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11/03/2020

Une analyse des controverses sociétales liées à l'élevage

Le projet de recherche ACCEPT, dont les résultats ont fait l'objet d'une publication dans la revue Innovations Agronomiques, s'est intéressé aux différentes controverses associées à l'élevage : condition animale, impact sur l'environnement, critique du modèle économique des productions à grande échelle, etc. Outre une typologie des attentes sociétales par rapport à cette activité, les auteurs étudient quelques mouvements de contestation de projets d'élevage et identifient les facteurs susceptibles de déclencher leur rejet. Leur analyse montre que les réactions d'opposition peuvent concerner aussi bien des projets de grande que de petite dimension, en agriculture biologique comme en conventionnel. Elles ciblent généralement des installations porcines ou avicoles, situées au sein de territoires porteurs d'enjeux environnementaux forts ou qui étaient jusqu’à présent dédiés à des activités non agricoles, telles que le tourisme.

Source : Innovations Agronomiques

16:02 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : élevage, controverses |  Imprimer | | | | |  Facebook

Prestation de yaourterie à domicile

À l’occasion du Salon international de l’agriculture, la start-up « Né d’une seule ferme » a été lancée officiellement. Afin de soutenir le développement d’activités de transformation sur les exploitations, elle propose aux éleveurs la location d’une yaourterie préfabriquée, d’une capacité de 50 000 litres de lait. Un partenariat avec Intermarché prévoit l'attribution de 60 % de la valeur TTC des produits aux producteurs, sachant qu’un QR code sur le yaourt fournira au consommateur des informations sur les pratiques d’élevage.

Sources : La France agricole, LSA

15:40 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir | Lien permanent | Tags : yaourt, transformation, élevage, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2019

Le potentiel de la consommation d'insectes pour réduire la pression mondiale sur l'utilisation des terres

Un article récemment publié dans la revue Frontiers in Sustainable Food Systems fournit des simulations quantifiant les impacts potentiels de la consommation d'insectes sur l'utilisation des terres dans le monde. Selon les auteurs, les apports nutritionnels issus des insectes auraient, dans ce contexte, la capacité de réduire les émissions de gaz à effet de serre issus de l'élevage, et aussi la concurrence sur l'utilisation des terres. Les auteurs se basent sur les différents scénarios du GIEC et utilisent des formules d'équivalence nutritionnelle (macronutriments) entre insectes et types de viandes issues des bases de données FAO BioComp4 et USDA (données nutritionnelles). Les résultats montrent que si l'utilisation des insectes contribue à réduire l'utilisation totale des terres, celui-ci a cependant un effet limité, suggérant la nécessité de politiques complémentaires en la matière.

Source : Frontiers in Sustainable Food Systems

09:46 Publié dans Alimentation et consommation, Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : insectes, terres, ges, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2019

Fermentation de précision : une technologie disruptive des systèmes alimentaires à l'horizon 2030 ?

Cet exercice prospectif mené par RethinkX, un think-tank américain, s'intéresse aux changements technologiques actuels dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture aux États-Unis. Tirée par le développement de la biologie de précision, la production alimentaire s'orienterait, selon le rapport, vers un modèle « food as software » d'ici à 2030. Le scénario tendanciel proposé ici s'intéresse principalement à la fermentation de précision, un processus « programmant » des micro-organismes pour produire n'importe quelle molécule organique complexe. À partir des hypothèses technico-économiques formulées par les auteurs, les aliments d'origine animale (viande, lait et dérivés) seraient progressivement remplacés par des équivalents protéiques moins coûteux, obtenus à 10 dollars/kg entre 2023-25 puis à 1 dollar/kg après 2035.

Baisse rapide des coûts de la fermentation de précision (en USD/kg de protéine) d'ici à 2030

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Source : RethinkX

Seraient d'abord remplacés les ingrédients représentant un faible pourcentage dans la composition du produit final (ex. caséine, lactosérum ou gélatine), utilisés dans les gâteaux, les desserts et la nourriture infantile. Ensuite, ces substitutions partielles ou totales concerneraient des produits alimentaires comportant notamment de la viande hachée (ex. saucisses, burgers, lasagnes, boulettes). En 2030, 55 % de la demande en viande bovine devraient être satisfaits par des protéines issues de la fermentation de précision, et seulement 5 % par de la viande in vitro. Pour le lait, seuls 20 % de la consommation comme boisson seraient d'origine animale. Les produits laitiers (crème, beurre, fromage) ainsi que les ingrédients à base de protéines de lait seraient totalement obtenus par fermentation de précision.

Évolutions des parts du lait (haut) et de la viande bovine (bas) d'origine animale et non-animale dans la demande américaine d'ici à 2030

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Source : RethinkX

L'étude prospective détaille ensuite les conséquences de ces bouleversements : réorganisation des relations commerciales à l'échelle globale, effondrement des secteurs bovins et laitiers américains, baisse de la rentabilité sur l'ensemble de la chaîne de valeur, perte de plus de 600 000 emplois aux États-Unis, baisse du prix du foncier agricole, gel du secteur bancaire agricole, émergence d'une nouvelle chaîne d'approvisionnement alimentaire tirée par le secteur des biotechnologies (développeurs alimentaires, design moléculaire) et des softwares (systèmes d'opération, IA, bases de données). Cette production affranchie des contraintes géographiques aurait un moindre impact environnemental : en 2035, la réduction du cheptel américain de 75 % libérerait ainsi 60 % des terres aujourd'hui dédiées à l'élevage et à son alimentation, permettant d'autres usages comme le stockage de carbone. En 2030, les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole pourraient alors être réduites (- 35 %), tout comme la consommation d'eau.

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : RethinkX

12/11/2019

Cause animale, cause du capital, Jocelyne Porcher

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Depuis 2013 et la mise en scène de la dégustation du premier hamburger de viande in vitro par le chercheur néerlandais M. Post, des start-ups toujours plus nombreuses cherchent à appliquer les principes de l'ingénierie tissulaire à la production alimentaire. Dans un court ouvrage au ton vif, voire pamphlétaire, J. Porcher (Inra) analyse les implications de l'émergence de ce nouveau type de produits pour l'élevage et nos relations avec les animaux.

La viande de synthèse et les substituts protéinés sont présentés par les entrepreneurs, mais aussi par certains militants végans, comme une réponse radicale à quatre problèmes : l'augmentation de la demande alimentaire mondiale, les impacts de la consommation de produits carnés sur la santé humaine, la lutte contre les dégradations environnementales, et les conditions de vie des animaux. Cette innovation biotechnologique s'accompagne d'une intense activité de storytelling ayant pour objectif de promouvoir son acceptabilité sociale. J. Porcher considère que la terminologie utilisée (« clean meat » ou « viande propre », « agriculture cellulaire » ou, plus récemment, « viande cultivée ») est au cœur d'une véritable « bataille sémantique » et idéologique, orchestrée par des multinationales des biotechnologies et de l'agroalimentaire, avec le concours des associations abolitionnistes, visant à « discréditer tous les produits animaux, sans distinction de systèmes de production », et « à dégoûter les consommateurs de la viande ».

Discutant les fins et les moyens des mobilisations en faveur de la cause animale, et en particulier les interventions très médiatisées de L214, elle passe aussi en revue une série de références théoriques (Singer, Francione, Donaldson et Kymlicka, notamment), et soutient qu'elles occultent les relations de travail nouées avec les animaux de ferme, ainsi que les formes d'exploitation et de domination qui pèsent, en commun, sur les animaux et sur les humains. Ce faisant, les militants abolitionnistes « acceptent les règles du jeu économique en vigueur » et servent dès lors, selon elle, les intérêts du capitalisme et de l'industrie. Le propre point d'appui normatif de J. Porcher, l'élevage traditionnel en petite ferme, bien distinct des « productions animales » industrialisées mises en place dans les années 1960, est explicité seulement en ouverture du dernier chapitre, avant un panorama mondial des entreprises impliquées dans la recherche sur la viande in vitro.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Le Bord de l'eau

09:47 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : porcher, animal, viande, élevage, véganisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2019

Tendances en antibiorésistance dans les « pays en voie de développement »

Un article publié récemment dans Science s'intéresse à l'évolution de l'antibiorésistance animale dans les « pays en voie de développement ». Depuis une vingtaine d'années, la demande en viande dans ces régions a fortement augmenté : + 68 % en Afrique, + 64 % en Asie, + 40 % en Amérique du Sud. Elle est associée à une utilisation accrue des antibiotiques en élevage, à hauteur de 73 % du total mondial, pour améliorer la croissance des animaux. Or, ce mode d'usage, reposant notamment sur des doses infra-thérapeutiques, contribue à l'augmentation de l’antibiorésistance. Les auteurs ont souhaité vérifier ce fait dans les pays en voie de développement. Pour ce faire, ils ont analysé 901 enquêtes publiées entre 2000 et 2018, confirmant une élévation très importante de l’antibiorésistance sur cette période.

Évolution du nombre de déclarations d’antibiorésistance, par continent, entre 2000 et 2018

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Source : Science

Cette variation n’est pas répartie uniformément (carte ci-dessous) : des taux élevés d’antibiorésistance sont enregistrés dans le sud et le nord-est de l’Inde, le nord-est de la Chine, le nord du Pakistan, l’Iran, la Turquie, le sud de la côte brésilienne, l’Égypte, le delta du Fleuve Rouge au Vietnam, ainsi que dans les aires urbaines de Mexico et Johannesburg. Cette prévalence de l’antibiorésistance en Asie est corrélée au fait que ce continent rassemble 56 % du cheptel mondial de porcs et 54 % de celui de poulets.

Si l'évolution est générale, on note des variations selon les espèces : le taux de résistance passe, entre 2000 et 2018, de 15 à 41 % pour les poulets, de 13 à 34 % pour les porcs, et de 12 à 23 % pour le bétail. Les antibiotiques les plus concernés sont les tétracyclines, les sulfamides et les pénicillines.

Pour lutter contre cette tendance, les auteurs suggèrent une meilleure déclaration des cas d’antibiorésistance, comme cela se fait en Europe et en Amérique du Nord, une interdiction de l’utilisation en élevage de certains antibiotiques de haut intérêt en médecine humaine dans certains pays (Inde, Chine), et la création d’un fonds financier abondé par les pays développés pour effectuer des études.

Distribution géographique de l’antibiorésistance dans les pays en voie de développement

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Source : Science

Lecture : part des analyses bactériologiques comportant plus de 50 % de résistance aux antimicrobiens.

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : Science

13/09/2019

Note sur l'« électorat animaliste » aux élections européennes de mai 2019

Début juillet 2019, la Fondation Jean Jaurès a publié une note de J. Fourquet et S. Manternach sur l'électorat animaliste français aux élections européennes de mai 2019. Créé en 2016, le parti animaliste a recueilli environ 490 000 voix, soit 2,2 % des suffrages, contre 1 % pour les candidats présentés dans 100 circonscriptions lors des législatives de 2017. Pour les auteurs, au-delà des spécificités du scrutin européen, ces résultats traduisent un « phénomène de société profond » associé à « la montée en puissance dans toute une partie de la société française de cette nouvelle sensibilité ».

Vote animaliste par cantons

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Source : Fondation Jean Jaurès

Une analyse cartographique à l'échelle cantonale montre que le quart nord-est (en particulier la grande périphérie francilienne) et l'extrême sud-est recueillent les meilleurs résultats. À l'inverse du vote écologiste, les grandes métropoles y sont peu favorables, et la présence socio-économique et culturelle de l'élevage, ainsi que celles de la chasse et du catholicisme, sont des facteurs inhibiteurs de ce vote. L'habitat pavillonnaire et la place importante des animaux de compagnie dans les modes de vie, associés par les auteurs à un repli sur la sphère privée et l'univers familial, soutiennent ce vote, lequel est plutôt le fait des classes moyennes inférieures et des milieux modestes. Enfin, s'il présente des similitudes avec celui pour le Rassemblement national, les auteurs privilégient « la thèse de l'espace électoral laissé vacant par la décomposition du paysage politique traditionnel », rendant possible l'émergence d'une « offre politique radicalement différente ».

Score du parti animaliste aux élections européennes de 2019 (gauche) et nombre d'abattoirs par département (droite)

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Source : Fondation Jean Jaurès

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Fondation Jean Jaurès

06/05/2019

Enquêter sur l'homéopathie vétérinaire : y croire ou pas

Sur le blog Transhumances, F. Hellec (Inra) consacre une série de billets à l’homéopathie en élevage, très présente en bio, le cahier des charges restreignant fortement le recours aux antibiotiques. L’apprentissage de ces démarches s’appuie sur des échanges entre éleveurs, sur un corpus spécifique – la matière médicale –, sur des grilles d’analyse et même sur des logiciels disponibles dans le commerce. Des récits de guérisons miraculeuses, véritables « cas d’école », visent à démontrer que « quand le bon remède a été trouvé, la guérison est complète et obtenue rapidement » ; en contrepartie, les échecs sont attribués à un manque de maîtrise, sans remettre en cause la démarche elle-même. L’auteure en vient ainsi à affronter la question épineuse de l’efficacité thérapeutique de l’homéopathie. D'un côté, durant l’enquête, de nombreux discours et pratiques viennent heurter sa culture scientifique. D’un autre côté, la relation entre l’éleveur et ses animaux se trouve « profondément modifiée » : le nouveau cadre relationnel, un suivi plus attentif de l’état sanitaire, des gestes et des paroles, etc., contribuent selon elle en pratique à « ce qui marche » dans l’homéopathie vétérinaire.

Source : Transhumances, Transhumances, Transhumances

11:29 Publié dans Agriculteurs, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : élevage, vétérinaire, homéopathie |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2018

Recherche inter-disciplinaire sur l'antibiorésistance

Dans son numéro de décembre, la revue Veterinary and Animal Science a publié un article de chercheurs de l'Inra et de Mines ParisTech, rendant compte de l'utilisation de la théorie de la connaissance conceptuelle (C-K design theory), dans les travaux du réseau R2A2 sur les antibiorésistances en élevage. Structuré en quatre phases, le concept KCP permet de promouvoir des innovations et des réflexions inter-disciplinaires sur des questions de recherche appliquée. Le réseau a ainsi contribué, ces dernières années, à faire émerger des projets prenant en compte les enjeux sociétaux liés aux antibiorésistances et les besoins des acteurs de terrain, tels le projet TRAJ sur le changement de l'usage des antibiotiques en élevage, et SANT'Innov sur l'équilibre écologie-compétitivité en élevage.

Source : Veterinary and Animal Science

07/11/2018

Agriculture et élevage intensifs pour l'alimentation humaine

The Guardian, en partenariat avec l'Open Philanthropy Project et le Bureau of Investigative Journalism, a engagé, depuis début 2018, la publication d'une série sur les animaux élevés pour la consommation humaine. Ces articles s'intéressent en particulier aux modes de production et aux systèmes alimentaires. En effet, l'intensification de l'agriculture et de l'élevage ont permis la démocratisation de la consommation des protéines animales, mais en négligeant les conséquences sur l'environnement, la santé animale et, probablement, la santé humaine.

L'un des deux derniers articles publiés aborde le débat sur la sentience du poisson en milieu naturel, qui pourrait être altérée dans des situations d'élevage. L'autre traite des conséquences, sur l'environnement et la population de la province de Salta (Argentine), de la consommation de produits issus d'animaux nourris avec les protéines végétales du soja. Le soja est cultivé dans la région sur 1,2 million d'hectares déforestés (20 % de la forêt de la province) et les tourteaux sont en grande partie exportés en Europe, l'Argentine fournissant plus de 35 % des importations européennes.

Source : The Guardian, The Guardian

L'activité des vétérinaires : de plus en plus urbaine et féminisée

Un Insee Première d'octobre 2018 dresse un état des lieux de la profession vétérinaire. Relevons d'abord que le chiffre d'affaires global a progressé depuis 2000 et atteint 3,5 milliards d'euros en 2016. Cette hausse est portée majoritairement par la médecine des animaux de compagnie (chats, chiens et nouveaux animaux de compagnie - NAC), essentiellement pour des clientèles urbaines ; elle représente aujourd'hui 66 % du chiffre d'affaires du secteur. De son côté, l'exercice dit « rural » (animaux d'élevage) connaît des disparités fortes de chiffre d'affaires selon les régions : c'est en Bretagne et en Auvergne – Rhône-Alpes, importantes zones d'élevage, qu'il est le plus important. Enfin, la note fait état de la féminisation accrue de cette profession (72 % de femmes dans les inscriptions à l'ordre des vétérinaires en 2016).

Chiffre d'affaires des vétérinaires par espèce en 2016

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Source : Insee

Source : Insee

08:45 Publié dans Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : vétérinaires, féminisation, animaux de compagnie, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/10/2018

Recrudescence des loups et autres grands prédateurs, et impacts sur les éleveurs et leur mode de vie en Europe

Datée d'août 2018, cette étude a été réalisée, à la demande du Comité agriculture (ComAgri) du Parlement européen, par la Direction générale des politiques internes, et confiée à deux chercheurs du Norwegian Institute for Nature Research. Ces derniers se livrent à un exercice de compilation comparative des données disponibles à l'échelle européenne avec un double objectif : i) dresser un tableau général de l'évolution des populations de grands carnivores et du niveau de prédation sur les troupeaux européens (estimé à partir des paiements compensatoires), ii) faire le bilan des mesures réglementaires de gestion des grands carnivores et évaluer l'utilité relative des mesures de protection des troupeaux.

Le rapport adopte une approche conservationniste et se base sur l'application stricte de la convention de Berne et de la directive Habitats. Il met l'accent sur le loup, dont la présence est la plus controversée en Europe, mais il examine également les situations du lynx eurasien, de l'ours brun et du glouton. Il plaide pour une « philosophie de cohabitation » sur le long terme qui passe par l'adaptation des systèmes d'élevages à la recrudescence avérée des grands carnivores.

Au-delà de la généralisation des mesures de protection (clôtures électriques, parcs de nuit, gardiennage), et du recours aux politiques compensatoires ou aux prélèvement sélectifs encadrés, les auteurs proposent une approche intégrée dans le cadre des politiques rurales. Elle consisterait à favoriser la création de systèmes d'élevage de plus petite taille, dans le cadre d'une agriculture à haute valeur naturelle (en mobilisant de façon conjointe et coordonnée différents outils européens : LIFE, FEADER, etc.). Elle reposerait également sur des plans de gestion des populations de grands carnivores, qui s'appliqueraient par territoires écologiques (avec une coordination transfrontalière), et qui afficheraient des objectifs clairs et mesurables pour plus de prédictibilité.

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : Parlement européen

10:08 Publié dans 2. Evaluation | Lien permanent | Tags : loups, grands prédateurs, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/10/2018

La Rural Investment Support for Europe (RISE) Foundation (La fondation de soutien à l'investissement rural en Europe)

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Créée en 2006, à Bruxelles, par l'ex-commissaire européen à l'agriculture Franz Fischler, en collaboration avec l'organisation européenne des propriétaires terriens (ELO) et l'association Friends of the countryside, le Rural Investment Support for Europe (RISE) est une fondation d'utilité publique indépendante, financée par des donateurs, institutionnels ou privés, via la Fondation Roi Baudouin, elle-même rattachée au réseau philanthropique Transnational giving europe (TGE network). L'objectif principal de RISE est de soutenir la compétitivité de l'économie rurale en Europe. À cette fin, elle produit des études et rapports dont elle tire des recommandations destinées aux décideurs. La fondation s'appuie sur une équipe internationale d'experts internes ou externes, économistes et scientifiques, dont le professeur Buckwell, économiste agricole, qui a dirigé plusieurs études récentes de RISE. Sont organisés également des ateliers de consultations et plates-formes de débats avec des experts, représentants d'ONG, professionnels, décideurs et universitaires. Les axes de réflexion concernent l'agriculture, l'élevage ainsi que la biodiversité et le patrimoine rural.

Parmi les publications de la fondation, on peut citer un rapport sur l'agriculture écologiquement intensive, sorti en 2014, qui proposait des pistes pour concilier productivité et environnement. En 2016, le rapport Nutrient recovery and reuse in european agriculture traitait des récupération et réutilisation des nutriments tout au long de la chaîne alimentaire, afin de limiter la pollution et le gaspillage. En 2017, un rapport sur l'avenir de la PAC proposait notamment de la centrer sur les résultats et de réduire les paiements directs. Les auteurs identifiaient deux axes majeurs d'adaptation, la gestion des risques et celle des terres (autour de contrats de services dans ce dernier cas), et émettaient différentes recommandations de fond et de procédure en vue de la réforme de cette politique.

Plus récemment, la fondation a publié un rapport sur l'espace optimal à consacrer à l'élevage en Europe (voir à ce sujet une autre brève sur ce blog). Les auteurs, font des propositions pour limiter les pertes nutritives, et mettent en exergue les défis liés à une diminution de l'élevage : par quoi remplacer les produits animaux ? Quid des protéines végétales alternatives ? Que fera-t-on des terres libérées ? Seront-elles laissées à un état « sauvage », dédiées à la forêt, à la production de céréales, de biocarburants, etc. ? Enfin, dans le cadre du programme européen de recherche et d'innovation Horizon 2020, la fondation vient de lancer un projet d'économie circulaire, axé sur la gestion du carbone, du phosphore et de l'azote.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Fondation RISE

05/10/2018

Quel « espace sécurisé » (Safe Operating Space) pour l’élevage européen ?

La fondation RISE (voir sur cet organisme un portrait sur ce blog) vient de publier une prospective normative sur le développement du secteur de l’élevage dans l’Europe des 28. Présentée et débattue le 13 septembre lors d'une session organisée par le Partenariat Européen pour l’Innovation à Bruxelles, cette étude plaide pour des évolutions profondes de production et de consommation, sous le constat que le secteur a dépassé les « limites de durabilité » en termes d'émissions de gaz à effet de serre, de besoins en nutriments et d’érosion de la biodiversité. Les options explorées établissent qu’un saut technologique (digitalisation, génomique et génétique, gestion des nutriments) est nécessaire, mais pas suffisant, et devrait s’accompagner d’une diminution par deux au minimum de la taille du cheptel européen et d'un changement considérable des habitudes de consommation. Des scénarios de rupture, assumés par les auteurs, qui plaident pour une sortie du statu quo et une mise à l’agenda politique de ce sujet.

Définir un « espace sûr d’opération » pour l’élevage européen

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Source : Fondation RISE

Source : Fondation RISE

09:37 Publié dans 1. Prospective, Environnement | Lien permanent | Tags : élevage, fondation rise |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/09/2018

Les impacts potentiels, pour l'élevage, des animaux génétiquement modifiés

Le 21 juin dernier, l'Académie vétérinaire a consacré une séance à l'apport des nouvelles technologies génomiques en élevage, s'intéressant tant aux espèces aviaires qu'aux ruminants et à la filière ostréicole. Parmi les cas présentés figure la technologie CRISPR Cas-9 (voir à ce sujet un précédent billet, un second billet et une brève sur ce blog) et son utilisation pour supprimer les protéines allergisantes du blanc d’œuf, avec la perspective de diminuer certains risques allergiques alimentaires. S'agissant des maladies animales, des recherches sont conduites pour supprimer la transmission de l'influenza aviaire grâce à l'obtention de poulets génétiquement modifiés. En matière de bien-être animal, a été également mentionnée l'insertion d'un marqueur sur un chromosome sexuel permettant de différencier embryons mâles et femelles au niveau de l’œuf avant l'éclosion. Ceci contribuerait à résoudre une question éthique en mettant fin à l'élimination des poussins mâles, et permettrait aussi une utilisation industrielle des œufs embryonnés (production de vaccins par exemple).

Source : Académie vétérinaire de France