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15/10/2020

Au Canada, étiquetage environnemental des produits de la mer et information des consommateurs

Le groupe d'influence canadien SeaChoice a publié, en septembre 2020, une étude sur les allégations environnementales présentes sur les étiquettes de produits de la mer. L'échantillon est constitué des produits frais, en conserve et congelés vendus dans 18 supermarchés de 14 enseignes différentes, choisis aléatoirement dans 5 villes de différentes provinces (Vancouver, Toronto, Saskatoon, Montréal et Halifax). En excluant les doublons, les étiquetages de 181 références proposées par 49 marques ont été examinés.

Les auteurs ont jugé la qualité d'une étiquette selon plusieurs critères : sa précision (mention du nom latin de l'espèce, de son nom commun, de son caractère sauvage ou d'élevage, de la zone de pêche, du lieu de transformation et de la technique de pêche) ; le type d'allégation (certification à caractère contraignant, respect de critères définis par des organisations de protection des espèces marines, auto-déclaration) ; le caractère vérifiable des allégations, les critères sur lesquels elles se basent et leur comparabilité avec les standards internationaux.

Concernant la précision des étiquettes, seulement 6 % des produits rassemblent au moins 5 des éléments demandés. 42 % n'indiquent que 3 éléments et 32 % qu'un ou deux. Ces précisions sont pourtant indispensables pour juger de la durabilité environnementale du produit (ex. : sélectivité de la technique de pêche). Contrairement à ce qui pourrait être attendu, la précision des étiquettes n'est pas corrélée avec le type d'allégation (voir figure).

Nombre d'étiquettes selon leur niveau de précision et le type d'allégation du produit (à gauche les produits certifiés ; au centre les étiquetages comprenant des critères définis par des organisations de protection des espèces marines ; à droite les allégations auto-déclarées)

Canada1.jpg

Source : SeaChoice

Lecture : en rouge, le nombre d'étiquettes imprécises (1 à 2 des éléments affichés permettant de juger la durabilité d'un produit de la mer) ; en orange, les étiquettes insatisfaisantes (3 éléments précisés) ; en bleu, les étiquettes correctes (4 éléments) et en vert, celles de bonne qualité (plus de 5 éléments).

234 allégations environnementales ont été trouvées sur les 181 produits, soit 1,3 par produit en moyenne. 44 % d'entre elles sont des auto-déclarations contre 23 % de certifications et 33 % de mentions de critères définis par des organisations de protection. Or, après avoir contacté les marques et comparé les informations transmises, lorsqu'elles le sont, avec les standards internationaux, les auteurs montrent que 42 % des allégations ne peuvent pas être vérifiées. Cela pose donc des difficultés en matière d'information du consommateur.

Nombre d'allégations environnementales permettant de juger de la durabilité des produits

Canada2.jpg

Source : SeaChoice

Lecture : produits durables (en vert), non durables (gris foncé), à la durabilité non vérifiable (gris moyen) ou indéfinie (gris clair), selon le type d'allégation (à gauche, les produits certifiés ; au centre, les mentions de groupes ; à droite les allégations auto-déclarées).

En complément, soulignons qu'en France, une publication récente de l'association UFC-Que Choisir montre de mauvaises pratiques, malgré la réglementation en vigueur, évaluant à 25 % la part d'étiquettes sans mention de la technique de pêche.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Sources : SeaChoiceUFC Que Choisir

09:56 Publié dans Alimentation et consommation, Environnement, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : produits, pêche, durabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2020

Quels impacts environnementaux de la consommation de produits issus de la pêche et de l'aquaculture en France ?

Dans un document de travail publié récemment, des chercheurs d'Inrae ont voulu évaluer les impacts environnementaux de la consommation de produits de la mer en France. Pour ce faire, ils ont construit une base de données combinant informations commerciales et de production, qu'ils ont couplée à des indicateurs environnementaux (empreinte carbone, potentiel d'eutrophisation, consommation énergétique). Les auteurs montrent notamment que les émissions de gaz à effet de serre générées par la consommation de produits de la mer s'élèvent à 2,6 teqCO2/t en moyenne, ce qui est très en deçà des 8,2 à 21,7 teqCO2/t associées à la consommation de viande bovine. Au-delà de cette moyenne, d'importantes variations s'observent selon les espèces considérées. Ainsi, l'empreinte carbone des poissons pélagiques s'établit aux alentours de 1 teqCO2/t, contre plus de 10 teqCO2/t pour les crevettes et crustacés.

Source : Inrae

 

 

12/10/2020

Des récifs artificiels dans le port de Toulon pour protéger les poissons

Un article publié en septembre 2020 sur le site de l'Ifremer fait part de l'installation d'herbiers et de rochers artificiels, fabriqués par impression 3D, dans la rade de Toulon. L'objectif est de recréer des abris pour les poissons, notamment les juvéniles, et ainsi de favoriser leur développement. Le suivi des impacts de ce dispositif permettra de formuler des préconisations pour le lancement de projets similaires sur d'autres sites.

Source : Ifremer

 

15/09/2020

L'évolution des activités agricole, sylvicole, aquacole et halieutique est-elle soutenable en matière énergétique ?

Analyser l'agriculture, l'aquaculture, la pêche et la forêt (AAPF) comme un système énergétique, obéissant aux lois de la thermodynamique, est un moyen intéressant d'étudier la durabilité des évolutions globales. C'est le parti pris d'un article récent de Biophysical economics and sustainability.

En 2017, le système AAPF fournissait plus du quart de l'énergie totale produite au niveau mondial, utilisée pour couvrir les besoins humains via l'alimentation ou sous forme de bioénergie. Les denrées alimentaires contribuent à elles seules à un cinquième de la production.

Les auteurs s'appuient sur des données de la période 1971-2017 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), ainsi que sur des travaux récents portant sur le contenu en énergie de différents produits agricoles ou chimiques. Pour déterminer un « retour sur investissement énergétique », ils ont calculé l'énergie nette produite par le système AAPF, déterminée à partir de l'énergie fournie par les productions alimentaires et bioénergétiques, déduction faite des consommations internes (alimentation des travailleurs par exemple). Ce résultat est ensuite rapporté au total de l'énergie fournie au système, soit pour dégager de la puissance de travail (hommes, animaux), soit pour être transformée dans le process de production (intrants). Les auteurs font la distinction entre sources d'énergie renouvelables et fossiles.

Sur la période 1971-2017, le ratio s'est amélioré, passant de 2,87 pour 1 à 4,05 pour 1. Les auteurs attribuent cette évolution positive à la baisse du recours au travail humain (et animal) en agriculture, à son remplacement par du travail mécanique (de plus en plus efficient), et à l'amélioration de l'efficacité énergétique de la production des intrants. De plus, l'agriculture a bénéficié d'un accroissement des quantités produites, à volume énergétique d'intrants constant, notamment en raison de la sélection variétale végétale et animale. Cette évolution présente cependant des limites : elle se produit au prix d'une dépendance accrue aux énergies fossiles (passée de 44 % à 62 % sur la période), d'un recul de la circularité des flux au sein du système et d'une décapitalisation de l'énergie stockée par la nature, avec corrélativement une dégradation des écosystèmes.

Principaux résultats de l'analyse énergétique du système AAPF

Energie2.jpg

Source : Biophysical economics and sustainability

Lecture : l'énergie exosomatique est métabolisée à l'extérieur du corps humain, à travers la combustion d'énergie fossile ou de bioénergie, pour délivrer de la chaleur, générer du mouvement mécanique, de l'électricité ou participer à des process de transformation ; l'énergie endosomatique est, à l'inverse, métabolisée par le corps humain, à partir de l'énergie ingérée dans l'alimentation.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Biophisycal economics and sustainability

 

 

17:18 Publié dans Energie, Forêts Bois, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : énergie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Comment améliorer la durabilité des élevages aquacoles ?

Au niveau mondial, l'aquaculture produit de nos jours plus de biomasse que l'élevage bovin, mais cette production a des effets négatifs pour l’environnement. En juin 2020, des chercheurs ont publié, dans la revue World Aquaculture Society, un article sur les leviers d'amélioration de sa durabilité. Pour eux, l'atteinte de cet objectif passerait par une intensification des systèmes visant à optimiser l'utilisation des intrants et à en limiter les pertes. Outre les questions de traçabilité des produits et de transparence des process de production, l'article se concentre sur les volets environnemental (intrants et infrastructures) et économique de la durabilité.

L'alimentation est un levier de première importance. Les efforts pour diminuer la quantité de poissons sauvages entrant dans la composition des aliments pour espèces carnivores devraient être amplifiés, afin de limiter la compétition avec l'alimentation humaine. Pour améliorer l'acceptation de protéines de substitution (ex. : végétales) par les animaux, la sélection génétique s'avère également une piste intéressante. Peu d'espèces sont en effet domestiquées, comme l'est le saumon, avec un cycle de vie entièrement maîtrisé et une reproduction ne dépendant plus de l'introduction d'individus sauvages. La sélection permettrait pourtant une meilleure adaptation aux conditions d'élevage : résistance accrue à certaines maladies, potentiel de croissance plus élevé, etc. En outre, les additifs alimentaires (probiotiques, enzymes, etc.) jouent un rôle essentiel pour améliorer l'efficacité et la durabilité des systèmes aquacoles, en renforçant le métabolisme des individus et la digestibilité des aliments.

Par ailleurs, les systèmes de production intégrés, qui combinent des espèces de différents niveaux trophiques, de régimes alimentaires variés, ou dont les déchets de l'une favorisent l'élevage de l'autre, sont, pour les auteurs, un outil puissant pour atteindre la durabilité de l'aquaculture. Enfin, la qualité de l'eau, sa réutilisation et l'aquaculture marine offshore sont d'autres leviers mobilisables, analysés également dans l'article.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : World Aquaculture Society

 

L'agriculture et l'aquaculture, premières causes de déforestation des mangroves dans le monde

Dans un article de juin 2020 publié dans Global Change Biology, le traitement d'images satellitaires par des méthodes d'apprentissage automatique (machine learning) montre que les activités humaines sont responsables, au niveau mondial, de 62 % de la déforestation des mangroves entre 2000 et 2016. 47 % de ces pertes sont dues à une conversion pour des productions agricoles ou aquacoles.

La Birmanie, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam concourent à eux seuls à 80 % de la déforestation anthropique des mangroves. La conversion des surfaces pour l'agriculture et l'aquaculture y est la principale cause, bien que sa part de responsabilité diminue fortement au cours du temps. Les politiques nationales encourageant l'intensification de l'aquaculture expliqueraient en partie ce phénomène. Par ailleurs, dans les autres pays, l'ensemble des activités humaines sont, en moyenne, à l'origine de 33 % des pertes de mangroves.

Perte annuelle de surface (km²) de mangroves entre 2000 et 2016, selon la cause

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Source : Global Change Biology

Lecture : orange : conversion de surfaces ; vert foncé : érosion ; vert clair : événements climatiques extrêmes ; rouge : urbanisation et autres types d'occupation des terres.

Source : Global Change Biology

 

 

15:46 Publié dans Forêts Bois, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : machine learning, déforestation, mangroves |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/09/2020

Perspectives de développement de petites économies insulaires

Une note de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), en date de juillet 2020, analyse les trajectoires de croissance de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Ces territoires partagent un modèle économique caractérisé par l’importance des transferts publics (notamment sous la forme de dépenses fiscales) et des spécialisations sectorielles, le tourisme en Polynésie française et la production du nickel dans l’archipel calédonien. Le développement d'activités telles que la pêche, la pisciculture ou la production de la vanille, ainsi que l’arrivée de nouveaux entrants sur des marchés intérieurs fréquemment oligopolistiques pourraient favoriser un développement plus endogène.

Source : Institut d’émission d’outre-mer

 

14:29 Publié dans Développement, Pêche et aquaculture, Territoires | Lien permanent | Tags : outre-mer, développement, insulaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2020

Les effets de la pandémie de Covid-19 sur les activités économiques ultra-marines en débat au Sénat

Le 9 juin dernier, la Délégation sénatoriale aux outre-mer a organisé deux tables rondes sur l’agriculture et la pêche, donnant la parole à divers acteurs professionnels et publics. Ces sessions visaient à exposer les effets de la crise sanitaire sur l’activité, les mesures publiques de soutien dédiées et les adaptations des professionnels.

Vidéo de la table ronde sur l'agriculture et la pêche dans les outre-mer

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Source : Sénat

Selon la plupart des présidents de Chambres d’agriculture auditionnés, la crise sanitaire a eu un effet de loupe sur les difficultés des activités agricoles dans les territoires ultra-marins, tenant en partie à leur insularité. Le ralentissement du fret aérien a ainsi fragilisé l’approvisionnement en intrants ou en œufs à couver (indispensables à la filière avicole), conduisant à la baisse des surfaces et volumes de production. Les exportations ont par ailleurs été freinées, avec un manque à gagner significatif pour les agriculteurs, à l’image de ceux de la filière melon. La raréfaction de certains produits très prisés dans l’océan Indien, tels que l’ail, l’oignon et les épices, a enfin entraîné une hausse de leurs prix. En revanche, l’exiguïté des territoires et les hauts niveaux d’interconnaissance ont favorisé l'adaptation à ce contexte inédit, comme l'illustre le développement des points de vente directe et de drives fermiers dans la plupart des départements et régions d’outre-mer. Ces initiatives ont contribué à la stabilité des systèmes alimentaires locaux même si la crise a conduit certains ménages à privilégier le stockage de produits secs au détriment de la consommation d’aliments frais.

La table ronde sur la pêche a souligné la difficulté pour les producteurs d'accéder aux mesures de soutien gouvernementales, faute d’être à jour de leurs cotisations auprès de l’Union de recouvrement pour la sécurité sociale et les allocations familiales (URSSAF). Par ailleurs, le difficile écoulement des produits a entraîné des surcoûts liés à leur stockage. Enfin, d'après les intervenants, la gestion publique de la pandémie aurait renforcé les frontières nationales, d’ordinaire plus poreuses, diminuant ainsi l’exposition des pêcheurs locaux aux importations concurrentes de produits de la mer en provenance des bassins régionaux.

Nathalie Kakpo, Centre d’études et de prospective

Lien : Délégation sénatoriale aux outre-mer

06/07/2020

Améliorer la durabilité de la pêche par des réformes fiscales : l'exemple des crevettes du Mozambique

Dans un document de travail de mai 2020, l'International Institute for Environment and Development (IIED) propose la mise en place de leviers fiscaux pour améliorer la durabilité de la pêche à la crevette de surface au Mozambique, dont les stocks déclinent. Ce travail repose sur une revue de littérature, une analyse des données existantes et la conduite d'entretiens.

La pêche artisanale a une responsabilité grandissante dans la surexploitation de cette ressource. La hausse du nombre de bateaux motorisés permet aux pêcheurs de s'éloigner des côtes, créant sur ces zones une concurrence avec la pêche semi-industrielle, alors même qu'ils ne sont pas soumis à la même réglementation (ex. arrêt saisonnier de la pêche industrielle). Le manque d'équipements frigorifiques entraîne en outre jusqu'à 25 % de pertes de marchandise, et la pêche sans licence ou avec du matériel illégal est courante. Pourtant, la pêche artisanale est importante pour l'alimentation des populations locales, elle crée de nombreux emplois en aval et donc plus de richesses que les pêches (semi-)industrielles.

Parmi les mesures préconisées, la réduction voire la suppression de l'exonération de taxe sur les carburants, néfaste pour l'environnement et bénéficiant surtout à la pêche industrielle, permettrait de générer des ressources publiques. Celles-ci pourraient financer la diversification des activités locales (et ainsi stopper l'arrivée de nouveaux pêcheurs), ou l'achat de matériel frigorifique permettant de diminuer les pertes de crevettes et donc de revenu. De plus, l'exemption de certains intrants et équipements de la taxe à l'importation (ex.: bateaux) pourrait être réduite afin de développer des filières de production et des emplois locaux.

La pérennisation des activités de pêche dépend avant tout de la préservation des mangroves, habitat naturel des crevettes. L’État gagnerait à les restaurer et les protéger, par exemple en promouvant l'utilisation par les familles d'autres sources d'énergie que le bois.

Capture de crevettes de surface (tonnes), au Mozambique entre 2007 et 2017, par type d'opérateur (vert : industriel ; rouge : semi-industriel ; bleu : artisanal)

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Source : IIED

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : IIED

15:18 Publié dans 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : mozambique, crevettes, fiscalité |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/07/2020

Covid-19 et pêche : soutien à la filière et objectifs de durabilité

Les ventes de produits de la mer frais ont subi un net recul lors de la crise sanitaire, amenant l'Union européenne à mettre en place des dispositifs de soutien à l’activité. Un groupement d'organisations non gouvernementales (ONG) a publié, fin avril 2020, un guide détaillant 10 principes : pris en compte lors de la conception des mesures, ils garantiraient leur cohérence avec les objectifs de protection de l'environnement et de lutte contre le changement climatique, évitant ainsi une dérégulation injustifiée. Parmi ces principes figure le « principe de rationalité », selon lequel l’action mise en œuvre doit cibler spécifiquement les problèmes liés à la crise. Ensuite, le guide détaille plusieurs dispositifs à la lumière de ces principes : les politiques de soutien des prix, conduisant les États à payer la différence entre le prix du marché et un prix seuil, inciteraient les acteurs à baisser leurs prix et iraient à l'encontre du principe de lutte contre les abus. Au contraire, selon les auteurs, le soutien aux revenus répond au principe de rationalité, et assorti d’une obligation de rester au port il serait bénéfique pour l'environnement.

Source : Seas at risk

15:01 Publié dans 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : covid-19, pêche, durabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2020

Dans l'UE, la continuité des activités liées à l'alimentation repose en particulier sur les travailleurs extra-nationaux

C'est l'une des conclusions d'une étude récemment publiée par le Centre commun de recherche (Joint Research Centre) de la Commission européenne, sur la contribution des travailleurs détachés ou extra-européens aux activités « essentielles » durant la pandémie. Les chercheurs se sont appuyés sur la définition qu’en donne la Commission dans le contexte de l'épidémie et sur les résultats de la dernière enquête européenne (2018) sur les actifs. Ils ont analysé la composition de la force de travail au regard de l'origine de ces « travailleurs clés ». Par leur contribution à la sécurité alimentaire, les travailleurs agricoles (12 % des « travailleurs clés »), de la transformation et du commerce (2 %), ainsi que les pêcheurs et chasseurs professionnels (0,2 %) sont classés dans cette catégorie.

Si la part des travailleurs extra-nationaux dans l’agriculture et la pêche reste faible (moins de 10 %), elle approche 20 % dans l'agroalimentaire et le commerce, avec des variations importantes selon les pays. De ce fait, les auteurs concluent à la dépendance de ces secteurs clés vis-à-vis de la main-d’œuvre extra-nationale, notamment pour les emplois les moins qualifiés.

Proportion de travailleurs extra-nationaux selon les secteurs et l'origine nationale

Travailleurs.jpg

Source : Joint Research Centre

Source : Joint Research Centre

12/06/2020

Pêche, aquaculture et sécurité alimentaire dans l’Océanie insulaire

En mai 2020, L’Information géographique a consacré un dossier au développement économique, à la gestion et à la prévention des risques naturels dans deux territoires ultra-marins du bassin Pacifique, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna. Dans cette région, vers laquelle s’opère « un glissement du centre de gravité économique mondial » depuis les années 1990, la France dispose d’une zone économique exclusive d’1,3 million de kilomètres carrés, équivalent à près de trois fois la superficie de l’Hexagone.

Parmi les cinq contributions constituant le dossier, deux portent sur les systèmes alimentaires. Dans son article, P. Dumas explore le rôle des activités halieutiques et aquacoles dans l’évolution du modèle économique néo-calédonien, très dépendant du nickel et des transferts financiers de l’État. La pêche hauturière de thon constitue un premier levier de croissance : actuellement limitée à vingt palangriers, du fait des règles privilégiant la durabilité de la ressource, son développement bénéficierait de la proximité du Pacifique ouest, riche en thon. L'essor de l’élevage de crevettes bleues (L. stylirostris), production haut de gamme d’ores et déjà exportée vers le Japon et les États-Unis, serait un autre relais de croissance.

Dans un second article consacré aux sociétés mélanésiennes, G. David revient sur le défi de la sécurité alimentaire dans l’archipel. Selon l’auteur, l’un des invariants du système insulaire océanien est la gestion coutumière du risque alimentaire. Confrontées aux cyclones et épisodes de sécheresse, les populations ont développé des usages complets des ressources animales et végétales : en témoignent le nombre élevé d’espèces concernées (rapporté à l’ensemble de celles présentes sur le territoire) et la variété des parties végétales utilisées (branches, feuilles, fleurs, fruits, racines).

Les savoirs traditionnels, réponse aux aléas et vulnérabilités des communautés insulaires du Pacifique pour gérer leur sécurité alimentaire

NouvelleCaledonie2.jpg

Source : L’Information géographique

L’érosion de ces savoirs traditionnels et les difficultés d’acheminement des marchandises, du fait notamment du recul du cabotage à l’échelle régionale, pourraient déstabiliser les systèmes alimentaires locaux. Sur ce point, l'auteur souligne la « satellisation de petits États insulaires vis-à-vis de la Chine » qui pourrait se traduire, à l'avenir, par leur approvisionnement par le gouvernement de Pékin.

Nathalie Kakpo, Centre d’études et de prospective

Source : L’Information géographique

11/06/2020

La FAO étudie l'adéquation de la blockchain aux secteurs de la pêche et de l'aquaculture

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié un rapport présentant les opportunités, les défis et quelques cas concrets de l'application de la technologie blockchain aux secteurs de la pêche et de l'aquaculture. Les auteurs rappellent que la traçabilité repose sur la capacité à identifier un produit tout au long de la chaîne de production, et qu'elle est un cadre nécessaire à la sécurité sanitaire de l'alimentation comme à l'éligibilité des produits à l'exportation. Ils soulignent ensuite que, à ce jour, il n'existe pas de système traçant complètement l'entrée dans la chaîne et l'ensemble des opérations subies par un produit, puis les transactions dont il est l'objet en sortie. La technologie blockchain offre de ce point de vue des perspectives intéressantes.

Elle présente plusieurs avantages. Reposant sur un réseau décentralisé, elle garantit la sûreté de l'information : celle-ci ne peut être modifiée que si la vaste majorité des acteurs du réseau sont d'accord, et elle est enregistrée à tous les niveaux de la blockchain. Cette technologie garantit aussi une transparence totale, toute opération sur le produit étant enregistrée. Ainsi, l'application de la blockchain aux secteurs de la pêche et de l'aquaculture permettrait d'enregistrer, pour un produit donné, toutes les informations, depuis le point de capture jusqu'au consommateur final. Elle serait donc un support de confiance dans les informations que les États pêcheurs (au sens de la nationalité des pavillons des navires) doivent fournir pour garantir la légalité de leurs prises. Cette confiance s'appliquerait aussi aux données de traçabilité justifiant de la sécurité sanitaire de la production, et permettant son accès à divers pays pour être transformée ou commercialisée. Enfin, la blockchain pourrait être un outil de lutte contre la fraude. Pour illustrer son application concrète, les auteurs donnent sept exemples d'utilisation concernant le thon, qui est à l'heure actuelle l'espèce faisant le plus l'objet de développements de cette technologie.

Les auteurs concluent que la blockchain permettrait, dans les secteurs étudiés, de gagner en efficience et en capacité à rendre des comptes, mais ils invitent à ne pas tout miser sur cet outil, qui n’est pas encore totalement opérationnel.

Transformation de la chaîne de traçabilité classique d'assurance-qualité en une blockchain

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Source : FAO

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

11:40 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : blockchain, pêche, aquaculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/06/2020

Modes d'organisation de la pêche au Mexique et jeux d'acteurs : entre confiance et opportunisme

Un article publié dans Plos One en avril 2020 analyse les relations de pouvoir qui lient les pêcheurs de Bahia de Kino et de Rio Lagartos (Mexique) à leurs clients, à partir d’interviews et de données d'octroi de prêts. Dans ce pays, tous les pêcheurs ne possèdent pas l'ensemble des moyens nécessaires pour leur activité : il leur faut parfois emprunter pour payer les intrants (ex. : carburant), entretenir leur matériel voire louer un bateau. Pour ce faire, ils développent souvent des relations de type protecteur-protégé avec un patron, ou intègrent une coopérative. Ces deux derniers acteurs, qui sont alors à la fois clients et créditeurs, sélectionnent avec précaution leurs débiteurs pour ne pas menacer leur propre survie économique. De ce fait, ils privilégient les pêcheurs qui sortent en mer selon un rythme prévisible, ont les compétences pour capturer les espèces désirées, honorent leurs engagements plutôt que de vendre leur pêche au plus offrant pour ne les rembourser que dans un second temps.

L'étude des prêts et des remboursements montre que les relations de confiance sont plus fortes entre pêcheurs et coopératives qu'entre pêcheurs et patrons : les prêts consentis sont plus élevés et les remboursements plus nombreux dans le premier cas. Dans le second, les débiteurs tendent à accumuler les dettes, devenant ainsi plus exposés au risque d’exploitation. À cela s'ajoute le caractère bilatéral de leurs relations, dont le coût social de rupture est plus faible que si plusieurs acteurs étaient impliqués. Les patrons ont ainsi plus de difficultés à maintenir des relations durables avec les pêcheurs fiables : ils sont donc forcés d'interagir avec un plus grand nombre de pêcheurs non fiables que dans le cas des coopératives, où la pression sociale est plus forte et dissuade les comportements opportunistes. De plus, pour les pêcheurs, rejoindre une coopérative permet de participer à la gouvernance de la structure, ce qui renforce leur adhésion et leur volonté d'honorer leurs engagements. Finalement, l'organisation en coopérative semble plus à même de répartir équitablement les bénéfices.

Nombre de débarquements effectués par les pêcheurs pour rembourser les avances des patrons et coopératives en fonction du nombre de prêts accordés par ceux-ci

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Source : Plos One

Lecture : la taille des cercles indique le nombre d'occurrences et les couleurs les catégories de pêcheurs selon leur comportement (rouge : hors catégorie ; kaki : recherche du meilleur prix ; vert : fiable ; bleu : moins fiable ; violet : non fiable). Le disque en partie haute du graphe présente la répartition des débarquements selon le profil des pêcheurs.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : Plos One

11:37 Publié dans Pêche et aquaculture, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : mexique, pêche, coopérative |  Imprimer | | | | |  Facebook

Vers un renforcement des conflits liés à la pêche du fait du changement climatique ?

Acidification, hausse des températures, élévation du niveau des océans : les conséquences du changement climatique sur les écosystèmes marins sont d'ores et déjà nombreuses. Elles devraient se renforcer à l'avenir, affectant les stocks de poissons et leur répartition à l'échelle mondiale. Dans un article publié dans la revue Marine Policy, une équipe nord-américaine s'interroge sur la possibilité que ces facteurs conduisent à une augmentation des conflits liés à la pêche. Les auteurs mettent notamment en évidence deux zones particulièrement sensibles : la mer de Chine, où la conflictualité pourrait être exacerbée par une ressource qui devrait diminuer avec le changement climatique ; la zone Arctique où, à l'inverse, les stocks de poissons devraient s'accroître et être davantage exploitables, du fait de la fonte des glaces, suscitant ainsi d'intenses convoitises et une forte concurrence.

Évolution probable (%) du potentiel maximal de captures en 2050 et localisation des conflits liés à la pêche entre 1993 et 2010

Conflits.jpg

Source : Marine Policy

Source : Marine Policy

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