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10/03/2021

La peste porcine africaine en Chine et ses conséquences

L’Académie d’agriculture de France et l’Académie vétérinaire de France ont organisé une séance, le 3 février 2021, sur l’épizootie de peste porcine africaine (PPA) en Chine et ses conséquences locales comme mondiales. Après un exposé de Marie-Frédérique Le Potier (Anses) sur cette maladie, son épidémiologie et les moyens de lutte, Jean-Christophe Audonnet (Boehringer-Ingelheim), Jean-Marc Chaumet (Idele) et Boris Duflot (Ifip) ont présenté ses conséquences sanitaires et économiques en Chine et dans le monde.

La Chine reconnaît officiellement l’abattage de 1,2 million de porcs depuis le déclenchement de l’épizootie, en 2018, mais la moitié du cheptel national (soit 250 millions de têtes) serait en fait concernée, autrement dit le quart de l’effectif mondial, selon J.-C. Audonnet. En l’absence de vaccin, la Chine prend des mesures prophylactiques. La création de porcs génétiquement résistants à la PPA semblant illusoire, les autorités publiques prônent le remplacement de multiples abattoirs locaux par des abattoirs industriels de grande capacité. De la même façon, elles privilégient la disparition des petits élevages au profit de « mégafermes » dotées de dispositifs de biosécurité de haut niveau : un ensemble de 22 bâtiments avec 1 800 porcs par étage pourrait ainsi produire 2,1 millions de têtes par an. Selon l’intervenant, les animaux comme les personnels seraient isolés dans ces structures quasi-autonomes, avec des conséquences potentielles sur leur bien-être. Existant déjà pour la volaille, un projet de ferme automatique, où le personnel serait remplacé par des robots et de l’intelligence artificielle, est aussi à l’étude.

Sur le plan économique, J.-M. Chaumet montre que la chute de la production interne de viande porcine a entraîné une augmentation de son prix, qui s’est traduite par une hausse des prix des autres viandes (figure ci-dessous) avec, pour conséquence, une inflation croissante. Le gouvernement chinois, pour en prévenir les conséquences sociales, réalise des importations massives de viande porcine (deuxième figure ci-dessous), creusant ainsi son déficit commercial.

Évolution du prix de la viande en Chine

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Source : Abcis

Selon J.-M. Chaumet, la Chine cherche donc à rétablir son autonomie alimentaire en favorisant des élevages sur son sol, quitte à s’affranchir de certaines contraintes environnementales, ou en développant à son profit la production animale à l’étranger.

Importations chinoises de viande en valeur

chine viande 2.jpg

Source : Abcis

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : Académie d’agriculture de France

08/03/2021

L’impact des ondes électromagnétiques sur les animaux d’élevage

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a organisé, le 18 février 2021, une audition sur l’effet des ondes électromagnétiques sur les animaux. Une variété d'acteurs ont participé : chercheurs, éleveurs, pouvoirs publics, vétérinaires, représentants de chambres d’agriculture, sociétés d’électricité, Groupe permanent pour la sécurité électrique en milieu agricole (GPSE). Sur ce sujet complexe, l’OPECST considère qu'il convient de considérer la détresse des éleveurs. Si ceux-ci et les vétérinaires rapportent des effets sur les animaux et leurs performances zootechniques, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation souligne l’impossibilité de conclure à partir des travaux publiés. En cas de troubles sur un élevage, le GPSE conduit un triple bilan concerté, électrique, zootechnique et sanitaire. Les participants ont regretté le manque de données et de normes spécifiques aux animaux plus sensibles que les humains. De nouveaux travaux et la création d’un observatoire sont donc encouragés.

Source : Sénat

09/02/2021

Revue de travaux sur l'industrialisation de la production d'insectes comestibles

Environmental Research Letters a publié la première revue de littérature concernant les travaux récents sur l'industrialisation de la production d'insectes comestibles. Estimé à 406 millions de $US en 2018, ce marché pourrait atteindre 1,18 milliard en 2023. Cette forme d'élevage concerne de nombreux débats de société et la recherche scientifique s'y intéresse de plus en plus. Les auteurs analysent les articles de 2018 dont la majorité se concentre sur l'industrialisation de la production. Cela dénote un besoin de recherche appliquée, sous l'influence notamment des exigences de la réglementation européenne Novel food.

Les 66 articles retenus traitent divers aspects. Pour les aspects microbiologiques, trois points clés sont considérés : les conséquences des conditions de production sur le microbiote des animaux, la survie éventuelle de pathogènes en post-production, les méthodes de décontamination. Les facteurs externes sont également étudiés, les principaux étant la température et l'alimentation des insectes, déterminantes pour leur métabolisme, leur taux de croissance, leur composition en macronutriments. Sur ces aspects, les auteurs soulignent la part importante d'articles traitant de l'Afrique. Le contexte occidental est moins abordé, du fait d'une concurrence forte des entreprises et laboratoires de recherche, et donc d'une réticence à la diffusion de résultats.

En matière de développement de produits, la poudre d'insectes est la forme la plus commune, ingrédient de denrées ensuite cuites (ex. crackers, pains, céréales). Parmi les procédés de transformation, le fractionnement contribue à la biodisponibilité des composants nutritionnels et à la standardisation des produits. Les améliorations de la qualité sanitaire et de la durée de vie sont aussi étudiées. Par ailleurs, l'acceptation de ces produits par les mangeurs est envisagée, variable selon la localisation géographique, le caractère traditionnel ou non de la consommation d'insectes, l'espèce (2 000 étant comestibles), le genre et le statut socio-économique des consommateurs, etc.

Enfin, si les dimensions sociales et environnementales (aspects culturels, éthique animale, etc.) sont souvent mentionnées dans les articles, peu d'analyses spécifiques leur sont consacrées. Pour les auteurs, les travaux sur les aspects sociaux et environnementaux sont indispensables, l'industrialisation de l'élevage d'insectes soulevant des questions importantes à traiter, telle celle des conséquences du passage à une production industrielle sur sa durabilité, largement débattue actuellement.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Environmental Research Letters

13/01/2021

Une analyse de l'efficacité de capteurs pour détecter les mises-bas en élevage laitier

L'accroissement de la taille des troupeaux en élevage laitier rend plus difficile le travail de surveillance par l'éleveur, raison pour laquelle le recours aux capteurs tend à se développer. Ceux-ci sont par exemple utilisés pour assister l'agriculteur dans la détection des mises-bas. Dans un article publié dans la revue Animal, une équipe de chercheurs italiens a analysé l'efficacité d'un dispositif nouveau, permettant de suivre les mouvements de queue de l'animal. Combinant un accéléromètre et un inclinomètre, l'appareil émet des alertes lorsque des mouvements anormaux sont détectés. Les analyses statistiques montrent que, dans la quasi totalité des cas (>95 %), des mouvements anormaux sont détectés dans les trois heures précédant le vêlage, et une grande majorité des alertes (>70 %) sont effectivement suivies d'un vêlage dans les trois heures. L'efficacité de ce type de capteurs pour anticiper les mises-bas est donc avérée.

Source : Animal

11/12/2020

L'avenir de l'élevage européen et sa contribution à un secteur agricole durable

Une étude parue en octobre 2020 s'intéresse à l'avenir de l'élevage européen. La première partie présente la situation actuelle et les tendances à l’œuvre : place de l'élevage dans l'économie de l'Union européenne (UE), impacts sur l'environnement, bien-être animal, relation à la santé humaine. La deuxième partie analyse les facteurs de changement pour les années à venir. La troisième propose des solutions pour assurer un élevage durable.

L'élevage occupe une place importante dans l'économie agroalimentaire européenne, avec 70 milliards d'€ de produits animaux ou d'origine animale en 2017 (UE-28, 40 % de la production totale agricole) et des exportations qui augmentent depuis 2000. Il joue un rôle notable dans certains territoires en matière d'emploi et de culture (paysages, gastronomie). La nécessité de réduire les impacts environnementaux (gaz à effet de serre, pollution de l'eau, etc., cf. figure) et la baisse de la consommation de viande seront deux variables déterminantes de l'avenir de l'élevage européen. Les auteurs soulignent aussi ses contributions positives à l'environnement, notamment pour le stockage du carbone et la biodiversité grâce aux prairies permanentes : « 50 % des espèces d'oiseaux dépendent des prairies pour leur alimentation et leur reproduction ».

Intensités d'émissions moyennes de gaz à effet de serre liées à la consommation de 100 g ou de 100 kcal d'aliments

ElevageUE.jpg

Source : Commission européenne

Selon les auteurs, les substituts aux produits carnés (végétal, viande artificielle) ne devraient pas atteindre une masse critique à même de concurrencer significativement l'élevage à moyen terme (2030), car ils présentent des limites : produits encore en phase pré-commerciale, impacts incertains sur la santé (produits très transformés) et l'environnement, acceptation par les consommateurs, etc. Il conviendrait d'améliorer conjointement l'efficience environnementale et la compétitivité de l'élevage européen, plutôt que d'importer des produits animaux aux empreintes environnementales potentiellement plus fortes.

Le rapport propose à cet égard des pistes prometteuses : bioéconomie et bouclage des cycles, génétique et écologie microbienne, bien-être animal, etc. Il souligne l'importance de la diversité des systèmes d'élevage et de l'approche systémique : « les animaux sont essentiels parce qu'ils sont par nature des recycleurs, ce qui leur permet de contribuer à une agriculture plus efficace en utilisant la biomasse non comestible et en fournissant des engrais organiques ».

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

09:28 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles, IAA, Production et marchés | Lien permanent | Tags : elevage, filière, prospective, europe |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2020

Quel avenir pour les systèmes d’élevage cunicole ?

Face à la réduction régulière de la consommation de lapin (divisée par trois en 20 ans) et aux demandes de la société sur le bien-être animal, l’Institut technique de l'aviculture (ITAVI) a mené depuis 2017 un travail pour imaginer le ou les systèmes de production de demain. Il a réalisé une synthèse bibliographique sur les impacts des conditions d'élevage sur le bien-être du lapin, quatre ateliers, et une évaluation des impacts économiques d’un changement de système. Réunissant les parties prenantes de la filière, les ateliers ont permis de cartographier les risques, enjeux, opportunités et priorités de cet élevage, d'identifier les évolutions du contexte et d’envisager le futur du système d’élevage (figure ci-dessous).

Système d’élevage cunicole passé, présent et futur

Elevage-cunicole.jpg

Source : ITAVI

Ces changements entraîneraient des augmentations de coûts de production, que ce soit en système conventionnel (ralentissement des rythmes de reproduction), ou en système alternatif (cage aménagée en maternité et parc d’engraissement). Dans ce cas, les coûts seraient supérieurs de 22 à 45 %, pour une surface disponible par lapin de 630 à 1 500 cm².

Source : ITAVI

 

16:34 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés, Société | Lien permanent | Tags : elevage, bien-être animal, filière |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/07/2020

ROADMAP, un groupement de chercheurs sur les antimicrobiens

En mai 2020, le projet européen ROADMAP (Rethinking Of Antimicrobial Decision-systems in the Management of Animal Production) a diffusé une première newsletter fournissant des données sur ce sujet et un état d’avancement du projet. De 2019 à mai 2023, ce travail sur l'antibiorésistance associera 17 partenaires (universités, instituts de recherche, industriels) provenant de 9 États membres. Pour la France sont mis à contribution INRAE (coordinateur), le CIRAD, INRAE transfert et l'ACTA. Le réseau promeut un usage prudent et raisonné des antimicrobiens en élevage, sur le fondement d'une analyse des déterminants socio-économiques de leur usage, de stratégies de conduite du changement et de scénarios d'impact portant sur diverses productions animales (filières porc, aviaire, lait et viande bovine) de pays européens ou non (Vietnam, Mozambique).

Source : ROADMAP

08/06/2020

Robots, élevage et techno-capitalisme : une ethnographie des usages du robot de traite

P. Le Guern (université de Nantes) étudie, dans la revue Réseaux, les transformations induites par la mise en place des robots de traite. Il combine des observations vidéo sur 12 exploitations laitières et des rencontres avec des installateurs, vétérinaires et conseillers agricoles. L'article décrit d'abord le fonctionnement du robot et comment cet investissement accompagne l'agrandissement des troupeaux. Il examine ensuite l'action des éleveurs, l'automatisation permettant de réorganiser le travail et d'avoir une meilleure capacité d'anticipation (détection précoce des mammites, etc.), avec le risque d'aboutir à un « contrôle continu », à une « astreinte psychologique » (alertes intempestives) voire à une dépendance à l'égard d'un système de prestations-solutions organisé autour des data. Enfin, l'auteur discute de la place des vaches. « L'adaptation morphologique de l'animal à l'ergonomie de la machine » accélère la mise à la réforme : pour lui, cela nuance l'idée d'un robot en libre-accès, qui serait favorable au bien-être animal. Ces équipements tendraient même, via la recherche de certains traits, à réduire la diversité des races.

Source : Réseaux

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Prospective sur l'élevage australien

Accompagnant son plan stratégique 2020-2025, l'Association australienne pour l'élevage a diffusé un rapport sur les facteurs pouvant influencer l’activité du secteur dans la prochaine décennie. Les auteurs détaillent en particulier les effets potentiels du changement climatique sur la répartition géographique des maladies animales et végétales, des vecteurs et des réservoirs animaux des agents infectieux. D'autres facteurs pris en compte sont l’augmentation de la demande de viande et de ses alternatives, ainsi que le développement de techniques électroniques de surveillance et de diagnostic en élevage, pour la prévention des accidents sanitaires et zootechniques. Quatre scénarios sont également présentés. Enfin sont soulignés des défis majeurs pour le secteur : la lutte contre la survenue d’épizooties majeures (fièvre aphteuse, peste porcine africaine, grippe aviaire) ; la « révolution numérique » pour améliorer la gestion des exploitations et élever le niveau de biosécurité ; l'influence sur les pratiques agricoles des demandes sociétales et des politiques publiques commerciales et environnementales ; les conséquences probables du changement climatique sur les services écosystémiques.

Source : Animal Health Australia

11:04 Publié dans 1. Prospective | Lien permanent | Tags : élevage, australie |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/05/2020

Élevage de poulets de chair : comparaison entre races à croissances rapide et lente

Dans un article récent, une chercheuse britannique étudie l'effet de la race sur l’élevage du poulet de chair. 1 600 poussins provenant de 4 races différentes (trois à croissance rapide, une à croissance lente) sont soumis à des conditions d’élevage identiques (bâtiment, nourriture et boisson à volonté, etc.). Pour chaque race, 400 poussins à l’éclosion sont répartis aléatoirement en 8 enclos de 50 animaux. Différents paramètres sont suivis : poids, mortalité, bien-être, comportement, productivité, quantité et qualité de la viande à l’abattage. Les poulets à croissance lente atteignent le poids de 2,5 kg au bout de 54 jours, contre 38 pour ceux à croissance rapide. Ils présentent moins de boiteries et de dermatose, un meilleur emplumement, une plus grande propreté. Leur viande de meilleure qualité se répartit davantage sur les cuisses alors que les autres ont des filets plus lourds. En revanche, ils mangent davantage et présentent un gain quotidien moyen plus faible et un indice de conversion (de la quantité d'aliment consommée en poids vif) plus élevé. Enfin, demandant plus d’aliment et de temps pour atteindre un poids donné, leur élevage est moins favorable à l’environnement.

Source : PLOS One

09:34 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : poulet de chair, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/04/2020

Élevage multi-espèces et durabilité

Des chercheurs européens ont publié, dans la revue Agricultural Systems, une synthèse consacrée à l'élevage multi-espèces et à sa contribution au développement durable. Les auteurs se sont intéressés aux élevages associés, pâturants ou de plein air, pour lesquels les synergies sont les plus significatives, sous l'angle des trois piliers de la durabilité.

Concernant le pilier environnemental, ils mettent en avant un meilleur usage des ressources et un accroissement de la biodiversité. Les différentes espèces élevées ont en effet des niches alimentaires souvent complémentaires : leurs régimes ne se recouvrent pas totalement, dans les espèces ou dans les façons de les consommer. Ces consommations différentes permettent un pâturage plus homogène des surfaces et des espèces, et réduisent les zones de refus. Le co-pâturage de chevaux et de bovins bénéficie ainsi à ces derniers, par un bon développement du trèfle sur les surfaces broutées à ras par les équins. Sur la même pâture, deux espèces complémentaires allègent la compétition entre individus pour les ressources favorites, conduisant à de meilleures prises alimentaires. Ces mécanismes sont favorables à la diversité végétale des prairies, mais aussi à l'ensemble de la biodiversité de ces écosystèmes.

Exemples de systèmes d'élevage multi-espèces

Elevage.jpg

Source : Agricultural Systems (crédits photo : Severin Hübner et Sophie Prache)

Pour le pilier économique, les systèmes d'élevage associés montrent une meilleure productivité technique, par exemple avec truies et bovins sur les mêmes prairies. Une gestion fine des calendriers de pâturage est toutefois nécessaire pour tirer pleinement bénéfice des concurrences et complémentarités. La rentabilité des élevages associés peut profiter de ces gains techniques et d'économies de gamme liées à l'usage conjoint du parc matériel (ex. : fenaison ou contention), voire des bâtiments. Comme les autres systèmes de production diversifiés, ils sont moins exposés aux aléas et aux fluctuations, permettent un étalement des revenus dans l'année et une multiplication des débouchés. En contrepartie, ces systèmes plus complexes sont techniquement exigeants et la commercialisation des animaux, dans différents circuits, peut être chronophage.

Enfin, concernant le pilier social, la diversification, si elle nécessite une organisation fine des tâches, permet un étalement des pics de travail et un allègement des contraintes. Ces élevages multi-espèces méritent donc des travaux de recherche et de conseil dédiés pour faciliter leur développement.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Agricultural Systems

19:01 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : élevage, multi-espèces, durabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

Élevage et urbanité dans le monde, des enjeux différenciés

L'agriculture urbaine est souvent rapportée à sa seule dimension végétale, la question de l'élevage restant peu traitée dans le débat scientifique actuel. Pourtant, l'élevage urbain est très présent dans de nombreux pays et tend parfois à revenir là où il avait disparu, porté par de nouveaux besoins. Publié dans la revue Territoire en mouvement, cet article dresse un panorama des enjeux de cet élevage à travers le monde. En effet, 10 % des différents cheptels seraient élevés en ville, avec des concentrations différentes en fonction des régions.

Dans les économies développées, la réémergence de l'élevage urbain est portée par la réflexion des villes sur leur autonomie alimentaire et par une revalorisation de ses fonctions éducatives, sociales (ex. : mini-fermes urbaines, réappropriation citoyenne de l'espace urbain) et paysagères (ex. : éco-paturage dans 500 communes en France). Dans une logique d'économie circulaire, on assiste à une technologisation des flux et des processus, permettant en particulier le retraitement des déchets alimentaires, à des échelles industrielles, pour l'alimentation animale : c'est le cas pour des élevages de porcs ou de poissons (aquaponie) à Hong-Kong ou Jakarta. Dans les économies les moins avancées, l'élevage urbain génère un complément de revenus ou assure un accès à des protéines animales à moindre coût. À l'échelle des filières, il permet une proximité avec les lieux de consommation (abattoirs, marchés) lorsque la chaîne du froid est déficiente. Dans ces contextes, les enjeux socio-économiques et sanitaires sont forts. Dans les économies émergentes, on observe aussi l'apparition d'installations intensives de valorisation des déchets alimentaires en zones péri-urbaines, où la question du maintien des surfaces d'élevage sous pression urbaine se pose également (ex. : ceinture verte d'Hanoï).

En conclusion, les auteurs proposent un agenda de recherche interdisciplinaire sur l'élevage urbain en identifiant cinq enjeux : i) de santé publique (zoonoses), ii) d'accès à l'alimentation, iii) socio-économiques, iv) culturels et cultuels associés à l'animal en ville, v) de l'intégration agriculture-élevage dans l'aménagement urbain (relocalisation de l'alimentation, économie circulaire).

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : Territoire en mouvement. Revue de géographie et aménagement

18:58 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : élevage, villes, élevage urbain |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/04/2020

Pertes économiques liées aux mammites en élevage bovin laitier

Publié récemment dans Frontiers in Veterinary Science, un article évalue l'impact économique des mammites pour les élevages de vaches laitières. Premières pathologies en fréquence dans ces élevages, elles sont responsables de coûts et de pertes d'exploitation, du fait des analyses bactériologiques (identification de la ou des bactéries responsables, antibiogramme) et cytologiques (comptage cellulaire dans le lait) à réaliser pour poser le diagnostic, des traitements, du surplus d'activité de l'éleveur, de la destruction du lait pendant la durée de la maladie et après le traitement, de l'abattage éventuel de l'animal, etc.

Les auteurs ont réalisé une méta-analyse d'articles en langue anglaise décrivant les pertes économiques liées à des mammites bovines, publiés jusqu'en juin 2019 dans trois bases (PubMed, ISI Web of Science, Google Scholar). À partir d'un corpus initial de 1 566 articles, plusieurs phases de sélection ont permis d'en sélectionner 9, représentant 82 cas. Les critères d'inclusion de ces publications étaient la présence d'une mammite clinique (exclusion des formes subcliniques), la mention des pertes financières par cas de mammite ou par année et par vache, la limitation à des pays de la zone climatique tempérée, et des données postérieures à 1990.

Les résultats montrent une forte corrélation avec l'étiologie : si l’impact financier moyen est de 224 € par cas, il est de 101 € pour des mammites dues à des bactéries Gram + et de 457 € pour celles provoquées par une bactérie Gram -. Plus précisément, il est en moyenne de 74 € si la bactérie responsable est Staphylococcus aureus, de 79 € pour St. coagulase -, de 121 € pour Streptococcus sp. et de 428 € pour Escherichia coli.

Les auteurs relèvent toutefois plusieurs problèmes liés aux articles retenus, et donc à la méta-analyse qui en est issue. Tout d'abord, l'interaction avec d'autres maladies dans ces pertes est rarement mentionnée. D'autre part, se limiter aux coûts et pertes engendrés à court terme par une maladie pourrait être trompeur : si les mammites dues à des bactéries Gram - ont un coût très supérieur à celles à Gram +, les conséquences à moyen et long termes de ces dernières ne sont pas prises en compte. De même, le coût de l'abattage est sous-valorisé car il ne devrait pas se limiter au seul coût de l'animal. Enfin, des paramètres comme le prix du lait ou le coût du travail sont peu inclus. Pour les auteurs, une méthode normée permettrait de réduire ces limites à l'avenir.

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : Frontiers in Veterinary Science

07/04/2020

Histoire de la productivité de l'élevage en Nouvelle-Zélande et Uruguay, 1870-2010

Un article de la revue Historia Agraria compare la productivité des élevages bovins et ovins de la Nouvelle-Zélande et de l'Uruguay, sur la période 1870-2010. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les deux pays présentaient des caractéristiques communes : démographie, dotation en ressources naturelles, exportation de produits de l'élevage. Leurs performances productives furent similaires jusqu'aux années 1930. Puis, jusqu'aux années 1970, les gains de productivité en Uruguay ont commencé à ralentir par rapport à ceux de la Nouvelle-Zélande. Si les écarts se sont ensuite réduits, la productivité moyenne néo-zélandaise est restée supérieure de 60 %. En comparant les variables de cheptel, de production de viande, laine et lait, et celles relatives aux surfaces et ressources fourragères, l'auteur considère que la divergence entre les deux pays est liée aux différences de trajectoires technologiques empruntées par les filières.

Évolution des « unités d'élevage » par hectare à l'échelle régionale, 1870-2010

NZ-Uruguay.jpg

Source : Historia Agraria

Lecture : l'unité d'élevage (UG : unidad ganadera) est un indicateur de productivité physique. Pour l'Uruguay, deux régions ont été considérées : le littoral Sud-Ouest (région 1) et le Nord-Est (région 2). Pour la Nouvelle-Zélande, les deux îles ont été considérées séparément.

Source : Historia Agraria

17:45 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : élevage, nouvelle-zélance, uruguay, productivité, histoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2020

Risques professionnels dans les métiers au contact des animaux

En février 2020, la revue Travail et sécurité consacre un dossier aux risques professionnels dans les métiers au contact des animaux vivants : vétérinaires, éleveurs, vendeurs en animalerie, soigneurs animaliers, etc. Il comporte un article synthétique et six autres présentant des témoignages en zoo, élevage avicole, animalerie commerciale, clinique et école vétérinaires, élevage bovin. Si les risques directement liés aux animaux (morsures, griffures, coups, encornages, zoonoses, etc.) sont manifestes, l'accent est mis sur les autres risques associés à ces activités, les auteurs rappelant que, dans le cas des élevages bovins, plus de 40 % des accidents mortels ne sont pas dus à un animal. Les risques sont classés selon qu'ils sont physiques (risques de morsures et griffures lors de la manipulation et la contention, troubles musculo-squelettiques en raison du port de charges lourdes), biologiques (zoonoses), chimiques (mésusage de médicaments) ou psychosociaux (surcharge de travail, pression sociétale dévalorisant ces métiers).

Source : Travail et sécurité

17:32 Publié dans Santé et risques sanitaires, Société | Lien permanent | Tags : animaux, élevage, risques professionnels |  Imprimer | | | | |  Facebook