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13/09/2017

L'Anses publie les résultats d'INCA 3

En juin dernier, l'Anses a publié les résultats de la troisième Étude individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA 3), qui vient actualiser les estimations de ces consommations et des apports nutritionnels. Nécessaires pour les évaluations des risques et bénéfices (sanitaires et nutritionnels) liés à l'alimentation, ces données ont été collectées en 2014-2015, en recourant notamment à une méthodologie harmonisée au niveau européen. Deux échantillons indépendants ont été constitués (2 698 enfants de 0 à 17 ans, et 3 157 adultes de 18 à 79 ans), l'ensemble étant représentatif de la population française métropolitaine.

INCA 3 livre des éléments riches sur l'alimentation des Français. Dans son avis, l'Agence relève plusieurs points saillants : des disparités importantes de comportements en fonction du sexe, de l'âge et du niveau socio-économique ; une alimentation de plus en plus transformée ; une augmentation importante du nombre de consommateurs de compléments alimentaires ; une part des approvisionnements via de l'auto-production ou des prélèvements dans la nature, sans mise sur le marché, pouvant concerner jusqu'à 75 % de la population ; des pratiques potentiellement à risque, d'un point de vue microbiologique, de plus en plus fréquentes (consommation de denrées animales crues, dépassement des dates limites de consommation, etc.). Chacun de ces points pose des questions en termes d'évaluation des risques et d'action publique. Ainsi, le caractère de plus en plus transformé de l'alimentation peut rendre difficile, pour les mangeurs, la compréhension et l'applicabilité des messages de prévention basés sur des groupes d'aliments bruts et peu transformés.

L'avis identifie des points de vigilance : le statut pondéral et le niveau d'activité physique et de sédentarité inappropriés, l'adaptation des actions de communication à la diversité des situations existantes, les difficultés pour comparer les consommations ou les apports nutritionnels aux recommandations nationales en vigueur, du fait de la variabilité des comportements entre individus ou pour un même individu au cours du temps, etc. Enfin, de nombreuses pistes d'analyse sont ouvertes, sachant que des données complémentaires seraient nécessaires pour des populations insuffisamment couvertes, voire pas du tout, par INCA 3 (femmes enceintes ou allaitantes, végétariens et végétaliens, personnes âgées de 80 ans et plus, etc.).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Anses

12/09/2017

Un premier rapport de l'OIE sur la consommation mondiale d'antibiotiques chez les animaux

Dans un article publié en août, Food Safety News revient sur la publication, par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de son premier rapport sur la consommation mondiale d'antibiotiques chez les animaux. Ce rapport fait suite à l'adoption par l'organisation, en mai 2015, d'une solution sur la mise en place et le pilotage d'une base de données sur ces utilisations. Cette base de données sera gérée en parallèle avec le portail WAHIS relatif à la santé animale dans le monde. En amont de la décision de 2015, des négociations avaient été menées par les points focaux dans les différentes régions : Amériques, Asie-Pacifique, Europe, Afrique et Moyen-Orient. Les modèles de documents (questionnaires d'enquêtes) ont été élaborés par un groupe de travail ad hoc sur la résistance bactérienne, puis approuvés par la commission scientifique des maladies animales. La collecte des données, sur la période 2010-2015, s'est faite en conformité avec les codes sanitaires terrestre et aquatique. 130 des 180 États membres de l'OIE ont ainsi répondu à l'enquête, parmi lesquels 89 ont fourni des données chiffrées, sur les volumes de médicaments vétérinaires antibiotiques commercialisés notamment.

Ce rapport pointe certaines divergences d'utilisation. La question de l'utilisation des antibiotiques en tant que facteur de croissance est ainsi largement traitée. En effet, cette pratique, interdite dans l'Union européenne depuis 2006, n'a pas encore été abolie mondialement, même si le nombre de pays l'autorisant diminue d'année en année. Les chiffres de 2015 mentionnent encore cet usage dans 25 des États ayant répondu à l'enquête. Or, parmi les antibiotiques utilisés assez couramment en tant qu'additif en alimentation animale, figure la Colistine, importante en médecine humaine.

Cette base de donnée répond à un enjeu crucial pour le maintien de la santé globale (initiative One Health), en fournissant des informations provenant de pays qui, pour certains, n'ont pas encore mis en place de réglementation suffisante pour assurer des conditions sécurisées de commercialisation et d'usage de médicaments vétérinaires, en particulier chez les animaux producteurs d'aliments. En effet, si ce système de surveillance est maintenant bien rodé au niveau communautaire, ainsi que l'atteste le dernier rapport JIACRA (voir à ce sujet une brève sur ce blog), il n'en est pas de même à l'échelon mondial. La connaissance de ces données représente donc une étape pour combattre les antibiorésistances.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Food Safety News

06/09/2017

Nanotechnology in Agriculture and Food Science, Monique Axelos, Marcel Van der Woorde (eds.)

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Ce recueil de 19 articles scientifiques signés de chercheurs internationaux présente une vue d'ensemble des différents usages possibles des nanotechnologies dans le domaine alimentaire. Il est coordonné par Monique Axelos, directrice scientifique alimentation et bioéconomie de l'Inra et Marcel Van der Woorde, professeur émérite de l'université de Delft.

En agriculture, le recours aux nanotechnologies permet de diminuer la quantité d'intrants chimiques en les rendant plus réactifs, encapsulés et ciblés sur un couple pathogène-plante. Dans l'agroalimentaire, différents systèmes peuvent contribuer à la salubrité des produits : emballages alimentaires qui, par effet barrière sur les gaz, inhibent la formation des bactéries, ou encore capteurs détectant des substances indésirables dans l'aliment (allergènes, contaminants). L'ouvrage aborde également la question des nanoparticules présentes dans les aliments : protéines naturelles, nanomatériaux organiques manufacturés encapsulant des micronutriments fragiles pour améliorer les qualités nutritionnelles ou organoleptiques, et enfin particules d'additifs alimentaires inorganiques pouvant se retrouver inopinément sous forme nanométrique.

Le recueil n'omet pas les dangers potentiels des nanotechnologies, en lien essentiellement avec les nanomatériaux inorganiques, et inclut des études de toxicologie, sur l'homme via le tractus gastro-intestinal, et sur l’environnement. Il souligne l'importance de l'analyse des risques, liée à la capacité des laboratoires à détecter et caractériser en routine les nanomatériaux.

La position de la Commission européenne en 2009, les présentant comme l'une des six technologies de pointe essentielles en 2020, est rappelée, ainsi que l'investissement dans ce domaine de nombreux pays, misant sur un effet positif sur la production agricole, le développement durable et le gaspillage alimentaire. Certains dispositifs sont déjà effectifs, d'autres encore au stade de la recherche.

Très technique mais complété par des illustrations, ce livre publié en langue anglaise est avant tout destiné à un lectorat professionnel : ingénieurs agronomes, chimistes de l’alimentation, toxicologues, écotoxicologues, administrations, industriels.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Lien : Wiley

04/09/2017

Mise en place d'un logiciel pour contrôler les maladies animales vectorielles en Europe

À la demande de la Commission européenne, l'université de Wageningen a développé pour l'autorité européenne de sécurité sanitaire alimentaire (EFSA) le logiciel Mintrisk, un outil d'évaluation des risques liés aux maladies infectieuses vectorielles des animaux, avec un focus sur les animaux de rente. Mintrisk concerne 36 maladies vectorielles, parmi lesquelles la fièvre de la vallée du Rift et la maladie de West-Nile, affection atteignant les chevaux et sensible au réchauffement climatique. L’algorithme d'évaluation prend en compte plusieurs paramètres : zone d'Europe concernée (Est, Ouest, Sud, Nord), caractéristiques de la maladie, transmissibilité ou non aux humains. Mintrisk sera mis à jour régulièrement en fonction des évolutions épidémiologiques. Avant l'été, l'EFSA a déjà publié 36 cartes interactives de foyers épidémiques, mises au point dans le cadre d'un avis du groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux.

Virus de Schmallenberg - Distribution géographique

Mintrisk.jpg

Source : EFSA (site consulté le 21 août 2017)

Source : EFSA

 

Un rapport renforce les preuves du lien entre usage antibiotique et développement de résistances

Le deuxième rapport JIACRA (Joint Interagency Antimicrobial Consumption and Resistance Analysis), co-rédigé par l'Agence européenne du médicament (EMA), le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) et l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA), présente et analyse des données statistiques communautaires sur l'usage des antibiotiques pour la période 2013-2015.

Publié en juillet, le rapport signale la baisse de sensibilité de certains germes (E. coli, Salmonella et Campylobacter) à la ciprofloxacine, qui pourrait être liée à l'utilisation chez les animaux, ainsi que le recours assez courant à la colistine en médecine vétérinaire. Les progrès réalisés en matière de collecte des données sont soulignés. Le JIACRA recommande de renforcer encore le système de surveillance avec des données détaillant, par exemple, le type de production. La coordination entre les différents réseaux nationaux de collectes est également conseillée, pour une harmonisation globale.

Source : EFSA

10:13 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, antibiotiques, jiacra |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/07/2017

Applications des nanotechnologies en agriculture et agroalimentaire

Une équipe de chercheurs universitaires américains et sri lankais propose, dans le numéro de juillet 2017 de Food Control, une revue de littérature sur l'utilisation des nanomatériaux inorganiques (non présents naturellement) en agriculture et agroalimentaire. Dans le cas des emballages alimentaires, les auteurs soulignent que les nanotechnologies facilitent l'approvisionnement en denrées fraîches et limitent le gaspillage alimentaire, via l'incorporation dans les emballages de substances actives qui ralentissent la multiplication bactérienne. Les nanomatériaux peuvent aussi être utilisés pour encapsuler des nutriments et maintenir leur stabilité sous différentes conditions environnementales (rayons UV, chaleur, pH). D'autres utilisations incluent la mise en place de capteurs permettant d'identifier les denrées corrompues, ou la purification de l'eau, particulièrement utile dans des pays en développement. Des effets des nanoparticules inorganiques ont également été identifiés en agronomie sur la croissance des plantes ou la germination de graines, en appliquant du zinc à l'échelle nanométrique.

Cependant l'utilisation en agroalimentaire des nanoparticules peut être controversée du fait des risques potentiels pour la santé. L'article se réfère à plusieurs études, faisant état de risques en cas de migration de nanoparticules incluses dans l'emballage, de risques environnementaux du fait de la dispersion des effluents, et enfin d'effets toxicologiques potentiels. Des chercheurs, suite à une expérimentation sur des rats, ont ainsi démontré que certains organes (poumons, reins et foie) pouvaient devenir des cibles de particules inférieures à 54 nanomètres. Cet article offre un panorama intéressant des possibilités offertes par les nanotechnologies en alimentation. Il met en valeur les aspects positifs, sans pour autant omettre les risques toxicologiques potentiels, encore relativement peu documentés. On peut noter enfin que les références scientifiques utilisées émanent essentiellement de pays (États-Unis, continent asiatique notamment) dont la réglementation et les enjeux vis-à-vis de ces composants diffèrent de ceux de l'Union européenne.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Food Control

06/07/2017

Écologie de la santé. Pour une nouvelle lecture de nos maux, Stéphane Blanc, Gilles Boëtsch, Martine Hossaert-McKey, François Renaud (dirs.)

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Ponctué de cas concrets et d'illustrations, cet ouvrage collectif dresse, en douze chapitres, un état des lieux de la santé mondiale en lien avec différents facteurs : bouleversements environnementaux, mondialisation, urbanisation, modifications des modes de vie, transitions alimentaires. S'appuyant sur des travaux en écologie de la santé, il présente une vision complète et cohérente de problématiques souvent déjà traitées, mais abordées ici selon une approche nouvelle prenant en compte une logique « écologique et évolutive », inspirée du darwinisme. Ce regard neuf ne se limite pas à l'énoncé de constats alarmants mais signale également les solutions possibles (ex. alternatives thérapeutiques de type bactériophages face aux antibiorésistances).

Parmi les thèmes abordés, la recrudescence de certaines maladies infectieuses est due, selon les auteurs et entre autres causes possibles, à une crise écologique et au réchauffement climatique, favorisant l'adaptation d'insectes vecteurs aux zones tempérées (ex. moustique tigre, tiques). L'urbanisation accrue et le développement d'élevages intensifs (entraînant surpeuplement et promiscuité chez les hommes et chez les animaux), la mondialisation des transports jouent également un rôle, et le développement des antibiorésistances est un facteur aggravant.

Les pathologies liées à l'alimentation sont quant à elles traitées sous divers aspects, avec d'abord les maladies alimentaires infectieuses ou parasitaires, associées à la consommation de denrées contaminées. Mais les auteurs s'attardent davantage sur les désordres nutritionnels, tant est préoccupant l'impact mondial de l'obésité et des maladies métaboliques, dans les pays occidentaux ou dans les pays en développement (80 % des cas) : l'OMS prévoit que, d'ici 2030, les décès liés aux maladies chroniques passeront de 30 à 60 millions de morts par an. Un focus est notamment fait sur la situation sanitaire de l'Afrique subsaharienne, confrontée à un double fardeau : persistance de sous-nutrition et de maladies infectieuses ou parasitaires, et développement simultané de l'obésité et du diabète.

Enfin, pour une anticipation des futurs possibles, les auteurs rappellent les règles de l'épidémiologie prédictive classique, basée sur une modélisation mathématique, mais évoquent également la médecine évolutionniste darwinienne. Dans ce cadre, il est notamment important de ne pas se limiter aux symptômes et de remonter aux sources environnementales et comportementales des maux.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions du Cherche Midi

03/07/2017

Les impacts de l'utilisation de pesticides sur la santé humaine en Chine

Un article, paru dans la revue Journal of Environmental Economics and Management en mai, présente les travaux d'un jeune chercheur de l'université d’État de l'Ohio sur l'impact des pesticides sur l'autonomie des personnes âgées en Chine rurale. L'auteur utilise une série de statistiques nationales (1998-2011), qui inclut notamment un indice d'activité quotidienne mesurant l'invalidité des individus. Basé sur une méthode économétrique robuste, il compare cet indice entre les personnes qui boivent de l'eau de surface et celles qui boivent de l'eau provenant des nappes souterraines (moins polluées), dans des régions qui sont plus ou moins utilisatrices de pesticides pour la culture du riz.

Ses résultats montrent qu'une augmentation de 10 % de la quantité de pesticides utilisée pour cette culture diminuerait l'indice d'activité quotidienne de 1 % pour les résidents de zones rurales âgés de plus de 65 ans. Les effets au niveau physiologique ne sont cependant pas discutés. Cette baisse de l'autonomie des personnes âgées entraînerait également une diminution de l'émigration chez les jeunes dans les familles affectées.

Source : Journal of Environmental Economics and Management

14:35 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : chine, pesticides, dépendance, riz |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/06/2017

Analyse coûts-bénéfices de recommandations alimentaires portant sur la santé et la préservation de l'environnement

Le dernier numéro d'Inra Sciences Sociales présente les résultats d'une évaluation des coûts et bénéfices de recommandations de consommation alimentaire portant sur des enjeux sanitaires et environnementaux. « En tenant compte de façon nouvelle des préférences des consommateurs et des coûts qu'ils supportent dès lors qu'ils sont sollicités pour changer leurs modes de consommation », ces éléments apportent, d'après les auteurs, une contribution « aux débats publics sur les évolutions souhaitables des régimes alimentaires ».

Ces travaux ont cherché à évaluer les effets de l'adoption de recommandations sur l'ensemble du régime alimentaire des consommateurs et sur la variation de leur bien-être, ainsi que leurs impacts en matière de santé publique et d'environnement. Pour chaque cas, une démarche en trois temps a été mise en œuvre : simulation des modifications du régime alimentaire (modèle de comportement des consommateurs), évaluation des impacts (modèle épidémiologique, émissions de gaz à effet de serre - GES), analyse coûts-bénéfices (détermination de la valeur monétaire de la variation de bien-être des consommateurs, conversion en équivalents monétaires des impacts sanitaires et environnementaux). Sept recommandations ont été testées : augmentation de la consommation de fruits et légumes, de poissons et produits de la mer, de produits laitiers frais ; diminution de celle de boissons rafraîchissantes sans alcools, de fromages, beurre et crème, de viande rouge, de tout type de viande. Une variation de 5 % de la consommation a été considérée, à la hausse ou à la baisse selon les cas.

Parmi les résultats, on peut retenir que toutes les recommandations ont un impact sur la santé, généralement compatible avec celui sur l'environnement, et supérieur en valeur monétaire. Si le rapport coût-bénéfice varie fortement, la plupart des recommandations sont coût-efficaces. De manière générale, au regard des objectifs étudiés, l'augmentation de la consommation de fruits et légumes apparaît la plus souhaitable, puis viennent, dans une moindre mesure, les poissons et produits de la mer, et la réduction de la viande rouge. Enfin, plusieurs limites à cette analyse sont relevées (autant de pistes de travaux ultérieurs) : la prise en compte des seules émissions de GES au titre des impacts environnementaux, et la non intégration de l'hétérogénéité des impacts des produits dans chaque groupe d'aliments, qui peut varier selon le mode de production par exemple.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

08/06/2017

La technologie blockchain peut révolutionner les chaînes logistiques et la traçabilité dans le secteur agricole et agroalimentaire

Dans un article publié par Eco-Business le 13 mai, deux spécialistes du cabinet de conseil KPMG exposent le potentiel révolutionnaire, pour le secteur agricole et agroalimentaire, de la blockchain. Cette technologie, développée comme sous-jacent de la monnaie numérique Bitcoin, permet des transactions instantanées, transparentes, sécurisées, à des coûts minimes et sans organe central de contrôle, donc sans intermédiaire. Ces caractéristiques ouvrent d'importantes possibilités pour l'amélioration du suivi des échanges de produits alimentaires, notamment dans les pays tiers. La start-up londonienne Provenance expérimente ainsi actuellement la traçabilité du thon pêché en Indonésie, tandis que la plateforme de commerce électronique taïwanaise OwlTing a lancé fin mai un système de garantie de l'origine des produits agroalimentaires, OwlChain. Le distributeur américain Walmart s'en sert déjà pour tester le cheminement des mangues aux États-Unis et celui des porcs en Chine.

Schéma de fonctionnement de la technologie blockchain

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Source : BlockChainFrance

Source : Eco-Business

09/05/2017

Lancement du projet NanoPack pour améliorer la conservation alimentaire

La veille scientifique et technologique de Diplomatie France a consacré un article, en avril, au projet NanoPack piloté par l'institut israélien Technion, auquel sont associés 18 pays européens (dont la France). Le consortium est soutenu, dans le cadre d'Horizon 2020, à hauteur de 7,7 millions d'euros. Ce projet de recherche, basé sur le recours aux nanotechnologies pour la fabrication d'emballages actifs antibactériens, prévoit l'utilisation de nanotubes de Halloysite, minéral proche de la silice, et la libération progressive d'huiles essentielles naturelles compatibles avec l'aliment. Ester Segal, coordinatrice du projet, estime qu'en inhibant la croissance bactérienne des germes présents dans l’aliment, ce procédé améliorera la sécurité sanitaire des produits et aura le double avantage de prévenir les intoxications alimentaires et de réduire le gaspillage.

Sources : Diplomatie France, Technion

10:14 Publié dans IAA, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : nanotechnologies, emballage |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/04/2017

Rôle du microbiote des chevaux dans le développement d'antibiorésistances

Le 16 mars, s'est déroulée la 43ème journée de la recherche équine, dont les actes sont parus récemment. À cette occasion, ont été présentés des résultats issus d'un projet mené par des chercheurs de l’université de Montréal et de l'Inra de Tours, sur la prévalence du portage de germes résistants aux antimicrobiens dans la filière équine.

Ces travaux ont porté plus précisément sur Escherichia coli, bactérie commensale du tube digestif, dont certaines souches sont très pathogènes. En 2015, 1 061 échantillons rectaux de crottin ont été prélevés chez des chevaux adultes sains dans 41 structures équestres. Des antibiogrammes ont été effectués pour 196 de ces échantillons, afin de tester leur sensibilité vis-à-vis de 14 antibiotiques de 10 classes différentes. D'autres analyses d'échantillons ont été réalisées afin d'identifier et quantifier les types de résistances bactériennes. Les résultats ont montré que 80 % des écuries hébergeaient des chevaux excréteurs de E. coli multirésistants, parmi lesquels des E. coli producteurs de β-lactamases à spectre étendu (BLSE), et de β-lactamases de type céphalosporinase, détectés dans 39 % des structures. Ces types de germes résistants sont particulièrement redoutés car ils inactivent la plupart des antibiotiques.

En parallèle, un questionnaire, renseigné par les établissements hébergeant les chevaux, a permis de lister des facteurs de risques : effectifs équins et humains, nombre de traitements antibiotiques administrés, fréquence de transport des animaux, contact potentiel des chevaux avec des animaux sauvages ou avec d'autres animaux domestiques, pratique de l'épandage sur le paddock, fréquence de curage des boxes. Il apparaît que le facteur de risque est multiplié par cinq si certains chevaux ont été traités médicalement au cours des trois mois précédents, et par huit s'ils ont été transportés plusieurs fois.

L'article conclut sur l'existence, dans la population équine française, d'un réservoir potentiel de gènes de résistance aux antibiotiques, y compris de gènes susceptibles de diffuser vers des bactéries pathogènes pour le cheval et pour l'homme. Compte tenu de la proximité de vie entre le cheval et l'homme (cavalier et soigneur notamment), les risques de transmission de germes résistants doivent être envisagés.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : IFCE

11/04/2017

Comment les consommateurs européens perçoivent-ils l'impact sur leur santé du risque d'antibiorésistance lié aux pratiques en élevage ?

L'autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) a réalisé une étude sur la perception des risques, pour la santé humaine, des antibiorésistances liées à l'usage d'antibiotiques en médecine animale. Une infographie publiée début mars en présente les résultats. Les risques en question sont notamment liés au contact direct avec les animaux (pour les éleveurs et les vétérinaires) ou avec des produits animaux (manipulation de viande ou de lait cru), et ceux liés à la consommation de ces denrées.

Des éleveurs de porcs et de volailles et des vétérinaires ont été interviewés dans cinq pays (Espagne, Roumanie, Danemark, Pologne, Royaume-Uni). En parallèle, un échantillon de consommateurs a été interrogé dans douze États membres (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie), via un questionnaire en ligne. Il ressort en particulier de cette enquête qu'une grande partie (68 %) des consommateurs estime n'être pas suffisamment informée sur les risques liés aux antibiorésistances. Un plus grand nombre encore (75 %) juge que tout n'est pas fait pour limiter l'abus d'antibiotiques chez les animaux d'élevage.

Source : EFSA

15:48 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, perception |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/04/2017

La peste porcine africaine progresse en Europe de l'Est

Suite à une saisine de la Commission européenne en 2016, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié en mars dernier un rapport sur l'analyse épidémiologique de la peste porcine africaine, dans les pays baltes et en Pologne. Cette maladie virale, non transmissible à l'homme, est mortelle chez les porcs et les sangliers ; elle a été introduite accidentellement en Géorgie en 2007, en provenance d'Afrique de l'Est, et s'est propagée en Arménie et dans des régions de l'ex-URSS, avant d'atteindre en 2014 le territoire communautaire. La contamination peut se faire par contact direct ou ingestion de produits contaminés. Les premiers cas sont apparus en 2014 dans les États membres étudiés, et on note actuellement une recrudescence chez les sangliers sauvages en Lettonie et Estonie.

Notifications de la peste porcine

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Source : EFSA

L'analyse des facteurs de risque environnementaux et biologiques met en avant le nombre de colonies de sangliers, la densité de population humaine ou encore le nombre d'élevages porcins. Il est noté que la prévalence du virus pendant la période hivernale est plus forte chez les sangliers sauvages abattus par des chasseurs. En revanche, en période estivale, elle est plus importante chez les animaux trouvés morts en milieu sauvage. Il est prévu que l'EFSA publie un deuxième rapport, en fin d'année, qui complète l'examen de la gestion du risque chez le sanglier.


Source : EFSA

14/03/2017

Les bactéries présentes dans des sols contenant des pesticides peuvent développer des résistances croisées aux antibiotiques

Publiée récemment dans la revue Microbial Pathogenesis, une étude menée par des chercheurs indiens met en évidence une corrélation entre exposition des bactéries telluriques aux pesticides et apparition de multi-résistances aux antibiotiques, et identifie les mécanismes en jeu. La présence de résidus de pesticides dans le sol peut entraîner une modification de la voie métabolique de la flore bactérienne endémique, en particulier des bactéries capables de métaboliser les pesticides pour leurs besoins énergétiques (pseudomonas, bacillus, arthrobacter par exemple).

Les travaux ont porté sur des échantillons de sols provenant de différents sites de la province de Nadil Talun, en Inde du Sud. Il s'agissait de sols agricoles traités, depuis 5 ou 10 ans selon les cas, avec des insecticides contenant du monochrotophos, principe actif interdit dans l'Union européenne et aux États-Unis, mais toujours utilisé dans plusieurs pays. Vingt-cinq bactéries ayant la capacité de dégrader ce pesticide ont été isolées, mises en culture, puis sélectionnées en fonction de leur tolérance à différentes concentrations du pesticide et de leur sensibilité à divers antibiotiques. Cette étape a révélé que des germes de type bacillus sont à la fois résistants au monochrotophos et à plusieurs antibiotiques courants.

Dans certains des lots de bacillus, l'isolement et l'inactivation du plasmide hébergeant le gène de résistance ont permis de distinguer les capacités bactériennes selon le degré d'activité de ce plasmide. Cette activité varie en fonction des conditions chimiques. De manière générale, il apparaît que l'enzyme de dégradation des pesticides peut se lier avec certains antibiotiques par un pont hydrogène, et former ainsi un composé inactif.

En conclusion, la persistance de pesticides dans le sol peut induire chez les bactéries telluriques une capacité de résistance de deux façons : soit par sélection naturelle, en lien avec l'exposition sur le long terme à des doses sub-létales, soit à la suite d'une mutation sur plusieurs gènes impliqués dans la dégradation des pesticides. Les auteurs signalent que depuis dix ans la résistance aux pesticides a très fortement augmenté, et les résistances croisées pourraient donc se développer. Cette expérience effectuée en laboratoire doit toutefois être suivie de recherches en milieu naturel.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Microbial Pathogenesis