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05/07/2016

Enquête britannique sur les personnes allergiques et leur alimentation hors domicile

Des règles d'étiquetage précises sont entrées en vigueur en décembre 2014 avec la mise en application du règlement 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, qui imposent de préciser, pour tous les produits (pré-emballés ou non), la présence ou non des 14 allergènes les plus couramment responsables de réactions chez les consommateurs (gluten, arachide, lait, mais aussi céleri, lupin et sésame).

Selon une enquête récente pilotée par la Food Standards Agency, de Londres, ce dispositif a d'ores et déjà amélioré la qualité de vie des personnes concernées qui sont plus confiantes, notamment quand elles consomment à l'extérieur. On peut en escompter une amélioration notable pour les deux millions de consommateurs allergiques britanniques. En effet, 86 % des participants à l'enquête ont remarqué les mesures d'étiquetage et 58 % ont constaté une amélioration pour eux de leurs conditions de prises de repas à l'extérieur. Des progrès restent encore à faire, notamment sur l'information dont dispose le personnel des établissements de restauration, jugée insuffisante par 69 % des participants. Toutefois, il est précisé que le bénéfice lié à la mise en place de cet étiquetage pourrait être partiellement contrebalancé par l'augmentation du nombre d'allergiques.

Source : Food Standards Agency

09:11 Publié dans Alimentation et consommation, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : allergies, royaume-uni, fsa |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/07/2016

Production agro-alimentaire : améliorer conjointement la sécurité sanitaire et l'environnement ?

Des chercheurs de l'Inra ont publié récemment un article intitulé « Agrifood systems and the microbial safety of fresh produce: Trade-offs in the wake of increased sustainability ». La part croissante des produits frais dans l'alimentation a contribué à l'apparition de certaines toxi-infections alimentaires, et ce malgré des modes de production de plus en plus sécurisés et des contrôles renforcés. Par ailleurs, certaines des mesures prises pour garantir la sécurité sanitaire alimentaire peuvent interagir avec des principes de développement durable : on peut citer le recours aux antibiotiques ou aux produits phytosanitaires, et aussi l'usage de machines frigorifiques pour le maintien de la chaîne du froid.

Les auteurs, après une analyse du phénomène de contamination des produits par l'eau, le sol et l'environnement, proposent des pistes pour produire des aliments frais de façon plus durable, en ayant recours à des services écosystémiques tels que les prédateurs de parasites. Diverses technologies peuvent ainsi résoudre les conflits entre sécurité sanitaire et production durable.

Source : Science of the Total Environment

09:05 Publié dans Environnement, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : sécurité sanitaire, durabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

Vers une détection précoce des Escherichia coli productrices de shigatoxines dans la viande hachée

Des chercheurs canadiens viennent de mettre au point un kit de recherche rapide pour la détection précoce des formes pathogènes de la bactérie Escherichia coli (formes productrices de shigatoxines, parmi lesquelles E. coli 0157 H7). Le principe serait de pratiquer le test sur les produits de viande hachée avant qu'ils ne quittent l'entreprise de fabrication.

Cette détection en amont éviterait les procédures de retrait-rappels, complexes et coûteuses et, surtout, serait un facteur de protection supplémentaire de la santé publique puisque le risque de survenue de cas cliniques serait nettement diminué.

Les intoxications alimentaires causées par les E. coli pathogènes sont un problème de santé publique : l'agence de santé publique du Canada relève ainsi 440 cas cliniques par an.

Source : Western News

09:03 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : e. coli, détection, viande hachée |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/05/2016

Où en est l'expérimentation animale ?

Le dernier numéro du magazine de l'Inserm Science&Santé consacre un dossier à la recherche animale. Sont abordés tour à tour la réglementation sur le sujet, les apports du modèle animal à la recherche, les alternatives pour demain, et un dernier article porte sur la question : « Jusqu'où peut-on aller pour améliorer la santé humaine ? ». Malgré une réglementation européenne et française protectrice, l'expérimentation animale est contestée par différents acteurs. Une initiative citoyenne européenne a ainsi porté un avis critique auprès de la Commission européenne, qui l'a refusé : l'expérimentation animale se révèle encore indispensable pour certaines recherches, notamment la dernière phase de développement des médicaments, et une interdiction totale sur le territoire européen conduirait à une délocalisation de la recherche dans les pays tiers.

Plusieurs évolutions ont permis une amélioration des pratiques, en particulier l'application raisonnée de la règle des 3R (réduire, raffiner, remplacer). On peut également citer la présentation, par le Réseau d'études fonctionnelles chez les organismes modèles (EFOR), des 35 espèces disponibles, permettant une optimisation du nombre d'animaux utilisés et un choix pertinent de modèle. Des procédés réduisant la souffrance ou permettant d'éviter le sacrifice sont de plus en plus utilisés, telle l'imagerie par scanner.

Par ailleurs, les alternatives à l'expérimentation combinent différentes techniques, utilisées en plusieurs étapes. Tout d'abord, les modèles mathématiques in silico donnent des indications sur l'activité biologique d'un produit à partir de ses propriétés moléculaires. Après cette étape, les produits sont testés in vitro sur des cellules ou cultures cellulaires, par criblage à haut débit, avant de passer aux tests sur animaux, qui permettent de mesurer les effets sur un organisme entier et de détecter d'éventuels effets secondaires. Ces méthodes ont permis depuis 1990 une baisse de 40 % du nombre d'animaux utilisés.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Inserm

10:27 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : inserm, expérimentation animale |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/03/2016

Tendances et défis de la pratique vétérinaire rurale

Dans un récent article, La semaine vétérinaire présente les enjeux associés à la pratique et aux installations vétérinaires en zones rurales. Il s'appuie sur les travaux du programme de recherche VeTerrA « Vétérinaires et territoires ruraux attractifs » piloté par VetAgroSup entre 2013 et 2015, réalisé dans différentes zones rurales du Massif Central et basé sur des enquêtes auprès de professionnels de terrain (vétérinaires, éleveurs).

L'article rappelle ainsi la tendance de fond à une certaine désaffection des vétérinaires pour la pratique rurale (15 % des structures vétérinaires rurales ont disparu en région Rhône-Alpes entre 1999 et 2010), qui fragilise le maillage sanitaire. Pour autant, la motivation pour « la rurale » existe toujours, pour de multiples raisons : vie à la campagne, relationnel avec les éleveurs, sentiment d'utilité sociale, etc. L'aspect intellectuellement stimulant du diagnostic est également cité, même si les contraintes économiques des propriétaires peuvent empêcher d'aller au bout des investigations. Autre tendance, l'exercice individuel tend à diminuer au profit d'associations permettant de partager les frais d'installation, de mutualiser le matériel coûteux et de se répartir les gardes. Les contraintes horaires sont un problème d'autant plus prégnant que les vétérinaires sont davantage soucieux de préserver leur vie de famille.

Certaines évolutions, comme la diminution des prophylaxies et la crainte d'érosion de la vente des médicaments, sont perçues comme des facteurs de risque pour la viabilité économique des cabinets ruraux. La concurrence de structures et services en lien avec l'élevage (centres d'insémination par exemple) est également citée. Au total, les constats formulés laissent craindre une poursuite de la déprise vétérinaire en zones rurales, une préoccupation croissante pour les pouvoirs publics (cf. trois rapports récents rendus en 2008, 2009 et 2010).

Le rapport final du programme VeTerrA présente également les démarches adoptées dans certains pays comme la Finlande où a été promu un partenariat entre secteurs public et privé : certains vétérinaires sont salariés par les « municipalités » (structures régionales regroupant des communes) et peuvent, en parallèle, exercer une activité libérale . Grâce à ce principe, la Finlande a un maillage territorial vétérinaire satisfaisant y compris dans les zones extrêmes comme la Laponie.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Sources : Programme VeTerrALe Point Vétérinaire

10:09 Publié dans Santé et risques sanitaires, Territoires | Lien permanent | Tags : veterinaires |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/03/2016

Activités agricoles et risques de cancers chez les affiliés du régime agricole : résultats intermédiaires de l’étude AGRICAN

Un article de la revue Innovations Agronomiques mis en ligne récemment présente les premiers résultats de l’étude AGRICAN (AGRIculture et CANcers), conduite notamment par l’Inserm et l’université de Caen-Normandie. Enquête de cohorte épidémiologique débutée en 2005 et destinée à se poursuivre jusqu'en 2020 au moins, AGRICAN scrute la population agricole résidant dans onze départements français : plus de 180 000 affiliés du régime agricole, en activité ou à la retraite, sont suivis au cours du temps à la fois sur leurs expositions agricoles et leur état de santé (cf. figure ci-dessous). Le croisement des données issues des questionnaires renseignés par les membres de la cohorte, d'une part, et de la matrice cultures-exposition PESTIMAT d'autre part, permet ainsi d’obtenir des informations sur l’utilisation des pesticides.

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Source : Innovations Agronomiques

Plus grande cohorte au monde sur la santé en milieu agricole, AGRICAN permet de collecter des informations scientifiques sur les risques liés à l'activité des agriculteurs. C’est ainsi la première fois que le risque de cancer dans la population agricole française a pu être quantifié par rapport à la population générale : dans la cohorte, le taux de mortalité par cancer est inférieur de 30 % chez les hommes et de 24 % chez les femmes. Le rôle spécifique de certaines activités agricoles sur la survenue des cancers de la prostate ou des poumons (les plus fréquents chez l'homme dans la population générale) a également pu être étudié.

Si les premiers résultats de cette étude confirment la tendance observée au niveau international (risques plus élevés chez les agriculteurs pour des cancers de la prostate ou pour les mélanomes cutanés et plus faibles pour les cancers liés au tabagisme), ils montrent aussi que les risques de cancers de la prostate sont augmentés chez les éleveurs de bovins et de porcins ou lors de l’exposition aux pesticides sur différentes cultures (céréales, vergers, tabac, etc.). À l’inverse, concernant le cancer du poumon, les risques seraient moins élevés chez les éleveurs de bovins et de chevaux.

Notons que les résultats d’AGRICAN contribuent à enrichir les connaissances dans le cadre du consortium international de cohortes agricoles (AGRICOH).

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

10:06 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : pesticides, agrican |  Imprimer | | | | |  Facebook

Enjeux autour des micronutriments au Royaume-Uni

Dans l'édition de mars du Nutrition Bulletin, trois auteurs de la British Nutrition Foundation ont publié un article intitulé « Micronutrient status and intake in the UK – where might we be in 10 years' time? ». Les micronutriments (vitamines, minéraux, éléments traces) remplissent divers rôles physiologiques, et des déficiences liées aux régimes alimentaires peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé.

Après avoir rappelé les incertitudes et limites liées à l'évaluation des statuts et consommations de micronutriments, les auteurs identifient les groupes de la population britannique les plus concernés par des déficiences, en particulier en folates, vitamine D, calcium, fer et iode : les adolescents, les minorités ethniques (originaires d'Afrique, des Caraïbes et d'Asie du Sud) et les personnes à bas revenus. Les adolescentes et les femmes en âge de procréer sont particulièrement concernées.

Par ailleurs, les auteurs listent et détaillent les connaissances sur une série de moteurs, tendances et événements qui pourraient influencer, à l'avenir, les consommations britanniques de micronutriments : évolution des connaissances scientifiques (biomarqueurs, influences génétiques et épigénétiques, etc.) ; changements dans la chaîne alimentaire, aux niveaux agricole (ex : sélection variétale privilégiant le rendement plutôt que le contenu en micronutriments), industriel et de la distribution ; évolutions démographiques ; initiatives gouvernementales ; changements dans les attitudes et comportements des consommateurs (diversification des régimes alimentaires, demande croissante de produits alimentaires spécialisés, etc.).

In fine, ils rappellent que les enjeux globaux (changement climatique, croissance de la population) ont plus orienté les préoccupations sur l'aspect quantitatif de la sécurité alimentaire et sur les implications environnementales, que sur leurs conséquences nutritionnelles. Ils invitent donc les pouvoirs publics à mener des actions adaptées à ces enjeux (campagnes de sensibilisation, politiques d'enrichissement des denrées). Ils concluent en indiquant que ces aspects sont reliés aux enjeux de l'identification de régimes alimentaires apportant les quantités de vitamines et minéraux nécessaires à la santé, et qui soient également « équitables, abordables et durables ».

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Nutrition Bulletin

10/03/2016

La difficile mise en mouvement des agriculteurs victimes des pesticides

Dans un billet précédent, nous avions signalé plusieurs travaux de science politique portant sur la « cause » des agriculteurs victimes des pesticides. Coline Salaris vient de mettre en ligne sa thèse, intitulée Mobilisations en souffrance. Analyse comparative de deux problèmes de santé publique : familles victimes du Distilbène et agriculteurs victimes des pesticides.

L’auteur déroule une comparaison entre les deux cas. L'idée de mettre en parallèle une affaire déjà bien connue et un problème qualifié d'émergent, est intéressante. La première partie de la thèse met en avant les « entraves à la victimisation » (déni, incompréhension, etc.) et décrit le chemin cahoteux qui part de l’identification mal assurée d’un problème personnel, passe par la rencontre d’autres malades (les « pairs » du « groupe latent »), et aboutit à la consolidation d’un « groupe nécessaire » autour du « ciment de la blessure commune ». La seconde partie aborde des enjeux organisationnels – division du travail entre associations, « bureaucratisation » des associations autour du « noyau originel » –, mais aussi la quête de relais dans les médias, dans le secteur académique et devant les tribunaux, pour se terminer sur les convergences entre action des victimes et politiques de santé publique.

« Se présenter comme victime et se mobiliser en tant que telle dans l’espace public ne va pas de soi », explique l’auteur. Étudier le « processus de victimisation » constitue « un préalable important à la compréhension des mécanismes de mise en œuvre des actions collectives victimaires ». À partir des cas traités, C. Salaris dégage ainsi des enjeux généraux aux niveaux individuel et collectif : « Individuellement, ce processus implique une intériorisation et une formulation identitaires consistant à donner du sens » à une épreuve existentielle. « Collectivement, il s’agit de construire un groupe » suffisamment solide et visible pour faire reconnaître par les autorités comme véritable problème de santé publique ce qui, au départ, apparaissait comme une infortune personnelle.

En fin de volume, de larges extraits d’entretiens sont opportunément reproduits.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : HAL Sciences de l'Homme et de la Société

10:02 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : pesticides, santé publique, mobilisation, salaris |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2016

Colloque sur les effets des perturbateurs endocriniens sur l’environnement et la santé humaine

Un colloque sur le programme de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) s’est tenu les 21 et 22 janvier 2016 à Paris, organisé par l’Anses. Selon la définition adoptée par l’Union européenne en 1999, un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant des effets nocifs sur la santé d’un organisme, de ses descendants ou sous-populations.

Plusieurs études ont été présentées, notamment sur les dangers liés aux effets cocktail, qui surviennent lorsque des populations sont exposées de manière chronique à de multiples substances exogènes, telles que polluants de l’environnement, médicaments et composés alimentaires. Plusieurs de ces substances sont supposées avoir un effet négatif séparément et leur combinaison en substances complexes pourrait encore potentialiser ces effets nuisibles.

Le centre de biochimie structurale de Montpellier a présenté une étude analysant l’effet de synergie de deux substances exogènes : un œstrogène (composant de la pilule contraceptive) et un pesticide organochloré. Il a été démontré que ces substances ont la capacité de se réunir et de se fixer conjointement sur le récepteur PXR (pregnane X receptor). Ce récepteur a été identifié par le programme ToxCast de l’Agence américaine de protection de l'environnement comme une cible opérationnelle majeure de produits chimiques, sachant qu’il intervient dans l’adaptation de l’organisme à l’afflux de xénobiotiques (substances étrangères au corps humain) en induisant les réponses enzymatiques pour les éliminer. L’étude a montré que l’association des deux molécules étudiées entraîne une réponse biologique substantielle. Cet effet synergique conduit à une toxicité alors que les substances sont individuellement présentes à des doses inférieures à la dose toxique.

Une étude de l’unité TOXALIM concernait les effets des mélanges de composés chimiques présents sur la viande. Elle a porté sur trois pesticides (DDE, lindane et deltaméthrine) et a été réalisée dans le cadre du projet SOMEAT (Safety of organic meat) porté par l’Agence nationale de la recherche. Elle a démontré l’effet agoniste des substances pouvant présenter un facteur de risque de perturbation endocrinienne.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : PNRPE

09:12 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : colloque, pnrpe, perturbateurs endocriniens, anses |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2016

Exercice de veille prospective de l’InVS

Fin décembre 2015, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a mis en ligne les résultats d’un exercice de veille prospective conduit en interne en 2014, intitulé Risques pour la santé : évolution et conséquences pour la veille sanitaire à l’horizon 2024. Face à la nécessité d’« anticiper des situations potentiellement porteuses de risques », l’Institut a mis en œuvre cette démarche permettant « de tenir compte des évolutions à court, moyen et long termes, tout en modulant et en réorientant régulièrement (tous les trois à cinq ans) les scénarios élaborés à partir des changements présents ou récents de l’environnement social, économique, climatique, médical, scientifique… et de l’état de santé de la population ». En identifiant tendances lourdes et signaux de rupture, l’objectif est, in fine, d’informer et/ou alerter le décideur et de faciliter l’adaptation de l’InVS aux changements à venir.

Les travaux menés ont permis notamment d’identifier une série de variables relevant de trois types de facteurs : facteurs déclencheurs d’événements de santé, facteurs de diffusion, facteurs de réponses pouvant accroître ou diminuer les phénomènes. À titre d’exemples, ont été retenues des variables portant sur l’alimentation et un mode de vie sédentarisé, la confiance en l’expertise, la proximité homme-animal et ses effets sanitaires, la mobilité des biens et des personnes (commerce, migration, tourisme), l’adaptation aux événements climatiques extrêmes, le big data ou encore les inégalités territoriales et d’accès aux soins.

Cinq macroscénarios ont ensuite été construits, intégrant à chaque fois un récit du macroscénario et l’approfondissement des effets sanitaires (tendances lourdes, ruptures, incertitudes) : inégalités et morcellement de plus en plus contrasté et difficile à gérer (macroscénario tendanciel) ; transition écologique et promotion de la santé ; développement technologique contrôlé dans la mesure du possible ; explosion technologique mondialisée ; catastrophes et désorganisation. Les questions liées à l’alimentation, au sens large du terme, se trouvent prises en compte dans ces scénarios riches. Ils amènent l’Institut à identifier des enjeux de santé publique et de méthodes ou outils, puis des besoins divers (recherche, partenariat, formation et recrutement, etc.). Le document se conclut sur une analyse des apports, difficultés et limites de l’exercice, ainsi que sur des propositions pour une démarche de veille prospective inscrite dans la durée.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : InVS

13:49 Publié dans 1. Prospective, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : invs, veille prospective |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/01/2016

Vers une perte d’efficacité d’un antibiotique recours en médecine humaine ?

Le Food Climate Research Network a récemment repris un article publié dans la revue The Lancet Infectious Disease, faisant état de l’identification de germes de résistance à la colistine en Chine, actuellement le premier utilisateur de cet antibiotique dans les élevages de porcs et de volailles. Antibiotique utilisé assez largement en médecine vétérinaire, la colistine peut toutefois s’avérer précieuse en médecine humaine (où elle est peu utilisée), comme antibiotique de dernier recours en cas de résistances du germe traité aux céphalosporines et carbapénèmes. Le mécanisme de résistance a été localisé sur un gène bactérien, nommé mcr-1, qui pourrait être transférable d’espèce à espèce.

Cet antibiotique n’est pas classé actuellement dans la liste des antibiotiques critiques. On notera ici que l’Anses et l'Agence européenne du médicament ont prévu de procéder à une réévaluation des risques liés à l’utilisation de la colistine.

Source : FCRN

13:41 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, colistine |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/12/2015

Évolution réglementaire européenne sur les nouveaux aliments

Le 11 décembre a été publié au Journal officiel de l’Union européenne un nouveau règlement « novel food » qui entrera en vigueur dans deux ans. Par « nouvel aliment », il faut entendre un aliment qui n’était pas consommé de manière significative en Europe avant mai 1997 (date de parution du premier règlement). Il peut s’agir d’aliments innovants produits avec de nouvelles technologies mais constitués d'ingrédients connus (cas des aliments incluant des nanomatériaux), d’aliments produits sur cultures cellulaires ou issus de structures minérales, ou encore d’aliments consommés dans les pays tiers (exemple des insectes) mais non encore consommés habituellement en Europe.

Pour la mise sur le marché de ces denrées, le nouveau texte propose une procédure d’autorisation centralisée : l’industriel dépose le dossier directement à la Direction générale Santé et sécurité sanitaire de la Commission européenne, qui fait procéder à une évaluation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L’objectif est aujourd'hui de raccourcir le temps de traitement du dossier (de l’ordre de deux ans avec la procédure actuelle), de favoriser l’innovation et de garantir une équité dans le traitement des dossiers, une seule agence intervenant ici. Les États membres sont ensuite consultés collégialement avant l’autorisation.

Pour certains produits spécifiques, classés « nouveaux aliments » car non consommés actuellement en Europe, mais faisant l’objet d’une consommation courante dans les pays tiers sans alerte de santé depuis au moins 25 ans, une procédure particulière pourrait être prévue, telle une simple notification. Cette disposition s’appliquerait aux insectes.

Pour mémoire, le règlement « novel food » était en cours de réévaluation depuis plusieurs années, un précédent projet n’avait pu aboutir en 2008 du fait d’absence de consensus sur l’étiquetage des produits issus d’animaux clonés. C’est pourquoi le projet actuel n’inclut pas ces produits qui feront l’objet d’une réglementation à part. Les aliments génétiquement modifiés ne sont pas non plus concernés.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Sources : Commission européenne, EUR-Lex

10:35 Publié dans 4. Politiques publiques, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : novel food |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2015

L’EFSA apporte des données sur les risques potentiels liés à la production et à la consommation d’insectes

Suite à une saisine de la Commission européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié le 8 octobre un rapport sur les risques éventuels liés à la production, à la transformation et à la consommation d’insectes en alimentations animale et humaine. Depuis quelques années, l’usage de produits à base d’insectes suscite un intérêt croissant (qualité des protéines, impact environnemental et économique, investissements moins lourds). Plus de 2000 espèces d’insectes ont été répertoriées comme comestibles et ce rapport identifie quatre insectes qui auraient un intérêt alimentaire particulier, en tant que source alternative de protéines : la mouche domestique, le grillon, le ver à soie et le ver de farine.

L’EFSA a évalué les risques biologiques, chimiques et allergiques pour le consommateur, ainsi que les risques environnementaux liés à la production. Parmi ses conclusions, l’Agence estime que les risques biologiques, par transmission par exemple de contaminants microbiens, sont possibles, du fait notamment de l’utilisation de protéines animales pour l’alimentation des insectes. Le rapport signale certaines lacunes sur les connaissances des risques chimiques, en particulier le fait que l’insecte peut véhiculer des substances provenant d’un autre substrat (sol par exemple). Le risque allergique est également signalé pour la consommation humaine d’insectes, mais aucun cas n’est cité chez l’animal, de compagnie ou de production. Les risques environnementaux sont liés aux besoins en eau et en énergie et à l’occupation des territoires des élevages d’insectes.

Les avis sont encore partagés sur le taux de conversion protéique de cette filière et son empreinte carbone, par rapport aux filières traditionnelles : l’EFSA cite deux études, l’une concluant à des constantes meilleures pour la production d’insecte (aux conditions de laboratoire), l’autre à des taux identiques (dans des conditions naturelles).

Signalons enfin que si l'entomophagie est pour l’instant sporadique sur le territoire européen, trois États membres ont déjà réalisé une analyse de risques : les Pays-Bas, la Belgique et la France (avis d’avril 2015 de l'Anses).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : EFSA

10:51 Publié dans Alimentation et consommation, IAA, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : efsa, insectes |  Imprimer | | | | |  Facebook

Présence de nanoprotéines dans l’alimentation : est ce positif, négatif ou sans importance ?

Un article paru dans Food magazine le 14 octobre 2015 fait un point sur le recours aux nanotechnologies en agro-alimentaire. Le débat sur les nanotechnologies fait souvent écho, depuis des années, à celui sur les organismes génétiquement modifiés, et leur introduction dans l’environnement et la chaîne alimentaire inquiète parfois le consommateur. Or à ce jour le recours aux nanos en industrie agro-alimentaire est encore relativement peu fréquent.

Une étude néo-zélandaise, publiée sur cette question en 2014, rappelle d’abord que les nanos sont présentes à l’état naturel dans l’alimentation. En effet, les trois principaux composants alimentaires – protéines, glucides et lipides – existent à l’échelle nanométrique. On peut citer les protéines du lait, les caséines, qui se présentent sous forme de micelles (sphères de quelques nanomètres à quelques dizaines de nanomètres de diamètre), ou encore le collagène (présent en structures nanofibrillaires).

Toutefois, la question qui fait débat est celle de l’intérêt de l’usage de nanotechnologies manufacturées en agro-alimentaire, soit dans l’aliment proprement dit par introduction de nanoparticules lors du process de fabrication, soit au contact de l’aliment, sur l’emballage. Les nanoparticules présentent des propriétés intéressantes : certains types de nanocaséines pourraient faciliter l’assimilation de la curcumine, substance anticancéreuse présente dans l’épice curcuma. En revanche, d’autres nanosubstances, telles les fibrilles amyloïdes, doivent être considérées avec prudence compte tenu d’incertitudes sur leur innocuité.

L’étude conclut sur l’importance de disposer d’une liste des produits alimentaires du commerce contenant des nanomatériaux, qui pourrait être actualisée régulièrement par les agences sanitaires. À défaut de listes officielles, des enquêtes privées sont effectuées et, par exemple en 2014, un rapport de l’ONG Les amis de la terre avait mentionné la présence de nanomatériaux dans de nombreux aliments de consommation courante dont certains, comme les sucettes, destinés aux enfants.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Food magazine

10:48 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : nanoprotéines, nanotechnologies |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2015

Signature d’un accord de coopération entre les agences sanitaires française et japonaise

Un accord de coopération a été conclu en octobre 2015, pour une durée de 5 ans, entre l'Anses et son équivalent japonais, la Food Safety Commision of Japan (FSCJ). Cette collaboration aura pour objectif de partager des données dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, et notamment sur l’évaluation des risques, dans les domaines d’intérêt communs aux deux agences : microbiologie alimentaire, aquaculture, biotoxines marines et contaminants. La FSCJ a notamment fait des études ces dernières années sur la contamination radioactive des aliments, la contamination des produits de la pêche par la méthyl mercure et les aliments génétiquement modifiés.

Source : Anses

10:28 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : anses, japon |  Imprimer | | | | |  Facebook