Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/09/2021

L’Alimentarium

musée,alimentation,histoire,suisse,représentations

Né en 1981, l’Alimentarium est une création de la Fondation Nestlé. Il comprend un musée localisé à Vevey (Suisse) et une plate-forme digitale, interconnectés et tous deux consacrés aux systèmes alimentaires. L'entité regroupe 25 équivalents temps plein et accueille 55 000 visiteurs par an en moyenne ; le site internet cumulait en 2020 deux millions de consultations.

Le musée offre une scénographie originale qui expose des pièces de la collection (outils agricoles, affiches, emballages, etc.) et des installations relayant des résultats de la recherche scientifique sur la production agricole, la transformation, la distribution, la consommation des denrées et la nutrition, dans une perspective historique. En matière d’élevage, les bornes interactives rappellent la naissance de l’assolement triennal et de la polyculture au Moyen-Âge ainsi que la recherche tous azimuts d’amélioration de la production au XVIIIe siècle, dont témoigne la systématisation de la sélection artificielle des espèces. Les contenus du musée reviennent aussi sur les débats que provoquent, au XXe siècle, le développement de l’ingénierie génétique, la spécialisation poussée des races choisies et la traçabilité des produits carnés.

Sur l’industrie agroalimentaire, on retiendra particulièrement les contenus sur la conservation et l’emballage des produits. Protecteur des denrées, celui-ci est aussi une interface entre le producteur et le consommateur, à une époque où les relations entre l’un et l’autre se distendent : « la boîte d’emballage, sa forme, ses couleurs et typographie, ont toujours raconté une histoire ». Sont enfin documentés les différents types de denrées et leur composition chimique, les processus métaboliques, la diversification de la demande alimentaire dans les pays très développés, sous l’effet des préoccupations environnementales et du soutien à la production locale qu’expriment certains consommateurs (les Appellations d’origine contrôlée sont décrites comme « garantes de qualité et d’authenticité »).

Le site web offre quant à lui des dossiers pédagogiques, podcasts et webséries dont certains sont destinés aux jeunes publics sur des sujets diversifiés : sécurité alimentaire ; histoire des régimes alimentaires ; définition, bénéfices et risques des OGM.

Tube digestif et neurones pour expliquer la nutrition au musée

alimentarium.jpg

Source : Alimentarium

En 2020 et 2021, l’Alimentarium propose une exposition et des conférences sur le véganisme (voir une précédente brève). Mentionnant les débats sur les « faux fromages à la noix de cajou », qui agitent la Confédération depuis 2018, le musée relève que les fabricants ont associé leur préparation à l’image du « vrai fromage », dans un pays réputé pour son herbage, tout en se distanciant des exploitations animales.

Nathalie Kakpo, Centre d’études et de prospective

Lien : Alimentarium

07/07/2021

WorldFish : un centre de recherche sur l'aquaculture et la pêche

worldfish.jpg

Le centre WorldFish est un organisme de recherche et d'innovation à but non lucratif, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR, voir un précédent portrait). Fondé en 1975 à l'université d'Hawaï et maintenant basé en Malaisie, il fonctionne grâce à des financements du secteur privé, d'organisations gouvernementales (dont la Commission européenne) et non gouvernementales, ainsi que d'institutions financières telles que le Fonds international de développement agricole. Présent dans vingt pays (en Asie, en Afrique et dans le Pacifique), il emploie 460 personnes de 30 nationalités.

Ses activités se concentrent sur le développement d'une aquaculture et d'une pêche durables pour la planète et pour les humains. À l'intérieur de ce périmètre, ses thèmes de travail concernent, dans les pays à revenus faible ou moyen : le changement climatique ; la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté ; l'économie ; le genre ; et plus récemment la Covid-19. Ses actions ciblent aussi bien les petites entreprises que les politiques internationales. Les équipes du WorldFish publient des articles scientifiques mais aussi des manuels de bonnes pratiques sur l'aquaculture, encouragent la mise en place de partenariats public-privé pour favoriser l'innovation et la recherche, et lancent des projets techniques comme de management stratégique.

Par exemple, a été publiée en mai 2021 une étude de la distribution et de l'utilisation des aliments commerciaux pour poissons en Zambie et au Malawi. Ces aliments sont essentiels pour le développement de l'aquaculture dans ces pays, où la demande en poissons excède l'offre et nécessite le recours aux importations. Cependant, leur utilisation reste faible en raison de leur coût, qui s'ajoute à celui du déplacement des aquaculteurs des zones rurales vers les points de vente. Plusieurs pistes sont proposées : développer des aliments à base d'ingrédients locaux pour en réduire les coûts de production ; constituer des groupements d'aquaculteurs pour mutualiser l'achat et réduire ainsi les coûts de transport ; former les producteurs à la fabrication des aliments sur leur ferme ; faciliter l'accès des aquaculteurs à des micro-crédits ; encourager le développement des réseaux de distribution d'aliments commerciaux.

Quantité de poissons (tonnes) importés (en jaune) et exportés (en bleu) en Zambie en fonction des années

worldfish3.jpg

Source : WorldFish

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : WorldFish

14/04/2021

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement

CNUCED.jpg

Créée en 1964 pendant la période de décolonisation, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) promeut le commerce comme facteur de développement. Elle rassemble 195 pays et est dotée d'un budget annuel de 60 millions de $ (environ 51 M €). Considérant indispensables l'existence et le bon fonctionnement d'instances multilatérales plutôt que seulement bilatérales ou plurilatérales, elle met à disposition des pays « peu développés » ou « en développement » des outils, études, rapports, données pour les aider à se positionner dans un système mondial dominé par les grandes puissances. Elle les aide également à mettre en place un cadre propice aux investissements.

Si la CNUCED est actuellement très mobilisée sur la gestion de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, elle intervient en règle générale dans tous les domaines de l'économie ou qui touchent à celle-ci : le digital et le numérique, les migrations, le e-commerce, le changement climatique, l'utilisation des ressources naturelles, l'agriculture et l'alimentation. Elle a par exemple aidé à réguler les marchés des matières premières, en réponse aux chocs pétroliers, et impulsé des standards internationaux comme le « système généralisé de préférence », qui vise à favoriser les exportations, le développement industriel et la croissance économique des pays en « voie de développement », en demandant aux pays développés d'appliquer des droits très faibles ou nuls à de nombreux produits exportés par ces pays, sans contreparties commerciales. Ce principe a des impacts sur le commerce international de produits agricoles.

Parmi ses publications récentes, la CNUCED a fait paraître un guide technique (voir à ce sujet une précédente brève) pour quantifier les effets des mesures non tarifaires sur le commerce international, et une alerte (voir à ce sujet une autre brève) sur les risques que fait peser le développement de technologies de pointe (robots, biotechnologies, édition génétique, intelligence artificielle, etc.), sur les économies des pays « en voie de développement » reposant principalement sur l'agriculture et ayant une moindre capacité d'innovation. Elle a consacré très largement son rapport 2020 aux impacts économiques de la pandémie, notamment ceux relatifs à la capacité de production agricole, à l'évolution de la productivité du travail agricole, aux prix mondiaux des produits alimentaires et des matières premières d'origine agricole, et au transfert d'emplois de l'agriculture vers l'industrie.

Vincent Hébrail-Muet, Centre d'études et de prospective

Source : UNCTAD

08/02/2021

Le Centre états-unien de recherche comportementale et expérimentale sur l'agro-environnement

Le Centre de recherche comportementale et expérimentale sur l'agro-environnement (Center for Behavioral and Experimental Agri-Environmental Research, CBEAR), basé à l'université du Delaware et à l'université John Hopkins, a été créé en 2014 pour utiliser l'économie comportementale et expérimentale à des fins d’amélioration des programmes agro-environnementaux nationaux. Son lancement a bénéficié d'un financement du service de recherche économique du ministère de l'agriculture des États-Unis (USDA). Depuis, le CBEAR a été nommé deux fois centre d'excellence par l'USDA.

Le CBEAR développe une stratégie « tester, apprendre, adapter », visant à améliorer la participation des agriculteurs aux programmes agro-environnementaux, leur satisfaction et les résultats de ces dispositifs, tout en réduisant leurs coûts. Pour ce faire, il développe quatre axes de travail : i) concevoir et développer des mesures agro-environnementales basées sur la preuve ; ii) conduire des expériences en laboratoire ou sur le terrain, pour tester les hypothèses des sciences comportementales et développer les connaissances scientifiques (carte ci-dessous) ; iii) former les chercheurs et les professionnels pour améliorer les mesures mises en œuvre ; iv) communiquer auprès des décideurs publics et des médias sur l'intérêt de prendre en compte les effets comportementaux. Il valorise ses résultats notamment via des Behavioral Insights Brief.

Communes dans lesquelles des agriculteurs ont participé à des expériences aléatoires de terrain du CBEAR

CBEAR.jpg

Source : CBEAR

Le CBEAR a notamment piloté un projet, visant à tester différents types de communication pour encourager les agriculteurs à se renseigner sur les pratiques agricoles réduisant les émissions de gaz à effet de serre et à participer aux programmes mis en place par l'USDA en la matière. 10 000 producteurs de la région des Grands lacs ont donc été contactés pour tester différentes options. Certains recevaient une invitation à consulter un site internet pour en savoir plus, tandis que d'autres étaient conviés à participer à un webinaire. Très peu d'agriculteurs ont finalement participé à cet événement. Par ailleurs, le simple fait d'offrir aux producteurs la possibilité de suivre le séminaire a réduit de 50 % la probabilité qu'ils visitent le site internet, et qu'ils en apprennent ainsi plus sur les pratiques bonnes pour le climat (figure ci-dessous). Les chercheurs ont également étudié si, après de multiples tentatives par courriel, il était pertinent d'appeler les agriculteurs au téléphone. Les résultats n'ont pas montré d'effet significatif de ces appels. Ces résultats confirment l'intérêt de mener des tests à petite échelle avant la mise en œuvre de politiques publiques agro-environnementales.

Impact de l'invitation à un webinaire sur le nombre de visites du site internet

CBEAR2.jpg

Source : CBEAR

Estelle Midler, Centre d'études et de prospective

Source : CBEAR

15:21 Publié dans Agriculteurs, Environnement, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : usda, agro-environnement, formation, etats-unis, portrait |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2020

L'Institute for Agriculture & Trade Policy (IATP)

portrait.jpg

Basé dans le Minnesota, en bordure de la Corn Belt, l'Institute for Agriculture & Trade Policy (IATP) est un think tank étasunien qui promeut une agriculture familiale, au bénéfice des communautés rurales et des écosystèmes. La particularité de l'IATP tient au fait qu'il produit ses propres recherches et analyses, mais veille aussi à défendre ses positions auprès des décideurs publics, au travers d'activités de plaidoyer.

À sa création à la fin des années 1980, l'IATP travaillait essentiellement sur les questions relatives à la libéralisation des échanges de produits agricoles. Les accords de libre-échange étaient alors perçus comme l'une des principales causes des difficultés rencontrées par les agriculteurs familiaux, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde. Si cet intérêt pour les questions commerciales est toujours présent dans les travaux de l'institut, d'autres thématiques ont émergé depuis : changement climatique, « industrialisation » de l'agriculture en général et de l'élevage en particulier, agriculture biologique, circuits alimentaires de proximité, etc.

Parmi les publications récentes de l'IATP figure un rapport sur l'empreinte carbone des principales entreprises laitières mondiales. Les auteurs montrent d'abord que celle-ci s'est accrue de 11 % entre 2015 et 2017. Ils analysent ensuite les éventuelles stratégies mises en place pour la réduire. Il en ressort que sur les 13 entreprises laitières étudiées, 6 n'ont pris aucun engagement en la matière. Par ailleurs, seulement 3 ont engagé une démarche de réduction intégrant non seulement leurs propres émissions, mais aussi celles de leur chaîne d'approvisionnement, laquelle représente 90 % de leur empreinte carbone totale.

Signalons enfin que l'IATP est membre de la National Sustainable Agriculture Coalition (NSAC), qui rassemble plusieurs organisations engagées en faveur d'une plus grande prise en compte des enjeux environnementaux dans la politique agricole étasunienne (Farm Bill). Dans ce cadre, il a participé à l'élaboration d'un document présenté au Congrès et proposant plusieurs ré-orientations : renforcement des fonds alloués aux programmes de conservation des sols, soutien à l'agriculture biologique, etc.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Lien : Institute for Agriculture & Trade Policy

12/11/2020

Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition - Panel mondial sur l'agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition

glopan 1.jpg

Créé en août 2013 à Londres, lors du Sommet « Nutrition for Growth », le Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition réunit douze personnalités de haut niveau. Financé par le UK Foreign, Commonwealth and Development Office, il est co-présidé par J. Beddington, ancien conseiller scientifique principal du gouvernement du Royaume-Uni, et J. Kufuor, ancien président du Ghana. Les travaux sont appuyés par un secrétariat d'une dizaine de personnes.

Le secrétariat, les membres et d'autres experts associés fournissent plusieurs types de publications : notes politiques ou techniques, s'appuyant sur les connaissances scientifiques disponibles et proposant des recommandations d'action publique ; rapports prospectifs ; analyses centrées sur des pays ou régions. Elles portent en particulier sur les sociétés à revenus moyens ou bas. Les membres du panel réalisent également un travail d'influence auprès des gouvernements, des sociétés civiles, des universitaires et des industriels. Par ailleurs, ces actions s'inscrivent dans un cadre international et régional : Objectifs de développement durable (ODD) onusiens, objectifs nutritionnels de l'OMS, déclaration de Malabo de l'Union africaine, etc.

Parmi les publications du panel en 2020, retenons par exemple trois notes : la première (août) souligne les améliorations à apporter aux systèmes alimentaires dans des contextes combinant divers facteurs de fragilité (conflits, instabilité politique, dépendance à l'aide humanitaire, etc.) ; la deuxième (juin) propose dix actions prioritaires pour limiter les effets de la pandémie de Covid-19 ; la troisième (février) invite à repenser les politiques commerciales pour de meilleurs régimes alimentaires. Enfin, en septembre, le panel a publié son deuxième rapport prospectif, Future Food Systems: For people, our planet and prosperity. Ayant mobilisé huit experts, ce travail identifie, pour la décennie à venir, les défis en matière de régimes alimentaires, de santé et d'environnement (exemple dans la figure ci-dessous). Les questions de disponibilité de produits alimentaires riches en nutriments et durables, l'accessibilité et la désirabilité de régimes sains sont traitées, et les auteurs proposent des pistes d'actions concrètes pour y répondre. La publication de ce rapport est accompagnée de diverses productions : webinaire, vidéos, article dans Nature (voir à ce sujet une autre brève), etc.

Projection de la variation du coût d'un régime alimentaire flexitarien entre 2017 et 2050

glopan 2.jpg

Source : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

16/01/2020

Le Consiglio per la ricerca in agricoltura e l’analisi dell’economia agraria (CREA) - Conseil pour la recherche agricole et l'analyse de l'économie agraire

CREA.jpg

Le CREA, organisme public de recherche italien sur les questions agricoles, est le résultat d'une évolution institutionnelle débutant lors de la période d'unification du pays (création en 1850 du ministère de l'Agriculture et du Commerce du Royaume de Sardaigne) et aboutissant à la fusion, en 2015, du Consiglio per la ricerca e la sperimentazione in agricoltura et de l'Istituto nazionale di economia agraria (chargé précédemment de la mise en place et de la gestion du RICA italien). Le CREA est organisé en 12 centres de recherche régionaux. Leurs travaux couvrent l'ensemble de la chaîne alimentaire et portent tant sur les filières (céréales et cultures industrielles, viti-viniculture, horticulture et floriculture, oléiculture et fruticulture) que sur des thématiques transversales (génomique et bio-informatique, environnement, protection des végétaux et certification, ingénierie et transformation alimentaires, aliments et nutrition, politiques publiques et bio-économie). Son Plan triennal 2018-2020 comporte quatre sujets prioritaires : climat et protection de l'environnement, technologies numériques, ressources génétiques, qualité de la production agroalimentaire. Il dispose également de stations expérimentales et d'observatoires, ces derniers travaillant en étroite collaboration avec les établissements d'enseignement agricole.

Dans une logique de recherche appliquée, le CREA fait partie du système Agritransfer, chargé du transfert des technologies et de leur vulgarisation auprès des producteurs agricoles et des entreprises de transformation. Le CREA publie également 5 revues scientifiques : les Annals of Silvicultural Research abordant l'ensemble des aspects de la sylviculture (écologie forestière, agroforesterie et sylvopastoralisme, rôle multifonctionnel, etc.), le Dal seme consacré aux semences et aux plantes, le Redia traitant de zoologie et le Maydica sur la culture du maïs. Enfin, l'Italian Review of Agricultural Economics se consacre aux questions économiques et politiques relatives à l'agriculture, à la foresterie, à l'environnement, au secteur agroalimentaire ainsi qu'à la ruralité. Son dernier numéro traite de la productivité de l'agriculture en Afrique du Sud, de la filière du soja au Brésil et de l'évolution de la diversification agricole en Italie.

Enfin, le CREA a signé plusieurs accords de collaboration scientifique et technologique bilatéraux (Argentine, Chine, Croatie, Cuba, Égypte, Espagne, États-Unis, Iran, Saint-Domingue) et multilatéraux (FAO, African Conservation Tillage, Instituto Italo-Latino-Americano).

Carte des centres du CREA

CREA2.jpg

Source : CREA

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : CREA

15:19 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : crea, italie, recherche, portrait |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/11/2019

Le Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science (Cefas)

Cefas.jpg

Le Cefas est une agence exécutive du ministère de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales (Defra) du Royaume-Uni, chargée des questions de durabilité des environnements aquatiques, marins ou d'eau douce. Fondé en 1902 à Lowestoft, cet organisme compte actuellement 530 employés dans diverses villes du pays, ainsi que deux antennes à l'étranger (Koweït, Oman). Le Cefas a pour mission d'appuyer la prise de décisions par le gouvernement du Royaume-Uni, mais il peut également être sollicité par d'autres acteurs (territoires d'outre-mer, gouvernements étrangers, entreprises, ONG, instituts de recherche, etc.), sur diverses thématiques : prévision des changements écosystémiques, développement de techniques innovantes de mesure et de surveillance, collecte de données, appui à l'économie bleue et durabilité des produits de la mer. Par exemple, cet organisme a proposé des éléments scientifiques pour aider à la mise en place d'aires de protection marine au Royaume-Uni. Par ailleurs, en matière de modélisation, il a développé des méthodes pour évaluer les impacts potentiels des flottes de pêche sur les espèces et les écosystèmes.

Dans le cadre de l'interdiction par l'Union européenne de la pêche électrique, il a publié en juin dernier une étude des impacts de ce type de chalut sur la biodiversité. La richesse spécifique mesurée est plus faible de 57 % sur la zone où la pêche électrique fut utilisée, comparativement à celle qui en était exempte. De plus, le nombre de captures était moindre de 21 %. Toutefois, les auteurs soulignent que la zone soumise à la pêche électrique avait également été exploitée par des chaluts traditionnels : les effets respectifs des deux techniques ne peuvent donc pas être distingués.

Enfin, dernière illustration de ses travaux, en mai 2019, le Cefas a co-animé un atelier sur la diminution des prises accessoires de cétacés dans les pêcheries du Royaume-Uni, rassemblant entre autres pêcheurs et décideurs politiques. Sur la base de ces échanges, il conseille par exemple de mettre en place des incitations monétaires pour encourager les pêcheurs à tester des alternatives techniques et à collecter des données pour en évaluer l'efficacité.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science

10/10/2019

L’Institut Royal des Études Stratégiques du Maroc (Ires)

Ires.jpg

La création de l'Ires, en 2007, répondait aux besoins du Maroc de se positionner dans un contexte géopolitique changeant, grâce à un outil d'aide à la décision politique lui permettant de mieux définir ses stratégies aux niveaux national et international. L'approche de l'Institut repose sur une veille prospective multidimensionnelle, axée sur ces enjeux stratégiques que sont le lien social, le changement climatique, la compétitivité globale, les relations extérieures et le capital immatériel. Ses travaux sont organisés en trois pôles : i) « Think tank », consacré à l'étude des questions stratégiques à forte incidence sur le devenir du pays ; ii) « Veille », en charge du suivi et de l'analyse des tendances nationales, régionales et internationales ; iii) « Forum », centre de débats, de réflexions et de diffusion. L'Institut dispose d'un Comité d'orientation et peut faire appel à l'expertise d'universitaires et chercheurs : depuis 2015, près de 200 personnes ont ainsi été associées à ses travaux. Il a réuni à deux reprises un Panel international de prospectivistes. La première édition, en 2016, était consacrée aux « Grands enjeux du monde de demain » (identification de signaux faibles et tendances aux horizons 2030 et 2050). La seconde, en 2017, portait sur les stratégies de réponse du Maroc. L'Ires organise également des conférences internationales (changement climatique, villes du futur) ainsi que des nombreux séminaires thématiques.

Depuis sa création, l'Institut a produit une centaine de rapports généraux et thématiques. Les premiers abordent des sujets tels que les relations internationales du pays, l'emploi et la création de valeur, le développement autonome de l'Afrique (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), etc. Les rapports thématiques concernent aussi bien le Maroc (industrialisation et compétitivité globale, risques climatiques, recherche scientifique et innovation, transformation numérique dans les entreprises et l'administration, diplomatie culturelle, etc.) que l'Afrique (migrations, transition énergétique, etc.). Par exemple, en 2014, la question de la sécurité alimentaire et sanitaire face au changement climatique a été traitée, tout comme, en 2018, les Défis et opportunités de développement rural en Afrique subsaharienne. Dans ce dernier cas, les auteurs identifient des axes prioritaires de développement et de coopération avec le Maroc, notamment en agriculture : la croissance agricole peut contribuer à la promotion de la transformation rurale et l'expérience marocaine peut être mobilisée sur divers aspects (gouvernance, irrigation, agro-industrie, sélection de semences, etc.).

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Ires

11:25 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : portrait, ires, maroc |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2018

The Nuffield Farming Scholarships

Nuffield.jpg

En 1947, la fondation du magnat de l'automobile William Morris (Lord Nuffield) met en place un système de bourses, pour permettre à de jeunes professionnels du Royaume-Uni d'effectuer un voyage d'étude et repérer à l'étranger des méthodes d'élevage innovantes. L'idée est de favoriser la circulation des idées et la formation d'un réseau d'influence. Dans les années 1950, le dispositif s'élargit à d'autres pays du Commonwealth, puis au-delà. En parallèle, la fondation Nuffield se retire en partie, le financement des bourses étant apporté par divers mécènes issus des secteurs philanthropique, financier et agricole.

Aujourd'hui, le programme a des antennes en Australie, Canada, Kenya et Zimbabwe, France (depuis 1982), Irlande et Pays-Bas. Il cherche aussi à se développer au Brésil, au Chili, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Chaque année, une sélection sur dossier retient 70 à 80 boursiers. Outre la condition de nationalité, le projet doit être porté par un professionnel au CV déjà bien rempli, et concerner un thème de recherche dans les domaines des productions agricoles, de l'alimentation, de l'horticulture ou des activités économiques en milieu rural. En contre-partie d'une bourse de 7 000 à 12 000 £ (couvrant les dépenses de voyage), les boursiers doivent notamment remettre un rapport d'une quarantaine de pages, publié sur le site du programme international.

Le cycle d'études des bourses Nuffield

Nuffield2.jpg

Source : Nuffield Farming Scholarships Trust

Les sujets d'étude sont très divers et assez pointus, car liés à un projet professionnel. La documentation réunie est inégale, mais l'audace du « dire d'expert », la mise en valeur des visites de terrain et un style assez direct tranchent avec les publications universitaires. Citons par exemple un travail sur le business model des fermes verticales, réalisé par une horticultrice du Pays de Galles.

Retenons aussi l'étude, par une éleveuse australienne de Wagyu (bœuf de Kobe), des alternatives pour l'engraissement de ces animaux habituellement nourris au grain en feedlot, pendant une longue période, pour obtenir une viande délicatement marbrée, vendue comme produit de luxe. Compte tenu de l'évolution de la demande, il lui semblait intéressant de « finir » les animaux à l'herbe. Des visites à une dizaine de producteurs, à travers le monde, pour mesurer les performances de cette conduite « naturelle », l'ont toutefois dissuadée d'engager son exploitation dans cette voie, pour diverses raisons exposées dans le rapport, dont celle liée aux modifications de la qualité de la carcasse, la rendant difficilement valorisable entière.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Nuffield International Farming Scholars

09:21 Publié dans Agriculteurs, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : portrait, nuffield |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2018

Le CUNY Urban Food Policy Institute – L'Institut de politique alimentaire urbaine de l'université de la ville de New York

CUNY.jpg

L'Urban Food Policy Institute est un centre de recherche et d'action rattaché à la Graduate School of Public Health and Health Policy de l'université de la ville de New York (City University of New York, CUNY). Créé en mai 2016 à partir de structures préexistantes et localisé à Harlem, l'Institut travaille sur divers domaines : santé publique, nutrition, sociologie, planification urbaine, droit, etc. Il réalise des travaux de recherche (notamment analyse et évaluation de politiques publiques), mène des actions éducatives (auprès des étudiants et du personnel de l'université) et conduit des projets de terrain ciblant les problématiques alimentaires de la ville. Il s'appuie notamment sur des collaborations avec divers acteurs. Quatre thèmes sont mis en avant : l'équité en matière de nutrition et de santé, le East Harlem Youth Food Educators Program, l'accès à l'alimentation des personnes immigrées et le commerce alimentaire sain.

L'Urban Food Policy Institute valorise ses travaux dans des ouvrages, des articles scientifiques, des rapports, des Policy Briefs, etc. Parmi les récentes publications, on peut notamment retenir l'analyse de dix ans de politique alimentaire à New York, période d'effervescence en la matière, et les enseignements tirés pour la prochaine décennie, à destination des acteurs publics, des professionnels de santé, des activistes et des leaders communautaires. Les auteurs s'intéressent aux déterminants de la mise en œuvre et aux impacts d'actions publiques (réglementations, investissements, etc.), ainsi qu'à l'évolution des principaux indicateurs de santé et de nutrition de la population. Il apparaît notamment qu'améliorer le bien-être nutritionnel et les politiques promouvant la santé et la réduction des maladies liées aux régimes alimentaires a constitué la première source d'intérêt et d'action publique depuis 2008. À l'inverse, l'appui aux travailleurs du secteur et le renforcement de la démocratie et de la gouvernance alimentaire n'ont fait l'objet que de peu d'investissements. Parmi les recommandations proposées, figurent l'élaboration d'un plan stratégique, l'accentuation de l'action publique de la ville (renforcement des normes, amélioration des règles d'approvisionnement), ou encore le développement d'un programme partagé pour la recherche et l'évaluation des politiques alimentaires.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : CUNY Urban Food Policy Institute

08/10/2018

La Rural Investment Support for Europe (RISE) Foundation (La fondation de soutien à l'investissement rural en Europe)

RISE-logo.jpg

Créée en 2006, à Bruxelles, par l'ex-commissaire européen à l'agriculture Franz Fischler, en collaboration avec l'organisation européenne des propriétaires terriens (ELO) et l'association Friends of the countryside, le Rural Investment Support for Europe (RISE) est une fondation d'utilité publique indépendante, financée par des donateurs, institutionnels ou privés, via la Fondation Roi Baudouin, elle-même rattachée au réseau philanthropique Transnational giving europe (TGE network). L'objectif principal de RISE est de soutenir la compétitivité de l'économie rurale en Europe. À cette fin, elle produit des études et rapports dont elle tire des recommandations destinées aux décideurs. La fondation s'appuie sur une équipe internationale d'experts internes ou externes, économistes et scientifiques, dont le professeur Buckwell, économiste agricole, qui a dirigé plusieurs études récentes de RISE. Sont organisés également des ateliers de consultations et plates-formes de débats avec des experts, représentants d'ONG, professionnels, décideurs et universitaires. Les axes de réflexion concernent l'agriculture, l'élevage ainsi que la biodiversité et le patrimoine rural.

Parmi les publications de la fondation, on peut citer un rapport sur l'agriculture écologiquement intensive, sorti en 2014, qui proposait des pistes pour concilier productivité et environnement. En 2016, le rapport Nutrient recovery and reuse in european agriculture traitait des récupération et réutilisation des nutriments tout au long de la chaîne alimentaire, afin de limiter la pollution et le gaspillage. En 2017, un rapport sur l'avenir de la PAC proposait notamment de la centrer sur les résultats et de réduire les paiements directs. Les auteurs identifiaient deux axes majeurs d'adaptation, la gestion des risques et celle des terres (autour de contrats de services dans ce dernier cas), et émettaient différentes recommandations de fond et de procédure en vue de la réforme de cette politique.

Plus récemment, la fondation a publié un rapport sur l'espace optimal à consacrer à l'élevage en Europe (voir à ce sujet une autre brève sur ce blog). Les auteurs, font des propositions pour limiter les pertes nutritives, et mettent en exergue les défis liés à une diminution de l'élevage : par quoi remplacer les produits animaux ? Quid des protéines végétales alternatives ? Que fera-t-on des terres libérées ? Seront-elles laissées à un état « sauvage », dédiées à la forêt, à la production de céréales, de biocarburants, etc. ? Enfin, dans le cadre du programme européen de recherche et d'innovation Horizon 2020, la fondation vient de lancer un projet d'économie circulaire, axé sur la gestion du carbone, du phosphore et de l'azote.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Fondation RISE

08/02/2018

L'International Grains Council (IGC) – Le Conseil international des céréales

IGC.jpg

Créé en 1995 et actuellement basé à Londres, l'International Grains Council (IGC) est l'héritier de deux organismes intergouvernementaux successifs, le Wheat Advisory Committee (1933) et l'International Wheat Council (1949), en charge de la surveillance de la mise en œuvre des International Wheat Agreements (IWA). Ces accords internationaux sur le blé étaient issus de conférences internationales organisées périodiquement, depuis les années 1930, pour faire face aux crises récurrentes du marché.

Centré à l'origine sur le commerce du blé, le domaine d'action de l'IGC s'est étendu par la suite au commerce du riz, du soja et des céréales secondaires (maïs, orge, avoine par exemple). Les IWA étaient centrés sur la stabilisation des cours et la sécurisation des pays importateurs, par des contrats multilatéraux avec des fourchettes de prix et des ventes garanties. En 1968, ces accords ont été remplacés par l'International Grains Arrangement (IGA), lequel a été scindé en deux instruments juridiques distincts : la Wheat Trade Convention, qui reprenait globalement les dispositifs de l'IWA, et la Food Aid Convention, qui prévoyait un approvisionnement annuel de plus de 4 millions de tonnes (10 millions de tonnes en 1970) de céréales, sous forme d'aide alimentaire, aux pays en voie de développement. Finalement, la Grains Trade Convention a remplacé l'IGA en 1995 et, dans la foulée, l'IGC a succédé à l'International Wheat Council.

Désormais, cet organisme a pour principale mission de surveiller la mise en œuvre de la-dite convention, de suivre et d'analyser les évolutions actuelles et futures du marché des céréales, d'observer les évolutions des différentes politiques nationales et leurs effets éventuels sur ce marché. Pour cela, le site du Conseil diffuse des informations très complètes sur le marché des céréales et oléagineux : indices de prix, cotations, bilans et projections de l'offre et de la demande mondiale à horizon de cinq ans, etc. Un abonnement permet d'accéder à des analyses plus poussées sur les marchés. En 2012, l'IGC a également rejoint le secrétariat du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS). Le budget de l'IGC était, en 2017, de 1,79 million de £, financé par les contributions de ses 27 membres (signataires de la Grains Trade Convention, dont l'Union européenne), proportionnelles à leur poids sur les marchés d'importations ou d'exportations de céréales et d'oléagineux.

À titre d'illustration de la diversité des publications de l'IGC, on peut retenir des projections, début 2018, de l'offre et de la demande mondiales de céréales et de soja à l'horizon 2022-2023 (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), ou encore une révision à la hausse, en septembre 2016, des projections du stock mondial de blé pour la campagne 2016/2017.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Lien : International Grains Council

10:24 Publié dans 3. Prévision, Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, céréales, blé, riz, soja, portrait |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/01/2018

La fondation Bertelsmann (Bertelsmann Stiftung)

BS.jpg

La Bertelsmann Stiftung est une fondation allemande de droit privé, fondée en 1977 par R. Mohn, ancien dirigeant de Bertelsmann (sixième groupe de presse mondial, avec près de 100 000 employés et couvrant 50 pays). Ses activités portent sur la réalisation d'études, d'analyses, la diffusion et le partage d'expertises, dans une grande variété de domaines : éducation, économie, arts, culture, démocratie, gouvernance, etc. La « philosophie » de la fondation Bertelsmann, telle qu'elle a été formulée par son fondateur, est que « la propriété privée ne peut être séparée de la responsabilité sociale », défendant une vision du monde fondée sur la responsabilité individuelle, la libre coopération et la gestion décentralisée de l'économie. La fondation a vocation à influencer les décideurs privés et publics, aux échelles régionale, nationale et internationale.

Bertelsmann Stiftung emploie un peu moins de 400 personnes, dont deux tiers sont des femmes et un tiers a moins de quarante ans. Pour compléter ses effectifs, elle dispose d'un programme « Jeunes professionnels », proposé tous les deux ans, d'une durée de 18 mois, visant à faire travailler des jeunes diplômes sur des projets de la fondation. Les activités de la fondation sont pour l'essentiel financées par le revenu de ses avoirs indirects dans le groupe Bertelsmann, auquel s'ajoutent des revenus issus de partenariats, de donations et de la gestion financière de ses actifs. En 2016, ces revenus représentaient au total 129 millions d'euros, et ses dépenses s'élevaient à 73 millions d'euros, dont les trois quarts pour le financement de ses programmes et projets.

La fondation a publié plusieurs analyses sur l'agriculture. Parmi celles-ci, une étude de 2013 propose un essai de quantification de la valeur ajoutée des dépenses de l'Union européenne, y compris de celles de la politique agricole commune. Plus récemment, en mars 2017, la fondation a produit un document de réflexion sur la PAC et le budget européen, Preparing for the Multiannual Financial Framework after 2020, qui porte sur la raison d'être et la pertinence des objectifs de la PAC et de ses instruments, les questions d'économie politique et les moteurs et obstacles de sa réforme.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Lien : Bertelsmann Stiftung

10:35 Publié dans Mondialisation et international, Société | Lien permanent | Tags : portrait, bertelsmann stiftung, fondation |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2017

Le High Level Panel of Experts (HLPE), Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition

HLPE.jpg

Le Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition a été créé en octobre 2009, lors de la réforme de la gouvernance mondiale sur la sécurité alimentaire. L'ouverture à un plus grand nombre de parties prenantes était un des principes ayant présidé à sa constitution. Interface entre les politiques publiques et le monde de la recherche, le HLPE publie rapports et recommandations en réponse aux demandes spécifiques du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Ses productions, indépendantes des positions des États, visent à alimenter les débats au sein du CSA.

Les principales fonctions du HLPE sont de : i) faire un état des lieux de la sécurité alimentaire et de la nutrition ; ii) fournir une analyse scientifique fondée sur les connaissances disponibles et émettre des avis sur des questions précises ; iii) recenser les problèmes émergents et les hiérarchiser.

Le HLPE est composé d'un comité directeur élu pour un mandat de 2 ans et comprenant 10 à 15 experts reconnus dans des domaines liés à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Pour chaque thème traité, ce comité sélectionne des équipes projets. Ainsi, depuis sa création, le HLPE a bénéficié de la participation de 203 experts venant de 52 pays. Son budget annuel est de l'ordre de 1,4 à 1,7 million de $US, financé par un fonds volontaire rattaché à la FAO, et servant à son fonctionnement et non à la rémunération de ses membres.

Si le HLPE ne réalise pas de recherche scientifique en propre, il mobilise les travaux existants, avec l'objectif d'expliciter la diversité des points de vue et de mettre en évidence les controverses associées. Il s'appuie également sur des consultations publiques (deux par rapport), favorisant la transparence ainsi que l'ouverture à la diversité des connaissances locales et à l'échelle mondiale.

Le HLPE a déjà produit 12 rapports, notamment sur la volatilité des prix des matières premières agricoles en 2011, les agrocarburants en 2013 et, plus récemment, sur la nutrition et les systèmes alimentaires (voir à ce sujet un autre billet sur ce blog). Il a également publié deux notes sur les « Questions cruciales et émergentes pour la sécurité alimentaire et la nutrition ».

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Lien : HLPE