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11/04/2018

La biodiversité est beaucoup moins médiatique que le changement climatique

Tel est le résultat d'une récente étude portant sur les informations scientifiques relayées par la presse écrite de référence, américaine, canadienne et britannique, en langue anglaise et sur une période de 25 ans (1991-2016). Près de 200 000 articles en provenance de 12 titres (tels que The Washington Post, The Times ou National Post) ont ainsi été recensés à partir de la base Factiva et analysés. Partant du postulat que la prise de conscience du public est essentielle en matière environnementale pour la décision politique et l'adoption de nouveaux comportements, les chercheurs ont identifié la presse comme un relais d'information important. Ils ont donc comparé les fonds publics alloués à la recherche dans les domaines du changement climatique et de la biodiversité, le nombre de publications scientifiques et celui des articles de presse traitant ces sujets.

Le résultat est significatif et l'écart s'amplifie tout au long de la période examinée : avec des fonds engagés deux fois et demi plus importants, des publications scientifiques deux fois plus nombreuses, l'exposition médiatique du changement climatique est, en moyenne sur la période, plus de trois fois supérieure à celle de la biodiversité. L'écart est même de 8 pour 1 sur la dernière année d'analyse, en 2016. Les auteurs identifient une rupture à partir de l'année 2000 : alors que, jusqu'à cette date, le nombre d'articles de presse était corrélé à la fois au financement de la recherche et à l'intensité de l'activité de recherche, ce n'est plus le cas depuis pour la biodiversité. Ainsi, en dépit de fonds publics alloués et d'un nombre de publications scientifiques en hausse sensible sur la période, ce sujet n'a pas été plus évoqué dans la presse.

Exposition médiatique comparée des thématiques "changement climatique" et "biodiversité" dans la presse écrite de langue anglaise aux États-Unis, Canada et Royaume-Uni

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Source : Frontiers in Ecology and Evolution

Au-delà du constat, les auteurs tentent de mettre au jour les causes de ce faible intérêt. Ils avancent plusieurs hypothèses, comme la structuration des communautés internationales de chercheurs, plus récente pour l'IPBES que pour le GIEC, ou la difficulté de trouver un message simple et frappant. Les auteurs identifient également les nombreuses controverses climatiques comme moteur efficace de médiatisation. Enfin, le caractère souvent local des atteintes à la biodiversité rend plus complexe leur relais à un niveau national, voire international.

En matière de communication vers le grand public, les auteurs recommandent par conséquent de s'appuyer sur l'expérience du GIEC, basée sur les résultats de la recherche, mais également de développer les actions de science participative, qui resserrent les liens entre la recherche et la société.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Frontiers in Ecology and Evolution

10:04 Publié dans Environnement, Société | Lien permanent | Tags : biodiversité, changement climatique, médias, presse |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'utilisation du glyphosate annule les bénéfices pour la biodiversité permis par le sans-labour

Suite à un récent communiqué de presse du CNRS et du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), l'impact négatif des pratiques agricoles sur la biodiversité a été largement relayé dans la presse généraliste. Contribuant à ce débat, des chercheurs du MNHN et d'Agrosolutions ont publié mi-mars, dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment, une analyse de l'impact sur les populations d'oiseaux de différentes méthodes de travail du sol de parcelles de blé et de colza d'hiver.

Constatant que les itinéraires sans labour, souvent considérés comme favorables à la biodiversité, présentent diverses techniques de gestion des adventices estivales, ils ont comparé les populations d'oiseaux de parcelles d'Île-de-France où sont pratiqués : a) le labour, b) le sans-labour avec gestion des adventices par traitement au glyphosate, et c) le sans-labour avec implantation d'une interculture pour la gestion des adventices et sans traitement phytosanitaire. À partir de 163 points d'observation sur 73 parcelles, le nombre et les espèces d'oiseaux vus ou entendus ont d'abord été répertoriés. Ces données ont par la suite fait l'objet d'un traitement statistique afin d'isoler l'effet spécifique des itinéraires suivis.

Localisation des parcelles franciliennes étudiées selon la technique de lutte utilisée contre les mauvaises herbes

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Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

Lecture :

- carré : sans labour avec culture intermédiaire - reprises de colza et/ou légumineuses implantées

- étoile : sans labour avec traitement herbicide total 

- triangle : labour

Les résultats montrent qu'il existe, pour les oiseaux, un important bénéfice du sans-labour sans herbicide par rapport au labour. A contrario, il y a plus de deux fois moins d'oiseaux, dans les parcelles sans-labour où du glyphosate a été utilisé, que dans les champs labourés. L'impact négatif de l'herbicide est bien plus important que la nature du travail du sol. Moins de labour et plus d'herbicides ne seraient donc pas une solution pour enrayer l'érosion de la biodiversité.

Ces travaux rejoignent les conclusions d'études récentes concluant que la biodiversité est largement tributaire de la quantité et de la nature des produits phytosanitaires utilisés par les agriculteurs. Un nombre croissant de recherches montrent également qu'une importante réduction de leur utilisation est possible sans impact économique pour une grande majorité d'exploitants, d'autant plus quand elle est couplée à des changements de techniques culturales.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

10:01 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, glyphosate, sans labour, oiseaux |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/12/2017

L'industrie du chocolat, facteur de déforestation et de perte de biodiversité en Côte d'Ivoire et au Ghana

D'après une enquête de l’ONG Mighty Earth, l’industrie mondiale du chocolat est le premier facteur de déforestation et de forte perte de biodiversité dans les parcs nationaux et forêts protégées en Côte d'Ivoire et au Ghana. Selon les auteurs, en s’approvisionnant en matières premières auprès de plantations cacaoyères installées illégalement dans ces zones, les négociants et chocolatiers contribuent significativement à la déforestation dans ces deux pays, premiers producteurs mondiaux de cacao.

Carte de l'acheminement du cacao cultivé illégalement

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Source : Mighty Earth

En Côte d’Ivoire, 7 des 23 zones forestières protégées ont été presque entièrement converties en cultures de cacao et 13 d'entre elles ont déjà perdu l’intégralité de leurs populations de primates. Dans l’enceinte même de ces aires protégées, d’importants campements de cultivateurs de cacao se sont installés et des négociants achètent ouvertement les fèves cultivées illégalement. L'enquête souligne que presque toutes les marques célèbres de chocolat sont impliquées dans ce trafic, permis par un manque d'application des lois.

En 2015, le marché mondial du chocolat était évalué à 100 milliards de dollars et la consommation croît annuellement de 2 à 5 %. Seuls 3,5 à 6,6 % du prix final de vente bénéficient aux cultivateurs de cacao, contre 16 % dans les années 1980. Leur revenu moyen est d'environ 0,5 $ par jour. Ce secteur est souvent pointé du doigt pour ses mauvaises pratiques sociales, incluant l’esclavage et le travail des enfants.

Au premier semestre 2017, un programme regroupant 34 des plus grands chocolatiers et entreprises du secteur a été engagé, pour ralentir la déforestation par une gestion plus durable de la filière. L'initiative Cacao & Forêt (Framework of Action of the Cocoa & Forests Initiative) a effectivement été signée à l'occasion de la vingt-troisième Conférence des Parties (COP 23) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques par la Côte d'Ivoire, le Ghana et 22 entreprises représentant les deux tiers du secteur du cacao.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : ONG Mighty Earth

04/09/2017

Une étude alerte sur les risques pour la biodiversité liés aux diminutions de populations animales

La revue Proceedings of the National Academy of Science (PNAS) a publié en juillet 2017 une étude sur les risques pour la biodiversité liés aux diminutions de populations animales, basée sur un échantillon de 27 600 espèces de vertébrés terrestres. Ses auteurs estiment que la sixième extinction semble se dérouler plus vite que prévu, et que, outre la perte de biodiversité, ces tendances peuvent avoir des effets sur les services écosystémiques et les ressources mondiales.

Une analyse des modalités d'extinction, conduite sur 177 espèces de mammifères sur 5 continents, montre une perte de 40 % de leurs habitats depuis le début du XXe siècle. Aux disparitions d'espèces s'ajoute la diminution de populations animales, liée notamment aux activités agricoles et industrielles. Le phénomène varie entre espèces et régions : forte diminution en Asie du sud-est pour les mammifères, décroissance sur tous les continents pour les amphibiens et les oiseaux.

Source : PNAS

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10/03/2017

Évolution historique de l'introduction d'espèces allochtones

Une quarantaine de chercheurs, travaillant en collaboration, se sont penchés sur l'introduction d'espèces allochtones et sur sa dynamique depuis 200 ans. Pour ce faire, ils ont créé une base de données pour 16 926 espèces. Elle répertorie la date à laquelle une espèce s'est établie dans un pays ou une région (îles). Les auteurs montrent que 37 % des 45 381 observations se concentrent dans les décennies les plus récentes (1970-2014), sans signe de saturation du taux d'introduction. Ils soulignent dans leur conclusion l'urgence de la mise en place de politiques de prévention plus efficaces, à toutes les échelles.

Source : Nature Communications

09:39 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, espèces allochtones |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/11/2016

Quand pertes de biodiversité et de productivité forestière vont de pair

Montrer les effets de la biodiversité sur la productivité des systèmes forestiers, tel est l'enjeu d'une publication dans la revue Science, qui a mobilisé une équipe internationale de chercheurs appartenant à 90 institutions. Sachant qu'une espèce arboricole sur trois est considérée comme menacée, ils ont exploré les conséquences d'une diminution de cette diversité des essences sur l'augmentation annuelle du volume de bois, c'est-à-dire l'accroissement biologique.

Ce travail repose sur 45 inventaires forestiers dans 44 pays, soit près de 780 000 parcelles, incluant plus de 30 millions d'arbres appartenant à 8 727 espèces. Avec cette importante base de données, les chercheurs visent à changer d'échelle par rapport aux études précédentes. Ils souhaitent ainsi obtenir une appréciation plus globale de la relation entre biodiversité et productivité, tout en soulignant ses variations spatiales.

Côté résultats, sur la majorité des sites, une perte de la biodiversité spécifique entraîne une diminution de la production forestière : globalement, un déclin de 10 % (de 99 % dans un second cas) entraîne une baisse de 2 % à 3 % de la productivité (entre 62 et 78 % dans ce second cas). Les cartes ci-dessous montrent les conséquences régionales de ces pertes de biodiversité. À noter que les régions les plus touchées en termes relatifs (c'est-à-dire en pourcentage) ne sont pas forcément celles les plus concernées en termes absolus (en m3 de production perdus par hectare et par an). Les auteurs soulignent également les impacts possibles sur l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre : une baisse de diversité de 25 % entraîne une diminution de 7,2 % de la capacité de stockage de carbone.

Estimation en % (carte A) et dans l'absolu (carte B) de la baisse de productivité forestière avec un déclin de 10 % de la richesse des espèces forestières (entre parenthèses, les résultats pour un déclin de 99 %)

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Source : Science

Les auteurs proposent également une estimation de la valeur économique de cette biodiversité, estimation partielle car reposant uniquement sur la valeur économique de la production de bois. Pour ce faire, ils mobilisent deux études donnant une valeur de la production forestière annuelle de l'ordre de 649 milliards de US$ (2007) et 606 milliards de US$ (2011). Ils appliquent les taux de perte de productivité calculés précédemment (26 à 66 % pour une diminution de la biodiversité actuelle à une seule espèce), et en concluent ainsi à une valeur comprise entre 166 et 490 milliards de US$ (2015) par an.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Sources : Science, Cirad

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Le WWF publie l'édition 2016 de son Rapport Planète Vivante et alerte sur la disparition d'espèces animales

Dans le récent rapport Planète Vivante 2016, le WWF dresse un bilan de la biodiversité mondiale. Ce document, préparé en collaboration avec différents organismes dont la Société zoologique de Londres et le Global Footprint Network, détaille notamment la situation actuelle des populations mondiales de vertébrés à l'ère géologique de l'« Anthropocène », une nouvelle période reconnue par certains scientifiques dont le prix Nobel Paul Crutzen, et caractérisée par des évolutions plus rapides, attribuables en grande partie aux activités humaines.

Le bilan des effectifs animaux montre que les populations de vertébrés ont décliné de 58 % entre 1970 et 2012. Ces populations animales sont évaluées via différents indicateurs, dont l'Indice Planète Vivante (IPV) et la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’IPV mesure la biodiversité en collectant des données, principalement en Europe et Amérique du Nord, sur plus de 14 000 espèces de vertébrés, et en calculant la variation moyenne de chacune d'elles. Le rapport analyse également les différents facteurs contribuant à cette diminution.

Extinctions cumulées des vertébrés

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Source : WWF

Parmi ces facteurs, on peut citer :

- la perte d'habitat naturel des animaux, souvent liée au développement des activités humaines, notamment agricoles (déforestation) ;

- la pollution qui agit soit directement (épisode de pollution massive de type marée noire), soit indirectement en réduisant la disponibilité alimentaire des animaux ;

- la présence d'espèces animales invasives, qui peut conduire à l'extinction d'une espèce par prédation, concurrence pour le territoire ou transmission de maladies ;

- le changement climatique, qui peut rendre l'écosystème des espèces inadapté, qu'il s'agisse de modifications climatiques au long cours ou d'événements météorologiques extrêmes. Le rapport rappelle que plus les espèces animales ont une aire de répartition restreinte, plus elles sont vulnérables à ces modifications.

Le document conclut sur la nécessité d'un nouveau système économique, plus respectueux du capital naturel et promouvant entre autres des régimes alimentaires plus responsables.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : WWF

10:06 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : wwf, biodiversité, vertébrés |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/10/2016

La préservation de la biodiversité : de nouvelles compétences à développer en agriculture

Dans un avis rendu en septembre, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) identifie la connaissance des écosystèmes et des services qu'ils rendent comme un élément structurant des formations, tant initiales que continues, pour une multitude de métiers, parmi lesquels l'agriculture.

Le rapport en appui à l'avis rendu recense d'abord les différentes méthodes et modalités de comptabilisation des emplois concernés, directement ou indirectement, par la préservation et la restauration de la biodiversité. Il pointe les difficultés à mener ce type d'exercice, dans le cadre de la nomenclature actuelle des « métiers verts », « verdissants » ou des « éco-activités ». En effet, la gestion durable de la biodiversité et les activités de restauration ne sont pas explicitement identifiées, à l'exception de l'entretien et la valorisation des paysages.

L'agriculture et la sylviculture sont exemplaires à ce titre. Seuls les activités et les emplois concernés par l'agriculture biologique d'une part, le reboisement, la sensibilisation à la gestion et la protection des forêts, d'autre part, sont effectivement comptabilisés comme éco-activités par Eurostat. Le constat est identique en prenant l'entrée métiers, une partie minime des emplois de ces secteurs étant identifiée comme « verdissants ».

L'avis souligne pourtant la nécessité stratégique, pour la préservation de la biodiversité, de s'appuyer sur l'ensemble des chefs d'exploitation. Pour ce faire, se basant sur les auditions menées auprès de l'enseignement agricole, le rapporteur préconise de renforcer encore la compréhension des écosystèmes dans les formations techniques, et particulièrement dans le domaine de la production. La diffusion des techniques préservant la biodiversité auprès des agriculteurs installés devrait être assurée par les conseillers des chambres d'agriculture et des coopératives, lesquels devraient bénéficier de formations adaptées.

Comme pour la plupart des secteurs d'activité mentionnés, la préservation de la biodiversité se traduira plus par une évolution des métiers existants, ou le déplacement d'emplois, que par la création nette d'emplois. Une exception toutefois : le développement de l'agriculture biologique ou de la permaculture, plus utilisatrices de main-d’œuvre, devrait continuer à générer des emplois.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : CESE

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14/12/2015

UICN France : pour un renforcement de la coopération décentralisée en faveur de la biodiversité

Dans une étude publiée le 24 novembre, le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) prône le développement de l’action extérieure des collectivités territoriales en faveur de la préservation de la biodiversité.

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Procédant à une analyse approfondie d’un échantillon de trente-deux projets de coopération décentralisée en matière de biodiversité (24 collectivités, 18 pays surtout du Sud), ce travail visait à mieux connaître l’implication de ces collectivités dans la lutte contre la perte de biodiversité et à identifier les principaux leviers et freins à l’émergence des projets.

Si des difficultés existent bel et bien – méconnaissance et sous-estimation de la thématique « biodiversité », souvent perçue comme un domaine non prioritaire, notamment dans les choix budgétaires des collectivités –, l’UICN France identifie aussi plusieurs facteurs essentiels de réussite, tels l’existence d’une « convergence d’intérêts à préserver la biodiversité pour un développement durable et solidaire des territoires », ou encore une appropriation par les territoires au Nord comme au Sud de la défense de la biodiversité comme enjeu réciproque. L’implication des acteurs locaux compétents en matière de biodiversité, comme les parcs naturels régionaux de France, constitue un atout important, tout comme le choix de projets axés sur la sensibilisation des jeunes à la nature. Une implication financière des collectivités françaises dans les projets constitue également un levier pour l’obtention de financements supplémentaires.

L’UICN France propose neuf recommandations afin de développer et de renforcer l’action internationale des collectivités territoriales en faveur de la sauvegarde de la biodiversité. Mieux valoriser à l’international le savoir-faire des collectivités françaises dans ce domaine est l’une d’entre elles.

On rappellera enfin ici que la préservation de la biodiversité comme « bien public mondial » est inscrite à l’agenda politique international depuis 1992 (Sommet de Rio), avec la signature de la Convention sur la diversité biologique (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : UICN France

11:13 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : uicn, biodiversité, coopération |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2015

Interview de Gilles Boeuf : "La biodiversité, la seule assurance-vie"

Dans ce long entretien publié dans la newsletter de novembre de Millénaire 3, Gilles Boeuf (professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie et ancien président du Muséum national d’histoire naturelle) revient sur quelques grandes évolutions de la biodiversité, et sur l’impact de la réduction de cette biodiversité sur la capacité de nos sociétés à se renouveler. La diminution du nombre des espèces et des écosystèmes limite les possibilités d’adaptation et d’innovation à des changements rapides de notre environnement. Pour cette raison, il déplore que l’agriculture délaisse toute la biodiversité végétale et animale qui n’a pas d’intérêt économique. Et il se refuse à imaginer une humanité de plus en plus confinée dans de grandes métropoles entourées de productions agricoles intensives et appauvries. À noter qu’à l’occasion de la COP 21, cette newsletter de Millénaire 3 republie divers entretiens, réalisés ces deux dernières années avec des philosophes de la nature et du développement durable (Michel Serres, Corine Pelluchon, Dominique Bourg, Silke Helfrich).

Source : Millénaire 3

10:18 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, millénaire 3 |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2015

Inventaires naturalistes et biodiversité agricole

La dernière livraison d’Études rurales porte sur « les mondes des inventaires naturalistes ». Décrire, nommer, ordonner : de l’inventaire botanique au XVIIIe siècle, jusqu’aux inventaires globaux de la biodiversité, la revue trace un parcours original, qui passe notamment par l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB), créé en 2010. Suzie Deschamps et Élise Demeulenaere montrent que « la participation à l'OAB suscite chez les agriculteurs des expériences d’observation du vivant, qui contribuent à recréer des ‘’prises’’ sur leur environnement de travail ; elle accompagne la reconfiguration des relations professionnelles, notamment entre agriculteurs et conseillers ». Ainsi, « l’OAB participe au ré-ancrage des pratiques agricoles dans leur milieu, accompagnant ainsi l’évolution actuelle des paradigmes agricoles – de l’artificialisation au pilotage de la nature ».

Source : Cairn

11:06 Publié dans Agriculteurs, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, inventaire naturaliste |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/05/2015

Une évaluation complète de la réglementation Natura 2000 dresse un tableau mitigé de l’état de la conservation de la nature en Europe

La Commission européenne a publié, le 20 mai dernier, un rapport sur l’état de conservation de la nature en Europe. Résultat d’une évaluation conjointe des directives « oiseaux » (2009) et « habitats » (1992), constitutives de la réglementation « Natura 2000 », il représente le panorama le plus complet jamais réalisé dans ce domaine.

Même si, de l’aveu du commissaire européen à l’environnement, M. Karmenu Vella, « [ce rapport] brosse un tableau d’ensemble mitigé », il montre une amélioration du statut de certaines espèces et le succès de certaines mesures de conservation. Plus de la moitié des espèces sauvages d’oiseaux (52 %) sont en effet « hors de danger », mais 60 % des autres espèces protégées au titre de la directive « habitats » sont dans un état de conservation défavorable. Celui des habitats eux-mêmes est quant à lui moins satisfaisant et évolue défavorablement (cf. tableau ci-dessous).

État des populations et état de conservation des habitats et espèces de l’UE

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Source : Commission européenne

Le rapport pointe certaines pratiques agricoles comme l’une des menaces les plus importantes sur les écosystèmes terrestres : modification d’itinéraires culturaux, surpâturage, abandon des systèmes pastoraux et utilisation d’engrais et de pesticides. Les modifications des conditions naturelles d’origine anthropique sont également citées (infrastructures notamment).

En conclusion, le rapport rappelle les efforts nécessaires pour atteindre les objectifs de la stratégie européenne pour la biodiversité à 2020, sans toutefois établir de recommandations. Les directives « oiseaux » et « habitats » font en effet en ce moment l’objet d’un réexamen approfondi dans le cadre d’un programme visant à améliorer les performances des politiques européennes (REFIT). Pour alimenter ce bilan, la Commission a également lancé une consultation publique, ouverte jusqu’au 24 juillet 2015.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne

 

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22/05/2015

Un nouvel indicateur « haies, bois et landes dans les territoires agricoles » pour l’Observatoire national de la biodiversité

Le 20 mai dernier, en vue de la Journée internationale de la biodiversité (22 mai), l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) a publié la mise à jour annuelle de ses indicateurs pour la quatrième année consécutive. Cet observatoire, piloté par le ministère en charge de l’écologie, a vocation à caractériser l’état de la biodiversité et son évolution, pour permettre un pilotage efficace des politiques en la matière et un débat démocratique autour de cet enjeu de société.

Les indicateurs proposés sont organisés en jeux thématiques, l’un d’eux étant dédié à l’agriculture. Celui-ci comporte quatre indicateurs : évolution de la consommation de produits phytosanitaires, évolution des surfaces en prairies permanentes, évolution des surfaces agricoles drainées et enfin, un nouvel indicateur en 2015 portant sur les haies, bois et landes dans les territoires agricoles.

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Source : Observatoire national de la biodiversité

 

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17/11/2014

12e Convention mondiale sur la diversité biologique : évaluation à mi-parcours du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020

« Protéger la vie menacée est une tâche urgente et universelle qui ne peut pas attendre ». C'est par cette réflexion que le secrétaire exécutif de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB) a conclu la 12e Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP12) qui s'est achevée le 17 octobre dernier, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

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Lors de cette conférence, le rapport d'évaluation à mi-parcours du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique a été présenté. Ce plan, comportant vingt objectifs dits « objectifs d'Aichi » répartis en cinq buts stratégiques, avait été approuvé lors de la 10e Conférence en octobre 2010, à Nagoya (Japon). Quatre ans après son adoption, il est constaté que « les progrès actuels sont insuffisants » et « que la perte de biodiversité se poursuit avec des répercussions négatives sur le bien-être humain ».

Devant ce constat, les pays membres de la CDB sont appelés à se mobiliser pour renforcer leurs politiques en matière de biodiversité, en s'assurant d'une mise en œuvre rapide et concrète des programmes d'actions. Toutes les parties sont aussi convenues de l’incontournable nécessité d'adopter des politiques intégrées, notamment en matière desanté et biodiversitéou encore de biodiversité et changement climatique.

Parmi les voies d'amélioration possibles, concernant notamment le but stratégique de « réduction des pressions directes exercées sur la diversité biologique et encouragement de l’utilisation durable », certaines mesures clefs préconisées concernent directement l'agriculture :

- une agriculture plus efficace(objectif 7) : utilisation plus ciblée et efficace des engrais, des pesticides et de l’eau, réduction des pertes après récolte et du gaspillage des denrées alimentaires, promotion de régimes alimentaires durables ;

- une réduction de la pollution(objectif 8), notammentpar l’améliorationde l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs en l’agriculture, et par la conservation et la restauration des zones humides.

Notons enfin que cette 12e Conférence a été marquée par deux avancées fortes :

- l'entrée en vigueur le 12 octobre 2014 du Protocole de Nagoya, sur l'accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages liés à leur utilisation (APA – voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) ;

- un accord financier pour la période 2015-2020 confirmant le doublement, dès 2015, des financements octroyés à la préservation de la biodiversité pour les pays en voie de développement et leur maintien jusqu'en 2020.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Convention on Biological Diversity

 

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Fort déclin des espèces communes d'oiseaux en Europe

Une étude réalisée par l'Environment and sustainability institute de l'université d'Exeter en Grande-Bretagne, publiée dans Ecology Letters en octobre 2014, s'est attachée à retracer l'évolution de l'abondance de 144 espèces d'oiseaux dans 25 pays européens depuis 1980 jusqu'à 2009.

Basée sur des données collectées par Birdlife International et le programme européen de suivi temporel des oiseaux communs, cette étude révèle que la population totale d’oiseaux en Europe a diminué d’environ 420 millions d'individus dans cette période. Les espèces les plus touchées sont paradoxalement les plus communes et les plus abondantes : moineau domestique, étourneau sansonnet ou encore perdrix grise. Les auteurs y voient une des conséquences involontaires de la focalisation des mesures de protection sur les espèces les plus rares, négligeant de fait les plus courantes. Certaines des espèces moins abondantes, comme la buse ou la cigogne, ont en effet connu une progression significative de leurs effectifs dans le même temps.

Bien que les espèces communes contribuent peu à la diversité d'ensemble, elles sont souvent primordiales pour la structure et la dynamique des écosystèmes. « De petits changements d’abondance peuvent entraîner la perte d’un grand nombre d’individus, avec des conséquences considérables sur l’environnement », expliquent les chercheurs.

Par définition, les espèces communes sont les plus abondantes et donc les plus répandues sur le continent européen. Les auteurs y voient une des explications possibles à leur déclin, plus rapide que pour les espèces plus rares. Alors que ces dernières peuvent bénéficier significativement d'efforts de protection locaux, les espèces plus abondantes subissent les conséquences d'une dégradation plus globale de leur milieu, notamment due à l'intensification des pratiques agricoles et à la fragmentation des habitats. Ce constat plaide alors pour une prise en compte de ces espèces à plus large échelle dans l'aménagement du territoire, que ce soit via les plans d'urbanisation, les mesures agri-environnementales ou encore la mise en œuvre de la trame verte et bleue.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Ecology Letters

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