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13/05/2020

Les marchés agroalimentaires des sous-régions d'Asie : un modèle voué à l'échec ?

L'International Food Policy Research Institute (IFPRI) a publié, en avril, un document de discussion sur les freins à la mise en place d'accords régionaux de commerce de produits agroalimentaires dans trois sous-régions d'Asie, regroupant 17 pays (Asie centrale, Asie du Sud, Asie du Sud-Est). Les auteurs étudient deux périodes (1998-2002 et 2013-2017), au cours desquelles ils observent que ces pays ont peu échangé de produits agroalimentaires entre voisins.

En analysant les données d'échanges et un indice de complémentarité entre partenaires commerciaux, ils montrent que les petits pays arrivent à développer des niveaux de complémentarité commerciale plus élevés, par des accords bilatéraux avec un ou deux grands pays voisins, que par un accord régional avec plusieurs pays de leur taille dans la même sous-région. Par ailleurs, les auteurs remarquent que les exportations et les importations sont concentrées, pour chaque pays, sur une dizaine de produits. Or, les marchés principaux pour ces produits ne se trouvent pas à l'échelle sous-régionale : ce qu'un pays exporte n'est pas nécessairement ce qu'un autre pays de la même sous-région cherche à importer. Il y a donc une incompatibilité entre offre et demande, qui pénalise surtout les petits pays. Par exemple, le Bangladesh exporte ses produits agroalimentaires à 43,5 % vers l'Asie mais seulement à 16,7 % vers l'Asie du Sud, sous-région dont il fait partie. Alors que 50 % de ses exportations sont des poissons et crustacés, seulement 2,2 % sont destinés à l'Asie du Sud, faute de demande.

S'agissant des grands pays, il apparaît que la taille du marché sous-régional est trop petite pour absorber les volumes qu'ils exportent ou pour leur fournir ceux qu'ils souhaitent importer. Cela les conduit à chercher des grands partenaires commerciaux en dehors de la sous-région plutôt qu'à bénéficier d'un accord de commerce régional.

Ces différentes observations permettent aux auteurs d'expliquer pourquoi les accords de commerce régionaux ne se développent pas davantage dans ces zones, malgré la volonté réelle des gouvernements de pays en développement d'Asie de réduire leur dépendance commerciale vis-à-vis de quelques grands partenaires internationaux.

Pour les 10 commodités agroalimentaires les plus exportées, parts destinées aux marchés sous-régional, asiatique et mondial

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Source : IFPRI

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : IFPRI

07/05/2020

La déterritorialisation rurale : approche théorique et étude de cas dans les Andes équatoriennes

Un article du dernier numéro de la revue Economía, Sociedad y Territorio reprend le concept de « déterritorialisation » pour analyser les évolutions de l'agriculture communautaire dans plusieurs pays d'Amérique latine : disparition de la paysannerie, déstructuration des formes traditionnelles d'organisation et déracinement des populations rurales, dans un contexte favorable à l’implantation des agro-industries. L'auteur applique ce concept à l’étude d’un territoire situé en Équateur, où une politique de promotion du contract farming et de développement rural a été mise en place à partir de 2007.

L'enquête menée auprès de 50 familles de la comunidad de La Chimba a permis d'étudier l'impact de la progression de la filière laitière industrielle sur les systèmes polyvalents traditionnels : des exploitations capables de se spécialiser deviennent, en tant que maillons de la chaîne de valeur, des acteurs fonctionnels de l'agro-industrie. Les transformations du territoire ont été quantifiées à partir de deux indices. Le premier est « l’indice de déterritorialisation », qui inclut la surface en monoculture, la consommation industrielle, la fréquence des pratiques traditionnelles, de solidarité et de réciprocité (participation à des activités communautaires), et la migration des jeunes. Le second est un « indice d'articulation au marché », incluant les ventes à l'agro-industrie, les crédits et revenus de l'activité laitière, les volumes et surfaces de production, et la commercialisation locale. Ces indices ont permis d'identifier, au sein de l'échantillon, 3 catégories de structures familiales :

- « entreprise rurale » (18 %) : exploitations capitalisées consacrées à l'élevage laitier, avec achat de terres, diversification des investissements et absence de pratiques de solidarité et de réciprocité ;

- agriculture « spécialisée » (54 %) : exploitations dont la quasi totalité des parcelles a été convertie en pâturages, avec faible demande de main-d’œuvre poussant à la migration des jeunes ; les pratiques de solidarité et de réciprocité sont occasionnelles voire inexistantes ;

- agriculture « paysanne » (28 %) : cette catégorie, en déclin, met en œuvre des pratiques de polyculture, d'autoconsommation, de solidarité et de réciprocité.

Selon l'auteur, cette méthode aide à mieux comprendre les évolutions des structures agricoles, en faisant le lien entre déterritorialisation et articulation au marché.

Corrélation des indices de déterritorialisation et d'articulation au marché

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Source : Economia, Sociedad y Territorio

Lecture : en ordonnée, indice d'articulation au marché, en abscisse, indice de déterritorialisation. Type 1 : entreprise familiale rurale ; type 2 : agriculture familiale « spécialisée » ; type 3 : agriculture familiale « paysanne ».

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Economía, Sociedad y Territorio

06/05/2020

L'agriculture à l'ère de la mondialisation. Transformations agraires et dynamiques de classe, Henry Bernstein

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Ce livre d'Henry Bernstein, universitaire anglais à la carrière riche et diversifiée, mérite d'être lu pour diverses raisons. D'abord, ses analyses reposent sur les théories et concepts de Marx, auteur instinctivement décrié et qu'on ne lit plus, mais il serait pourtant bien étonnant qu'un penseur qui avait encore pignon sur rue dans les années 1970 n'ait plus rien à nous dire aujourd'hui. En second lieu, Bernstein n'est pas marxiste (tout réduire à Marx), mais marxien (s'en inspirer et en conserver le meilleur), d'où ses prises de distance et ses jugements critiques sur des points majeurs, et ses propositions d'adaptations et reformulations. Troisièmement, sa lecture historique des transformations agraires et de l'insertion de l'agriculture dans la mondialisation est proche, en de nombreux aspects, de travaux non marxiens, preuve d'une convergence des constats au-delà des méthodes et vocabulaires spécifiques. Enfin, la fresque proposée, impressionnante dans ses dimensions géographiques comme chronologiques, est un bel exemple de synthèse claire et didactique.

Lien : Éditions Critiques

05/05/2020

L’impact économique de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur

Publié dans le Boletín económico de la Banque d'Espagne de mars 2020, un article modélise les impacts potentiels, sur les flux commerciaux et le PIB, de l'accord commercial signé en 2019 entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur. Cet accord comprenait notamment l'élimination des barrières tarifaires, et des dispositions relatives aux services, aux marchés publics, à l'environnement et au droit du travail. Actuellement, le poids relatif du commerce inter-régional est plus important pour le Mercosur que pour l'UE, et le secteur primaire (dont productions agricoles et forestières) domine dans les exportations du Mercosur, alors que ce sont le secondaire et le tertiaire dans celles de l'UE. Tout en soulignant les limites des données disponibles et du modèle gravitaire utilisé, les auteurs considèrent que l'accord a des effets positifs pour les deux zones, mais avec des écarts très importants : à l'horizon d'une dizaine d'années, croissance de 14 % des échanges et de 0,4 % du PIB pour le Mercosur, ces taux s’élevant à 0,6 % et 0,07 % pour l'UE. En tenant compte des caractéristiques nationales, l'impact de cet accord serait plus fort pour les États qui ont déjà des relations commerciales conséquentes avec l'autre bloc, qui s'ouvrent d'avantage au commerce ou qui sont de plus petite taille.

Exportations du Mercosur vers l'UE (gauche) et de l'UE vers le Mercosur (droite), en 2018 (milliards d'€)

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Source : Banco de España

Lecture : barre bleue « Exportations », losange rose « Tarifs moyens » (ordonnée de droite), trait orange « Tarif moyen mondial » (ordonnée de droite).

Source : Banco de España

16/04/2020

Covid-19 : les analyses de Rabobank sur les secteurs agricole et agroalimentaire

Depuis le début de la pandémie, Rabobank propose un ensemble de ressources (analyses, indicateurs, points sur les marchés, etc.) sur un portail dédié mis à jour régulièrement. On y trouve des études par pays, comme par exemple pour la Nouvelle-Zélande et l'Australie, ainsi que des focus par catégories de produits : protéines animales, lait, boissons, produits frais, intrants agricoles. Ainsi, des éléments sont proposés sur la production chinoise de phosphate, rappelant les tendances récentes (cf. figure) et envisageant les conséquences de la crise. Le portail propose également, au format podcasts, des entretiens avec ses correspondants et spécialistes des différentes régions du monde (ex. : « Shanghai Talking – A Local View of China’s Recovery From Coronavirus »). Ces ressources s'inscrivent dans les travaux plus généraux menés par Rabobank sur les impacts du Covid-19 sur l'économie mondiale (cf. note d'analyse spéciale du 30 janvier 2020).

Éléments clés sur le marché chinois du phosphate : poids des principaux producteurs (à gauche) ; tendance, sur les dernières années, à la décroissance du volume d'engrais phosphatés produits (à droite)

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Source : Rabobank

Source : Rabobank

19:17 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : covid-19, rabobank, chine, phosphate |  Imprimer | | | | |  Facebook

Sept scénarios prospectifs sur les coûts macroéconomiques du Covid-19

La Brookings Institution a publié, le 2 mars, une étude prospective estimant les conséquences macroéconomiques des évolutions probables du Covid-19. Sept scénarios sont proposés, allant d'une épidémie uniquement présente en Chine et ponctuelle, à une pandémie récurrente. L'objectif est de fournir aux décideurs politiques des éléments sur le coût de la non-intervention. À l'échelle globale, les auteurs simulent la réduction de la force de travail disponible : ils en déduisent des chocs macroéconomiques puis, grâce au modèle multi-pays G-Cubed, les conséquences en nombre de morts et en pertes de PIB, pour l'année à venir (pourcentages ci-dessous), ainsi que pour les cinq suivantes (estimations disponibles en annexe du document). Les États-Unis, la Chine, le Japon et la zone Euro sont les plus exposés, y compris en termes de coûts de production en agriculture. Pour la France, les auteurs concluent à une baisse de PIB entre 2 et 8 % la première année. Les résultats montrent également que le confinement est une solution efficace pour limiter les coûts économiques, à condition que tous les pays agissent de concert.

Source : The Brookings Institution

19:15 Publié dans 3. Prévision, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : covid-19, coûts, macroéconomie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Covid-19 : analyses et recommandations du Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE)

À l'initiative du président du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), le HLPE a publié un Issue Paper sur les impacts du Covid-19 sur le système alimentaire mondial, la sécurité alimentaire et la nutrition. Selon les auteurs, la pandémie pourrait réduire à la fois l'offre alimentaire (manque de main-d’œuvre, accès limité aux intrants, ruptures des chaînes d’approvisionnement) et la demande (baisse de pouvoir d'achat, mesures de confinement). Ces phénomènes pourraient survenir de façon interconnectée et complexe, si bien que la résultante des impacts est difficile à prévoir, avec une instabilité des marchés alimentaires locaux et globaux. Le HLPE fait des recommandations mettant l'accent sur : i) la nécessaire coordination internationale, dans laquelle le CSA pourrait jouer un rôle moteur ; ii) la priorité donnée aux personnes les plus vulnérables, avec des mécanismes de protection sociale ; iii) un appui au fonctionnement des chaînes d'approvisionnement (conditions de travail, fourniture d'intrants, etc.) ; iv) la production et le partage de données et de lignes directrices utiles à l'analyse et à la recherche sur la pandémie.

Source : CFS HLPE

15/04/2020

Analyses et recommandations de l'IFPRI sur le Covid-19 et les systèmes alimentaires

Sur une page dédiée, l'IFPRI publie régulièrement des analyses, au format de billets de blog, consacrées aux conséquences et défis du Covid-19 pour les systèmes alimentaires dans le monde. Parmi les sujets traités, celui des marchés alimentaires informels en Afrique, qui ont une place importante dans l'approvisionnement des populations : selon l'auteure, Danielle Resnik, ces marchés devraient être pleinement intégrés aux programmes de gestion de crise du Covid-19 par les gouvernements. Un autre billet présente les résultats d'une enquête téléphonique menée en Chine, par des chercheurs de l'université Stanford, auprès de 726 personnes de sept provinces rurales en-dehors du Hubei : l'objectif est d'évaluer les effets sanitaires et économiques sur la population rurale des mesures de contrôle locales et nationales du Covid-19. Leurs résultats montrent qu'en raison du confinement, « la moitié des villages interrogés ont signalé des pertes moyennes de 2 000 à 5 000 RMB (282 $ à 704 $) par famille au cours du dernier mois ». Ces pertes sont associées à une baisse de la consommation alimentaire qui, selon les auteurs, pourrait avoir des impacts sur la nutrition des familles, en particulier préoccupants pour celles avec de jeunes enfants.

Source : IFPRI

14/04/2020

Les défis de la filière palmier à huile en Côte d'Ivoire

Farm a consacré, en février, une note aux enjeux de la filière palmier à huile en Côte d'Ivoire. Elle est le résultat des rencontres, en France, de l'interprofession ivoirienne (2018), d'une mission sur le terrain de Farm (2019) incluant des enquêtes réalisées par l'ONG Solidaridad, et d’un atelier de réflexion prospective (2019).

La filière palmier à huile comprend 40 000 planteurs, associés en 32 coopératives réunies en fédération (FENACOPAH-CI). Elle couvre 250 000 ha (dont 175 000 en gestion villageoise et 75 000 en gestion industrielle), produisant au total 2,1 millions de tonnes de palme par an. La productivité des plantations industrielles (en t/ha) est le double de celle des plantations villageoises. La production locale d'huile brute (450 000 tonnes), par 36 unités employant plus de 21 000 personnes, couvre l'essentiel des besoins nationaux, l'importation n'en concernant que 11 % (en 2017-2018). Les exportations ont progressé de 131 % entre 2007-2008 et 2017-2018, principalement vers d'autres pays d'Afrique subsaharienne. La filière fait vivre, directement ou indirectement, deux millions de personnes (10 % de la population).

L'étude propose une analyse rétrospective (2007-2018) et prospective (horizon 2030), centrée sur l'interaction des acteurs de la filière : planteurs, industriels, coopératives, interprofession, État, ONG, bailleurs de fonds internationaux.

Projections à 2030 de la production, de la consommation, des importations et exportations d'huile de palme en Côte d'Ivoire

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Source : Farm

Les défis auxquels la filière sera confrontée sont nombreux et complexes : hausse de la demande mondiale, productivité et compétitivité dans un contexte de concurrence asiatique et européenne (dans ce cas, autres huiles végétales, en particulier de tournesol), création d'emplois et réduction de la pauvreté, protection de l'environnement, déforestation. L'étude propose des clés pour consolider le secteur tant sur le marché intérieur que par rapport à la concurrence internationale. Sont identifiés la régularisation foncière des plantations villageoises, la consolidation financière des coopératives en tant que vecteur d'assistance et d'appui technique, ou encore le recours à la contractualisation entre production et transformation, visant une meilleure répartition de la valeur. Le renforcement de l'application des mesures de protection de la forêt, une démarche de certification environnementale pour répondre aux exigences croissantes des consommateurs et, enfin, l'appui technique et financier des bailleurs de fonds internationaux aux politiques publiques sont d'autres pistes identifiées.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Farm

19:04 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : palmier a huile, palme, cote d'ivoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/04/2020

20 ans de certification de la gestion des forêts tropicales : quels enseignements ?

Des chercheurs de l'université de Wageningen ont récemment publié, dans Forest Policy and Economics, un bilan de la certification Forest Stewardship Council (FSC) en forêt tropicale, initiée en 1993 et principal standard mis en œuvre dans cette zone. Ils ont passé au crible les dossiers de 543 unités d'aménagement forestier, certifiées FSC entre 1995 et 2016, soit 26 millions d'ha répartis sur trois continents (Amérique, Asie et Afrique). Ils ont également exploité 4 621 demandes d'actions correctives émises durant la période pour ces mêmes forêts.

Depuis 2008, les surfaces FSC en zone tropicale stagnent, alors que ces forêts constituent l'objectif principal de ce système de certification. De fait, la moitié des certifications obtenues au début des années 2000, sur le continent américain, n'ont pas été reconduites après la crise financière de 2008. Les auteurs montrent que plus les forêts sont certifiées longtemps, plus elles ont de chances de conserver leur certification.

Évolution de la surface forestière (forêt naturelle) certifiée FSC, en valeur brute (orange) ou corrigée des certificats arrivés à échéance ou suspendus (en bleu)

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Source : Forest Policy and Economics

Source : Forest Policy and Economics

18:03 Publié dans Forêts Bois, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : forêts tropicales, certification, fsc |  Imprimer | | | | |  Facebook

L’açaí et sa distribution à Paris : géographie de la circulation commerciale d’un fruit amazonien

Pourquoi certaines plantes deviennent-elles des objets de consommation globalisés, et d'autres non ? Pour répondre à cette question, le géographe F. Cortezzi (Sorbonne - Paris IV) a réalisé une thèse sur l’açaí, une baie originaire de la forêt amazonienne (Brésil). « Érigée en ''superfruit'' par des acteurs du marketing pour son potentiel antioxydant et nutritionnel », l'açaí est consommée principalement sous forme de pulpe. Sa production connaît un développement rapide depuis les années 1990, avec une diffusion commerciale dans plus de 70 pays, sur tous les continents. La France joue un rôle important dans ce processus, avec notamment des projets de plantations en Guyane et des flux d'importations vers la région parisienne. Les observations et entretiens menés par F. Cortezzi confirment « l’importance d’une consommation urbaine relevant de classes sociales aisées de la population » et mettent en évidence un « axe de l’açaí » à Paris, avec une forte concentration de points de vente dans les quartiers multiculturels sur la rive droite de la Seine, et une évolution vers l'Ouest, largement corrélée avec le pouvoir d'achat des habitants.

L'axe de l'açaí à Paris

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Source : HAL

Source : HAL

Le coton OGM Bt a-t-il vraiment permis d'augmenter les rendements en Inde ?

De nombreux chercheurs ayant travaillé sur l'impact du coton Bt sur la production, en Inde, ont conclu que son introduction avait permis d'augmenter les rendements. Cependant, leurs analyses ignorent les effets de long terme et les autres facteurs pouvant influencer ces tendances. Les auteurs d'un article publié en février dans la revue Nature Plants se sont penchés sur cette question. Pour y répondre, ils ont utilisé des séries de données sur les rendements, l'adoption du coton Bt et d'autres facteurs ayant pu jouer sur ces rendements, sur vingt ans (1999-2018), au niveau de l'Inde et de chacun de ses États fédérés. Leurs résultats suggèrent que l'augmentation des rendements observée dans les années 2000 n'est pas liée à l'adoption du coton Bt mais plutôt à un usage croissant d'engrais de synthèse. De plus, les semences Bt étant moins résistantes aux insectes suceurs de sève, leur utilisation a entraîné une augmentation du recours aux insecticides, et des dépenses associées, par les producteurs de coton indiens.

Dépenses nationales en insecticides pour la production de coton

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Source : Nature Plants

Lecture : la courbe bleue représente les dépenses en insecticides visant les Lepidoptères, c'est-à-dire les insectes vulnérables au coton Bt (en dollars par hectare). La courbe orange représente les dépenses en produits phytosanitaires visant les insectes suceurs de sève.

Source : Nature Plants

17:55 Publié dans Agriculteurs, Agronomie, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : inde, coton bt, rendements |  Imprimer | | | | |  Facebook

L’huile de palme en Côte d’Ivoire, entre possibles économiques et exigences environnementales

L’émission Grand reportage, diffusée sur RFI le 24 février dernier, a emmené l’auditeur dans les plantations de palmiers de Côte d'Ivoire d'où proviennent, chaque année, 550 000 tonnes d’huile. Second producteur du continent africain, ce pays est toutefois largement distancé par l’Indonésie et la Malaisie qui représentent à elles seules 90 % des volumes mondiaux, avec des rendements à l’hectare quatre fois supérieurs à ceux des parcelles ivoiriennes.

Comment ce pays peut-il augmenter sa production annuelle tout en préservant ce qu’il reste d’une surface forestière réduite à très peu de chose depuis les indépendances ? Plusieurs leviers sont privilégiés. Tout d’abord, les petits producteurs bénéficient d’enseignements en agronomie, en particulier aux nouvelles pratiques culturales, dispensés dans le cadre du programme Roundtable on sustainable palm oil. Ensuite, l’intervention publique soutient l’achat d'intrants par les producteurs. Enfin, le principal groupe agroindustriel de la région leur apporte une aide technique (fertilisation, offre de plants).

Source : RFI

17:53 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : huile de palme, cote d'ivoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/04/2020

Histoire de la productivité de l'élevage en Nouvelle-Zélande et Uruguay, 1870-2010

Un article de la revue Historia Agraria compare la productivité des élevages bovins et ovins de la Nouvelle-Zélande et de l'Uruguay, sur la période 1870-2010. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les deux pays présentaient des caractéristiques communes : démographie, dotation en ressources naturelles, exportation de produits de l'élevage. Leurs performances productives furent similaires jusqu'aux années 1930. Puis, jusqu'aux années 1970, les gains de productivité en Uruguay ont commencé à ralentir par rapport à ceux de la Nouvelle-Zélande. Si les écarts se sont ensuite réduits, la productivité moyenne néo-zélandaise est restée supérieure de 60 %. En comparant les variables de cheptel, de production de viande, laine et lait, et celles relatives aux surfaces et ressources fourragères, l'auteur considère que la divergence entre les deux pays est liée aux différences de trajectoires technologiques empruntées par les filières.

Évolution des « unités d'élevage » par hectare à l'échelle régionale, 1870-2010

NZ-Uruguay.jpg

Source : Historia Agraria

Lecture : l'unité d'élevage (UG : unidad ganadera) est un indicateur de productivité physique. Pour l'Uruguay, deux régions ont été considérées : le littoral Sud-Ouest (région 1) et le Nord-Est (région 2). Pour la Nouvelle-Zélande, les deux îles ont été considérées séparément.

Source : Historia Agraria

17:45 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : élevage, nouvelle-zélance, uruguay, productivité, histoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

Motivations et freins à l'adoption de l'agriculture de précision en Chine

Publié en mars 2020 dans Computers and Electronics in Agriculture, un article présente une analyse statistique des motivations et des freins à l'adoption de l'agriculture de précision en Chine, considérant celle-ci comme un moyen d'augmenter la productivité et ainsi la sécurité alimentaire, tout en réduisant les impacts environnementaux des activités agricoles. Pour ce faire, une enquête auprès de 456 agriculteurs des provinces de Hebei, Henan et Shandong a été menée en 2018. 12 % d'entre eux ont déclaré utiliser ces techniques (guidage par GPS, cartographie des rendements, etc.).

L'étude met en évidence l'importance des projets de démonstration de ces pratiques, qui ont convaincu 73 % des agriculteurs participants d'y avoir recours dans les 5 prochaines années. Plus de 70 % des répondants souhaitent bénéficier d'un service commercial pour accompagner la mise en place de ces techniques, et 57 % rencontrent des difficultés pour identifier les aides financières mobilisables. Enfin, le niveau d'études n'influe pas significativement sur l'adoption de l'agriculture de précision.

Significativité des déterminants du recours à l'agriculture de précision (en rouge, non significatif)

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Source : Computers and Electronics in Agriculture

Lecture : TC : caractéristiques techniques du produit ; NC : besoins d'ordre technique des agriculteurs ; NTF : adéquation entre le besoin et l'offre technique ; PB : bénéfice perçu à adopter ces techniques ; FC : conditions facilitant l'adoption (ex. : support financier) ; SI : influence des caractéristiques sociales ; ITA : intention d'adopter des techniques d'agriculture de précision.

Source : Computers and Electronics in Agriculture

17:40 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : agriculture de précision, chine |  Imprimer | | | | |  Facebook