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08/07/2020

Des transformations importantes des chaînes de valeur mondiales, accélérées par l'épidémie de Covid

Si la pandémie n'en est pas à l'origine, elle accélère les tendances lourdes à l’œuvre en matière d'investissements internationaux et, par là même, la transformation des chaînes de valeur mondiales : telle est la conclusion de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), dans son rapport publié en juin 2020.

L'organisme y conduit une analyse approfondie des évolutions, au cours des trente dernières années, de la « production internationale », à savoir celle des multinationales à l'origine des chaînes de valeur globales et des échanges qu'elles génèrent. Il propose notamment une classification des secteurs d'activité en fonction du type de chaîne de valeur, utilisant des critères liés à leur longueur et leur fragmentation, à la distribution géographique de la valeur ajoutée, au mode de gouvernance et au degré d'internalisation. L'agriculture (incluse dans l'ensemble I de la figure ci-dessous), apparaît comme l'archétype du secteur primaire peu intensif en capital, alors que l'agroalimentaire (ensemble III) est représentatif des chaînes de valeur régionalisées.

Répartition de la production internationale en fonction de la longueur et de la dispersion géographique des chaînes de valeur mondiales et identification des configurations archétypales

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Source : CNUCED

Lecture :

- I : industries primaires avec a. celles intensives en capital et b. celles peu intensives en capital ;

- II : chaînes de valeur intensives avec a. les faiblement technologiques et b. les technologiques ;

- III : répartition géographique avec a. une distribution en étoile et b. une distribution régionalisée :

- IV : industries des services connectés aux chaînes de valeur mondiales avec a. celles à forte valeur ajoutée, et b. celles à faible valeur ajoutée.

Les auteurs identifient trois ensembles de tendances qui ont transformé les chaînes de valeur au cours des trois dernières décennies et qui auraient été renforcées par la pandémie : la nouvelle révolution industrielle (robotisation et intelligence artificielle, digitalisation, fabrication additive), les évolutions en matière de politiques économiques (interventionnisme national, protectionnisme en matière d'investissement et de commerce, régionalisme et bilatéralisme), affirmation des enjeux de durabilité (réglementations, transformation des process et des produits, impacts sur les approvisionnements).

En combinant ces évolutions, quatre trajectoires des chaînes de valeur mondiales sont envisagées pour la prochaine décennie : relocalisation, diversification, régionalisation et reproduction. Dans ce dernier scénario, les multinationales se concentrent sur le design des produits et le pilotage des chaînes de valeur, délégant la production en série à des sous-traitants localisés au plus près des consommateurs, notamment grâce à l'impression 3D. Pour l'agriculture, la régionalisation et, dans une moindre mesure, la diversification et la relocalisation sont les trajectoires les plus probables. Dans le cas des industries agroalimentaires, la régionalisation et la diversification seraient les voies principales d'évolution.

Pertinence des différentes trajectoires selon les secteurs

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Source : CNUCED

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : CNUCED

03/07/2020

La FAO pointe la responsabilité du secteur agricole dans la déforestation

Cette année, le rapport de la FAO sur l'état des forêts dans le monde se penche sur les liens entre usages, modes de gestion, préservation et utilisation durable de la biodiversité. Les forêts couvrent 31 % des terres, 5 pays (Brésil, Canada, Chine, États-Unis, Russie) concentrant plus de la moitié des surfaces. Depuis 1990, 420 millions d'hectares – équivalant à plus de 10 % des forêts actuelles – ont disparu en raison du changement d'usage des terres, même si le rythme de la déforestation a décru au cours des dernières années : 10 millions d'hectares par an entre 2015 et 2020, contre 16 millions dans les années 1990. L'expansion des terres agricoles demeure le principal moteur de la dégradation des forêts et des pertes de biodiversité associées. L'« agriculture commerciale de grande échelle » (élevage, soja et huile de palme principalement) serait à l'origine de 40 % de la déforestation tropicale entre 2000 et 2010, tandis que l'agriculture de subsistance aurait occasionné 33 % des pertes.

Facteurs de la déforestation et de la dégradation des forêts entre 2000 et 2010 dans 46 pays tropicaux et subtropicaux en Afrique, Amérique latine et Asie

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Source : FAO

Source : FAO

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18/03/2020

Quels horizons pour l'agriculture et le développement rural en Amérique latine et dans les Caraïbes ?

En février 2020, la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), la FAO et l'Instituto Interamericano de Cooperación para la Agricultura (IICA) ont publié un rapport traitant des contributions de l'agriculture et du développement rural à l'atteinte, en 2030, des objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU. L'analyse fournit d'abord un ensemble de faits et chiffres, par lesquels on apprend que l'Amérique latine et les Caraïbes abritent 50 % de la biodiversité, 57 % des forêts primaires, 31 % de l'eau douce, 33 % des terres cultivables et bénéficient de 29 % des précipitations. Elle décrie aussi les ODD qui seront atteints avant tout grâce au développement structurel du monde rural : « faim zéro », « eau potable », « énergie accessible », etc. (figure ci-dessous).

Le poids du rural dans l'atteinte des ODD

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Source : CEPAL-FAO-IICA

Lecture : le vert le plus clair correspond à un objectif très pertinent pour le monde rural ; le vert intermédiaire à un objectif moyennement ou faiblement important ; le vert le plus foncé à un objectif exclusivement rural. Colonne du milieu : objectif à atteindre. Colonne de droite : actions nécessaires pour atteindre les objectifs.

Les auteurs identifient également les actions qui seront nécessaires pour favoriser ce développement du monde rural à l'horizon 2030 : politiques de développement territorial, transformations institutionnelles, investissements dans les emplois agricoles et non agricoles, les infrastructures, la R&D, etc. Ces actions clés devraient rapprocher les conditions de vie des populations urbaines et rurales (protection sociale, services, éducation, santé, etc.), dans un contexte de pression sur les ressources naturelles, de changement climatique et d'incertitudes macroéconomiques et géopolitiques.

La bioéconomie est considérée, dans le rapport, comme un cadre de référence propice à l'articulation et à la consolidation des actions (figure ci-dessous). L'agriculture en constitue le « noyau dur » à partir duquel des chaînes de valeur complémentaires pourront être mises en place (industrie, commerce, services). Cela s'inscrit dans une trajectoire historique, la voie des biotechnologies ayant été empruntée assez tôt par certains pays de la région. Appuyée par des politiques et une coopération public-privé, elle a abouti, par exemple, au développement des filières bioéthanol et biodiesel au Brésil et en Argentine, ainsi qu'à l'essor de l'innovation variétale. Celle-ci s'est concrétisée, entre autres, par le développement d'OGM pour limiter les risques biotiques (maladies bactériennes, fongiques, etc.) et abiotiques (tolérance aux herbicides, à la sécheresse, etc.), de soja à haut degré oléique et bas degré linoléique, de riz à teneur élevée en amylose, etc.

Actions possibles pour l'intensification durable de l'agriculture

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Source : CEPAL-FAO-IICA

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : CEPAL

Stratégies de transformation des fermes canadiennes dans le contexte du changement climatique

Réalisé à la demande de l’Union nationale des fermiers (UNF), ce rapport traite des évolutions de l’agriculture canadienne face au changement climatique. Partant du constat d’une double crise, agricole et climatique, l’auteur souhaite montrer que favoriser une nouvelle forme d’agriculture, rentable, permet de lutter contre le changement climatique.

Il dresse d’abord un état des lieux et montre que l’agriculture, par l’utilisation importante d’intrants, émet 12 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. En moyenne, le Canada pourrait connaître plus généralement une augmentation de la température de 3,2 à 6,4 °C sur les 100 prochaines années, ainsi que des événements climatiques extrêmes (inondations et sécheresses notamment).

Évolution de la dette agricole nationale, 1971-2018

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Source : UNF (d’après Statistique Canada)

Par ailleurs, le rapport met en avant la dette agricole de plus en plus importante (106 milliards de $), liée aux matériels, aux services bancaires et aux intrants (semences, engrais, etc.). De 1985 à 2018, 95 % du chiffre d’affaires des fermes ont été consacrés à ces derniers. Dans ce contexte, de nombreux foyers agricoles doivent avoir une source de revenus externe à l’exploitation. La diminution du nombre de structures est également notable, en une génération, avec par exemple une réduction du groupe des jeunes chefs d’exploitation de 68 % sur les 25 dernières années.

Évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada, selon les données recueillies lors des recensements de 1911 à 2016

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Source : UNF (d’après Statistique Canada)

Pour favoriser la pérennité économique des exploitations et ainsi lutter contre le changement climatique, l’auteur propose ensuite des pistes de réflexion : réduction des intrants (notamment azotés), utilisation de tracteurs électriques ou à hydrogène, investissement dans les énergies renouvelables, agriculture biologique, conservation des sols, rotation des cultures, agriculture de précision, systèmes d’élevage à « taille humaine » et basés sur une alimentation à l’herbe, etc. Il préconise un engagement plus fort des pouvoirs publics dans la transition écologique, par exemple via une taxation du carbone couplée à un remboursement de la taxe pour les producteurs diminuant leurs intrants.

Tiphaine Le Mao, stagiaire au Centre d’études et de prospective

Source : Union nationale des fermiers

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17/03/2020

Agricultures européennes à l’horizon 2050 : entre enjeux climatiques et défis de la sécurité alimentaire mondiale

INRAE a présenté, le 14 février 2020, une étude prospective sur les agricultures européennes à l'horizon 2050 (captation vidéo disponible en ligne). L'objectif était d'analyser l'évolution de l'offre et de la demande en productions agricoles, en considérant un scénario « intermédiaire » de changement climatique (RCP 6.0 du GIEC) dans 21 régions du monde, dont huit européennes (cf. carte ci-dessous pour le découpage hors Europe).

Découpage régional adopté dans l'étude, hors Europe

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Source : INRAE

Un collectif d'une vingtaine d'experts a délimité des fourchettes de variations, en 2050, de l'offre agricole, considérant des hypothèses hautes ou basses de rendements, variant entre les régions étudiées selon les conditions de température, précipitations et évolutions techniques. Ils ont aussi exprimé des fourchettes sur la demande en produits agricoles, selon des hypothèses d'évolutions tendancielles (ex. : hausse de la consommation de produits animaux en Asie) ou vers des régimes considérés comme plus sains. Dans ce deuxième cas, l'apport calorique est limité et les parts consommées de produits animaux, légumineuses, fruits et légumes, produits sucriers et huiles végétales sont fixées, elles aussi variant selon les situations régionales initiales.

Répartition des apports caloriques totaux selon les différents groupes de produits agricoles (en kcal/hab/j) en 2010 et 2050, selon les deux hypothèses d’évolution des régimes alimentaires

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Source : INRAE

Il apparaît qu'en hypothèse de rendements bas, avec une évolution tendancielle des régimes alimentaires, le besoin supplémentaire de terres cultivées serait de 223 millions d'hectares (+ 15 % par rapport à 2010). À l'opposé, en hypothèse de rendements hauts et de régimes « sains », 51 millions d’hectares de terres cultivées pourraient être libérés.

L'étude analyse plus particulièrement la place de l'Europe dans ce contexte. Dans les cas où des terres cultivées pourraient être libérées dans cette zone, le développement de cultures d'oléoprotéagineux pourrait réduire les importations européennes et ainsi préserver entre 1 et 10 millions d'hectares au Brésil et en Argentine. Pour rappel, 47 millions d'ha y étaient consacrés au soja en 2010. Une autre stratégie, en cas de libération de terres, serait d'évoluer vers des systèmes agricoles européens moins intensifs en intrants de synthèse.

Bien que des incertitudes pèsent sur les hypothèses de rendements futurs, ce travail met en évidence les disparités entre régions, tant pour les hypothèses d'évolution de l'offre et de la demande que pour les résultats en matière d'utilisation des terres. L’analyse révèle des évolutions contrastées entre zones à forte tension sur les surfaces (particulièrement en Afrique subsaharienne, mais aussi en Afrique du Nord, au Proche et Moyen-Orient ou encore en Inde) et zones à surplus potentiel de terres (ex-URSS et certaines régions d'Europe).

Marie-Hélène Schwoob, Centre d'études et de prospective

Source : INRAE

16/03/2020

Histoire rurale de l'Europe. XVIe-XXe siècle, Laurent Herment (dir.)

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Cet ouvrage collectif, couvrant une large période, s'appuie sur les développements les plus récents de la recherche européenne en histoire rurale. Coordonné par Laurent Herment (CNRS) et rédigé par quelques-uns des meilleurs professeurs et chercheurs du moment, il est plus précisément consacré aux processus de développement des activités agricoles. Cinq grandes questions précisent cette problématique générale : qu'entend-on par « croissance agricole » ? Comment la mesurer ? Quels en sont les principaux facteurs et causes ? Quels sont ses rythmes et temporalités habituels ? Comment se distribue-t-elle dans l'espace ?

Les réponses apportées au fil des études de cas (pays ou régions) multiplient les points de vue et les résultats novateurs, et finissent par dresser un tableau complet de l'évolution des campagnes en Europe. On comprend alors mieux la diversité des trajectoires agricoles nationales, soumises aux contraintes économiques et géographiques. Les questions d'épistémologie ne sont pas oubliées, plusieurs chapitres traitant du renouveau des méthodes quantitatives en histoire rurale. La contribution des institutions au développement des campagnes est un autre leitmotiv du livre : impacts des lois et des politiques, extension du droit de propriété et de celui des contrats, etc.

On retiendra en particulier le chapitre de Piet van Cruyningen, montrant que les lourds investissements consentis par les bourgeois hollandais (dès 1400), pour protéger les villes en régulant les eaux, ont directement contribué au décollage de l'agriculture. L'irruption de ces capitaux modifia les rapports à la propriété, enclencha un processus de spécialisation et de croissance de la taille des exploitations, facilita l'achat de bétail et de bâtiments. Tout aussi intéressant est le chapitre de Giuliana Biagioli, sur la diversité inter-régionale des voies du développement agricole en Italie, selon les degrés de résistance du féodalisme et les innovations locales. De son côté, Llorenç Ferrer-Alos s'intéresse aux liens entre espaces urbains et ruraux en Espagne, à l'industrialisation des zones rurales et à la pluriactivité agricole. Concernant notre pays, Gérard Béaur et Jean-Michel Chevet mettent en doute l'idée, largement répandue, d'un « modèle français » dominé par un foncier émietté, une petite propriété paysanne engluée dans le travail routinier et l'autosubsistance. Comme l'Angleterre, nous avons aussi eu nos large farms et nos fermiers capitalistes, engagés dans l'investissement et tournés vers le marché.

Au total, de chapitre en chapitre, les auteurs montrent que la mauvaise habitude consistant à juger le passé à partir du présent véhicule des visions anachroniques et fausses sur les progrès historiques des agricultures européennes. On retiendra aussi qu'il n'y a pas un schéma préétabli de développement, mais une diversité de trajectoires, faites de continuités et d'aléas avec, pendant des siècles, de vraies fragilités des dynamiques de croissance agricole.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions EHESS

17:08 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : herment, rural, histoire, agriculture, europe |  Imprimer | | | | |  Facebook

De nouvelles opportunités pour l'extension de l'agriculture vers le Nord, mais à quel prix pour l'environnement ?

D'après un récent article publié dans PLOS One par une équipe de chercheurs anglo-saxons, le changement climatique pourrait lever les contraintes bioclimatiques à la production de grandes cultures, dans les régions les plus septentrionales jusqu'ici peu favorables. Les auteurs ont simulé l'impact potentiel, après 2050, de cette extension des aires de production sur l'environnement.

Dans un premier temps, ils ont identifié les « frontières agricoles », définies comme les zones actuellement inadaptées aux grandes cultures, mais susceptibles de le devenir en raison du changement climatique. Pour ce faire, ils ont considéré des hypothèses portant sur les températures et les précipitations, tirées de 17 modèles climatiques globaux, pour deux niveaux de forçage radiatif (RCP 4.5 et RCP 8.5 du GIEC). Ces hypothèses ont ensuite été utilisées à l'échelle locale, dans trois modèles agronomiques différents dont les auteurs ont croisé les résultats. L'opération a été conduite sur l'ensemble des terres du globe. Il apparaît que le changement climatique pourrait accroître les surfaces actuellement cultivables, de 0,8 à 2,4 milliards d'hectares en 2060-2080. Les nouvelles aires de production, situées principalement au nord du Canada et de la Russie, seraient dans un premier temps (2040-2060) adaptées à la culture de la pomme de terre, du blé, du maïs et du soja.

Extension des zones de production possibles en grandes cultures en 2040-2060

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Source : PLOS One

Lecture : en bleu, les aires dans lesquelles on passe de 0 à au moins une culture possible ; en rouge, celles passant d'une culture possible à deux ou plus (zone d'intensification) ; en gris, celles pour lesquelles la situation reste inchangée. L'intensité de la couleur (bleue ou rouge) varie selon le scénario climatique, dans le cadre d'un forçage radiatif RCP 8.5.

Les auteurs ont ensuite évalué les impacts d'une mise en production sur la biodiversité, la qualité de l'eau et le carbone stocké dans les sols. Si toutes les zones potentielles étaient cultivées, le travail des sols conduirait à relâcher dans l'atmosphère, dans les cinq années suivant la mise en culture, un maximum de 177 Gt de carbone (soit 119 fois les émissions annuelles actuelles des États-Unis). D'importants hotspots de biodiversité seraient également touchés, dans les régions nordiques et dans les zones de montagne (Himalaya, Andes notamment). Enfin, les effets de l'agriculture sur la qualité de l'eau pourraient affecter beaucoup d'habitants de ces régions.

En conclusion, ils invitent à ce que les initiatives menées pour étendre les aires de production, par exemple au Canada ou en Russie, tiennent compte des risques environnementaux encourus. Ils notent d'ailleurs que beaucoup de ces terres, jusqu'ici non cultivées, se situent sur les territoires de peuples autochtones, qui devraient être associés à leur exploitation.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : PLOS One

12/03/2020

« Métamorphoses agricoles », un dossier de The Conversation

À l'occasion du Salon international de l’agriculture, The Conversation a mis en avant, dans une lettre d'information spéciale, une série de dix contributions inédites ou déjà publiées sur les transformations de l'agriculture française. Parmi les textes récents, celui de P.-M. Le Bel (Inrae) présente les espaces-tests, un dispositif alternatif d'accès au foncier qui soutient l'installation d'agriculteurs « hors cadre familial ». Une contribution de M. Berriet-Solliec et L. Lamy (AgroSup Dijon) éclaire de façon originale le « malaise des agriculteurs » : l'« humiliation récurrente » des « bouseux » a été l'un des moteurs de la modernisation agricole. Dans le même temps, la société s'urbanisait et se coupait de ses racines paysannes, rendant ces choix de modernisation incompréhensibles. Aujourd'hui, faute de disposer de ces « clés d'interprétation » historiques, certains urbains et néo-ruraux taxent les agriculteurs « de tous les noms ». Le troisième texte récent porte sur le recyclage de l'urine en engrais agricoles. Enfin, les articles plus anciens livrent des aperçus sur la reconnaissance de la diversité des modèles de productions et abordent aussi les productions urbaines et biologiques, les semences et la robotique agricole.

Source : The Conversation - France

16:09 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : the conversation, agriculture, espaces-tests |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/09/2019

Impacts sur l'agriculture de quatre scénarios politiques pour l'Union européenne à l'horizon 2040

Un article paru dans Land Use Policy en juin 2019 présente les résultats de la modélisation des impacts sur l'agriculture, à l'horizon 2040, de quatre scénarios politiques, développés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et adaptés par les auteurs au cas européen. Le premier scénario (A1), libéral, prévoit la suppression de la Politique agricole commune (PAC) et la réduction des taxes à l'importation. Ce scénario conduirait à une réduction des petites et moyennes exploitations et, ainsi, à l'abandon de terres agricoles. De ce fait, la production totale serait en recul, malgré une meilleure efficience des structures restantes. Le scénario euro-sceptique (A2), avec maintien de la PAC et activation de mesures de protectionnisme, maximiserait les niveaux de production, au détriment de l'environnement. Le scénario social-démocrate (B1), remplaçant la politique agricole par le paiement de services écosystémiques aux agriculteurs, obtiendrait des résultats proches de ceux du scénario A1 : en effet, il serait marqué notamment par un abandon de prairies (propices à une mosaïque d'habitats, donc à une biodiversité importante), remplacées par des surfaces boisées plus uniformes. Enfin, le scénario localiste (B2), maintenant la PAC et régulant l'utilisation des terres au niveau local, semble le meilleur compromis, avec un haut niveau de production (1 % inférieur à A2) et les performances environnementales les plus élevées. Sa mise en œuvre nécessiterait de cibler des aides sur les zones agricoles marginales, sensibles à l'abandon des terres.

Modélisation des performances environnementales (indice BFFP) et productives des quatre scénarios prospectifs à horizon 2040, par rapport à l'année de référence 2010

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Source : Land Use Policy

Lecture : le BFFP agrège les mesures des pressions sur la biodiversité des plantes dans trois systèmes de production (terres arables, prairies et cultures permanentes) ; l'indicateur en abscisse somme les productions pour la consommation humaine, pour l'alimentation animale, de biomasse non alimentaire pour produire de l'énergie, et de résidus de cultures permanentes.

Source : Land use policy

13/06/2019

Un rapport de la délégation à la prospective du Sénat sur l'adaptation aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050

En mai 2019, la délégation à la prospective du Sénat a publié un rapport consacré à l'adaptation de la France aux changements climatiques à l'horizon 2050. Prenant acte d'une « réalité présente » et d'une « inexorable aggravation à moyen terme », les auteurs soulignent l'importance cruciale de l'adaptation, moins traitée et mise en avant que l'atténuation. S'ils s'intéressent aux prochaines décennies, l'horizon plus lointain (fin du siècle) est également considéré (projections climatiques à long terme, temporalité des actions).

Temporalité des actions d'adaptation

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Source : Sénat

S'appuyant sur 36 auditions et la mobilisation de diverses publications, le document dresse, dans une première partie, un panorama des impacts actuels et à venir du changement climatique (hausse des températures, transformation du régime des précipitations, etc.). Il en détaille différents effets : sanitaires (ex. : prolifération de certaines algues), sur la sécurité des biens et des personnes (ex. : modification du régime de risques naturels), sur la ressource en eau (ex. : baisse de la recharge des nappes) et sur les activités économiques. L'agriculture figure au premier rang des secteurs touchés : sécheresses, stagnation ou plus grande variabilité interannuelle des rendements, modification des qualités organoleptiques des produits, problématiques de santé végétale et animale, etc.

La deuxième partie est consacrée aux moyens de « faire face » à ces dérèglements, alors que la mobilisation des acteurs publics (État et collectivités) est jugée encore « trop modeste ». Divers défis sont identifiés, parmi lesquels celui d'une approche systémique dans la conception des politiques d'adaptation : par exemple, une telle politique pour l'agriculture ne peut être menée sans travailler à l'évolution du système et des conduites alimentaires. Les auteurs formulent ainsi un ensemble de recommandations de portée générale.

Enfin, la troisième partie s'intéresse à quatre chantiers d'adaptation sensibles : territoires vulnérables, bâti et urbanisme, politiques de l'eau, agriculture. Dans ce dernier cas, les auteurs recommandent en particulier une meilleure rémunération des services agro-environnementaux (2nd pilier de la PAC), un traitement « responsable » des questions d'irrigation (stockage de surface conditionné à des pratiques plus économes et respectueuses de la biodiversité) et le renforcement des mécanismes de couverture assurantielle (prenant en compte les efforts d'adaptation des exploitants).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Sénat

Prospective « Zéro émission nette (ZEN) 2050 » : imaginer et construire une France neutre en carbone

L'association française des entreprises pour l'environnement (EpE) a publié, en mai 2019, les résultats d'une prospective sur la neutralité carbone de la France métropolitaine en 2050, compatible avec la croissance économique. Menée par 27 entreprises membres, assistées par un consortium d'experts (Enerdata, Solagro, Carbone 4, Cired), et partagée avec différentes parties prenantes (ONG, scientifiques, organisations professionnelles, etc.), cette étude contribue, selon ses auteurs, à une « appropriation collective » du sujet.

Le rapport s'ouvre sur une analyse de l'évolution des modes de vie, avec la présentation de neuf portraits de ménages français en 2050, caractérisés par leurs besoins de consommation – et donc des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) – et leur motivation à évoluer vers un mode de vie moins carboné. Le document propose ensuite une analyse systémique puis multi-sectorielle des efforts de réduction des GES, afin d'atteindre un niveau d'émissions résiduelles de 100 MtC02eq/an en 2050, ces émissions étant compensées par un puits de carbone équivalent.

Émissions de GES en France (2015-2050, MtCO2eq), par secteurs

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Source : EpE

Le secteur agriculture et alimentation devrait réduire de moitié ses émissions (42 MtC02eq/an en 2050 contre 92 aujourd'hui). La trajectoire proposée par les auteurs nécessite d'amplifier certaines tendances alimentaires : réduction du gaspillage et de la consommation de viande. Côté production, l'effort consisterait en la forte limitation des engrais azotés (- 80 % d'émissions de N2O), l'amélioration de l'efficacité énergétique et la méthanisation des effluents d'élevage (70 %), dans le cadre d'un modèle prônant la qualité alimentaire et combinant agro-écologie et agriculture de précision. Une extension modérée de la forêt, la limitation de l'artificialisation des terres et la séquestration du carbone dans les sols agricoles doubleraient la capacité actuelle de capture du carbone. Enfin, la biomasse agricole, forestière et issue des déchets remplacerait en partie les énergies fossiles (biogaz, agro-carburants, biométhane, bois-énergie), à hauteur de 336 TWh/an, face à une demande estimée à 944 TWh/an en 2050.

Le rapport souligne enfin le rôle structurant de la biomasse pour la transition climatique. Il préconise une gouvernance intersectorielle, encadrée localement et nationalement, pour gérer les concurrences entre les usages de la biomasse, le marché ne pouvant faire seul cet arbitrage.

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : EpE

10/05/2019

Le point sur les services écosystémiques de l'agriculture et de la forêt françaises

Pilotée par le ministère de la Transition Écologique et Solidaire, la plate-forme EFESE (Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques) regroupe des travaux d'évaluation approfondis sur différents types d'écosystèmes français et leurs services. Elle a publié en avril les messages clés issus de la première phase de son programme (2012-2018), portant sur les milieux agricoles, forestiers, urbains, montagneux, aquatiques et marins.

Pour ce qui est des écosystèmes agricoles, qui couvrent 54 % du territoire métropolitain (surface agricole utilisée), l'évaluation montre qu'ils sont porteurs d’une biodiversité riche. Son amplitude et son abondance diminuent toutefois du fait des pratiques agricoles (dont l’usage des produits phytosanitaires), de la simplification des structures paysagères et notamment des réductions des prairies (semi-)permanentes, de la végétation ligneuse et des zones humides. Ces dernières entraînent de façon synergique et avérée la disparition de populations d'oiseaux, de chauves-souris, d'insectes et de la faune des sols, en particulier en grandes cultures. De plus, la teneur moyenne en carbone organique des sols de ces milieux et leur activité biologique ont diminué dans plusieurs régions.

La forêt française couvre, quant à elle, le tiers du territoire métropolitain, avec des tendances plus positives, tant du point de vue de la richesse locale en espèces d’arbres que de diverses caractéristiques reconnues comme importantes pour la biodiversité. Après une phase d’érosion, à la fin des années 1980, l’abondance des oiseaux communs forestiers s’est ainsi stabilisée. Toutefois, de nombreuses espèces de plantes, d'oiseaux et de mammifères de milieux forestiers sont toujours considérées comme menacées. De plus, les forêts métropolitaines ont été fragilisées par les tempêtes et sécheresses des deux dernières décennies, dans un contexte d’augmentation des risques liés, entre autres, au changement climatique.

EFESE fait aussi le compte des services, marchands ou non (largement majoritaires), rendus par ces différents écosystèmes aux agriculteurs et à la société française. À titre d'exemple, les exploitants bénéficient des services de régulation des ravageurs, des maladies et des adventices, de la structuration du sol et de la pollinisation fournis par les écosystèmes agricoles.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : ministère de la Transition Écologique et Solidaire

12:52 Publié dans 2. Evaluation, Environnement | Lien permanent | Tags : efese, écosystèmes, services écosystémiques, agriculture, forêt |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/01/2019

Coopération Sud-Sud : la vision du Maroc sur le développement autonome de l'Afrique

L'Institut royal d’études stratégiques du Maroc (IRES) consacre son Rapport stratégique 2018 au sujet du développement autonome de l'Afrique. Riche de nombreuses cartes thématiques et données chiffrées, le document comprend un diagnostic historique, socio-économique, politique et environnemental (partie 1), une analyse prospective des enjeux à l'horizon 2050 (partie 2), et une réflexion sur les leviers mobilisables pour parvenir à un développement autonome dans lequel le Maroc serait appelé à jouer un rôle structurant (partie 3).

Le diagnostic souligne la grande diversité de l'Afrique : biomes (savane, déserts sur 20 % de la superficie, forêts humides représentant 16 % de la surface forestière mondiale), peuples et cultures (plus de 2 100 langues et de 1 000 ethnies), etc. L'agriculture, principale activité du continent, emploie 60 % des actifs dont une moitié de femmes, la production vivrière concernant 300 millions de personnes. Plusieurs problèmes majeurs sont identifiés : environ 225 millions d'individus (19 % de la population) sous-alimentés, dont 205 millions de subsahariens ; 65 % des sols dégradés ; 3 millions d’hectares de forêts disparaissant chaque année. Par ailleurs, en Afrique subsaharienne, plus de 90 % des surfaces rurales sont « sans papiers » et les investissements fonciers internationaux sont importants, du fait notamment des pays émergents en vue de la production de biocarburants.

La réflexion prospective se concentre sur « trois grands nœuds du futur » : la poussée urbaine (1,3 milliard d'urbains en 2050) ; la transformation rurale ; la sécurité et la gouvernance. La faible organisation de la chaîne alimentaire et le déficit d'infrastructures entravent la distribution des produits alimentaires, alors que l'agriculture assure la subsistance de 70 % de la population. Selon l'Ires, la sécurité alimentaire sera tributaire de l'augmentation des rendements et de la gestion des stocks. L'agriculture climato-intelligente apparaît ici comme une voie à explorer.

L'Ires souligne enfin le rôle du Maroc comme acteur clé du développement du continent, grâce à ses atouts économiques : premier investisseur intra-africain, siège du fonds d'investissement « Africa 50 » de la Banque africaine de développement, détention de 75 % des réserves mondiales de phosphate, expertise dans le secteur halieutique en tant que premier producteur de poissons (voir à ce sujet une précédente brève sur ce blog), etc.

Évolution, entre 2007 et 2016, des flux d'investissements directs marocains en Afrique (en millions de dirhams), selon les pays et tous secteurs confondus

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Source : IRES

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : IRES

19/12/2018

Une nouvelle approche pour analyser les changements structurels de l'agriculture dans l'Union européenne

Un article économétrique publié dans l'European Review of Agricultural Economics analyse les déterminants de l'évolution des structures des exploitations agricoles, dans l'Union européenne, sur la période 1989-2013. L'étude porte sur 16 groupes d'exploitations, correspondant au croisement de huit spécialisations (grandes cultures, horticulture, cultures permanentes, élevage à l'herbe, granivores, cultures mixtes, élevage mixte, polyculture-élevage mixte), avec deux classes de taille (petites, grandes). Selon les auteurs, l'approche retenue, inspirée de la recherche en marketing, est inédite en économie agricole : elle considère les évolutions des parts des groupes d'exploitations dans le total, à l'échelle NUTS2, contrastant avec les approches « micro » et « macro » utilisées jusqu'alors.

Cette démarche est mise en œuvre sur le plan économétrique par l'utilisation du « modèle interactif de concurrence », employé habituellement en marketing pour analyser les déterminants des parts de marché entre concurrents. Les auteurs ont retenu sept classes de variables explicatives : prix des intrants et des produits, population agricole et générale, subventions, découplage des aides, revenu, macroéconomie, conditions naturelles. Ces variables ont été renseignées en utilisant une grande variété de sources statistiques : CAPRI, RICA, Corine Land Cover, EUGIS, etc.

Les résultats obtenus mettent en évidence le poids relatif des différents facteurs dans les changements structurels. Premier facteur, la « structure passée » explique 36 % des évolutions subséquentes, suggérant un rôle significatif du « poids de l'histoire » dans le phénomène de changement structurel. Suivent les conditions naturelles (16 %), les prix agricoles (14 %), les facteurs macroéconomiques (9 %), les subventions (7 %), la population (6 %) et le revenu agricole (6 %). Ces résultats varient fortement entre les pays (cf. figure ci-dessous) : en Allemagne, France et Italie, la structure passée est le facteur dominant ; en Suède ou au Danemark, les prix et les facteurs macroéconomiques jouent un rôle plus significatif. Selon les auteurs, ce modèle économétrique pourrait, à terme, être utilisé pour des simulations ex ante de politiques. L'article fournit également une discussion approfondie des avantages et des limites de l'approche retenue.

Décomposition de la variance des facteurs explicatifs du changement structurel des exploitations agricoles par pays

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Source : European Review of Agricultural Economics

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : European Review of Agricultural Economics

10:10 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : changement structurel, économétrie, agriculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/12/2018

Métiers de l'agriculture, des IAA ou des industries du bois : plus de sorties que d'entrées entre 2010 et 2015

C'est l'une des conclusions qui ressort de l'analyse de la mobilité professionnelle, récemment publiée par la Dares, à partir des résultats de l'enquête « Formation et qualification professionnelles 2014-2015 » (Insee). Les métiers de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche, exercés par une majorité d'indépendants, se caractérisent toujours par leurs moindres mobilités : 12 % des personnes y ont changé de métier et de domaine professionnel entre 2010 et 2015. Ils connaissent également une moindre mobilité géographique (18 % seulement de personnes ont déménagé) et des niveaux de formation inférieurs. En revanche, une faible proportion de ceux qui exerçaient dans ce domaine en 2010 sont au chômage 5 ans plus tard (5%). Le changement de métier se traduit par une amélioration des conditions de travail pour 61 % des sortants, un taux équivalent à celui de l’hôtellerie restauration ou des transports.

À l'inverse, les métiers des industries de process (dont les industries agroalimentaires) et des matériaux (dont le bois) connaissent les plus fortes mobilités : plus du quart des personnes ont eu un changement de métier, et souvent de domaine. Cependant, les entrées ont été inférieures aux sorties au cours de la période, et la désaffection est la plus nette pour les métiers du bois, des matériaux souples et les industries graphiques, avec un écart de 10 points. Les industries de process se caractérisent également par des départs supérieurs aux entrées (5 points), tout comme le domaine « agriculture, marine, pêche », mais de façon plus modérée (1 point).

Part de ceux qui ne travaillaient pas dans le domaine professionnel cinq ans plus tôt et de ceux qui ont quitté le domaine, parmi ceux qui sont en emploi en 2010 et 2015, en %

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Source : Dares

Source : Dares