Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/09/2017

Un premier rapport de l'OIE sur la consommation mondiale d'antibiotiques chez les animaux

Dans un article publié en août, Food Safety News revient sur la publication, par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de son premier rapport sur la consommation mondiale d'antibiotiques chez les animaux. Ce rapport fait suite à l'adoption par l'organisation, en mai 2015, d'une solution sur la mise en place et le pilotage d'une base de données sur ces utilisations. Cette base de données sera gérée en parallèle avec le portail WAHIS relatif à la santé animale dans le monde. En amont de la décision de 2015, des négociations avaient été menées par les points focaux dans les différentes régions : Amériques, Asie-Pacifique, Europe, Afrique et Moyen-Orient. Les modèles de documents (questionnaires d'enquêtes) ont été élaborés par un groupe de travail ad hoc sur la résistance bactérienne, puis approuvés par la commission scientifique des maladies animales. La collecte des données, sur la période 2010-2015, s'est faite en conformité avec les codes sanitaires terrestre et aquatique. 130 des 180 États membres de l'OIE ont ainsi répondu à l'enquête, parmi lesquels 89 ont fourni des données chiffrées, sur les volumes de médicaments vétérinaires antibiotiques commercialisés notamment.

Ce rapport pointe certaines divergences d'utilisation. La question de l'utilisation des antibiotiques en tant que facteur de croissance est ainsi largement traitée. En effet, cette pratique, interdite dans l'Union européenne depuis 2006, n'a pas encore été abolie mondialement, même si le nombre de pays l'autorisant diminue d'année en année. Les chiffres de 2015 mentionnent encore cet usage dans 25 des États ayant répondu à l'enquête. Or, parmi les antibiotiques utilisés assez couramment en tant qu'additif en alimentation animale, figure la Colistine, importante en médecine humaine.

Cette base de donnée répond à un enjeu crucial pour le maintien de la santé globale (initiative One Health), en fournissant des informations provenant de pays qui, pour certains, n'ont pas encore mis en place de réglementation suffisante pour assurer des conditions sécurisées de commercialisation et d'usage de médicaments vétérinaires, en particulier chez les animaux producteurs d'aliments. En effet, si ce système de surveillance est maintenant bien rodé au niveau communautaire, ainsi que l'atteste le dernier rapport JIACRA (voir à ce sujet une brève sur ce blog), il n'en est pas de même à l'échelon mondial. La connaissance de ces données représente donc une étape pour combattre les antibiorésistances.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Food Safety News

04/09/2017

Un rapport renforce les preuves du lien entre usage antibiotique et développement de résistances

Le deuxième rapport JIACRA (Joint Interagency Antimicrobial Consumption and Resistance Analysis), co-rédigé par l'Agence européenne du médicament (EMA), le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) et l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA), présente et analyse des données statistiques communautaires sur l'usage des antibiotiques pour la période 2013-2015.

Publié en juillet, le rapport signale la baisse de sensibilité de certains germes (E. coli, Salmonella et Campylobacter) à la ciprofloxacine, qui pourrait être liée à l'utilisation chez les animaux, ainsi que le recours assez courant à la colistine en médecine vétérinaire. Les progrès réalisés en matière de collecte des données sont soulignés. Le JIACRA recommande de renforcer encore le système de surveillance avec des données détaillant, par exemple, le type de production. La coordination entre les différents réseaux nationaux de collectes est également conseillée, pour une harmonisation globale.

Source : EFSA

10:13 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, antibiotiques, jiacra |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/05/2017

Actualités sur la recherche et l'innovation du Teagasc

Dans une publication récente, le Teagasc (voir un portrait sur ce blog) présente des résultats de sa politique de recherche, dans différents domaines liés aux productions animales, et leurs traductions en action publique. En particulier, un article est consacré aux travaux de l'organisme irlandais sur le concept de One Health : s'appuyant notamment sur la publication Global trends of antimicrobial use in food animals, il a mis en place des politiques de réduction d'usage d'antibiotiques. Le recours aux alternatives thérapeutiques et à de nouvelles stratégies en élevages d'animaux de ferme est également exploité dans le Teagasc technology foresigth. On peut citer à ce sujet les conclusions d'une réunion de professionnels sur la conduite de troupeaux de brebis.

Parmi les autres points abordés par ce document figurent la valorisation protéique des viandes de races allaitantes et le lien entre génétique et croissance chez les porcs. Ce recueil offre ainsi un panorama de données issues de recherches appliquées, pouvant être utilement valorisées dans l'action publique.

Teagasc.jpg

Source : Teagasc

05/09/2016

Lancement d'un programme de recherche pour de nouveaux antibiotiques

Le Portail pour la science de l'ambassade de France en Allemagne annonce, dans un article du 29 juillet, le lancement en janvier 2017, par cinq universités allemandes, d'un programme de recherche sur les mégasynthases. Il s'agit d'enzymes impliquées dans la synthèse d'antibiotiques et d'autres principes actifs. Le programme MegaSyn, doté d'un budget de 4,6 millions d'euros, durera 4 ans et comportera notamment des recherches sur l'étude des mécanismes de synthèse des mégasynthases et sur les méthodes de manipulation des gènes codant ces enzymes. Ces travaux associeront des spécialistes de biologie structurelle et de biochimie et pourraient, à terme, déboucher sur de nouvelles molécules susceptibles de fournir de nouveaux médicaments antibiotiques.

Source : ministère des Affaires Étrangères et du Développement International

13:36 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiotiques |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/12/2014

Découverte d’une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides

Des chercheurs de l’Institut de microbiologie de l'École Polytechnique Fédérale de Zurich ont découvert une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides, la copsine, dans le champignon Coprinopsiscinerea.

Le mécanisme d’action de cette protéine, particulièrement stable et capable de se maintenir plusieurs heures à 100 °C, serait lié à sa capacité à se lier aux lipides constitutifs de la paroi bactérienne et à détruire ainsi la bactérie.

Structure tri-dimensionnelle de la copsine

copsine.jpg

Source : Essig A et al. JBC 2014

Pour Markus Aebis, qui a dirigé les travaux, l’intérêt potentiel principal, au-delà d'une éventuelle utilisation en thérapeutique, serait de savoir comment ces antibiotiques naturels ont pu garder une activité pendant des millions d’années alors que certains antibiotiques, utilisés depuis seulement quelques décennies, deviennent inactifs. Les structures végétales de type moisissures semblent avoir un code génétique interne leur permettant d’utiliser ces substances sans induire de résistance. Décoder cette instruction serait un sujet de recherche important.

Les applications potentielles de la copsine sont d'ores et déjà enregistrées et protégées par un brevet. Ainsi, une valorisation serait envisageable en industrie alimentaire. En effet, la copsine se révèle efficace contre la bactérie listeria, à l'origine d’intoxications alimentaires dues à la consommation d'aliments non traités par la chaleur (fromages au lait cru et viandes séchées).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : École Polytechnique Fédérale de Zurich

 

12/11/2014

Rapport de l’OCDE sur l’utilisation des antimicrobiens en élevage

Publié en octobre, le rapport sur La résistance aux antimicrobiens : utilisation des antimicrobiens dans l'élevage de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), fait suite à une étude soutenue par la Suède et encouragée par d'autres États membres, dont la France et les Pays-Bas.

Ce rapport présente les caractéristiques des risques liés aux antibiorésistances en médecine humaine ou animale, et distingue les antimicrobiens utilisés en tant que médicaments de ceux utilisés comme promoteurs de croissance. Cette dernière utilisation est interdite depuis le 1er janvier 2006 dans l’Union européenne, mais est encore pratiquée dans les pays tiers (dont les États-Unis). Les incertitudes et inégalités entre pays dans le domaine de la consommation d'antimicrobiens sont également pointées : de fortes disparités persistent dans l'évaluation de cette consommation en tant que médicaments vétérinaires (dispositifs performants en France, au Royaume-Uni, au Danemark et en Suède, procédures de comptage aux États-Unis et au Canada, mais peu de données pour la plupart des pays en développement).

Le rapport aborde également les aspects économiques qui, souvent, sont devancés par les enjeux de santé. Le cabinet conseil Vetnosis, spécialisé en santé animale et médicament vétérinaire, évalue le marché mondial annuel du médicament vétérinaire à 22 milliards de dollars, ce chiffre ne pouvant être garanti compte tenu des divergences de distribution entre régions. Par ailleurs, les impacts économiques mondiaux des antibiorésistances ne sont pas aisés à quantifier. Or, le recours aux antimicrobiens en élevage peut, dans certains cas, donner lieu à un dilemme entre le gain à court terme (résultant d'une croissance pondérale et d'une productivité accrues) et les coûts à long terme résultant des risques d'antibiorésistance. Les modalités d'utilisation doivent donc faire l'objet d'un compromis à l’échelle de l’élevage.

Le travail autour de ce thème majeur se poursuit au sein de l'OCDE et devrait donner lieu, en fin d'année 2015, à une conférence internationale sur le sujet, qui réunira les experts des gouvernements afin de clarifier les positions et intérêts des pays membres de l’organisation sur cette question. La question de l'impact sur les antibiorésistances de l'utilisation des antimicrobiens en élevage est un enjeu de santé publique fort. Ainsi, le présent rapport cite notamment l'OMS en précisant qu'à l'échelle mondiale, on utilise plus d'antimicrobiens pour traiter des animaux en bonne santé que pour traiter des humains malades.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

18/04/2014

Une entreprise d'alimentation animale innove pour l'alternative thérapeutique

La société Nor-Feed Sud, PME française anciennement filiale de la firme danoise Nor-Feed, commercialise des compléments alimentaires pour animaux de production. Ces compléments peuvent constituer des alternatives thérapeutiques, notamment aux antibiotiques, pour lesquels la réduction de l'usage en santé animale et la mise au point d'alternatives sont un enjeu fort des prochaines années. Parmi ses produits, Nor-Feed Sud propose ainsi le Citrozest (additif à base d'agrumes stabilisant la digestion) comme alternative aux antibiotiques. Cette société participe également à un projet de recherche labellisé par le pôle de compétitivité VEGEPOLIS, sur les substances pouvant réduire les émissions de méthane par les ruminants.

Source : Les Échos