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19/01/2021

Recommandations de l'Assemblée nationale sur la politique européenne de sécurité sanitaire de l'alimentation

Les députés André Chassaigne et Catherine Osson ont remis en décembre 2020, à la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale, le rapport de leur mission d'information sur la politique de l'UE en matière de sécurité sanitaire de l'alimentation. Cette mission avait pour but d'analyser la politique en place, d'en identifier les faiblesses et d'émettre des recommandations relatives à l'évolution de la législation européenne.

Les auteurs rappellent que, ces dernières années, le nombre de décès ayant des causes alimentaires était estimé dans le monde à 420 000, dont un tiers d'enfants. Ils signalent toutefois que si le sujet semble de plus en plus prégnant en France, c'est en raison de sa forte médiatisation, liée notamment à l'attention croissante des consommateurs à leur alimentation, et non à cause d'une recrudescence des crises alimentaires : celles-ci sont en effet stables depuis les années 2000. En revanche, la législation européenne, une des plus strictes au monde, nécessiterait d'être actualisée, ses financements consolidés, sa capacité à anticiper et à sanctionner les cas de fraudes alimentaires améliorée. En particulier, les importations françaises de produits alimentaires ont augmenté ces dernières années, associées à une division par deux du solde commercial agricole national entre 2011 et 2017. Cette augmentation rend d'autant plus nécessaire un contrôle accru de la conformité de ces importations aux exigences européennes, pour garantir la sécurité du consommateur mais aussi la compétitivité des producteurs européens vis-à-vis de ceux des pays tiers. S'appuyant sur un précédent rapport sénatorial, les auteurs rappellent qu'entre 8 et 12 % des denrées alimentaires en provenance de pays tiers ne respectent pas les normes européennes de production.

Importations agroalimentaires en France (milliards d'euros constants)

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Source : Sénat

Les auteurs formulent 21 recommandations, certaines étant relatives à la lutte contre les fraudes alimentaires : adoption d'une définition européenne partagée, élaboration d'un plan d'action par la Commission, renforcement des obligations et des sanctions comme des moyens de contrôle des produits agroalimentaires importés et notamment de leur traçabilité, création d'une police sanitaire, etc. Les auteurs préconisent aussi une accélération des travaux sur le gaspillage alimentaire, sur l'étiquetage de l'origine, sur l'utilisation de la blockchain, de QR code (code-barres à deux dimensions) et de l'intelligence artificielle pour améliorer la traçabilité des produits. Enfin, ils recommandent de mettre en place une politique agricole et alimentaire commune pour garantir une meilleure cohérence normative entre l'amont et l'aval de la filière.

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : Assemblée nationale

Alertes et lanceurs d'alerte, Francis Chateauraynaud

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Au milieu des années 1990, F. Chateauraynaud (EHESS) a renouvelé la sociologie des risques et de l’expertise en créant le terme et mettant en évidence le rôle des « lanceurs d’alerte », à savoir ces personnes ou ces groupes qui, « rompant le silence, passent à l’action pour signaler l’imminence, ou la simple possibilité d’un enchaînement catastrophique ». La notion connut rapidement un certain succès. L’ouvrage retrace ses appropriations par les acteurs du risque environnemental, puis par ceux de la lutte contre la corruption et la délinquance économique. Mise à l'agenda politique dès le Grenelle de l'environnement (2007), elle est introduite dans l’ordre juridique en 2013 et 2016, avec le vote de deux lois sur la protection des lanceurs d'alerte contre les pressions et sur la procédure de signalement.

L'auteur critique cette institutionnalisation en se référant à l'idéal-type d'une « alerte authentique », basée sur l’attention aux changements à peine sensibles des milieux de vie. Dans ce modèle, une fois lancée, la mobilisation connaît des trajectoires variées, en partie imprévisibles. Elle est reprise dans de multiples arènes, connaît des rebondissements comparables à une enquête collective, jusqu’à provoquer les ajustements nécessaires pour prévenir le risque, ou limiter les dégâts, et retrouver prise sur le futur. Selon Chateauraynaud, le dispositif français, conçu en partie au moment de l'affaire Cahuzac, entretient la confusion avec une autre catégorie, moins pertinente pour l'analyse des risques : la « dénonciation de scandales » et le whistleblower.

Ce « jeu de lois » repose aussi sur le respect d'étapes, de formes et de hiérarchies. Or, toute alerte « véritable », mise en branle par des signaux faibles, « hors du code », ne tend-elle pas « à contourner les procédures normales » ? De nombreux dossiers, dans le domaine agricole et agroalimentaire (maladies liées aux pesticides, « vache folle », OGM, etc.), mais aussi des technologies de surveillance (affaire Snowden), le suggèrent. « La prolifération des objets d’alerte et de controverse », loin de démontrer l’ingouvernabilité de sociétés tétanisées par le principe de précaution, est avant tout « le signe d’un travail collectif permanent assurant les conditions de la vie sociale ». La question des institutions appropriées reste cependant ouverte, l'auteur évoquant des pistes plus ou moins convaincantes (plateformes citoyennes, autorités administratives indépendantes, etc.).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : PUF

18/01/2021

Prospective sur l'utilisation des antimicrobiens en aquaculture à horizon 2030

96 % des antimicrobiens les plus utilisés en aquaculture sont classés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme très importants ou d'importance critique pour la médecine humaine. Leur usage pouvant entraîner l'apparition de résistances et leur remplacement par d'autres molécules étant très limité, un article de décembre 2020 publié dans Nature projette l'évolution de leurs emplois à horizon 2030. Pour ce faire, les auteurs partent des taux d'utilisation mis en évidence dans la littérature et des perspectives de croissance de la production aquacole élaborées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L'aquaculture ne représentait en 2017 que 6 % des consommations d'antimicrobiens, contre 21 % en médecine humaine et 74 % pour l'élevage d'animaux terrestres. Ces proportions devraient rester stables en 2030, malgré une potentielle augmentation de 33 % des volumes d'antimicrobiens utilisés en aquaculture. En équivalent biomasse (mg/kg), l'aquaculture utiliserait toutefois à cette échéance 80 % d'antimicrobiens de plus que la médecine humaine et 18 % de plus que pour l'élevage.

Projection de la consommation annuelle d'antimicrobiens (tonnes) selon sa destination

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Source : Nature

Lecture : en gris la médecine humaine, en vert le bétail, en orange la volaille, en rose les porcins, en bleu foncé l'aquaculture. Les pointillés représentent l'intervalle de confiance pour l'aquaculture.

Consommant en 2017 près de 94 % du volume mondial d'antimicrobiens en aquaculture (58 % pour la Chine et 11 % pour l'Inde), l'Asie et le Pacifique devraient conserver cette part en 2030, alors que celle de l'Afrique augmenterait (de 2,3 à 2,6 % du volume total) et celle de l'Europe diminuerait légèrement (de 1,8 à 1,7 %). Les plus fortes croissances s'observeraient au Brésil (94 % d'augmentation), en Arabie Saoudite (77 %), en Australie (61 %), en Russie (59 %) et en Indonésie (55 %), ces pays étant susceptibles de représenter alors 11,5 % des volumes employés en 2030.

Par ailleurs, la vaccination préventive et la sélection des espèces ont montré leur efficacité pour réduire l'utilisation d'antimicrobiens dans les élevages. Dans les pays en voie de développement, acteurs majeurs de ce secteur, l'accessibilité financière des solutions est un objectif fort. Selon les auteurs, la création de structures chargées du suivi des usages permettrait de mieux identifier les risques dans un pays donné et de mettre en œuvre des mesures d'interventions ciblées.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : Nature

12/01/2021

29 actions pour mieux prévenir le suicide en agriculture

En décembre, le député Olivier Damaisin a rendu son rapport sur l'identification et l'accompagnement des agriculteurs en difficulté et sur la prévention du suicide en agriculture. Il propose 7 axes de recommandations, déclinés en 29 actions, dont plusieurs visent à sensibiliser et intégrer les acteurs du monde agricole (salariés des organisations professionnelles et du conseil, agents publics, chambres d'agriculture, SAFER, organismes de formation professionnelle, établissements scolaires et universitaires). L'auteur propose aussi la création d’un observatoire national des exploitations agricoles en difficulté, piloté par le ministère chargé de l’Agriculture, une meilleure coordination des acteurs et un soutien financier accru des associations locales travaillant sur ce sujet.

Source : site personnel du député O. Damaisin

11/01/2021

Note de l'OPECST sur l'exposome

En décembre 2020, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a publié une note sur l'exposome. Proposé en 2005, ce concept intègre, sur la vie entière de l'individu, l'ensemble des expositions (chimiques, physiques, liées aux modes de vie, nutrition notamment, etc.), pouvant influencer la santé humaine. Les maladies métaboliques et les effets des perturbateurs endocriniens sur le système reproducteur illustrent l'influence de l'environnement sur la santé. La note revient sur les défis méthodologiques associés à l'évaluation des conséquences d'expositions multiples, identifie des pistes d'amélioration des connaissances et en relève plusieurs intérêts (meilleur ciblage des actions de prévention, surveillance des facteurs environnementaux). L'auteur invite enfin à soutenir des infrastructures de recherche adaptées, et souligne les conséquences potentielles de ces travaux sur l'évaluation des risques des substances chimiques.

Source : OPECST

12:10 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : exposome, exposition, santé, opecst |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2020

La santé globale au prisme de l'analyse des politiques publiques, Cardon S., Gautier A., Le Naour G.

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Les trois auteurs, politistes et sociologues chargés d’enseignement à l’École nationale des services vétérinaires (ENSV), publient aux éditions Quæ une nouvelle version de leur ouvrage La santé globale au prisme de l’analyse des politiques publiques. Tous les mots du titre sont importants : il ne s’agit pas d’un nouveau traité sur One Health (santé globale), mais bien de voir comment ce concept se traduit dans les politiques publiques. La première partie revient sur les approches générales disponibles : analyses séquentielle ou cognitive, études socio-historiques, territoriales, transnationales ou portant sur les formes de gouvernance, les organisations ou les professions. La deuxième montre comment les réformes des politiques publiques ont impacté la gouvernance des risques sanitaires. La dernière partie, élaborée à partir des mémoires de fin d’études des futurs inspecteurs, applique ces approches à des cas de santé publique vétérinaire.

Lien : éditions Quæ

09:10 Publié dans 4. Politiques publiques, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : santé publique, one health, analyse |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2020

Quels impacts de la Covid-19 sur les chaînes de valeur agricoles et alimentaires aux États-Unis ?

La revue Choices a récemment publié un dossier dédié aux impacts de la pandémie sur les chaînes de valeur agricoles et alimentaires aux États-Unis, avec un focus sur le marché du travail. Les auteurs ont identifié trois domaines principaux de fragilité face à la Covid-19 : la main-d’œuvre, à tous les maillons de la chaîne (production, transformation, commercialisation) ; la logistique ; les modes de consommation (voir infographie ci-dessous). Les réponses politiques, locales ou fédérales, sont également abordées, comme l'assouplissement du système de visa H-2A pour les saisonniers agricoles, ou les adaptations successives des réglementations sur la sécurité des camionneurs.

Perturbations générées par la pandémie de Covid-19 à différents stades des chaînes de valeur agricoles et alimentaires

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Source : Choices

L'un des articles analyse l'évolution relative du taux de chômage dans les différents secteurs de l'économie, entre février et août 2020. Si l'agriculture, dans son ensemble, a subi une baisse limitée par rapport à la tendance de long terme, les conséquences sont plus contrastées selon les sous-secteurs, les services et la transformation alimentaires étant les plus affectés.

Les services, qui comprennent la restauration, ont été frappés par la chute brutale de la demande : confinement des consommateurs, report des événements sportifs ou culturels, arrêt des activités en lien avec le tourisme (transport aérien, hébergement hôtelier, croisières, etc.). Dans le secteur de la transformation, le taux de chômage a quasiment doublé entre février et mai, principalement en raison de fermetures temporaires liées à la diffusion active du virus au sein des usines. Les conditions de travail sur les chaînes de production, en atmosphère confinée, froide et humide, ainsi que la promiscuité imposée, ont fait de ce secteur aux États-Unis l'un des plus touchés par le virus, derrière celui de la santé.

Enfin, la pandémie a révélé la fragilité de la chaîne logistique alimentaire. La redirection des flux du secteur de la restauration vers la distribution s'est faite avec difficulté, conduisant à la fois à des surplus vendus à prix cassés et à des pénuries, en dépit de la flexibilité du transport routier qui s'est adapté à une demande et une réglementation fluctuantes.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Choices

L'IPBES propose des pistes pour prévenir les risques de pandémie

La Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié un rapport résultant d'un atelier virtuel, rassemblant 22 experts, sur les relations entre la dégradation de la nature et l'augmentation observée des pandémies. Les auteurs y rappellent que cinq pandémies émergent chaque année, estimant par ailleurs que 540 000 à 850 000 virus non découverts, actuellement présents chez les mammifères et les oiseaux, pourraient être transmissibles à l'être humain. Ils relient l'augmentation du risque d'apparition de pandémies aux mêmes activités humaines que celles entraînant le changement climatique et la perte de biodiversité, dont l'expansion et l'intensification de l'agriculture (cause d'émergence du virus Nipah en Malaisie). Les changements d'usage des sols (production agricole, déforestation, artificialisation, exploitation des ressources naturelles, etc.) sont, de leur côté, à l'origine de 30 % des nouvelles maladies signalées depuis 1960.

Partant de ce constant, les auteurs préconisent différentes actions. On peut citer, parmi celles-ci, la limitation des activités humaines entraînant une modification des paysages et une dégradation de la biodiversité, le soutien aux pratiques agricoles durables ainsi que la réduction des externalités négatives de l'agriculture conventionnelle. Il s'agit aussi de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, pour limiter la propagation des pathogènes. En lien avec cette recommandation, les auteurs émettent des réserves sur les politiques paysagères juxtaposant en mosaïque les activités agricoles et des espaces de conservation de la nature, comme les corridors et les trames vertes et bleues. En effet, dans ces espaces, les hôtes sauvages de pathogènes transmissibles à l'homme sont nombreux (chauve-souris, rongeurs et passereaux). Ils préconisent aussi, quand c'est justifié, de taxer la consommation et la production de viande, ainsi que l'élevage, et de viser spécifiquement les pratiques agricoles entraînant de la déforestation (huile de palme).

Les auteurs concluent avec optimisme que ces mesures sont applicables, estimant que le coût de la prévention est 100 fois moins élevé que celui entraîné par les pandémies.

L'approche « One Health », indispensable pour gérer des pandémies

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Source : Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services

Lecture : les auteurs rappellent l'importance de l'approche « One Health » (« Une seule santé »), qui reconnaît l'intrication entre les santés humaine, environnementale et animale.

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services

12/11/2020

Le commerce équitable a-t-il un impact sur l'usage de produits agrochimiques ?

Les certifications officielles et privées peuvent intégrer des critères de durabilité et encourager ainsi les pratiques agricoles vertueuses pour l'environnement. Cependant, constatant que leurs effets sont généralement peu étudiés, des chercheurs d'universités allemande, danoise et étatsunienne ont analysé l'impact du label Fairtrade (commerce équitable) sur l'usage de produits agrochimiques dans les exploitations de cacao ivoiriennes, et les effets de ces changements d'usage sur la santé des travailleurs agricoles et l'environnement. Leurs résultats sont présentés dans un article publié en octobre dans la revue Ecological Economics.

Pour cette étude, les chercheurs ont réalisé, en 2018, une enquête auprès de 1 000 agriculteurs et travailleurs agricoles d'exploitations de cacao du sud-est de la Côte d'Ivoire. Afin de mesurer le rôle des coopératives, ils en ont sélectionné 50, dont 25 certifiées Fairtrade, et ont interrogé 10 agriculteurs et 10 travailleurs agricoles par structure. Les agriculteurs étaient d'abord questionnés sur leur usage de produits agrochimiques. Ensuite, les chercheurs ont demandé à l'ensemble des travailleurs s'ils avaient été exposés à des pesticides dans les 12 derniers mois ou s'ils avaient travaillé dans des champs de cacao moins de trois jours après une pulvérisation, et également s'ils avaient eu des symptômes de maladies liées à des pesticides dans les 24 heures suivant l'exposition. Ces informations ont permis de calculer des indicateurs d'écotoxicité.

Les résultats des analyses économétriques montrent que le label Fairtrade entraîne une augmentation de 18 % des quantités de pesticides utilisées. Ce recours accru aux produits agrochimiques a un impact positif mais non chiffré sur les rendements. L'étude montre aussi que les agriculteurs certifiés utilisent davantage certaines molécules identifiées comme hautement toxiques pour les mammifères. Pour autant, la certification réduit le nombre de symptômes de maladies liées aux pesticides, car les coopératives concernées proposent des formations sur l'application des produits et l'usage de vêtements de protection. Au final, la plupart des effets observés s'expliquent par des mécanismes à l’œuvre au niveau des coopératives (ex. vente de pesticides et de fertilisants à prix subventionnés à leurs adhérents, offre de service de pulvérisation).

Selon leur statut de certification, proportion des coopératives offrant un accès facilité aux intrants, aux vêtements de protection, aux services de traitement et à la formation

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Source : Ecological Economics

Estelle Midler, Centre d'études et de prospective

Source : Ecological Economics

11/11/2020

L’« inférence de contamination » en grande distribution : regards croisés des consommateurs et des manageurs

L'influence, sur l'acte d'achat d'un consommateur, de la perception ou de l'évaluation d'un risque de souillure du produit par de précédentes manipulations est une question importante pour la grande distribution. Elle concerne surtout les rayons frais, où la possibilité de toucher renseigne sur l'état et les qualités du produit, et trouve une nouvelle actualité en contexte pandémique. Un travail en marketing éclaire cette question, grâce à des entretiens semi-directifs conduits avec des consommateurs et des managers, notamment chargés de la vente des fruits et légumes. La gêne et le dégoût liés aux « inférences de contamination » pour les produits d'usage intime (en relation avec le corps), comme les aliments, sont mis en perspective avec la tendance des managers à minimiser la réalité des contaminations dans leur propre magasin. Pour les auteures, « si la massification des produits en libre-service satisfait le besoin de toucher des consommateurs, elle a pour revers d’exacerber l’inférence de contamination ». Elles en tirent des réflexions sur le mode de présentation selon les produits et sur l'organisation de la maintenance des rayons.

Source : Management & Avenir

 

10/11/2020

Perturbateurs endocriniens, « bombe à retardement » ?

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Le Muséum national d'Histoire naturelle diffuse sur son site internet une série audio de 12 épisodes sur le thème « la nature : mieux la connaître pour mieux la préserver ». Dans l'épisode du 22 octobre dernier, Jean-Baptiste Fin, biologiste et professeur au Muséum, nous relate l'histoire de la « guerre » sanitaire menée contre les perturbateurs endocriniens.

Des avancées notables, et particulièrement en France, ont été réalisées en matière de prise de conscience, de connaissances scientifiques et de législation, notamment sur les pesticides. Cependant, le spécialiste reconnaît la méconnaissance des effets de certaines molécules dont la production croît de manière rapide. Il souligne également l'importance des évaluations à conduire avant la mise sur le marché des substituts aux produits identifiés comme perturbateurs endocriniens, en prenant l'exemple de l'interdiction des contenants plastiques dans les cantines scolaires à l'horizon 2025 dans le cadre de la loi Egalim.

Source : Muséum national d'Histoire naturelle

 

16:37 Publié dans Environnement, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : perturbateurs endocriniens, santé, plastique |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2020

Contributions des analyses économiques et sociologiques à la compréhension des défis sanitaires, environnementaux et agricoles

La Review of Agricultural, Food and Environmental Studies (INRAE) a mis en ligne un numéro spécial consacré aux apports de l'économie et de la sociologie aux défis du « nexus santé-environnement-agriculture ». Les sept articles étudient différents aspects relatifs aux stratégies de production, aux comportements de consommation et aux régulations possibles. Par exemple, à partir d'une revue de la littérature, E. Doro et V. Requillart soulignent les impacts positifs potentiels d'une taxe carbone visant des produits à fort contenu en émissions de gaz à effet de serre, dont les revenus subventionneraient la consommation de fruits et légumes. Ce numéro spécial illustre bien la diversité des problèmes et des solutions : si les possibilités de régulation sont nombreuses, les compromis à trouver le sont tout autant, et les sciences sociales peuvent apporter des contributions déterminantes pour le débat public et la conception de politiques efficaces.

Source : Review of Agriculture, Food and Environmental Sudies

 

16/10/2020

Gouvernance de l'usage des antibiotiques au Royaume-Uni

Face aux risques créés par l'antibiorésistance, l'usage trop important et l’utilisation inadéquate des antibiotiques sont une préoccupation pour la puissance publique : un article récent, publié dans Frontiers in veterinary science, traite de la situation au Royaume-Uni. Éleveurs et vétérinaires, en tant qu'utilisateurs majeurs, sont particulièrement ciblés et la quantification des ventes d'antibiotiques représente une donnée simple, très utilisée pour mesurer l'impact des politiques publiques. Au Royaume-Uni, le gouvernement a défini des objectifs mais a laissé au secteur agroalimentaire le choix des moyens à utiliser. Depuis 2014, les ventes d'antibiotiques par les vétérinaires y ont diminué de 49 %.

Cependant, les auteurs craignent que la polarisation sur ces deux acteurs et sur le seul paramètre quantitatif puisse dissimuler d'autres mésusages dans la chaîne de production. Par exemple, dans l'industrie laitière, le prix du lait acheté à l'éleveur est lié à différents paramètres de qualité définis par contrat avec les industriels, dont la présence de résidus antibiotiques. Ce paramètre est particulièrement important pour que l'industrie laitière, qui a mis en place des moyens de lutte contre l'antibiorésistance, respecte les normes européennes. Or, la moitié des quantités d'antibiotiques est utilisée chez les vaches laitières lors de la période de tarissement, en dehors de la période de contrat liant l'éleveur à l'industrie : celui-ci n'est donc pas incité à utiliser une méthode alternative aux antibiotiques comme, par exemple, l'obturation des trayons sur les animaux à faible probabilité d'infection pendant cette période. Les coûts économiques (ex. : sélection des vaches par la réalisation d'un test), en temps de travail et relatifs aux changements d'habitudes peuvent aussi être des facteurs limitant le recours du producteur à une méthode alternative.

De façon générale, les auteurs questionnent le fait que la gouvernance de l'usage des antibiotiques soit déléguée à un seul acteur de la chaîne industrielle alors qu’elle pourrait impliquer l'ensemble de ses composantes. Selon eux, il serait plus intéressant de proposer des bonnes pratiques à l'ensemble des acteurs que de se focaliser uniquement sur les statistiques de ventes.

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : Frontiers in veterinary science

15/10/2020

Améliorer l'efficacité des politiques publiques de réduction des risques liés aux pesticides

Dans un article paru dans Nature Food, neuf auteurs partent du constat, en Europe, que les politiques publiques visant à limiter les risques liés à l'usage des pesticides n'atteignent pas leur objectif. Ils recommandent dix leviers par lesquels améliorer l'efficacité de ces politiques, regroupés selon trois problématiques principales : définir des objectifs et des indicateurs simples, judicieux et mesurables ; prendre en compte les comportements des agriculteurs et des consommateurs ; assurer l'accès à des systèmes efficaces de protection des plantes, sur les plans technique et politique.

Par exemple, les auteurs jugent nécessaire de dépasser les difficultés actuelles à légiférer pour aboutir à une réglementation des technologies de génie variétal s'appuyant sur des considérations scientifiques et pragmatiques. Ils recommandent d'améliorer le processus d'homologation des nouveaux pesticides, pour ne pas le fonder sur des tests de l'industrie mais sur des travaux de laboratoires indépendants accrédités, et pour favoriser une approche globale du risque et non uniquement par pesticide et par culture. Ils font valoir la nécessité de garantir la bonne cohérence des objectifs des politiques publiques sur l'agriculture, pour éviter des messages et actions contradictoires (réduction des pesticides, évitement de l'apparition de résistances, maintien de la productivité, etc.). Les auteurs appellent aussi à favoriser des politiques combinant des mesures de tous niveaux, en entrée de système (ex : taxation des produits) et en sortie (ex : traitement des eaux). Dans ce cadre, ils soulignent la nécessité d'avoir des marges de manœuvre pour faire évoluer ou remplacer les instruments contradictoires ou inefficaces.

Ils recommandent enfin d'adopter une démarche intégrée pour construire des actions publiques de réduction des pesticides efficaces, régulièrement adaptables, incluant tous les acteurs de la chaîne de valeur, et composantes dans une politique générale de l'alimentation. Ils concluent en signalant que la stratégie Farm to fork et les réformes en cours de la PAC sont de réelles opportunités pour faire un pas en avant dans la construction de politiques publiques de réduction des risques liés aux pesticides.

Une approche holistique des politiques sur les pesticides

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Source : Nature Food

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : Nature Food

13/10/2020

Des politiques de santé animale fondées sur une évaluation des risques

Dans l’éditorial d'un dossier (septembre 2020) portant sur les politiques publiques de santé animale, les auteurs soulignent l'importance de fonder celles-ci sur une démarche établie sur des preuves et l'évaluation des risques. Pour cela, des plates-formes de données très sophistiquées sont nécessaires : elles doivent offrir des informations provenant de sources diversifiées et assurer une transparence de leurs modes de collecte et de traitement. Il est particulièrement important qu'elles soient construites en adéquation avec les objectifs qu'elles visent. Ces bases de données doivent aussi permettre d'avoir une vision proactive, tournée vers une démarche de prévention, et ne pas se contenter d'enregistrer des données passées. Pour cela, il est intéressant de les coupler à des méthodes de modélisation, en particulier lors du développement d'une épizootie. Enfin, si ces données doivent aider à définir des politiques publiques de santé globale, il faut qu'elles soient élargies aux santés humaine et environnementale, à l'économie et à la sociologie.

Source : Frontiers in veterinary science