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10/04/2018

Des pistes pour permettre aux élevages bovins viande de mieux s'adapter à la demande

FranceAgriMer vient de publier la synthèse d'une étude réalisée par l'Institut de l'élevage, consacrée à l'adaptation des élevages bovins allaitants à la demande des marchés. Alors que la consommation française de viande bovine décroît régulièrement, que l'efficience économique des élevages allaitants se dégrade, cette étude cherche à préciser les demandes de l'aval en termes de catégories et de niveau d'engraissement des animaux, et à identifier des pistes d'adaptation des modes de production pour améliorer l'adéquation entre offre et demande. Ces pistes techniques sont étudiées sur des exploitations types, afin de comparer leurs incidences en matière de charge de travail, de résultats économiques et d'impact environnemental.

En effet, selon les débouchés, le poids demandé pour les carcasses varie nettement, de 300 à 320 kg pour des animaux destinés à la restauration hors domicile, jusqu'à plus de 440 kg pour la boucherie traditionnelle. L'évolution des circuits de commercialisation a donc une influence majeure. De plus, la baisse de la consommation se traduit par une diminution des portions, faisant évoluer la demande vers des pièces à griller plus petites et mieux calibrées.

Distribution du poids carcasse des vaches en 2014 et 2015 et demande des industriels

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Source : Institut de l'élevage

Plusieurs pistes d'action permettraient cette meilleure adaptation de l'offre, telles l'augmentation du nombre de génisses produites (en réduisant le taux de renouvellement), la production de génisses légères (de 18 mois au lieu de 34), des vêlages plus précoces, l'utilisation de la race Angus en croisement terminal ou, à plus long terme, la sélection de gabarits plus petits. Chacune présente des intérêts et des limites, détaillés dans l'étude.

Dans tous les cas, les auteurs notent que ces évolutions ne peuvent intervenir que si les signaux-prix à l'achat sont cohérents et sécurisés dans le temps. En effet, alors que l'aval demande des carcasses légères, le prix reste pour l'instant favorable aux animaux les plus lourds. La contractualisation s'affirme comme un levier indispensable pour fournir aux éleveurs signaux, outils et visibilité, et donc pour impulser et soutenir ces adaptations des itinéraires techniques.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : FranceAgriMer

09:53 Publié dans Alimentation et consommation, Production et marchés | Lien permanent | Tags : élevage, bovin viande, adaptation, demande |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/04/2018

La Poule. Pratiques d’élevage et histoire culturelle, Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane et Mickaël Wilmart (dirs.)

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Poule : oiseau de basse-cour à ailes arrondies, queue courte et crête dentelée, occupant une place de choix dans notre régime alimentaire. Ethnoécologie : étude des relations entre les sociétés humaines et leur environnement naturel, dans des perspectives historiques et géographiques, adoptant une approche interculturelle et comparative. Revue : publication périodique qui contient des articles répondant à une ligne éditoriale. Cette série de onze textes, très divers et toujours intéressants, issus d'une journée d’études organisée à Paris en mai 2015, fait donc des gallinacés un sujet privilégié d’histoire et de géographie, saisi à la fois à travers les modes de consommation, les représentations artistiques, les traditions culturelles, les techniques d’élevage et l'évolution du rapport Homme-Animal.

La poule ainsi mise à l'honneur du dernier numéro de la Revue d'ethnoécologie (semestrielle, en ligne et gratuite) est celle qui est élevée, tuée, plumée et mangée, de l’Antiquité à nos jours (dans le monde occidental essentiellement). N. Blanc montre qu'à l'époque gréco-romaine, elle s'efface derrière le jeune poulet (qui participe de la vie religieuse et politique), et surtout le coq, dont le caractère belliqueux domine l’imaginaire. P. Mane se concentre elle sur les poules et poulaillers médiévaux, sur les modes d'élevage et de gardiennage, pendant que M. Wilmart décrit l'économie volaillère sur la période XIIIe-XVIe siècles. B. Denis retrace le classement des races de poules et revient sur les enseignements de la littérature zootechnique à cet égard. V. Boudier s'intéresse aux représentations des volailles dans la peinture italienne du Cinquecento. Plus près de nous, D. Alexandre-Bidon traite de la place de la poule dans la bande dessinée. Rien ne va plus pour gallina quand F. Graber décrit la naissance puis l'avènement du poulet industriel, au XXe siècle aux États-Unis, royaume des nuggets. Mais tout s'arrange quand Y. Chanoir analyse les images et fonctions de la poule dans le cinéma occidental (« La poule crève l’écran »). Très instructives aussi sont les nombreuses pages et photos consacrées par P. Rameau, D. Brabant et S. Bahuchet aux objets concernant cet oiseau dans les collections du Musée de l’Homme : œillères, paniers, pondoirs, fouets à œufs, plumeaux, boucles d'oreilles, parures de plumes, harnachements de coqs de combat, offrandes rituelles, amulettes, estampes, etc.

Ce riche dossier, consacré à un animal jugé secondaire, vient combler une lacune éditoriale alors que d'autres bêtes, à l'instar du porc ou du cheval, ont depuis longtemps leurs chercheurs et leurs recherches. Les poules aussi ont une histoire !

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Revue d'ethnoécologie

09:16 Publié dans Enseignement et recherche, Société | Lien permanent | Tags : ethnoécologie, poule, élevage, histoire, culture |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2017

Le contrôle des troupeaux connectés en élevage bovin laitier

La diffusion en agriculture de nouvelles technologies concerne également le secteur bovin laitier, qui fait l'objet de nombreuses recherches pour le développement d'outils connectés. Dans un article du 26 octobre, le Financial Times présente l'exemple de vaches équipées de podomètres, colliers, capteurs stomatiques, mammaires, capteurs de mouvements, etc., soit autant d'outils permettant à l'éleveur de suivre leurs paramètres biologiques à distance. La santé, l'état de fertilité, les vêlages, mais aussi la qualité du lait sont alors sous contrôle de l'éleveur grâce à des applications sur smartphone ou ordinateur.

Des enjeux sont internationaux : l'amélioration de la production et de la productivité économique par l'optimisation du système d'élevage (anticipation des phénomènes biologiques permettant une meilleure gestion temporelle des interventions) grâce à des innovations technologiques. De nouveaux capteurs pour les troupeaux connectés et des applications sont ainsi déjà développés sur les marchés italiens, irlandais et japonais.

Faisant de l'animal un objet technologique, ces innovations sont néanmoins au cœur de débats éthiques sur la condition animale en élevage.

Représentation schématique d'une vache connectée

Vache-connectee.jpg

Source : Financial Times

Source : Financial Times

14/02/2017

Le rôle des contacts indirects dans la propagation de maladies infectieuses en élevage

Dans la propagation de maladies infectieuses au sein des élevages, il est possible de distinguer les contacts directs (diffusion de la maladie consécutive aux échanges d’animaux porteurs entre exploitations agricoles), des contacts indirects (ceux associés aux déplacements des opérateurs, équipements et véhicules contaminés entre exploitations). Étudier le rôle des seconds reste une tâche peu aisée, mais cruciale pour la surveillance et la gestion des maladies infectieuses. La majorité des travaux de recherche est ainsi consacrée au rôle des contacts directs (ou encore à la propagation vectorielle). Tel est le constat dressé par une publication parue dans PLoS Computational Biology.

La difficulté, d’après les auteurs, est double. D’une part, les contacts indirects sont divers et de nature complexe. D’autre part, collecter la donnée en qualité et quantité suffisantes s’avère difficile : la méthode des questionnaires, employée dans de précédents travaux, ne donne pas suffisamment d’informations pour établir la structure du réseau associé à ces contacts (faible taux de réponse). Pour lever cet obstacle, les auteurs ont mobilisé plusieurs sources de données dans la région italienne d'Émilie-Romagne, et plus particulièrement dans la province de Parme :

- la base de données nationale d’identification pour les échanges d’animaux entre fermes, entre 2010 et 2013 (contacts directs) ;

- les dates de visite par le service public vétérinaire, la liste des prescriptions médicales réalisées (correspondant à une visite par un praticien), les échantillons envoyés au laboratoire local d’analyse et la liste des inspections d’exploitations faites par des vétérinaires du secteur privé (sous-traitance), pour l’année 2013.

Au final, le travail porte sur 1 349 exploitations laitières, et sur les déplacements de 50 agents du service public vétérinaire régional et de 203 praticiens privés.

S’appuyant sur le cas de la paratuberculose, les auteurs montrent que les voies de transmission directes et indirectes ne se recouvrent que partiellement (ie la structure des deux réseaux diffère), et donc que les risques d’infection associés seraient largement indépendants. Par ailleurs, l’étude conclut sur la contribution des contacts indirects, à l’échelle locale, à la propagation de maladies infectieuses.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PLoS Computational Biology

18/01/2017

Les filières viande du Massif Central à l'horizon 2050

Fin 2016, l'Inra a publié une étude prospective sur les filières viande de ruminants du Massif Central à l'horizon 2050, réalisée à la demande du Commissariat général à l'égalité des territoires. Basée sur la méthode des scénarios, cette prospective analyse les futurs possibles des filières bovines et ovines, afin d'identifier les enjeux et leviers d'adaptation ainsi que les axes de recherche à développer, pour une zone qui rassemble un tiers des bovins et plus de la moitié des ovins français.

Après identification des déterminants externes au massif (changement climatique, consommation européenne de viande, politiques agricoles et environnementales, stratégie et organisation des filières européennes) et des déterminants internes (modèles professionnels et sociologie agricole, aménagement du territoire), les auteurs établissent cinq scénarios contrastés pour les filières locales. Évolution de la consommation, concurrence internationale, agro-écologie, valorisation de l'herbe et flux internationaux sont au centre de ces scénarios, dont chacun a fait l'objet d'une modélisation à l'échelle du massif en termes de cheptel, production de viande et de lait, utilisation du territoire, emploi direct et indirect et impacts environnementaux. Ils peuvent ainsi être analysés et comparés directement selon différents enjeux chiffrés, donnant un relief particulier à la démarche prospective : les graphiques ci-dessous en fournissent une illustration pour les emplois et la production.

Nombre d'emplois directs et indirects estimés dans les scénarios 2050 (REF = situation actuelle)

massif-central1bisbis.jpg

Source : Inra ; annotations CEP

Par exemple, le nombre d'emplois agricoles directs diminue dans tous les scénarios par rapport à la situation de référence (environ 90 000), la baisse la plus faible étant rencontrée dans le scénario 3 (75 000 emplois conservés).

Production de lait, de viande et d'animaux vivants dans le Massif Central, modélisée dans les scénarios

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Source : Inra

Cette prospective met bien en évidence l'importance centrale de la valorisation de l'herbe, de manière plus ou moins intensive selon les scénarios. Par ailleurs, les auteurs pointent l'enjeu central que constitue l'adaptation de l'offre en viande à la demande sociale, entre production d'animaux maigres destinés à l'exportation et engraissement local à l'herbe. Il ressort de la comparaison des différents scénarios que cette offre doit être construite dans une recherche de qualité, grâce à une organisation collective renforcée.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

10:00 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : massif central, élevage, viande, inra, cget |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2016

Gestion des émissions d'ammoniac en bâtiment d'élevage

Une publication de l'IIASA s'intéresse aux pratiques dans les bâtiments, et leur combinaison, pour réduire les émissions d'ammoniac des élevages bovins lait : raclage des sols, type de sols, évacuation du fumier avec de l'eau, acidification du fumier en bâtiment. Les auteurs estiment le potentiel technique d'atténuation entre 17 et 50 %. Ils soulignent également que le modèle est utilisé pour conseiller le gouvernement flamand.

Source : Science of The Total Environment

11:16 Publié dans Climat, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : élevage, bâtiments, ammoniac |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/09/2016

Rapport du HLPE sur les rôles de l'élevage dans le développement agricole durable

Après un rapport consacré à l'eau en 2015, le groupe d'experts de haut niveau du comité pour la sécurité alimentaire mondiale (HLPE) a publié en août 2016 un rapport consacré aux rôles de l'élevage en faveur d'un développement agricole durable. Compte tenu de sa place centrale dans l'agriculture mondiale en termes d'usage des sols, de poids économique, de gestion de la fertilité, de force de traction et de réserve de capital (cheptel), l'élevage représente en effet un axe majeur du développement agricole, soumis à des enjeux cruciaux, notamment économiques, alimentaires, nutritionnels, sanitaires et environnementaux.

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Les auteurs font ressortir les défis globaux auxquels chaque grande catégorie de systèmes d'élevage est confrontée. Ainsi, les petites exploitations mixtes sont contraintes par un accès limité aux ressources et aux marchés, et possèdent des moyens d'adaptation limités. Les systèmes pastoraux sont, de plus, exposés à des conflits d'usage des ressources en eau et en terre, et représentent un enjeu majeur en termes de santé animale et de risques de zoonoses. Pour les systèmes herbagers, les principaux défis sont la gestion des herbages, la concurrence pour l'usage des terres et les conditions de travail. Enfin, les systèmes intensifs se heurtent à d'importants défis environnementaux, au développement de résistances aux antibiotiques et aux conséquences sociales de l'intensification (dévitalisation des zones rurales et vulnérabilité des travailleurs migrants). Ces élevages intensifs apparaissent aussi moins résistants et plus exposés aux risques économiques, l'intensification de la production par unité de surface se traduisant par une dépendance accrue aux prix d'achat et de vente.

Face à ces défis, les experts développent des recommandations transversales, comme la préservation et la gestion commune des ressources zoogénétiques, ou, dans la lignée des rapports antérieurs du HLPE, la mise en place d'outils permettant de gérer et limiter l'instabilité des prix, notamment via le stockage de céréales. Ces recommandations sont déclinées pour les différentes familles de systèmes d'élevage. Ainsi, la sécurisation du foncier et des droits d'usage apparaît primordiale pour les petites exploitations mixtes et les systèmes pastoraux, tandis que les élevages intensifs devront évoluer pour limiter leurs externalités environnementales négatives.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : HLPE

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« GLEAM-i » : un nouvel outil interactif développé par la FAO pour évaluer les impacts environnementaux du secteur de l'élevage

La FAO a mis en ligne courant août 2016 le premier outil libre permettant au public d’utiliser les fonctionnalités du modèle GLEAM (Global Livestock Environmental Assessment Model) développé pour calculer la production mondiale de viande, de lait et d'œufs, et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le secteur étant responsable de près de 14,5 % des émissions anthropiques de GES, cet outil a vocation à améliorer sa double performance productive et environnementale. GLEAM fournit en outre une information précieuse pour fonder des actions d’adaptation et d'atténuation. Son libre accès sous une interface de type Excel devrait faciliter sa diffusion.

Construction de GLEAM

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Source : GLEAM-FAO

Construit comme une analyse de cycle de vie, GLEAM différencie les étapes clés (production, transformation, transport des aliments du bétail ; dynamique des troupeaux, alimentation animale et gestion des effluents ; transformation et transport des produits animaux), réparties en cinq modules complétés de deux autres pour l’évaluation des consommations d’énergie sur l’exploitation et de ses émissions aval. Cette structure donne une image complète et désagrégée des conséquences environnementales de la production animale. L’intérêt de GLEAM réside surtout dans le détail des systèmes recensés (plus de 14 000 combinaisons uniques de produits, pays, systèmes de production et conditions climatiques), et son maillage géographique très fin (10 km x 10 km) permis par la mobilisation des dernières versions des bases de données Gridded Livestock of the World et Global Agro-Ecological Zones.

Émissions totales régionales et leur profil par espèces (en millions de tonnes d’équivalent CO2)

GLEAM-2.jpg

Source : GLEAM-FAO

Au-delà du bilan de l’existant, le modèle peut aussi être utilisé par les acteurs locaux comme outil d'évaluation ex ante de scénarios pour différentes stratégies d’adaptation et d'atténuation. Ainsi, il a trouvé des applications dans un certain nombre de projets sur les cinq continents, parfois couplé à d’autres modèles : quantification de l’efficacité économique de la réduction des émissions de GES par l'utilisation de la semence sexée dans les exploitations laitières écossaises ; évaluation des bilans fourragers et analyse du potentiel de l'élevage dans les zones arides de l'Afrique sub-saharienne ; ou encore évaluation de mesures techniques pour réduire les émissions de GES dans un projet de crédits carbone pour les exploitations laitières au Kenya.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : FAO, FAO

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08/01/2016

Élevage de précision : la technologie est prête mais la gouvernance reste à trouver

Le 17 novembre 2015 s’est tenue à Bruxelles la cinquième édition du séminaire de l’Animal Task Force, plate-forme public-privé européenne réunissant des organismes de recherche agronomique et des organisations professionnelles, pour promouvoir un élevage durable et compétitif. Au cours de ce séminaire, une demi-journée a été consacrée aux questions d’élevage de précision (Precision Livestock Farming - PLF). En particulier, Daniel Berckmans (université catholique de Louvain), qui dirige le projet européen Eu-PLF sur l’élevage de précision, a présenté d’une part les avancées technologiques dans ce domaine, et d’autre part les résultats d’une évaluation des avantages/inconvénients au niveau des exploitations agricoles.

Les innovations présentées incluent les instruments de détection des chaleurs, des boiteries et des comportements agressifs, ainsi que de suivi nutritionnel et des prises de poids individuelles. Ces innovations diminuent le temps d’observation des animaux par l’agriculteur et apportent des informations non observables par l’homme. Les agriculteurs impliqués dans ces projets de recherche ont indiqué qu’ils souhaitaient néanmoins des instruments plus précis – « l’animal est en mauvaise santé, mais quelle est la maladie ? » –, et plus polyvalents pour ne pas multiplier les capteurs et les logiciels. Par ailleurs, ils perçoivent de clairs bénéfices en termes financiers via une diminution des coûts (alimentation du bétail, médicaments, énergie), la capacité à gérer des troupeaux plus gros et la possibilité d’améliorer le bien-être animal.

À travers cette présentation, il apparaît que l’un des autres avantages, difficile à chiffrer, réside dans le fait qu’une partie de cette information (images, données en temps réel) peut être mise à disposition du grand public et contribuer à améliorer l’image de l’élevage, point crucial pour ce secteur. Enfin, D. Berckmans a souligné qu’il est nécessaire de penser un modèle viable de gestion de ces nouvelles données, au-delà du seul niveau de l’exploitation agricole. Face au scepticisme des agriculteurs quant aux coûts de ces innovations, il rappelle que ces derniers ne sont qu’un maillon de la chaîne de valeur créée autour de la donnée, laquelle, à terme, intéresse aussi les fournisseurs d’intrants et les consommateurs.

Gaëtane Potard-Hay, Centre d’études et de prospective

Source : Animal Task Force

13:51 Publié dans Production et marchés, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : élevage, précision |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2015

Une analyse des emplois générés par l’élevage sur le territoire français

Le GIS Élevages Demain vient de publier une étude identifiant et quantifiant les emplois directs et indirects générés par les activités d’élevage en France. Les emplois directs dans les élevages ont été estimés à partir des données du Recensement Agricole 2010. Au sein de chaque exploitation, les équivalents temps plein (ETP) recensés ont ainsi été répartis entre les différentes activités d’élevage et les filières végétales, faisant ressortir un total de 312 000 ETP (pour un total de 415 000 actifs), liés aux activités d’élevage (hors équins), ainsi que 9 000 ETP supplémentaires dédiés aux ateliers grandes cultures dans ces exploitations.

Les emplois indirects ont, de leur côté, été estimés pour chaque catégorie d’acteurs gravitant autour des filières de l’élevage français (ex : alimentation animale, abattage et découpe de viande) : la "dépendance" à l’élevage a été évaluée par une méthode de scoring, via l’évaluation de la place relative de l’élevage dans l’activité de ces acteurs, de leur capacité d’adaptation, et des contraintes territoriales les liant. Les catégories apparaissant comme les moins liées à l’élevage français n’ont pas été retenues dans la suite du décompte, comme par exemple la production céréalière française pour l’alimentation animale (23 000 ETP). Pour chaque catégorie d’acteurs retenue, ont ensuite été évalués le nombre total d’emplois, ceux liés à l’élevage, et la répartition entre les filières. 391 000 ETP indirects (soit 470 000 personnes) ont ainsi été dénombrés, soit 1,25 emploi indirect pour chaque emploi direct dans les élevages.

Grâce à une ventilation des ETP (par productions et zones géographiques pour les ETP directs, par filière, secteur d’activité et niveau de dépendance pour les indirects), cette analyse très détaillée met en évidence des différences structurelles dans la répartition de l’emploi au sein des filières. Par exemple, la filière bovine laitière rassemble 238 000 ETP, dont 52 % d’emplois indirects, pendant que 86 % des 99 000 ETP de la filière porcine sont recensés hors des élevages. Ces chiffres expriment et quantifient ainsi les différents niveaux d’internalisation et externalisation du travail dans les activités d’élevage.

Ce rapport, particulièrement riche et clairement présenté, fournit un éclairage à la fois détaillé et objectivé sur les filières d’élevage, et devrait notamment constituer une base de référence dans la prise en compte de la question de l’emploi lié aux activités agricoles.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : GIS Élevages Demain

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25/06/2015

Des mesures agro-environnementales efficaces pour limiter le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin en Irlande

Les résultats d’une étude récemment publiée dans la revue scientifique Agriculture, Ecosystems & Environment démontrent les bons résultats de mesures agro-environnementales irlandaises visant à réduire le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin.

Les mesures agro-environnementales, dispositif volontaire du deuxième pilier de la Politique agricole commune, visent à inciter les agriculteurs à adopter des pratiques plus favorables à l’environnement. En Irlande, le programme de protection de l’environnement en milieu rural (Rural Environment Protection Scheme - REPS) est en place depuis 1994. Un agriculteur en faisant partie doit notamment s’engager à limiter l’apport d’azote sur ses parcelles (apport maximum de 170 kg par ha et par an).

Une équipe de recherche irlandaise (Teagasc) a étudié pendant trois ans deux systèmes d’élevage de bovins allaitants, principalement sur prairies permanentes, l’un conduit de manière intensive, l’autre selon le cahier des charges du REPS. Les taux de nitrates en profondeur dans le sol (- 1 m) ont été régulièrement mesurés.

Ces travaux montrent que les quantités de nitrates lessivées dans les eaux souterraines sont très significativement inférieures dans le système REPS. En effet, selon les calculs effectués, les quantités moyennes de nitrates lessivées étaient de 63 kg par ha et par an pour le système intensif alors qu’elles n’étaient que de 15 kg par ha et par an pour le système REPS. Ainsi, les chercheurs démontrent qu’il est possible de conduire un élevage bovin de manière plus durable en Irlande et suggèrent que ce type de système pourrait fortement contribuer à l’atteinte de l’objectif de « bon état écologique des masses d’eau » de la Directive cadre sur l’eau.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

09:29 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : teagasc, irlande, élevage, nitrates, mae |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/04/2015

Allemagne : pour un élevage accepté par la société

Le 20 mars 2015, le Conseil scientifique de la politique agricole, placé auprès du Ministère fédéral allemand de l’alimentation et de l’agriculture, a publié son rapport intitulé Chemins vers un élevage accepté par la société. Ce conseil pluridisciplinaire rend ses avis et expertises de manière indépendante et peut également s’autosaisir. Il est constitué d’une quinzaine d’universitaires, qui ont travaillé trois ans pour rédiger ce document de près de 400 pages sur l’élevage.

Le rapport part du constat que l’élevage en Allemagne est devenu, durant les dernières décennies, un secteur économique florissant, dans lequel des progrès importants ont été réalisés en termes d’efficience. Dans le même temps, il relève de graves déficits, en premier lieu dans le domaine de la protection animale, mais aussi dans celui de l’environnement. Combinés à une évolution du rapport Homme-Animal, ces déficits conduisent selon ce rapport à un niveau d’acceptation réduit de l’élevage par la société. Les manifestations locales et nationales contre les élevages de masse ou les « usines à animaux », régulières en Allemagne, confirment d’ailleurs cette analyse.

Selon le conseil, l’élevage tel que pratiqué en Allemagne n’est pas viable (« nicht zukunftsfähig »). Le rapport présente des recommandations multiples et chiffrées pour le niveau fédéral, les Länder et l’UE, afin de réformer en profondeur l’élevage allemand, notamment dans le domaine du bien-être animal. Au-delà de productions plus respectueuses des animaux et de l’environnement, les scientifiques se prononcent également pour une réduction de la consommation de viande.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Les Verts, dont la transition agricole est devenue le nouveau cheval de bataille depuis l’abandon du nucléaire, les agriculteurs biologiques comme les protecteurs des animaux se réjouissent des conclusions du rapport. Les organisations agricoles le condamnent sévèrement, estimant que la science a capitulé devant le « mainstream vert ». Même s’il y contribue de manière scientifique et constructive, il n’est pas certain que ce rapport apaise le débat autour de l’élevage, déjà très polarisé outre-Rhin. Dans tous les cas et face à une population allemande réceptive aux thèses défendues, le gouvernement fédéral pourra difficilement ignorer ses conclusions.

Arnaud Brizay, Conseiller pour les affaires agricoles, Service Économique Régional, Ambassade de France en Allemagne

Source : Bundesministerium für Ernährung und Landwirtschaft

Rapport, Résumé en anglais

11/12/2014

La première quantification des émissions de CH4 et N2O dues au commerce international de viandes de bœuf, porc et poulet

Les émissions de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O) dues à l'élevage représentent 9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine anthropique. Par ailleurs, trois grandes tendances ont été observées : la croissance du commerce mondial, l'intensification de la production globale de viande (qui atteint 310 Mt en 2012) et l'augmentation de la consommation de viande, en particulier dans les pays émergents. Ces éléments ont conduit une équipe de chercheurs américains et italiens à évaluer les émissions de GES non CO2 (i.e. CH4 et N2O) dues au commerce international de viandes de bœuf, porc et poulet. Dans un article publié en novembre dernier, ils ont ainsi estimé les émissions liées aux fermentations entériques et aux effluents d'élevage, dans 237 pays et sur la période 1990-2010, et les ont assignées aux pays où la viande est effectivement consommée.

Il en ressort que, en 2010, 2 %, 5 % et 4 % des émissions liées respectivement aux viandes de bœuf, porc et poulet faisaient l'objet d'échanges commerciaux, et que ces émissions ont cru de 19 % sur la période 1990-2010. Les principaux flux internationaux d'émissions liées au commerce de viande sont dues aux exportations de viande du Brésil et de l'Argentine vers la Russie (surtout bœuf et poulet), et aux échanges commerciaux au sein de l'Europe.

Principaux flux d'émissions (en Mt équivalent CO2) liées au commerce international de viande entre les principaux pays exportateurs et importateurs dans le monde (a) et en Europe (b) en 2010

Commerce viande carte.jpg

Source : Environmental Research Letters

L'analyse met ainsi en évidence que l'augmentation de la consommation des différentes viandes va de pair avec une différenciation spatiale de plus en plus marquée entre leurs zones de production et leurs zones de consommation.

Origine géographique des émissions des trois pays les plus grands importateurs nets de viandes de bœuf, porc et poulet en 2010. Les diagrammes circulaires montrent les pays où ces viandes ont été produites.

Commerce viande origine.jpg

Source : Environmental Research Letters

Pour finir, l'intensité des émissions des productions de viandes domestique et importée a été comparée : pour la France en 2010 par exemple, l'intensité d'émissions de la viande produite sur le territoire était de 20 kg CO2-eq par kg de viande, tandis que celle de la viande importée était inférieure (14 kg CO2-eq par kg de viande). Les auteurs soulignent que d'autres facteurs du cycle de vie des produits animaux devraient toutefois être pris en compte pour compléter l'analyse, en particulier ceux liés aux émissions indirectes de CO2 (transport des animaux, production des aliments, changement d'usage des sols, fuites de carbone, etc.).

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Environmental Research Letters

 

 

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10/12/2014

Sélection animale et agriculture biologique : l'ITAB fait le point sur les travaux et les attentes spécifiques des filières

Les journées techniques nationales de l'ITAB, organisées à Châteauroux en novembre 2014, ont porté sur les besoins et possibilités d'adaptation de la sélection génétique à la production en agriculture biologique (AB), et en particulier en production laitière (cf. actes complets du colloque). Après avoir rappelé que les principes mêmes de la sélection génétique en production animale rendent nécessaires l'organisation collective et l'élaboration d'un consensus sur les schémas de sélection (E. Verrier), les intervenants ont développé des pistes de recherche et des exemples de schémas de sélection pour répondre aux besoins spécifiques de l'AB.

L'analyse du fonctionnement technico-économique des exploitations peut en effet permettre d'estimer le poids économique de différents caractères de sélection (production laitière, composition du lait, fertilité, résistance aux mammites, etc.) selon les systèmes de production. De cette pondération il ressort que certaines races sont plus adaptées à certains systèmes de production, mais, au-delà, cette pondération économique pourrait orienter les choix des éleveurs au sein des schémas de sélection actuels (via un index de synthèse établi « sur mesure ») ou, éventuellement, conduire à la construction de nouveaux schémas spécifiques (M. Brochard). Dans un schéma de sélection par la descendance, cette deuxième option serait toutefois handicapée par des coûts importants et une efficacité limitée (de par la faiblesse du socle et de la pression de sélection).

En revanche, le développement de la sélection génomique devrait permettre de construire des index de sélection sur mesure et pourrait faciliter la prise en compte de nouveaux caractères de sélection à moindre coût, ouvrant ainsi des pistes prometteuses pour une sélection plus ciblée. Par ailleurs, elle permettrait d'améliorer la sélection par la voie femelle : en augmentant la pression de sélection des vaches sur leurs performances propres in situ, la prise en compte des interactions génotype-milieu serait accrue, et l'on pourrait mieux tenir compte des caractéristiques fonctionnelles de l'animal (D. Boichard).

Ce sont justement ces caractéristiques (dont le poids dans les index de sélection a d'ores et déjà été renforcé par rapport à la production laitière), qui fondent la « robustesse » de l'animal, c'est-à-dire, selon les travaux de l'INRA, sa capacité à gérer les compromis entre fonctions vitales en période de stress. Mieux connue, mieux identifiée, cette robustesse pourrait devenir un critère de sélection en tant que tel, particulièrement adapté aux exploitations en AB (L. Delaby & E. Ollion).

Enfin, différents exemples d'adaptation des schémas de sélection ont été mis en avant par les intervenants, via l'évolution des indices de sélection dans le cadre d'un schéma classique (D. Fric), mais aussi dans des schémas de sélection participative issue des exploitations (F. Mercier), selon une approche comparable à celle des réseaux de semences paysannes. Dans tous les cas, l'organisation collective reste fondamentale.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Lien : ITAB

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01/12/2014

Rapport de la FAO sur l'atténuation du changement climatique par le secteur de l'élevage au niveau mondial

La FAO vient de traduire en français le rapport paru l'an passé sur la réduction des émissions de GES par le secteur de l'élevage et intitulé Lutter contre le changement climatique grâce à l’élevage, une évaluation des émissions et des opportunités d’atténuation au niveau mondial (cf. billet d'octobre 2013 sur ce blog). D'après les auteurs, compte tenu du poids de l'élevage dans les émissions de GES d'origine anthropique (environ 15 %), des actions d'atténuation doivent être développées au niveau international. Ils défendent l'idée selon laquelle l'amélioration de l'efficience au niveau des animaux et des troupeaux est la clé pour réduire les émissions (meilleur équilibre de la ration, amélioration de la sélection, de la santé animale et de la récupération d'énergie notamment). Les changements de système sont en revanche peu envisagés. Les auteurs concluent qu'il serait possible de réduire les émissions de 30 %, « si les producteurs d'un système donné, dans une même région et dans une même zone climatique adoptaient les technologies et pratiques utilisées par les 10 % d'entre eux ayant l'intensité d'émission la plus basse ».

Source : FAO

 

14:31 Publié dans 2. Evaluation, Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : fao, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook