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15/03/2021

Apicultures : des mondes en recomposition

Études rurales consacre un numéro aux transformations de l’apiculture dans les dernières décennies. La polarité amateur/professionnel est prise en compte, ainsi que celle opposant « maîtrise » (technique, génétique, sanitaire) et « laisser-faire » (approches « naturelles » où l’apiculteur intervient « le moins possible »). Les articles couvrent « un riche nuancier de pratiques » et plusieurs pays (France, Maroc, Chine).

Comme le rappelle l’introduction, le monde apicole français, profondément divisé, s’est structuré en marge du mouvement de professionnalisation de l'agriculture, dans le cadre de sociétés savantes et de syndicats, majoritairement constitués d'amateurs. M. Aureille montre comment, à partir des années 1990 et de la mise en évidence d’une mortalité massive des abeilles, l’apiculture fait l’objet d’un surcroît de régulation : projets de recherche pour mieux cerner les risques liés aux pesticides, mise en place d’instruments calqués sur le développement agricole. Elle connaît aussi un certain engouement, avec en particulier une multiplication des ruchers en milieu urbain. Une étude de cas sur l’Île-de-France (A. Fortier, P. Alphandéry, C. Agnès) souligne l’apparition d’une « apiculture de services » (installation et entretien de ruches), en direction notamment des grandes entreprises soucieuses de communiquer sur leur image.

La question du choix des emplacements des ruches est un fil directeur du numéro, entre autres avec l'article de L. Dupré sur la localisation et l'élaboration du « circuit des ruches » en Bourgogne - Franche-Comté, et celui de R. Mugnier sur le service de pollinisation proposé aux cultivateurs. Ces contributions décrivent les négociations, avec les propriétaires de terrains et le voisinage, pour les installer en tel ou tel lieu. Elles soulignent aussi l’ambivalence d’apiculteurs tiraillés entre « désir de professionnalisation » et besoin de reconnaissance par les pairs, et distance critique par rapport à l’usage des pesticides. Enfin, C. Grillot livre une analyse très fine de la transhumance apicole en Chine, menée depuis les années 1990 à une échelle inédite, bien au-delà des régions d'origine des apiculteurs, pour profiter au maximum du gradient climatique, des saisons et des floraisons à travers le pays. Elle décrit la « course au temps » dans un contexte de « libéralisme exalté », la recherche de productivité, et aborde la question controversée de la qualité du miel chinois.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Études rurales

07/12/2020

Effets du « management » sur le travail dans une firme agricole française

Les exigences croissantes de la grande distribution, en matière de normalisation et de certification, et la mise en place du management en flux tendus, peuvent se traduire par une pression accrue sur les salariés agricoles. Cet article de L. Mazenc (ENSAT), mis en ligne en novembre 2020, analyse les évolutions de l’organisation du travail dans une entreprise commercialisant des melons. Il met en évidence des résistances individuelles ou collectives, « pour soi » ou « pour les autres », qui peuvent freiner la production ou, au contraire, l’accélérer.

Source : Études rurales

13/11/2020

Quels impacts de la Covid-19 sur les chaînes de valeur agricoles et alimentaires aux États-Unis ?

La revue Choices a récemment publié un dossier dédié aux impacts de la pandémie sur les chaînes de valeur agricoles et alimentaires aux États-Unis, avec un focus sur le marché du travail. Les auteurs ont identifié trois domaines principaux de fragilité face à la Covid-19 : la main-d’œuvre, à tous les maillons de la chaîne (production, transformation, commercialisation) ; la logistique ; les modes de consommation (voir infographie ci-dessous). Les réponses politiques, locales ou fédérales, sont également abordées, comme l'assouplissement du système de visa H-2A pour les saisonniers agricoles, ou les adaptations successives des réglementations sur la sécurité des camionneurs.

Perturbations générées par la pandémie de Covid-19 à différents stades des chaînes de valeur agricoles et alimentaires

chaine de valeur agri agro.jpg

Source : Choices

L'un des articles analyse l'évolution relative du taux de chômage dans les différents secteurs de l'économie, entre février et août 2020. Si l'agriculture, dans son ensemble, a subi une baisse limitée par rapport à la tendance de long terme, les conséquences sont plus contrastées selon les sous-secteurs, les services et la transformation alimentaires étant les plus affectés.

Les services, qui comprennent la restauration, ont été frappés par la chute brutale de la demande : confinement des consommateurs, report des événements sportifs ou culturels, arrêt des activités en lien avec le tourisme (transport aérien, hébergement hôtelier, croisières, etc.). Dans le secteur de la transformation, le taux de chômage a quasiment doublé entre février et mai, principalement en raison de fermetures temporaires liées à la diffusion active du virus au sein des usines. Les conditions de travail sur les chaînes de production, en atmosphère confinée, froide et humide, ainsi que la promiscuité imposée, ont fait de ce secteur aux États-Unis l'un des plus touchés par le virus, derrière celui de la santé.

Enfin, la pandémie a révélé la fragilité de la chaîne logistique alimentaire. La redirection des flux du secteur de la restauration vers la distribution s'est faite avec difficulté, conduisant à la fois à des surplus vendus à prix cassés et à des pénuries, en dépit de la flexibilité du transport routier qui s'est adapté à une demande et une réglementation fluctuantes.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Choices

11/11/2020

International Labour Migration to Europe’s Rural Regions, Johan Fredrik Rye, Karen O'Reilly (ed.)

migrations,travail,sociétes rurales

Dans le cadre d'un projet financé par le Conseil de la recherche norvégien sur la main-d’œuvre mondiale dans les sociétés rurales, des chercheurs ont publié un ouvrage intitulé International Labour Migration to Europe’s Rural Regions, qui rassemble les contributions de 25 auteurs de disciplines variées des sciences sociales. Les 14 chapitres s'appuient sur de nombreuses études de terrain, pour explorer le thème de la migration et du travail dans les milieux ruraux d'Europe, et en présenter une image dynamique. Ils sont organisés en deux parties, la première sur la dépendance accrue des activités économiques au travail des migrants, la deuxième consacrée au point de vue des autres acteurs. Les études de cas présentées traitent de divers domaines agricoles et agroalimentaires : horticulture, cueillette de baies, pastoralisme, industrie de la pêche, etc. Ils décrivent notamment les conditions de vie des travailleurs migrants et leurs difficultés à les faire évoluer, mais aussi leur marginalisation et leur invisibilité qui tendent à rigidifier les possibilités d'évolution des sociétés rurales.

Lien : Taylor & Francis

 

16:41 Publié dans Exploitations agricoles, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : migrations, travail, sociétes rurales |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2020

Dans l'UE, la continuité des activités liées à l'alimentation repose en particulier sur les travailleurs extra-nationaux

C'est l'une des conclusions d'une étude récemment publiée par le Centre commun de recherche (Joint Research Centre) de la Commission européenne, sur la contribution des travailleurs détachés ou extra-européens aux activités « essentielles » durant la pandémie. Les chercheurs se sont appuyés sur la définition qu’en donne la Commission dans le contexte de l'épidémie et sur les résultats de la dernière enquête européenne (2018) sur les actifs. Ils ont analysé la composition de la force de travail au regard de l'origine de ces « travailleurs clés ». Par leur contribution à la sécurité alimentaire, les travailleurs agricoles (12 % des « travailleurs clés »), de la transformation et du commerce (2 %), ainsi que les pêcheurs et chasseurs professionnels (0,2 %) sont classés dans cette catégorie.

Si la part des travailleurs extra-nationaux dans l’agriculture et la pêche reste faible (moins de 10 %), elle approche 20 % dans l'agroalimentaire et le commerce, avec des variations importantes selon les pays. De ce fait, les auteurs concluent à la dépendance de ces secteurs clés vis-à-vis de la main-d’œuvre extra-nationale, notamment pour les emplois les moins qualifiés.

Proportion de travailleurs extra-nationaux selon les secteurs et l'origine nationale

Travailleurs.jpg

Source : Joint Research Centre

Source : Joint Research Centre

05/06/2020

L'inspection du travail agricole : vie et mort d'une institution d'exception

Dans l'ouvrage récent La règle et le rapporteur, J.-N. Jouzel (IEP de Paris) et G. Prete (INRAE) livrent un chapitre sur l'histoire du corps d'inspection du travail agricole, depuis sa genèse, tardive, à la fin des années 1930, jusqu'à sa disparition, en 2009, par fusion au sein du régime général. Ils se basent sur des entretiens auprès d'anciens fonctionnaires et sur des archives privées et syndicales. Justifiée à l'origine par le caractère « exceptionnel » du droit des relations professionnelles agricoles, cette inspection propre au secteur était placée sous la tutelle du ministère de l'Agriculture. Son existence a été remise en cause dès les années 1970, à mesure que la nature des contrôles s'alignait sur le régime général, que les tensions entre autonomie hiérarchique et dépendance fonctionnelle (aux services déconcentrés du ministère ou aux caisses de la Mutualité sociale agricole) s'aiguisaient, et que s'affirmait une préoccupation transversale de rationalisation de la fonction publique.

Source : Presses des mines

10:57 Publié dans 4. Politiques publiques, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : travail, inspection |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/05/2020

Les métiers de l'agriculture et de l'alimentation « sur le front du Covid-19 »

France Stratégie a publié récemment une analyse de la vulnérabilité des métiers face à la pandémie, dans laquelle les métiers liés à l'agriculture et aux industries agroalimentaires sont majoritairement classés comme étant « sur le front du Covid-19 ». Les auteurs ont croisé des données issues notamment de la comptabilité nationale et des enquêtes Emploi et Conditions de travail de l'Insee. Ils ont alors défini trois indicateurs de vulnérabilité des travailleurs : économique, de conditions de vie et de conditions de travail. Ils ont ensuite croisé les scores obtenus pour chaque métier, défini d'après les familles professionnelles de la Dares (ministère du Travail), et en analysant l'évolution au regard de la crise actuelle, ils ont identifié cinq grandes catégories de métiers.

Cinq catégories de métiers déterminées en fonction de leurs vulnérabilités

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Source : France Stratégie

Lecture : pour chaque groupe de métiers, le rapport entre le rayon du disque de couleur et celui du cercle noir correspond au rapport entre son score pour la variable considérée et la valeur moyenne de la variable pour l'ensemble de la population en emploi. Par exemple, le salaire médian des cadres « hyperconnectés » est égal à 1,7 fois le salaire médian de la population en emploi.

Les agriculteurs, les maraîchers et certains métiers de bouche (boulangers, bouchers, etc.) sont très sollicités pour répondre aux besoins de première nécessité. S'ils sont moins au contact du public (à l'exception des commerces alimentaires de détail), ils sont vulnérables économiquement (revenus moyens inférieurs au revenu médian). En outre, la difficulté à recourir à de la main-d’œuvre saisonnière, en raison de la crise, accroît la pénibilité du travail à réaliser (volume, contraintes physiques), souvent dans des temps limités.

Les marins, pêcheurs et aquaculteurs, les ouvriers des industries agroalimentaire et du bois, « vulnérables de toujours », voient leur situation s'aggraver dans le contexte actuel. Leur vulnérabilité économique se double d'une vulnérabilité physique (horaires atypiques, rythmes de travail intenses, angoisse de perdre son emploi) et sociale (fort taux de familles monoparentales parmi les métiers les plus féminisés sur les chaînes de production, conditions de vie plus difficiles que la moyenne).

Enfin, les métiers de la restauration, en particulier les cuisiniers, sont durement touchés actuellement (« métiers nouvellement vulnérables »), alors qu'ils avaient été relativement préservés lors de la crise financière de 2008. Ces métiers risquent de pâtir de la crise même après la fin du confinement, sachant que, par ailleurs, ils sont également plus exposés que la moyenne aux risques physiques.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : France Stratégie

11:02 Publié dans Travail et emploi | Lien permanent | Tags : covid-19, france stratégie, travail, emplois, vulnérabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/02/2020

Le rôle des intermédiaires du marché du travail dans la restructuration des chaînes agroalimentaires latino-américaines

Publié fin 2019, un article de la Revista Latinoamericana de Estudios Rurales traite de la revitalisation des formes d'intermédiation du marché du travail, dans le contexte de libéralisation des relations de production agricole et agroalimentaire en Amérique latine. L'auteur analyse les études disponibles sur diverses filières (vigne, canne à sucre, maraîchage, yerba mate, laine de mouton, etc.), menées en Argentine, au Brésil, au Mexique et en Uruguay. Il s'intéresse à différents « intermédiaires » (dénommés, selon les pays, enganchadores, cuadrilleros, capataces, contratistas, etc.), et étudie leurs rôles, tant dans leurs relations avec les entreprises demandeuses de main-d’œuvre qu'avec les travailleurs eux-mêmes. Il en conclut qu'ils constituent un maillon essentiel dans le développement du capitalisme en milieu rural qui gagne ainsi en productivité et compétitivité, grâce à la réduction des coûts et des risques, et à l'externalisation de la gestion de la force de travail et des conflits.

Source : Revista Latinoamericana de Estudios Rurales

16/12/2019

Quel recours au travail des enfants dans les chaînes d'approvisionnement mondiales ?

Publié en novembre 2019 conjointement par l'Organisation internationale du travail (OIT), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), un rapport fournit des estimations sur le recours au travail des enfants et au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, alimentaires notamment. Pour cela, les auteurs utilisent des données de l'OCDE (tableaux internationaux d'entrées-sorties), décrivant les relations entre secteurs producteurs et consommateurs de chaque pays et permettant d'isoler l'impact direct ou indirect d'un secteur spécifique sur l'ensemble de l'économie. Ils les combinent avec 65 ensembles de données probabilistes nationales sur le travail des enfants. Une analyse complémentaire a également estimé le recours au travail forcé, mais les données sont plus limitées et les résultats moins robustes.

Les auteurs montrent qu'il existe un risque non négligeable de travail des enfants dans la production liée aux chaînes d'approvisionnement mondiales, même si celui-ci est nettement plus répandu dans celle destinée à l'économie nationale. Ainsi, ils estiment que 26 % du travail des enfants en Asie orientale et du Sud-Est contribuent aux exportations vers d’autres régions (voir figure ci-dessous), contre 9 % en Asie occidentale et en Afrique septentrionale.

Estimations du travail des enfants et de la valeur ajoutée pour les biens et services exportés et la demande intérieure, par région (2015)

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Source : OIT, OCDE, OIM, Unicef

L’analyse empirique fournit également des indications sur les maillons des chaînes d’approvisionnement concentrant le travail des enfants : selon les régions, entre 28 % et 43 % de ce travail contribuent indirectement aux exportations, par l’intermédiaire des secteurs amont (comme l’extraction de matières premières ou l’agriculture). De ce fait, les secteurs agricoles et alimentaires font partie de ceux présentant le risque le plus élevé de travail des enfants dans leur chaîne d'approvisionnement, et ce pour toutes les régions étudiées (voir tableau ci-dessous). En Amérique latine par exemple, 7 % du travail des enfants contribuant à la production alimentaire se font dans le dernier maillon de la chaîne, contre 93 % dans les secteurs en amont (dont 80 % dans le secteur agricole).

Cinq principaux secteurs d’exportation présentant un risque de travail des enfants dans leur chaîne d’approvisionnement, contributions directes et indirectes, par région (2015)

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Source : OIT, OCDE, OIM, Unicef

Lecture : les contributions directes proviennent du stade final de la production tandis que les contributions indirectes proviennent des intrants en amont de la chaîne d’approvisionnement.

Enfin, les auteurs identifient trois grandes catégories de facteurs de risques : i) lacunes dans la législation, l'application de la loi et l'accès à la justice, ii) pressions socio-économiques auxquelles sont confrontés les individus et iii) conduite des entreprises. Ils proposent un ensemble de recommandations pour les acteurs publics et privés.

Estelle Midler, Centre d'études et de prospective

Source : OIT

09/10/2019

Étude sociologique des pratiques apicoles

Sur la base de 37 entretiens réalisés avec des apiculteurs amateurs, professionnels ou double-actifs, des chercheurs de l'Inra caractérisent les formes d’engagement communes à cette activité, au-delà de la diversité des profils, des trajectoires et des projets d’exploitation. Leur article, paru dans Développement durable & territoires, met en lumière les enjeux de renouvellement du cheptel, examinant successivement la cueillette d’essaims sauvages pratiquée par les amateurs, l’essaimage artificiel permettant d’exercer une certaine sélection et l’élevage et l’achat de reines. Enfin, il débouche sur une réflexion sur l’autonomie dans le travail des apiculteurs. Celle-ci ne consiste pas seulement à mettre à distance le marché ou les contraintes du monde du travail (dans le cas des doubles-actifs et des deuxièmes carrières). Elle renvoie aussi à l'épanouissement dans l'action et à une certaine liberté créatrice.

Source : Développement durable & territoires

11:18 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : apiculture, travail |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/09/2019

Un cadre conceptuel d'analyse de l'impact de la robotisation sur l'emploi et le travail agricoles

Déterminer les conséquences de la robotisation sur les emplois et les métiers en agriculture nécessite un cadre d'analyse spécifique, différent de celui utilisé pour l'industrie ou les services. Alors que l'avancée de la robotique vise des tâches plus qualifiées qu'auparavant, l'impact de l'introduction de ces technologies dans les exploitations reste difficile à évaluer.

C'est pourquoi une équipe européenne de chercheurs a travaillé à l'élaboration d'un cadre conceptuel spécifique, en abordant méthodiquement chacun des aspects induits par cette introduction : particularité de l'agriculture au regard des tâches automatisables, arbitrage entre coût du travail et coût de l'automatisation, degré de substitution ou de complémentarité entre robots et humains, adéquation de l'automatisation en fonction du type de tâche, du degré de routine et des contenus cognitifs, différenciation selon le niveau de développement économique du pays.

Impacts de l'automatisation sur les types d'emplois en agriculture

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Source : Biosystems Engineering

Pour chaque axe étudié, les auteurs ont établi les conditions, contraintes et relations entre travail et technologie, proposant un cadre procédural pour des évaluations quantitatives des emplois touchés (en nombre et en qualité) par l'adoption de l'automatisation en agriculture.

Source : Biosystems Engineering

16:01 Publié dans Agriculteurs, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : automatisation, robotisation, emploi, travail |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/07/2019

Les zones grises des relations de travail et d'emploi, Marie-Christine Bureau, Antonella Corsani, Olivier Giraud, Frédéric Rey (dirs.)

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Alors que l'emploi et le travail connaissent d'importants changements, notamment dans le sillage de la digitalisation de l'économie, ce dictionnaire fait un état des lieux des connaissances sociologiques sur les mutations à l’œuvre et les problématiques qu'elles soulèvent. Bien que de portée générale, il comporte de nombreuses références directes à l'agriculture, à la fois en tant que secteur emblématique de certaines situations d'emploi et structurant dans l'histoire du travail, de par son poids dans l'économie jusqu'à la moitié du XXe siècle.

Une entrée thématique est par exemple consacrée aux saisonniers agricoles. Par ses spécificités, le CDD saisonnier, majoritairement utilisé en agriculture, institutionnalise la discontinuité dans la relation d'emploi, tout en autorisant une certaine régularité. Ainsi, certains saisonniers travaillent pour un même employeur, d'année en année. Leurs conditions de vie précaires, doublées d'une faible visibilité sociale et politique, ralentissent leur accès aux droits sociaux. S'adressant à des publics peu qualifiés ou fragilisés, ces types d'emplois favorisent, selon les auteurs, la mise à distance d'un travail qui, autrement, pourrait devenir insoutenable.

Le travailleur agricole, indépendant ou salarié, est également replacé, par divers articles, dans un contexte d'évolutions plus larges : pluriactivité, travail des femmes dans les entreprises familiales, travail indépendant et relation de subordination, contours de la catégorie de travailleur indépendant, etc. Même lorsque l'agriculture n'est abordée que de façon incidente, l'analyse éclaire les dynamiques à l’œuvre dans ce secteur, comme l'illustre l'article sur les « travailleurs indépendants économiquement dépendants » (TIED). Sans être récentes, ces relations d'emplois hybrides, entre salariat et indépendance, sont observées avec plus d'attention depuis les années 2000 (OIT, Commission européenne). Elles interrogent les catégories statistiques, mettent à l'épreuve les juristes et ont débouché, dans certains pays (Allemagne, Espagne, etc.), sur la création d'une nouvelle catégorie de travailleurs, dotée d'un statut spécifique visant à mieux les protéger. En France, une récente publication de l'Insee montre ainsi que le secteur agricole présente la plus forte proportion de TIED : plus de 40 % des agriculteurs se disent fortement dépendants d'un fournisseur ou d'un client, voire, plus rarement, d'un intermédiaire. Plus largement, ces dépendances se traduisent par des contraintes organisationnelles fortes.

Relations de dépendance selon le secteur d'activité

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Source : Insee

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Lien : Editorial Teseo

13:44 Publié dans Agriculteurs, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : dictionnaire, emploi, travail, saisonniers, travailleur agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/02/2019

Quels territoires d'activité pour les professionnels suisses du contrôle sanitaire des aliments ?

Cet article paru dans la revue SociologieS analyse la configuration et l'organisation territoriale du contrôle sanitaire des aliments en Suisse, entre administrations cantonales et fédérales : Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), Unité fédérale pour la chaîne alimentaire (UCAL), Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Les chercheurs ont procédé à une enquête, financée par le Fonds national suisse, auprès de 60 fonctionnaires de la sécurité sanitaire alimentaire (vétérinaires, ingénieurs chimistes, ingénieurs en denrées alimentaires, techniciens en chimie), dans quatre cantons. Trois de ces cantons ont fusionné les services vétérinaires et ceux de contrôle des denrées, et les travaux portent sur les implications de ces réorganisations pour les agents, en particulier sous l'angle des carrières et des territoires professionnels.

Selon les auteurs, ce type de rapprochement, adopté dans divers pays de l'Union européenne, dont la France, vise à rendre le contrôle de la chaîne alimentaire plus efficace, mais peut cependant engendrer des conflits de territoires d'activité chez les agents concernés, ainsi que l'ont montré les travaux du sociologue Andrew Abbott sur les rapports entre groupes professionnels. Un groupe professionnel peut en profiter pour élargir son monopole et s'approprier de nouvelles gouvernances, imposer ses modes de travail ou encore déléguer les tâches moins valorisantes.

L'enquête porte notamment sur la conciliation de la synergie des corps de contrôle avec la sauvegarde de leurs identité et territoires professionnels. Elle révèle que les restructurations organisationnelles ont contribué à réactiver des processus d'identification professionnelle. Sur le plan pratique, les autorités hiérarchiques peuvent soit prévoir des inspections conjointes par deux agents, afin de respecter la dualité des professions, soit rationaliser les actes en confiant la tâche à un seul agent : les agents sont alors amenés à modifier leur logique professionnelle. Ainsi, des vétérinaires ayant eu l'expérience de l'exercice pratique individuel mettent en avant, dans leur nouvelle fonction, l'approche de santé publique collective, sur le principe « One Health ». Cette analyse permet de croiser la reconfiguration des territoires d'activité avec celle des carrières.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : SociologieS

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08/02/2019

Marchés du travail favorables à l'évolution de l'agronégoce d'exportation de raisin : analyse comparative du Brésil et du Chili

Dans son dernier numéro, la Revista Latinoamericana de Estudios Rurales consacre un article aux dynamiques des migrations et des marchés du travail liées à l'agronégoce d'exportation de raisin, au Brésil et au Chili. L'étude s'appuie sur des entretiens effectués entre 2014 et 2018, ainsi que sur l'analyse de données de statistique publique. Selon les auteurs, les deux pays tendent vers un marché du travail plus flexible qui assure à l'agronégoce une large main-d’œuvre disponible, en particulier grâce à différents types de migrations : permanentes, saisonnières, locales, nationales, étrangères. Cette dynamique s'accompagne d'une différenciation de genre quant à la précarité des emplois, au détriment des femmes. Pour les auteurs, ces tendances s'inscrivent dans des processus historiques de développement de l'agronégoce similaires dans les deux pays.

Source : Revista Latinoamericana de Estudios Rurales

12:54 Publié dans Développement, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : brésil, chili, raisin, agronégoce, migrations, travail |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/06/2018

Le coût des prix bas : travailler dans le hard discount alimentaire

Un article de Cyrine Gardes (sociologue, Ehess), publié dans la Nouvelle revue du travail, rend compte d'une enquête de 8 semaines dans un magasin de hard discount alimentaire de la banlieue parisienne. La recherche d'une meilleure productivité du travail guide toute l'organisation, donnant lieu à « une redéfinition complète des métiers et de leurs cadences » : les postes d'encadrement et de maîtrise, de caissier, de manutentionnaire ou d'agent de nettoyage, tendent à « fusionner » pour éviter les temps morts. Par ailleurs, le brouillage des frontières hiérarchiques est mis en avant par les employeurs pour vanter un modèle social plus ouvert. Ce discours reflète en partie la réalité : le low cost alimentaire permet à certains d'accéder à des CDI, ou de reprendre des études. Mais, du fait des temps partiels, d'autres s'installent dans « une nouvelle situation défavorable, caractérisée par un revenu stable, mais particulièrement faible ».

Source : Nouvelle revue du travail

09:43 Publié dans Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : hard discount, travail |  Imprimer | | | | |  Facebook