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16/03/2020

Des propositions d'indicateurs agro-environnementaux pour renforcer le suivi des exploitations européennes

Principal outil de suivi des exploitations européennes, le Farm Accountancy Data Network (FADN) rassemble des informations comptables de plus de 80 000 exploitations. Il ne contient toutefois que très peu d'éléments relatifs aux enjeux environnementaux, ce qui complique l'évaluation des dispositifs de politique publique dédiés. Pour pallier cette difficulté, dans un article publié dans la revue Ecological Indicators, une équipe allemande a étudié la possibilité de compléter le FADN par des indicateurs agro-environnementaux.

Les auteurs ont d'abord procédé à une revue de littérature afin d'établir une liste d'indicateurs potentiellement mobilisables. Pour réduire les coûts de collecte, ils se sont limités aux indicateurs pouvant être renseignés à partir des informations issues des déclarations PAC remplies chaque année par les agriculteurs. Cinq entrées ont ainsi été retenues : l'indice de Shannon des cultures, qui rend compte de leur diversité sur une exploitation ; le nombre de cultures occupant plus de 5 % de la surface cultivée ; la taille médiane des parcelles ; la densité de haies ; la part des éléments paysagers dans la surface totale. Pour apprécier la pertinence des indicateurs proposés, ces derniers ont été calculés pour les exploitations du Land du Brandebourg, en Allemagne. Ces calculs montrent qu'ils sont pertinents pour discriminer les exploitations, mais ils mettent en évidence de fortes corrélations entre certaines variables, qui conduisent les auteurs à éliminer les indicateurs « nombre de cultures occupant plus de 5 % de la surface cultivée » et « part des éléments paysagers dans la surface totale ».

Les trois indicateurs finalement proposés permettraient de compléter le dispositif de suivi des exploitations européennes, mais ils présentent toutefois certaines limites. Ne portant que sur une partie des enjeux agro-environnementaux, ils laissent de côté des sujets tels que les émissions de gaz à effet de serre ou l'utilisation des intrants (engrais, pesticides, etc.). Par ailleurs, ils supposent la mobilisation de données administratives qui n'ont pas été collectées à des fins de suivi et d'évaluation, ce qui nécessiterait d'obtenir l'autorisation préalable des agriculteurs les ayant fournies.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Ecological Indicators

16:52 Publié dans Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : indicateurs, agro-environnement, exploitations, europe |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/02/2016

Une diminution régulière de l’efficience technique en bovins viande

Dans le n° 349-350 d'Économie Rurale, Patrick Veysset, associé à d’autres chercheurs de l'INRA de Clermont-Ferrand, a mis en évidence un recul progressif de l'efficience technique des exploitations bovines françaises sur 23 ans, à partir de données issues du Réseau d’information comptable agricole (RICA) et du réseau d’exploitations bovines charolaises suivies par l'INRA.

Entre 1990 et 2012, les exploitations bovines du RICA ont connu une croissance très rapide et une forte augmentation de la productivité volumique du travail (ie production rapportée aux ETP), mais une stagnation du revenu par travailleur, avec de fortes fluctuations interannuelles, signes déjà d’une efficience économique en recul. Les auteurs ont donc analysé leur productivité, en comparant productions et consommations intermédiaires déflatées des indices de prix annuels, afin de s’affranchir des effets dus aux fluctuations de prix. Ils mettent ainsi en évidence une nette extensification des surfaces fourragères, accompagnée d’une diminution de l’usage des engrais, semences et phytosanitaires, mais compensée par un fort accroissement du recours aux aliments du bétail, produits vétérinaires, carburants, etc. Le volume des consommations intermédiaires par unité de surface a ainsi augmenté régulièrement depuis 1990, de même que le capital immobilisé. Les simplifications des pratiques se sont ainsi faites au détriment de l’efficacité économique des systèmes, les consommations d’intrants augmentant plus vite que la production de viande.

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Les analyses des résultats du réseau Charolais INRA confirment ces tendances, et montrent que l’autonomie alimentaire des exploitations est corrélée négativement avec la taille des ateliers bovins : plus les exploitations sont grandes, plus les quantités de concentré par kilogramme de viande produite sont élevées. Les auteurs montrent aussi l’absence, sur cet échantillon, d’économies d’échelle liées à la croissance des exploitations.

La dégradation de leur efficience économique rend les exploitations plus vulnérables aux variations de prix, et notamment aux effets « ciseaux » entre prix des intrants et prix de vente des produits. En comparaison, si les exploitations bovins lait ont suivi une dynamique d’agrandissements et d’investissements comparable, l’intensification par vache laitière et la valorisation du progrès génétique ont permis une amélioration régulière de leur efficience économique moyenne.

Cette approche sur le long terme a mis en évidence des tendances structurelles, et pourrait être déclinée sur d’autres filières, voire sur des sous-échantillons ayant suivi des trajectoires différentes, de recherche d’économies et de valeur ajoutée, dans des démarches agro-écologiques.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Économie Rurale

09:36 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : efficience, bovins, exploitations |  Imprimer | | | | |  Facebook