent familiaux, et que la perte d'animaux est économiquement très lourde. En outre, les produits des ventes servent souvent à payer les frais d'éducation des enfants. Enfin, ces petits propriétaires considèrent le porc comme un membre de la famille et son euthanasie provoque un choc émotionnel et des réactions d'hostilité envers le personnel sanitaire.

Source : Frontiers in Veterinary Science

12/04/2022

Quelles relations entre numérique et transition agro-écologique ?

Dans un article publié dans la revue Ecological Indicators, E. Schnebelin (Inrae) analyse les liens entre digitalisation et transition agro-écologique. À partir d'entretiens conduits auprès d'une centaine d'exploitants agricoles de la région Occitanie, l'auteure établit d'abord une typologie des agriculteurs en fonction de leur degré d'utilisation du numérique. Deux types d'usages sont distingués : le numérique comme moyen de production (agriculture de précision, automatisation) ou comme outil d'information, d'acquisition de connaissances et de communication. Au regard des enquêtes réalisées, l'auteure estime que l'utilisation du digital comme moyen de production est fréquemment associée à une écologisation faible des pratiques agricoles, notamment parce qu'il ne favorise pas une reconfiguration des systèmes de production. À rebours, le numérique comme moyen d'information semble être un levier parfois plus efficace, quoique limité.

Source : Ecological Indicators

11/04/2022

Le collectif Front paysan : films de luttes et du travail syndical dans les années 1970

L'historien É. Lynch, auteur d'une remarquable histoire des insurrections paysannes (voir à ce sujet un précédent billet), livre, dans la revue Images du travail / Travail des images, un article sur les actions du Front paysan dans les années 1970. Rompant avec la stratégie unanimiste du syndicat majoritaire (FNSEA), ce collectif dénonce les effets de « l’industrialisation », notamment en matière de concentration foncière, de contrôle sur les marchés du vin et du lait, ou d'évolution vers une agriculture intégrée. L'auteur commente des archives tirées du cinéma militant : « des films qui sont à la fois des mises en image de luttes exemplaires et des outils de mobilisation syndicale et collective ».

Source : Images du travail / Travail des images

09:40 Publié dans Agriculteurs, Organisations agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : paysans, cinéma, mobilisation |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/03/2022

Les agri-youtubeurs et la communication sur les pratiques agricoles

Un article publié en février 2022 dans Réseaux livre les premiers résultats d’une enquête sur les agri-youtubeurs. L. Rénier (Inrae) et ses co-auteurs y reprennent les éléments réunis dans le cadre d’une thèse de sociologie : étude d’un corpus de 17 chaînes vidéo (1 000 abonnés minimum, 33 800 en moyenne), analyse des films, entretiens avec les agri-youtubeurs et observation de rencontres avec leurs abonnés dans le cadre de salons professionnels.

Ces agriculteurs-vidéastes privilégient une « communication positive » pour répondre à ce qu'ils perçoivent comme de l'agri-bashing. Pour « reprendre en main » l'image de leur groupe professionnel auprès du grand public, ils publient régulièrement, sur leurs chaînes YouTube, des séquences présentant l’activité quotidienne de leur exploitation. Parlant face caméra, ils se montrent « en train de travailler » et commentent l’action en direct.

Entre 2013 et 2017, une communauté a émergé autour de leurs comptes. Depuis, elle croît régulièrement. Les agri-youtubeurs du « noyau historique », notamment Thierry Baillet, David Forge, Gilles VK, Gaël Blard ou Alex agriculture Vienne, parrainent les nouveaux venus dans le cadre de featurings, c'est-à-dire des participations à des vidéos valorisant des liens d’amitié et d’estime mutuelle. Un public partagé se construit alors : abonnements, interventions dans le fil de discussion sous les vidéos, dédicaces, etc. Une analyse de réseau, menée sur le modèle des études sur le rap, met en évidence la densification des interactions entre chaînes (figure ci-dessous). Les échanges, conseils, partages d’expérience, etc., contribuent aussi à produire des normes relatives aux « bonnes façons de construire les vidéos », et à une identité collective.

Réseau des featurings par année au sein de la communauté des agri-youtubeurs

agri youtubeurs.jpg

Source : Réseaux

Lecture : les points correspondent à des chaînes YouTube, leur taille est fonction du nombre d'abonnés, leur couleur dépend du type de production qu'elles présentent (grandes cultures en noir, polyculture-élevage en gris clair, viticulture en gris foncé). Les flèches identifient les participations croisées entre chaînes.

La publication régulière de vidéos décrivant le quotidien des pratiques agricoles maintient un lien fort entre les agri-youtubeurs et leur public. L’article analyse avec finesse le contenu des séquences diffusées et les mécanismes qui produisent leur valeur d’authenticité, appréciée par les abonnés. Trois dimensions de cette authenticité sont mentionnées. La première est spatiale : tours de plaine et travaux dans les différentes parties de l'exploitation (bâtiments, parcelles), focus sur la préparation des machines et leur réparation, etc. La deuxième est temporelle, avec une mise en récit des activités sous forme de « chronique », au fil des saisons ou ponctuellement, par exemple avec l'organisation de lives permettant d’interagir avec le public. La troisième est affective, avec l’apparition dans les vidéos d'êtres proches (enfants, parents, voisins) ou d'animaux domestiques.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Réseaux

11/03/2022

Sinistralité à l'horizon 2050 : des assureurs publient un livre blanc

Le groupe d’assureurs Covéa (MAAF, MMA et GMF) a publié un livre blanc, en janvier 2022, sur les conséquences du changement climatique sur la sinistralité à l'horizon 2050, en France. Retenant le scénario le plus pessimiste proposé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (hausse de la température globale de l’ordre de 2,4 °C en 2050 et de 4,8 °C en 2100), Covéa et la société RiskWeatherTech ont quantifié les évolutions attendues des dommages assurés pour les périls « inondation », « sécheresse », « grêle » et « tempête ». Pour le péril grêle – souvent peu étudié car complexe à modéliser –, les résultats des modélisations montrent un accroissement significatif des orages de grêle sur l’ensemble du territoire (+40 % par rapport à la période de référence 1970-2005). La moitié nord de la France devrait connaître l'augmentation la plus importante, mais les zones les plus fortement exposées actuellement resteront toujours les plus à risque. La sinistralité grêle devrait, elle, augmenter de 20 %, toutes activités confondues.

Source : Covéa

15/02/2022

Certification de l’indication géographique et revenu de ménages ruraux au Vietnam

Un article paru en 2021 dans les Cahiers Agricultures s’intéresse à l’effet de la certification de l’indication géographique, mise en place par des organisations de producteurs (OP), sur le revenu des petits riziculteurs au Vietnam.

L’indication de l’origine des produits agricoles est souvent considérée, par la littérature scientifique, comme un levier significatif pour améliorer l’accès au marché des exploitants des « pays en voie de développement » et, par conséquent, leurs conditions d’existence. Pour autant, cette démarche n’a pas fait l'objet d'une véritable évaluation d'impact. Les auteurs de cette étude ont donc ciblé une culture vivrière bénéficiant d’une bonne image auprès des consommateurs vietnamiens, le riz gluant Hoa Vàng, dont l'appellation est parfois utilisée abusivement par certains commerçants, qui proposent un riz moins onéreux et de moins bonne qualité. Ce produit bénéficie d'une certification créée par l'association de production et de commercialisation de la province de Hải Dương, fondée en 2006, regroupant 367 membres en 2015. Leur plan d’action visait entre autres un recours limité aux produits phytosanitaires et une stratégie de vente valorisant l’origine et la qualité de la production. Les auteurs ont conduit des entretiens auprès d’un échantillon de 314 riziculteurs membres et non membres de cette OP, ainsi qu'avec des collecteurs, grossistes et détaillants à Hải Dương, Hà Nội et Hồ Chí Minh ville

Caractéristiques des ménages et des exploitations agricoles en 2013 et 2015

Indications geographiques.jpg

Source : Cahiers Agricultures

En utilisant la méthode du score de propension, les auteurs mettent en évidence le faible effet de la certification de l’IG et, par voie de conséquence, de l’appartenance à une OP, sur l’amélioration du revenu des ménages. Les prix de vente et les revenus ne sont pas nécessairement plus élevés pour la commercialisation du riz gluant. Cela s'explique notamment par une disponibilité plus faible en terres et en intrants des membres de l'OP. Toutefois, en dépit de ces moindres ressources, l'étude met en valeur des capacités similaires d'accès au marché, ce qui tend à prouver l'effet positif de l'appartenance à une OP pour la petite paysannerie. Pour en mesurer l’effet sur le revenu, néanmoins, ces résultats devraient être replacés dans une perspective diachronique. Les auteurs appellent également à un renforcement du dialogue entre les OP et leurs clients, ainsi qu’au développement des contrôles de l’étiquetage par les pouvoirs publics. Enfin, selon eux, l'étude du fonctionnement actuel de ces OP permettrait de dégager des pistes d'amélioration pour leur permettre d'atteindre plus efficacement leurs objectifs.

Johann Grémont, Centre d’études et de prospective

Source : Cahiers Agricultures