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14/10/2019

Impacts de la Politique agricole commune actuelle sur l'agriculture des « pays en développement »

Le Comité européen des régions a publié récemment une évaluation des impacts des subventions de la Politique agricole commune (PAC) sur les prix et volumes des denrées alimentaires produites et exportées par l'Union européenne (UE) vers 83 pays en développement dits « vulnérables » (PVD, regroupant les pays les moins avancés, ceux d'Afrique subsaharienne et ceux signataires de l'Accord de Cotonou). Les auteurs du rapport commencent par une synthèse d'analyses antérieures sur le sujet. Ils étudient ensuite les cas de la poudre de lait, de la viande de poulet et des produits transformés à base de tomate : pour ces produits, les productions européennes représentent respectivement 35 %, 46 % et 12 % des importations des PVD.

Évolution des exportations européennes agricoles et agroalimentaires vers les pays en développement vulnérables, entre 2005 et 2018

PAC2.jpg

Source : Comité européen des régions

Pour le lait en poudre, les subventions de la PAC ont contribué à accroître le volume des exportations européennes, avec un impact négatif limité sur les prix. Elles n’ont pas influencé les exportations vers les PVD : le principal facteur de croissance, indépendant de la politique agricole, a été le développement technologique innovant de poudres de lait écrémé ré-engraissées avec de la matière grasse végétale, produit bon marché en concurrence directe avec les productions laitières locales et la poudre de lait entier traditionnelle. Pour la viande de poulet, les aides de la PAC n’ont influencé ni le prix ni le volume des exportations vers les PVD. Indépendamment des subventions, la croissance globale des viandes de poulet (essentiellement congelées), destinées pour moitié aux PVD, découle des préférences des consommateurs de l’UE pour certains morceaux (filets), les 25 % restant des carcasses (ailes, cuisses, abats) étant valorisés à l'exportation, là encore en concurrence directe avec les producteurs locaux. Pour les produits transformés à base de tomates, les aides européennes auraient une influence sur les prix de marché des PVD, mais elles n’ont pas eu d'effet significatif sur les volumes exportés.

Enfin, les auteurs suggèrent des évolutions pour la future PAC : une discipline plus stricte sur les aides couplées, des mesures de gestion des marchés ne déstabilisant pas les prix pour les producteurs des PVD, l’achèvement du processus de convergence des paiements directs, l'élimination progressive des paiements découplés pour le soutien au revenu à remplacer par des paiements explicitement liés à la fourniture de biens publics.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : Comité européen des régions

11:34 Publié dans 4. Politiques publiques, Développement, PAC | Lien permanent | Tags : pac, pays en développement, lait, viande, tomate |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/02/2019

Publication de l'Académie d'agriculture sur le secteur laitier : enseignements des crises récentes et proposition d'instruments de régulation

L'Académie d'agriculture a publié, en janvier 2019, un article de G. Bazin, A. Pfimlin et T. Pouch, consacré à une analyse des crises successives et imbriquées du secteur laitier. S'appuyant sur ce bilan, ils proposent ensuite la mise en œuvre d'instruments de régulation, dans le cadre des textes européens actuels.

Au cours des quatre dernières années, le secteur laitier européen et mondial a connu des secousses majeures, inédites par leur ampleur et leur enchaînement. À partir de la hausse de production qui devançait la fin des quotas laitiers, les auteurs expliquent comment, amplifiée par les anticipations synchrones des gros producteurs européens, elle a mené à une surproduction, face à des marchés finalement étroits et peu dynamiques. Compte tenu des investissements réalisés en prévision de la fin des quotas, la chute des prix a conduit les éleveurs à accroître à nouveau les volumes produits, créant une spirale déflationniste. Face à cette crise, les auteurs rappellent que la ré-introduction de mesures de régulation de l'offre est restée taboue en Europe jusqu'en octobre 2016. Dans l'intervalle, les stocks de poudre à l'intervention se sont alourdis, sans pour autant parvenir à absorber la surproduction, et pèsent encore sur les marchés.

Pour les auteurs, le premier enseignement à tirer est celui de l'interconnection des marchés laitiers, entre eux et avec les phénomènes macro-économiques généraux. Les analyses et prévisions, fondées sur un marché historiquement régulé, ont largement sous-estimé son instabilité endogène. Des outils d'information plus fiables sont donc nécessaires, et l'instabilité économique et géopolitique doit désormais être prise en compte dans la conception des politiques publiques. Enfin, de nouveaux outils de régulation, plus réactifs et collectifs, leur paraissent indispensables.

Prix du lait en Europe (bleu) et niveaux de valorisation en beurre et poudre de lait industriels (rouge)

Lait.jpg

Source : Académie d'agriculture

Par ailleurs, les auteurs pointent le fait que le prix du lait en Europe est étroitement corrélé aux cours mondiaux des produits industriels (voir figure), et que c'est bien la surproduction européenne qui a déstabilisé (et déstabilise encore) ces marchés. Cette instabilité, mais aussi l'inefficacité du système actuel, plaident pour une régulation selon deux axes : une application plus stricte des normes agro-environnementales, qui contribuerait à désintensifier les régions les plus productrices et à limiter les surproductions ; des mesures de réduction des livraisons de lait (du type bonus / malus), qui se révèlent à la fois efficaces, réactives et finalement peu coûteuses. Les débats européens sur le sujet s'annoncent riches.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Académie d'agriculture

16:33 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : secteur laitier, lait, crise, régulation |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/02/2019

Un panorama de la filière laitière chinoise : des difficultés pour rebondir suite à la crise de 2008

Dans une étude publiée fin 2018, l'Institut de l'élevage fait le bilan des évolutions de la filière laitière chinoise, dix ans après le scandale du lait frelaté à la mélamine. En croissance exponentielle jusqu'en 2008, la production stagne depuis à un niveau qui ne permet pas de satisfaire une demande croissante et qui tend à se diversifier. La production se concentre au sein de grands élevages, parfois intégrés verticalement et favorisés par le gouvernement, qui les juge plus fiables sur le plan sanitaire, alors que les petits élevages familiaux sont en déclin. Les systèmes de production reposent sur des fourrages importés, d'où des coûts de production élevés. Ceci pénalise les transformateurs, qui pâtissent en outre de la concurrence des importations européennes et océaniennes, et certains d'entre eux cherchent aujourd'hui à acquérir des unités de production à l'étranger. En conclusion, les auteurs estiment que la Chine continuera à dépendre des importations pour son approvisionnement en produits laitiers.

Évolution de la production de lait en Chine

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Source : Idele

Source : Institut de l'élevage

13:04 Publié dans Filières agricoles, Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : chine, lait, idele |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/01/2019

Le marché international : un relais de croissance pour le secteur agroalimentaire français en 2017

Une étude, publiée en novembre dernier par l’Observatoire financier des entreprises agroalimentaires, du Crédit agricole, analyse l'état financier des entreprises du secteur en 2017, par rapport à l'année précédente, avec un focus sur les filières viandes, lait, plats cuisinés et snacking. Les données utilisées sont issues des bilans 2017 d'un échantillon d'entreprises dont le chiffre d'affaires (CA) est supérieur à 2 millions d'euros. Cette publication revêt un intérêt particulier dans la mesure où elle s'appuie directement sur les données comptables, en distinguant l'activité réalisée aux niveaux national et international.

En 2017, le secteur agroalimentaire a été confronté à un marché national peu dynamique et a trouvé ses relais de croissance sur les marchés internationaux. Les opérations de croissance externe, réalisées principalement hors France par les « leaders » (plus de 500 millions d'€ de CA), ont contribué pour moitié à l’augmentation du chiffre d'affaires des industries agroalimentaires (IAA) par rapport à 2016. La hausse de l’activité à l’international (+ 6 % de CA) est largement imputable aux exportations de vins et spiritueux à destination des États-Unis et de l'Asie. Sur le marché domestique, le CA du secteur est en repli (- 0,6 %), tiré à la baisse par la filière céréalière qui a subi des prix bas et un repli des volumes récoltés pour sa campagne 2016/2017.

La capacité des entreprises à trouver des relais de croissance à l'international est inégale selon les secteurs considérés. Dans celui du lait, la croissance du CA s'explique pour une grande part par la hausse des cours mondiaux, des opérations de croissance externe et la progression des exportations vers les pays tiers et de celles du lait infantile. Au contraire, dans le secteur des Plats cuisinés & Snacking, la part de l’activité à l’international baisse et demeure structurellement faible par rapport à la moyenne des IAA (moins de 10 % contre 36 %). Cela est lié en partie aux différences d'habitudes alimentaires, propres à chaque pays. Dans le secteur de la viande, la part de l’activité à l’international est également faible, bien qu'en augmentation notable en 2017, du fait des investissements de certains grands leaders français à l'étranger.

Évolution du chiffre d’affaires des IAA par filière et répartition France/international

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Source : Crédit Agricole

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : Crédit agricole

14/11/2018

Évaluation de l'efficacité économique et environnementale d'une mesure volontaire soutenant le lait produit à partir d'herbe en Suisse

Deux chercheurs d'Agroscope, le centre de compétences de la Confédération helvétique pour la recherche agricole, ont publié en septembre, dans le Journal of Agricultural Economics, une évaluation de l'impact économique et environnemental d'une mesure volontaire encourageant la production de lait à base d'herbe. Cette aide (qui couvre aussi les bovins viande), a été introduite en Suisse en 2014, afin de limiter l'usage de concentrés alimentaires et de maïs dans la production laitière au profit du pâturage. Elle combine une incitation économique (200 francs suisses/ha, soit environ 175 €/ha), avec des restrictions sur la composition de la ration alimentaire animale. Cette évaluation est l'une des premières disponibles sur l'efficacité d'une aide couplant un soutien direct pour le pâturage avec une régulation environnementale.

Pour analyser les effets de ce soutien, les auteurs ont combiné de façon originale deux méthodes, dont les résultats ont été comparés. D'une part, ils les ont économétriquement évalués ex post par une approche dite de l'« écart des différences » (differences-in-differences), en utilisant des données analogues au RICA de 2011 à 2015. D'autre part, ils ont utilisé un modèle de simulation des comportements des agents économiques suisses (SWISSland). Ces deux méthodes ont chacune conduit à la construction de contrefactuels permettant d'évaluer l'effet propre de la mesure, et leurs résultats se sont révélés cohérents entre eux.

Agroscope démontre ainsi que le programme a réduit l'utilisation de concentrés alimentaires, mais pas de maïs, et qu'il a bien accru le recours au pâturage. Il a conduit à la diminution des rendements laitiers, ce qui a augmenté les prix du lait en Suisse. Il a également directement amélioré le revenu des agriculteurs, par l'aide financière apportée, mais aussi indirectement par la réduction des charges liées aux intrants. En revanche, le programme n'a eu aucun impact environnemental, qu'il s'agisse du surplus azoté ou de la surface en prairies, les agriculteurs ayant continué à utiliser du maïs dans la ration alimentaire de leur cheptel et intensifié son chargement sur les parcelles. Les auteurs concluent que les restrictions imposées sur l'alimentation animale et sur les pratiques de pâturage, pour percevoir l'aide, étaient insuffisantes, et qu'elles devraient être complétées pour avoir un effet environnemental.

Résultats des simulations du modèle SWISSland sur les effets économiques et écologiques, à court et long termes, du soutien au lait à l'herbe (« GMF »)

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Source : Journal of Agricultural Economics

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Journal of Agricultural Economics

06/03/2018

Conférence au SIA sur l'avenir de la filière laitière néo-zélandaise

À l'occasion du Salon international de l'agriculture (SIA), l'Institut de l'élevage a organisé une conférence portant sur la production de lait en Nouvelle-Zélande (dont une vidéo est disponible en ligne). Il s'agissait de présenter les résultats d'un voyage d'étude auquel ont pris part une quinzaine de participants venus d'horizons divers (coopération, conseil, fédérations de producteurs et de transformateurs). Prenant la parole à tour de rôle, ces derniers ont dressé un état des lieux des défis auxquels la filière laitière néo-zélandaise est confrontée.

Pour les participants, cette dernière est aujourd'hui à un tournant. L'augmentation des coûts de production et du niveau d'endettement des éleveurs, ainsi que les contraintes environnementales de plus en plus prégnantes, interrogent quant à la capacité de la filière à poursuivre sa croissance. La question du Brexit et du futur accord de libre-échange Union européenne - Nouvelle-Zélande a également été évoquée. Si l'UE n'est pas un marché cible pour les Néo-Zélandais, ces derniers voient plutôt d'un bon œil le départ du Royaume-Uni. Ils espèrent pouvoir ainsi ré-investir ce marché aujourd'hui principalement alimenté par les Irlandais et les Néerlandais.

Source : Institut de l'élevage

09:53 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : sia, conférence, lait, nouvelle-zélande, brexit |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2018

Consommateurs américains : une étude sur leur degré d'acceptation du lait de vaches clonées

Ce travail, publié dans Food Policy en janvier 2018, s'inscrit dans le contexte du moratoire actuel sur la commercialisation de ce produit par le ministère américain de l'Agriculture (USDA). Ce moratoire a suivi, en 2008, l'avis de la Food and Drug Administration (FDA), considérant que la viande et le lait des vaches clonées étaient aussi sains que ceux des vaches élevées de façon conventionnelle, et ne justifiaient donc pas d'étiquetage particulier.

Pour caractériser le degré d'acceptation des consommateurs en la matière, une expérimentation a été menée en octobre 2012 sur un échantillon de 148 adultes, dans quatre sites de l’État du Delaware : un parc public, un magasin d'alimentation « naturelle », un marché fermier urbain et l'université du Delaware. Le texte de la FDA, sur l'innocuité du lait de vaches clonées, a été lu aux participants et des récipients de lait (issu ou non d'animaux clonés) leur ont été présentés. Chaque participant devait choisir la compensation minimale (entre 0 et 5 $) qu'il estimait juste pour échanger une tasse de lait « conventionnel » contre une tasse de lait issu de vaches clonées. Une compensation nulle signifiait une indifférence vis-à-vis du mode de production, une compensation de 5 $ signifiait une faible probabilité de consommer le deuxième type de lait.

La compensation moyenne demandée par les individus était de 2,65 $, avec des différences selon les sites : la plus élevée dans le magasin d'alimentation « naturelle » (3,18 $), la plus basse à l'université (1,44 $). Un quart de l'échantillon ne demandait pas de compensation, alors qu'un tiers demandait la compensation maximale de 5 $. Cette hétérogénéité des préférences pourrait conduire, lors d'une éventuelle mise sur le marché, à des étiquetages volontaires du lait garanti « conventionnel », comme cela s'est déjà produit avec le lait garanti sans Bst (somatotropine bovine, hormone augmentant la production laitière). Les consommateurs veulent pouvoir identifier ces produits pour faire leurs achats en connaissance de cause. L'article analyse aussi les possibles facteurs explicatifs de cette hétérogénéité, parmi lesquels les sensibilités et connaissances des répondants en matière d'éthique, de santé des animaux clonés, d'impacts environnementaux et de sécurité sanitaire des produits.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Food Policy

10:59 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : clonage, vaches clonées, lait, acceptation |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/04/2017

Une analyse des opportunités des marchés à terme pour le secteur laitier

L'unité Analyse et Prévisions de la DG Agriculture de la Commission européenne a publié, en mars 2017, une analyse sur les opportunités des marchés à terme pour la gestion du risque dans le secteur laitier. Les auteurs rappellent de quelle façon, depuis 2007, les marchés laitiers européens ont été plus étroitement connectés à des marchés mondiaux devenus plus volatils. Le prix européen de la poudre de lait écrémé s'inscrit ainsi à des niveaux de volatilité inédits pour cette filière, désormais comparables à ceux des prix des céréales.

Volatilité annuelle moyenne : évolutions 1991-2016 pour différents produits

marches-lait.jpg

Source : Commission européenne – DG Agri

Dans ce contexte, les auteurs développent les usages et intérêts des marchés à terme dans la gestion de cette instabilité des prix. Ils reviennent, de manière pédagogique, sur les principes de ces marchés, avec des exemples d'utilisation concrète dans la gestion du risque prix pour un opérateur.

Différents marchés à terme sont aujourd'hui proposés dans le monde pour le secteur laitier, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Europe. Si les marchés américains ont le plus d'antériorité et sont les plus diversifiés (avec des contrats sur le beurre, les poudres, le fromage, mais aussi le lait), ce sont également les seuls à couvrir une part significative de la production. De plus, les auteurs relèvent le fait que les contrats Euronext sont les seuls à reposer sur des livraisons physiques lors du débouclage à l'échéance (physically settled), les contrats américains et néo-zélandais ayant opté pour des débouclages financiers (cash settled) sans échange de marchandise.

Encore récents, les marchés européens se développent, mais restent très modestes et peinent à atteindre une liquidité suffisante. Parmi les freins à leur développement, les auteurs pointent ce choix de marchés à débouclages physiques, guère adaptés à des produits périssables et peu homogènes. Par ailleurs, une part significative de la production et de la transformation laitière européenne est faiblement corrélée aux marchés mondiaux (produits de grande consommation, comme les fromages, l'ultra-frais, etc.) et ne trouverait qu'un intérêt marginal dans l'utilisation de ces outils, d'autant plus qu'ils requièrent une technicité spécifique, encore peu développée dans la filière.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

16:48 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : marchés à terme, lait, volatilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/12/2016

Lait : un rapport optimiste fait le point sur le potentiel à l'export des États-Unis

L'Economic Research Service de l'USDA a publié récemment un document faisant le point sur le secteur du lait et la place des États-Unis dans les marchés mondiaux des produits laitiers. Ce rapport commence par une synthèse réussie des politiques agricoles des différents pays et de la situation du secteur depuis une décennie. Puis sont rappelées les conditions de la montée en puissance récente des exportateurs américains (voir figure ci-dessous), laquelle fait suite à un accroissement important de la demande asiatique et à des accords commerciaux avec l'Union européenne. Les auteurs continuent par l'analyse du potentiel des différents pays concurrents dans les prochaines années.

Évolution en valeur des importations et exportations américaines de produits laitiers depuis 1995

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Source : USDA

Dans la partie conclusive, les auteurs présentent des projections de l'USDA qui anticipent une poursuite de l'accroissement de la demande mondiale à moyen terme. Ces nouvelles parts de marché seraient en mesure d'absorber une augmentation régulière de la production américaine, dont le lait resterait compétitif grâce à une productivité par vache largement améliorée. En 2025, les exportations grimperaient de 55 % par rapport à 2015. Aussi, malgré une demande chinoise qui conserve une certaine imprévisibilité, et les concurrences néo-zélandaise et européenne, qui présentent des potentiels de croissance relativement importants, le lait américain aurait de beaux jours devant lui. Selon les auteurs, la concurrence serait limitée : en effet, les Européens devront composer avec de forts coûts de production, les Néo-Zélandais et leur système à l'herbe manqueront de terres, tandis que les Australiens seront limités par des sécheresses à répétition. Enfin, les accords commerciaux transpacifique et transatlantique négociés par les États-Unis seraient particulièrement bénéfiques à la compétitivité des éleveurs américains : les baisses des droits de douane permettraient un accès à des parts de marché très importantes.

Toutefois, il convient de préciser ici que le changement de président aux États-Unis pourrait remettre en question la signature de nombreux accords commerciaux, tant bilatéraux que régionaux.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

13:17 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : etats-unis, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2016

Des « crédits carbone » pour les petits producteurs de lait

La FAO a publié en novembre dernier une méthodologie pour permettre aux petites exploitations productrices de lait d'accéder aux crédits carbone. Elle a bénéficié, dans le cadre des mécanismes pour un développement propre de l'ONU, de la certification par l'organisme Gold Standard. Ce dernier, créé en 2003 à l'initiative d'ONG dont le WWF, regroupe plus 1 100 projets certifiés dans 70 pays.

L'objectif est double : donner accès à ces producteurs à des sources de financement (crédits carbone) et réduire l'empreinte carbone. La composition de l'alimentation ou les équipements bas-carbone (efficacité énergétique) font partie des actions retenues. Ce dispositif est actuellement en cours d'expérimentation au Kenya : « la méthodologie fait partie des efforts du pays visant à intensifier de manière durable son industrie laitière, et ce, dans le cadre du plan d'action national sur la climat ».

Sources : EurActiv, Gold Standard

11:44 Publié dans Exploitations agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : fao, crédits carbone, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/01/2014

Création d'une usine chinoise Synutra de lait en poudre dans le Finistère

L'entreprise chinoise Synutra, spécialiste du lait infantile, vient de poser la première pierre de son usine de fabrication de lait en poudre à Carhaix, dans le Finistère. Cette usine devrait ouvrir en 2015 et être approvisionnée par le lait d'environ 1 000 producteurs laitiers bretons adhérents de Sodiaal. La poudre de lait sera destinée au marché chinois, en pleine expansion et de plus en plus soucieux de la qualité depuis de récents scandales sanitaires. Ce projet a nécessité un investissement de 90 millions d'euros de la part de l'industriel chinois. L'usine devrait employer 250 salariés, pour partie issus de l'actuelle usine de Sodiaal qui doit fermer en 2015.

Source : Les Échos

15:29 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, IAA, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : bretagne, chine, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/10/2012

Avis du service de recherche du Congrès américain sur le volet « lait » du prochain Farm Bill

Le service de recherche du congrès des États-Unis (CRS) vient de publier un rapport sur les propositions « lait » du futur Farm Bill (2013-2018). Ce rapport souligne la convergence des propositions du Sénat et de la Chambre des représentants autour d'aides anticycliques (couplées au prix) associées à un programme de gestion dynamique des volumes. Il détaille les modalités de fonctionnement de ces outils avec des exemples chiffrés, et souligne certains points d'incertitude quant à leurs effets.

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15:02 Publié dans 4. Politiques publiques, Biomasse/Biocarburants, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/05/2012

Futur Farm Bill : les propositions de gestion de l'offre pour le secteur laitier progressent

 Les propositions en faveur de la mise en place d'une gestion flexible des volumes dans le secteur laitier progressent aux États-Unis. C'est ce qui ressort du projet de future loi cadre agricole, Farm Bill 2013-2017, voté au comité agricole du Sénat le 26 avril dernier. Le contenu de la proposition relative au secteur laitier s'articule autour de deux grands volets :

 

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15:38 Publié dans 4. Politiques publiques, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/05/2012

Vers de très grandes exploitations laitières en Europe ?

Les débats se poursuivent autour du projet de création d'une exploitation de 1000 vaches laitières dans la Somme, projet porté par une société civile d'exploitation agricole (SCEA), dont le troupeau est actuellement de près de 200 vaches laitières.

Il s'agirait d'augmenter progressivement la taille du troupeau, et de développer la production d'énergie via le traitement des effluents d'élevage par méthanisation. Le plan d'épandage serait réalisé sur un ensemble de parcelles d'un total de 1200 hectares.

Après l'avis favorable du CODERST (conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques) rendu fin avril 2012, c'est à présent la décision préfectorale qui est attendue pour connaître le devenir du projet.

Ce projet de la SCEA n'est pas sans faire écho au projet « Nocton Dairies » de création d'une exploitation de plus de 8000 vaches laitières initialement, au Royaume-Uni dans un contexte de disponibilités de droits à produire. Ce projet a toutefois finalement avorté suite à la décision de l'Agence de l'environnement britannique.

 Ces types de projets sont liés aux évolutions de la politique laitière communautaire. L'augmentation progressive des quotas laitiers jusqu'à leur suppression en avril 2015 lève en effet l'un des principaux freins à l'établissement de très grandes structures laitières en Europe.

 Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 


15:04 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/01/2012

Politique laitière américaine : nouvelles propositions en faveur de la gestion de l'offre

Une nouvelle proposition de loi, le Dairy Security Act, a été déposée en septembre 2011 à la Chambre des représentants par le député Peterson, pour une nouvelle politique laitière aux États-Unis. La proposition s'articule autour de deux programmes phares, avec une adhésion toutefois facultative des producteurs :

  • Soutien des marges des éleveurs laitiers lors de conjonctures défavorables, avec le versement d'aides non plafonnées (contrairement aux aides contra-cycliques actuelles) ;

  • Gestion dynamique des volumes produits avec un mécanisme incitatif en période de baisse des marges pour limiter les volumes produits : diminution des aides versées en cas de dépassement des recommandations d'évolution de la production.

 La gestion dynamique de l'offre fait ainsi son chemin dans le secteur laitier depuis 2009 aux États-Unis. Elle était ressortie cet été comme l'une des recommandations du comité laitier nommé par le gouvernement suite à la crise laitière. Des avancées à suivre pour le prochain Farm Bill...

 

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 

Voir aussi la note de veille du CEP de décembre 2010

 

10:41 Publié dans 4. Politiques publiques, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, lait |  Imprimer | | | | |  Facebook