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14/09/2015

Biomasse et énergie à l’horizon 2050 : évaluation des impacts via la modélisation

Pour leurs travaux publiés en ligne dans Energy Economics en juillet 2015, deux chercheurs du MIT ont mobilisé le modèle d’équilibre général Economic Projection and Policy Analysis afin d’explorer, à l’horizon 2050 et à l’échelle mondiale, l’impact d’une utilisation de la biomasse à des fins énergétiques (transport, électricité et chaleur). Pour ce faire, des modifications ont été apportées au modèle comme :

– une différenciation des matières premières et des débouchés des productions en éthanol et biogazole, des procédés de transformation de première génération et ceux liés à l’utilisation de la lignocellulose ou à la conversion de l’éthanol en biogazole ;

– une intégration de certains coûts, comme ceux des technologies de conversion de la lignocellulose et leurs évolutions dans le temps ou ceux associés à la collecte et au transport de la biomasse ;

– la prise en compte des émissions liées aux changements d’usages des terres, en utilisant les estimations du terrestrial ecosystem model ;

– des évolutions de politiques publiques relatives aux biocarburants, pour l’Union européenne et les États-Unis (ex : 13,5 % d’énergies renouvelables dans les transports à partir de 2030 dans l’UE).

Les auteurs étudient plusieurs alternatives, en les comparant à une référence « business as usual ». En particulier, ils intègrent un prix du carbone (valeurs obtenues par itération pour atteindre un objectif en bioénergie en 2050 proche de la production d’énergie primaire liée au charbon en 2010). Ce dernier varie de 25$ en 2015 à 99$ en 2050. Les émissions diminueraient alors de 42 % par rapport à la référence, voire de 52 % si le prix du carbone est aussi appliqué aux émissions liées aux changements d’usage des sols, et il s’agit de la seule alternative où il n’y a pas de déforestation par rapport à la référence. Les technologies de conversion de la lignocellulose auraient aussi une place prépondérante, à condition que les coûts associés diminuent et que les limites structurelles liées à l’incorporation soient levées (blend wallvoir l’article de la revue NESE à ce sujet) ; dans le cas inverse, l’électricité et la chaleur seront des débouchés plus importants. Enfin, les auteurs estiment que les prix des produits alimentaires augmenteraient de 3,2 à 5,2 % selon les politiques considérées.

Figure reprenant la production globale de biomasse, ses conversions et ses débouchés énergétiques pour la référence « business as usual » (à gauche) et avec un prix du carbone (hors application au changement d’usage des terres, à droite)

biomasse.jpg

Source : Energy Economics

 

 

12:14 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : biomasse, énergie, biocarburants, 2050 |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/07/2014

Biomasse, consommation énergétique et utilisation des sols

L'étude intitulée A calculation of the EU Bioenergy land footprint discute l'impact des objectifs de l'Union européenne en termes de bioénergie aux horizons 2020 et 2030, tant sur les surfaces cultivées que sur les forêts. Ces travaux ont été réalisés par des chercheurs de l'université de Vienne pour l'association Les Amis de la Terre. Ils estiment le nombre d'hectares nécessaires à l'atteinte de ces objectifs (surface domestique mais aussi liée aux importations) : 44,5 Mha en 2010 (taille de la Suède) et 70,2 Mha en 2030 (taille de la Pologne et de la Suède). À noter qu'en 2010, la biomasse représente 8% de l'énergie finale consommée à l'échelle de l'UE.

Afin d'estimer la demande en biomasse à destination énergétique, les auteurs s'appuient sur les plans d'actions nationaux en termes d'énergies renouvelables en 2020, et les avancées rapportées par les États membres. Pour l'horizon 2030, ils recourent aux résultats d'une étude (Biomass Futures Project) mobilisant le modèle PRIMES, modèle d'équilibre partiel du secteur de l'énergie. À chaque technologie de transformation en chaleur, énergie ou pour les transports, est associée la quantité de biomasse nécessaire. La surface mobilisée en est déduite à partir du rendement moyen par hectare. L'approche pour la forêt est plus théorique et sujette à prudence selon les auteurs. Le calcul est fait à partir de l'activité maximale pour laquelle la productivité du stock n'est pas dégradée.

Cette méthode donne les résultats suivants (cf. tableau ci-dessous) :

- les surfaces dédiées à la bioénergie augmenteraient de 27% à l'horizon 2030 et de 57% à l'horizon 2050 par rapport à l'année 2010 (surface estimée par les auteurs à 44,5 Mha en 2010) ;

- l'augmentation résultant de l'usage de biocarburants serait concentrée sur la période 2010-2020 ;

- les parts des surfaces cultivées et des forêts consacrées au débouché énergie passeraient respectivement, à l'horizon 2030, de 4,6% à 12,4% et de 29,2% à 39%.

bioénergie

En conclusion, les auteurs de l'Institute of the Environment and Regional Development (Vienna University of Economics and Business) critiquent la disponibilité des données, tant sur la ressource elle-même qu'au niveau de l'impact environnemental, pour faire de telles estimations à l'échelle de l'UE, au regard de l'importance des surfaces en jeu.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Friends of the Earth

17:34 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie, Enseignement et recherche, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : bioénergie |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2014

L'ADEME publie le troisième volet de son exercice de prospective 2030-2050

L'ADEME a publié en juin 2014 le troisième volet de son exercice de prospective « Visions énergie climat 2030-2050 ». Aux horizons 2030 et 2050, ce volet décrit les modes de vie des ménages français qui seraient compatibles avec les scénarios énergétiques que l'Agence a présentés dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique (voir billet sur ce blog de novembre 2012). En transcrivant ces scénarios en modes de vie concrets, l'un des objectifs de l'ADEME est de donner à voir ce que pourraient être les trajectoires de vie possibles, dans l'optique d'atteindre le Facteur 4 en 2050.

Deux ensembles de huit familles types ont été identifiés, en prenant en compte la diversité des modes de vie (composition de la famille, niveau de revenu, localisation géographique, etc.). Aux horizons 2030 et 2050, les possibilités de choix et d'adaptation de familles placées dans des conditions sociales et territoriales différentes ont été travaillées, ainsi que leur appropriation d'instruments de politiques publiques. Des catégories de consommation ont été définies, permettant de ramener toutes les consommations d'énergie au niveau des ménages (consommateurs finaux) et d'utiliser une démarche d'empreinte énergie et carbone.

L'alimentation, « de la fourche à la fourchette », est l'une des consommations étudiées, sachant que, en 2010, 20% de la consommation d'énergie étaient dédiés à la production, la transformation et la cuisson des aliments. Les pratiques alimentaires des ménages sont détaillées, en abordant les thèmes du gaspillage alimentaire, du régime alimentaire plus ou moins carné, du rôle de l'étiquetage (« étiquettes carbone », provenance des aliments) et de l'utilisation de cette information. Une famille d'agriculteurs est présentée dans l'exercice, permettant d'aborder également certains choix des scénarios généraux en matière de pratiques agricoles, de production de biomatériaux et de bioénergie. Imaginer la diversité des modes et de l'approvisionnement alimentaires apparaît difficile à l'horizon 2050, sachant que les scénarios de l'ADEME envisagent une généralisation de pratiques actuellement minoritaires (agriculture intégrée, produits biologiques, alimentation moins riche en viande). C'est donc une diversité des pratiques qui est décrite, plutôt qu'un « alignement sur un comportement alimentaire unique ».

En définitive, une relation étroite entre choix techniques et conditions d'intégration dans les comportements des ménages est mise en évidence, le Facteur 4 n'étant atteignable que sous réserve de progrès dans les comportements individuels. Cet exercice montre également qu'une diversité d'orientations des modes de vie permet de réaliser la transition énergétique, et identifie les principales avancées nécessaires (dont la limitation de l'allongement des chaînes logistiques d'approvisionnement) et les mécanismes d'action publique à mobiliser.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : ADEME

17:22 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Climat, Energie | Lien permanent | Tags : ademe |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/02/2014

Parution du scénario Afterres 2050

Le cabinet d’études Solagro vient de publier le rapport Afterres 2050, fruit de trois années de travail. Partant du constat que le prolongement des tendances actuelles n’était pas soutenable, l'objectif de Solagro était de proposer, pour la France essentiellement, un scénario alternatif « souhaitable » (un scénario normatif, donc), permettant de répondre, à l’horizon 2050, aux grands défis agricoles et alimentaires. L’exercice entend en effet s’inscrire dans une « triple transition » : nutritionnelle (consommation raisonnée, sobriété), agricole (transition agroécologique ambitieuse) et énergétique (moindre consommation d’énergie fossile et production d’énergie bio-sourcée). Le scénario proposé se veut à la fois ambitieux (les changements sont souvent assez radicaux), raisonnable (mobilisation de pratiques déjà existantes et maîtrisées, respect des besoins nutritionnels) et cohérent techniquement (relations production/consommation et végétal/animal).

Le scénario fonde l’essentiel de ses résultats chiffrés sur le modèle MoSUT, conçu et développé par Solagro pour la France, qui souhaite assurer cette cohérence physique (tonnages, surfaces, volumes, etc.) entre productions, usages et occupations du sol. La quantification s’opère sur la base de nombreuses hypothèses explicitées au fil du rapport.

Sur le volet « demande », le rapport propose pour 2050 une réduction de 25% de la consommation de protéines en général, et de moitié pour les protéines animales. La consommation de sucre baisserait d’environ 20%. Une baisse très forte est également proposée pour le lait, le calcium étant dès lors majoritairement fourni par d’autres sources, pour un total journalier inférieur aux recommandations du PNNS mais conforme à d’autres recommandations internationales. À l'inverse, les consommations de céréales et de fruits et légumes progresseraient. Les pertes et gaspillages évitables diminueraient de 60% et les pertes non évitables (os, épluchures, etc.) seraient mieux valorisées.

Des transformations toutes aussi nombreuses sont proposées pour le volet « production domestique ». Ainsi, le scénario Afterres envisage que 45% de la SAU soient convertis à l’agriculture biologique, 45% conduits en production intégrée et 10% en agriculture raisonnée en 2050. Globalement, les pratiques agroécologiques seraient favorisées : rotations plus longues et plus variées, couverture des sols, agroforesterie, infrastructures agroécologiques, etc. Pour les productions animales, la moitié des porcs et volailles passerait sous label en 2050 et un quart des ruminants serait « tout à l’herbe ». Les races mixtes progresseraient.

 

Évolution des parts respectives de différents modes de production, en France, entre 2010 et 2050Afterres2050.PNG

Source : Solagro, Afterres 2050

 

Au total, le scénario conduit à une production végétale en baisse de 12% (en tonnes) et une SAU en légère baisse (28 millions d'ha en 2050). Les productions de porc, d’œuf ou de lait seraient divisées par deux et celle de viande bovine par trois. Inversement, la valorisation énergétique de la biomasse (biogaz, biocarburants, bois énergie, etc.) serait multipliée par trois. La consommation d’énergie, comme les émissions de GES, seraient réduites de moitié. Le recours à l’azote de synthèse baisserait de 60% et le NODU serait divisé par trois. La qualité et la gestion quantitative de l’eau s’amélioraient également.

Si le scénario Afterres 2050 mise sur la cohérence technique et « physique » (flux et transformation de matières), il n’intègre toutefois pas les dimensions socio-économiques (prix, marchés, emplois) et il n’est pas décliné spatialement. Ces deux aspects essentiels seront approfondis dans de futurs exercices.

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

Source : Solagro 

 

29/01/2014

La Cour des comptes critique le manque de cohérence et les écueils des politiques climatiques européenne et française

Dans son rapport du 16 janvier dernier, la Cour des comptes française propose une évaluation critique de la politique climatique française et de son cadre européen. Autrement appelée « Paquet Climat Énergie » (PEC), elle est constituée d'un ensemble de directives et de règlements assortis d'objectifs globaux à l'horizon 2020 : -20% d'émissions de gaz à effet de serre (GES) (par rapport à 1990), 20% de la consommation d'électricité d'origine renouvelable, 20% d'économies d'énergies (par rapport à 2005). La mise en œuvre de ces ambitions passe par une série d'instruments, comme le marché communautaire d'échanges de quotas de GES, le soutien aux filières de production d'énergie renouvelable, etc.

La Cour des comptes critique l'hétérogénéité de cet ensemble, qui en plus de rendre son évaluation complexe, constitue une difficulté pour une mise en œuvre cohérente et un suivi efficace de la politique de lutte contre le changement climatique. Les auteurs prennent pour exemple la multiplicité des horizons, auxquels se réfèrent les différents engagements climatiques européens et nationaux (2012, 2020, 2050, etc.) et pointent surtout l'absence de mise en cohérence des différentes composantes du PEC, qui propose d'atteindre chacune de ses cibles de façon autonome, sans véritable articulation.

Avant d'examiner sa mise en œuvre en France, la Cour des comptes rappelle les particularités nationales en matière climatique. Avec une production électrique issue à 90% de sources non émettrices de CO2, l'économie française est l'une des moins carbonées d'Europe (1,8 fois moins que l'Allemagne par exemple). De ce fait, les secteurs des transports, de l'industrie et de l'agriculture occupent un poids relatif beaucoup plus élevé dans les émissions nationales que pour la plupart de nos voisins européens. L'agriculture représente par exemple 21% de nos émissions quand cette valeur est en moyenne de 9% en Europe.

Concernant les moyens mis en œuvre, la Cour fait d'abord le constat d'échec des instruments communautaires, à commencer par le marché carbone. Celui-ci a souffert d'un manque de flexibilité ayant empêché tout ajustement du nombre des quotas, alors que cela aurait été nécessaire dans une période de conjoncture économique défavorable. L'absence d'un prix significatif du carbone, qui en découle, a constitué un frein majeur à la décarbonisation de l'industrie.

Les auteurs critiquent en outre des dispositifs mal évalués en amont, comme celui du tarif de rachat de l'électricité photovoltaïque, alors que les montants en jeu sont importants : plus de 20 milliards d'euros de crédits publics sont engagés chaque année dans les investissements énergétiques. La Cour des comptes pointe également les mauvaises organisation et pilotage de la politique climatique, dont le caractère interministériel est insuffisamment affirmé.

Sur le plan des résultats, la Cour note des avancées positives : la France a réduit ses émissions de 13% depuis 2005 et dépassera donc largement son objectif de Kyoto. Mais cette baisse est essentiellement due à la diminution de l'activité industrielle en raison des conséquences de la crise économique. Ensuite, même si la trajectoire actuelle de réduction paraît compatible avec l'objectif de 2020, elle repose sur des hypothèses particulièrement volontaristes (en matière de rénovation de logements par exemple) et pourrait aussi être fragilisée par une reprise économique significative. Sur le plan des énergies renouvelables, l'objectif semble en revanche difficile à atteindre : il supposerait que l'accroissement de production annuelle soit six fois supérieur à celui que nous avons connu entre 2005 et 2011. Enfin, du côté des investissements, les efforts à consentir sont encore considérables : ils devront être accrus de plus de 30% chaque année dans les décennies à venir.

Finalement, la Cour des comptes trace quelques perspectives et souligne les défis à relever pour accomplir la transition énergétique. Dans le contexte actuel, deux bouleversements majeurs l'affectent d'ores et déjà : d'un côté la crise économique, de l'autre le fort développement des hydrocarbures non conventionnels qui a entrainé une « recarbonisation » presque partout en Europe. Cela est particulièrement vrai en Allemagne, où l'intermittence de la production d'énergie renouvelable a nécessité le développement de centrales back up, fonctionnant le plus souvent au charbon. La transition énergétique nécessitera donc d'abord des ruptures technologiques importantes, dont la première consistera en solutions de stockage des énergies renouvelables intermittentes. D'un point de vue économique, le choix entre les différentes sources d'énergies devra être appuyé par un calcul en coûts complets, « systémiques », prenant en compte l'ensemble des conséquences économiques induites par le fort développement d'une source d'énergie dans le mix final (pour assurer un approvisionnement électrique stable avec une forte part d'énergie renouvelable, il faut par exemple « surdimensionner » les installations pour compenser l'intermittence). Enfin, dans une économie peu carbonée comme celle de la France, la principale source de réduction d'émissions repose sur les économies d'énergies. Dans cette perspective, la Cour des comptes recommande de se fixer un objectif en termes d'empreinte carbone (plutôt que sur les seules émissions nationales) afin d'influer sur les comportements de consommation. Parmi les neufs recommandations que l'on peut trouver à la fin de son rapport, elle propose notamment de ne conserver que cet objectif unique et de lui subordonner l'ensemble des autres « cibles » (production d'énergie renouvelable, économies d'énergies).

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Source : Cour des comptes

17:40 Publié dans 4. Politiques publiques, Climat, Energie | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/01/2014

Bioénergies, agriculture et changement climatique

Le projet intitulé Agricultural Model Intercomparison and Improvement Project (AgMIP), coordonné par le Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK), vient de publier ses résultats dans une édition spéciale de la revue Agricultural Economics. AgMIP mobilise les savoirs de nombreux chercheurs à travers le monde (PIK, IFPRI, IIASA, etc.) autour de plusieurs modèles climatiques et agro-économiques. Cette approche permet de tester la robustesse des conclusions issues des simulations et de mieux cerner les incertitudes.

L'article sur la bioénergie dans les transports fait l’hypothèse d’une atteinte de l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°C. Il en regarde les implications pour le secteur énergétique, plus particulièrement pour la biomasse. Actuellement, le secteur des bioénergies, au niveau mondial, est dominé par la consommation de bois pour le chauffage et de biocarburants issus de la canne à sucre ou des huiles végétales. Dans les conclusions des auteurs, ce sont les énergies issues de résidus forestiers et agricoles, de déchets ou de cultures dédiées, qui verraient leur demande fortement augmenter d’ici 2050 (plus de deux fois la demande actuelle en bioénergies, dites de « première génération »). La comparaison de cinq modèles les amène aussi à dire que la politique ambitieuse d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre ne devrait pas impacter fortement le prix des matières premières agricoles.

Parmi les autres articles publiés, l'un vise à comprendre les répercussions du changement climatique sur la demande en terres agricoles. Elle passerait ainsi de 200 à 320 millions d'hectares avec une concentration en Amérique du Sud et en Afrique subsaharienne. Une autre étude porte sur les impacts du climat sur les rendements en 2050 : les effets seraient importants, avec une diminution entre 10 et 38 % pour cinq cultures majeures (riz, blé, maïs, soja, cacahuètes), et très disparates selon les régions.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PIK 

17:37 Publié dans Climat, Energie, Enseignement et recherche | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/12/2013

World Energy Outlook 2013 (WEO) : focus sur les biocarburants et le Brésil

Publié en novembre 2013, ce rapport actualisé chaque année présente des projections à l'horizon 2035 des tendances en termes de production, de demande et d'échanges dans le secteur de l'énergie. Les résultats présentés ci-dessous correspondent au scénario « Nouvelles politiques », qui est le scénario central du WEO reposant sur une approche tendancielle incluant les politiques publiques mises en place ou annoncées par les différents gouvernements.

Parmi les grandes conclusions de ce rapport, ressort le rôle stratégique à venir du Moyen-Orient pour répondre à la demande en pétrole brut à partir de 2020 ; un rôle masqué jusqu'à cet horizon par l'exploitation des sables bitumeux au Canada, des gaz de schistes aux États-Unis, la production de pétrole offshore extrait à grande profondeur et de gaz naturel liquéfié.

Concernant les biocarburants, la demande devrait tripler d'ici 2035, représentant alors 8% de la demande en carburants dans le secteur des transports. Les biocarburants avancés devraient être déployés sur les marchés après 2020 et représenter 20% de l'offre en biocarburants à l'horizon 2035. Quant aux subventions pour ce secteur, elles devraient se maintenir.

Le rôle du Brésil est aussi détaillé. Second producteur mondial de biocarburants, surtout d'éthanol à partir de canne à sucre, sa production devrait tripler d'ici 2035, répondant alors au tiers de sa demande intérieure en carburants dans le secteur routier. De plus, les exportations nettes brésiliennes représenteront près de 40 % du commerce mondial de biocarburants. Cette augmentation de la production soulève la question des surfaces mobilisables sans atteinte à l'environnement, suffisantes selon l'International Energy Agency.

brasil.png

Source : International Energy Agency

Le focus fait sur le Brésil souligne ses performances énergétiques, ainsi que sa production à venir via ses récentes découvertes en mer, qui vont le conduire à devenir un des exportateurs majeurs de pétrole. Le secteur énergétique brésilien restera un des moins intensifs en carbone grâce à une forte mobilisation des ressources renouvelables : hydroélectricité, éoliennes mais aussi l'électricité produite à partir de bioénergie. Le gaz naturel jouera aussi un rôle important.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : International Energy Agency


01/10/2013

Premier vol européen avec du biocarburant à base de sucre

Pour la première fois en Europe, un vol d'essai entre Toulouse et Le Bourget a été réalisé le 20 juin 2013 avec 10% de biocarburant issu de canne à sucre. Ce biocarburant, mis au point par Total et la start-up américaine Amyris, est élaboré à partir de la transformation du sucre en farnésène puis en farnésane. Total produit actuellement ce biocarburant à partir de canne à sucre brésilienne. Il espère une certification du farnésane en 2014, ce qui lui permettrait de développer ses capacités de production en Europe et plus particulièrement en France, à partir de betterave sucrière. Dans les années à venir, Total souhaite également élaborer des biokérosènes à partir des parties non comestibles des plantes.

Source : Total

16:14 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Biomasse/Biocarburants, Energie | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/09/2013

Inauguration d'une chaudière à biomasse couplée à la plus grande unité européenne de décorticage de tournesol

Le groupe Sofiprotéol a inauguré en Gironde un système qui, d'une part, décortique les coques de tournesol et, d'autre part, brûle ces coques pour produire de la chaleur. La séparation de l'amande des graines de tournesol de leur coque permet d'accroître la teneur en protéines des tourteaux de tournesol (de 29 à 36%) et de diminuer leur teneur en cellulose, non digestible pour le bétail (de 25 à 19%). Ces tourteaux peuvent se substituer aux tourteaux de soja importés dans les filières d'élevage du Sud-Ouest. La chaleur produite est réutilisée dans les différents ateliers de production, et permet d'éviter l’émission de près de 40 000 tonnes équivalent CO2 par an. Les cendres issues de la chaudière sont quant à elles valorisées sous forme d'amendement en agriculture. Ce projet, qui a nécessité un investissement de 32 millions d'euros, doit permettre la transformation de 650 000 tonnes de graines oléagineuses chaque année.

Source : Sofiprotéol

16:08 Publié dans Energie, Filières agricoles | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/09/2013

Émergence des biomatériaux dans les bâtiments publics

Si le bois reste privilégié parmi les matériaux bio-sourcés utilisés pour la construction de bâtiments publics, de nouveaux matériaux d'origine agricole (paille et chanvre notamment) prennent peu à peu leur place. Ces matériaux présentent en effet des qualités isolantes qui permettent aux bâtiments d'atteindre les exigences des normes « bâtiment basse consommation », voire « bâtiment à énergie positive ». La première école publique avec ossature bois et isolation en paille a été inaugurée à la rentrée 2013 à Issy-les-Moulineaux. Son coût a été d'environ 15% supérieur à celui d'un bâtiment classique mais un retour sur investissement est attendu sous 15 à 20 ans grâce aux économies d'énergie. Cette valorisation de la paille dans les bâtiments publics pourrait ainsi offrir de nouveaux débouchés agricoles. La région PACA est par exemple intéressée pour valoriser les pailles de riz et de lavande produites sur son territoire.

 Source : Localtis

16:05 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Biomasse/Biocarburants, Energie | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/05/2013

Coûts de production en élevage biologique

Après la parution, en juin 2012 des Résultats nationaux 2010 des exploitations bovins viande, publication annuelle de l'Institut de l'Elevage, les Réseaux d'élevage Pays-de-la-Loire et Deux-Sèvres viennent de publier une analyse détaillée des coûts de production en viande bovine en production biologique. Bilan : les éleveurs en agriculture biologique s'en sortent mieux, du fait d'une bonne valorisation du produit et d'aides supérieures, alors qu'ils supportent des coûts supérieurs.
En effet, les analyses montrent que le coût de production complet de la viande biologique, ramené au kilo produit (100 kg vif), est supérieur à celui de la viande en général. Bien que les postes de charges d'approvisionnement des surfaces, des animaux et les frais d'élevage soient moindre, les charges en mécanisation et en travail sont supérieures en production biologique (cliquer pour agrandir) : 

bio charges.JPG

Réseaux d'élevage, Institut de l'élevage, Chambres d'agriculture

 Au-delà de ce focus régional, les publications régulières de l'Institut de l'élevage quant aux résultats économiques bovins viande – et bovins lait – apportent des éclairages intéressants : les coûts sont distingués par systèmes de production, et il s'agit d'un coût de production complet, tenant compte de la main-d'œuvre familiale (forfait de 1,5 SMIC par UTA), souvent omise dans les calculs. En outre, la méthode utilisée pour affecter les charges fixes est robuste : comme les exploitations sont très rarement spécialisées sur un atelier, l'Institut de l'élevage a développé une méthode permettant d'affecter les coûts fixes des exploitations à leurs différents ateliers, à partir de clés physiques. Certaines méthodes font au contraire usage de clés économiques, en utilisant comme critère le poids relatif des différentes ventes de l'exploitation, ce qui a l'inconvénient d'être sensible aux variations de prix.

 Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 Sources : IDELE

http://idele.fr/recherche/publication/idelesolr/recommend...

http://idele.fr/linstitut-de-lelevage/publication/ideleso...

 

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01/05/2013

Agriculture et facteur 4 en 2050

L'ADEME a lancé plusieurs études prospectives sectorielles visant à identifier des trajectoires permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France d'un facteur 4 à l'horizon 2050. Le secteur agricole, considéré comme responsable de 21 % des émissions nationales, a fait l'objet d'une étude en partenariat avec les ministères de l'Agriculture et du Développement durable, et réalisée par le groupement Solagro, Oréade-Brèche et ISL.

Cette étude propose trois scénarios contrastés, en rupture avec les systèmes agricoles actuels. Les principaux leviers utilisés dans ces scénarios pour réduire les émissions de GES sont les suivants : limitation du gaspillage alimentaire, évolution des régimes alimentaires, réduction de la dépendance énergétique de l'agriculture, développement d'énergies renouvelables et adaptation des pratiques agricoles. Le scénario alpha « intensification écologique » est surtout marqué par une rupture dans les modes de production, avec une généralisation de la production intégrée. Le scénario bêta « alimentation, autonomie et sobriété » repose sur une profonde évolution des régimes alimentaires et sur un fort développement de l'agriculture biologique et sous signe de qualité. Le scénario gamma « alimentation, efficacité et stockage » combine des modifications profondes des régimes alimentaires et des modes de production, ainsi qu'un accroissement du stockage de carbone.

Les émissions de GES associées à chaque scénario ont ensuite été modélisées : il ressort des résultats qu'aucun scénario ne permet d'atteindre le facteur 4. Néanmoins, les trois scénarios permettent de diviser les émissions par 1,7 (pour alpha) à 3,2 (pour gamma), ce qui est compatible avec la feuille de route européenne où l'objectif pour le secteur agricole est un facteur 2. Les auteurs de l'étude soulignent quatre principaux leviers d'action pour atteindre ces résultats : les changements de pratiques agricoles, les modifications de régime alimentaire, la diminution des exportations de produits agricoles (notamment blé et poudre de lait) et la réaffectation des terres ainsi libérées à la production d'énergies renouvelables. Ils précisent que cette transition environnementale nécessitera un important appui des pouvoirs publics, à la fois pour accompagner les changements auprès des agriculteurs et des consommateurs, et pour développer la filière biomasse-énergie en France.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : ADEME

Voir aussi sur ce blog : http://veilleagri.hautetfort.com/archive/2012/11/28/visions-energetiques-2030-2050.html#more

http://veilleagri.hautetfort.com/archive/2013/01/17/analyse-retrospective-et-prospective-de-la-dependance-econom.html

14:38 Publié dans Agronomie, Alimentation et consommation, Energie | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2013

Analyse rétrospective et prospective de la dépendance économique de l'agriculture à l'énergie

L'Ademe a publié fin 2012 une étude visant à estimer la dépendance économique du secteur agricole à l'énergie (1990-2020), et en particulier l'importance de l'énergie dans la préservation de la rentabilité économique des exploitations. Les auteurs ont cherché à déterminer à la fois la part des dépenses de fonctionnement liée à l'énergie et la production d'énergie renouvelable pouvant contribuer à réduire la dépendance énergétique.

Les auteurs estiment que « le montant total des charges liées à l'énergie, directe et indirecte, s'élève à 12 300 €/exploitation en moyenne » en 2009. En 2010, l'énergie représentait en moyenne 13% des charges variables de la « ferme France », avec une variabilité importante entre exploitations et entre productions. Les auteurs distinguent d'un côté les exploitations d'horticulture et maraîchage, polyculture et granivores, avec une faible part des consommations d'énergie mais une forte dépendance à l'énergie, et de l'autre les exploitations de grandes cultures, polyculture élevage, bovins et bovins lait, avec une consommation et une dépendance énergétiques élevées.

L'Ademe a également tenté d'évaluer la potentielle réduction de la dépendance grâce à une production d'énergies renouvelables autoconsommées sur les exploitations agricoles. Avec une hypothèse de production globale d'énergie renouvelable de 52 TWh à l'horizon 2020 (contre 27 TWh en 2010), et en se basant sur les prix de vente du kWh de début 2012, la production d'énergies renouvelables du secteur agricole pourrait représenter un équivalent de revenu d'environ 5 milliards d'euros. Cette production pourrait contribuer à réduire la vulnérabilité énergétique des exploitations (méthanisation autonome à la ferme, panneaux photovoltaïques, biomasse pour le chauffage de serres, etc.).

 Malgré les incertitudes liées aux hypothèses réalisées, les auteurs concluent que « cette évaluation démontre le potentiel de contribution important d’un secteur qui ne représente que 2% à 3% de la facture énergétique nationale ».

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source : ADEME 

 

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04/11/2012

Visions énergétiques 2030-2050

Dans le cadre du débat sur la transition énergétique, l'ADEME a publié sa Contribution à l’élaboration de visions énergétiques 2030-2050. Il s'agit de scénarios normatifs axés sur le levier de la consommation, le premier palier, à l’horizon 2030, étant basé sur des hypothèses d’actions volontaristes, tandis que le deuxième palier, à l’horizon 2050, a pour objectif d'atteindre le facteur 4 (division par 4 des émissions).

En ce qui concerne l'agriculture, l'ADEME mise notamment sur la baisse de consommation énergétique et d'engrais, ainsi que des progrès en matière d'autonomie protéique.

À l'horizon 2050, le régime alimentaire évolue vers un rééquilibrage entre protéines animales et protéines végétales, et une baisse de la consommation de laitages.

Les principaux déterminants du scénario sont les suivants :

  • une réduction significative de la consommation d’engrais minéraux azotés (-37%) par raisonnement des pratiques, allongement des rotations et développement des surfaces de légumineuses ;

  • une simplification du travail du sol (gains de carburant, préservation de la qualité des sols) ;

  • une nette réduction des consommations d’énergie pour le chauffage des bâtiments et des serres ;

  • une orientation des élevages bovins vers des systèmes herbagers favorisant le maintien des prairies permanentes et le stockage de carbone ;

  • un objectif d’autonomie protéique de 75% pour l’alimentation animale ;

  • une augmentation massive de la méthanisation (50% des déjections méthanisées) ;

  • un développement des cultures associées (gain en biodiversité, réduction des intrants) ;

  • la systématisation des cultures intermédiaires pour préserver la qualité des sols ;

  • 30% de la surface agricole utile convertis au bio en 2050 ;

  • un développement important des surfaces de haies et de l’agroforesterie (+ 1,7 Mha par rapport à 2010).

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : ADEME

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05/04/2012

Prospective de l'agriculture en Bourgogne

Le Programme pour et sur le développement régional (PSDR), financé par l'INRA et le Conseil régional de Bourgogne, a engagé une réflexion prospective sur l’agriculture et les espaces ruraux dans le développement régional bourguignon. Trois scénarios contrastés à 2030 ont été élaborés, qui ont pris comme cadre d'ensemble trois des scénarios réalisés par le Centre d'études et de prospective dans l'exercice Agriculture Energie 2030.

 (cliquer pour agrandir)

Bourgogne prospective2030.jpg


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15:33 Publié dans 1. Prospective, Agronomie, Energie, Territoires | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook