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13/03/2017

Numérique et agro-écologie : colloque au SIA

Le 1er mars dernier s'est tenu, au Salon international de l'agriculture, un colloque sur la thématique « Numérique et Agro-écologie », co-organisé par l'Inra et l'Irstea. Son objectif était d'aborder la généralisation du numérique dans le secteur agricole, et il s'intéressait notamment à l'utilisation de données issues de nouvelles technologies pour caractériser les systèmes de production existants et explorer les potentialités des systèmes agro-écologiques. Plusieurs intervenants ont exposé les résultats de leurs travaux et les perspectives de recherche sur le sujet.

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Parmi les nombreux éléments présentés, on peut retenir des interventions sur les nouvelles technologies permettant de collecter de l'information sur les pratiques culturales. Éric Cahuzac (Inra, ODR) a présenté la plate-forme de l’Observatoire du développement rural de l'Inra. Elle rassemble et met en forme des données individuelles géo-référencées de sources administratives, et permet le calcul d'indicateurs spatialisés à des échelles fines (par exemple, surface en prairies permanentes). Éric Justes (Inra, AGIR) et Éric Ceschia (UPS, CESBIO) ont ensuite présenté les avancées rendues possibles par le déploiement récent de deux nouveaux satellites (Sentinel 1 et 2). Ils permettront de collecter des données tous les 5 à 6 jours, et de créer, à l'échelle parcellaire ou infra-parcellaire, des cartes dynamiques d'occupation des sols, renseignant notamment sur l'utilisation de couverts intermédiaires et l'implantation d'infrastructures agro-écologiques, et de certaines pratiques culturales (travail du sol, par exemple) pour les chercheurs et les décideurs publics. Il sera ensuite possible de déduire de ces données les émissions de gaz à effet de serre générées par l'agriculture et les besoins en irrigation. Toutes ces données devraient permettre d'améliorer le suivi de la transition agro-écologique et d'éclairer cette transition au niveau territorial.

Estelle Midler, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:55 Publié dans Agronomie, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : agro-écologie, numérique, colloque |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/03/2017

Peut-on réduire l'usage de produits phytosanitaires sans endommager la productivité agricole ?

Un article, paru dans la revue Nature Plants en février, présente les travaux de l'équipe de N. Munier-Jolain (Inra-Agrosyst) sur l'impact d'une réduction de l'usage de produits phytosanitaires sur la productivité et la rentabilité des exploitations agricoles. Les auteurs ont analysé les données issues des fermes DEPHY, un réseau de 3000 exploitations engagées dans une démarche de réduction d'usage des phytosanitaires et accompagnées dans le changement de leurs systèmes de culture et d'élevage.

Les résultats montrent que réduire la fréquence de traitement sur les parcelles diminue la productivité dans seulement 6 % des cas, principalement dans les exploitations de betteraves et de pommes de terre du Nord de la France. En ce qui concerne la rentabilité, 78 % des exploitations arrivent à la maintenir ou l'augmenter suite à ces changements de pratiques.

Effet marginal de l'indice de fréquence de traitement sur la productivité (a) et la rentabilité (b)

Une pastille verte indique une augmentation, une pastille jaune indique qu'il n'y a pas d'effet et une pastille rouge indique une diminution suite à une réduction du nombre de traitements

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Source : Nature Plants

Source : Nature Plants

14/12/2016

Manières d'être employeur dans les PME bio et forestières

L’agriculture et la forêt sont de plus en plus retenues comme terrains d’étude par des sociologues intéressés par les rapports employeurs-employés dans les professions indépendantes. En attestent deux publications récentes.

Dans la revue Sociologie du travail, Madlyne Samak (CNRS) rend compte d’une enquête auprès de maraîchers bio des Alpes-Maritimes, réalisée dans le cadre de sa thèse. Elle décrit des pratiques d’emploi « à la frontière du marchand et du non marchand ». Elle rappelle notamment que le recours au « coup de main » de la famille, des amis, des voyageurs pratiquant le WWOOFing, etc., pour « les aider à désherber, récolter, et entretenir les cultures » est parfois difficile à distinguer du « travail au noir ».

Mais le hiatus entre les idéaux des agriculteurs enquêtés – « une sympathie marquée pour les idées écologistes et altermondialistes », voire anticapitalistes –, et certaines « pratiques d’emploi » pose à ces exploitants des questions de cohérence idéologique. L’implication dans des groupes de producteurs et le jugement des pairs « produisent parfois des effets de politisation, qui conduisent les exploitants à modérer leur recours au précariat », et notamment aux contrats de travailleurs saisonniers étrangers. Mais pour les plus petits exploitants, dans un contexte économique très contraint, à la limite d’une situation de survie, « la solidarité et l’entraide constituent finalement les seules ressources mobilisables ». Ceux-ci essaient de compenser l'incapacité à rémunérer les « coups de main » par un investissement relationnel plus fort avec les travailleurs bénévoles (amitié, aide pour leur propre projet d’installation, etc.).

Dans la revue Genèses, Julien Gros (université Paris-Dauphine) s’intéresse aux relations d’emploi dans une PME forestière. Ici aussi, le patron s’appuie sur l’amitié ou, en tout cas, sur « l’entretien d’une certaine forme de proximité sociale malgré l’existence de rapports de subordination ». Mais l’auteur montre comment le paternalisme et « les formes de domination personnalisée à l’œuvre dans les rapports sociaux au sein de l’entreprise se recomposent à mesure de la formation d’une lignée patronale » (transmission au fils) « et de son éloignement progressif des travailleurs qu’elle dirige ».

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Sources : Sociologie du travail, Genèses

13:12 Publié dans Exploitations agricoles, Forêts Bois, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : emploi, pme, agriculture biologique |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2016

Des « crédits carbone » pour les petits producteurs de lait

La FAO a publié en novembre dernier une méthodologie pour permettre aux petites exploitations productrices de lait d'accéder aux crédits carbone. Elle a bénéficié, dans le cadre des mécanismes pour un développement propre de l'ONU, de la certification par l'organisme Gold Standard. Ce dernier, créé en 2003 à l'initiative d'ONG dont le WWF, regroupe plus 1 100 projets certifiés dans 70 pays.

L'objectif est double : donner accès à ces producteurs à des sources de financement (crédits carbone) et réduire l'empreinte carbone. La composition de l'alimentation ou les équipements bas-carbone (efficacité énergétique) font partie des actions retenues. Ce dispositif est actuellement en cours d'expérimentation au Kenya : « la méthodologie fait partie des efforts du pays visant à intensifier de manière durable son industrie laitière, et ce, dans le cadre du plan d'action national sur la climat ».

Sources : EurActiv, Gold Standard

11:44 Publié dans Exploitations agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : fao, crédits carbone, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2016

Un dictionnaire participatif pour clarifier les notions de l'agroécologie

Qu'est-ce que l'agroécologie ? Qu'est-ce qui en relève ou pas ? Quelles sont les pratiques qui peuvent s'en recommander ? Issu d'un travail imposant de croisement de références scientifiques, réglementaires, administratives et associatives, ce dictionnaire d'agroécologie propose des définitions validées (rédigées par des experts, puis mises en débat dans la communauté scientifique) sur les principaux concepts couverts par ce domaine. Plus de 300 termes ont ainsi été identifiés à ce stade, et sont consultables selon quatre niveaux d'observation : la parcelle, l'exploitation, le territoire ou générique.

Adossé à un projet scientifique porté par l'Inra, le dictionnaire est participatif et évolutif : chacun peut ainsi contribuer à la construction d'un savoir partagé dans un domaine au contour flou, et souvent sujet à controverse. Il se veut ressource pédagogique pour un large public.

Entrée « Agroécologie »

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Source : dicoagroecologie.fr

Source : Inra

11:37 Publié dans Exploitations agricoles, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agroécologie, dictionnaire, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/12/2016

Utilisation des terres dans les petites exploitations en Indonésie

Une association d'une quarantaine de chercheurs s'est intéressée à l'évolution de l'utilisation des terres sur les 20 dernières années dans la région de Jambi en Indonésie. L'originalité de ce travail, selon ses auteurs, est qu'il se concentre sur les petits propriétaires (2,5 ha en valeur médiane). S'appuyant sur des données collectées auprès de 464 ménages dans 45 villages, cet article montre que les choix s'orientent vers la production d'huile de palme et les plantations de caoutchouc, plus rentables, au détriment des forêts ou des systèmes agroforestiers hévéicoles. Il conclut à un impact des plantations de caoutchouc et des productions pour l'huile de palme sur l'environnement, mesuré à travers divers indicateurs (diversité des espèces arboricoles endémiques, absence d'espèces invasives, stock de carbone) ; la fertilisation azotée est particulièrement en jeu pour l'huile de palme.

Source : Nature Communications

La résilience des exploitations de taille moyenne aux États-Unis

D'après une publication récente de l'United States Department of Agriculture (USDA), les exploitations américaines de taille moyenne (dont le produit brut agricole est compris entre 350 000 $ et 999 999 $ constants par an) constituent, en 2014, 6 % du total des exploitations et participent pour 21 % à la production agricole nationale. Le rôle central qu'elles jouent dans la dynamique des structures, aux États-Unis, a conduit l'USDA à s'intéresser de plus près à leurs évolutions sur plus de 20 ans, période durant laquelle les politiques agricoles ont fortement varié.

Au-delà de la valorisation des recensements et des enquêtes sur l'économie des structures agricoles, l'étude se focalise sur la caractérisation des entrées et sorties de la catégorie, et sur les transitions. Les auteurs ont ainsi tenté d'identifier des facteurs clés pour expliquer l'aptitude à survivre des exploitations : l'âge des exploitants, l'ancienneté dans la profession, le type de productions, la zone géographique, le mode de propriété, les paiements directs publics perçus, etc.

Source : USDA

11:33 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, résilience, exploitations agricoles |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2016

Gestion des émissions d'ammoniac en bâtiment d'élevage

Une publication de l'IIASA s'intéresse aux pratiques dans les bâtiments, et leur combinaison, pour réduire les émissions d'ammoniac des élevages bovins lait : raclage des sols, type de sols, évacuation du fumier avec de l'eau, acidification du fumier en bâtiment. Les auteurs estiment le potentiel technique d'atténuation entre 17 et 50 %. Ils soulignent également que le modèle est utilisé pour conseiller le gouvernement flamand.

Source : Science of The Total Environment

11:16 Publié dans Climat, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : élevage, bâtiments, ammoniac |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/12/2016

Des dispositifs fiscaux en faveur de la forêt et de l'agriculture biologique cohérents mais difficiles à quantifier

La Cour des comptes française a récemment publié une enquête sur les dispositifs fiscaux susceptibles d'avoir un impact sur l'environnement. Ce travail identifie plusieurs faiblesses : incohérence des mesures prises dans leur globalité (certaines venant compenser l'impact négatif d'autres), affaiblissement du suivi et de l'évaluation au cours des quinze dernières années, multiples difficultés méthodologiques. À noter toutefois le satisfecit (au risque de saupoudrage près) des interventions en faveur de la forêt et de l'agriculture biologique, qui convergent positivement, même si leurs effets sont peu ou pas quantifiés.

Source : Cour des comptes

17/11/2016

Les impacts de l'agriculture de précision en débat

Plusieurs publications récentes s’interrogent sur les apports de l’agriculture de précision. En amont d’une prospective sur « le futur de l’agriculture », à paraître fin 2016, le Service de recherche du Parlement européen livre une série de synthèses sur les développements technologiques récents, leurs impacts environnementaux, les questions de formation et la gouvernance de l’agriculture numérique.

Selon les auteurs, « les exploitations agricoles vont mettre en œuvre les technologies de l’agriculture de précision pour produire ''plus avec moins'', accroissant ainsi leur compétitivité et celles des filières agro-alimentaires. Les grandes en profiteront le plus ». En découlera une augmentation de la taille des exploitations « en raison des investissements et des savoir-faire nécessaires », et « le nombre de fermes va encore diminuer ».

Sous réserve de ses implications sociales, l’agriculture de précision apparaît de plus en plus comme une solution pour concilier les enjeux économiques et environnementaux, y compris au sein du système intégré de gestion et de contrôle (SIGC) de la PAC, où elle pourrait permettre de vérifier le respect des bonnes pratiques. Les performances environnementales semblent validées par une série d’études ponctuelles. Mais, selon le rapport, on manque encore de références économiques indépendantes pour apprécier ses impacts. C’est d’ailleurs un constat partagé avec le Focus Group PEI-AGRI sur l'agriculture de précision, dont les derniers travaux viennent également d’être publiés.

On lira donc avec intérêt l’étude rendue publique par l’USDA sur l’adoption, par les agriculteurs américains, notamment les maïsiculteurs, de trois technologies : les cartes de sols et de rendement, les systèmes d’auto-guidage et la modulation intra-parcellaire. Il en ressort en particulier que « les exploitations les plus grandes sont les plus susceptibles d’adopter les technologies de l’agriculture de précision », ces investissements restant lourds. Ces technologies peuvent générer des coûts salariaux supplémentaires (main-d’œuvre qualifiée). Au total, suivant les données analysées (déjà anciennes, car datant de 2010), « l’impact de ces technologies sur les profits des maïsiculteurs américains est positif, mais limité », ce qui constitue un frein important à leur plus large diffusion.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : European Parliament Research Service, USDA

10:25 Publié dans 1. Prospective, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : agriculture de précision |  Imprimer | | | | |  Facebook

Une analyse des facteurs de résistance des exploitations laitières en zone de montagne

Dans le numéro d'octobre 2016 de la revue Agricultural Economics, Marie Dervillé et des chercheurs de l'Observatoire du développement rural (ODR) ont analysé la restructuration des exploitations laitières françaises en zone de montagne et des facteurs de résistance de ces exploitations.

À l'aide d'un appariement des données administratives issues de la gestion des quotas laitiers, des données de l'ODR concernant notamment les aides européennes du second pilier, et des informations issues de la Mutualité sociale agricole pour l'année 2004, les auteurs ont développé une riche base de données permettant un suivi quasi exhaustif (86 %) des exploitations laitières françaises entre 2004 et 2009. À partir de cette base, les auteurs ont analysé les facteurs endogènes et exogènes aux exploitations déterminant le maintien, la progression ou l'arrêt de la production laitière. Le contexte externe a notamment été caractérisé, pour 500 micro-zones de montagne, du point de vue de la densité laitière, de la part locale des aides du second pilier, du développement d'Appellations d'origine protégée (AOP) et d'une typologie de la transformation laitière locale.

Sur la base de ces facteurs, les auteurs ont élaboré trois modèles économétriques pour caractériser et analyser le devenir de l'activité laitière. Cette approche leur a permis d'isoler les facteurs influençant le plus la poursuite de l'activité laitière des exploitations, montrant notamment les rôles conjoints des économies d'échelle et des économies de gamme : dynamique de croissance passée, implication dans les mesures agro-environnementales et diversification par la transformation fermière renforcent nettement la pérennité de l'activité. Parmi les facteurs contextuels, le développement des AOP, la densité laitière, l'organisation collective et la structure de la transformation locale renforcent l'attractivité pour la production. Enfin, les mesures du second pilier se révèlent moins efficaces que la gestion des quotas laitiers dans l'incitation au maintien de la production.

Ce travail innovant, de valorisation de données administratives dans une analyse économétrique et géographique, apporte des éléments essentiels dans la compréhension de la restructuration laitière, et ouvre de nombreuses pistes de travail.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Agriculturals Economics

10:23 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : exploitations laitières, facteurs de résistance, montagne |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2016

Une étude du service économique de l'USDA fait le point sur les rapports fonciers aux États-Unis

Suite à une enquête statistique menée en 2014, par le service économique (ERS) de l'USDA et le service statistique agricole national, une étude approfondie publiée récemment fait un tour d'horizon de la question foncière aux États-Unis. Une des justifications de l'étude est l'âge avancé de nombreux farmers américains. Cette situation amène les auteurs à se poser la question des modalités de transmission des exploitations et d’installation des jeunes agriculteurs, le foncier en étant un déterminant important.

Parmi les principaux résultats de l'étude, on note un renforcement du faire-valoir indirect. Plus de la moitié des terres arables étaient louées en 2014, contre 25 % des prairies permanentes. On remarque par ailleurs que les terres portant les grandes cultures sont les plus louées. Un farmer locataire loue généralement à plusieurs propriétaires fonciers, avec qui il entretient des relations de long terme : malgré la renégociation de 70 % des baux chaque année, les liens sont généralement durables entre propriétaires et exploitants. Les jeunes agriculteurs commencent leur carrière sur des terres louées, et beaucoup acquièrent petit à petit une partie de leur Surface Agricole Utile (SAU). Enfin, sans grande surprise, les plus petits exploitants sont généralement propriétaires d'une part plus importante des terres qu'ils exploitent que les exploitants moyens à grands.

En ce qui concerne les propriétaires fonciers, la majorité d'entre eux ne sont pas des exploitants agricoles actifs. Plus du quart sont des agriculteurs à la retraite et la plupart ont des liens familiaux avec des exploitants en activité. D'après les analystes de l'ERS, dans les années à venir, les terres resteront une affaire familiale, avec une majorité de terres héritées ou vendues entre membres d'une même famille, et destinées à la location à un tiers. Enfin, l'étude traite du niveau d'implication des propriétaires dans les décisions des locataires. Ces derniers, qui louent leurs terres avec des baux très courts (un an dans 70 % des cas), sont souvent amenés à discuter leurs choix concernant leur inscription dans des programmes environnementaux et les régimes de subventions perçues de l’État. Entre ces discussions stratégiques et la renégociation permanente des conditions de location, le coût de transaction pour les locataires est considéré comme particulièrement élevé.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

11:27 Publié dans Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : etats-unis, foncier |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/09/2016

Quel futur pour l'agriculture familiale au Royaume-Uni ?

Des chercheurs des universités de Nottingham et d'Exeter (Angleterre) ont publié une étude, à la demande du Fonds princier pour la ruralité. En se basant sur des entretiens, des sondages ciblés et les données statistiques disponibles, les experts ont établi un état des lieux de l'agriculture familiale au Royaume-Uni, définie comme se rapportant aux exploitations avec au plus deux travailleurs à plein temps. Les auteurs ont retenu cette définition en partant du constat que, dans une grande partie de ces exploitations, les travailleurs sont de la même famille. L'étude s'achève par une série de recommandations.

Parmi les principales conclusions, il est à noter les nombreuses difficultés économiques de ces exploitations, le rôle fondamental de la diversification et des activités non agricoles dans le revenu, ainsi qu’un vieillissement accéléré et un faible taux de renouvellement. L'importance de l'agriculture familiale semble avérée pour le maintien du tissu social en milieu rural. Sur le plan de l'impact environnemental, les chercheurs insistent sur le fait que petits agriculteurs et grandes exploitations ne devraient pas être systématiquement opposés. Par ailleurs, la diversité structurelle, associant petites et grandes exploitations, menacée par le déclin des petites, est identifiée comme devant être favorisée par les politiques publiques.

Un éventail de recommandations, dont beaucoup de mesures non contraignantes, est proposé. Elles ont pour but d'améliorer la résistance des petites exploitations et de favoriser l'installation de jeunes agriculteurs familiaux. On notera notamment l'intensification, la réorganisation et l'amélioration des services de conseil économique aux exploitants ; la promotion des « fermes exemples » pouvant jouer un rôle de « catalyseur » ; le développement d'outils d'assistance aux départs en retraite et à l'installation ; des conseils ciblés localement afin de proposer des activités de diversification aux exploitants ; et une politique ambitieuse de développement des circuits courts. Par ailleurs, à destination des concepteurs de politiques publiques, il est suggéré la mise en place de baux de 10 ans et l'aide à la reprise progressive des fermes, en facilitant le financement d'une maison d'habitation pour les futurs retraités, permettant la cohabitation avec les repreneurs. Enfin, des réductions d'impôts pour les jeunes agriculteurs devraient permettre des installations plus réussies.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : The Prince's Countryside Fund

15:16 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : royaume-uni, agriculture familiale |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/07/2016

L'agriculture australienne à l'heure du numérique

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L'Australian Farm Institute (voir un précédent billet sur ce blog) a publié les résultats d'une étude sur « les conséquences de l'agriculture digitale et du big data pour l'agriculture australienne ». Ce travail s'est appuyé sur une série d'entretiens aux États-Unis et en Australie, auprès des acteurs des secteurs agricole, informatique, des télécommunications et de la recherche. Le fait qu'une majorité des fournisseurs d'intrants australiens (machinisme et produits phytosanitaires) sont américains (ou appliquent assez directement les résultats d'études américaines), justifie la comparaison.

Une analyse détaillée est faite des différences de développement de l'agriculture digitale entre les différents secteurs de production, de l'état du marché des services de stockage et d'analyse de données, ainsi que du contexte juridique et institutionnel autour de la propriété des données. Sont également étudiées les limites techniques au développement de l'agriculture digitale. Sur cette base, neuf recommandations sont proposées, parmi lesquelles :

- la mise en place d'un forum entre les acteurs des secteurs agricoles, des télécommunications et du logiciel pour, entre autres, travailler à l'harmonisation des règles d'interopérabilité des données, et sur les questions de propriété et de secret des données ;

- l'établissement d'un principe selon lequel les propriétaires de terres agricoles ou d'animaux de production gardent un droit de propriété sur les données liées à leur activité ;

- un engagement de l'ensemble des acteurs concernés à suivre un protocole standard d'échange des données ;

- un suivi, par les structures publiques de recherche et de développement agricoles, des standards d'échanges mis en œuvre, et une utilisation par ces instituts des nouveaux circuits d'information pour diffuser les résultats de la recherche.

Pour sa part, le gouvernement australien est invité à apporter un soutien aux travaux de cartographie des sols et d'enregistrement des données climatiques, et à garantir l'accès à des réseaux Internet performants en zone rurale. D'après l'exemple américain, les autorités publiques ne doivent pas s'impliquer dans le développement de logiciels ou plateformes, afin de garantir une concurrence optimale, permettant à terme une ouverture effective des données.

Gaétane Potard-Hay, Centre d’études et de prospective

Source : Australian Farm Institute

15/06/2016

Nouveaux installés en agriculture : enseignements pour favoriser l'innovation et l'esprit d'entreprise

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Cette récente publication sur les nouveaux installés en agriculture présente les conclusions du groupe de réflexion mobilisé dans le cadre du Partenariat européen pour l'innovation agricole et la durabilité (EIP-AGRI). Réunissant une vingtaine d’experts (chercheurs, agriculteurs, membres d’associations) originaires de plusieurs États membres, les objectifs étaient de faire un état des lieux en compilant des informations de différentes natures (articles de recherche, données statistiques, etc.), de recenser les freins à leur installation et de proposer des leviers d’action.

La première phase du travail visait à définir le terme de nouveaux « entrants » en agriculture. Le groupe d’experts a conclu qu’il ne peut pas y avoir une définition unique des nouveaux installés en Europe, et que tout dépend de l’objectif recherché. S'il s'agit de soutenir l’installation de jeunes agriculteurs, alors le critère d’âge est à prendre en compte dans la définition. Néanmoins, le rapport rappelle que les nouveaux installés possèdent des caractéristiques communes. Ils sont plutôt jeunes, avec un niveau de formation élevé, pas ou peu issus du milieu agricole. Ils exploitent de petites surfaces et recherchent la valeur ajoutée, par exemple avec un label agriculture biologique, des ventes en circuits courts, etc., ce qui reflète à la fois des considérations militantes et les difficultés d’accès au marché pour ces petites exploitations.

Pour ce qui est des politiques de soutien, les auteurs notent que les autorités locales sont particulièrement utiles pour ces néo-agriculteurs, en leur facilitant l’accès au foncier, principal obstacle à leur installation, en les mettant en réseaux et en les insérant dans des systèmes alimentaires locaux. Avec ces producteurs, de nouveaux modèles d’agriculture se développent (agriculture contractuelle, financement participatif des projets agricoles), ainsi que de nouvelles formes d’accompagnement (pépinières d’entreprises, espaces tests, coopératives d’activité et d’emploi en agriculture, etc.).

Enfin, le groupe d’experts a constaté le manque de représentation à l’échelle européenne de ce type de public et d’agriculture, qui correspond souvent à des initiatives locales. L’une des pistes proposées serait d’améliorer les liens entre ces différentes initiatives, par une mise en réseau via une plate-forme européenne ; cela permettrait aussi une meilleure visibilité en vue d’un soutien plus fort des politiques publiques.

Céline Fabre, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

15:31 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : installation, pei |  Imprimer | | | | |  Facebook