Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2015

Publication d’un guide pratique sur les systèmes alimentaires urbains durables

Au terme du projet européen de réseau thématique URBACT II Sustainable Food in Urban Communities - Developing low-carbon and ressource efficient urban food systems, ayant associédix villes de 2012 à 2015, un guide pratique vient d’être publié. Avec pour objectif d’inciter d’autres collectivités à s’intéresser à cette thématique, ce document s’adresse aux acteurs locaux et présente en particulier des exemples issus des 130 pratiques locales intéressantes recueillies au cours des échanges. Le schéma suivant présente les thématiques clés identifiées par les partenaires du projet :

urbact.jpg

Source : Sustainable Food in Urban Communities

 

09:42 Publié dans Alimentation et consommation, Territoires | Lien permanent | Tags : systèmes alimentaires urbains |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/03/2015

Colloque du Commissariat général au développement durable sur Résilience et transition écologique : quelles dynamiques territoriales ?

Le colloque Résilience et transition écologique : quelles dynamiques territoriales ? qui s’est tenule 5 mars dernier, à l’initiative du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie (MEDDE), visait à mettre en évidence la façon dont la résilience peut être un facteur de redynamisation de certains territoires, dans une perspective de transition (écologique, énergétique, etc.). Étaient également traitées la mobilisation citoyenne et collective comme levier de la résilience, ainsi que la pertinence des modes d’action publique face aux démarches de résilience. Ce colloque s’est appuyé sur des travaux menés au Commissariat général au développement durable sur trois volets : analyse intégrée de la résilience territoriale, villes et résilience, cohésion sociale et résilience des sociétés.

La résilience, loin d’être un phénomène de mode pour le MEDDE, s’inscrit pleinement dans sa Stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable 2015-2020, dont elle constitue l’axe premier dédié à développer des territoires durables. Elle constitue le moyen de dépasser des situations de crise dans un contexte de multiplication des risques (naturels, technologiques, sanitaires) et de mutations économiques et sociales. La capacité de résilience repose sur une démarche collective et citoyenne, mobilisant et engageant les territoires et leurs habitants sur le long terme ; elle n’est pas une réponse temporaire à une crise ou à un événement extrême. Il s’agit d’une « résilience sociétale ».

Parmi les cas concrets exposés, signalons celui se rapportant à la redynamisation de territoires ruraux fragilisés comme au Mené (Côtes-d’Armor), zone d’élevage, excentrée, très polluée, qui s’est engagée il y a plus de dix ans dans une démarche de production locale d’énergies renouvelables (utilisation des ressources locales pour réaliser un « mix énergétique » : chaudière bois, unité de méthanisation, huilerie de colza carburant, etc.). Peut également être citél’exemple d’une mobilisation citoyenne et collective à Béganne (Morbihan) pour réaliser un parc éolien citoyen. En termes d’action publique, l’État accompagne les collectivités territoriales avec l’« Atelier des territoires », visant à « faciliter l’émergence d’une stratégie de territoire et à engager les acteurs locaux dans un processus de projet grâce à la concertation et la co-construction ».

Enfin, un outil collaboratif, le WIKIRESILIENCE, « plate-forme de partage de connaissances et de pratiques entre les acteurs désireux d’améliorer la résilience de leur territoire », est mis à la disposition du public par le MEDDE.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : MEDDE

09:43 Publié dans 4. Politiques publiques, Territoires | Lien permanent | Tags : résilience |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/02/2015

Inégalités environnementales et sociales : identifier les urgences, créer des dynamiques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu le 14 janvier dernier un avis sur les inégalités environnementales et sociales. Il constate que les inégalités environnementales, a contrario des inégalités sociales, n’ont fait l’objet à ce stade que de peu de recherches en France, et établit des préconisations réparties en quatre grands axes (identifier et réduire les inégalités environnementales d'exposition et d'accès aux aménités, anticiper les conséquences économiques et sociales des politiques environnementales, favoriser la participation aux politiques environnementales, développer responsabilités et réparation environnementale).

Concernant plus particulièrement les territoires ruraux, le CESE préconise l'amélioration de la qualité de vie pour réduire les inégalités existantes. Il s'appuie notamment sur les résultats d'une étude de l'INSEE parue en octobre 2014 (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) : trois millions d'habitants sont considérés comme étant en situation très défavorable, ceux des territoires à la fois isolés, peu urbanisés, loin des grands pôles urbains et dont les indicateurs de qualité de vie sont les plus bas ; ils bénéficient cependant d'un environnement très favorable en matière d'espaces naturels. Le CESE se réfère aussi à des travaux du Sénat, qui ont identifié une triple contribution des territoires ruraux à la société, en termes d'environnement, d'économie et d'intégration sociale. Fort de ces constats, le Conseil insiste sur la nécessité de répondre aux attentes de ces territoires en matière d'accès aux services publics (santé, transports, éducation) et d'y rechercher une égalité de traitement via des actions concertées avec la population et les acteurs locaux (cf. initiatives locales de réflexion sur la définition de « biens publics » ou « biens communs » à préserver). Le CESE identifie enfin deux domaines prioritaires : l'accès aux services de santé (maisons de santé, télé-médecine) et au numérique (haut débit) nécessaire aux exploitations agricoles, en équipant en fibre optique prioritairement les zones rurales.

Pour ce qui est des territoires ultramarins, le CESE formule plusieurs pistes d'actions dans quatre domaines : l'adaptation au risque climatique ; la crise du chlordécone aux Antilles  ; l'accès effectif au droit à l'eau ; la réduction du risque et de la nuisance liés aux déchets ménagers.

Devant la complexité de la problématique et conscient de l'ambition inhérente à l'invention d'un nouveau modèle de développement, fondé sur l'humain et l'environnement, pour réduire les inégalités, le CESE conclut en incitant à élargir le champ des connaissances partagées et à poursuivre la réflexion.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Conseil économique, social et environnemental

10:40 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : cese |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/02/2015

Évaluation du dispositif de revitalisation rurale

Le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) vient de publier un rapport d'évaluation sur les zones de revitalisation rurale (ZRR), rédigé en juillet 2014. Les conclusions de ce rapport convergent, dans leurs grandes lignes, avec celles du rapport d'information de l'Assemblée nationale du 8 octobre 2014 (voir à ce sujet un précédent billet sur le blog). Les rapporteurs établissent une liste de neuf recommandations et concluent « sans ambiguïté au maintien d'une discrimination territoriale dédiée aux territoires ruraux, en organisant ce zonage autour des communautés de communes à partir de critères de densité et de potentiel fiscal et en ramenant à un ordre de grandeur de 10 000 le nombre de communes regroupées ». À noter qu'en termes de suivi, il est recommandé une évaluation interministérielle in itinere du dispositif en partenariat avec les collectivités territoriales.

À ce jour, le dispositif des ZRR concerne 14 290 communes et 6,3 millions d'habitants (soit une augmentation de presque 20 % du nombre de communes et de 40 % de la population depuis sa création en 1996). Le coût direct a été évalué à 280 millions d'euros pour 2013.

Source : Conseil général de l'environnement et du développement durable

10:29 Publié dans 2. Evaluation, Territoires | Lien permanent | Tags : zones de revitalisation rurale |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/01/2015

La « résilience territoriale », un concept utile pour comprendre les effets de la crise économique dans les zones rurales

Si la crise économique constitue un frein au développement des zones rurales au sein de l'UE, son impact s'est révélé être de nature fort différente entre les territoires. C'est pourquoi les débats sur le développement rural tendent aujourd'hui à être moins centrés sur la notion de croissance, pour s'intéresser à des phénomènes d'une autre nature : la résistance ou la réponse des territoires aux chocs extérieurs. Des chercheurs de l'université de Cordoue, en Espagne, ont ainsi mis en place une méthodologie permettant d'identifier les facteurs qui contribuent à la résilience des territoires ruraux d'Andalousie. Ils en présentent les résultats dans un article publié dans Economía Agraria y Recursos Naturales. Avec un niveau de chômage qui atteint 35 %, l'Andalousie, région la plus méridionale d'Espagne, est aussi l'une des plus impactées par la crise économique.

La « résilience » est un concept issu des sciences écologiques, qui a été adapté afin d'étudier la capacité des systèmes complexes à se préparer, résister ou s'adapter à des chocs extérieurs, tels que les crises, les catastrophes naturelles ou le changement climatique. L'originalité des travaux de ces chercheurs réside dans l'application de ce concept aux territoires ruraux. Adapté au champ du développement rural, la résilience est définie par les auteurs comme la capacité d'un territoire à supporter des chocs extérieurs, à se réorganiser, puis à apprendre et à s'adapter à long terme.

Afin d'étudier les facteurs de résilience, les chercheurs s'appuient sur une analyse des ressources du territoire, des acteurs, de leurs interactions et de leur gouvernance. Sont également pris en compte divers facteurs susceptibles d'impulser des dynamiques de changement, tels que le capital économique (infrastructures, innovation, etc.), le capital humain (éducation, démographie, etc.), le capital social (degré de coopération entre les acteurs), le capital culturel (identité, participation citoyenne, etc.) et enfin le capital naturel (qualité de l'environnement, paysages, etc.).

Les auteurs concluent que l'agriculture a joué un rôle essentiel dans la résilience des territoires étudiés face à la crise. Devenue un secteur refuge, elle a absorbé la main-d'œuvre issue des secteurs en crise en augmentant le nombre d'actifs, en particulier parmi les jeunes. Mais l'étude souligne également l'impact positif des programmes de développement rural sur la résilience, en particulier lorsque ceux-ci ont renforcé la capacité institutionnelle des acteurs et la gouvernance du territoire. Les auteurs en concluent que le renforcement de la résilience des territoires ruraux dépend de la capacité à construire des stratégies intégrées, mobilisant de manière coordonnée les différentes politiques (agricole, rurale, territoriale) et les divers fonds.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : Université de Cordoue

 

16:20 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : résilience |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/01/2015

Développement péri-urbain, ruralité et politiques publiques

La fondation Terra Nova vient de sortir une étude, en deux volets, consacrée aux évolutions de la France péri-urbaine. Ce travail comporte également de nombreux éléments intéressants sur le monde rural et, plus indirectement, sur l'agriculture. Tout "péri-urbain" est aussi un "péri-rural" et, comme les auteurs le rappellent, 80 % de la superficie des couronnes péri-urbaines restent couverts de champs, de forêts et d'espaces naturels.

Le premier volet de l'étude, sorti fin octobre sous la signature de Pierre Musseau, est consacré aux questions d'habitat et de mobilité. L'auteur y souligne que le péri-urbain, grand oublié des politiques d'urbanisme, s'est toujours construit en dehors des stratégies d'aménagement des villes-centre, ce qui a débouché sur un étalement urbain non maîtrisé, une artificialisation du foncier rural et une rurbanisation des villages. La faible densité de ces espaces rend plus coûteux les services et infrastructures à la charge des collectivités (eau, transports, réseaux d'énergie, équipements sociaux, connexions numériques). Ces zones de rencontre de l'urbain avec la campagne sont également des lieux où se manifestent plus fortement la peur du déclassement social et de l'isolement culturel. Pour endiguer cette "para-urbanisation", P. Musseau propose de redensifier l'habitat individuel et d'ouvrir l'accession sociale à la propriété. Il suggère aussi de renforcer les intercommunalités, les plans intercommunaux d'urbanisme, et d'inciter les communes à préserver le caractère rural de leur territoire. Enfin, il préconise de protéger les espaces agricoles et de limiter la rente tirée de la constructibilité des terrains.

Le second volet de l'étude a été publié le 7 janvier, sous la triple signature de C. Marty, A. Michel et P. Musseau. Cette fois, périurbain et rural sont abordés sous l'angle des enjeux énergétiques et écologiques. La question énergétique est particulièrement sensible dans ces zones éloignées des centres-ville (déplacements domicile-travail plus longs, obligation d'avoir un véhicule personnel, logements plus énergivores) et les auteurs font diverses recommandations pour développer les productions énergétiques locales. Quant à la transition écologique, elle réussira dans ces territoires à condition d'être associée à d'autres avancées : agro-écologie, économie circulaire, préservation des espaces naturels, maintien d'activités agricoles dans les interstices urbains, circuits courts, instances de gestion des conflits d'usage, etc. Tout cela nécessitera des interventions fortes des communes, des intercommunalités et des régions, ainsi qu'une bonne articulation entre ces différents niveaux d'action publique. Cette articulation ne pourra exister, ajoutent les auteurs, que si des réflexions prospectives nationales et locales sont préalablement conduites.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Source : Terra Nova, Terra Nova

16:00 Publié dans 4. Politiques publiques, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : ruralité, péri-urbain |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/11/2014

Un guide pour évaluer les projets et les contrats d’investissements agricoles ayant une emprise foncière

Le Guide d’analyse ex ante de projets d’investissements agricoles à emprise foncière, publié en octobre 2014, est issu d’un travail mené au sein du comité technique foncier, qui associe depuis plus de 15 ans des experts sous l’égide de l’Agence française de développement et du ministère des Affaires étrangères, et qui a pour vocation de contribuer à l’élaboration des politiques foncières.

Ce guide propose un cadre d’analyse des conditions de mise en œuvre des Directives internationales volontaires adoptées en mai 2012. Elles ont été initiées suite aux crises alimentaires de 2008 et à d’importants investissements agricoles au Sud, ayant parfois bouleversé les régimes fonciers en place. Elles constituent une référence en vue de l’instauration de pratiques responsables concernant le foncier. La France ayant décidé d’imposer le respect de ces Directives à ses opérateurs publics et de veiller à leur application par les entreprises nationales, il était nécessaire de proposer un outil pour traduire ces Directives de façon opérationnelle.

Ainsi, ce guide est conçu autour de deux outils :

- une grille d’analyse d’évaluation ex ante de projets d’investissements agricoles ayant une emprise foncière, cette grille ayant été élaborée afin d’aider, entre autres,l’instruction de projets au sein de l’AFD ;

- et un guide permettant d’expliquer les critères d’évaluation proposés en les illustrant d’exemples concrets.

Cette grille et ce guide constituent une première étape dans la traduction opérationnelle de normes internationales. Ces outils sont destinés à évaluer des projets d’investissements privés ayant une emprise foncière, et ils devraient être complétés afin de prendre en compte les investissements publics, y compris des collectivités locales.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : AFD, AFD

 

10:54 Publié dans 2. Evaluation, Développement, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, afd |  Imprimer | | | | |  Facebook

Une approche de la qualité de vie dans les territoires

Dans l'Insee Première n°1519 publié en octobre, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE)présente les premiers résultats d'une étude réalisée sur la qualité de vie dans les territoires français (hors outre-mer).

Cette « qualité de vie » a été mesurée à travers vingt-sept indicateurs, recouvrant treize dimensions relatives au développement humain (santé, éducation, vie sociale), aux conditions socio-économiques (emploi, revenus) et au cadre de vie (environnement, services). Ont été étudiés également d'autres facteurs pouvant nuire au bien-être : inégalité femmes/hommes, solitude des personnes âgées, difficultés d'accès à l'emploi des jeunes, etc. Portant sur les 2 677 territoires de vie hexagonaux (bassins de vie de plus de 50 000 habitants organisés autour de pôles de service),cette étude souhaitait mettre en évidence les modes de différenciation des territoires et identifier leurs atouts et handicaps en matière de qualité de vie.

Plusieurs facteurs de différenciation se distinguent (socio-économiques, urbanistiques, sociétaux) et, in fine, se dessine une France assez morcelée mais avec des continuités géographiques. Huit grands types de territoires se détachent :

- des territoires franciliens (très urbanisés, certains aisés mais assez inégalitaires et très denses, d’autres dans le sud-ouest parisien, particulièrement favorisés, hormis pour les temps de trajet domicile-travail et l’égalité femmes/hommes) ;

- les métropoles régionales (territoires plutôt favorisés) ;

- le périurbain de ces grandes métropoles (moins aisé, éloigné de l'emploi mais plus impliqué dans la vie citoyenne) ;

- des territoires plutôt denses en situation peu favorable (anciens pôles miniers ou industriels du Nord-Est, Languedoc-Roussillon);

- des bourgs et petites villes en situation intermédiaire (bassin parisien et quart nord-est) ;

- des territoires autour de villes moyennes présentant de nombreux atouts en termes d'emploi et de conditions de vie (ouest et sud-ouest) ;

- des territoires plutôt isolés, peu urbanisés, parfois montagneux, hors de l’influence des grands pôles (« diagonale aride », Alpes du Sud et Corse).

Carte de la qualité de vie dans les territoires de vie

carte-insee.jpg

Source : Insee

Ces travaux revêtent un caractère exploratoire et pourront donner lieu à des prolongements.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Insee

10:49 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : insee, qualité de vie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2014

Zones de revitalisation rurale (ZRR) : publication d’un rapport d’information de l’Assemblée nationale

La Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale a présenté, le 8 octobre, le rapport définitif de la mission d'information sur les zones de revitalisation rurale (ZRR). Ce rapport évalue, près de vingt ans après la mise en place des ZRR, leur réelle contribution à une politique égalitaire des territoires et l'efficacité de cet instrument en termes de renforcement de l'attractivité des espaces ruraux les plus fragiles.

Sur le territoire national, les phénomènes d'urbanisation et de péri-urbanisation accroissent les déséquilibres entre les métropoles, où se concentrent croissance économique et innovation, et les zones éloignées de ces métropoles. Les inégalités géographiques en sont de fait accentuées et l'efficacité des dispositifs de soutien aux zones rurales défavorisées doit donc être interrogée.

La mission d’information préconise de conforter le dispositif existant en l’adaptant et en le simplifiant, via treize propositions classées en cinq thématiques :

  • établissement d'un nouveau zonage des ZRR dès le 1er janvier 2015, pour une période de six ans, à partir de deux critères simples et lisibles (densité démographique et richesse des habitants), avec une révision à mi-parcours (janvier 2018) tenant compte des évolutions de la carte intercommunale ;

  • amélioration des dispositifs d'aides sociales et fiscales (révision des exonérations) ;

  • mesures nouvelles de solidarité financière, dont la création d'un fonds unique de revitalisation rurale géré au niveau départemental et doté au départ d'un milliard d'euros ;

  • dispositions dérogatoires à certaines normes réglementaires jugées excessives en milieu rural : accessibilité des personnes handicapées, enjeux écologiques et environnementaux ;

  • nouvelles mesures portant sur l'animation et l'évaluation des politiques en faveur des ZRR : renforcement du pilotage interministériel par le Commissariat général à l'égalité des territoires, création d'un observatoire national, mission interministérielle de suivi tous les trois ans.

Notons également qu'une recommandation plus générale vise à « faire des ZRR la clef d'entrée et la carte de référence de la prise en compte des territoires ruraux fragiles par les politiques publiques » nationales et territoriales.

En conclusion, le rapport pose la question cruciale et toujours ouverte de la manière de concilier une logique de zonage avec une logique de projet, mobilisant à la fois des ministères, dans une approche sectorielle, et les collectivités, dans une approche territoriale.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Assemblée nationale

11:02 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : zrr |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/10/2014

Parcs naturels régionaux : publication des chiffres clefs par le CGDD

Le Service de l’observation et des statistiques du CGDD vient de publier, début octobre, un document présentant les chiffres clefs du réseau des 47 parcs naturels régionaux français, lesquels couvrent 12,2 % du territoire. Sur la base de l’analyse de 600 variables (structurelles, démographiques, socio-économiques, relatives à l’occupation des sols, aux espaces naturels, à l’agriculture ou encore au tourisme), cette étude fait état de forts contrastes entre ces différents parcs.

Par ailleurs, des comparaisons faites entre les PNR et le reste du territoire, il ressort notamment qu’ils présentent deux fois moins de terres artificialisées (et une dynamique d’artificialisation plus faible sur la période 2000-2009), et que les espaces naturels (forêts, prairies en majorité) couvrent près des trois quarts de leurs superficies. Ils regroupent également une part importante des zones humides du pays, ainsi que des zones protégées (Znieff, réserves naturelles, sites Ramsar). Les espaces agricoles y sont moins étendus, les exploitations de grandes cultures moins présentes, à l’inverse de celles tournées vers l’élevage. La diversification des activités (agritourisme, transformation des produits à la ferme) est plus développée, ainsi que la commercialisation des productions en circuits courts. Enfin, l’économie du tourisme y a un poids important.

Source : CGDD

10:35 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, Territoires | Lien permanent | Tags : pnr, cgdd |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2014

Vues d'ensemble sur l'agriculture urbaine

Faute de données, d'enquêtes et de définitions communes, les enjeux et le potentiel de l'agriculture urbaine restent difficiles à cerner. Plusieurs contributions ont récemment essayé de fournir cette vue d'ensemble, suivant des voies différentes.

La revue Environmental Research Letters présente, dans son numéro de mai, une étude qui prétend mesurer, au-delà de la diversité des cas de figure, la capacité de l'agriculture urbaine et péri-urbaine à répondre aux besoins des citadins en matière de consommation de légumes. 27 cultures et 165 pays sont retenus pour le calcul d'un ratio entre besoins des populations et potentiel de production (déterminé en croisant surface de l'aire urbaine et rendements). Les besoins des populations sont quant à eux déterminés à partir de la consommation constatée en 2001 pour les zones urbaines concernées et des recommandations de la FAO sur l'apport nutritionnel quotidien.

À en croire les auteurs, les perspectives de l'agriculture urbaine semblent bien limitées : l'étude « suggère que dans de nombreux pays, l'agriculture urbaine ne peut pas assurer l'autosuffisance en légumes des citadins, et encore moins résoudre le problème général de la sécurité alimentaire » faute d'espace urbain disponible. « La contrainte spatiale » est encore plus forte dans les pays les plus vulnérables en matière de sécurité alimentaire, « en raison de densités plus élevées ». À vrai dire, ces résultats sont assez peu surprenants.

Le raisonnement démographique utilisé ici n'est pas sans analogie avec de nombreux débats autour des stratégies de développement agricole et il pourra être perçu comme participant d'un effort de relégitimation des systèmes conventionnels d'agriculture intensive. Deux des co-auteurs avaient d'ailleurs participé à l'article « Comparing the yields of organic and conventional agriculture » paru dans Nature en 2012, publication ayant contribué à relancer le débat sur « le bio peut-il nourrir le monde ? ».

De son côté, la revue Agronomy for Sustainable Development livre deux analyses bibliographiques intéressantes. L'une porte sur les pays développés (Amérique du Nord, Grande-Bretagne, Australie et Japon), l'autre sur les pays en voie de développement (y compris la Russie post-soviétique). Quatre dimensions sont particulièrement mises en lumière : les impacts de l'étalement urbain et la possibilité de maintenir ou développer les surfaces cultivées en ville ou en périphérie ; les perspectives en matière de souveraineté alimentaire ; les pollutions et risques sanitaires ; et enfin les mesures d'accompagnement public (notamment les règles d'urbanisme).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : Agronomy for Sustainable Development

Agronomy for Sustainable Development

Environmental Research Letters

17:46 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/06/2014

Circuits courts aux États-Unis : l'essor des regional food hubs

La commercialisation locale des produits agricoles aux États-Unis ne représentait que 0,4% des ventes et 5,5% des exploitations en 2007, mais elle connaît une croissance exponentielle, notamment due à des politiques publiques favorables, d'après une récente présentation mise en ligne sur le site de l'USDA (United States Department of Agriculture).

Cette croissance est fortement tirée par la demande. De plus en plus de consommateurs cherchent à s'approvisionner localement, avec comme principales motivations la volonté de se procurer des produits meilleurs et plus sûrs, et le souhait de soutenir l'économie locale.

Le secteur de la restauration est fortement engagé : la National Restauration Association estime qu'en 2014, la principale tendance dans les restaurants américains est de proposer des plats faits à partir de matières premières locales. Les entreprises de la distribution sont également concernées, 87% des consommateurs considérant comme très important de pouvoir trouver des produits locaux sur les étals.

Parmi les producteurs engagés dans des circuits de distribution locale, seuls 18% commercialisent la totalité de leur production directement aux consommateurs. La moitié en revanche le font à travers des intermédiaires (restaurants, commerces, etc).

circuits courts,etats-unis

Source : USDA

Cette évolution est accompagnée par l'USDA à travers une politique de mise en place de regional food hubs. Il s'agit de plateformes logistiques locales, fournissant un service en amont aux producteurs souhaitant intégrer des circuits locaux, et en aval aux commerces, restaurants et institutions cherchant à s'approvisionner localement. En parallèle, la politique de l'État consiste également en la promotion de la demande en produits locaux à travers les écoles, les hôpitaux et les bases militaires.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

30/05/2014

Le développement des supermarchés en circuits courts

Dans un article du 24 avril dernier, La Voix du Nord annonce l'ouverture d'un nouveau supermarché O'Tera à proximité de Lille. Avec un développement jusqu'à présent limité (un premier magasin ouvert à Villeneuve-d'Ascq en 2006, un deuxième à Avelin en 2011), le concept d'O'Tera repose principalement sur des approvisionnements en produits alimentaires en circuits courts, privilégiant les filières locales.

Le magasin de Villeneuve-d'Ascq (O'Tera du Sart) est ainsi approvisionné par 120 fournisseurs, à 95% régionaux : 120 artisans (ex : boulanger, boucher, crémier, etc.) et 40 agriculteurs qui livrent directement leur production. Chaque produit référencé est fourni par un seul producteur et le magasin propose 500 références (10 000 en grande surface classique). Plus de 60% des produits vendus le sont en circuit court, pour un chiffre d'affaires de 14 millions d'euros.

Si les deux premiers magasins ont été développés en propre, le groupe souhaite accélérer ce mouvement par le biais de la franchise, et en capitalisant sur l'intérêt des Français pour les circuits courts. Cette volonté rejoint la démarche de Grand Frais, ainsi que l'annonce récente, par le groupe In Vivo, de l'ouverture prochaine d'un magasin pilote proposant des produits alimentaires de terroir, dans la banlieue de Toulouse. Un potentiel de développement de 250 magasins en France est évoqué dans ce dernier cas.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Sources : O'Tera & LSA

16:01 Publié dans Alimentation et consommation, Territoires | Lien permanent | Tags : circuits courts, gms |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/04/2014

Les chiffres 2012 de la MSA sur la démographie des exploitants et entrepreneurs agricoles

La MSA vient de publier une analyse descriptive de la population des exploitants et entrepreneurs agricoles, à partir de données récentes (2012). Ces données recoupent largement celles publiées par le Service de la statistique et de la prospective du MAAF dans le cadre des bilans annuels de l'emploi agricole.

Selon les sources MSA, la diminution de la population agricole se poursuit à un rythme plus modéré que sur la décennie 2000 : -1,4% par rapport à 2011, pour un total de 388 000 exploitations ou entreprises agricoles ayant à leur tête un non-salarié. L'âge moyen s'établit à 48 ans, avec une tendance au vieillissement prononcée. Le rapport confirme d'autres tendances lourdes, comme l'essor des formes sociétaires (GAEC, EARL) qui deviennent majoritaires (53%).

De façon liée, on trouvera également dans cette publication des éléments intéressants sur les dynamiques sectorielles (« céréalisation ») et sur l'avenir prévisible du paysage foncier. Ainsi, les terres potentiellement libérables à l'horizon de cinq ans représenteraient, en 2012, 3,8 millions d'hectares, soit 16% de l'ensemble des terres, avec un poids plus marqué sur le pourtour méditerranéen.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : MSA

15:41 Publié dans Agriculteurs, Territoires | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/03/2014

Rapport sévère de la Cour des comptes sur l'activité des SAFER

Le rapport annuel de la Cour des Comptes, paru en février 2014, consacre un chapitre aux Sociétés d'Aménagement du Foncier et d'Établissement Rural, et présente ainsi une évaluation de la Fédération Nationale des SAFER, de Terres d'Europe – SCAFR et de quatre SAFER locales sur les 26 actives en France. Les SAFER, sociétés anonymes à caractère professionnel sans but lucratif, contrôlées par l'État, sont investies « d’une mission d’intérêt général concernant le foncier agricole et rural, qu’elles exercent grâce au droit de préempter que leur accorde la loi du 8 août 1962 ». Intermédiaires entre vendeur et acquéreur dans le cadre des transactions immobilières, elles disposent d'un droit de préemption sur les biens en vente et de la possibilité de les rétrocéder. Elles constituent un outil qui, depuis 1960, est au cœur de la politique foncière agricole française, en ayant aujourd'hui pour missions de favoriser l'installation de jeunes agriculteurs, l'accompagnement du développement économique local et la protection de l'environnement. La Cour rappelle également « qu'il revient aux SAFER d’agir sur le marché rural et de favoriser la transparence du marché ».

La Cour dresse un tableau particulièrement critique des SAFER dans son contrôle de 2014, et rappelle qu'elle a déjà avancé certaines de ces critiques dans des publications précédentes, notamment en 1995. La Cour commence par mettre en exergue l'importance croissante des opérations dites « de substitution », qui concerneraient la majorité des transactions, au cours desquelles les SAFER ne jouent qu'un rôle d'intermédiaire sans préemption, « à l'amiable », mais profitent néanmoins des exonérations fiscales qui lui ont été accordées. Par ailleurs, un nombre élevé de transactions concerne des biens bâtis non agricoles. Les collectivités et l'État perdraient ainsi des rentrées fiscales particulièrement importantes. Par ailleurs, la Cour pointe un manque de transparence et de déontologie, la sur-représentation du syndicat agricole majoritaire dans les SAFER locales, un décalage par rapport au découpage administratif régional, et enfin une trop grande autonomie de société ayant éloigné les SAFER de leur mission d'intérêt général. Un nombre croissant de montages juridiques, souvent réalisés à des fins d'optimisation fiscale, l'absence de règles déontologiques cadrant les membres des sociétés, le manque de solidarité foncière entre délégations locales et la faiblesse de transparence comptable sont ainsi pointés du doigt.

La Cour des Comptes recommande une remise à plat de l'organisation de la Fédération, la mise en place de mécanismes comptables assurant la transparence des activités, l'utilisation exclusive des exonérations fiscales pour les opérations d'intérêt général et un meilleur contrôle par le ministère en charge de l'agriculture. Les principaux intéressés, la FNSAFER et Terres d'Europe, ont utilisé leur droit de réponse à la suite du rapport, en dénonçant une forme « outrancière, à défaut d'être pertinente », et ce après avoir avancé que le rapport était biaisé : l'installation des jeunes agriculteurs resterait la priorité de l'institution. Par ailleurs, les faibles subventions de l'État ne permettant plus de financer les SAFER, les marges sur les opérations constitueraient l'apport financier principal, « ce qui constitue une réelle fragilité ».

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Cour des comptes

14:38 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier |  Imprimer | | | | |  Facebook