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09/04/2018

Une analyse de l'ONG Sustainable Food Trust sur la relocalisation de l'abattage

Un rapport de l'ONG Sustainable Food Trust s'intéresse à la question de la relocalisation de l'abattage des animaux d'élevage au Royaume-Uni. Les auteurs ont mobilisé différentes sources d'information : analyses scientifiques, textes réglementaires, politiques et économiques, publications d'ONG diverses (Greenpeace notamment), etc. Depuis les années 1970, la tendance est à la baisse du nombre d'abattoirs, ceux-ci étant passés de 1 890 en 1971 à 249 en 2018. Selon les auteurs, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène de concentration, ayant conduit à la fermeture des structures les moins rentables : crises sanitaires (encéphalopathie spongiforme bovine en 1996, fièvre aphteuse en 2001), baisse de la consommation de viande, et renforcement des contraintes réglementaires.

Évolution du nombre d'abattoirs en viande rouge, en fonction de leur taille, entre 2007 et 2017

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Source : Sustainable Food Trust

Face à cette tendance lourde, le rapport note un regain d'intérêt récent pour l'abattage local, de la part de certains éleveurs et d'associations, pour des raisons à la fois économiques, éthiques et environnementales. Selon ses promoteurs, cette pratique éviterait le surcoût et la souffrance animale induits par de longs déplacements, et permettrait à l'éleveur de commercialiser de la « viande locale ». L'association Pasture for life a ainsi souligné le rôle des petits abattoirs dans l'économie rurale, au-delà des emplois directs. Quand l'existence d'abattoirs locaux n'est pas envisageable, le développement d'abattoirs mobiles représente une alternative, et même une tendance émergente au niveau mondial. Le rapport en dresse un état des lieux dans plusieurs pays. Au Royaume-Uni, après une première tentative en 1990 par l'ONG Humane Slaughter Association, d'autres projets ont été lancés depuis. En Suède, la société Halsingestintan exerce depuis 2015 et a conclu un partenariat avec la société française Bœuf éthique. Ce type de structures existe aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada et aux États-Unis. Le rapport souligne les potentiels atouts pour le bien-être animal et le développement local, mais aussi les facteurs limitants d'une telle pratique, notamment la faible capacité d'abattage (de l'ordre de quelques dizaines d'animaux par jour) et le nécessaire respect de la réglementation sanitaire. Il propose enfin plusieurs recommandations, notamment une reconnaissance par les pouvoirs publics de l'importance, du point de vue de l'économie et du bien-être animal) de la viande locale, avec mise en place d’une task force réunissant les acteurs concernés. Il suggère aussi l'adoption d'une réglementation plus favorable aux abattoirs mobiles et aux petits abattoirs locaux, afin d'en enrayer la baisse.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Sustainable Food Trust

09:42 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Territoires | Lien permanent | Tags : abattoirs, royaume-uni |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2018

Le partage de l'eau. Une réflexion géopolitique, Frédéric Lasserre, Alexandre Brun

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L'eau est une ressource non rare que de mauvais choix politiques et économiques tendent à raréfier. Sa répartition et ses usages dépendent souvent moins des dotations naturelles que de rivalités étatiques et stratégiques. Telle est la thèse défendue par les géographes F. Lasserre (université Laval, Québec) et A. Brun (université de Montpellier), dans ce livre alerte, fourmillant d'exemples concrets, très informé mais néanmoins accessible. Les questions agricoles y occupent une place de choix, qu'il s'agisse de diagnostics présents ou de réflexions prospectives.

Les grands enjeux liés à l'eau sont rappelés dès le départ : surexploitation, pollution, gaspillage, alimentation humaine, biodiversité, inondations ou stress hydrique, fragilisation des productions agricoles alors même qu'elles représentent 70 % des prélèvements d'eau douce. Pour résoudre ces problèmes, la gestion par « bassin versant », apparue en France dès le XVIIe siècle, est aujourd'hui généralisée, mais les parties prenantes ont souvent du mal à s'entendre sur les objectifs et les moyens, comme le montrent les exemples de la Dordogne et du Mékong. Quant au droit international de l'eau, il reste faible, assez flou, peu utilisé, empreint de tensions entre logique de souveraineté territoriale et logique d'intégrité de la ressource. Pour autant, l'eau n'a pas été jusqu'à maintenant une cause directe de guerres ; elle n'est qu'un facteur de tensions supplémentaires, dans le cadre de relations internationales ou inter-régionales déjà dégradées. C'est ce que montre le chapitre consacré aux vives disputes entre les dix pays riverains du Nil, tous ayant le plus grand mal à réorienter leurs politiques d'agriculture intensive irriguée. Le chapitre sur le désastre de la mer d'Aral pointe la même responsabilité, primordiale, des choix de développement agricole : d'abord encouragée par la doctrine des grands travaux chère au pouvoir soviétique, l'irrigation massive, aujourd'hui devenue irréversible, illustre les conséquences de l'imposition d'un modèle économique inadapté aux ressources disponibles. En contexte capitaliste, les mêmes erreurs produisent les mêmes catastrophes, puisque l'épuisement du Colorado est surtout imputable aux prélèvements agricoles (80 % de la consommation totale dans l'Ouest américain), loin devant les fontaines de Las Vegas ou les golfs de l'Arizona stigmatisés par les médias ! Au-delà de ce sombre tableau, des raisons d'espérer viennent des efforts réalisés, partout dans le monde, pour mieux utiliser et partager l'eau. Elles viennent aussi des villes moyennes et métropoles où les fleuves ne sont plus seulement des axes de transport ou des exutoires d'égouts, mais des espaces publics réinvestis, renaturés, apaisés et touristiques, en train d'inventer les nouvelles sensibilités et représentations, plus respectueuses de l'eau, qui s'imposeront demain.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Odile Jacob

09/03/2018

Un plan local pour réduire les émissions de méthane entérique des vaches laitières

Le méthane entérique émis par les vaches représente plus de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d'une exploitation laitière. Dans ce contexte, et pour réduire l'impact carbone de son agriculture, le Pays de Fougères (Ille-et-Vilaine) a lancé fin 2017 un « Plan éco-méthane ». Celui-ci prévoit d'aider financièrement les agriculteurs qui mettent en œuvre des pratiques permettant de réduire les émissions de méthane de leurs animaux. Ainsi, pour chaque tonne-équivalent CO2 non émise, les agriculteurs recevront 15 € qui leur seront versés sous forme de bons d'achats utilisables localement. Porté par l'association Bleu-Blanc-Cœur, ce plan est financé à 80 % par des fonds européens (programme Leader), pour un total de 100 000 € sur trois ans et avec l'objectif d'impliquer 200 exploitations.

Il s'agit là du premier plan de réduction des émissions de méthane entérique mis en place à l'échelle d'un territoire. Au-delà de cet aspect, il illustre le rôle grandissant des acteurs locaux dans l'élaboration des politiques agricoles.

Sources : Ouest France, Actu.fr

13/02/2018

Quelles conséquences de la décentralisation sur l'efficacité et la légitimité des politiques de préservation des espaces agricoles péri-urbains ?

En Europe, 800 km² de terres agricoles disparaissent chaque année en raison de l'étalement urbain. En réponse à cela, plusieurs pays ont, depuis longtemps, instauré des outils visant à infléchir cette tendance. C'est le cas de la France et de l'Italie, où la préservation des espaces agricoles péri-urbains est un objectif des pouvoirs publics depuis les années 1960. Dans le même temps, ces deux pays ont largement décentralisé, à partir des années 1980, la gestion des compétences d'aménagement du territoire, ce qui questionne leur capacité à atteindre cet objectif.

C'est dans ce contexte que s'inscrit le travail conduit par une équipe d'universitaires franco-italiens et publié dans la revue Land Use Policy. Il vise à évaluer les conséquences de la décentralisation sur l’efficacité et « l'acceptabilité sociale » des politiques de préservation des espaces agricoles. Leur étude est fondée sur l'analyse qualitative des modes de gouvernance, à partir d'observations participatives et d'entretiens, et s’appuie sur la comparaison de deux métropoles caractérisées par un étalement urbain important : Montpellier et Rome. L'analyse s'étend sur la période 1960-2015.

Étalement urbain autour de la métropole de Montpellier

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Source : Land Use Policy

Pour ces deux métropoles, les auteurs montrent que la décentralisation s'est d'abord traduite par une plus grande complexité des procédures et une accélération de l'étalement urbain, notamment en raison des pressions exercées sur les maires par les propriétaires de foncier agricole pour que leurs terres soient converties en terrains à bâtir. Par ailleurs, l'inégalité de traitement des propriétaires, d'une commune à l'autre, a exposé les élus les plus protecteurs du foncier agricole à de vives contestations.

Toutefois, les auteurs constatent que, dans un second temps, la décentralisation a permis l'émergence de nouveaux modes de gouvernance à l'origine de politiques publiques plus performantes. Ainsi, à Montpellier, une cogestion de fait s'est progressivement instaurée avec le syndicat agricole majoritaire. Il en a résulté des politiques de préservation du foncier agricole efficaces, mais pas toujours bien acceptées en raison du choix, contesté, de l'interlocuteur privilégié par les pouvoirs publics. À Rome, des formes nouvelles d'élaboration des politiques d'aménagement du territoire sont apparues. Basées sur des processus participatifs larges, incluant l'ensemble des parties prenantes, elles sont jugées à la fois plus efficaces et garantes d'une bonne acceptation sociale. Pour ces raisons, les auteurs appellent à privilégier ce type d'approches, et ce en dépit de leurs limites (difficultés pratiques de mise en œuvre notamment).

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Land Use Policy

07/02/2018

Élections 2017 : pourquoi l'opposition métropoles-périphéries n'est pas la clé

Telle est la thèse que défendent F. Gilli, B. Jeanbart, T. Pech et P. Veltz, dans cette note publiée par le think tank Terra Nova. Selon eux, les résultats des dernières élections présidentielles ont fait dire un peu vite, à certains observateurs, que les votes des urnes confirmaient la scission entre une France urbaine, ouverte et progressiste, et une France oubliée, reléguée, conservatrice, parce que rurale et anti-métropolitaine. Cette note amène à réviser ces représentations, en inscrivant l'explication géographique dans un ensemble plus large de causalités (dynamiques sociales, économiques, politiques, etc.). Les auteurs y montrent par exemple que Macron, comme Mélenchon et Le Pen, font la plus grande partie de leurs voix dans le cœur des grandes aires urbaines (respectivement 58 %, 58 % et 46 %). De fait, les villes petites et moyennes et les territoires ruraux ne représentent que 21 % des suffrages frontistes. Inversement, les scores de En marche !, loin d'être l'apanage des CSP+ et des métropoles, s'élèvent à 22 % dans les villes petites et moyennes, et à 21 % dans les zones rurales. Pour les agriculteurs, commerçants, professions intermédiaires et employés, les votes Macron et Le Pen sont peu corrélés aux types de territoires. Au total, l'incidence du critère géographique est bien plus faible que les commentateurs n'ont pu le croire, et le poids des variables âge, sexe, niveau de diplôme, catégorie socioprofessionnelle et type de logement reste plus fort qu'on ne veut bien le dire. Si la géographie procure des connaissances nouvelles sur le vote rural, gardons-nous, en revanche, de tout géographisme excessif véhiculant une conception uniforme de la ruralité.

Source : Terra Nova

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05/02/2018

Éric Charmes, La revanche des villages, La vie des idées, 2017

Directeur du laboratoire de Recherches Interdisciplinaires Ville Espace Société (université de Lyon, ENTPE), l'auteur prolonge, avec ce nouvel article, sa critique de la notion de « France périphérique », imputable entre autres à Christophe Guilluy. Pour commencer, il rappelle à grands traits certains débats politiques et médiatiques actuels, qui opposent « richesse des villes » et « pauvreté des campagnes », et décrivent la ruralité comme des territoires abandonnés, de la « France d'en bas », subissant la mondialisation. Il montre, chiffres à l'appui, que les principales difficultés sociales se concentrent aujourd'hui au cœur des villes moyennes, alors que le péri-urbain et les campagnes ont, dans l'ensemble, des conditions de vie sociale et économique plus favorables. Les mieux lotis sont même souvent des villages entrés dans l'orbite d'une ville moyenne, et de ce fait devenus péri-urbains : « la péri-urbanisation offre une revanche aux villages ». La grande majorité des zones rurales bénéficie de ce puissant effet d'entraînement urbain, et seuls les secteurs ruraux isolés (centre du pays ou Languedoc-Roussillon) se démarquent par une concentration notable de ménages modestes. Loin des peurs et des imprécations habituelles, qui nuisent à la compréhension des véritables inégalités territoriales, cet article aide à poser les bons diagnostics, à révéler les dynamiques positives, et donc à orienter l'action politique.

Lien : La vie des idées

10:07 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : charmes, villages, campagnes |  Imprimer | | | | |  Facebook

Dépeuplement rural en Espagne

D'après des articles d'El Mundo et de La Vanguardia, le gouvernement espagnol s’apprête à présenter une Stratégie nationale contre le dépeuplement, fruit d'un travail interministériel dont l'un des objectifs est d'attirer et de fixer la population à la campagne, ainsi que de pallier les besoins en infrastructures. Le taux de population rurale en Espagne est le plus faible d'Europe, à l'exception de la Suisse et de la Hollande.

Selon des projections réalisées en 2016 par l'Instituto Nacional de Estadística, si les tendances démographiques restent inchangées, le pays perdrait, vers 2032, plus de 500 000 habitants (soit - 1,2 %). En particulier, la Federación Española de Municipios y Provincias prédit que la moitié des municipios (8 100, échelon territorial équivalent des communes françaises) seront menacés de disparition, ayant déjà actuellement moins de 1 000 habitants.

Sources : La Vanguardia, El Mundo

10:05 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : espagne, population, dépeuplement |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2018

Le devenir des salariés licenciés pour motif économique : retour à l'emploi plus difficile pour les ouvriers du secteur industriel, notamment agroalimentaire

C'est l'une des conclusions de l'étude publiée récemment par la Fabrique de l'industrie. S'appuyant sur le suivi de plusieurs centaines de milliers de travailleurs entre 1998 et 2010 (panel DADS de l'Insee), les auteurs analysent les trajectoires suivies par ceux qui perdent à un moment donné leur emploi, en faisant la distinction entre les secteurs exposés à la mondialisation (dont l'agroalimentaire, le commerce de gros de produits agricoles bruts), ou « abrités » (non concernés par la concurrence internationale, comme le commerce alimentaire de détail, les services de proximité, etc.).

En moyenne, un travailleur sur deux qui perd son emploi suite à la fermeture d'un site de production en a retrouvé un dans les trois années qui suivent. C'est plus difficile pour ceux du secteur manufacturier, qui comprend l'industrie agroalimentaire : les licenciés de l'industrie laitière sont parmi ceux qui peinent le plus à rebondir. De fait, lorsque les productions sont très territorialisées, les travailleurs peu qualifiés de l'industrie sont également les moins mobiles géographiquement et sectoriellement : certains retrouvent un emploi dans les services de proximité, mais souvent à leur détriment en matière de trajectoire professionnelle (salaire plus faible, précarité accrue). Lorsqu'ils arrivent à en retrouver un dans le secteur manufacturier, les perspectives sont à l'inverse très favorables.

Source : La Fabrique de l'industrie

10:11 Publié dans IAA, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : salariés, ouvriers, industrie |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/12/2017

Une bipolarisation croissante de l'emploi qui se traduit également au niveau territorial

L'Insee a récemment publié une analyse, basée sur le recensement de la population, de la bipolarisation des emplois en France selon les territoires. De plus, un document de travail approfondit l'hypothèse d'un lien entre le développement des nouvelles technologies et l'augmentation de la demande de cadres ou d'emplois non qualifiés, accentuant des disparités territoriales. Le marché de l'emploi paraît fortement territorialisé, reflétant l'évolution des secteurs d'activité. La diminution des emplois ouvriers, imputable à la concurrence internationale, a été sensible dans les régions où l'activité y était la plus exposée (textile, métallurgie). En revanche, là où l'emploi ouvrier est surtout agricole ou agroalimentaire, il a mieux résisté. Les emplois peu qualifiés de ce secteur, faiblement délocalisables et/ou peu automatisables jusqu'à présent, se sont maintenus : la proportion d'ouvriers non qualifiés augmente en s'éloignant des villes, et atteint 25 % dans les grandes régions viticoles.

Évolution de la part des ouvriers non qualifiés par type de territoire en France métropolitaine (en %)

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Source : Insee

Dans le même temps, les emplois de services peu qualifiés (essentiellement services à la personne et commerces de proximité) se sont fortement développés, mais pas dans les régions où l'emploi ouvrier a le plus diminué, expliquant une partie de l'augmentation du taux de chômage dans ces territoires. De fait, leur croissance est surtout dépendante de la demande de services (vieillissement, travail des femmes, commerce), et n'est pas liée à la diffusion des TIC.

Source : Insee, Insee

16:15 Publié dans Agriculteurs, IAA, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/12/2017

Agriculture et migrations : un atlas des migrations rurales africaines éclaire la complexité du phénomène

Alors que 220 millions de jeunes ruraux d'Afrique subsaharienne seront en âge de travailler d'ici 15 ans, les dynamiques des migrations rurales dans cette région restent mal connues. Le Cirad, en publiant avec la FAO un atlas de ces migrations, sur la base de données internationales et nationales, apporte une contribution utile à la compréhension de ce phénomène et de ses liens avec l'agriculture.

L'atlas indique que la vaste majorité des Africains migre au sein même de l'Afrique. Il s'agit principalement de jeunes hommes ayant été scolarisés. Leur décision de migrer est moins guidée par la nécessité de survie que par la volonté notamment de « vivre de nouvelles expériences ». L'atlas invite à investir dans l'agriculture et le développement rural, et à encourager les liens entre zones rurales et urbaines afin d'offrir à ces populations des conditions de vie meilleures.

Source : Cirad

16:03 Publié dans Développement, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : migrations, monde rural, afrique subsaharienne, atlas |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2017

Agriculteurs urbains, Guillaume Morel-Chevillet (dir.)

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Dirigé par G. Morel-Chevillet (chargé de mission à Astredhor, l'institut technique de l'horticulture), ce guide pratique marque une nouvelle étape dans l'institutionnalisation de l'agriculture urbaine, en offrant une synthèse complète sur ce sujet à destination du grand public. L'ouvrage est organisé en trois parties, abordant les différentes formes de production alimentaire en milieu urbain : l'auteur a retenu une définition extensive de l'« agriculture urbaine », qui couvre tant des activités orientées vers le loisir et l'épanouissement personnel que vers la production et la commercialisation.

La première partie s'intéresse aux « amateurs », qui investissent par exemple un balcon, une terrasse pour cultiver des fraises ou un toit pour installer une ruche. Elle passe en revue les différentes « solutions pour produire chez soi », avec des encadrés pédagogiques, et présente le matériel végétal le mieux adapté pour mettre en place un « potager urbain ». La deuxième partie est consacrée aux dimensions « sociales » de l'agriculture urbaine. Elle retrace notamment l'histoire des jardins collectifs. Les collectivités territoriales trouvent aujourd'hui dans ces différentes pratiques un levier pour aborder de façon plus concrète les enjeux de l'alimentation et pour sensibiliser aux problématiques de la biodiversité.

Enfin, près de 150 pages sont consacrées à ceux qui font de l'agriculture en ville un métier. Agro-paysagistes, architectes, serristes, du côté de l'offre de services, maraîchers et éleveurs, du côté de la production, sont confrontés à des défis particuliers, de l'aménagement des bâtiments aux problèmes de pollution des sols ou de l'air. Cette troisième partie aborde clairement les enjeux de la professionnalisation, en rappelant la diversité des démarches et des modèles économiques et en pointant les incertitudes qui demeurent sur le statut d'« agriculteur urbain ». La continuité entre les différents niveaux d'organisation des pratiques (individuelles, en groupe et en filière) est un fil conducteur jusqu'au dernier chapitre, consacré aux producteurs situés en périphérie des villes.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions France Agricole

08:49 Publié dans Agriculteurs, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/11/2017

Déchets organiques et résidus de culture : un gisement de matériaux pour la construction et une source de valeur à l'échelle des métropoles

L'utilisation de certains déchets organiques solides, dans la fabrication des matériaux de construction plutôt qu'en fermentation ou en amendements organiques, pourrait modifier profondément la chaîne de valeur des produits agricoles. Dans une publication récente, le cabinet Arup en étudie la faisabilité et l'impact à l'échelle d'une ville.

Sur la base d'un inventaire des solutions existantes à partir de sources organiques (canne à sucre, blé, ananas, tournesol, feuilles, etc.), les auteurs mettent en avant des complémentarités entre les acteurs de la construction et de l'agriculture, et le potentiel d'émergence de nouvelles activités économiques à l'échelle de différentes métropoles. Ainsi, 1 tonne de déchets et résidus organiques permet de produire 1 000 m² de panneaux minces.

Schéma d'économie circulaire à partir des productions agricoles et forestières

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Source : Arup

Une simulation est conduite sur la métropole milanaise, prenant appui sur le système de recyclage des déchets organiques solides et sur l'importance de l'agriculture sur ce territoire. Près de 8 millions de m² de panneaux pourraient être produits annuellement, en transformant seulement 10 % des déchets organiques et résidus de culture.

Source : Arup

Innovation : la politique des pôles de compétitivité doit évoluer

Créés en 2004, les pôles de compétitivité constituent un des piliers de la politique de l'innovation en France. Parmi les 68 qui fonctionnent aujourd'hui, 12 sont axés sur les secteurs de l'agriculture ou de l'agroalimentaire. Un avis récent du CESE dresse un bilan globalement positif de cette politique, tout en invitant à la faire évoluer. Les pôles de compétitivité ont eu, en tant qu'écosystèmes territoriaux, des impacts positifs sur les filières et l'emploi, malgré des résultats décevants en matière de dépôts de brevets. Ils ont induit des dynamiques de coopération entre les entreprises et le monde académique, ainsi qu'entre les TPE/PME et les grands groupes. Ils ont également contribué à l'attractivité des territoires. Face aux faiblesses qui persistent, le CESE émet plusieurs propositions, parmi lesquelles encourager les synergies entre les différents pôles, renforcer la sélectivité des financements et leur ciblage sur l'innovation, accompagner les entreprises en matière de numérisation et de gestion des emplois et des compétences.

Source : CESE

18/10/2017

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification sort son premier rapport de perspective

Le secrétariat de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) a pour objectif de prévenir et réduire celle-ci, afin de combattre la pauvreté et de favoriser une exploitation durable des sols. Il vient de publier son premier rapport sur les perspectives territoriales mondiales. En s'appuyant sur l'expertise de nombreux organismes de recherche et institutions internationales, les auteurs ont construit un atlas d'informations, de vulgarisation et de recommandations s'adressant à tous les pays, européens compris.

Dynamiques de la productivité des terres en Europe entre 1999 et 2013

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Source : UNCCD

Se présentant comme un panorama, l'ouvrage replace, dans une première partie, la problématique dans un contexte dynamique : il présente, à travers cinq chapitres, l'état des connaissances sur la désertification des terres et ses facteurs de changement (agriculture, exploitation des sous-sols, urbanisation, développement des infrastructures). Une seconde partie expose les résultats d'un travail prospectif, avec le développement de trois scénarios d'évolution. Les auteurs détaillent les enjeux et défis liés au foncier et mettent en évidence les causes et conséquences d'une importante crise de la productivité des terres amenée à s'amplifier. Les recommandations issues de ce travail prennent la forme de six démarches intégrées permettant de stabiliser et de réduire la surexploitation des surfaces.

Hypothèses intégrées dans les trois scénarios

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Source : UNCCD

Parmi les exemples détaillés dans l'ouvrage, l'un d'eux illustre l'intérêt de prendre en compte, dans la construction des politiques publiques, le savoir issu d'expériences de terrain (approche ascendante, ou bottom-up). Il s'agit d'une utilisation particulièrement réussie de couverts végétaux protecteurs, par un éleveur sud-africain, dont les terres étaient dégradées par la surexploitation et la désertification. Son choix judicieux d'essences et de plantations spécifiques, sur des parcelles en pente, lui a permis de restaurer ses pâtures et de limiter l'impact de la sécheresse. S'inspirant de cette initiative, les décideurs publics ont lancé un programme gouvernemental qui a conduit à la restauration de plus de 10 000 hectares entre 2004 et 2016.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : UNCCD

10:37 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international, Territoires | Lien permanent | Tags : unccd, désertification, terres |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/10/2017

« La caméra explore les champs » de la région Centre-Val de Loire

Le numéro de septembre d’Études Rurales, intitulé « La caméra explore les champs », se penche sur la représentation audiovisuelle de la société rurale, s'appuyant sur une série d'analyses de films ethnographiques à dimension sociale ou historique. La sociologue-anthropologue Nadine Michau y éclaire, dans un article analytique, son documentaire « Quel chemin on emprunte ? » sur les mutations agricoles du début du XXIe siècle dans la région Centre-Val de Loire. Ce film fait suite à l'enquête sociologique SOPHY (Conditions d’acceptabilité des changements de pratiques agricoles) menée par le laboratoire Citeres (Cités, territoires environnement et sociétés) et le CNRS-Université François-Rabelais-Tours entre 2011 et 2014, enquête à laquelle la réalisatrice a contribué.

« Quel chemin on emprunte ? » part ainsi de l'interrogation d'un céréalier quant à ses choix de pratiques culturales et son positionnement idéologique, dans un contexte de mutations technologique et économique de l'agriculture, et sous un contrôle citoyen omniprésent. Cinq profils sociaux d'agriculteurs, comme autant de réponses à cette question, sont distingués dans l'enquête SOPHY qui s'appuie sur les critères de conduite d'exploitation (méthodes conventionnelles, raisonnées et biologiques) et de perception par l'agriculteur de son environnement institutionnel et professionnel. Par des entretiens filmés avec des exploitants, N. Michau illustre chacun de ces profils.

Dans l’analyse de son film proposée dans Études Rurales, la réalisatrice critique le support filmographique et le « pouvoir de censure » qu’impose implicitement la caméra. Elle souligne ainsi le décalage entre les propos rapportés lors des entretiens et la réalité. En effet, souffrant de leur image médiatique de « pollueurs aux pratiques intensives », les agriculteurs interrogés mesurent l’image qu’ils offrent au public à travers ce documentaire. Cependant, l’enquête filmée reste, d’après l'auteure, un instrument de reconnaissance et de légitimation pour les exploitants agricoles à la recherche de modes d’expression plus directs auprès des citoyens. Enfin, diffusé aux institutions intéressées, « Quel chemin on emprunte ? » est également un outil intéressant d'investigation et un support de réflexion sociologique sur le métier d’agriculteur.

Capture d'écran du documentaire « Quel chemin on emprunte ? »

Documentaire.jpg

Source : université de Tours

Armelle Huille, Centre d'études et de prospective

Sources : Études rurales, université de Tours