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16/12/2014

NTIC et information sur les prix agricoles : une étude de cas au Ghana

Le département de la Recherche de l’Agence française de développement (AFD) vient de consacrer, début décembre, le numéro 141 de sa collection « Documents de travail » à l’information sur les prix agricoles par la téléphonie mobile. Dans les pays en développement, les transactions « bord champ » sont encore monnaie courante. En effet, des réseaux routiers de mauvaise qualité isolent les petits producteurs installés en zone rurale, et il peut être difficile de se déplacer jusqu’aux marchés. Les commerçants itinérants peuvent alors profiter d’asymétries d’information sur les prix, au détriment des paysans.

Le texte de Julie Subervie (Inra) et Franck Galtier (Cirad) fait le point sur ces questions. Les auteurs passent en revue les travaux d’économie appliquée et expérimentale portant sur les effets de l’introduction des NTIC dans les pays en développement. Ils rapportent également les résultats d’une étude de cas au Ghana, à savoir une enquête auprès d’un groupe de producteurs dans le cadre d’un programme-pilote autour de la plateforme privée Esoko (base de données, information par SMS). Les résultats suggèrent « un effet significatif du SIM sur le prix de vente moyen : un gain de 12,7% en moyenne pour le maïs et de 9,7% en moyenne pour l’arachide ».

Comme on l’a vu dans les foyers d’innovation (États-Unis, Europe), l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) permet de renouveler les Systèmes d’Information de marché (SIM) mis en place par les États et les organisations professionnelles. L’utilisation des téléphones mobiles, d’internet et des smartphones peut ainsi rendre les marchés plus transparents (équité). On peut aussi en attendre, d'après les prémisses de la théorie économique, des bienfaits en matière de régulation des prix (remontée d’information vers les services d’intervention, dans le cas des SIM publics) et d’allocation des ressources (réduction du gaspillage).

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : AFD

15:22 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : ntic, afd, ghana |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2014

Phyto-victimes : approches sociologiques d’une mobilisation improbable

Les revues Sociologie du travail et La Nouvelle Revue du Travail ont publié récemment deux articles consacrés à l’association Phyto-victimes. Les risques liés aux produits chimiques phytosanitaires sont connus de longue date – l’existence d’un système d’autorisation de mise sur le marché et d’une politique de prévention des accidents de manipulation suffisent à l’attester. Mais ils font depuis quelques années l’objet d’un débat public renouvelé et soutenu.

Ces deux articles retracent l’histoire de l’association en analysant le parcours personnel des malades : « rupture biographique » que constitue la déclaration de maladie, nombreuses difficultés pour obtenir la reconnaissance comme « maladie professionnelle », échecs des démarches administratives, engagement dans la dynamique de l’association et « exploration » des voies d’action offertes par le droit (contre les fabricants ou la puissance publique). À partir d’entretiens approfondis avec les agriculteurs concernés et leur entourage, ils apportent des éclairages intéressants sur des « acteurs périphériques » qui ont permis de surmonter les obstacles à la mobilisation : journalistes engagés, juristes spécialisés dans les affaires d’intoxication en milieu professionnel, etc.

La mobilisation d’agriculteurs constitués en association de « victimes des pesticides » a joué un rôle important dans cette mise sur l’agenda public. Pour les sciences politiques, cette action collective est particulièrement intéressante car elle était « improbable ». Les répertoires d’action des agriculteurs sont en effet plutôt orientés vers un certain conformisme, avec une prise en charge collective des revendications par les syndicats représentatifs. De plus, le statut de profession indépendante ne facilite par les mobilisations communes et partagées. Enfin, la prescription de bonnes règles d’utilisation tend à renvoyer les cas d’intoxication vers l’erreur de manipulation, la négligence, etc., et donc à insister sur les comportements à risque des exploitants plutôt que sur la responsabilité publique collective.

Par ailleurs, notons que France-Culture a consacré une émission à ce sujet en septembre dernier, où interviennent d’autres chercheurs, Nathalie Jas et Christian Nicourt.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Sources :Sociologie du travail, La Nouvelle Revue du Travail

15:14 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : pesticides |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2014

Une légère hausse du nombre d’installations en 2013 mais qui ne compense pas les départs

La Mutualité Sociale Agricole vient de publier, début novembre, les derniers chiffres de l'installation en agriculture. Pour la MSA, la notion « d’installation » correspond à une première affiliation d’un individu en tant que débiteur de cotisations sociales. Selon cette définition, 13 200 exploitants agricoles se sont installés en 2013, contre 17 230 chefs d'exploitation qui ont cessé leur activité. Cette hausse de 6 % des installations, la première depuis trois ans, s’explique en partie par l’accroissement du nombre de départs à la retraite.

Les jeunes éligibles au dispositif d’aide à l’installation sont 6 800 en 2013, soit là aussi une hausse de 6,2 % par rapport à 2012. La superficie moyenne par jeune installé s’accroît, elle est de 35,5 hectares.

Les installations en sociétés sont toujours majoritaires : en 2013, 56,8 % des jeunes ont choisi de s’établir en société, principalement en EARL ou en GAEC.

À l’échelle régionale, la Corse, le Poitou-Charentes, la Champagne-Ardenne et la Picardie connaissent une hausse de leur nombre d’installations ; à l’inverse, l’Alsace et Rhône-Alpes ne bénéficient pas de la dynamique enregistrée en 2013.

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Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : MSA

 

15:11 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : msa, installations |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les derniers chiffres de l’emploi salarié dans les groupements d’employeurs agricoles

La MSA vient de publier une étude consacrée à la main-d’œuvre salariée dans les groupements d’employeurs agricoles de 2004 à 2013. Ces groupements permettent à de petites exploitations de se regrouper dans une structure tierce, pour embaucher un ou plusieurs salariés, afin de les employer en commun, à temps complet ou partiel.

En 2013, 68 200 salariés, représentant 22 094 équivalents temps plein (ETP), sont employés dans les 3 800 groupements d’employeurs agricoles, ce qui représente 7 % de l’emploi salarié du secteur de la production agricole. Ces établissements comptent en moyenne 5,8 ETP, et sont de taille supérieure à la moyenne de la production agricole nationale, qui est de 2 ETP. De plus, les contrats à durée indéterminée représentent 52 % du volume d’heures de travail.

Sept régions concentrent environ les trois quarts de l’emploi en groupements d’employeurs, les activités exercées par les salariés concernant essentiellement les cultures spécialisées dans le secteur de la production.

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Source : MSA

Enfin, depuis 2004, l’emploi en groupements d’employeurs connaît une hausse de 7 % par an en moyenne. Cette croissance s’explique par un double phénomène : l’augmentation du nombre de groupements d’employeurs et l’agrandissement de la taille des structures existantes.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : MSA

 

15:09 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : msa, groupements d'employeurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2014

L'agriculture française : une diva à réveiller ? Jean-Marie Séronie

L'auteur de cet ouvrage paru récemment, ingénieur agronome et expert comptable, a eu des activités professionnelles fort variées, mais toujours dans le champ du conseil et de l'accompagnement des agriculteurs. Il a souhaité, en écrivant cet essai, rassembler et ordonner ses expériences, proposer quelques idées et ainsi contribuer aux débats sur l'avenir de l'agriculture française.

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Pour lui, notre agriculture est, comme certaines divas d'opéra, pleine de talents et de réussites, d'exigences et d'ambitions, mais après avoir été admirée et flattée dans le passé, elle risque aujourd’hui de se trouver « déconnectée de la réalité économique » et de « sombrer dans la dépression » (partie 1). La diva eut de brillantes performances, pendant plusieurs décennies, grâce à la conjonction de quatre facteurs : un milieu naturel aux grandes potentialités ; la recherche agronomique et le progrès génétique ; le savoir-faire et l'implication des agriculteurs ; les politiques agricoles mises en œuvre.Or, nous serions à la fin de cette période faste, perdant des places face à nos concurrents, d'où ce « manque de confiance », ce discours permanent de crise, cette « peur de l'avenir » de la part d'agriculteurs qui se sentent marginalisés, remis en cause dans leurs pratiques, et qui savent que leur métier va encore profondément changer.

Selon l’auteur, la reconquête nécessitera de relever cinq défis (partie 2). Tout d’abord, celui de la mondialisation, de l'alignement sur les marchés internationaux, de la financiarisation et de l’accélération du rythme des échanges économiques. Ensuite, celui du passage à une « entreprise agricole flexible », résistante, managée de façon stratégique et innovante. Troisièmement, il faudra « accepter des horizons agricoles » de plus en plus variés : apporteurs externes de capitaux, recours au salariat, gestion déléguée d’exploitation, etc. Le quatrième défi sera de concilier adaptation au marché et gouvernance territoriale, et de moderniser les structures de gestion, de représentation et de conseil. Enfin, J-.M. Séronie rappelle qu’il faudra gérer les contradictions découlant de la complexité croissante de notre société et des injonctions paradoxales adressées à l'agriculture : réconcilier quantité et qualité, productivité et environnement, nature et technologie, industriels et locavores.

Pour relever ces défis, il faudra, d’après l’auteur, engager des actions énergiques et soutenues dans deux grands domaines (partie 3). En premier lieu, il conviendra de généraliser le modèle du « chef d’entreprise agricole autonome » : spécialisation des compétences, gestion des risques, flexibilité statutaire, stratégies locales d’alliance, externalisation de certaines tâches, diversification des activités, mais aussi réduction du suréquipement et prise de distance avec la logique patrimoniale. En second lieu, il sera nécessaire de s’affranchir de la conception dominante héritée des années 1960, donc de se libérer du modèle « d’exploitation agricole familiale » en modifiant la fiscalité (actuellement « trop favorable aux immobilisations »), en promouvant un nouveau « régime d’impôt sur les sociétés agricoles », en rendant le bail « véritablement cessible de droit comme le sont les baux commerciaux », en favorisant une nouvelle gouvernance territoriale de l’agriculture.

En conclusion, l’auteur procède à quelques comparaisons internationales, et le bon état de santé des agricultures danoise et allemande l’amène à penser que leur modèle pourrait, demain, inspirer la France, à condition « d’accepter la réalité », « d’avoir confiance », de changer le « regard que les agriculteurs portent sur eux-mêmes », et de considérer que le « nombre d’agriculteurs » est moins important que leur puissance économique.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Source : Éditions QUAE

 

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07/11/2014

Sociabilités rurales à l'épreuve de la diversité sociale. Vincent Banos et Jacqueline Caudau

Ces dernières années, les questions de mixité sociale et de cohabitation des usagers ont surtout été abordées pour les espaces urbains, à commencer par les grands ensembles d'habitat collectif des banlieues. L'intérêt de cet ouvrage est d'appliquer cette problématique aux zones rurales et de montrer comment les campagnes, longtemps considérées comme des lieux privilégiés d'intégration et de sociabilité, sont elles aussi de plus en plus confrontées au brassage social. Comment les habitants de ces espaces et en particulier les agriculteurs, devenus très minoritaires, vivent-ils cette altérité ? Quelles sont les opinions et représentations véhiculées par les uns et les autres, ainsi que leurs stratégies d'évitement ou leurs modalités de coopération ?

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Pour répondre à ces questions, les auteurs ont réalisé plusieurs enquêtes, essentiellement en Dordogne, centrées sur des situations typiques de cohabitation : relations de voisinage, hébergement à la ferme, visites d'exploitations, vente directe et marchés, festivals des traditions rurales, réunions et animations publiques, etc. Ils ont également utilisé plusieurs méthodes de recueil d'informations (analyse documentaire, entretiens ouverts, questionnaires plus fermés, et surtout observation participante). Leur cadre théorique, directement inspiré de l'approche interactionniste et pragmatique, privilégie l'analyse des situations concrètes et quotidiennes d'échanges : modalités de construction des occasions de coprésence, ajustements normatifs et négociations implicites entre acteurs, tactiques des agriculteurs pour éviter les sujets qui fâchent et « ne pas perdre la face ».

V. Banos et J. Candau soulignent bien la grande diversité des initiatives favorisant les rencontres entre agriculteurs et non-agriculteurs, qu'elles soient portées par les collectivités locales, les organismes professionnels ou les institutions touristiques. Mais ils indiquent aussi que ces interactions sont souvent superficielles, fuyantes, factices, plus de l'ordre de l'échange de sensations que du vrai débat contradictoire, et qu'elles ne contribuent pas à fabriquer un « monde commun ». Ils insistent aussi sur le fait que les exploitants craignent moins d'être critiqués par les résidents et visiteurs urbains que par des acteurs de leur propre milieu. Enfin et surtout, ils montrent que les espaces ruraux sont travaillés depuis les années 1980 par un double processus d'écologisation et de patrimonialisation, que fleurissent les discours enchantés et enchanteurs mettant en avant leur « naturalité » et « authenticité », et que le marketing territorial vend aux urbains mobiles du terroir stéréotypé et du paysan muséifié. Les agriculteurs du Périgord tombent eux-mêmes dans le piège de cette mythologie ruralisante en surjouant l'autochtonie, manière pour eux de défendre leur statut face à leurs visiteurs. Finalement, pour les auteurs, notre société de réseaux et de flux, qui met en scène et « met en désirs » ses campagnes, y juxtapose les particularités plus qu'elle n'intègre la diversité.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Editions QUAE

 

 

 

10:29 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/06/2014

Circuits courts aux États-Unis : l'essor des regional food hubs

La commercialisation locale des produits agricoles aux États-Unis ne représentait que 0,4% des ventes et 5,5% des exploitations en 2007, mais elle connaît une croissance exponentielle, notamment due à des politiques publiques favorables, d'après une récente présentation mise en ligne sur le site de l'USDA (United States Department of Agriculture).

Cette croissance est fortement tirée par la demande. De plus en plus de consommateurs cherchent à s'approvisionner localement, avec comme principales motivations la volonté de se procurer des produits meilleurs et plus sûrs, et le souhait de soutenir l'économie locale.

Le secteur de la restauration est fortement engagé : la National Restauration Association estime qu'en 2014, la principale tendance dans les restaurants américains est de proposer des plats faits à partir de matières premières locales. Les entreprises de la distribution sont également concernées, 87% des consommateurs considérant comme très important de pouvoir trouver des produits locaux sur les étals.

Parmi les producteurs engagés dans des circuits de distribution locale, seuls 18% commercialisent la totalité de leur production directement aux consommateurs. La moitié en revanche le font à travers des intermédiaires (restaurants, commerces, etc).

circuits courts,etats-unis

Source : USDA

Cette évolution est accompagnée par l'USDA à travers une politique de mise en place de regional food hubs. Il s'agit de plateformes logistiques locales, fournissant un service en amont aux producteurs souhaitant intégrer des circuits locaux, et en aval aux commerces, restaurants et institutions cherchant à s'approvisionner localement. En parallèle, la politique de l'État consiste également en la promotion de la demande en produits locaux à travers les écoles, les hôpitaux et les bases militaires.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

30/05/2014

Des Farmers Field Schools aux Field Labs : innovation sociale et recherche participative en débat

L'International Initiative for Impact Evaluation s'est attelée à une méta-analyse des projets de développement rattachés aux Farmers Field Schools (FFS), à partir d'un corpus de 500 études et rapports sur des expériences menées en Afrique noire, en Amérique du Sud et en Asie, où l'approche FFS s'est institutionnalisée, dépassant dans certains cas (Cambodge, Indonésie) le stade des projets pilotes pour donner lieu à un plan national en faveur de la protection intégrée des cultures.

Par opposition au transfert des connaissances top-down privilégié par le conseil agricole et les appareils de R&D, les FFS souhaitent privilégier l'apprentissage par l'expérience, les démarches participatives et la montée en autonomie (empowerment) des acteurs, pour promouvoir des pratiques en rupture avec l'agriculture conventionnelle, plus économes en intrants (engrais, pesticides) et plus respectueuses de l'environnement. La méta-analyse publiée en mai dernier dégage les éléments essentiels de la conduite des projets de type FFS : élaboration des programmes d'action (importance du recrutement des formateurs) ; phase d'apprentissage (expérimentations au champ, comparaisons de conduites des cultures) ; et « diffusion » ou « dissémination » au-delà des producteurs impliqués dans les sessions de formation. 

Les biais et barrières à l'adoption des pratiques sont repérés à chacune de ces étapes. In fine, l'efficacité de cette approche (mesurée par le changement des pratiques, la diminution des traitements, l'augmentation des rendements, etc.) semble prouvée pour les projets de petite taille (expériences pilotes). Mais le changement d'échelle (scaling up) et la pérennisation des dispositifs d'apprentissage paraissent plus problématiques. En effet, les grands programmes nationaux, en cherchant à toucher un large public, peuvent perdre de vue la philosophie participative des FFS, très exigeante en termes d'animation et de mobilisation de ressources humaines. Les FFS sont également les mieux appropriées à la diffusion de pratiques agroécologiques reposant sur des connaissances fines des agroécosystèmes et sur l'observation des milieux.

Cet enjeu se retrouve dans les pays développés, où de nombreux chercheurs plaident aujourd'hui pour un renouvellement du système de R&D agricole par une meilleure implication des agriculteurs dans la production et l'adaptation des connaissances. Un article publié dans la revue Nature fournit un point intéressant sur ces discussions, les field schools faisant place, dans des dispositifs comme le Partenariat Européen pour l'Innovation (PEI), à de véritables field labs.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : International Initiative for Impact Evaluation

16:03 Publié dans Agriculteurs, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : field labs |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/04/2014

Les chiffres 2012 de la MSA sur la démographie des exploitants et entrepreneurs agricoles

La MSA vient de publier une analyse descriptive de la population des exploitants et entrepreneurs agricoles, à partir de données récentes (2012). Ces données recoupent largement celles publiées par le Service de la statistique et de la prospective du MAAF dans le cadre des bilans annuels de l'emploi agricole.

Selon les sources MSA, la diminution de la population agricole se poursuit à un rythme plus modéré que sur la décennie 2000 : -1,4% par rapport à 2011, pour un total de 388 000 exploitations ou entreprises agricoles ayant à leur tête un non-salarié. L'âge moyen s'établit à 48 ans, avec une tendance au vieillissement prononcée. Le rapport confirme d'autres tendances lourdes, comme l'essor des formes sociétaires (GAEC, EARL) qui deviennent majoritaires (53%).

De façon liée, on trouvera également dans cette publication des éléments intéressants sur les dynamiques sectorielles (« céréalisation ») et sur l'avenir prévisible du paysage foncier. Ainsi, les terres potentiellement libérables à l'horizon de cinq ans représenteraient, en 2012, 3,8 millions d'hectares, soit 16% de l'ensemble des terres, avec un poids plus marqué sur le pourtour méditerranéen.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : MSA

15:41 Publié dans Agriculteurs, Territoires | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

Eurobaromètre sur les Européens, l'agriculture et la PAC

Publié en mars 2014, l'Eurobaromètre spécial 410 sur « Les Européens, l'agriculture et la PAC » s'inscrit dans le contexte de l'adoption de la nouvelle PAC 2014/2020. Sur commande de la Commission européenne, cette enquête d'opinion, qui porte donc essentiellement sur des jugements déclaratifs, a été réalisée fin novembre-début décembre 2013 par TNS Opinion & Social dans les vingt-huit États membres, auprès d'un échantillon de près de 28 000 citoyens. Elle fait suite aux deux enquêtes précédemment conduites en novembre 2009 (Eurobaromètre spécial 336) et mars 2012 (Eurobaromètre spécial 389).

Parmi les principaux résultats, on peut relever que les Européens accordent une importance croissante à l'agriculture et que, pour une majorité, il est nécessaire d'assurer une diversité des agricultures et des produits alimentaires au sein de l'UE. La connaissance de la situation de l'agriculture reste relative, mais 61% des personnes interrogées savent que les revenus agricoles restent moins importants que dans d'autres secteurs économiques.

Près des deux tiers (contre seulement 41% en 2009) des Européens ont entendu parler du soutien accordé aux agriculteurs dans le cadre de la PAC, sans toutefois en connaître les détails. Plus de 80% des personnes interrogées soutiennent les éléments clés de cette politique (garantie de l'approvisionnement en produits alimentaires, développement plus équilibré des zones rurales, soutien aux jeunes agriculteurs, etc.). Par ailleurs, environ 90% des Européens perçoivent positivement le principe d'accorder les aides de manière plus équitable et plus ciblée, et de les lier au respect de pratiques agricoles bénéfiques à l'environnement. Pour plus des trois quarts des personnes interrogées, la PAC profite à tous les citoyens de l'Union. Les Européens soutiennent ainsi l'aide financière accordée aux agriculteurs, leur attribuant un rôle important dans la société (offre d'une diversité de produits de qualité, maintien de l'emploi et de l'activité économique dans les zones rurales, protection de l'environnement).

Deux types de denrées alimentaires, le lait et certaines viandes, ont également été abordés au cours de l'enquête. En matière de traçabilité, le pays d'origine est l'information la plus attendue par les consommateurs, et 53% des personnes se disent prêtes à payer plus cher (1 à 2%) pour que ces informations apparaissent sur les étiquettes. Enfin, la qualité est le premier facteur d'achat de ces produits pour les consommateurs de l'UE.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

15:38 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : ue |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/03/2014

Image des agriculteurs dans la société française: une dégradation en 2013 ?

À l'occasion du Salon de l'agriculture, l'Ifop a publié son 14e « baromètre » sur l'image des agriculteurs, réalisé pour le compte de Ouest-France. L'enquête par sondage auprès d'un échantillon de 1011 personnes permet de constater une certaine dégradation de l'image de la profession. Les « traits d'image » positifs reculent : ainsi, « les Français ne sont plus que 70% à juger que les agriculteurs sont des personnes en qui les consommateurs peuvent avoir confiance, soit une chute de 10 points » par rapport à février 2013. D'autres traits d'image sont également en baisse, avec respectivement 53% et 49% des Français estimant que les agriculteurs sont « compétitifs » et « respectueux » de l'environnement. Les traits d'image négatifs, eux, resteraient stables : « 44% des Français les voient comme des assistés ». S'agissant de la consommation des produits de l'agriculture, « une majorité de Français (56%) se dit toujours prête à payer plus cher les produits alimentaires afin de garantir un revenu correct aux agriculteurs ». Des pistes d'analyse sont avancées comme l'effet de l'« affaire Spanghero » sur la confiance du consommateur.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : IFOP 

14:38 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/02/2014

Les agriculteurs, catégorie socioprofessionnelle la plus exposée au burn-out ?

Le cabinet Technologia vient de livrer les premiers résultats d'une étude, combinant entretiens approfondis et sondage quantitatif, qui souhaite préciser le statut nosologique du burn-out. Si l'ensemble de la population est concerné (« 12,6% des actifs occupés sont en risque élevé de burn out »), il en ressort que les exploitants agricoles sont la catégorie socioprofessionnelle la plus exposée, avec 23,5% de travail « excessif et compulsif », devant les cadres, les artisans et commerçants, et les chefs d'entreprise. Chiffres que l'on ne manquera pas de rapprocher des débats récurrents sur l'importance des suicides chez les agriculteurs.

À ce stade, aucun élément d'analyse n'est avancé. La réalité du burn-out fait cependant encore débat. Est-on face à une maladie qui mériterait d'être reconnue comme maladie professionnelle à part entière, ayant sa place dans les tableaux de prise en charge de l'assurance maladie ? S'agit-il au contraire d'une notion mal formée, qui obscurcit la réalité de pathologies spécifiques déjà répertoriées ?

La méthodologie retenue est essentielle pour juger des résultats de l'étude annoncée par Technologia. On suivra donc sa publication avec intérêt, d'autant que l'étude prétend « servir de base à un appel pour la reconnaissance de l'épuisement professionnel aux tableaux des maladies professionnelles ».

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Technologia

10:27 Publié dans Agriculteurs, Santé et risques sanitaires | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/02/2014

Felfies, réseaux sociaux et besoins numériques des agriculteurs

Alors que les selfies (des photos de soi-même prises par ses propres soins) enflamment les réseaux sociaux, les agriculteurs se sont aussi emparés de ce phénomène à leur manière, et ce à travers le monde. Le Irish Farmers Journal a organisé un concours de felfies sur Facebook, qui a connu un grand succès. Il existe maintenant un blog dédié aux felfies, contraction de "farming" et "selfies", créé par un agriculteur de l'Essex au Royaume-Uni. 

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P.J. Ryan de Newport, Co. Tipperary, gagnant du concours de felfies.

Photo: IRISH FARMERS JOURNAL/FACEBOOK

Ce phénomène donne matière à réfléchir sur le lien entre Internet, médias sociaux et agriculteurs. Un récent sondage (enquête « Agrinautes-agrisurfeurs » 2013 réalisée par BVA pour Terre-net) a montré que 44% des agriculteurs avaient besoin d'Internet en dehors du bureau, sur les parcelles, en salle de traite, etc., et que 22% des agriculteurs étaient équipés de smartphones. Malgré les inégalités numériques qui touchent encore le monde agricole (la moitié des agriculteurs n'a pas accès à Internet à haut débit), l'utilisation d'applications numériques suit une tendance haussière depuis plusieurs années, principalement pour les prévisions météorologiques, le suivi des cours et marchés, la gestion des données en lien avec l’exploitation (élevage, parcelles, comptabilité). Cette enquête a également révélé qu'un quart des agriculteurs utilisait aujourd'hui les réseaux sociaux dans le cadre professionnel. Autant de thèmes qui font écho à la conférence organisée par le SYRPA intitulée « Réseaux sociaux et agriculteurs : l'agriculture est-elle (enfin) à la page? », qui a eu lieu le 13 février 2014.

Élise Delgoulet et Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Sources : http://farmingselfie.com/ et Terre-net 

 

10:21 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Agriculteurs, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2014

Représenter les agriculteurs : de l'unité symbolique à l'éclatement ?

Dans sa dernière livraison, la revue Politix consacre un dossier aux agriculteurs comme groupe social. Jusqu'aux années 1980, la cogestion des questions agricoles entre l'État et le syndicalisme majoritaire est allée de pair avec une impression d'unité socioprofessionnelle, les représentants parvenant à formuler ou à imposer l'intérêt commun du « monde agricole », au-delà des différences entre orientations techniques, régions de production et familles politiques.

Selon Ivan Bruneau, qui propose une synthèse historique très utile, on assisterait depuis à une érosion de ce « pouvoir de représentation ». Les articles du dossier entendent le démontrer à partir d'enquêtes dans différents « lieux de production des intérêts agricoles » : espaces médiatiques (Ivan Chupin et Pierre Mayance sur l'autonomie relative des journalistes de la presse agricole à l'égard de la contrainte syndicale ; Édouard Lynch sur les grèves du lait en France en 1964, 1972 et 2009), syndicats généralistes (Élise Roullaud sur les « experts » de la PAC au sein de la Confédération paysanne ; Alexandre Holbeika sur la FDSEA de l'Orne), mais aussi espaces « spécialisés », engagés dans une dynamique de reconnaissance institutionnelle (Madlyne Samak sur l'agriculture biologique dans les Alpes-Maritimes, Juliette Rogers sur les AOC fromagères en Basse-Normandie et en Bourgogne).

Au-delà du secteur agricole, sont ainsi posées à nouveaux frais des questions classiques de la science politique : « quelles sont les logiques sociales et politiques qui structurent aujourd’hui la formation des groupes militants ? Comment sont sélectionnés les porte-paroles et les responsables ? Comment s’articulent les différents niveaux de production et de diffusion des discours et revendications ? ».

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : http://www.cairn.info/revue-politix-2013-3.htm

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07/01/2014

Une étude en ligne sur l'image de l'industrie agroalimentaire

Alphacoms et Dictanova ont mis en ligne une étude sur l'image que se font, sur Internet, les agriculteurs, les employés de l'agroalimentaire et les consommateurs, au sujet de l'industrie agroalimentaire. Cette étude a été réalisée à partir de verbatims recueillis sur le web pour la période 2011-2013 (forums de presse, réseaux sociaux, etc.). Les thèmes qui émergent principalement sont pour les agriculteurs, le souhait d'une meilleure valorisation de leurs productions, pour les consommateurs l'exigence d'une nutrition de qualité et la défiance envers le secteur industriel, et pour les salariés de l'agroalimentaire les mauvaises conditions de travail. Cette étude confirme donc la mauvaise image des métiers des IAA, avec une pénibilité du travail importante et des rémunérations relativement faibles.

Source : http://www.etude-image-industrie-agroalimentaire.com/

15:23 Publié dans Agriculteurs, IAA, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook