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04/05/2020

La régénération naturelle gagne du terrain pour la restauration des couverts végétaux

En s’appuyant sur l'histoire d'un missionnaire australien impliqué dans la plantation d'arbres au Sahel, depuis le début des années 1980, un article de la revue PNAS revient sur les progrès de la « régénération naturelle gérée par les agriculteurs » (farmer-managed natural regeneration). Cette méthode vise à favoriser la germination des graines d'espèces endémiques, naturellement contenues dans les sols et les déjections animales, puis à prendre soin des arbres afin de favoriser leur croissance, notamment dans des conditions climatiques difficiles. L'article présente les avantages de ces pratiques : moindre coût, meilleure résistance des couverts végétaux sur le long terme, amélioration de la productivité agricole et des revenus des agriculteurs, etc. Il en vante également les résultats, par opposition aux coûteuses campagnes de plantations d'arbres, sur lesquelles les programmes de développement se sont pourtant massivement appuyés jusqu'à aujourd'hui. Selon l'auteur, les principes de cette régénération naturelle s'imposent progressivement au sein des organisations internationales et des banques de développement.

Source : PNAS

09:19 Publié dans Agriculteurs, Agronomie, Développement, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : régénération naturelle, sahel, arbres |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/04/2020

Agriculture 4.0 et outils d'aide à la décision

Computers and Electronics in Agriculture publie une revue de littérature sur les outils d'aide à la décision (OAD) en agriculture et agroalimentaire. Réalisée par des chercheurs de l'Universidad Politécnica de Madrid, elle confronte les descriptions disponibles dans les documents techniques aux prérequis essentiels d'une « agriculture 4.0 », à savoir les gains de productivité, l'utilisation raisonnable des intrants et ressources (eau, phosphore et pesticides), l'adaptation au changement climatique et la limitation du gaspillage alimentaire.

L'article présente en premier lieu quelques exemples de suites d'outils disponibles dans le commerce. Ainsi, IBM et The Weather compagny proposent un service, la Watson Decision Platform, qui collecte et analyse des données hétérogènes : images des parcelles, conditions météorologiques, état des sols, suivi des équipements, programmation des traitements et même évolution des marchés. Ce type de solution intégrée dessine un futur possible pour l'agriculture de précision, mais reste encore largement à évaluer. Les auteurs retiennent donc 13 projets pour lesquels existe une documentation transparente (architecture et contraintes, inputs, modèles et algorithmes utilisés, outputs).

Quatre OAD concernent la planification des chantiers et notamment la circulation dans ou au-dessus des parcelles (drones) ; six autres les décisions liées à l'irrigation et l'adaptation au changement climatique ; enfin, trois sont tournés vers l'optimisation des chaînes logistiques, notamment pour les livraisons. Une cotation de chaque outil, de 1 à 3 étoiles, permet aux auteurs de lister les défis à relever en matière de conception, en établissant un score pour 8 aspects. La scalabilité (capacité à évoluer vers un nombre croissant de missions), l'interopérabilité avec d'autres systèmes, les dimensions liées à la prévision, obtiennent de bons scores. En revanche, d'autres points sont encore à améliorer. Ainsi, la prise en compte dynamique des aléas, la capacité à ajuster les plans en cas d'erreurs ou d'accidents, et même l'accessibilité et l'expérience utilisateur (ex. : interfaces graphiques), paraissent pour le moment négligées, de même que le calibrage à partir de dires d'experts et l'exploitation des séries de données passées.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Computers and Electronics in Agriculture

19:06 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Agriculteurs | Lien permanent | Tags : agriculture 4.0, oad |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/04/2020

Élevage et urbanité dans le monde, des enjeux différenciés

L'agriculture urbaine est souvent rapportée à sa seule dimension végétale, la question de l'élevage restant peu traitée dans le débat scientifique actuel. Pourtant, l'élevage urbain est très présent dans de nombreux pays et tend parfois à revenir là où il avait disparu, porté par de nouveaux besoins. Publié dans la revue Territoire en mouvement, cet article dresse un panorama des enjeux de cet élevage à travers le monde. En effet, 10 % des différents cheptels seraient élevés en ville, avec des concentrations différentes en fonction des régions.

Dans les économies développées, la réémergence de l'élevage urbain est portée par la réflexion des villes sur leur autonomie alimentaire et par une revalorisation de ses fonctions éducatives, sociales (ex. : mini-fermes urbaines, réappropriation citoyenne de l'espace urbain) et paysagères (ex. : éco-paturage dans 500 communes en France). Dans une logique d'économie circulaire, on assiste à une technologisation des flux et des processus, permettant en particulier le retraitement des déchets alimentaires, à des échelles industrielles, pour l'alimentation animale : c'est le cas pour des élevages de porcs ou de poissons (aquaponie) à Hong-Kong ou Jakarta. Dans les économies les moins avancées, l'élevage urbain génère un complément de revenus ou assure un accès à des protéines animales à moindre coût. À l'échelle des filières, il permet une proximité avec les lieux de consommation (abattoirs, marchés) lorsque la chaîne du froid est déficiente. Dans ces contextes, les enjeux socio-économiques et sanitaires sont forts. Dans les économies émergentes, on observe aussi l'apparition d'installations intensives de valorisation des déchets alimentaires en zones péri-urbaines, où la question du maintien des surfaces d'élevage sous pression urbaine se pose également (ex. : ceinture verte d'Hanoï).

En conclusion, les auteurs proposent un agenda de recherche interdisciplinaire sur l'élevage urbain en identifiant cinq enjeux : i) de santé publique (zoonoses), ii) d'accès à l'alimentation, iii) socio-économiques, iv) culturels et cultuels associés à l'animal en ville, v) de l'intégration agriculture-élevage dans l'aménagement urbain (relocalisation de l'alimentation, économie circulaire).

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : Territoire en mouvement. Revue de géographie et aménagement

18:58 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : élevage, villes, élevage urbain |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/04/2020

Le coton OGM Bt a-t-il vraiment permis d'augmenter les rendements en Inde ?

De nombreux chercheurs ayant travaillé sur l'impact du coton Bt sur la production, en Inde, ont conclu que son introduction avait permis d'augmenter les rendements. Cependant, leurs analyses ignorent les effets de long terme et les autres facteurs pouvant influencer ces tendances. Les auteurs d'un article publié en février dans la revue Nature Plants se sont penchés sur cette question. Pour y répondre, ils ont utilisé des séries de données sur les rendements, l'adoption du coton Bt et d'autres facteurs ayant pu jouer sur ces rendements, sur vingt ans (1999-2018), au niveau de l'Inde et de chacun de ses États fédérés. Leurs résultats suggèrent que l'augmentation des rendements observée dans les années 2000 n'est pas liée à l'adoption du coton Bt mais plutôt à un usage croissant d'engrais de synthèse. De plus, les semences Bt étant moins résistantes aux insectes suceurs de sève, leur utilisation a entraîné une augmentation du recours aux insecticides, et des dépenses associées, par les producteurs de coton indiens.

Dépenses nationales en insecticides pour la production de coton

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Source : Nature Plants

Lecture : la courbe bleue représente les dépenses en insecticides visant les Lepidoptères, c'est-à-dire les insectes vulnérables au coton Bt (en dollars par hectare). La courbe orange représente les dépenses en produits phytosanitaires visant les insectes suceurs de sève.

Source : Nature Plants

17:55 Publié dans Agriculteurs, Agronomie, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : inde, coton bt, rendements |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/04/2020

Motivations et freins à l'adoption de l'agriculture de précision en Chine

Publié en mars 2020 dans Computers and Electronics in Agriculture, un article présente une analyse statistique des motivations et des freins à l'adoption de l'agriculture de précision en Chine, considérant celle-ci comme un moyen d'augmenter la productivité et ainsi la sécurité alimentaire, tout en réduisant les impacts environnementaux des activités agricoles. Pour ce faire, une enquête auprès de 456 agriculteurs des provinces de Hebei, Henan et Shandong a été menée en 2018. 12 % d'entre eux ont déclaré utiliser ces techniques (guidage par GPS, cartographie des rendements, etc.).

L'étude met en évidence l'importance des projets de démonstration de ces pratiques, qui ont convaincu 73 % des agriculteurs participants d'y avoir recours dans les 5 prochaines années. Plus de 70 % des répondants souhaitent bénéficier d'un service commercial pour accompagner la mise en place de ces techniques, et 57 % rencontrent des difficultés pour identifier les aides financières mobilisables. Enfin, le niveau d'études n'influe pas significativement sur l'adoption de l'agriculture de précision.

Significativité des déterminants du recours à l'agriculture de précision (en rouge, non significatif)

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Source : Computers and Electronics in Agriculture

Lecture : TC : caractéristiques techniques du produit ; NC : besoins d'ordre technique des agriculteurs ; NTF : adéquation entre le besoin et l'offre technique ; PB : bénéfice perçu à adopter ces techniques ; FC : conditions facilitant l'adoption (ex. : support financier) ; SI : influence des caractéristiques sociales ; ITA : intention d'adopter des techniques d'agriculture de précision.

Source : Computers and Electronics in Agriculture

17:40 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : agriculture de précision, chine |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2020

Trois quarts des agriculteurs se disent insatisfaits de leurs relations avec les industriels

Dans un contexte d'évaluation des premières répercussions de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, un sondage IPSOS, conduit en novembre-décembre 2019 auprès de 240 agriculteurs, fait état de leur insatisfaction toujours profonde dans leurs relations avec les industriels. Les premières causes citées sont la non-prise en compte des besoins et difficultés (51 %), le manque de mise en valeur des produits et de leurs qualités (44 %), et le défaut d'engagement dans leurs relations au sein de la filière (31 %). Les attentes sont aussi fortes vis-à-vis des autres acteurs de celle-ci, 55 % des répondants souhaitant des relations plus équilibrées et plus justes à cette échelle. Ils s’expriment également en faveur d’une implication plus forte des distributeurs (21 % des répondants), des industriels (18 %) et des coopératives (16 %).

Source : IPSOS

17:33 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : relations commerciales, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/03/2020

Stratégies de transformation des fermes canadiennes dans le contexte du changement climatique

Réalisé à la demande de l’Union nationale des fermiers (UNF), ce rapport traite des évolutions de l’agriculture canadienne face au changement climatique. Partant du constat d’une double crise, agricole et climatique, l’auteur souhaite montrer que favoriser une nouvelle forme d’agriculture, rentable, permet de lutter contre le changement climatique.

Il dresse d’abord un état des lieux et montre que l’agriculture, par l’utilisation importante d’intrants, émet 12 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. En moyenne, le Canada pourrait connaître plus généralement une augmentation de la température de 3,2 à 6,4 °C sur les 100 prochaines années, ainsi que des événements climatiques extrêmes (inondations et sécheresses notamment).

Évolution de la dette agricole nationale, 1971-2018

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Source : UNF (d’après Statistique Canada)

Par ailleurs, le rapport met en avant la dette agricole de plus en plus importante (106 milliards de $), liée aux matériels, aux services bancaires et aux intrants (semences, engrais, etc.). De 1985 à 2018, 95 % du chiffre d’affaires des fermes ont été consacrés à ces derniers. Dans ce contexte, de nombreux foyers agricoles doivent avoir une source de revenus externe à l’exploitation. La diminution du nombre de structures est également notable, en une génération, avec par exemple une réduction du groupe des jeunes chefs d’exploitation de 68 % sur les 25 dernières années.

Évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada, selon les données recueillies lors des recensements de 1911 à 2016

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Source : UNF (d’après Statistique Canada)

Pour favoriser la pérennité économique des exploitations et ainsi lutter contre le changement climatique, l’auteur propose ensuite des pistes de réflexion : réduction des intrants (notamment azotés), utilisation de tracteurs électriques ou à hydrogène, investissement dans les énergies renouvelables, agriculture biologique, conservation des sols, rotation des cultures, agriculture de précision, systèmes d’élevage à « taille humaine » et basés sur une alimentation à l’herbe, etc. Il préconise un engagement plus fort des pouvoirs publics dans la transition écologique, par exemple via une taxation du carbone couplée à un remboursement de la taxe pour les producteurs diminuant leurs intrants.

Tiphaine Le Mao, stagiaire au Centre d’études et de prospective

Source : Union nationale des fermiers

17:31 Publié dans Agriculteurs, Climat, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : canada, agriculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/03/2020

Culture sans brûlis en Amazonie brésilienne

Une publication de l'Embrapa de 2020 rend compte d'une recherche menée pendant dix ans en Amazonie, avec la participation de 150 agriculteurs pionniers. Il s'agissait de développer une agriculture sans brûlis, générant moins de pressions environnementales que les pratiques culturales habituelles des agriculteurs familiaux. Des méthodes de travail et des technologies ad hoc (démarcation de la zone de culture, inventaire des espèces végétales, outils manuels adaptés, etc.) ont été élaborées, ainsi que des indicateurs économiques et biologiques. Ceux-ci ont permis de démontrer des gains dans les domaines social, économique et environnemental par rapport à l'agriculture avec brûlis. Diverses actions de diffusion des connaissances ont été organisées (70 cours, 44 conférences, 22 jours sur le terrain, etc.), avec la participation directe de 5 000 personnes (techniciens, étudiants, agriculteurs, etc.).

Source : Embrapa

16:16 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : amazonie, brésil, brûlis, embrapa |  Imprimer | | | | |  Facebook

« Métamorphoses agricoles », un dossier de The Conversation

À l'occasion du Salon international de l’agriculture, The Conversation a mis en avant, dans une lettre d'information spéciale, une série de dix contributions inédites ou déjà publiées sur les transformations de l'agriculture française. Parmi les textes récents, celui de P.-M. Le Bel (Inrae) présente les espaces-tests, un dispositif alternatif d'accès au foncier qui soutient l'installation d'agriculteurs « hors cadre familial ». Une contribution de M. Berriet-Solliec et L. Lamy (AgroSup Dijon) éclaire de façon originale le « malaise des agriculteurs » : l'« humiliation récurrente » des « bouseux » a été l'un des moteurs de la modernisation agricole. Dans le même temps, la société s'urbanisait et se coupait de ses racines paysannes, rendant ces choix de modernisation incompréhensibles. Aujourd'hui, faute de disposer de ces « clés d'interprétation » historiques, certains urbains et néo-ruraux taxent les agriculteurs « de tous les noms ». Le troisième texte récent porte sur le recyclage de l'urine en engrais agricoles. Enfin, les articles plus anciens livrent des aperçus sur la reconnaissance de la diversité des modèles de productions et abordent aussi les productions urbaines et biologiques, les semences et la robotique agricole.

Source : The Conversation - France

16:09 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : the conversation, agriculture, espaces-tests |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/03/2020

À niveau égal de revenu et de formation, les agriculteurs et les forestiers américains ont un état de santé équivalent à celui des autres actifs

À partir de données de santé sur la population des États-Unis, un chercheur de l'université de Pennsylvanie a montré que travailler dans les secteurs agricoles ou forestiers n'était pas corrélé avec un état de santé dégradé par rapport au reste de la population. Utilisant les résultats 2008-2017 de l'enquête annuelle nationale, par entretien, menée auprès d'un échantillon de 87 500 personnes représentatif de la population, l'auteur a isolé les répondants déclarant avoir récemment travaillé dans les secteurs agricoles, forestiers ou miniers. Il a ensuite étudié l'impact éventuel, sur la santé, d'une activité professionnelle au contact de la nature et des ressources naturelles. Si les actifs agricoles et forestiers sont en moins bonne santé que les autres travailleurs, cette différence (faible) est plutôt liée au fait qu'ils sont en moyenne moins bien formés et ont des revenus plus limités.

Source : Journal of Agromedicine

L'odyssée de l'espace-temps agricole

Réalisé par G. Martiarena et accessible en ligne jusqu'à fin mars 2020, le documentaire Terres nourricières nous propose de suivre B. Grard (Inrae/AgroParisTech) autour de la planète à la recherche de pratiques agricoles variées, du néolithique à nos jours. Cette plongée dans l'histoire de l'agriculture est accompagnée des commentaires de divers spécialistes. Le voyage commence dans le Parc amazonien de Guyane, avec la culture du manioc en abattis-brûlis. Une deuxième séquence met en exergue différentes solutions d'irrigation : par décrue (Égypte ancienne) ; par la technique du khettara, avec creusement d'un canal souterrain et gestion économique de l'eau par une multitude de petits canaux et de barrages (Haut Atlas marocain) ; par l'hydroriziculture en terrasses (Philippines). Au Pérou, nous découvrons les recherches agricoles des Incas pour adapter les espèces à la diversité des conditions climatiques andines et, ainsi, développer plusieurs milliers de variétés de pommes de terre à partir des souches sauvages. Nous revenons ensuite en France pour évoquer l'association entre élevage et productions végétales, ainsi que le développement du machinisme agricole à partir du Moyen Âge. La dernière séquence est consacrée aux développements récents en matière d'agriculture urbaine, avec les visites d'une ferme verticale écossaise et des toits d'AgroParisTech.

Source : France 5

15:51 Publié dans Agriculteurs, Agronomie | Lien permanent | Tags : documentaire, histoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2020

Recensement agricole argentin 2018 : résultats préliminaires

L'Instituto Nacional de Estadística y Censos (INDEC) a publié, fin 2019, les résultats préliminaires du recensement agricole argentin 2018 (Censo nacional agropecuario - CNA), la dernière édition d'une série commençant en 1888. L'Institut est chargé de sa conception, la réalisation étant confiée aux services régionaux (Direcciones Provinciales de Estadística). La méthodologie de « balayage territorial », où le recenseur rencontre le producteur, utilise un dispositif de capture mobile incluant des images satellitaires associées à un modèle vectoriel d'information géographique (limites administratives, hydrographie, voies de communication, villes). Les données collectées entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018 concernent i) l'exploitation et le producteur, ii) le type d'activité, iii) les pratiques culturales et d'élevage, iv) la mécanisation des tâches, v) les résidents et la main-d’œuvre.

Le CNA a couvert près de 207 millions d'hectares (cultures, prairies, forêts) et de 250 900 exploitations. Environ 733 000 personnes y habitent, dont 52 % appartiennent à la famille, 18 % sont des travailleurs non familiaux et 16 % des associés. Au total, 420 700 travailleurs permanents (82 % d'hommes) cultivent 33 millions d'hectares (69 % de céréales et oléagineux) et élèvent 56 millions de têtes de bétail. 91 % des exploitations sont gérés par les producteurs ou associés, dont 21 % sont des femmes et 16 % ont moins de 40 ans. Concernant la mécanisation des tâches, les principaux matériels recensés sont les tracteurs (plus de 200 000), les moissonneuses (environ 23 500), les semoirs (75 000) et les conditionneurs de fourrage (37 800). Ces données traduisent des degrés de mécanisation variables selon les structures, mais aussi le recours à des prestations externes. Ainsi, 25 % des exploitations ont recours à de la sous-traitance de services, cette pratique concernant notamment 67 % de la superficie récoltée d'oléagineux.

Répartition des surfaces par activité et de l'élevage par espèce (nombre d'animaux) au 30 juin 2018

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Source : INDEC

En trente ans, entre les recensements de 1988 (378 000 exploitations) et 2018, on constate un phénomène de concentration : baisse de 37 % du nombre d'exploitations, augmentation de 96 % de leur surface moyenne (de 421 à 826 ha), et trois fois plus de superficie consacrée aux cultures annuelles (céréales et oléagineux). Ces dernières passent ainsi de 7,67 à 23 millions d'hectares, notamment dans la région Pampa humide, caractérisée par une concentration relativement importante de la production et une pratique fréquente de la sous-traitance sous la figure des contratistas. Cette situation s'oppose aux filières dites « régionales » (vigne, canne à sucre, fruits, etc.) pour lesquelles la concentration est essentiellement foncière.

Recensement 2018, parcelles cultivées

Argentine2.jpg

Source : INDEC

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Sources : INDEC, Sobre la Tierra

21/01/2020

Un chiffrage des conséquences du changement climatique sur la rentabilité des exploitations australiennes

Alors que l'Australie connaît depuis plusieurs mois une sécheresse importante à l'origine d'incendies gigantesques, l'Australian Bureau of Agricultural and Resource Economics and Sciences (ABARES), un organisme de recherche interne au ministère en charge de l'agriculture, a récemment publié les résultats d'une étude visant à apprécier les conséquences du changement climatique sur la profitabilité des exploitations du pays.

L'étude s'appuie sur un modèle économétrique permettant d'estimer leur performance technique et économique à partir de variables relatives à leur structure, au contexte de prix et au climat. Ce modèle a permis aux auteurs de simuler ce qu'aurait été la situation économique des agriculteurs australiens si les conditions climatiques des années 2000 à 2019 avaient été comparables à celles que le pays a connues de 1950 à 2000.

Les résultats de la modélisation montrent que, toutes choses égales par ailleurs, les évolutions du climat en Australie depuis les années 2000 ont induit une diminution de 22 %, en moyenne, du « profit » des exploitations du pays, considéré ici comme le revenu net d'entreprise une fois prises en compte la rémunération du travail familial et la variation de la valeur des stocks. Cette moyenne masque d'importantes disparités selon les productions, les agriculteurs en grandes cultures étant plus impactés que les éleveurs de bétail : -35 % pour les céréaliculteurs, contre -18 % pour les éleveurs ovins et -5 % pour les producteurs de viande bovine. De même, les États de l'Ouest du pays (Western Australia) et surtout de l'Est (New South Wales, Victoria), davantage concernés par les sécheresses récentes et comportant une proportion élevée d'exploitations céréalières, sont sensiblement plus touchés que les autres. La modélisation montre également que les stratégies mises en place par les agriculteurs en réponse à ces conditions climatiques nouvelles, telles que le non-labour, ont permis d'en atténuer les conséquences : en leur absence, la diminution du profit aurait été de 26 % en moyenne et de 49 % pour les céréaliculteurs.

Effet des conditions climatiques sur le profit des exploitations australiennes

Australie.jpg

Source : ABARES

En conclusion, les auteurs appellent les pouvoirs publics à renforcer leur soutien aux agriculteurs, en cherchant non pas à les protéger des conséquences du changement climatique, mais à les aider à renforcer leur résilience face à ce phénomène. Les formes concrètes que pourrait prendre ce soutien ne sont toutefois pas explicitées dans l'étude.

Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective

Source : ABARES

17/01/2020

Pratiques innovantes d’agriculteurs et ingénierie des systèmes agro-écologiques

Dans le cadre de sa thèse, publiée récemment sur HAL, C. Salembier (Inra) s'est intéressée à la façon dont les agronomes utilisent les innovations mises au point par les agriculteurs pour appuyer leurs propres travaux de « reconception » des systèmes de culture. Si la « traque d'innovations » émanant du terrain est de plus en plus évoquée, pour trouver des voies de « déverrouillage » du système agroalimentaire, l'auteure montre que sa contribution à l'émergence de nouvelles questions de recherche, à la production de connaissances et à la prescription de façons de produire plus efficaces, demeure encore largement impensée.

Parcourant l'histoire de l'agronomie, elle repère cinq « régimes de conception » : ils sont caractérisés notamment par des sites d'expérimentation privilégiés (ferme, station ou modélisation in silico), des niveaux d'implication des agriculteurs (de simples informateurs pour l'analyse des techniques et des contraintes, à co-concepteurs de solutions avec les chercheurs), et par la nature des contenus prescriptifs générés (principes d'action et règles de décision, outils d'optimisation, etc.). Pour approfondir le régime – en cours d'émergence selon l'auteure – de « co-conception » avec les exploitants, elle retient 12 initiatives en France qu'elle décrit (voir figure ci-dessous). Elle entre ensuite dans le détail de deux cas. Ainsi, à propos de la coopérative d'autoconstruction L'Atelier paysan, elle décortique « la conception simultanée d’un outil et d’un système de culture », avec l'exemple du rouleau Faca Buzuk en systèmes légumiers. Une recherche-action dans le cadre du projet VivLéBio, porté par Agro-Transfert Ressources et Territoires (AGT-RT), lui permet de décrire, au-delà des modalités de gestion des adventices vivaces en agriculture biologique, la méthodologie de la « traque d'innovation ».

Processus reliant étude de pratiques innovantes et conception

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Source : thèse de C. Salembier, p. 96

Le cadre ainsi construit permet de mieux comprendre comment certains agronomes « identifient des espaces inconnus à explorer » (par exemple, les techniques pour lesquelles on ne dispose pas encore de connaissances fiables), et d'expliciter les questions clés à se poser au cours des démarches d'ingénierie agro-écologique.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : HAL

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15/01/2020

Installations atypiques en agriculture

Trois publications récentes s'intéressent à différentes formes d'installations « atypiques » en agriculture. En premier lieu, dans le Journal des anthropologues, un article dessine des portraits de paysans-boulangers, à partir d'entretiens biographiques et d'observations dans le cadre de stages en wwoofing. Les différentes trajectoires, qu'elles prolongent une activité agricole ou qu'elles consacrent une reconversion professionnelle, ont en commun une forte dimension « spirituelle », une quête d'autonomie ne renvoyant pas seulement à la « transformation de soi » mais aussi à une logique politique de « mouvement social » visant le changement de la société. Ensuite, signalons un article dans la Revue des sciences sociales, consacré aux « installés-à-côté », viticulteurs non-héritiers ayant créé leur exploitation à proximité de celle de la famille. Selon les auteurs, cette catégorie permet d'interroger « de manière particulière les processus d’acquisition de la place et d’inscription dans la lignée familiale et professionnelle ». Enfin, un article dans Sociologies pratiques s'intéresse aux dilemmes causés par la transmission de la maison d’habitation, souvent située sur le site de la ferme, lors des installations hors cadre familial.

Sources : Journal des anthropologues, Revue des sciences sociales, Sociologies pratiques

14:57 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : installations, paysans-boulangers, viticulture, hors cadre familial |  Imprimer | | | | |  Facebook