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16/03/2017

La place du secteur LULUCF dans l’atténuation : analyse globale des contributions nationales

S’appuyant sur les contributions nationales communiquées en amont de la COP21 (Intented nationally determined contributions - INDC), six chercheurs ont estimé l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par le secteur LULUCF, i.e. les usages des terres, les changements d’usage des terres et la forêt. Ces contributions varient dans la façon a) de présenter l’objectif de réduction (en tCO2éq ou en émissions par unité de PIB), b) de le comparer à une base historique (1990, 2005) ou à un scénario au fil de l’eau, et c) de définir sa conditionnalité. Ce dernier point correspond à des cibles en 2030 qui sont en partie dépendantes de financements, de la disponibilité de technologies, etc.

Ce travail analyse l’atténuation par le secteur LULUCF de 68 pays (ou 41, avec l’Union européenne à 28 comptant pour une contribution), représentant 78 % des émissions nettes globales en 2012 et 78 % de la surface forestière mondiale. La rétrospective sur 1990-2010 montre des émissions annuelles passant de 1,54 (± 1,06) à 0,01 (± 0,86) GtCO2éq. Les variations inter-annuelles viennent des pics de déforestation au Brésil et en Indonésie, de la combustion de tourbe et de l’augmentation du puits dans les forêts boréales et tempérées.

À l’horizon 2030, 4 scénarios sont explorés (cf. graphique) : « au fil de l’eau », tel que défini par chaque pays (country-BAU) ; tendanciel avec les politiques publiques mises en place avant la COP21 (pre-INDC) ; avec les contributions excluant (conditional INDC) les réductions conditionnelles ; avec les contributions incluant (unconditional INDC) ces réductions. Dans les deux premiers scénarios, les émissions augmentent pour atteindre respectivement 1,94 (± 1,53) et 0,36 (± 0,94) GtCO2éq. Les deux suivants marquent le passage d’une source nette à un puits : -0,41 (± 0,68) GtCO2éq et -1,14 (± 0,48) GtCO2éq en 2030. Les auteurs soulignent que la mise en œuvre des contributions nationales, dans leur totalité, conduirait le secteur LULUCF à participer à hauteur d’un quart de l’objectif global d’atténuation tel qu’estimé dans les INDC.

Évolutions historiques et futures des émissions de GES pour le secteur LULUCF

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Source : Nature Climate Change

La publication met également en évidence un écart de 3 GtCO2éq entre cette analyse sur les contributions nationales et le dernier rapport du GIEC. Les auteurs expliquent cet écart par des différences méthodologiques, en particulier sur la comptabilisation des émissions anthropogéniques. Ils appellent en conclusion à mieux expliciter ces différences pour éviter de possibles messages contradictoires dans les prochaines années.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Nature Climate Change

10:12 Publié dans 4. Politiques publiques, Climat | Lien permanent | Tags : lulucf, atténuation, ges |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/03/2017

Agriculture et climat. Du blé par tous les temps, Sébastien Abis, Mohammed Sadiki

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On ne compte plus les publications sur les liens entre changement climatique et agriculture. Se démarquant du lot commun, l'intérêt de celle-ci est triple. D'une part, elle est centrée sur une production particulière, celle de blé, qui nourrit quotidiennement 3 milliards d'humains. Cette culture est localisée dans les zones bénéficiant de conditions généreuses : température, sol, eau. À l'avenir, les effets du changement climatique se feront sentir de manière contrastée. L'hémisphère Sud connaîtra une baisse des rendements, le développement de maladies et de ravageurs, alors que les pays déjà les plus favorisés – dont la France – le seront encore davantage. Quant aux États de la mer Noire, ils pourraient être avantagés par une extension des surfaces de production mais handicapés par des épisodes de chaleur plus extrême. Au-delà de ces problèmes d'adaptation, les auteurs rappellent que le blé est une plante "climato-active", fixant une grande quantité de carbone et donc très utile aux stratégies d'atténuation.

Le deuxième intérêt de l'ouvrage est qu'il déborde constamment son sujet, en l'insérant dans un contexte général qui ne le met que mieux en perspective. L'approche est large, le propos ample et de nombreux sujets connexes sont abordés : ressources naturelles, pratiques culturales et nouvelle "révolution verte", innovations techniques, besoins alimentaires des populations, sécurité sanitaire, priorités des politiques publiques, internationalisation des échanges commerciaux, etc. Plus généralement encore, blé et climat sont appréhendés sous un angle géopolitique, cette céréale étant même souvent présentée comme "une pièce essentielle dans l'architecture de sécurité du monde".

Enfin, le plaisir de la lecture tient au duo d'auteurs qui, de par leurs origines et leurs activités professionnelles, défendent à deux voix une même idée réunissant les deux rives de la Méditerranée : le changement climatique soumettra nos sociétés à rude épreuve, elles devront développer et moderniser leurs agricultures, échanger leurs productions, intensifier leurs coopérations, et s'appuyer sur des modes de gouvernance favorisant l'anticipation et la réactivité. Alternant les chapitres sur la France et sur le Maroc, S. Abis et M. Sadiki tablent sur une agriculture faite de science, de développement et d'échanges. Plus généralement, ils montrent que climat, blé et sécurité forment le puissant triptyque de l'avenir du bassin méditerranéen.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : IRIS

08/03/2017

Le sélénium des sols sous l’influence des changements climatiques

Une publication récente dans PNAS tente de mieux comprendre les mécanismes qui régissent la distribution de sélénium dans les sols à l’échelle globale. En effet, la concentration de cet oligo-élément dans notre alimentation (céréales, légumes secs) dépend de celles dans les sols. Cette étude repose sur 33 421 mesures entre 1980 et 1999, provenant de jeux de données établis pour d’autres usages (data-mining). Elle montre qu’à un niveau global, la distribution de sélénium dans les sols est principalement associée à des variables climatiques (précipitations, indice d’aridité, évapotranspiration). Les chercheurs soumettent leur modèle de distribution au scénario RCP 6.0 du GIEC (à horizon 2080-2099), et concluent à un risque de perte de 8,7 % du sélénium pour 66 % des terres cultivées d'ici la fin du XXIe siècle.

Source : PNAS

09:31 Publié dans Agronomie, Climat | Lien permanent | Tags : sols, sélénium, oligo-élément |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2017

Être convaincu de la réalité du changement climatique n'est pas suffisant pour adapter sa gestion forestière

Tel est le principal enseignement d'une enquête menée en Belgique auprès des propriétaires et gestionnaires de forêts, dont les résultats ont été publiés en fin d'année dernière dans Forest Ecosystems. Alors qu'il semble que le climato-scepticisme progresse, et compte tenu du temps de latence des décisions de gestion en matière forestière, les auteurs ont souhaité analyser le lien entre la conscience du changement climatique et de ses impacts, et l'adaptation de la gestion forestière aux enjeux.

L'enquête, menée par Internet via les réseaux sociaux, les réseaux professionnels ou encore les organismes publics, a recueilli près de 400 réponses, émanant principalement de gestionnaires forestiers (propriétaires en propre ou non). La quasi-totalité des répondants s'est déclarée convaincue de la réalité du changement climatique, la moitié en ayant déjà expérimenté les impacts sur la forêt (chablis importants suite à des vents violents, attaques sanitaires de grande ampleur, dépérissements en lien avec des périodes de sécheresse et de canicule, etc.). Toutefois, seuls 30 % des répondants sensibilisés à la menace climatique ont déclaré avoir adapté leur gestion forestière, principalement en privilégiant la mixité des peuplements, en accroissant la part de régénération naturelle et, plus rarement, en introduisant des essences mieux adaptées à des contextes climatiques plus chauds et secs.

Les auteurs ont identifié plusieurs freins à la mise en œuvre d'une conduite sylvicole adaptée : les gestionnaires sont pour la plupart démunis face au changement climatique, que ce soit par manque d'information sur les inflexions à apporter à leur gestion, par absence de mutualisation des expérimentations menées dans des contextes pédoclimatiques similaires, ou par résignation (aucune solution ne leur paraît répondre à l'enjeu).

Si les résultats de travaux scientifiques sur les conduites optimales sont disponibles, ils ne font que rarement l'objet de vulgarisations. Ainsi, les auteurs préconisent que les politiques publiques d'adaptation au changement climatique se centrent sur les transferts de connaissances et les partages d'expérience, visant à fournir aux forestiers les outils pour identifier les différentes options possibles et les modalités de mise en œuvre.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : Forest Ecosystems, Forest Ecosystems

10:57 Publié dans Climat, Forêts Bois | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les sols. Intégrer leur multifonctionnalité pour une gestion durable, Antoine Bispo, Camille Guellier, Édith Martin, Jurgis Sapijanskas, Hélène Soubelet, Claire Chenu (coord.)

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La fragilité et la préservation nécessaire des sols ont été mises en lumière par plusieurs initiatives internationales, comme le volet « 4 pour 1000 » du Plan d'Action Lima-Paris. C'est dans ce contexte que cet ouvrage collectif restitue et articule les principaux résultats de 22 projets lancés en 2008 et 2009, dans le cadre du programme de recherche finalisée et interdisciplinaire GESSOL. Ces projets contribuent à une meilleure compréhension des usages et des perceptions des sols (partie 1), ainsi qu'à celle de leur capacité à répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de climat, de biodiversité, de filtration et de régulation des contaminants (partie 2). Ils analysent également divers outils et démarches à l'appui des politiques publiques (partie 3).

L'usage agricole des sols figure en bonne place dans l'ouvrage, avec des approches variées. Par exemple, il documente l'intérêt croissant des agriculteurs pour les techniques alternatives d'entretien des sols, comme l'agriculture de conservation, en interrogeant les voies d'accompagnement des changements de pratiques. Il compare les modes de gestion de la vigne afin d'identifier ceux favorables à la biodiversité dans les sols, ainsi que les leviers pour limiter, à l'échelle du bassin versant, la contamination des eaux de ruissellement par les pesticides. Il étudie également le devenir de protéines insecticides dans les sols, afin de prévoir leurs effets à long terme et des stratégies de surveillance. À une autre échelle, il croise les littératures sur les besoins à venir en alimentation, biomasse énergétique et produits biosourcés, avec les modalités d'action permettant d'y répondre. Cette analyse permet ainsi d'asseoir le rôle essentiel des sols pour réussir les transformations nécessaires de nos systèmes productifs.

Plusieurs pistes méthodologiques sont ouvertes. Ainsi, l'un des projets présentés dans la dernière partie explore le potentiel de l'intégration, dans les analyses de cycle de vie, des impacts des activités agricoles sur la qualité des sols. Une méthode est proposée et testée sur la production en Bretagne d'un aliment pour porcs. Elle estime ainsi que, pour en produire une tonne, 102 kg de sol sont érodés, dont 47 % à l'étranger (incertitude estimée à environ 50 %).

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Quæ

10:52 Publié dans Agronomie, Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : sols |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/02/2017

Les migrations d'insectes

Un collectif de chercheurs a publié dans le journal Science une estimation des flux migratoires d’insectes volants dans le sud de l’Angleterre. Cette étude repose sur un dispositif de radars mis en place de façon à couvrir une aire de 70 000 km². Il a permis d’établir une série de 10 années d’observation, avec des informations sur la masse et les caractéristiques de vol des insectes (vitesse, direction et hauteur). Le dispositif de mesures est complété par des filets de captures pour les insectes de moins de 10 mg.

Les auteurs concluent à un mouvement migratoire vers le sud en automne, et inversement au printemps. Ils estiment que ce flux concerne environ 3,5 billions d'insectes, ce qui représenterait une masse de 3 200 tonnes. Ce mouvement est aussi caractérisé par des variations inter-annuelles, parfois de l’ordre de 200 tonnes, qui seraient associées aux températures estivales : un été plus chaud est synonyme d’un plus grand nombre de naissances d’insectes. Un résultat que les chercheurs rapprochent des changements du climat à venir.

Source : ScienceDaily

10:50 Publié dans Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : insectes, migration |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/02/2017

La neutralité carbone à 2050 permise en France grâce à l'agriculture et la forêt

Face à la diversité et à l'ampleur des évolutions intervenues depuis son dernier exercice (2011), l'association négaWatt vient de publier un nouveau scénario de transition énergétique à 2050, qui s'articule avec le scénario Afterres 2050. En effet, s'appuyant sur une approche systémique de la consommation et de la production énergétique, le rapport fait l'inventaire chiffré des évolutions nécessaires, au-delà de l'évolution tendancielle, secteur par secteur, notamment l'habitat, l'agriculture et l'alimentation. Dans une économie décarbonée et plus sobre, la biomasse est alors la principale source d'énergie : combinant réduction des émissions agricoles et amplification du puits de carbone forestier, le scénario débouche sur la neutralité carbone en 2050.

Les auteurs mentionnent toutefois le risque de saturation des puits de carbone, forestiers d'abord puis agricoles, entre 2050 et 2100, conduisant à une reprise des émissions nettes.

Principe de modélisation du scénario négaWatt

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Source : association négaWatt

10:44 Publié dans 1. Prospective, Climat, Filières agricoles, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : negawatt, afterres |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/01/2017

Méta-analyse des effets de l'augmentation de température sur l'activité de sols

S'appuyant sur 27 études englobant 9 biomes (vaste région biogéographique s’étendant sous un même climat), un collectif de chercheurs a regardé les effets d'un réchauffement « expérimental » sur la respiration des sols. Ils montrent que cette dernière augmente avec la température jusqu'à 25°C, puis le rythme de la respiration décroît pour des températures plus élevées (fonction gaussienne – hors déserts). Par ailleurs, ce travail montre peu de différences entre les contrôles et les parcelles soumises au réchauffement. Les auteurs concluent que l'exposition à une température plus élevée ne modifie pas l'activité des sols (preuve limitée d'acclimatation), hormis dans les déserts et les forêts boréales.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America

09:28 Publié dans Climat, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : sols, température, pnas |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/12/2016

Changement climatique et pertes de carbone par les sols français

La revue Scientific Reports a publié au mois de novembre dernier une estimation des pertes de carbone organique des sols en France à l'horizon 2100. Partant du constat que les principaux travaux disponibles se situent aux échelles mondiale ou européenne, cinq chercheurs ont réalisé des cartes avec un niveau de résolution de l'ordre de 250 mètres. Pour obtenir ce résultat, ils recourent :

- aux scénarios d'émissions de gaz à effet de serre du GIEC (B1, A1B, A2 – plus d'information disponible ici), avec une descente d'échelle permettant d'obtenir des informations sur la pluviométrie et la température à un niveau désagrégé pour la fin du XXIe siècle ;

- à un scénario business as usual pour les changements d'usages des sols, avec un focus sur cinq catégories (zones urbanisées, terres arables, prairies, forêts, vignobles/vergers) ; il repose sur les tendances observées entre 1990 et 2000 à partir de la base de données CORINE land cover.

Ils utilisent alors ces scénarios pour calculer l'évolution du carbone organique des sols français sur les trente premiers centimètres, à partir d'un modèle nécessitant des données d'entrée telles que le type de sols, les usages et pratiques ainsi que le climat.

À partir de cette méthode, les auteurs concluent que le changement climatique contribuera environ 10 fois plus aux pertes de carbone organique dans les sols que les changements d'usage des terres. Cette diminution serait comprise entre 774 et 1 221 millions de tonnes à l'horizon 2100, soit entre 20 et 30 % du stock de carbone de 1990. Dans l'absolu, la variation de stock est la plus importante dans les régions humides (Ouest, Sud-Ouest de la France et régions montagneuses). Côté changement d'usage des sols, les conversions de prairies et de forêts en cultures sont les plus grandes sources de pertes. La publication souligne également certaines limites. Par exemple, le rôle de stockage de carbone par la biomasse (production primaire nette) n'est pas pris en compte du fait de l'incertitude associée, ce qui conduirait à une surestimation des pertes.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Scientific Reports

13:08 Publié dans Climat | Lien permanent | Tags : sols, carbone, changement climatique |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2016

Le Food Climate Research Network (FCRN)

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Créé en 2005 et basé à l'université d'Oxford (Environmental Change Institute), le Food Climate Research Network (FCRN) est un réseau interdisciplinaire et international consacré aux thématiques de l'alimentation, du climat et plus largement de la durabilité. Le FCRN est financé par le programme de recherche du CGIAR sur le changement climatique, l'agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS), le Oxford Martin Programme on the Future of Food et la fondation Esmée Fairbairn. L'objectif de ce réseau est d'encourager le dialogue et la pensée critique nécessaires à la construction d'une compréhension partagée et d'une action collective sur la durabilité des systèmes alimentaires. Il se décline en trois axes :

- production, diffusion et communication de connaissances interdisciplinaires, précises et hors agenda ;

- proposition aux acteurs d'espaces de partage réels et virtuels ;

- promotion du dialogue sur les enjeux émergents et sujets à controverse, entre secteurs, disciplines et idéologies.

À cette fin, le FCRN développe différents types d'action : des actions de communication, d'information, via son site Internet (avec en particulier une bibliothèque riche et intéressante), sa lettre d'information hebdomadaire, des outils de mise en réseau (interviews d'acteurs, blog) ; des actions visant à organiser le dialogue entre acteurs (organisation de séminaires notamment) ; des publications (travaux de recherche, synthèses, etc.). Il s'appuie sur un réseau de 14 000 membres, appartenant à 70 pays et relevant de secteurs variés (industrie agroalimentaire, ONG, institutions publiques, organismes académiques), et de disciplines et méthodes diverses (nutrition humaine, analyse de cycle de vie, sciences du sol, etc.).

Au titre des publications du FCRN, on peut relever celle, en mai 2016, d'un rapport avec la FAO consacré à un état des lieux de la prise en compte, dans les lignes directrices nationales sur la nutrition, des enjeux de santé et de durabilité. Plus récemment, vient d'être mis en ligne un rapport, rédigé avec la Food Foundation et s'appuyant sur une rencontre organisée en novembre, sur la thématique des indicateurs de régimes alimentaires sains et durables, appliquée à l'industrie alimentaire.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : FCRN

11:52 Publié dans Alimentation et consommation, Climat, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : portrait, fcrn |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2016

Evolution récente de la concentration atmosphérique en CO2 et puits de la biosphère terrestre

Une publication dans Nature Communications met en évidence, sur la période 2002-2014, un ralentissement de la croissance annuelle de la concentration en CO2 atmosphérique, dans un contexte où les émissions anthropiques augmentent. Si les mécanismes sous-jacents ne sont pas encore bien compris, les auteurs attribuent ce phénomène à un plus grand stockage de carbone par la biosphère terrestre (accumulation nette de l'effet des changements d'usage des terres), en particulier sous les effets de l'augmentation du CO2 sur le développement de la végétation (« effet fertilisation ») et d'une baisse de la respiration globale (moindre augmentation de la température). Dans la partie « discussion » de l'article, les auteurs rappellent que ce ralentissement est probablement temporaire.

Source : Nature Communications

11:43 Publié dans Climat | Lien permanent | Tags : co2, biosphère |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2016

Gestion des émissions d'ammoniac en bâtiment d'élevage

Une publication de l'IIASA s'intéresse aux pratiques dans les bâtiments, et leur combinaison, pour réduire les émissions d'ammoniac des élevages bovins lait : raclage des sols, type de sols, évacuation du fumier avec de l'eau, acidification du fumier en bâtiment. Les auteurs estiment le potentiel technique d'atténuation entre 17 et 50 %. Ils soulignent également que le modèle est utilisé pour conseiller le gouvernement flamand.

Source : Science of The Total Environment

11:16 Publié dans Climat, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : élevage, bâtiments, ammoniac |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2016

Seconde étude d’impacts sur les émissions agricoles européennes et l’adoption de leviers d’atténuation

Dans la continuité de sa publication EcAMPA de février 2015 (voir un précédent billet sur ce blog), le Joint Research Center a actualisé, cet été, son évaluation économique de la mise en œuvre d'actions d'atténuation par l'agriculture européenne. Cette étude repose, de manière générale, sur les mêmes outils de modélisation.

Deux différences sont néanmoins à relever par rapport à la version précédente. Tout d'abord les auteurs ont construit de nouveaux scénarios, sept sans compter le scénario de référence. Les quatre principaux intègrent une réduction obligatoire des émissions de gaz à effet de serre (GES) par l'agriculture européenne, à hauteur de 20 % par rapport à 2005 (objectif décliné pour chaque État avec un prix carbone de 50 €/tCO2éq). Ces quatre scénarios se différencient par leurs modalités pour atteindre cet objectif : introduction éventuelle de subvention (à hauteur de 80 %), caractère volontaire ou obligatoire des leviers d'atténuation, vitesse de déploiement des technologies.

De plus, de nouvelles actions d'atténuation s'ajoutent aux cinq préalablement étudiées : vaccination visant à réduire la production de méthane par les ruminants, augmentation de la part des légumineuses dans les prairies temporaires, sélection génétique des ruminants (amélioration de la production laitière), etc.

Les principaux résultats d'EcAMPA 2 à l'échelle de l'UE-28 sont :

- une baisse de 2,3 % des émissions en 2030 par rapport à 2005 dans le scénario de référence ; ce pourcentage atteint 14 % avec un taux de subvention de 80 % mais sans objectif de réduction défini ;

- une réduction des émissions (de -20%) qui passe essentiellement par un ajustement de la production (diminution de la taille des cheptels bovins de -16 % et de -9 % de la production de viande par rapport à la référence). Si les subventions atténuent ces impacts, les auteurs évaluent leur coût entre 188 et 278 € la tonne de CO2éq (prix 2030).

Enfin, cette étude explore les conséquences des fuites de carbone, qui réduisent les efforts d'atténuation de l'ordre de 30 %, un effet qui est moindre dans les scénarios avec subventions (14 % à 20%).

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Joint Research Center

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13/10/2016

Forêt et bois : une contribution essentielle à l'atténuation du changement climatique

Alors que l'accord de Paris assouplit les règles de comptabilisation du carbone forestier dans les engagements des États, la FAO récapitule dans un rapport récent les différents leviers mobilisables pour l'atténuation du changement climatique (augmentation de la surface forestière, lutte contre la déforestation, bois énergie, bois construction, etc.), et les conditions économiques optimales de leur utilisation. Elle s'appuie sur des travaux théoriques récents et les programmes menés dans différents pays. Cette analyse fait écho à des travaux publiés récemment sur la forêt française.

Potentiel économique de la foresterie par rapport aux autres options d'atténuation dans le secteur de l'agriculture, la forêt et des autres usages des terres, par région en 2030 (d'après Smith et al.)

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Source : FAO

Si le boisement et le reboisement restent les plus efficaces pour atténuer à court terme le réchauffement climatique, ils comportent de nombreuses limites : coût du foncier, sécurisation de la propriété, risques politiques. Combiner un coût réduit de plantation et une efficacité maximale de séquestration, qui sont les critères de sélection par la finance carbone, s'avère délicat quand le prix du carbone est faible.

La lutte contre la déforestation a un périmètre d'application restreint par nature, les pays développés ayant déjà adopté des mesures de restriction sur les défrichements forestiers. Dans les pays du Sud, la déforestation est liée à la qualité des sols et aux prix des productions agricoles substituées : dans la majorité des cas, l'avantage économique va aux cultures plutôt qu'au maintien de la forêt. D'où la nécessité de développer les incitations financières (via le programme REDD+ notamment).

Le rapport aborde également les émissions de carbone évitées par l'utilisation du bois-énergie ou matériau. L'amélioration de l'efficacité énergétique est un enjeu fort dans les pays où le bois est un combustible courant (Afrique surtout), en particulier pour la cuisson. Le bilan carbone du bois-énergie est quasiment nul lorsqu'il provient de forêts gérées durablement, en circuit court. Pour le bois-matériau, la difficulté de retracer le cycle de vie des produits, le manque de statistiques fiables sur la production et le commerce des matériaux compliquent l'évaluation du potentiel d'atténuation.

Pour une efficacité optimale, les politiques devraient combiner ces différents leviers (qui se renforcent mutuellement) et mettre en place des outils financiers adaptés.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : FAO

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15/09/2016

« GLEAM-i » : un nouvel outil interactif développé par la FAO pour évaluer les impacts environnementaux du secteur de l'élevage

La FAO a mis en ligne courant août 2016 le premier outil libre permettant au public d’utiliser les fonctionnalités du modèle GLEAM (Global Livestock Environmental Assessment Model) développé pour calculer la production mondiale de viande, de lait et d'œufs, et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le secteur étant responsable de près de 14,5 % des émissions anthropiques de GES, cet outil a vocation à améliorer sa double performance productive et environnementale. GLEAM fournit en outre une information précieuse pour fonder des actions d’adaptation et d'atténuation. Son libre accès sous une interface de type Excel devrait faciliter sa diffusion.

Construction de GLEAM

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Source : GLEAM-FAO

Construit comme une analyse de cycle de vie, GLEAM différencie les étapes clés (production, transformation, transport des aliments du bétail ; dynamique des troupeaux, alimentation animale et gestion des effluents ; transformation et transport des produits animaux), réparties en cinq modules complétés de deux autres pour l’évaluation des consommations d’énergie sur l’exploitation et de ses émissions aval. Cette structure donne une image complète et désagrégée des conséquences environnementales de la production animale. L’intérêt de GLEAM réside surtout dans le détail des systèmes recensés (plus de 14 000 combinaisons uniques de produits, pays, systèmes de production et conditions climatiques), et son maillage géographique très fin (10 km x 10 km) permis par la mobilisation des dernières versions des bases de données Gridded Livestock of the World et Global Agro-Ecological Zones.

Émissions totales régionales et leur profil par espèces (en millions de tonnes d’équivalent CO2)

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Source : GLEAM-FAO

Au-delà du bilan de l’existant, le modèle peut aussi être utilisé par les acteurs locaux comme outil d'évaluation ex ante de scénarios pour différentes stratégies d’adaptation et d'atténuation. Ainsi, il a trouvé des applications dans un certain nombre de projets sur les cinq continents, parfois couplé à d’autres modèles : quantification de l’efficacité économique de la réduction des émissions de GES par l'utilisation de la semence sexée dans les exploitations laitières écossaises ; évaluation des bilans fourragers et analyse du potentiel de l'élevage dans les zones arides de l'Afrique sub-saharienne ; ou encore évaluation de mesures techniques pour réduire les émissions de GES dans un projet de crédits carbone pour les exploitations laitières au Kenya.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : FAO, FAO

15:17 Publié dans Climat, Environnement, Production et marchés | Lien permanent | Tags : élevage, gleam |  Imprimer | | | | |  Facebook