Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/06/2018

Les risques professionnels des travailleurs de l'agriculture, de la pêche et de la forêt augmenteront avec le changement climatique

L'Anses a publié en avril 2018 les résultats d'une expertise collective sur les risques induits par le changement climatique, à l'horizon 2050, sur la santé des travailleurs. À partir de la littérature scientifique, les auteurs identifient les évolutions climatiques et environnementales les plus probables, et les relient aux risques professionnels via les « circonstances d'exposition » de chacun. L'agriculture, la foresterie, la pêche et l'aquaculture apparaissent fortement exposées.

Risques liés au changement climatique par secteur d’activité

anses1.jpg

anses2.jpg

Source : Anses

La hausse des températures augmentera l'exposition à la chaleur et la pénibilité du travail, avec des impacts directs et indirects sur les risques professionnels, particulièrement forts pour les métiers d'extérieur. Chez les travailleurs agricoles, la chaleur pourrait conduire au développement de maladies chroniques, notamment respiratoires. Les sécheresses agricoles, plus longues et plus intenses, généreront des hausses de concentrations atmosphériques de poussières, contribuant à ces pathologies et aux expositions aux substances pesticides et biocides. Par ailleurs, la chaleur aggravera les feux de forêts et les risques professionnels directs en foresterie.

Le changement global modifiera les zones de répartition de vecteurs de maladies infectieuses (moustiques, tiques, etc.), faisant ainsi évoluer les risques (en particulier infectieux et allergiques) liés aux agents biologiques, notamment pour les personnes travaillant en milieu naturel ou en contact avec des animaux. Dans le milieu agricole, l’utilisation potentiellement plus importante de produits phytosanitaires, en réaction à d’éventuelles augmentations des pathologies des cultures et des animaux d’élevage, pourrait accroître le risque chimique.

Enfin, les modifications de la fréquence et de l’intensité de certains aléas climatiques (inondations, submersions, sécheresses, feux de forêts, etc.) pourront conduire à une augmentation des risques, en particulier accidentels, de fatigue physique et psychique, dans le monde agricole et forestier. L'augmentation de la fréquence des tempêtes sera un risque direct pour les travailleurs en extérieur et notamment de la pêche.

L'Anses conclut le rapport par plusieurs recommandations à destination du monde du travail et de la recherche afin de mieux anticiper et prévenir ces risques.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Anses

11/05/2018

Panorama des fraudes alimentaires dans le secteur de la pêche

En lien avec son objectif de limiter l'impact des fraudes alimentaires dans le secteur de la pêche, la FAO a publié récemment, sur ce sujet, un rapport d'A. Reilly (Food safety authority of Irland). Se basant sur une revue de la littérature disponible (publications scientifiques, rapports administratifs, etc.) et de la réglementation, il présente un état des lieux à l'échelle internationale et formule des recommandations.

Les fraudes alimentaires impliquent une tromperie volontaire du consommateur (falsification de l'étiquetage par exemple) et différentes études ont montré la vulnérabilité particulière de cette filière, très mondialisée, et dont les produits finis, aux étapes de la vente et, a fortiori, de la consommation, ne présentent souvent plus les signes caractéristiques permettant une identification visuelle (têtes, nageoires, etc.). Les circuits commerciaux complexes contribuent à augmenter les risques de fraudes : d'après des publications récentes (Interpol - opération Opson, ONG Oceana), le poisson est la troisième denrée à risque et 20 % des produits sont mal étiquetés. Parmi les tromperies commerciales fréquentes figure la mise sur le marché de saumon d'élevage présenté comme du saumon sauvage ou la substitution d’espèces. Certaines fraudes comportent aussi des risques pour la santé publique, avec des exemples au Bangladesh (commercialisation frauduleuse d'un poisson toxique en 2008 ayant fait de nombreuses victimes) et aux États-Unis.

Si la lutte contre ces pratiques s'est renforcée ces dernières années, en particulier depuis les fraudes relatives à la viande de cheval (2013) et à la poudre de lait contaminée à la mélanine, elle reste une tâche complexe. Le présent rapport propose le renforcement des textes internationaux (normes, lignes directrices), avec en particulier la mise en place de lignes directrices par le Codex alimentarius, ainsi qu'un recours étendu aux systèmes de traçabilité tels que l'étiquetage par code-barre ADN, qui offre une plus grande transparence dans la chaîne de distribution. L'application de tests ADN permet l'identification de produits à étiquetages falsifiés. Une autre étape clé serait l'adoption, au niveau mondial, d'une liste officielle de noms de poissons commercialisables (noms communs, scientifiques et commerciaux), assortie d'un étiquetage obligatoire. Certains pays (États-Unis, Canada) disposent de telles listes et il existe également des bases de données internationales (FAO, Fish Base Information System). Enfin, la cartographie FAO des zones de pêche est un outil utilisable pour identifier les zones sensibles et pour la lutte en amont contre la pêche illégale (IUU Fishing, zones économiques exclusives).

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

13:41 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : fraudes, pêche, fao |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/04/2018

Les enjeux du Brexit dans le secteur de la pêche

Parmi les questions posées par le Brexit, celles relatives à la pêche sont particulièrement complexes. Dans un article publié dans la revue Marine Policy, deux chercheurs britanniques font le point sur les enjeux des négociations en cours.

Pour les auteurs, la principale question est celle des conditions d'accès des navires européens aux eaux territoriales britanniques. Alors qu'aujourd'hui les bateaux européens non britanniques capturent près de 70 % des poissons pêchés dans la zone économique exclusive du Royaume-Uni, qu'en sera-t-il à l'avenir ? Les enjeux commerciaux sont également évoqués : ce pays exportant vers l'UE l'essentiel du poisson qu'il capture, la question de l'accès au marché unique est pour lui centrale. Enfin, les négociations devront permettre de définir un mode de gouvernance commun pour la gestion des stocks de poissons partagés entre les eaux britanniques et européennes.

Pour répondre à ces défis, les auteurs appellent les parties prenantes à se projeter au-delà de la négociation per se et à construire une vision commune de la pêche dans les mers qu'elles exploitent ensemble.

Source : Marine Policy

09:05 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : brexit, pêche |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/04/2018

Un nouveau MOOC s'intéresse à la durabilité des systèmes alimentaires dans une perspective méditerranéenne

Développé dans le cadre d'un partenariat entre le Barilla Center for food and nutrition (BCFN), le Sustainable Development Solutions Network, la SDG Academy et l'université de Sienne, ce cours en ligne, ouvert mi-mars, a pour objectif de donner un aperçu des défis et opportunités du secteur agricole dans le bassin méditerranéen, en lien avec les enjeux environnementaux et climatiques. Il est organisé en dix modules, traitant par exemple de l'histoire de l'agriculture et du régime alimentaire de cette région, de pêche et d'aquaculture, des moyens d'atteindre différents Objectifs du développement durable (ODD), ou encore des nouveaux types de métiers dans le contexte méditerranéen.

MOOC.jpg

Sources : BCFN, SDG Academy

15/03/2018

Une cartographie de l'emprise spatiale de la pêche industrielle grâce au big data

Si la pêche industrielle est source d'enjeux économiques et écologiques importants, son emprise spatiale n'avait jusqu'ici jamais été quantifiée. Le développement récent des systèmes d'identification automatique (SIA) de navires, qui enregistrent en continu les déplacements des bateaux, a permis à une équipe de chercheurs étatsuniens de réaliser un tel travail. Conduit en coopération avec Google, il a fait l'objet d'une publication dans la revue Science.

Les auteurs ont procédé au traitement de 22 milliards de données collectées entre 2012 et 2016. Le recours à des techniques d'apprentissage automatique (construction de réseaux neuronaux convolutifs) leur a permis d'isoler les déplacements de plus de 70 000 navires de pêche. Si cela ne représente qu'une fraction des 2,9 millions de bateaux en activité dans le monde, les auteurs estiment que ces données couvrent la plupart des bâtiments de pêche industrielle (plus de 24 mètres).

L'analyse conduite montre qu'au moins 55 % de la surface des océans, soient 200 millions de km², sont exploités par la pêche industrielle. C'est près de quatre fois la surface utilisée dans le monde pour la production agricole. Les auteurs précisent que ce chiffre est vraisemblablement sous-estimé, en raison de la mauvaise couverture satellite de certaines portions du globe et parce que de nombreux navires pêchant dans les zones économiques exclusives ne sont pas équipés de SIA. Des distinctions s'observent par ailleurs selon le type de pêche considéré : la pêche à la palangre couvre 45 % de la surface des océans, contre 17 % pour la pêche à la senne coulissante et moins de 10 % pour celle au chalut. Enfin, 85 % de « l'effort de pêche » mondial, c'est-à-dire du temps passé en mer, sont réalisés par cinq pays : Chine, Taïwan, Espagne, Japon et Corée du Sud.

Effort de pêche global (A) et par type de pêche (B, C et D), exemples de tracés de déplacements de bateaux (E) et productivité primaire nette des océans (F)

peche.jpg

Source : Science

Dans un second temps, les auteurs ont testé la corrélation entre l'effort de pêche et diverses variables économiques et environnementales : disponibilité de la ressource, température des océans et prix du fioul. Ils concluent que l'effort de pêche est surtout déterminé par des variables sociales et politiques : périodes de vacances des pêcheurs (nouvel an chinois, fêtes de fin d'année), moratoires saisonniers, etc.

Permise par l'analyse de mégadonnées (big data), cette étude apporte un éclairage précieux sur la pêche industrielle. Pour faciliter de futures recherches, les données et résultats ont été mis à disposition via une plate-forme en ligne.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Sources : Science, Global Fishing Watch

11:07 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : pêche industrielle, cartographie, emprise spatiale, big data |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2018

Quel développement pour l'aquaculture marine marocaine ?

L'Agence nationale pour le développement de l'aquaculture (ANDA) du Maroc a publié, en janvier, une analyse du secteur aquacole marin du pays. Dans un contexte mondial de hausse de la consommation de produits de la mer et de la production aquacole, l'essor de l'aquaculture marine est un objectif politique pour le Maroc. Un cadre stratégique pour son développement à l'horizon 2030 est d'ailleurs en cours d'élaboration.

Après un panorama de la situation mondiale, les auteurs présentent une analyse comparée de l'aquaculture marine en Méditerranée : évolution de la production, principaux producteurs et principales espèces produites, entreprises, mesures incitatives mises en place par les pays, etc. Ils s'intéressent ensuite au secteur marocain et identifient les leviers à mobiliser pour son développement et les opportunités du marché mondial à saisir. La durabilité, les aspects sanitaires et de certification, la R&D et l'innovation, l'accès au foncier sont autant de questions clés identifiées.

Répartition de la production aquacole marine par pays dans le bassin méditerranéen en tonnes (moyenne 2011-2015)

Aquaculture.jpg

Source : ANDA

Source : ANDA

10:15 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : maroc, aquaculture marine |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/12/2017

La résistance aux antimicrobiens et les aires marines protégées : deux des six enjeux majeurs des Nations unies pour l'environnement

Les Nations unies pour l’environnement ont publié le 5 décembre 2017, à l'occasion de leur troisième Assemblée, le rapport « Frontières 2017 : questions émergentes d'ordre environnemental ». Six enjeux clés y sont développés : la dimension environnementale de la résistance aux antimicrobiens, les nanomatériaux, la durabilité des aires marines protégées, les tempêtes de sable et de poussière, les solutions solaires pour les foyers hors-réseau et les migrations liées à la dégradation de l’environnement.

Co-sélection de résistance aux antibiotiques, aux métaux et aux biocides

Frontiers.jpg

Source : Nations unies pour l'environnement

Dans la lignée de l'approche One Health, le rapport tisse les liens entre santés humaine, animale et environnementale, en soulignant l'usage abusif des antibiotiques en élevage, notamment comme promoteurs de croissance dans certains pays, et la méconnaissance mondiale des effets environnementaux associés. Il indique ainsi que 70 % des antibiotiques mondiaux sont aujourd'hui consommés par des animaux et que cette utilisation pourrait augmenter de 67 % d'ici 2030. Les déchets agricoles tels que le fumier peuvent contenir des concentrations d’antibiotiques similaires à celles utilisées pour soigner les infections. En aquaculture, jusqu'à 75 % des antimicrobiens utilisés se retrouvent dans l'environnement. Or, ces différents rejets, même à très faibles doses, favorisent l'apparition de résistances chez les bactéries présentes dans les eaux et les sols. Ce phénomène est amplifié par la présence d'autres polluants comme les métaux lourds.

Les aires marines protégées sont un autre sujet mis en exergue par le rapport. Il rappelle que la surpêche, l’exploitation d’autres ressources, l’aménagement du littoral, la pollution et le tourisme endommagent des habitats naturels essentiels et réduisent rapidement les populations marines. 31 % des 600 stocks halieutiques suivis par des organismes de recherche internationaux font actuellement l’objet d’une pêche non durable (essentiellement illégale, ni déclarée ni régulée), et 58 % sont pleinement exploités. En 40 ans, 49 % des espèces marines et 50 % des récifs coralliens ont disparu. Compte tenu du poids économique (plus de 24 milliards de dollars) et alimentaire des océans, cette dégradation est qualifiée de « schéma d’autodestruction sociétale » qui justifierait de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières d’ici à 2020. L'amélioration de la gouvernance des aires marines protégées est aussi importante que leur extension, plus de 40 % d'entre elles souffrant aujourd'hui de graves insuffisances.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Nations unies pour l'environnement

07/11/2017

La place des femmes dans les secteurs de la pêche et de l'aquaculture

Une étude commandée par FranceAgriMer fait le point sur la place des femmes dans la pêche et l'aquaculture. Alors que la pénibilité du travail sur les bateaux et dans les élevages entraîne des difficultés chroniques de recrutement, et qu'une réflexion sur l'attractivité des métiers est à l'ordre du jour, l'égalité femmes-hommes ne semble pas être une priorité pour le secteur. « Les a priori sur la répartition "naturelle" des tâches » sont encore forts. Ainsi, les femmes représentent un tiers des effectifs, mais seulement 1,4 % pour la pêche embarquée. Toutefois, les mentalités évoluent et « les outils réglementaires permettant la prise en compte des enjeux d’égalité professionnelle » (conventions collectives de branche, bilans sociaux, statut de conjoint collaborateur, formation maritime, etc.), encore « mal connus et peu utilisés », pourraient servir de leviers à l'avenir.

Source : FranceAgriMer

08:34 Publié dans Pêche et aquaculture, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : franceagrimier, pêche, aquaculture, femmes, métiers |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2017

Estimation et localisation du potentiel mondial de la mariculture

Dans un article publié dans Nature, des chercheurs américains et chinois estiment le potentiel théorique de production aquacole marine à l'échelle du globe. Face à l'accroissement des besoins alimentaires mondiaux, aux limites de la ressource marine sauvage et aux problèmes écologiques liés à la production agricole animale, l'aquaculture pourrait être une solution pour répondre à la forte demande en protéines. Dans ce contexte, ces travaux cherchent à combler le manque de connaissances concernant la répartition et la productivité des zones propices à l'élevage de poissons et bivalves.

Afin de cartographier ces zones et d'évaluer leurs potentiels de production, les chercheurs ont exploité plusieurs bases de données et développé une méthode combinant en particulier approches biologiques (physiologie, allométrie, etc.) et géographiques. Ces estimations ont été effectuées pour 120 espèces de poissons et 60 espèces de bivalves. Dans un premier temps, des analyses de données (température de l'eau, taux d'oxygène, nature des fonds marins, disponibilité en nutriments) ont été confrontées aux conditions nécessaires à un taux de croissance des espèces élevées, afin d'estimer la production annuelle par unité de surface maritime dans le cadre d'élevages et cultures de faible densité. Il a ainsi été possible de délimiter les zones maritimes côtières et hauturières qui pourraient être favorables. Par la suite, ces surfaces ont été réduites en intégrant, d'une façon assez générale, les contraintes environnementales, institutionnelles et logistiques. Toutefois, si l'essentiel des réserves de biosphère, les axes du transport maritime et les autres usages ont été considérés, un travail complémentaire doit être mené pour obtenir des résultats plus précis prenant en compte les nombreuses particularités locales.

Potentiel de production en cas de mise en valeur de 1 % des surfaces maritimes nationales adaptées à l'élevage piscicole de faible densité

aquaculturer.jpg

Source : Nature

L'un des principaux résultats est la mise en évidence d'un important potentiel aquacole. Plus de 10 millions de km² seraient ainsi propices à l'aquaculture, et représentent un potentiel de production cent fois supérieur à la consommation mondiale actuelle de produits de la mer. Les chercheurs soulignent que la mise en valeur des eaux les plus productives (équivalant en superficie à deux fois la région Bretagne), permettrait de produire autant que l'ensemble des pêcheries mondiales. Si ce potentiel est important, les défis techniques, environnementaux et économiques à relever sont nombreux. L'élevage de haute mer est encore peu développé et présenterait de nombreux avantages, tels qu'un moindre impact environnemental ou encore une limitation des conflits d'usage.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Nature

11:01 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : mariculture, aquaculture, potentiel |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/09/2017

Bénéficier des échanges de produits de la mer : faire payer des droits d'accès versus exporter soi-même

Une étude publiée en août dernier par les universités de Colombie-Britannique et de Tasmanie permet de retracer les captures (période 1950-2010) et les flux d'échanges (1970-2010) de produits de la mer, par pays d'origine et de destination. Les résultats sur les échanges, obtenus en appariant les données FAO stat avec celles de la base UN Comtrade, sont particulièrement intéressants. En effet, la connaissance fine du commerce de ces produits constitue un enjeu important, notamment dans le cadre des négociations à l'OMC sur les subventions dans le secteur de la pêche.

Les auteurs font ressortir un accroissement significatif et une réallocation géographique des flux commerciaux de produits de la mer. Représentant seulement 9 millions de tonnes en 1970, ils atteignent 33 millions en 2010. Au début de la période, l’Europe réalisait l'essentiel des importations, principalement en provenance d'Afrique, d'Amérique du Sud et du Nord. En 2010, l'Asie est devenue le premier importateur, avec l'Amérique du Sud comme principal partenaire commercial, et a augmenté ses exportations à destination de l'Afrique, de l'Amérique du Nord et de l’Europe. Cette dernière continue d'importer depuis l'Asie et l'Amérique du Sud, et a réduit ses importations en provenance d'Afrique.

L'étude considère que la signature, en 1982, de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer du secteur de la pêche explique, pour partie, l’accroissement des échanges. Cette convention attribue à chaque pays côtier une zone de pêche réservée (dite « zone économique exclusive » - ZEE) de 200 milles, accessible aux autres États après paiement de droits d'accès. En analysant les zones de captures, les auteurs montrent que, excepté pour l'Asie, la plupart des pays ont depuis réduit leur pêche dans les ZEE et augmenté leurs importations. Selon eux, cette réduction représente, pour les pays en développement, une opportunité pour s’insérer dans le commerce international, en exploitant leurs ressources et en exportant, plutôt qu'en accordant des droits d'accès à d'autres pays. En effet, dans les années 1970, la surpêche dans les pays développés avait conduit ces derniers à accroître leurs captures dans les ZEE des pays en développement qui bénéficiaient de ressources halieutiques plus importantes.

Evolution des échanges internationaux dans le secteur de la pêche par région, entre 1970 (d) et 2010 (e) : régions importatrices représentées par la bande extérieure, régions productrices et exportatrices dans l'intérieur du cercle ; total des échanges indiqué au centre

Commerce-peche.jpg

Source : Marine Policy

Enfin, l'article montre que plus un pays est pauvre, plus la valeur de ses exportations de produits de la mer est forte comparée aux importations, et vice versa. Cela suggère que la hausse des exportations de la part des pays en développement devrait contribuer à leur objectif de réduction de la pauvreté.

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : Marine Policy

07/07/2017

Soutiens publics au secteur de la pêche dans les pays de l'OCDE : contenu et impacts

En mai dernier, l'OCDE a publié une étude sur les soutiens publics au secteur de la pêche et leurs effets environnementaux pour trente et un pays, dont l'Union européenne dans son ensemble, sur la période 2009-2015. Ce travail revêt un intérêt particulier dans le cadre de la mise en œuvre de l'Objectif de Développement Durable 14.6 de l'ONU et de l'agenda probable de la 11e Conférence ministérielle de l'OMC qui se déroulera à Buenos-Aires en décembre prochain.

L'étude estime que la valeur totale du soutien public au secteur de la pêche était de 7 milliards en 2015, un montant relativement stable dans le temps. En adaptant la classification des mesures de soutien utilisée par l'OCDE pour l'évaluation des politique agricoles, elle montre que la majorité de ces soutiens est constituée de transferts aux services d’intérêt général du secteur de la pêche (R&D, infrastructures, gestion des ressources, opérations d'inspection). Leur part dans le total des transferts a augmenté sur la période étudiée, tandis que celle des paiements versés aux pêcheurs à titre individuel (basés sur le revenu, la réduction des capacités de production ou l'utilisation d'intrants) a progressivement diminué. Avec un soutien total légèrement inférieur à 20 % de la valeur des débarquements, la France se positionne au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, mais elle compte toutefois parmi les pays dont la part des paiements versés à titre individuel est la plus faible.

Les auteurs montrent de plus que les subventions dans le secteur peuvent avoir des conséquences négatives en matière de surpêche et de surcapacités de production. Les paiements basés sur l'utilisation d'intrants (équipage, carburant, appâts) ont l'impact le plus important sur l’incitation à l'effort de pêche, tandis que ceux basés sur la formation de capital fixe encouragent davantage la création de capacités de production. Les paiements basés sur le revenu ainsi que les transferts aux services d'intérêt général influencent le moins ces capacités. Des travaux complémentaires doivent être entrepris afin de quantifier ces impacts.

Enfin, la méthode de l'OCDE appliquée au secteur de la pêche ne permet pas d'analyser les impacts des subventions sur le commerce, comme elle le fait en agriculture sur la base de la différence entre prix domestique et mondial : un prix mondial de référence ne peut pas être sélectionné à cause de l'hétérogénéité du marché des ressources halieutiques.

Effets des mesures de soutien

peche2.jpg

Source : OCDE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

15:48 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : ocde, pêche, soutiens publics |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/02/2015

Deux fondations lancent début janvier des appels à projets sur l’alimentation

Fin janvier, la Fondation Daniel et Nina Carasso a ouvert l’édition 2015 des appels à projets « L’Alimentation pour lutter contre l’exclusion » et « Filières Halieutiques Durables ». Après des éditions en 2013 et 2014, le premier appel porte sur trois thèmes : l’alimentation des populations démunies, l’alimentation pour favoriser l’insertion économique et l’alimentation pour lutter contre l’isolement social.

Début janvier, la Fondation Nestlé France a lancé son sixième Appel à projets de recherche qui, pour le cycle 2015-2017, porte sur les thématiques « Cultures alimentaires et comportements alimentaires – Conditions d’émergence, d’évolution et de transmission ». Plus particulièrement, seront explorés les déterminants des systèmes symboliques et les contraintes qui s’exercent sur les usages et pratiques, ainsi que les interactions entre ces contraintes. Pourront être traitées les circulations sociales et géographiques des cultures alimentaires en France et hors de France, ainsi que les relations entre positions sociales, genre et cultures alimentaires.

Sources : Fondation Daniel et Nina Carasso, Fondation Nestlé France

 

 

10:32 Publié dans Alimentation et consommation, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : fondations |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/02/2015

La place de l'aquaculture dans le système alimentaire mondialisé

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a organisé en janvier dernier au Vietnam une conférence sur la santé des élevages d'animaux aquatiques, troisième manifestation de ce type depuis dix ans. Dans sa présentation de l’événement, l’OIE rappelle que la production pour l'alimentation humaine issue d'élevages aquacoles connaît une très forte progression, en particulier dans des pays en développement ou émergents, et qu’elle sera, par la fourniture de protéines de qualité, un facteur important de la sécurité alimentaire mondiale en 2050. Les échanges commerciaux internationaux de denrées alimentaires issues d'animaux aquatiques représentent déjà un pourcentage non négligeable des exportations agricoles (environ 10 %).

L’OIE souligne que pour prévenir les risques sanitaires qui pourraient découler de ce développement, il est important de définir une gouvernance, au niveau mondial, de la gestion des pathologies des animaux aquatiques, dans le cadre d'un usage raisonné des antibiotiques notamment.

Source : OIE

10:28 Publié dans Pêche et aquaculture, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : oie, aquaculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2011

Prospective des aires marines protégées

Les zones situées au-delà de toute juridiction nationale, soit au-delà de la limite des 200 miles marins pour la haute mer et au-delà des limites du plateau continental des États pour les grands fonds marins, représentent près des deux tiers de la surface totale des mers et des océans et abritent une biodiversité riche, encore peu connue et insuffisamment protégée. La création d'aires marines protégées (AMP) est considérée comme un outil particulièrement adapté à sa protection. La communauté internationale a d'ailleurs récemment confirmé l'importance attachée à ce type d'outils en adoptant, en 2010 à Nagoya, un Plan stratégique dont l'objectif 11 prévoit la création, à l'horizon 2020, d'un réseau d'aires marines protégées couvrant a minima 10% des zones côtières et des océans. Toutefois, dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, le cadre juridique de création de ces aires protégées apparait incomplet.

C'est pourquoi, notamment pour faire suite aux réflexions déjà engagées au niveau international, l'Iddri, en partenariat avec l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l'Agence française des aires marines protégées (AAMP), a organisé en septembre 2011 un séminaire de prospective juridique regroupant une vingtaine d'experts internationaux.

Lire la suite

15:37 Publié dans 1. Prospective, Environnement, Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/11/2011

Croissance de l'aquaculture dans le monde

Selon la FAO, d'ici à 2012, plus de la moitié de la consommation mondiale de poissons proviendra de l'aquaculture. Son rapport, Etat de l'aquaculture dans le monde 2010, révèle que la production mondiale de poissons de l'aquaculture a augmenté de plus de 60% entre 2000 et 2008, passant de 32,4 millions de tonnes à 52,5 millions. Mais elle n'a pas augmenté uniformément sur la planète. La région Asie-Pacifique domine la filière : en 2008, elle représentait 89% de la production mondiale, la Chine contribuant, à elle seule, à hauteur de 62%. Parmi les 15 principaux pays producteurs de l'aquaculture, 11 se trouvent dans cette région.

 

2011 FAO Monde aquaculture world aquaculture 2010 situation.jpg

Du fait de sa croissance en volume et en valeur, l'aquaculture a nettement contribué à l'atténuation de la pauvreté et à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans de nombreuses parties du monde.

Outre la question de la durabilité de l'environnement, d'autres défis majeurs pour l'aquaculture se rapportent notamment au changement climatique et à la crise économique mondiale, note le rapport. La filière aquaculture devrait donc se préparer à faire face à leurs impacts potentiels et déployer des efforts particuliers pour aider davantage les petits producteurs en les organisant en associations et en promouvant les meilleures méthodes de gestion possibles.

 Le rapport complet, ainsi que les comptes rendus régionaux présentés lors de la Conférence sur l'aquaculture mondiale, qui s'est tenue à Phuket (Thaïlande) en 2010, peuvent être consultés sur le site de la FAO.

14:52 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook