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15/09/2020

Une analyse de la financiarisation des firmes agricoles latino-américaines

La financiarisation de l'agriculture soulève de nombreuses questions quant à ses implications (voir à ce sujet un précédent billet). Dans un article publié dans la revue Globalizations, des chercheurs analysent les transformations de deux firmes agricoles sud-américaines, Nuevo Amanecer et La Lozada, afin de montrer comment l'afflux de capitaux financiers, dans les années 2000, a impacté leur fonctionnement. Ces investissements ont notamment permis à ces entreprises d'étendre leurs opérations, mais également de se diversifier, en développant des activités commerciales et financières à côté des activités productives traditionnelles (figure ci-dessous). Cet apport de capitaux s'est aussi accompagné d'une évolution de la stratégie de ces firmes : alors qu'elles se contentaient jusqu'alors de louer le foncier, elles cherchent désormais à en faire l'acquisition afin de profiter d'une éventuelle hausse de sa valeur. Pour les auteurs, ces stratégies sont manifestement plus financières et spéculatives que par le passé.

Organisation des firmes agricoles étudiées dans les années 2000

Financiarisation.jpg

Source : Globalizations

Source : Globalizations

 

21/01/2020

Un chiffrage des conséquences du changement climatique sur la rentabilité des exploitations australiennes

Alors que l'Australie connaît depuis plusieurs mois une sécheresse importante à l'origine d'incendies gigantesques, l'Australian Bureau of Agricultural and Resource Economics and Sciences (ABARES), un organisme de recherche interne au ministère en charge de l'agriculture, a récemment publié les résultats d'une étude visant à apprécier les conséquences du changement climatique sur la profitabilité des exploitations du pays.

L'étude s'appuie sur un modèle économétrique permettant d'estimer leur performance technique et économique à partir de variables relatives à leur structure, au contexte de prix et au climat. Ce modèle a permis aux auteurs de simuler ce qu'aurait été la situation économique des agriculteurs australiens si les conditions climatiques des années 2000 à 2019 avaient été comparables à celles que le pays a connues de 1950 à 2000.

Les résultats de la modélisation montrent que, toutes choses égales par ailleurs, les évolutions du climat en Australie depuis les années 2000 ont induit une diminution de 22 %, en moyenne, du « profit » des exploitations du pays, considéré ici comme le revenu net d'entreprise une fois prises en compte la rémunération du travail familial et la variation de la valeur des stocks. Cette moyenne masque d'importantes disparités selon les productions, les agriculteurs en grandes cultures étant plus impactés que les éleveurs de bétail : -35 % pour les céréaliculteurs, contre -18 % pour les éleveurs ovins et -5 % pour les producteurs de viande bovine. De même, les États de l'Ouest du pays (Western Australia) et surtout de l'Est (New South Wales, Victoria), davantage concernés par les sécheresses récentes et comportant une proportion élevée d'exploitations céréalières, sont sensiblement plus touchés que les autres. La modélisation montre également que les stratégies mises en place par les agriculteurs en réponse à ces conditions climatiques nouvelles, telles que le non-labour, ont permis d'en atténuer les conséquences : en leur absence, la diminution du profit aurait été de 26 % en moyenne et de 49 % pour les céréaliculteurs.

Effet des conditions climatiques sur le profit des exploitations australiennes

Australie.jpg

Source : ABARES

En conclusion, les auteurs appellent les pouvoirs publics à renforcer leur soutien aux agriculteurs, en cherchant non pas à les protéger des conséquences du changement climatique, mais à les aider à renforcer leur résilience face à ce phénomène. Les formes concrètes que pourrait prendre ce soutien ne sont toutefois pas explicitées dans l'étude.

Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective

Source : ABARES

16/10/2019

Des propositions pour que la statistique américaine rende mieux compte de la complexité de l’activité agricole

Si la production agricole états-unienne a longtemps reposé sur des exploitations familiales, la majorité de la production est aujourd’hui assurée par des structures complexes, que la statistique agricole peine à saisir. Partant de ce constat, l’Académie des sciences américaine a publié un rapport dans lequel elle formule des propositions de réforme du système statistique afin de l’adapter à ce nouveau contexte.

Le rapport comporte trois parties. La première présente les activités de la statistique agricole aux États-Unis. Elles comportent principalement le recensement exhaustif des exploitations tous les cinq ans (Census of Agriculture) et l’enquête sur la gestion des ressources agricoles (Agricultural Resource Management Survey), réalisée par sondages annuels. La deuxième partie du document explore les raisons de la complexification des entreprises agricoles : exploitations multi-sites, emploi de salariés et prestataires, origine variée des capitaux, diversification et pluri-activité, etc.

Dans la dernière partie, les auteurs formulent de nombreuses recommandations pour mieux saisir statistiquement cette complexité. Ils suggèrent d’abord de revoir la définition de l’exploitation et de distinguer l’établissement agricole, unité fonctionnelle de base, de l’entreprise agricole, laquelle peut regrouper plusieurs établissements détenus par une même personne ou société. Ils appellent également à la création d’un registre qui listerait l’ensemble des établissements et ferait apparaître leurs liens éventuels. De plus, dans la mesure où la production agricole implique aujourd’hui fréquemment des entreprises de services, les auteurs jugent nécessaire de s’intéresser de près à ces dernières. Ils suggèrent ainsi de relancer le programme de recensement des services agricoles (Census of Agricultural Services), suspendu en 1978, et d’intégrer ces entreprises dans le registre mentionné plus haut. Pour terminer, constatant que le taux de réponse aux enquêtes est d’autant plus faible que la structure de production est complexe, les auteurs recommandent de limiter autant que faire se peut le recours à des données d’enquêtes, et d'exploiter prioritairement les données administratives et commerciales disponibles.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : The National Academies of Science, Engineering, Medicine

08/11/2018

Dynamique de la structure financière des exploitations agricoles néerlandaises

Une étude récente de l'European Review of Agricultural Economics s'intéresse à la dynamique de l'endettement des exploitations agricoles aux Pays-Bas et à ses déterminants. Les auteurs utilisent pour cela un modèle économétrique, estimé sur un panel de 1 500 exploitations, sur la période 2001-2015. Les résultats indiquent une relation négative entre profits et endettements, confirmant la théorie du financement hiérarchisé (pecking order) selon laquelle, pour financer leurs investissements, les firmes recourent préférentiellement au financement interne (bénéfices réinvestis) puis, en second lieu, à l'endettement. Celui-ci augmente avec la taille des exploitations et la présence d'actifs tangibles servant de garantie (pour les exploitations laitières), et diminue en général avec le risque revenu. Enfin, les auteurs montrent que l'endettement des exploitations étudiées tend vers une certaine valeur cible de façon plus lente que dans d'autres secteurs : cela suggère une inertie significative de leur structure financière, notamment pour les exploitations de plus petite taille.

Source : European Review of Agricultural Economics

08:57 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : structure financière, exploitations agricoles, endettement, pays-bas |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/12/2016

La résilience des exploitations de taille moyenne aux États-Unis

D'après une publication récente de l'United States Department of Agriculture (USDA), les exploitations américaines de taille moyenne (dont le produit brut agricole est compris entre 350 000 $ et 999 999 $ constants par an) constituent, en 2014, 6 % du total des exploitations et participent pour 21 % à la production agricole nationale. Le rôle central qu'elles jouent dans la dynamique des structures, aux États-Unis, a conduit l'USDA à s'intéresser de plus près à leurs évolutions sur plus de 20 ans, période durant laquelle les politiques agricoles ont fortement varié.

Au-delà de la valorisation des recensements et des enquêtes sur l'économie des structures agricoles, l'étude se focalise sur la caractérisation des entrées et sorties de la catégorie, et sur les transitions. Les auteurs ont ainsi tenté d'identifier des facteurs clés pour expliquer l'aptitude à survivre des exploitations : l'âge des exploitants, l'ancienneté dans la profession, le type de productions, la zone géographique, le mode de propriété, les paiements directs publics perçus, etc.

Source : USDA

11:33 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, résilience, exploitations agricoles |  Imprimer | | | | |  Facebook