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18/04/2017

Exercice prospectif de la FAO : défis de l'agriculture et de l'alimentation de demain

À l'occasion de sa réflexion sur son cadre stratégique à l'horizon 2021, la FAO a publié un rapport sur L'avenir de l'alimentation et l'agriculture : tendances et défis, qui identifie les principales évolutions des systèmes alimentaires. Les auteurs listent quinze tendances et font ressortir dix enjeux principaux pour atteindre l'objectif d'éradication de la faim à 2030. Le document s'appuie sur une revue de littérature exhaustive et l'utilisation de bases de données historiques (cf. figure ci-dessous).

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Source : FAO

Parmi les tendances détaillées, figurent l'évolution de la population et les flux migratoires, une concurrence accrue pour les ressources ainsi que des pertes et des gaspillages croissants. Les auteurs soulignent que le lien entre la productivité agricole et l'innovation sera primordial, depuis l'accès aux technologies de l'information, en amont de la filière, jusqu'à l'évolution de l'alimentation basée sur les nanotechnologies. De plus, les maladies transfrontalières seront de plus en plus fréquentes et violentes, du fait de la mondialisation des systèmes alimentaires et de l'intensification, dans certains cas, liée au changement climatique (cf. figure ci-dessous).

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Source : FAO

Dix défis sont identifiés, contribuant à la feuille de route stratégique de la FAO. Parmi eux, il faudrait enclencher un développement agricole durable (lutte contre le changement climatique et utilisation efficiente des ressources naturelles) dans toutes les régions du monde. Il conviendrait aussi d'éradiquer l'extrême pauvreté,de lutter contre la malnutrition et de rendre les systèmes alimentaires plus résilients. Plus concrètement, les auteurs préconisent de développer les activités rémunératrices dans les zones rurales, afin notamment d'en accroître l'attractivité pour les jeunes et de réduire l'exode vers les zones urbaines. L'éducation et la santé sont également deux domaines dont il sera essentiel de se préoccuper. En effet, les épidémies transfrontalières constituent des menaces tant pour la production agricole que pour la santé humaine. Les auteurs soulignent le besoin d'une coordination des systèmes transnationaux de prévention et de contrôle ; ils appellent à une prise de conscience sur l'utilisation généralisée d'antibiotiques et l'accroissement de l'antibiorésistance.

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

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10/04/2017

Évolution des formes de malnutrition en Europe et Asie centrale

La FAO a publié courant mars la deuxième édition du Regional Overview of Food Insecurity pour la région Europe et Asie centrale. Les données analysées y montrent une évolution de la nature de l'insécurité alimentaire, sur les vingt-trois dernières années, avec une diminution des problèmes d'accès (physique ou économique) à l'alimentation et de stabilité de cet accès. À l'inverse, prennent plus d'importance les déficiences en micronutriments (fer, vitamine A, zinc) et la suralimentation (caractérisée par le surpoids et l'obésité). Si 13 % de la population de la région vivent dans des pays concernés par trois enjeux nutritionnels (triple burden : sous-nutrition, carences en micronutriments, suralimentation), ce pourcentage est de 57 % pour des États où le principal problème est la suralimentation.

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Source : FAO

Ce rapport s'intéresse également aux politiques publiques mises en œuvre pour répondre à ces enjeux : complémentation alimentaire, taxes et subventions, éducation nutritionnelle, etc.

Source : FAO

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13/03/2017

Agriculture et climat. Du blé par tous les temps, Sébastien Abis, Mohammed Sadiki

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On ne compte plus les publications sur les liens entre changement climatique et agriculture. Se démarquant du lot commun, l'intérêt de celle-ci est triple. D'une part, elle est centrée sur une production particulière, celle de blé, qui nourrit quotidiennement 3 milliards d'humains. Cette culture est localisée dans les zones bénéficiant de conditions généreuses : température, sol, eau. À l'avenir, les effets du changement climatique se feront sentir de manière contrastée. L'hémisphère Sud connaîtra une baisse des rendements, le développement de maladies et de ravageurs, alors que les pays déjà les plus favorisés – dont la France – le seront encore davantage. Quant aux États de la mer Noire, ils pourraient être avantagés par une extension des surfaces de production mais handicapés par des épisodes de chaleur plus extrême. Au-delà de ces problèmes d'adaptation, les auteurs rappellent que le blé est une plante "climato-active", fixant une grande quantité de carbone et donc très utile aux stratégies d'atténuation.

Le deuxième intérêt de l'ouvrage est qu'il déborde constamment son sujet, en l'insérant dans un contexte général qui ne le met que mieux en perspective. L'approche est large, le propos ample et de nombreux sujets connexes sont abordés : ressources naturelles, pratiques culturales et nouvelle "révolution verte", innovations techniques, besoins alimentaires des populations, sécurité sanitaire, priorités des politiques publiques, internationalisation des échanges commerciaux, etc. Plus généralement encore, blé et climat sont appréhendés sous un angle géopolitique, cette céréale étant même souvent présentée comme "une pièce essentielle dans l'architecture de sécurité du monde".

Enfin, le plaisir de la lecture tient au duo d'auteurs qui, de par leurs origines et leurs activités professionnelles, défendent à deux voix une même idée réunissant les deux rives de la Méditerranée : le changement climatique soumettra nos sociétés à rude épreuve, elles devront développer et moderniser leurs agricultures, échanger leurs productions, intensifier leurs coopérations, et s'appuyer sur des modes de gouvernance favorisant l'anticipation et la réactivité. Alternant les chapitres sur la France et sur le Maroc, S. Abis et M. Sadiki tablent sur une agriculture faite de science, de développement et d'échanges. Plus généralement, ils montrent que climat, blé et sécurité forment le puissant triptyque de l'avenir du bassin méditerranéen.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : IRIS

15/02/2017

Rendements agricoles et indépendance alimentaire : un exercice prospectif à l'horizon 2050 pour l'Afrique subsaharienne

Publié dans la revue PNAS, cet article présente un exercice prospectif à 2050, portant sur les évolutions de la capacité de production agricole (céréales) des pays sud-sahéliens, en lien avec leurs démographies. Entre 2010 et 2050, la population d'Afrique subsaharienne devrait être multipliée par 2,5 et la demande en céréales par 3 (également portée par l'évolution des régimes alimentaires). Les dix pays analysés présentent en moyenne un ratio d'indépendance alimentaire (production domestique sur consommation totale) pour les céréales de 0,8. Ceci peut être source d'insécurité alimentaire car de nombreux États n'ont pas suffisamment de ressources en devises étrangères pour importer massivement des denrées. Les chercheurs ont utilisé le modèle d'équilibre partiel IMPACT, pour tester trois scénarios d'évolution de la production de céréales en fonction de l'accroissement du rendement, prenant en compte des changements de politiques stratégiques (augmentation des surfaces agricoles, des surfaces irriguées, promotion de l'agriculture intensive). Deux hypothèses importantes sont faites : le commerce intra-régional se développe sans entrave et le rendement des surfaces nouvellement agricoles est identique à celui des anciennes.

Parmi les résultats obtenus, les auteurs soulignent que le maïs dispose du plus grand potentiel dans la région et pourrait donc constituer une culture intéressante pour les producteurs comme pour la sécurité alimentaire. Dans le scénario qui s'appuie sur une augmentation des rendements à 2050 identique à celle entre 1991 et 2014, le besoin de surfaces céréalières serait de 97 millions d'ha (+185 %). Avec le scénario qui permet aux cultures non irriguées d'atteindre 50 % de leur optimum, les pays analysés amélioreraient leur indépendance alimentaire à 0,6. Cette cible paraît toutefois difficilement atteignable aux auteurs, au vu du besoin d'intensification, du difficile accès aux intrants et des faibles infrastructures de la région. Dans ce cas, 44 millions d'ha (+ 84 %) supplémentaires de surface céréalière seraient nécessaires pour atteindre l'auto-suffisance. Enfin, dans le cas où les surfaces agricoles atteignent 80 % de leur rendement optimal, la région resterait très dépendante des importations extra-régionales, avec une forte disparité entre les pays.

Les auteurs précisent que leur étude se limite aux déterminants agronomiques du défi alimentaire. Or, promouvoir la production agricole et atteindre une balance commerciale positive relèvent également de politiques ciblées (droit foncier, accès au crédit) et d'investissements (R&D).

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

11:21 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : rendements, afrique subsaharienne, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'expansion urbaine et ses conséquences sur les terres cultivées et la production agricole

La revue PNAS a publié récemment les résultats d'une étude prospective analysant les conséquences de l'expansion urbaine sur les terres cultivées et la production agricole, au niveau mondial et pour différents pays. Pour évaluer les pertes de surfaces et de production, les auteurs ont croisé des données spatiales d'utilisation des terres cultivées et de productivité agricole (année 2000) et des projections à 2030 de l'occupation urbaine selon trois scenarii (urbanisation faible, moyenne et importante). Des focus sont faits pour quatre denrées de base (maïs, riz, soja et blé) et trois cultures de rente (cacao, huile de palme et canne à sucre). L'étude détaille également les cas particuliers de grandes conurbations.

Il en ressort une perte globale de terres agricoles de 1,8 à 2,4 % d'ici 2030, avec une répartition mondiale très inégale. 80 % de ces pertes se situent en Asie (un quart pour la Chine seule) et en Afrique, soit 24 millions d'hectares (scénario médian). L'étude confirme que les terres gagnées par l'urbanisation sont en moyenne plus productives, induisant ainsi une diminution de production agricole de 3,4 à 4,2 %. Mais selon les différentes dynamiques de développement urbain, les conséquences de ces tendances sont géographiquement inégales. La baisse de production induite par 3 % de pertes de terres agricoles est ainsi de 6 % en Asie, mais de 9 % en Afrique. L'expansion urbaine constitue une menace importante pour la production agricole chinoise, alors que son impact productif sera plus limité, malgré des disparitions de surfaces importantes, aux États-Unis, en Inde ou au Brésil.

Différentes stratégies de compensation des pertes de production sont évoquées en fin d'article. Les auteurs ébauchent également une réflexion sur les conséquences de l'extension urbaine : notamment l’impact du développement des supermarchés (dans les grands centres) sur la structuration de la production agricole, et le devenir des petits producteurs perdant leurs terres en lien avec la sécurité alimentaire. L'étude conclut sur le rôle central de la gouvernance des zones urbaines vis-à-vis de la préservation des zones agricoles et sur la responsabilité des villes par rapport à la durabilité des ressources.

L’extension urbaine selon les différents scenarii

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Source : PNAS

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : PNAS

11:19 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : expansion urbaine, production agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/01/2017

États-Unis : rapport de la Chambre des Représentants sur le programme d'aide alimentaire SNAP

Le 6 décembre dernier, le comité pour l'agriculture de la Chambre des Représentants a publié un rapport sur le Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP) de l'USDA, programme d'aide alimentaire domestique. Issu d'un examen complet conduit de février 2015 à décembre 2016, le rapport Past, Present & Future of SNAP vise à mieux connaître le programme et ses bénéficiaires, à évaluer l'utilisation des prestations en espèces et en nature, et à examiner des voies d'amélioration. Cette publication intervient alors que le 115e Congrès se prépare à ré-autoriser ce programme qui arrive à échéance en 2018.

En préambule, le rapport rappelle l'historique du programme et certaines données générales, par exemple sur l'évolution de son budget (cf. graphique ci-dessous). Environ 70 milliards de dollars y sont alloués annuellement, ce qui permet à 43 millions d'Américains de recevoir chaque mois des bons alimentaires. En 2015, 42,7 % des bénéficiaires étaient des enfants, 19,6 % des personnes âgées, 20,2 % des personnes souffrant de handicap et 19,1 % des individus entre 18 et 49 ans.

Évolution du budget du programme SNAP depuis 1990

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Source : House Committee on Agriculture

Les conclusions du rapport concernent quatre grands thèmes :

- « intégrer l'innovation et la souplesse dans l'exécution du programme » : le programme doit être adapté à la grande diversité de ses bénéficiaires et de leurs besoins, et sont recommandées ici l'utilisation des nouvelles technologies et une meilleure collaboration entre parties prenantes ;

- « favoriser l'ascension sur l'échelle économique grâce à l'emploi » ;

- « maintenir l'intégrité du programme », avec notamment l'insistance sur la nécessité d'objectifs clairs et d'une évaluation selon des critères permettant son amélioration, et de la disponibilité des données comme élément clé ;

- « améliorer l'accès à la nourriture et promouvoir une alimentation saine » : l'éducation à la nutrition des bénéficiaires est ici recommandée, combinée à des mesures incitatives.

Département agricole, Service Économique Régional, Ambassade de France aux États-Unis

Source : House Committee on Agriculture

18/01/2017

Incidence du développement du commerce agricole sur la sécurité alimentaire

Dans ce rapport publié récemment, l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques se base sur les projections de l'Outlook agricole OCDE/FAO à 2024 pour évaluer la sécurité alimentaire, au niveau national, dans les différentes grandes régions du monde. Quatre scénarios sont développés : une augmentation plus rapide des revenus dans les pays en développement (income sur le graphique ci-dessous), une augmentation accrue de la productivité agricole dans ces mêmes pays (productivity), une combinaison des deux (income & productivity), et enfin un accès plus équitable aux produits alimentaires disponibles (access). Les indicateurs pris en compte sont celui de la FAO sur la sous-alimentation (probabilité qu'un individu d'une population donnée n'ait pas accès au minimum de calories nécessaire à une vie active et saine) et la prévalence de la sous-alimentation dans la population (PoU).

Selon les projections tendancielles, la PoU chute globalement de 11 à 8 % en 10 ans ; l'Amérique latine et les Caraïbes, l'Indonésie et la Thaïlande passent en-dessous des 5 % (seuil d'éradication de la faim selon la FAO) ; l'Asie et le Pacifique diminuent de 12 à 8 % et l'Afrique subsaharienne de 23 à 19 %. L'Asie et le Pacifique bénéficient plus du scénario d’augmentation des revenus que l'Afrique. Le Nigeria, la Chine et le Pérou passeraient en-dessous des 5 % de PoU dans le scénario d'augmentation de la production agricole. Le Bangladesh s’ajouterait à cette liste, dans le cas où à la fois les revenus et la production agricole augmenteraient, ainsi que l'Inde dans le scénario « accès plus équitable ».

L'étude confirme que le commerce international joue un rôle, variable selon les pays, dans la réduction de l'insécurité alimentaire. Le scénario d'augmentation de la productivité agricole nationale donne globalement de meilleurs résultats que celui d'une amélioration plus rapide des revenus, dans la mesure où l'accroissement de la consommation se fait principalement par la production locale. Le scénario « accès plus équitable » donne de meilleurs résultats de réduction de l'insécurité alimentaire partout, montrant que l'accès à l'alimentation est le problème central, plutôt que la disponibilité alimentaire. Si la majorité des pays en développement est donc en voie d'atteindre les 5 % de PoU, des mesures plus importantes restent nécessaires, pour que les pays les plus pauvres, en Afrique subsaharienne en particulier, éradiquent la sous-alimentation.

Évolutions du nombre de personnes en insécurité alimentaire selon les quatre scénarios par rapport au scénario tendanciel

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Source : OCDE

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

11/01/2017

Publication de l'édition 2016 de Mediterra consacrée au gaspillage

Issue d'un partenariat entre le CIHEAM et la FAO, l'édition 2016 de Mediterra est consacrée à la thématique du gaspillage dans la zone méditerranéenne. Cette problématique est abordée sous trois angles : les ressources naturelles, les productions agricoles et alimentaires, et les connaissances. La combinaison de ces trois approches permet de « situer le propos dans une perspective plus globale de développement durable », plaçant l'être humain au centre des réflexions. Les dix-sept chapitres apportent des éclairages intéressants, tant en termes de problématiques que d'éléments de réponse et d'éclairages pour la mise en œuvre de recommandations politiques participatives.

Le document met notamment l'accent, dans son introduction, sur l'importance de l'innovation pour un développement durable, sur l'adaptation nécessaire à chaque territoire et sur l'implication des agriculteurs dans divers processus (élaboration de cadres institutionnels et gestion collective, échanges avec les organismes de recherche et sur la diversification des activités, actions sur l'attractivité rurale).

Source : CIHEAM

06/12/2016

Publication de l'IDDRI sur la gouvernance alimentaire mondiale

Un rapport de l'IDDRI a été publié en octobre 2016 afin de situer les réformes du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) dans le contexte plus large d'évolution du dialogue international sur la sécurité alimentaire. La question de la sécurité alimentaire est en effet traitée par plusieurs instances multilatérales (notamment G8/G20, OMC et les discussions sur les Objectifs de développement durable – ODD – de l'ONU), ainsi que dans différents groupes de travail incluant des organismes et chercheurs variés. Selon l'IDDRI, cet éclatement ne permettrait pas une discussion appropriée sur le sujet et générerait une multitude de normes et règles, parfois conflictuelles. En conséquence, les auteurs appellent l'Union européenne à réaffirmer le rôle du CSA comme organe de référence permettant l'inclusion de toutes les parties prenantes et la définition d'un cadre structurel pour les enjeux relatifs à la sécurité alimentaire.

Source : IDDRI

17/10/2016

Le NEPAD préconise une « révolution verte » pour éradiquer la faim en Afrique d'ici 2025

Après une première version fin mai, le rapport final du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), Ending Hunger in Africa. The elimination of hunger and food insecurity on the African continent by 2025, a été présenté mi-septembre à Pretoria. L'objectif de ce rapport est d'étudier les conditions nécessaires pour atteindre l'engagement, pris par les chefs d’États africains lors de la déclaration de Malabo en juin 2014, d'éradiquer la faim chronique d'ici 2025, en passant de 19 % à 5 % de la population en situation d'insécurité alimentaire. Cette étude a été réalisée avec le Frederick S. Pardee Center for International Futures de l'université de Denver.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, tout en réduisant le niveau des importations, dans un contexte de croissance démographique, le NEPAD considère que la production devra progresser de 61 % par rapport à 2015. Cette hausse nécessite une augmentation de la superficie agricole de 39 millions d'hectares (essentiellement en Afrique australe et de l'Est), une progression des rendements de 3,2 % par an (pour atteindre une moyenne de 4,9 t/ha en 2025), une croissance de 5,8 % des cheptels et une réduction de 9 % des pertes post-récoltes. Le rapport préconise une « révolution verte » pour l'agriculture africaine, en favorisant le recours aux engrais, aux semences améliorées, à la mécanisation et aux crédits, ainsi que le développement de l'irrigation et des infrastructures rurales. Cette révolution doit bénéficier aux grandes exploitations commerciales ainsi qu'aux petites structures, lesquelles représentent 95 % des exploitations agricoles en Afrique. Le NEPAD recommande également une hausse des aides publiques à destination des ménages pour soutenir la consommation alimentaire, à hauteur de 11,6 % du PIB en 2025 contre 9 % en 2015.

En conclusion de la présentation publique du rapport, le directeur général du NEPAD a insisté sur le fait que ce document doit contribuer à l'élaboration de politiques publiques adaptées, au niveau des États et des communautés économiques régionales.

Guillaume Furri, Conseiller pour les Affaires Agricoles, Service Économique Régional en Afrique Australe, Ambassade de France en Afrique du Sud

Source : NEPAD

11:38 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : nepad, afrique, révolution verte |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/07/2016

Prospective Agrimonde-Terra : usage des terres et sécurité alimentaire mondiale en 2050

Le Cirad et l'Inra ont organisé vendredi 24 juin le colloque de présentation de leur étude Prospective Agrimonde-Terra : usage des terres et sécurité alimentaire mondiale en 2050. Impliquant de nombreux experts, ce travail a permis d'identifier les principaux déterminants de l’usage des terres, de formuler des hypothèses quant à leurs évolutions possibles d'ici à 2050 et de construire 5 scenarii. Des simulations des résultats des scenarii ont été réalisées avec le modèle Globe Agri.

Trois scenarii sont présentés comme « tendanciels » (1-2-3) et deux comme étant « de rupture » (4-5) :

- 1 « métropolisation » : poursuite de la croissance, de l'urbanisation et de la transition nutritionnelle (produits carnés et/ou transformés), à laquelle répondent des chaînes de valeur globales marginalisant les petits producteurs ;

- 2 « régionalisation » : développement d'une stratégie alimentaire de souveraineté par grandes régions, alimentation traditionnelle et agriculture familiale ;

- 3 « ménages » : grande mobilité urbain/rural au sein d'un vaste espace global dominé par les acteurs non étatiques ; alimentation hybride entre tradition et modernité ;

- 4 « communautés » : baisse de la croissance, crises répétées, exode urbain, replis sur des blocs régionaux ;

- 5 « régime alimentaire sain » : diversification des productions agricoles accompagnant des régimes nutritionnels plus sains dans le cadre d'une coopération mondiale très prescriptive.

Parmi les principaux résultats globaux, dans presque toutes les configurations simulées quantitativement, le commerce international joue un rôle important, les terres agricoles (en particulier les pâtures) s'étendent aux dépens de la forêt et les régions « Afrique subsaharienne » et « Inde » sont sous tension. Seul le scénario 5 permet d'assurer la sécurité alimentaire au niveau global avec un quasi-maintien des surfaces forestières et le développement de systèmes agricoles plus durables. L'étude conclut que des politiques publiques fortes et coordonnées entre les différentes échelles (internationale, nationale et locale) sont indispensables.

Résultats quantifiés pour les scénarios et leurs variantes (évolution entre 2010 et 2050)

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Source : CIRAD-INRA ; mise en forme CEP

Plusieurs documents sont en ligne, qui décrivent l'étude au niveau global, les hypothèses faites, les scenarii et les résultats des simulations. Les scenarii ont été déclinés par régions, afin de prendre en compte les dynamiques locales qui, d'après les auteurs, sont assez contrastées. Il sera donc intéressant de suivre la parution à venir des documents régionaux.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Inra

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Quelle est la part des plantes cultivées non natives dans les consommations et productions nationales ?

16 chercheurs ont réalisé une quantification de la part des cultures végétales non endémiques dans nos consommations et productions. Partant des données disponibles sur FAOstat, ils ont regardé la consommation en calories (kcal par jour et per capita), en lipides, en protéines et en poids ; la production a été évaluée en termes d'hectares de production, de tonnes produites et de valeur (en dollars). Parallèlement, ils ont identifié les « régions primaires de diversité », autrement dit la localisation de la première domestication des plantes étudiées. La carte établie découpe le monde en 23 régions ; cette segmentation repose sur des paramètres éco-géographiques expliquant la distribution spatiale des espèces végétales. Les auteurs en soulignent la limite en termes de résolution.

Part des plantes cultivées non natives dans les consommations (a : en calories) et dans les productions agricoles (b : en tonnes) par pays

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Source : Proceedings of the Royal Society B

Leurs résultats, publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, montrent une grande connexion entre ces différentes régions. En effet, les systèmes de production nationaux reposent sur des espèces non natives pour environ 69 % en moyenne, une valeur proche de celle obtenue pour les consommations. Ce pourcentage est d'autant plus important pour des pays isolés ou éloignés des « régions primaires de diversité », comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, à l'inverse de pays où les aliments de base traditionnels sont peu diversifiés et dont les limites se superposent avec ces régions de diversité (ex : Cambodge, Bangladesh).

Les auteurs ont également étudié l'évolution de l'utilisation des espèces non endémiques entre 1961 et 2011, et montrent une connectivité accrue, en particulier en Afrique, en Asie, en Amérique centrale, dans les Andes et en Amérique du Sud. Par ailleurs, cette publication met en évidence le rôle de certaines « régions primaires de diversité », moins citées dans la littérature. Par exemple, l'Amérique du Nord contribue de façon significative aux systèmes alimentaires actuels via le tournesol, source de lipides.

Evolution de la part des plantes non natives dans la consommation entre 1961 et 2009, ainsi que dans les productions agricoles entre 1961 et 2011 (chaque trait fin représente un pays)

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Source : Proceedings of the Royal Society B

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Proceedings of the Royal Society B

13/06/2016

Comment des prospectives concurrentes influencent les débats sur la sécurité alimentaire

Face à la permanence des crises alimentaires mondiales, divers travaux de prospective destinés à susciter des débats sur la sécurité alimentaire, dans les arènes internationales, ont vu le jour dans la dernière décennie. Alors que ceux centrés sur la modélisation économique semblent avoir fortement influencé les débats et les politiques, d'autres méthodes ont émergé pour faire contrepoids à de telles approches. Dans le cadre du projet de recherche SAGE, une journée d'études a été consacrée, début juin, à l'analyse de ces différentes méthodes.

En 2006, un rapport de la FAO sur l'avenir de l'agriculture mondiale concluait que, pour nourrir la population, un doublement de la production agricole serait nécessaire à l'horizon 2050. Si cette affirmation a eu un grand impact sur les débats internationaux, elle est fort contestable d'après I. Tomlinsen (université de Londres), qui a montré comment ces estimations, basées à l'époque sur un modèle d'équilibre général, présentaient de nombreuses faiblesses.

Les modèles économiques sont des points de passage incontournables de l'expertise sur la sécurité alimentaire globale, comme le montre L. Cornilleau (université Paris-Est). Sa thèse analyse la manière dont le modèle de l'International Food Policy Research Institute (IFPRI) privilégie le libre-échange et la technologisation de l'agriculture. Dans les pays africains, ce modèle serait à l'origine de la diffusion d'une nouvelle « révolution verte » risquant d'enfermer les producteurs dans des verrouillages technologiques.

D'autres prospectives se sont attachées à changer le cadre du débat politique sur l'agriculture mondiale. C'est le cas de l'exercice français Agrimonde, qui envisage un scenario de rupture, en refusant de considérer que les prix sont partout la seule modalité par laquelle l'offre et la demande s'ajustent. Pour G. Tétart (université de Tours), si Agrimonde a fait l'objet de fortes controverses entre chercheurs français, il a montré que la donnée chiffrée n'est pas la seule pertinente pour décrire les problèmes complexes. S. Treyer (IDDRI) considère, pour sa part, qu'un des apports essentiels d'Agrimonde réside dans la mise en place d'un forum international pluraliste et critique des praticiens de la prospective sur l'agriculture mondiale.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : Inra

15:23 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : sécurité alimentaire, prospectives |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/05/2016

Des scénarios pour répondre à la demande globale alimentaire en 2050 sans déforestation

Six chercheurs de l'Institute of Social Ecology et de I'Institut de recherche en agriculture biologique à Vienne ont passé au crible 500 scénarios de production et demande alimentaires, avec comme contrainte initiale l'absence de déforestation à l'horizon 2050. Les principales variations entre ces scénarios tiennent au niveau des rendements, au pourcentage d'expansion des zones cultivées (0 à +70 %) en particulier sur les prairies très productives, à la composition du régime alimentaire des animaux d'élevage, à l'origine de la viande dans l'alimentation humaine (parts des ruminants, des monogastriques) et aux régimes alimentaires humains. Sont distingués les régimes suivants : VEGAN avec uniquement une base végétale (2 636 kcal/pers/jour), VEGETARIAN sans viande mais avec des œufs et du lait (2 636 kcal/pers/jour), MEAT (2 648 kcal/pers/jour), BAU en ligne avec les projections de la FAO en 2050 et RICH où le régime alimentaire nord-américain de 2000 domine (3 546 kcal/pers/jour). Tous ces régimes, sauf BAU, supposent une convergence mondiale des quantités ingérées per capita. La figure ci-dessous présente l'ensemble des scénarios, des hypothèses sous-jacentes et les résultats en termes de faisabilité. Cette dernière correspond à l'adéquation entre l'offre et la demande alimentaires. Si la demande est supérieure à l'offre de 5 % (cropland-limited) et/ou si les seuils écologiques de pâturage sont dépassés (grazing-land limited), le scénario est considéré comme non réalisable.

Scénarios et hypothèses sous-jacentes (régimes alimentaires en colonne, modes de production en ligne). Les zones en vert foncé correspondent aux scénarios considérés comme faisables, en vert clair comme probablement faisables. Les autres couleurs indiquent les raisons de la non faisabilité.

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Source : Nature Communications

D'après le jeu d'hypothèses retenu, un peu moins de 60 % des scénarios sont jugés réalisables. Les hypothèses en termes de régimes alimentaires jouent un rôle important en comparaison avec celles touchant aux rendements ou à l'expansion des cultures. Tous les scénarios avec le régime VEGAN et 94 % dans le cas VEGETARIAN seraient réalisables, contre 2/3 en BAU et 15 % pour le régime MEAT. Par ailleurs, l'exercice de modélisation réalisé montre que la convergence des régimes alimentaires diminue l'autosuffisance des pays en développement. Néanmoins, cette étude ne tient pas compte des effets du changement climatique et n'intègre pas des considérations autres que biophysique (ex : flux de biomasse non contraint par des dimensions économiques ou des barrières à l'échange).

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Nature Communications

09/02/2016

Nouveau rapport de la FAO sur la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique

Publié en janvier, ce rapport fait le point des connaissances sur les risques alimentaires liés au changement climatique, que ce soit en raison des perturbations apportées sur l’agriculture, la forêt ou les ressources halieutiques, ou du fait des pertes de ressources génétiques. Il compile différentes études publiées récemment sur ces questions, les mettant en regard et les croisant de façon à produire une analyse multifactorielle (écosystèmes, économie, commerce mondial, ravageurs, etc.) des conséquences du changement climatique sur l’équilibre alimentaire mondial.

Dans une seconde partie, il inventorie les pistes visant à accroître la résilience des ménages face à un risque alimentaire accru, prônant à la fois des adaptations des méthodes de production et une protection sociale accrue des plus faibles. Il met en avant la nécessité d’intégrer les populations concernées dans les processus d’adaptation de façon à accélérer la diffusion des techniques et à mettre en place des chaînes d’alerte permettant des réactions rapides face aux accidents climatiques et sanitaires.

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Source : FAO

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