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08/09/2017

Estimation et localisation du potentiel mondial de la mariculture

Dans un article publié dans Nature, des chercheurs américains et chinois estiment le potentiel théorique de production aquacole marine à l'échelle du globe. Face à l'accroissement des besoins alimentaires mondiaux, aux limites de la ressource marine sauvage et aux problèmes écologiques liés à la production agricole animale, l'aquaculture pourrait être une solution pour répondre à la forte demande en protéines. Dans ce contexte, ces travaux cherchent à combler le manque de connaissances concernant la répartition et la productivité des zones propices à l'élevage de poissons et bivalves.

Afin de cartographier ces zones et d'évaluer leurs potentiels de production, les chercheurs ont exploité plusieurs bases de données et développé une méthode combinant en particulier approches biologiques (physiologie, allométrie, etc.) et géographiques. Ces estimations ont été effectuées pour 120 espèces de poissons et 60 espèces de bivalves. Dans un premier temps, des analyses de données (température de l'eau, taux d'oxygène, nature des fonds marins, disponibilité en nutriments) ont été confrontées aux conditions nécessaires à un taux de croissance des espèces élevées, afin d'estimer la production annuelle par unité de surface maritime dans le cadre d'élevages et cultures de faible densité. Il a ainsi été possible de délimiter les zones maritimes côtières et hauturières qui pourraient être favorables. Par la suite, ces surfaces ont été réduites en intégrant, d'une façon assez générale, les contraintes environnementales, institutionnelles et logistiques. Toutefois, si l'essentiel des réserves de biosphère, les axes du transport maritime et les autres usages ont été considérés, un travail complémentaire doit être mené pour obtenir des résultats plus précis prenant en compte les nombreuses particularités locales.

Potentiel de production en cas de mise en valeur de 1 % des surfaces maritimes nationales adaptées à l'élevage piscicole de faible densité

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Source : Nature

L'un des principaux résultats est la mise en évidence d'un important potentiel aquacole. Plus de 10 millions de km² seraient ainsi propices à l'aquaculture, et représentent un potentiel de production cent fois supérieur à la consommation mondiale actuelle de produits de la mer. Les chercheurs soulignent que la mise en valeur des eaux les plus productives (équivalant en superficie à deux fois la région Bretagne), permettrait de produire autant que l'ensemble des pêcheries mondiales. Si ce potentiel est important, les défis techniques, environnementaux et économiques à relever sont nombreux. L'élevage de haute mer est encore peu développé et présenterait de nombreux avantages, tels qu'un moindre impact environnemental ou encore une limitation des conflits d'usage.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Nature

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07/09/2017

Bénéficier des échanges de produits de la mer : faire payer des droits d'accès versus exporter soi-même

Une étude publiée en août dernier par les universités de Colombie-Britannique et de Tasmanie permet de retracer les captures (période 1950-2010) et les flux d'échanges (1970-2010) de produits de la mer, par pays d'origine et de destination. Les résultats sur les échanges, obtenus en appariant les données FAO stat avec celles de la base UN Comtrade, sont particulièrement intéressants. En effet, la connaissance fine du commerce de ces produits constitue un enjeu important, notamment dans le cadre des négociations à l'OMC sur les subventions dans le secteur de la pêche.

Les auteurs font ressortir un accroissement significatif et une réallocation géographique des flux commerciaux de produits de la mer. Représentant seulement 9 millions de tonnes en 1970, ils atteignent 33 millions en 2010. Au début de la période, l’Europe réalisait l'essentiel des importations, principalement en provenance d'Afrique, d'Amérique du Sud et du Nord. En 2010, l'Asie est devenue le premier importateur, avec l'Amérique du Sud comme principal partenaire commercial, et a augmenté ses exportations à destination de l'Afrique, de l'Amérique du Nord et de l’Europe. Cette dernière continue d'importer depuis l'Asie et l'Amérique du Sud, et a réduit ses importations en provenance d'Afrique.

L'étude considère que la signature, en 1982, de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer du secteur de la pêche explique, pour partie, l’accroissement des échanges. Cette convention attribue à chaque pays côtier une zone de pêche réservée (dite « zone économique exclusive » - ZEE) de 200 milles, accessible aux autres États après paiement de droits d'accès. En analysant les zones de captures, les auteurs montrent que, excepté pour l'Asie, la plupart des pays ont depuis réduit leur pêche dans les ZEE et augmenté leurs importations. Selon eux, cette réduction représente, pour les pays en développement, une opportunité pour s’insérer dans le commerce international, en exploitant leurs ressources et en exportant, plutôt qu'en accordant des droits d'accès à d'autres pays. En effet, dans les années 1970, la surpêche dans les pays développés avait conduit ces derniers à accroître leurs captures dans les ZEE des pays en développement qui bénéficiaient de ressources halieutiques plus importantes.

Evolution des échanges internationaux dans le secteur de la pêche par région, entre 1970 (d) et 2010 (e) : régions importatrices représentées par la bande extérieure, régions productrices et exportatrices dans l'intérieur du cercle ; total des échanges indiqué au centre

Commerce-peche.jpg

Source : Marine Policy

Enfin, l'article montre que plus un pays est pauvre, plus la valeur de ses exportations de produits de la mer est forte comparée aux importations, et vice versa. Cela suggère que la hausse des exportations de la part des pays en développement devrait contribuer à leur objectif de réduction de la pauvreté.

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : Marine Policy

07/07/2017

Soutiens publics au secteur de la pêche dans les pays de l'OCDE : contenu et impacts

En mai dernier, l'OCDE a publié une étude sur les soutiens publics au secteur de la pêche et leurs effets environnementaux pour trente et un pays, dont l'Union européenne dans son ensemble, sur la période 2009-2015. Ce travail revêt un intérêt particulier dans le cadre de la mise en œuvre de l'Objectif de Développement Durable 14.6 de l'ONU et de l'agenda probable de la 11e Conférence ministérielle de l'OMC qui se déroulera à Buenos-Aires en décembre prochain.

L'étude estime que la valeur totale du soutien public au secteur de la pêche était de 7 milliards en 2015, un montant relativement stable dans le temps. En adaptant la classification des mesures de soutien utilisée par l'OCDE pour l'évaluation des politique agricoles, elle montre que la majorité de ces soutiens est constituée de transferts aux services d’intérêt général du secteur de la pêche (R&D, infrastructures, gestion des ressources, opérations d'inspection). Leur part dans le total des transferts a augmenté sur la période étudiée, tandis que celle des paiements versés aux pêcheurs à titre individuel (basés sur le revenu, la réduction des capacités de production ou l'utilisation d'intrants) a progressivement diminué. Avec un soutien total légèrement inférieur à 20 % de la valeur des débarquements, la France se positionne au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, mais elle compte toutefois parmi les pays dont la part des paiements versés à titre individuel est la plus faible.

Les auteurs montrent de plus que les subventions dans le secteur peuvent avoir des conséquences négatives en matière de surpêche et de surcapacités de production. Les paiements basés sur l'utilisation d'intrants (équipage, carburant, appâts) ont l'impact le plus important sur l’incitation à l'effort de pêche, tandis que ceux basés sur la formation de capital fixe encouragent davantage la création de capacités de production. Les paiements basés sur le revenu ainsi que les transferts aux services d'intérêt général influencent le moins ces capacités. Des travaux complémentaires doivent être entrepris afin de quantifier ces impacts.

Enfin, la méthode de l'OCDE appliquée au secteur de la pêche ne permet pas d'analyser les impacts des subventions sur le commerce, comme elle le fait en agriculture sur la base de la différence entre prix domestique et mondial : un prix mondial de référence ne peut pas être sélectionné à cause de l'hétérogénéité du marché des ressources halieutiques.

Effets des mesures de soutien

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Source : OCDE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

15:48 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : ocde, pêche, soutiens publics |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/02/2015

Deux fondations lancent début janvier des appels à projets sur l’alimentation

Fin janvier, la Fondation Daniel et Nina Carasso a ouvert l’édition 2015 des appels à projets « L’Alimentation pour lutter contre l’exclusion » et « Filières Halieutiques Durables ». Après des éditions en 2013 et 2014, le premier appel porte sur trois thèmes : l’alimentation des populations démunies, l’alimentation pour favoriser l’insertion économique et l’alimentation pour lutter contre l’isolement social.

Début janvier, la Fondation Nestlé France a lancé son sixième Appel à projets de recherche qui, pour le cycle 2015-2017, porte sur les thématiques « Cultures alimentaires et comportements alimentaires – Conditions d’émergence, d’évolution et de transmission ». Plus particulièrement, seront explorés les déterminants des systèmes symboliques et les contraintes qui s’exercent sur les usages et pratiques, ainsi que les interactions entre ces contraintes. Pourront être traitées les circulations sociales et géographiques des cultures alimentaires en France et hors de France, ainsi que les relations entre positions sociales, genre et cultures alimentaires.

Sources : Fondation Daniel et Nina Carasso, Fondation Nestlé France

 

 

10:32 Publié dans Alimentation et consommation, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : fondations |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/02/2015

La place de l'aquaculture dans le système alimentaire mondialisé

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a organisé en janvier dernier au Vietnam une conférence sur la santé des élevages d'animaux aquatiques, troisième manifestation de ce type depuis dix ans. Dans sa présentation de l’événement, l’OIE rappelle que la production pour l'alimentation humaine issue d'élevages aquacoles connaît une très forte progression, en particulier dans des pays en développement ou émergents, et qu’elle sera, par la fourniture de protéines de qualité, un facteur important de la sécurité alimentaire mondiale en 2050. Les échanges commerciaux internationaux de denrées alimentaires issues d'animaux aquatiques représentent déjà un pourcentage non négligeable des exportations agricoles (environ 10 %).

L’OIE souligne que pour prévenir les risques sanitaires qui pourraient découler de ce développement, il est important de définir une gouvernance, au niveau mondial, de la gestion des pathologies des animaux aquatiques, dans le cadre d'un usage raisonné des antibiotiques notamment.

Source : OIE

10:28 Publié dans Pêche et aquaculture, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : oie, aquaculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/12/2011

Prospective des aires marines protégées

Les zones situées au-delà de toute juridiction nationale, soit au-delà de la limite des 200 miles marins pour la haute mer et au-delà des limites du plateau continental des États pour les grands fonds marins, représentent près des deux tiers de la surface totale des mers et des océans et abritent une biodiversité riche, encore peu connue et insuffisamment protégée. La création d'aires marines protégées (AMP) est considérée comme un outil particulièrement adapté à sa protection. La communauté internationale a d'ailleurs récemment confirmé l'importance attachée à ce type d'outils en adoptant, en 2010 à Nagoya, un Plan stratégique dont l'objectif 11 prévoit la création, à l'horizon 2020, d'un réseau d'aires marines protégées couvrant a minima 10% des zones côtières et des océans. Toutefois, dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, le cadre juridique de création de ces aires protégées apparait incomplet.

C'est pourquoi, notamment pour faire suite aux réflexions déjà engagées au niveau international, l'Iddri, en partenariat avec l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l'Agence française des aires marines protégées (AAMP), a organisé en septembre 2011 un séminaire de prospective juridique regroupant une vingtaine d'experts internationaux.

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15:37 Publié dans 1. Prospective, Environnement, Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/11/2011

Croissance de l'aquaculture dans le monde

Selon la FAO, d'ici à 2012, plus de la moitié de la consommation mondiale de poissons proviendra de l'aquaculture. Son rapport, Etat de l'aquaculture dans le monde 2010, révèle que la production mondiale de poissons de l'aquaculture a augmenté de plus de 60% entre 2000 et 2008, passant de 32,4 millions de tonnes à 52,5 millions. Mais elle n'a pas augmenté uniformément sur la planète. La région Asie-Pacifique domine la filière : en 2008, elle représentait 89% de la production mondiale, la Chine contribuant, à elle seule, à hauteur de 62%. Parmi les 15 principaux pays producteurs de l'aquaculture, 11 se trouvent dans cette région.

 

2011 FAO Monde aquaculture world aquaculture 2010 situation.jpg

Du fait de sa croissance en volume et en valeur, l'aquaculture a nettement contribué à l'atténuation de la pauvreté et à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans de nombreuses parties du monde.

Outre la question de la durabilité de l'environnement, d'autres défis majeurs pour l'aquaculture se rapportent notamment au changement climatique et à la crise économique mondiale, note le rapport. La filière aquaculture devrait donc se préparer à faire face à leurs impacts potentiels et déployer des efforts particuliers pour aider davantage les petits producteurs en les organisant en associations et en promouvant les meilleures méthodes de gestion possibles.

 Le rapport complet, ainsi que les comptes rendus régionaux présentés lors de la Conférence sur l'aquaculture mondiale, qui s'est tenue à Phuket (Thaïlande) en 2010, peuvent être consultés sur le site de la FAO.

14:52 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/09/2011

Perspectives de l’aquaculture

Afin d’évaluer les perspectives de l’aquaculture, le Département des pêches et de l’aquaculture de la FAO a réalisé une enquête Delphi. Cette méthode de consultation d'experts est un moyen d’identifier les contraintes à l'expansion de l’aquaculture ainsi que d’éventuelles opportunités. Elle a également permis d’évaluer les différentes politiques possibles pour accomplir ce changement.

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Les experts dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes se sont montrés particulièrement optimistes quant aux opportunités pour une ultérieure expansion de l’aquaculture dans leur région. Possédant une abondance de ressources naturelles primaires et une demande en produits halieutiques suffisante, leur souci majeur était la pénurie de fonds et de capacités humaines. D’autres régions telles que l’Europe de l’Est étaient moins optimistes du fait de problèmes avec les espèces ou avec des facteurs externes, tels que l’attitude négative du public envers l’aquaculture. Cependant, il a été reconnu dans toutes les régions que l’aquaculture devrait être encouragée. Les raisons à l’appui de cette affirmation étaient la contribution de l’aquaculture à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté ainsi que son rôle dans la réduction de la pression exercée sur les populations naturelles de poissons.

Des annexes détaillent les différentes contraintes par région, et les stratégies correctives à mettre en place.

15:17 Publié dans 1. Prospective, 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/03/2011

Des saumons végétariens

 Des scientifiques du projet AQUAMAX («Sustainable aquafeeds to maximise the health benefits of farmed fish for consumers»), mené par l'institut national norvégien de nutrition et de recherche sur les produits de la mer (NIFES), sont parvenus à remplacer une partie de l'alimentation de saumons et truites de mer d'élevage par des légumes, tout en préservant les bénéfices nutritionnels de ces produits.

Les partenaires du projet AQUAMAX expliquent que les ingrédients végétaux peuvent remplacer jusqu'à 70% de l'huile de poisson et 80% des protéines marines contenues dans l'alimentation traditionnelle destinée aux poissons, sans qu'il n'y ait aucun impact négatif sur la santé des poissons. Le saumon semble même conserver sa valeur en tant que source d'acides gras sains pour l'homme.

Cela permettrait de réduire la dépendance aux ressources marines tout en réduisant la consommation de polluants.

Le consortium AQUAMAX a rassemblé des partenaires de 33 pays et est soutenu à hauteur de 10,5 millions d'euros au titre du domaine thématique «Qualité et sécurité alimentaires» du sixième programme-cadre européen.

Source : Cordis

04/02/2011

Consommation record de poisson

En 2010, la place du poisson dans l'alimentation mondiale a atteint une moyenne record de près de 17 kg par habitant, assurant 15% des besoins moyens en protéines animales de plus de 3 milliards de personnes. Ce rapport de la FAO estime que la part des ressources surexploitées, épuisées ou en phase de reconstitution est passée à 32% en 2010. Pêche et aquaculture font vivre 540 millions de personnes (8% de la population mondiale)

L'organisation des Nations Unies propose des mesures visant à lutter contre le commerce des poissons pêchés de façon illégale, ainsi que la création d'un registre mondial des bateaux de pêche, attribuant à chacun d'entre eux, et ce à vie, un "numéro d'identification unique".

Par ailleurs, Steve Murawski, qui occupait jusqu'à récemment le poste de directeur des programmes scientifiques au sein du département de la pêche de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), affirme que plus aucune espèce de poisson vivant dans les eaux territoriales américaines n'est surexploitée cette année, contre 37 espèces l'année dernière. D'après lui, il s'agit d'une première depuis 1900, date à laquelle remontent les archives. Ces bons résultats viennent après que la Nouvelle-Angleterre ait mis en place un nouveau système de gestion qui répartit les pêcheurs par secteurs, en leur attribuant un quota annuel de pêche pour les poissons de fond comme la morue, le haddock ou le flet (source : ADIT).

14:21 Publié dans Alimentation et consommation, Pêche et aquaculture, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : fao |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2010

Pêche et aquaculture : ressources et politiques

Un rapport de l'OCDE sur les ressources marines et les pêcheries propose une vision des enjeux actuels. Il est rappelé que près de 40% de la ressource prélevée par les pêches ou produite par aquaculture est vendue à l'international, ce qui en fait un type de commodités alimentaires parmi les plus échangées.

Le rapport présente d'abord un historique des pêcheries nord atlantique et européennes en précisant les conditions qui en ont fait une industrie agro-alimentaire avec quelques autres débouchés. L'état des lieux des stocks, des volumes prélevés, des pêcheries et des volumes issus de l'aquaculture montre un essor de l'aquaculture. La part de l'aquaculture dans la production a progressé de 3% de la production en poids en 1970 à 36% en 2006, et se situe essentiellement dans les pays en développement ou émergeant (Chine notamment). La perche du Nil et les algues cultivées font partie des produits ayant connu un boom spectaculaire. Au final, les volumes produits en croissance sont surtout ceux de l'aquaculture.

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Le document précise les enjeux environnementaux qui apparaissent de plus en plus brutaux. Diminution des stocks, pertes de fertilité, espèces invasives, changement climatique et pollutions marines sont autant de dangers sur la ressource naturelle. A cet enjeu s'ajoute celui des pêcheries non réglementées (pêches illégales, non rapportées ou tout simplement pirates) qui augmentent la pression déjà forte sur les ressources maritimes. Les prix de valorisation de certains produits sont suffisamment attractifs et les sanctions faibles.

Côté demande, les tendances de consommation, la globalisation et l'industrialisation agro-alimentaires ont également une influence sur le secteur de la pêche.

Le rapport conclut sur les principaux enjeux pour l'industrie. L'enjeu de repenser les subventions dans le secteur de la pêche sur des critères de coût-efficacité est rappelé, ainsi que les différentes réformes en cours (PCP etc.). La question de l'effet des subventions non durables est posée, et le rapport souligne finalement que toute crise dans la gestion internationale d'une ressource commune doit pouvoir aboutir à une réforme équitable et durable.

Thuriane Mahé (Centre d'études et de prospective)

 

24/06/2010

La viabilité, une approche innovante du développement durable

Ce 4 pages de l'INRA explique et illustre une méthode novatrice pour articuler les trois piliers du développement durable dans le long terme et éviter les crises. Cette approche consiste en un modèle dynamique d'optimisation des caractéristiques d'un secteur face à différents critères. Ce modèle donne à la fois des configurations et trajectoires de développement durable voire de sortie de crise. Dans l'exemple utilisé des pêcheries, il s'agit d'optimiser stock, rentabilité des flotilles et tailles flotilles (emploi).


Ainsi, c'est dans l'optimisation de ces différents critères de durabilité, économique et sociale pour les pêcheries, et environnementale pour le stock de la ressource en poissons, que réside l'originalité de cette étude là où les approches plus classiques n'englobent pas toutes ces dimensions.

L'utilisation des données historiques dans ce modèle permet de comprendre la crise traversée dans les années 1990 et illustre différentes stratégies de sortie de crise et leurs coûts sociaux, économiques et environnementaux.

Ce type de modèle pourrait également être appliqué aux systèmes agricoles, par exemple pour réfléchir aux compromis à faire dans le cas des biocarburants (entre énergie, sécurité alimentaire, usage des sols et intensification...).

Marie-Aude Even, CEP

17:23 Publié dans Environnement, Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/05/2010

Un "scénario vert" pour la pêche

Environ 30% des réserves halieutiques sont déjà considérées comme perdues, au sens où les stocks sont tombés si bas qu'ils ne sont plus exploitables. Seuls 25% des stocks sont considérés comme «bons» ou «relativement bons», tandis que 60% d'entre eux sont jugés en «mauvais état» et 11% en « très mauvais état». Au rythme actuel de surexploitation des océans, il n'y aura plus de pêcheries exploitables dans quarante ans, d'après la version préliminaire d'un rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).


Le PNUE estime qu'un investissement moyen de 8 milliards de dollars par an, dont une partie peut être couverte par réduction progressive des quelques 27 milliards de dollars de subventions alloués chaque année à la pêche traditionnelle, est nécessaire pour réduire de manière drastique la capacité actuelle excessive du secteur de la pêche mondiale et la surexploitation des ressources qu'elle entraine, tout en aiguillant les travailleurs vers des moyens de subsistance alternatifs.

Ce financement est nécessaire pour réformer et recentrer la gestion des pêcheries, par exemple à travers des politiques telles que les quotas négociables et la création d'aires marines protégées, afin d'empêcher l'épuisement des stocks et de leur permettre de se reconstituer.

Le PNUE a chiffré également les avantages d'un tel scénario en termes de croissance du revenu des pêcheurs et a comparé les coûts et les bénéfices globaux.

Le rapport final « Green Economy », qui couvrira un total de 11 secteurs allant de l'agriculture et de la gestion des déchets dans les villes au tourisme, sera publié fin 2010.

 

Le rapport préliminaire

 

15:30 Publié dans 3. Prévision, Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2009

Grenelle de la mer : les rapports

Les quatre groupes du Grenelle de la mer, réunissant chacun l'Etat, les collectivités locales, le patronat, les syndicats et les ONG, ont remis leurs rapports au ministre de l'écologie.
Ces rapports contiennent 500 propositions environ, consensuelles ou non.
Parmi ces propositions :

- le classement de 10% de la ZEE (zone économique exclusive) en aire marine protégée d'ici 2012 (contre 0.19% aujourd'hui)
- la création de 6 zones pilotes pour la gestion concertée des pêches

- la protection d'un tiers du littoral d'ici à 2020 (contre 14% aujourd'hui)
- le renforcement du contrôle de la pêche de loisir
- le développement de la labélisation des produits de la mer
- l'idée d'un "port du futur" offshore pour limiter l'impact sur le littoral
- l'idée de "bateaux de pêche du futur" peu consommateurs d'énergie et capables de mieux sélectionner leurs prises.

 

Jean-Louis Borloo arbitrera parmi ces mesures lors d'une table ronde finale début juillet après des débats en région.

Les rapports

09:52 Publié dans Pêche et aquaculture | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/05/2009

Grenelle de la mer : les proposition de la fondation Hulot

A l'occasion du lancement du Grenelle de la mer, la Fondation Nicolas Hulot publie un « pacte marin pour une pêche durable ». Ce document propose plusieurs pistes de réforme pour mieux protéger les écosystèmes marins :

- Protéger 30% du domaine maritime français d'ici 2020

Les pays de l'Union européenne doivent établir des aires marines protégées (AMP) sur au moins 10% de leur espace maritime d'ici à 2012. Pourtant, à ce jour, moins de 0,1% de l'espace maritime français est protégé. Une politique de conservation passe également par une meilleure planification des territoires de pêche. Cela doit se traduire par la création d'Unités d'Exploitation et de Gestion Concertée (UEGC) qui permettront de créer une feuille de route pour valoriser au mieux les espèces marines, maintenir la productivité biologique et créer des emplois dans le secteur de la pêche.

- Améliorer la commercialisation des produits de la pêche

La Fondation Nicolas Hulot est favorable à la certification des produits issus d'une pêche "durable". Elle prend comme exemple le label MSC, créé par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et la société Unilever, qui suit le cahier des charges de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et garantit une gestion durable des pêches.

- Créer un ministère qui "concentre les politiques en lien avec la mer". Cet organe aurait notamment pour fonction de faire respecter les recommandations des scientifiques lors de l'attribution des quotas de pêche.

- Encadrer les prix pour compenser la baisse des captures, indispensable à la préservation des stocks de poissons, et assurer aux pêcheurs un salaire minimal.

- Renforcer l'interdiction des aides à la modernisation des navires pour réduire la surcapacité des techniques de pêche.

- Généraliser les quotas de pêche individuels transférables (QIT) pour mettre un terme à la "course aux poissons". Ce système d'échanges de quotas permet notamment d'allonger la période de pêche de certaines espèces et implique directement les pêcheurs dans le processus de contrôle.

- Renforcer la connaissance des écosystèmes marins, notamment en intégrant l'approche écosystémique dans les programmes des grandes écoles et des universités.

Dans son "pacte marin", la Fondation Nicolas Hulot dresse également la liste des produits de la mer (poissons, coquillages, crustacés) qu'il faut privilégier pour une consommation responsable.

Le document

 

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