Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/12/2020

#esaconnect 2020 : réseaux sociaux, outils d’intermédiation et apprentissages

Cette année, les Rendez-vous de l'agriculture connectée, organisés par la chaire Mutations agricoles de l’École supérieure d’agricultures (ESA) d'Angers, étaient consacrés à la façon dont internet et les réseaux sociaux transforment les modalités de débat sur et dans l’agriculture. Qui intervient dans ces espaces en ligne et assiste-t-on à une diversification des profils ? Comment le numérique renouvelle-t-il les formes d'expression, tant personnelles que politiques ? Leur dynamique permet-elle un décloisonnement des savoirs, ou ces espaces contribuent-ils, au contraire, à l'éclatement des référentiels techniques, à la formation de « bulles » et de nouveaux entre-soi professionnels ? Que sait-on de la réception et de la portée de ces débats sur l'image des agriculteurs ? Ces questions ont été discutées dans quatre conférences et deux tables rondes.

Dans la conférence introductive, B. Thareau (ESA d'Angers) rappelle que l'agriculture française, principalement organisée dans le cadre de la famille, s'est dotée de nombreux collectifs pour « produire des connaissances » (groupes de développement), « coopérer » (organisations de producteurs) et « représenter » (syndicats). Les réseaux sociaux ont contribué à réorganiser, mais aussi à conforter, ces trois « fonctions sociales », en créant de nouvelles intermédiations : espaces de dialogue en groupes sur Whatsapp ou Facebook, pour la production de connaissances et l'échange d'informations entre pairs ; blogs et micro-blogging (comme sur Twitter) s'agissant de la (re)présentation du métier ; plates-formes et sites spécifiques de mise en relation, pour la « coopération physique hors média ».

En complément de trois présentations s'intéressant aux évolutions générales (communication politique en ligne, mesures d'opinion, transformations du travail), deux riches discussions abordent ces nouvelles pratiques. L'une porte sur les chaînes vidéo d'« agriyoutubeurs » comme celle d'Étienne Fourmont. L'autre s'intéresse à la circulation des connaissances au sein du monde agricole, et souligne le rôle des vidéos pédagogiques et des « tutos » en ligne, pour la formation initiale et pendant la phase d'installation, comme celles de Ver de Terre productions.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Chaire Mutations agricoles - ESA d'Angers

14/12/2020

Les motivations des agriculteurs britanniques lors du vote sur le Brexit

Dans un article récemment publié dans le Journal of Rural Studies, des chercheurs britanniques ont analysé les raisons pour lesquelles des agriculteurs ont voté en faveur du Brexit : la peur de perdre le contrôle de son exploitation, compte tenu des réglementations européennes, en est la principale motivation.

Les auteurs se sont appuyés sur la théorie des comportements planifiés, selon laquelle la majorité des décisions seraient influencées, en amont, par la perception individuelle de la désirabilité du comportement et de ses conséquences, de l'opinion des proches (normes sociales) et de la capacité à mettre en œuvre le comportement en question. Afin de quantifier le poids de chacun de ces facteurs dans la prise de décision finale, les auteurs ont administré un questionnaire fermé mesurant, sur des échelles de Likert, le positionnement des agriculteurs par rapport à différentes assertions. Grâce à la méthode dite de la « boule de neige », comptant sur une diffusion du questionnaire de proche en proche pour toucher de façon homogène l'ensemble du territoire, ils ont recueilli 523 réponses.

Ils ont ensuite estimé le poids de chacun des ensembles de facteurs dans le vote final, pour faire apparaître les corrélations, en ayant au préalable regroupé les agriculteurs par types. Il apparaît que les agriculteurs gérant les plus grandes exploitations, les hommes et les individus ayant le plus faible niveau d'études ont eu une plus grande propension à voter en faveur du Brexit.

Les estimations du modèle ont permis de mesurer l'importance des perceptions, par les agriculteurs, de la réglementation européenne, de leurs attitudes envers l'UE et de leur capacité à contrôler les facteurs ayant un impact sur les performances de l'exploitation. Les auteurs ont aussi identifié l'image que les exploitants ont d'eux-mêmes et de leur rôle social. L'idée d'autonomie, qui se rattache au statut d'indépendant, y est centrale, alors même que les politiques agricole et alimentaire, très normatives, apparaissent comme une contrainte. Ainsi, ceux qui ont voté en faveur du Brexit avaient avant tout le sentiment de pouvoir retrouver des marges de manœuvre dans la conduite de leur exploitation.

Modèle comportemental de la décision de vote des agriculteurs en faveur du Brexit

brexit.jpgSource : Journal of Rural Studies

Lecture : les coefficients issus des estimations indiquent l'importance et le sens de la relation.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Journal of Rural Studies

07/12/2020

Criminalité agricole : un impact qui dépasse les aspects économiques

Connue surtout par les éléments rapportés dans les médias, la criminalité qui s'exerce à l'encontre des entreprises agricoles (vols de bétail et de matériel, dégradations, etc.) a des impacts lourds sur la santé psychique des agriculteurs victimes. C'est la principale conclusion d'une étude récemment publiée dans le Journal of Rural Studies, à partir d'une enquête exploratoire menée au Royaume-Uni, qui invite à approfondir les recherches sur ce sujet méconnu.

Source : Journal of Rural Studies

 

08:55 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : risques, agriculteurs, dégradation |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/11/2020

Réformes de la Politique agricole commune et aversion au risque des agriculteurs : enseignements d'une étude empirique en Italie

Un article publié en septembre 2020 dans la European Review of Agricultural Economics propose une estimation empirique de l'évolution temporelle de l'aversion au risque des agriculteurs italiens. Il analyse l'influence sur celle-ci des réformes successives de la Politique agricole commune (PAC) et des chocs climatiques. Comme le soulignent les auteurs, jusqu'ici peu d'études se sont intéressées aux facteurs pouvant modifier l'aversion au risque, en dépit du rôle important de ce paramètre dans les choix de production et d'investissement.

L'étude porte sur 36 600 exploitations agricoles italiennes spécialisées en grandes cultures, sur la période 1989-2009. Elle mobilise les données issues du réseau d'information comptable agricole national. Les auteurs utilisent la méthode d'estimation économétrique de Antle, qui consiste à inférer l'aversion au risque des agriculteurs à partir des choix de production qu'ils effectuent, via leur influence sur la distribution de probabilités de leurs profits. L'hypothèse de stabilité de l'aversion au risque sur différentes sous-périodes est aussi envisagée grâce à des tests de Wald.

L'analyse montre d'abord que cette aversion des agriculteurs italiens, en grandes cultures, a été positive sur l'ensemble de la période 1989-2009, confirmant les travaux antérieurs. Mais elle n'a pas été constante dans le temps : elle a augmenté entre 1993 et 1995, lors de la phase de transition liée à la réforme Mac Sharry de la PAC (baisse des prix garantis, aides découplées). Elle a légèrement baissé ensuite, lors de la mise en œuvre de ladite réforme (1996-1999), tout en restant supérieure à son niveau d'avant 1992. Selon les auteurs, c'est l'incertitude quant au devenir des dispositifs de soutien public qui expliquerait cette hausse, en dépit d'un effet stabilisateur des aides directes sur le revenu. Autre résultat intéressant, les sécheresses de 2003 et 2007 ont eu peu d'effet sur l'aversion au risque et ont même paradoxalement coïncidé avec une légère baisse, pouvant être due à d'autres facteurs.

En définitive, cette étude montre qu'il est judicieux de s'intéresser aux effets des changements de politique agricole sur l’aversion au risque des agriculteurs, afin de mieux anticiper leurs impacts, possiblement indésirables dans les périodes de réforme.

Coefficients d'aversion au risque estimés et test de Wald d'égalité des coefficients

Risques.jpgSource : European Review of Agricultural Economics

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : European Review of Agricultural Economics

18:24 Publié dans 4. Politiques publiques, Agriculteurs, PAC | Lien permanent | Tags : risques, agriculteurs, politiques agricoles |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/11/2020

Robots de traite et bien-être au travail des éleveurs

Selon une étude norvégienne récemment publiée dans le Journal of Rural Studies, l'utilisation de robots de traite peut être un facteur de stress pour les éleveurs. Grâce à une enquête par internet auprès d'exploitants équipés (739 réponses), le bien-être de ces éleveurs a été mesuré, en matière de revenus, de satisfaction professionnelle, de santé psychique et de conciliation des vies familiale et professionnelle. Ils ont ensuite identifié les facteurs de dégradation de ce bien-être, particulièrement ceux liés directement à l'utilisation des robots de traite.

Ils mettent ainsi en évidence la fragilité des éleveurs lors de la phase d'appropriation du fonctionnement des robots, évaluée à 4 années à la suite de l'investissement : maîtrise imparfaite, organisation non stabilisée, occupation supérieure en temps, revenu en retrait, etc. De plus, ils sont nombreux à ne pas utiliser les données produites par le système, par manque de compétences, générant un surcroît de stress qui pourrait être réduit par de la formation et un accompagnement mieux ciblé.

Source : Journal of Rural Studies

16:55 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : stress, agriculteurs, robotisation, apprentissage |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/10/2020

Améliorer l'efficacité des politiques publiques de réduction des risques liés aux pesticides

Dans un article paru dans Nature Food, neuf auteurs partent du constat, en Europe, que les politiques publiques visant à limiter les risques liés à l'usage des pesticides n'atteignent pas leur objectif. Ils recommandent dix leviers par lesquels améliorer l'efficacité de ces politiques, regroupés selon trois problématiques principales : définir des objectifs et des indicateurs simples, judicieux et mesurables ; prendre en compte les comportements des agriculteurs et des consommateurs ; assurer l'accès à des systèmes efficaces de protection des plantes, sur les plans technique et politique.

Par exemple, les auteurs jugent nécessaire de dépasser les difficultés actuelles à légiférer pour aboutir à une réglementation des technologies de génie variétal s'appuyant sur des considérations scientifiques et pragmatiques. Ils recommandent d'améliorer le processus d'homologation des nouveaux pesticides, pour ne pas le fonder sur des tests de l'industrie mais sur des travaux de laboratoires indépendants accrédités, et pour favoriser une approche globale du risque et non uniquement par pesticide et par culture. Ils font valoir la nécessité de garantir la bonne cohérence des objectifs des politiques publiques sur l'agriculture, pour éviter des messages et actions contradictoires (réduction des pesticides, évitement de l'apparition de résistances, maintien de la productivité, etc.). Les auteurs appellent aussi à favoriser des politiques combinant des mesures de tous niveaux, en entrée de système (ex : taxation des produits) et en sortie (ex : traitement des eaux). Dans ce cadre, ils soulignent la nécessité d'avoir des marges de manœuvre pour faire évoluer ou remplacer les instruments contradictoires ou inefficaces.

Ils recommandent enfin d'adopter une démarche intégrée pour construire des actions publiques de réduction des pesticides efficaces, régulièrement adaptables, incluant tous les acteurs de la chaîne de valeur, et composantes dans une politique générale de l'alimentation. Ils concluent en signalant que la stratégie Farm to fork et les réformes en cours de la PAC sont de réelles opportunités pour faire un pas en avant dans la construction de politiques publiques de réduction des risques liés aux pesticides.

Une approche holistique des politiques sur les pesticides

pesticides.jpg

Source : Nature Food

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : Nature Food

15/09/2020

Le recensement agricole 2020 en Espagne

Recensement.jpg

Le numéro de juillet 2020 de la revue Índice est consacré aux nouveautés de la version 2020 du recensement agricole espagnol, notamment en matière de consolidation, de standardisation et de gestion des bases de données utilisées. L'innovation principale est le recours massif aux données administratives fournies, entre autres, par le Registro de Solicitud Única (RSU) et le Fondo Europeo Agricola de Desarrollo Rural (FEADER), lesquels sont gérés par le Fondo Español de Garantía Agrícola (FEGA), le Registro de Explotaciones ganaderas (REGA), etc. Lesdites sources vont renseigner environ 70 % de l'univers à enquêter (700 000 exploitations), tandis que les 30 % restants seront destinataires de questionnaires transmis par voie postale ou interviewés en présentiel ou à distance. La publication des résultats est prévue pour mars 2022.

Source : Índice

 

 

16:16 Publié dans Agriculteurs, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : recensement, espagne, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/06/2020

Une approche sociologique des suicides d'agriculteurs

Deux articles récents de N. Deffontaines (sociologue, université du Havre), tirés de sa thèse sur les suicides d'agriculteurs, apportent un éclairage sur les « configurations suicidogènes » et les données disponibles pour en rendre compte (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog). La méthodologie, détaillée dans l'article de Genèses, consiste à interroger non pas des parents du défunt, mais des « proches éloignés » (voisins agriculteurs, travailleurs sociaux) qui ont croisé sa trajectoire, sans pour autant être des intimes. Cette perspective permet de mettre en lumière deux traits peu visibles dans les données administratives : « le poids normatif de la régulation familiale de l'activité agricole » et les « disqualifications » par lesquelles le suicidé s'est « retrouvé progressivement exclu des diverses scènes sociales auxquelles il participait ». Le deuxième article, paru dans Sociologie, approfondit l'analyse du suicide dit « fataliste » (selon la terminologie très ancienne de Durkheim), un des quatre types de passage à l’acte (voir à ce sujet un entretien récent avec l'auteur).

Sources : Sociologie, Genèses

11:02 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : suicide, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/05/2020

Qu'apportent les groupes d'échanges d'agriculteurs sur les questions climatiques ?

L'agriculture est aujourd'hui responsable du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre et les politiques publiques incitent les agriculteurs à adopter des pratiques favorables au climat. Pour y parvenir, une des solutions est de constituer des groupes d'échanges participatifs, associant chercheurs, conseillers et producteurs. Dans un article du Journal of Rural Studies, une équipe évalue l'efficacité de telles démarches, à travers l'étude du programme écossais Farming for a Better Climate. Grâce à la mise en place de groupes participatifs, il vise à permettre aux agriculteurs d'acquérir des compétences et des connaissances nouvelles sur les relations entre climat et agriculture. Il s'agit de favoriser l'adoption de pratiques agricoles bénéfiques pour le climat et de renforcer la résistance des exploitations. Les méthodes d'évaluation mobilisées combinent approches quantitatives quasi-expérimentales et qualitatives (entretiens, observations participantes, etc.).

Objectifs du programme (PEP) et indicateurs utilisés pour l'évaluation

Ecosse.jpg

Source : Journal of Rural Studies

Lecture : pour chaque indicateur, le type de méthode utilisé pour l'évaluation est indiqué entre parenthèses (QN pour les méthodes quantitatives et QL pour les méthodes qualitatives). RE signifie « renewable energy ».

L'évaluation met en évidence un effet globalement positif de ce programme. Les entretiens réalisés auprès des participants soulignent toutefois que la dimension participative de ces démarches aurait pu être renforcée, nombre d'entre eux regrettant une approche trop descendante. Les analyses quantitatives montrent un effet significativement positif du programme sur l'acquisition de connaissances et compétences relatives au lien entre agriculture et climat, mais aussi concernant l'adoption de pratiques favorables à celui-ci. Néanmoins, les entretiens conduisent à nuancer ce résultat, le recours à ces pratiques résultant moins de la participation aux échanges que d'impératifs économiques (réduction des dépenses liées aux engrais et carburants notamment). Concernant la capacité de résistance des exploitations, peu d'analyses ont pu être conduites, faute d'indicateurs disponibles, mais les auteurs montrent cependant que les agriculteurs ayant participé à ce programme tendent à avoir des sources de revenu plus diversifiées.

Si cette évaluation montre une certaine utilité des groupes d'échanges pour concilier agriculture et climat, les auteurs appellent, en conclusion, à ne pas négliger les autres outils de politiques publiques (régulation, subventions, etc.).

Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective

Source : Journal of Rural Studies

10:14 Publié dans Agriculteurs, Climat | Lien permanent | Tags : ecosse, climat, groupes participatifs, agriculteurs, conseillers, chercheurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2020

Trois quarts des agriculteurs se disent insatisfaits de leurs relations avec les industriels

Dans un contexte d'évaluation des premières répercussions de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, un sondage IPSOS, conduit en novembre-décembre 2019 auprès de 240 agriculteurs, fait état de leur insatisfaction toujours profonde dans leurs relations avec les industriels. Les premières causes citées sont la non-prise en compte des besoins et difficultés (51 %), le manque de mise en valeur des produits et de leurs qualités (44 %), et le défaut d'engagement dans leurs relations au sein de la filière (31 %). Les attentes sont aussi fortes vis-à-vis des autres acteurs de celle-ci, 55 % des répondants souhaitant des relations plus équilibrées et plus justes à cette échelle. Ils s’expriment également en faveur d’une implication plus forte des distributeurs (21 % des répondants), des industriels (18 %) et des coopératives (16 %).

Source : IPSOS

17:33 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : relations commerciales, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/03/2020

À niveau égal de revenu et de formation, les agriculteurs et les forestiers américains ont un état de santé équivalent à celui des autres actifs

À partir de données de santé sur la population des États-Unis, un chercheur de l'université de Pennsylvanie a montré que travailler dans les secteurs agricoles ou forestiers n'était pas corrélé avec un état de santé dégradé par rapport au reste de la population. Utilisant les résultats 2008-2017 de l'enquête annuelle nationale, par entretien, menée auprès d'un échantillon de 87 500 personnes représentatif de la population, l'auteur a isolé les répondants déclarant avoir récemment travaillé dans les secteurs agricoles, forestiers ou miniers. Il a ensuite étudié l'impact éventuel, sur la santé, d'une activité professionnelle au contact de la nature et des ressources naturelles. Si les actifs agricoles et forestiers sont en moins bonne santé que les autres travailleurs, cette différence (faible) est plutôt liée au fait qu'ils sont en moyenne moins bien formés et ont des revenus plus limités.

Source : Journal of Agromedicine

15/01/2020

État des lieux de la recherche mondiale sur la santé mentale des agriculteurs

La première méta-analyse de la littérature scientifique portant sur la santé mentale des agriculteurs, dans le monde, a été publiée en décembre 2019 dans PLOS ONE, par des chercheurs canadiens. Les publications sélectionnées traitent de santé mentale sous des angles négatifs (stress, dépression, suicide) ou positifs (résilience), et se focalisent sur les travailleurs agricoles. Cette revue porte sur 341 documents, uniquement en langue anglaise et couvrant près de 30 ans (1979 à 2017).

La grande majorité de ces études a été conduite aux États-Unis (35%), en Australie (19%), en Inde (13%) et au Royaume-Uni (7%). 16 % d'entre elles ont été menées dans des pays européens et seulement 3 % sont des études internationales. Si on constate une augmentation sensible de la fréquence des publications sur ce thème, le spectre couvert reste limité. La majorité des travaux portent sur le stress (143), la dépression (111) ou le suicide (113). Peu traitent des questions d'anxiété (51), de burn-out (2) ou de résilience (20). Enfin, seules 20 publications abordent la question de la prise en charge, notamment au travers de l'évaluation des dispositifs publics mis en place.

Les auteurs concluent au manque de connaissances quantitatives sur la prévalence des maladies mentales parmi les agriculteurs, et plus encore sur les facteurs de risques ou protecteurs, ainsi que sur les dispositifs d'intervention auprès de ces populations.

Nombre d'études, par an, portant sur la santé mentale au sein de la population agricole

Sante-mentale.jpg

Source : PLOS ONE

Source : PLOS ONE

14:45 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : santé mentale, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/01/2020

Quels leviers pour aider les producteurs européens à faire face aux évolutions potentielles de leur environnement de travail d'ici 2030 ?

L'Iddri a présenté, dans une publication de novembre, un exercice de prospective (réalisé dans le cadre du projet SUFISA), explorant les potentiels changements, d'ici à 2030, dans l'environnement de travail des producteurs européens. Pour ce faire, cinq variables structurantes ont été considérées (politiques commerciales, demande globale, régimes alimentaires, organisation des filières, technologies) pour construire quatre narratifs possibles. Ensuite, ont été envisagés les leviers individuels, collectifs et politiques, pour faire face à ces évolutions. Les auteurs recommandent ainsi d'accroître le niveau de différenciation des produits, pour se placer sur des marchés de plus en plus segmentés, et de renforcer des dynamiques de filières (ex. : organisations de producteurs).

Source : Institut du développement durable et des relations internationales

14:19 Publié dans 1. Prospective, Agriculteurs | Lien permanent | Tags : iddri, sufisa, agriculteurs, 2030 |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/09/2019

Insurrections paysannes. De la terre à la rue : usages de la violence au XXe siècle, Édouard Lynch

Lynch.jpg

Ce qu'il y a de bien, avec les historiens, c'est qu'ils travaillent dur, respectent leurs sources et aiment encore écrire de gros livres. La présente publication d'Édouard Lynch, professeur à l’université Lyon 2, répond à tous ces critères, et encore ne s'agit-il là que d'une version condensée de son volumineux mémoire d'habilitation à diriger des thèses (plus de 1 200 pages), achevé en 2012.

En France, les actions collectives paysannes, différentes des autres mobilisations professionnelles, ont donné lieu à de nombreuses études, dont cet ouvrage se démarque à plus d'un titre. D'abord par l'ampleur de la période explorée, allant de 1870 à 1977, cette dernière date étant imposée par la disponibilité des archives. Ensuite, l'auteur s'est essentiellement intéressé aux luttes paysannes violentes : barrages, saccages de bureaux, déversement de purin, destruction de produits, affrontements avec les forces de l'ordre, etc. De plus, loin des habituelles monographies locales, Lynch propose une vue d'ensemble de toute la conflictualité agricole. Pour ce faire, il s'appuie sur des archives administratives centrales, mais au lieu d'utiliser seulement les sources, classiques, du ministère de l'Intérieur, il mobilise aussi celles du ministère de la Justice, en particulier de la direction des affaires criminelles et des grâces, qui réunissent toutes les enquêtes initiées par les parquets et remontées à Paris en vue de décider ou non d'engager des poursuites.

De facture classique, l'ouvrage comporte quatre parties chronologiques. La première (1870-1914) décrit les premières grèves de salariés agricoles puis les grands conflits viticoles qui embrasent le Midi, à la base d'un double processus de nationalisation des contestations et de maîtrise progressive des codes médiatiques. La partie suivante (1920-1940) montre la tendance à la politisation des luttes, sur fond d'agrarisme et de violence maîtrisée. La troisième (1945-1966) dépeint la radicalisation et la diversification des insurrections agricoles (barrages, luttes intersociales, etc.). La dernière période (1967-1977) voit la généralisation des manifestations-destructions, avec des années 1967 et 1974-76 particulièrement explosives, et des pouvoirs publics restant d'une grande mansuétude.

Dans l'épilogue, l'auteur prolonge son analyse jusqu'à aujourd'hui. Il souligne que le recours à l'action directe reste une spécificité du monde agricole, mais que les dernières décennies se caractérisent par une baisse régulière de la violence et de la logique de confrontation, et ce pour plusieurs raisons : chute de la démographie agricole, reconfigurations du métier, affirmation de nouveaux défis environnementaux ou sanitaires, le tout sous l'œil de réseaux sociaux prêts à stigmatiser n'importe quelle brutalité, même minime et involontaire.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Vendémiaire

16:35 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : lynch, paysans, agriculteurs, insurrections paysannes |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/07/2019

Quels agriculteurs utilisent un smartphone, et pour quoi faire ? Des résultats intéressants d'une enquête allemande

Les résultats d'une enquête sur l'usage de smartphones, menée sur plus de 800 agriculteurs allemands, ont été publiés récemment dans Precision Agriculture. Alors que leur utilisation comme interface en agriculture de précision, dans les pays en développement, font régulièrement l'objet de publications, ce n'est pas le cas dans les pays développés où les infrastructures et les micro-ordinateurs sont largement répandus. Les auteurs ont cherché à vérifier si les critères de recours aux smartphones étaient similaires à ceux déjà repérés pour l'agriculture de précision : type d'exploitation, degré de familiarisation avec les TIC, capital humain, localisation, etc. Au-delà du profil type de l'agriculteur utilisateur, ils ont également déterminé les usages qui en étaient faits.

Si les agriculteurs allemands sont en moyenne moins bien équipés que la population générale (59 % contre 74 %), la moitié des détenteurs utilisent des applications liées à la gestion de leur exploitation. De façon attendue, les plus jeunes et les plus éduqués sont également les plus familiarisés avec ces appareils. La taille de l'exploitation et sa localisation interviennent également, les chefs des grandes exploitations du nord et de l'est de l'Allemagne étant plus enclins à utiliser cette technologie.

Source : Precision Agriculture

13:31 Publié dans Agriculteurs, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : allemagne, smartphone, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook