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12/02/2018

Quels leviers pour renforcer la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire français ? : l'avis du CESE

En février, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu un avis sur l'amélioration de la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire. Il confronte notamment les positions des représentants des salariés, des entreprises et des agriculteurs.

La compétitivité y est définie comme la capacité des filières à fournir une alimentation répondant aux besoins sociétaux en matière de santé, de qualité et de préservation de l’environnement, à des prix acceptables pour les consommateurs et les travailleurs. Les auteurs préconisent d'encourager la production des filières déficitaires, afin de répondre aux besoins intérieurs, et d'orienter les exportations vers les produits à haute valeur ajoutée, en privilégiant des modes de production valorisant le facteur travail ainsi que l'agro-écologie, et incitant l'aval de la filière à une plus forte contribution à la réduction des coûts. Pour cela, différentes priorités politiques sont proposées : promouvoir la spécificité des produits alimentaires dans les accords internationaux ; veiller au respect des normes sanitaires et environnementales pour les produits importés ; améliorer la répartition de la valeur ajoutée ; réorienter les politiques agricoles vers davantage de territorialisation et de soutien aux pratiques respectueuses de l’environnement ; mobiliser les politiques non agricoles (recherche et innovation, droit foncier, fiscalité, droit social) ; sensibiliser davantage les consommateurs sur les questions alimentaires.

L'avis a été adopté par le CESE, mais a fait l'objet de positions contrastées (voir figure ci-dessous). Comme développé dans les positions accompagnant l'avis, les organisations salariales et associations de protection de l'environnement l'ont approuvé, en particulier pour sa définition élargie de la notion de compétitivité. Les représentants des agriculteurs et des entreprises ont voté « contre » car il comporte, selon eux, une liste trop importante de préconisations non opérationnelles. Les premiers regrettent également que la réduction des charges et la simplification de la fiscalité ne soient pas assez mises en avant parmi les facteurs de compétitivité. Les seconds déplorent que la compétitivité prix et le cas des agro-industries ne soient pas traités.

Résultats du vote sur l'avis du CESE

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Source : CESE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : CESE

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12/01/2018

Le Déméter 2018, Huiles végétales : enjeux, marchés et controverses

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Dans un dossier d'une douzaine d'articles, le rapport Déméter 2018 dresse un tableau détaillé des défis et des controverses associés à la forte croissance des huiles végétales au plan mondial. Dans le premier article, A. Rival (Cirad) dessine une géopolitique des huiles végétales, d'où il ressort que 85 % de la production mondiale reposent sur quatre sources : Amérique pour le soja, Europe pour le colza, mer Noire pour le tournesol et Asie du Sud-Est pour le palme. Cependant le barycentre de la consommation se déplace vers l'Asie, tandis que l'Afrique attire les investisseurs comme front pionnier, selon J.-M. Roda (Cirad). En résultent des rivalités entre le Nord et le Sud (par exemple, en Afrique, entre investisseurs occidentaux – Archer, Bunge, Cargill et Dreyfus – et malaisiens), mais aussi entre modèles de production, intensifs en intrants au Nord, en main-d’œuvre au Sud.

La forte croissance du marché mondial des huiles s'explique principalement par la transition alimentaire dans les pays émergents. Cependant, pour P. Dusser (Groupe Avril), c'est la consommation de protéines qui devrait tirer le marché dans la prochaine décennie, sachant que les cultures étudiées ici permettent de produire, dans des proportions variables, à la fois de l'huile et des protéines. Les usages non alimentaires auraient, d'après D. Pioch (Cirad), un avenir prometteur dans le domaine de la chimie, mais plus incertain en matière énergétique.

Les préférences des consommateurs évoluent : J.-M. Lecerf (Institut Pasteur) rappelle que si les lipides ont été les premières cibles des recommandations nutritionnelles, il n'existe pas sur le plan diététique d'huile parfaite. La tendance est aujourd'hui à la diversification des huiles pour des motivations éthiques ou de santé. De plus, la perception des consommateurs est au cœur d'enjeux stratégiques pour le secteur. Les allégations « sans huile de palme » sont ainsi jugées trompeuses par plusieurs auteurs, car injustifiées sur le plan nutritionnel et contre-productives en matière de durabilité. En parallèle, l'huile de palme est devenue un laboratoire d'innovations en matière de certification environnementale, associant l'industrie et les ONG. Les tensions internes à ces dispositifs, que décrit E. Cheyns (Cirad), en soulignent les limites, et la question de la durabilité des modes de production apparaît clairement comme l'un des enjeux pour l'avenir.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Lien : Le Déméter

08/12/2017

Journée scientifique de Météo et Climat sur la place de la forêt et de l'agriculture françaises face aux changements climatiques

La Société française de la météorologie et du climat, Météo et Climat, a organisé sa 10e Journée scientifique sur le thème « Changements climatiques : quelle place pour notre forêt et notre agriculture demain ? ». Elle a réuni neuf intervenants qui ont présenté les modifications attendues, et d'ores et déjà perceptibles, du changement climatique sur les productions végétales, animales et forestières, ainsi que les réponses agronomiques, technologiques et politiques pouvant y être apportées.

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Source : Météo et Climat

Thierry Caquet (directeur scientifique pour l'environnement de l'Inra) a dressé un panorama des problématiques alimentaires, nutritionnelles et climatiques existantes, des types d'adaptations envisageables et de certaines voies explorées pour y répondre. Ensuite, les présentations (disponibles en ligne) ont couvert des échelles, objets et disciplines variés. Parmi les messages transversaux, la question de la ressource en eau est revenue comme un enjeu majeur et insuffisamment appréhendé. La nécessité de développer une recherche expérimentale, appliquée, dédiée à l'adaptation face au changement climatique a également été rappelée.

À cet égard, l'exemple de la vigne, développé par Hans Reiner Schultz, président de l’université de Geisenheim (Allemagne), était particulièrement frappant. Une réduction mondiale du rendement de la vigne est déjà observée et a été attribuée par plusieurs travaux académiques au réchauffement climatique. L'augmentation de la température est par exemple perceptible jusqu'à 12 mètres de profondeur. Face à la variabilité de la pluviométrie, la question de l'érosion des sols apparaît majeure pour une culture souvent basée sur des parcelles en pente, tout comme la question de la sécheresse. L'ampleur de la réduction de la production à attendre demeure néanmoins très incertaine, tant nos connaissances sur la capacité d'adaptation des cépages en conditions réelles et diversifiées sont limitées, appelant ainsi à des recherches à l'échelle des parcelles. Il est en revanche certain que les ressources génétiques mondiales de la vigne ont été à ce jour peu exploitées et que la diversité génétique des porte-greffes serait à étendre.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Météo et Climat

07/12/2017

Les coûts cachés de l'alimentation au Royaume-Uni

Sustainable Food Trust a publié en novembre les résultats de ses travaux sur les coûts cachés de l'alimentation au Royaume-Uni. S'appuyant sur la littérature existante, les auteurs ont cherché à quantifier ces externalités négatives selon plusieurs entrées, elles-mêmes déclinées en diverses thématiques : dégradation des ressources naturelles (ex : pollution de l'air), pertes de biodiversité, coûts de santé liés à l'alimentation (ex : maladies cardiovasculaires) et à la production (ex : antibiorésistance), subventions au secteur agricole et régulation, importations et leurs propres coûts cachés.

Il apparaît ainsi que, pour chaque livre « alimentaire » dépensée par un consommateur, les coûts additionnels s'élèvent également à une livre. Ces coûts ne sont pas pris en compte dans le prix de vente des produits et sont couverts par d'autres mécanismes (impôts, traitement de l'eau, etc.). L'objectif de cette publication est d'attirer l'attention, de donner des éléments de discussion et d'action pour les pouvoirs publics et les acteurs des systèmes alimentaires, auxquels des recommandations sont destinées en fin de rapport.

Répartition des coûts des externalités négatives du système alimentaire britannique en 2015

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Source : Sustainable Food Trust

Source : Sustainable Food Trust

15/11/2017

FranceAgriMer publie un rapport prospectif sur la filière lait de vache

FranceAgriMer a publié à l'automne 2017 le rapport issu d'un chantier prospectif sur la filière lait de vache. Celui-ci présente les scénarios développés, mais reprend aussi tous les travaux et présentations techniques qui ont alimenté les réflexions du groupe dédié, et détaille la méthode utilisée par ce groupe.

De nombreuses études et recherches portant sur la filière laitière, ou sur des réalités l'influençant directement, ont ainsi été compilés dans le rapport : acteurs et filières, recherche et développement, compréhension et évolution de la demande, modifications des réglementations. Sur la base de ces éléments, les participants ont élaboré, au fur et à mesure, des hypothèses sur l'avenir, qui ont constitué les briques élémentaires de la construction des scénarios prospectifs.

Cette prospective a utilisé la méthode SYSPAHMM (SYStème - Processus - Agrégat d’Hypothèses - Microscénarios – Macroscénarios), de l’Inra, qui repose sur la construction d'un corpus commun d'hypothèses déterminantes pour les tendances futures. Ces hypothèses élémentaires, issues de l'expertise des membres du groupe, doivent pouvoir être écrites dans deux sens opposés (ex. « Le prix des terres agricoles en France augmente » versus « Il n'y a pas d'évolution importante du prix des terres agricoles en France »). Après avoir été regroupées, triées et complétées, 87 hypothèses élémentaires ont finalement été retenues. Elles ont rejoint une matrice d'interdépendances entre hypothèses, dans laquelle les participants ont détaillé, pour chacune, les influences directes, et éventuellement leur sens. Cette matrice (87 lignes et colonnes) permet d'établir des agrégats où les liens entre hypothèses sont les plus denses, ces agrégats constituant ensuite le socle de la rédaction des micro-scénarios.

Exemple : agrégat d'hypothèses n°5

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Source : FranceAgriMer

Chaque hypothèse pouvant être lue dans les deux sens, le cheminement au sein des sept agrégats retenus a débouché sur trente micro-scénarios, ensuite regroupés en quatre scénarios globaux pour la filière à l'horizon 2030. Ils sont intitulés « Lait high-tech et démondialisation », « La spirale concurrentielle », « Une filière laitière conquérante et régulée » et « Le défi de la régression ». Au-delà d'un travail très fouillé sur les enjeux du secteur laitier, ce rapport souligne quelques grands défis pour les années à venir : quels modèles d'exploitations laitières pour quels marchés ? Avec quels systèmes de productions et sur quels territoires ? Quelles évolutions des acteurs de la filière et de leurs relations ? etc.

Principaux traits du scénario « Lait high tech et démondialisation »

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Source : FranceAgriMer

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : FranceAgriMer

09:22 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : filière lait de vache, franceagrimer |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/07/2017

L'Observatoire de la formation des prix et des marges a publié son nouveau rapport au Parlement

Le rapport 2017 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) a été publié au mois d'avril. Il reprend, selon les méthodes développées depuis sa mise en place, les analyses sectorielles des prix de détail arrêtés à décembre 2016. Ceux-ci sont ainsi décomposés en marge brute distribution, marge brute industrie et prix des produits agricoles, en remontant parfois jusqu'aux années 2000 afin de mettre en évidence les tendances sur le long terme. Comme le note Philippe Chalmin, président de l'OFPM, dans son propos introductif, ces analyses font ressortir le contraste entre l'instabilité accrue des prix agricoles et la stabilité des prix alimentaires.

Cette approche est complétée par des analyses sectorielles des coûts de production agricole et des coûts par rayon alimentaire dans la grande distribution, pour les filières suivantes : viande porcine et charcuterie, viande bovine, volailles de chair et lapins, produits laitiers de lait de vache, pain, pâtes alimentaires, fruits et légumes, produits de la pêche et de l'aquaculture. L'Observatoire propose également un outil d'analyse macro-économique des dépenses alimentaires en France : « l'euro alimentaire » (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog). Pour la première fois, cette analyse de l'euro alimentaire (inspirée du food dollar publié aux États-Unis par l'USDA) inclut la restauration hors domicile.

L'euro alimentaire : décomposition de 100 € de dépenses alimentaires de 2013 en importations, valeurs ajoutées et taxes

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Source : FranceAgriMer – OFPM

Ainsi, en 2013, un montant de 100 € de dépenses alimentaires était composé de 10,90 € d'importations alimentaires, 14,90 € d'importations d'intrants, 64,70 € de valeur ajoutée aux différents stades de la filière et 9,50 € de taxes. Entre 2010 et 2013, cette valeur ajoutée totale, toutes branches incluses, a diminué de 3 €, notamment en raison de la hausse des prix des produits importés et utilisés en consommations intermédiaires.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Observatoire de la formation des prix et des marges

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Analyse de la répartition de la valeur ajoutée dans trois filières biologiques de plusieurs pays de l'Union européenne

Le rapport d'une étude traitant de la distribution de la valeur ajoutée pour quelques produits issus de l'agriculture biologique a été mis en ligne en juin sur le site de la Commission européenne. Les travaux, menés en 2016 par des chercheurs d'instituts allemand, italien, britannique et suisse, avaient pour objectifs de mesurer la valeur ajoutée de l'agriculture biologique, de la comparer aux filières équivalentes en conventionnel, d'en estimer la répartition entre producteurs, transformateurs et distributeurs, et enfin d'identifier les facteurs influençant cette distribution.

Au-delà d'une revue de littérature, de la consultation d'experts et de l'analyse de bases de données issues du RICA européen et d'Eurostat, les auteurs sont parvenus à constituer des données originales provenant d'enquêtes auprès des parties prenantes de diverses filières. Au cours d'entretiens avec des producteurs, transformateurs et distributeurs, ils ont pu intégrer prix, volumes et coûts à un logiciel de calcul conçu pour l'étude. Diverses méthodes d'analyse économique ont ensuite été appliquées. Au total, dix-huit filières ont été étudiées, au sein de neufs États membres, et ce pour trois produits : lait conditionné, pommes et blé dur pour pâtes.

Différences entre prix au producteur et prix de vente au consommateur (pommes bio et conventionnelles, €/kg, pour l'année 2016)

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Source : Commission européenne - calculs des auteurs à partir de données issues des enquêtes d'Eurostat, de la DG AGRI et du RICA européen

Parmi les principales conclusions, il est constaté que les filières biologiques étudiées sont largement intégrées à de longues chaînes d'approvisionnement et génèrent une valeur ajoutée plus importante qu'en conventionnel, du fait notamment de l'efficacité de ces chaînes, d'une forte demande et de la différenciation des produits. Par ailleurs, la répartition de la valeur ajoutée varie aussi bien entre pays qu'entre filières, et dépend généralement du niveau d'intégration et des relations de pouvoir entre acteurs. La part relative de la valeur ajoutée perçue par les agriculteurs, qui va de 3 à 64 % pour les dix-huit filières étudiées, n'est globalement pas supérieure à celle de l'agriculture conventionnelle. De plus, la part de la valeur ajoutée revenant au producteur pour les produits vendus par les distributeurs spécialisés n'est pas supérieure à celle des réseaux de vente généralistes. Enfin, les auteurs formulent plusieurs recommandations associées à divers exemples de filières, dont l'intérêt de favoriser la coopération en amont des filières et l'intégration verticale de celles-ci.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

16:08 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : bio, valeur ajoutée |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/06/2017

Les pertes après récolte : la nécessité de structurer le débat

Un article de Food Policy, mis en ligne récemment, présente une revue critique de la littérature sur la question des pertes après récolte (par l'agriculteur ou lors du transport notamment) en Afrique subsaharienne. Un rapport de la FAO estime qu'approximativement 20 % du volume de la production en grains, dans cette région, sont perdus avant d'arriver aux consommateurs. Les auteurs font une recension des méthodologies de quantification des pertes, et dressent un panorama des stratégies mises en place et de leurs impacts. Sur le terrain politique, ces réflexions méthodologiques s'inscrivent dans le cadre des Objectifs de Développement Durable, pour lesquels est fixée une réduction de moitié des pertes et gaspillages alimentaires en 2030.

Les méthodes pour quantifier les pertes après récolte et leur potentiel de réduction sont multiples et vont de la modélisation/simulation macro aux observations directes de terrain, dont les résultats diffèrent de manière importante. D'après les auteurs, au-delà de la mise en place de la méthode la plus idoine, le niveau optimal de pertes est difficilement mesurable à travers le seul prisme du volume, car la perte de qualité nutritionnelle et les considérations financières et institutionnelles sont également à prendre en compte. Ils soulignent que la mesure des pertes après récolte devrait plutôt se fonder sur une approche holistique, afin de relever des défis plus larges à l'échelle de la filière (structuration) et de la population (sécurité alimentaire).

Dans un second temps, les auteurs dressent un panorama des stratégies les plus utilisées et de leurs impacts sur la réduction des pertes en volume. Ils soulignent le problème du manque d'information sur l'impact des pertes sur le revenu, le comportement d'épargne, l'investissement ou encore la participation au marché des agriculteurs : une meilleure connaissance de ces éléments permettrait de mieux fonder ces stratégies. Le document passe enfin en revue les différentes options qui, selon les auteurs, seraient à mettre en place à un niveau national, afin de privilégier les approches intégratives (investissements dans des infrastructures de transport et sanitaires, généralisation des warehouse receipt systems, etc.).

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : Food Policy

09:30 Publié dans Filières agricoles, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : pertes, afrique sub-saharienne, post-récolte |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/02/2017

La neutralité carbone à 2050 permise en France grâce à l'agriculture et la forêt

Face à la diversité et à l'ampleur des évolutions intervenues depuis son dernier exercice (2011), l'association négaWatt vient de publier un nouveau scénario de transition énergétique à 2050, qui s'articule avec le scénario Afterres 2050. En effet, s'appuyant sur une approche systémique de la consommation et de la production énergétique, le rapport fait l'inventaire chiffré des évolutions nécessaires, au-delà de l'évolution tendancielle, secteur par secteur, notamment l'habitat, l'agriculture et l'alimentation. Dans une économie décarbonée et plus sobre, la biomasse est alors la principale source d'énergie : combinant réduction des émissions agricoles et amplification du puits de carbone forestier, le scénario débouche sur la neutralité carbone en 2050.

Les auteurs mentionnent toutefois le risque de saturation des puits de carbone, forestiers d'abord puis agricoles, entre 2050 et 2100, conduisant à une reprise des émissions nettes.

Principe de modélisation du scénario négaWatt

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Source : association négaWatt

10:44 Publié dans 1. Prospective, Climat, Filières agricoles, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : negawatt, afterres |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/01/2017

Les filières viande du Massif Central à l'horizon 2050

Fin 2016, l'Inra a publié une étude prospective sur les filières viande de ruminants du Massif Central à l'horizon 2050, réalisée à la demande du Commissariat général à l'égalité des territoires. Basée sur la méthode des scénarios, cette prospective analyse les futurs possibles des filières bovines et ovines, afin d'identifier les enjeux et leviers d'adaptation ainsi que les axes de recherche à développer, pour une zone qui rassemble un tiers des bovins et plus de la moitié des ovins français.

Après identification des déterminants externes au massif (changement climatique, consommation européenne de viande, politiques agricoles et environnementales, stratégie et organisation des filières européennes) et des déterminants internes (modèles professionnels et sociologie agricole, aménagement du territoire), les auteurs établissent cinq scénarios contrastés pour les filières locales. Évolution de la consommation, concurrence internationale, agro-écologie, valorisation de l'herbe et flux internationaux sont au centre de ces scénarios, dont chacun a fait l'objet d'une modélisation à l'échelle du massif en termes de cheptel, production de viande et de lait, utilisation du territoire, emploi direct et indirect et impacts environnementaux. Ils peuvent ainsi être analysés et comparés directement selon différents enjeux chiffrés, donnant un relief particulier à la démarche prospective : les graphiques ci-dessous en fournissent une illustration pour les emplois et la production.

Nombre d'emplois directs et indirects estimés dans les scénarios 2050 (REF = situation actuelle)

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Source : Inra ; annotations CEP

Par exemple, le nombre d'emplois agricoles directs diminue dans tous les scénarios par rapport à la situation de référence (environ 90 000), la baisse la plus faible étant rencontrée dans le scénario 3 (75 000 emplois conservés).

Production de lait, de viande et d'animaux vivants dans le Massif Central, modélisée dans les scénarios

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Source : Inra

Cette prospective met bien en évidence l'importance centrale de la valorisation de l'herbe, de manière plus ou moins intensive selon les scénarios. Par ailleurs, les auteurs pointent l'enjeu central que constitue l'adaptation de l'offre en viande à la demande sociale, entre production d'animaux maigres destinés à l'exportation et engraissement local à l'herbe. Il ressort de la comparaison des différents scénarios que cette offre doit être construite dans une recherche de qualité, grâce à une organisation collective renforcée.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

10:00 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : massif central, élevage, viande, inra, cget |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/01/2017

Accompagner la transition vers une économie circulaire, un enjeu important pour les secteurs agricole, forestier et alimentaire

L'économie circulaire, par opposition à l'économie linéaire, vise à concilier gestion durable des ressources et croissance économique. La préservation du capital naturel est au cœur du modèle, qui ne se limite pas aux seuls leviers du recyclage ou de l'allongement de la durée d'utilisation des biens, ainsi qu'un rapport récent de l'Institut Montaigne le rappelle.

Économie circulaire : une multiplicité de leviers pour poursuivre la croissance et préserver le capital naturel

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Source : Institut Montaigne

Croissance, innovation et collaboration sont les principales caractéristiques motivant une réflexion sur les moyens d'orienter l'économie actuelle vers le cercle vertueux de l'économie circulaire. Après une revue des bénéfices attendus aux différentes échelles (monde, territoire, entreprise, individu), le rapport fait le point à la fois des outils d'évaluation et des politiques ou stratégies déjà mises en œuvre à l'échelle de pays ou d'entreprises. Plusieurs exemples tirés de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire sont ainsi mis en avant.

Source : Institut Montaigne

09:20 Publié dans Filières agricoles, Forêts Bois, Territoires | Lien permanent | Tags : économie circulaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/09/2016

Rapport du HLPE sur les rôles de l'élevage dans le développement agricole durable

Après un rapport consacré à l'eau en 2015, le groupe d'experts de haut niveau du comité pour la sécurité alimentaire mondiale (HLPE) a publié en août 2016 un rapport consacré aux rôles de l'élevage en faveur d'un développement agricole durable. Compte tenu de sa place centrale dans l'agriculture mondiale en termes d'usage des sols, de poids économique, de gestion de la fertilité, de force de traction et de réserve de capital (cheptel), l'élevage représente en effet un axe majeur du développement agricole, soumis à des enjeux cruciaux, notamment économiques, alimentaires, nutritionnels, sanitaires et environnementaux.

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Les auteurs font ressortir les défis globaux auxquels chaque grande catégorie de systèmes d'élevage est confrontée. Ainsi, les petites exploitations mixtes sont contraintes par un accès limité aux ressources et aux marchés, et possèdent des moyens d'adaptation limités. Les systèmes pastoraux sont, de plus, exposés à des conflits d'usage des ressources en eau et en terre, et représentent un enjeu majeur en termes de santé animale et de risques de zoonoses. Pour les systèmes herbagers, les principaux défis sont la gestion des herbages, la concurrence pour l'usage des terres et les conditions de travail. Enfin, les systèmes intensifs se heurtent à d'importants défis environnementaux, au développement de résistances aux antibiotiques et aux conséquences sociales de l'intensification (dévitalisation des zones rurales et vulnérabilité des travailleurs migrants). Ces élevages intensifs apparaissent aussi moins résistants et plus exposés aux risques économiques, l'intensification de la production par unité de surface se traduisant par une dépendance accrue aux prix d'achat et de vente.

Face à ces défis, les experts développent des recommandations transversales, comme la préservation et la gestion commune des ressources zoogénétiques, ou, dans la lignée des rapports antérieurs du HLPE, la mise en place d'outils permettant de gérer et limiter l'instabilité des prix, notamment via le stockage de céréales. Ces recommandations sont déclinées pour les différentes familles de systèmes d'élevage. Ainsi, la sécurisation du foncier et des droits d'usage apparaît primordiale pour les petites exploitations mixtes et les systèmes pastoraux, tandis que les élevages intensifs devront évoluer pour limiter leurs externalités environnementales négatives.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : HLPE

15:21 Publié dans Filières agricoles | Lien permanent | Tags : hlpe, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/09/2016

Développement durable et filières tropicales, Estelle Biénabe, Alain Rival, Denis Loeillet (éditeurs)

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Accroissement et diversification de la demande alimentaire, intensification écologique de l'agriculture, prise en compte du changement climatique constituent autant d'enjeux majeurs auxquels sont confrontées les productions et filières agricoles. Dans cet ouvrage, le Cirad et l'AFD proposent de traiter la problématique du développement durable sous l'angle des filières agricoles tropicales en les appréhendant comme i) vecteurs de développement, ii) espaces d'innovation, iii) objets d'évaluation et iv) cadres de régulation.

Dans la première partie, la filière est vue comme un vecteur de développement à différentes échelles, des acteurs individuels aux actions collectives, des territoires aux politiques publiques. Une mise en perspective historique du concept de « filière », dans les pays du Sud, montre qu'elle représente un type particulier de développement, prenant peu en compte la durabilité environnementale et sociale. Les filières sont ensuite envisagées comme des espaces d'innovation pour le développement durable : se fondant sur l'expérience du Cirad, la deuxième partie traite des évolutions des thématiques et des dispositifs de recherche pour l'innovation. La troisième aborde la transition énergétique et la place croissante de la bioénergie. Les filières sont vues comme objets d'évaluation dans la quatrième partie, avec un accent particulier mis sur les méthodes d'analyses du cycle de vie (ACV). Enfin, la dernière partie les aborde comme cadres de régulation. Elle discute ainsi les intérêts et limites des nouvelles formes de gouvernance privée et publique : stratégies de responsabilité sociale et environnementale (RSE) des filières agro-industrielles, paiements pour services environnementaux (PSE) ou démarches volontaires environnementales des industries.

La conclusion de l'ouvrage insiste sur la nécessité de dépasser les découpages sectoriels en filières spécialisées, pour un développement plus durable, en y ajoutant une dimension territoriale. De nouvelles perspectives de recherche sont évoquées, telles l'enrichissement des ACV par des données sociales et territoriales ou l'approche de la durabilité des systèmes alimentaires à plusieurs échelles.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Lien : Quae

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06/09/2016

Le vin scruté par La Recherche : des effets du changement climatique à ceux de l’agriculture biologique

L’édition de juillet-août 2016 de La Recherche propose un dossier sur « Le vin : ce qu’en dit la science », associant des chercheurs de diverses disciplines et des journalistes scientifiques qui vulgarisent les derniers principaux enseignements académiques sur le sujet. Six thèmes sont approfondis : les impacts du changement climatique sur le vignoble français (stratégies possibles d’adaptation de la vigne, conséquences organoleptiques sur le vin) ; l’histoire de l’apparition et de la consommation de vin en France depuis la fin du néolithique ; les mécanismes chimiques sur lesquels repose la vinification ; la performance environnementale du vin bio ; l’influence du contenant sur la perception du contenu ; et les effets du vin sur la santé.

Parmi les travaux sélectionnés, le projet Laccave (Long term adaptation to climate change in viticulture and enology) de l’INRA, sur les stratégies d’adaptation de la vigne au changement climatique, fait l’objet d’un focus spécifique. Associant 80 chercheurs de différentes disciplines depuis 2012, il explore les perspectives offertes par de récents progrès en génétique, en sélection variétale et en agronomie, en particulier sur la gestion de l’eau et du sol.

Source : La Recherche

13:42 Publié dans Agronomie, Climat, Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : vin |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2016

Développement des productions agricoles et alimentaires biologiques

Sous ce titre, la revue Innovations agronomiques aborde trois questions, également traitées lors d'une conférence. La première est simple : quels sont les déterminants et les dynamiques de la conversion en bio ? Selon A. Dufour, F. Alavoine-Mornas, J. Godet et S. Madelrieux, « les agriculteurs qui se convertissent à l’AB doivent relever de nombreux défis, parmi lesquels la redéfinition du sens de leur métier ». Cette redéfinition se fait autour de trois dimensions importantes : le rapport au vivant, le gain d’autonomie et l’inscription des activités dans le marché. Parmi les déterminants du développement du bio sont évoquées la concentration de la production en agriculture biologique sur certains territoires ou encore l’inscription du bio dans les enjeux de gestion de l’eau.

Deuxième question : quels sont les enjeux de structuration pour ces filières ? Une étude sur la gestion des éléments minéraux fertilisants souligne, par exemple, que « les exploitations biologiques ont recours indirectement à la fertilité héritée des engrais de synthèse », ce qui pose question au regard du « principe d’écologie » (interdiction du recours aux intrants chimiques). Sont également évoqués des enjeux de régulation : regroupement de l’offre, maîtrise des prix, exigences du label, etc.

Enfin, une troisième série d’articles porte sur la diffusion du bio : quel peut être son rôle dans l’animation des territoires, qu’est-ce qui circule entre agriculteurs bio et conventionnels dans les groupes d’éleveurs, ou entre agriculteurs expérimentés et novices dans les dispositifs d’installation ? Le dossier est encadré par deux synthèses : l’introduction de G. Allaire propose notamment une périodisation du développement de l’AB, tandis que la conclusion de S. Bellon la met en regard avec l’institutionnalisation de l’agro-écologie.

Par ailleurs, un article sur la gouvernance du « bio », publié par la revue Agriculture & Human Values, revient sur la mise en place à l’échelle mondiale d’un « régime tripartite de gouvernance par les standards », articulant définition des qualités, certification et accréditation. De façon convergente avec le dossier d’Innovations agronomiques, le développement de l’agriculture bio apparaît donc à la fois comme une réussite et comme un facteur de déstabilisation de ses acteurs historiques, liée à la « conventionnalisation » de ce mode de production.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : Inra, Agriculture and Human Values

15:35 Publié dans Agriculteurs, Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : bio |  Imprimer | | | | |  Facebook