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04/10/2018

Agricultures urbaines : potentiel de développement et impacts

J. Fosse (France Stratégie) publie, dans la série « Décryptages » de la fondation La fabrique écologique, une note sur le potentiel de développement des agricultures urbaines et leurs impacts possibles sur l'environnement et l'aménagement des territoires. Faisant la synthèse de différents travaux, l'auteur établit une typologie, identifie des initiatives exemplaires et s'interroge sur les leviers de développement d'une agriculture urbaine durable.

Typologie des différents modes d'agriculture urbaine

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Source : La fabrique écologique

Pour l'auteur, le potentiel de production alimentaire urbaine semble « modeste », mais la végétalisation des villes est intéressante en termes environnementaux. L'agriculture urbaine a aussi sa place dans la réflexion sur l'artificialisation des sols et la gouvernance du foncier. Ces développements confirment les pistes explorées par l'Ademe dans une publication récente (voir une précédente brève sur ce blog).

Source : La fabrique écologique

09:30 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, environnement, aménagement |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/09/2018

Plant factories vs serres horticoles : premiers éléments d'évaluation des performances

Malgré la multiplication des études sur l'agriculture urbaine, les systèmes de production intensifs à l'intérieur de bâtiments (indoor), en environnement contrôlé (chambres stériles), sans échanges avec l'extérieur (notamment sans ensoleillement), et désignés en Asie sous le nom de plant factories, sont encore très méconnus (voir à ce sujet une précédente brève sur ce blog). Les projets, portés par des start-up ou par de grands groupes, mettent rarement leurs données à disposition des chercheurs. Trois articles récents amorcent une comparaison de leurs performances avec les systèmes conventionnels sous serre et en pleine terre.

Ainsi, un article d'Agricultural Systems couple des modèles de croissance de la laitue avec des modèles climatiques en serre et en bâtiment, pour évaluer la viabilité économique des plant factories. Selon les auteurs, la rareté relative de différentes ressources déterminera l'intérêt des diverses options. Les bonnes performances en matière de rendements et de pertes dans l'environnement sont avérées, sous différentes latitudes, mais le facteur énergétique est un verrou, même avec le progrès des éclairages LED.

Un deuxième article, publié dans le Journal of Cleaner Production, mène le même type d'analyse de cycle de vie, mais cette fois à partir de données enregistrées sur deux sites expérimentaux de l'université de Chiba, au Japon. Là encore, le système high tech réduit l'utilisation des ressources non remplaçables (phosphore, eau, foncier), mais « au prix d'une consommation d'énergie accrue ». Les auteurs comptent sur des technologies énergétiques alternatives pour lever cette contrainte : échanges de chaleur avec les industries, pompes à chaleur, piles à combustible à oxyde solide et énergie photovoltaïque.

Enfin, dans un article de Procedia CIRP, des chercheurs ont eu accès aux données d'une ferme-pilote de l'entreprise Refarmers à Lyon. Ils constatent que l'hydroponie est effectivement très productive et suggèrent un couplage avec des sources d'énergie renouvelables (éoliennes).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : Agricultural Systems, Journal of cleaner production, Procedia CIRP

10:28 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, plant factories |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2018

Agriculture à petite échelle et organisation autonome urbaine à Mexico

Un récent article de la Revista Española de Estudios Agrosociales y Pesqueros aborde la question de la place de l'agriculture urbaine dans la sécurité alimentaire à Mexico, à partir d'un exemple impliquant des populations urbaines depuis peu de temps et porteuses d'une tradition agricole de subsistance. D'après les auteurs, cette problématique n'est pas abordée de la même façon par les instances internationales et par les organisations de la société civile. Les premières parlent de « sécurité alimentaire » sans questionner les modes de production intensifs, les secondes de « souveraineté alimentaire » en tant que droit des populations à décider des formes de production, de distribution et de consommation alimentaires.

L'article détaille une étude de cas réalisée à partir d'une observation participante (2014) et d'entretiens (2015-2016) dans la ville de Mexico, où des organisations sociales revendiquant le droit au logement ont vu le jour dans les années 1980. En 2008, une initiative gouvernementale de promotion de l'agriculture urbaine a permis aux habitants du complexe d'habitations CANANEA (1 020 logements) de mettre en place, sur un terrain abandonné, un projet ASPE (Agricultura sustentable a pequeña escala). Il s'appuie sur les connaissances en agriculture traditionnelle des participants, lesquels ont en outre reçu une formation de six mois en agro-écologie.

Dans ce cadre, le travail s'organise de façon communautaire, sur la base d'un organigramme fonctionnel. 25 personnes y participent dont 18 femmes et, dans un but pédagogique, les enfants sont également associés à l'expérience autour de la production de légumes. En termes de débouchés, 75 % de la production sont auto-consommés et en partie échangés afin de contribuer à un régime alimentaire varié, 25 % sont commercialisés, permettant ainsi de concourir à l'achat d'intrants et au financement de la formation. L'épargne est encouragée pour faire face aux imprévus et alimenter un fonds pour financer des microcrédits destinés aux membres de la communauté, pour des populations souvent exclues du système bancaire traditionnel. Pour les auteurs, qui défendent l'idée qu'une souveraineté alimentaire à petite échelle peut être atteinte, la volonté de promotion de l'agriculture urbaine ainsi que les expériences comme celles de l'ASPE ont influencé en retour les politiques publiques : ainsi, en 2017, la ville de Mexico s'est dotée d'une loi sur les jardins potagers urbains.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Revista Española de Estudios Agrosociales y Pesqueros

09:29 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : mexique, agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/03/2018

Agriculture urbaine et production sur les toits

Dans le numéro de février 2018 de Agronomy for Sustainable Development, une publication de chercheurs français fournit la première analyse quantitative exhaustive des services écosystémiques rendus par les productions alimentaires sur les toits. Les technosols mis en place sur le toit d'AgroParisTech, dans le cinquième arrondissement de Paris, ont été évalués au regard de la production de légumes récoltée, du ruissellement de l'eau et du recyclage des déchets organiques (utilisés pour amender les sols). Les résultats, par comparaison avec des cas de référence (production de pleine terre, en toiture végétalisée et sur sol artificialisé en ville), montrent notamment des « rendements quasi-équivalents ».

Sur la thématique de l'agriculture urbaine, on pourra également se reporter à une synthèse publiée récemment par l'Ademe, distinguant trois types de projets d'agriculture urbaine, en fonction des bénéfices recherchés (voir à ce sujet une précédente brève sur ce blog).

Source : Agronomy for Sustainable Development

10:06 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, toits, technosols, services écosystémiques |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/02/2018

Publication de l'Ademe sur l'agriculture urbaine et les enjeux de durabilité

L'Ademe a publié en janvier 2018 une synthèse bibliographique portant sur la définition des différentes pratiques d'agriculture urbaine (AU) et le décryptage des principaux enjeux de durabilité, dans les pays développés. L'AU est définie comme « tout acte maîtrisant le cycle végétal ou animal dans un but de production alimentaire ayant lieu en zone urbaine ». Elle se caractérise par une grande diversité de projets. L'auteure en propose la typologie suivante :

- AU professionnelle : agriculture périurbaine classique, AU technologique, AU sociale et solidaire ;

- AU non-professionnelle : AU collective, AU individuelle ;

- AU servicielle (projets d'aménagement et de gestion de l'espace public ou privé, développés par des collectivités ou des entreprises).

Les caractéristiques de l'agriculture urbaine

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Source : Ademe

L'agriculture urbaine est une bonne porte d'entrée pour aborder les grandes thématiques portées par l'Agence (économie circulaire, pollution des sols et de l'air, alimentation durable, etc.), ainsi que d'autres enjeux (lien et acceptabilité sociale, santé). Battant en brèche l'idée d'une « solution miracle et durable pour nourrir les citadins », la conclusion souligne la complémentarité de l'AU avec les autres formes de production agricole, notamment de par son rôle pédagogique, sa contribution à un approvisionnement en denrées périssables (légumes-branches, petits fruits), son rôle éducatif potentiel et, dans certaines conditions, ses services écosystémiques. Enfin, des points clés à respecter par les projets d'AU en matière de durabilité sont identifiés.

Source : Ademe

10:16 Publié dans Production et marchés, Société | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, durabilité, typologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2017

Agriculteurs urbains, Guillaume Morel-Chevillet (dir.)

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Dirigé par G. Morel-Chevillet (chargé de mission à Astredhor, l'institut technique de l'horticulture), ce guide pratique marque une nouvelle étape dans l'institutionnalisation de l'agriculture urbaine, en offrant une synthèse complète sur ce sujet à destination du grand public. L'ouvrage est organisé en trois parties, abordant les différentes formes de production alimentaire en milieu urbain : l'auteur a retenu une définition extensive de l'« agriculture urbaine », qui couvre tant des activités orientées vers le loisir et l'épanouissement personnel que vers la production et la commercialisation.

La première partie s'intéresse aux « amateurs », qui investissent par exemple un balcon, une terrasse pour cultiver des fraises ou un toit pour installer une ruche. Elle passe en revue les différentes « solutions pour produire chez soi », avec des encadrés pédagogiques, et présente le matériel végétal le mieux adapté pour mettre en place un « potager urbain ». La deuxième partie est consacrée aux dimensions « sociales » de l'agriculture urbaine. Elle retrace notamment l'histoire des jardins collectifs. Les collectivités territoriales trouvent aujourd'hui dans ces différentes pratiques un levier pour aborder de façon plus concrète les enjeux de l'alimentation et pour sensibiliser aux problématiques de la biodiversité.

Enfin, près de 150 pages sont consacrées à ceux qui font de l'agriculture en ville un métier. Agro-paysagistes, architectes, serristes, du côté de l'offre de services, maraîchers et éleveurs, du côté de la production, sont confrontés à des défis particuliers, de l'aménagement des bâtiments aux problèmes de pollution des sols ou de l'air. Cette troisième partie aborde clairement les enjeux de la professionnalisation, en rappelant la diversité des démarches et des modèles économiques et en pointant les incertitudes qui demeurent sur le statut d'« agriculteur urbain ». La continuité entre les différents niveaux d'organisation des pratiques (individuelles, en groupe et en filière) est un fil conducteur jusqu'au dernier chapitre, consacré aux producteurs situés en périphérie des villes.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions France Agricole

08:49 Publié dans Agriculteurs, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/01/2017

Végétaliser en ville : indicateurs, outils de financement et gouvernance des projets

L’Institute for climate economics (I4CE – initiative de la Caisse des dépôts et de l'Agence Française de Développement) a publié fin 2016 une synthèse sur la nature en ville. Quels bénéfices en attendent les acteurs de l’urbanisme ? Quels financements sont privilégiés dans les projets existants ? Quels indicateurs et quelles modalités de gouvernance recommander ? Pour répondre à ces questions, Alexandre Tavin et Alexia Leseur se sont appuyés sur huit études de cas, en Europe et aux États-Unis.

Si les bénéfices « dépendent du type d’espaces végétalisés (trames vertes, forêts et parcs, jardins, friches, linéaires, toits végétalisés », les auteurs extraient d’une revue de littérature des éléments d’appréciation des services rendus par le végétal en ville : rôle de l’arbre dans la réduction des îlots de chaleur urbains et la lutte contre le ruissellement, valorisation durable des ressources avec la filière bois-énergie et les déchets verts, sécurité alimentaire et maintien de la biodiversité avec l’agriculture urbaine, etc.

« Évaluer les services rendus par les écosystèmes permet de les intégrer à l’analyse coûts-bénéfices en phase initiale de projet urbain, ou contribuer à enrichir une analyse multicritères, qui peuvent alors agir comme outil d’aide à la décision ». Mais « la monétarisation de ces effets, et par là la capacité d’auto-financement des projets, sont encore très limités ». Ces projets reposent largement sur des fonds d’origine publique. L’étude passe en revue les différents échelons de financement disponibles en France (collectivités locales, État et agences de l’État, Union européenne).

Dans un contexte général de budgets publics contraints, la comparaison internationale met en évidence, outre la formule récurrente des partenariats public-privé, des modalités plus innovantes : procédures accélérées d’obtention de permis de construire (Green Permit Program de Chicago), combinaison de contrainte réglementaire et d’incitation par crédit d’impôt à Bâle, finance carbone et obligations vertes (Perth, Deli, Santa Monica), par exemple.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Institute for climate economics

09:37 Publié dans 4. Politiques publiques, Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : ville, végétalisation, agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/10/2016

Agriculture urbaine et économie circulaire

« L’agriculture colonise progressivement les villes. Pour le moment, les projets fonctionnent en relative autonomie les uns par rapport aux autres. (…) Et si l’avenir était la mise en réseau de ces projets d’agriculture urbaine pour s’inscrire pleinement dans l’économie circulaire ? ». Publiée en septembre, une note écrite par Guillaume Morel-Chevillet pour Astredhor, l’institut technique de l’horticulture, analyse (à partir d’exemples européens et nord-américains) quatre dimensions importantes pour l’intégration de ces deux problématiques :

- la proximité producteur-consommateur et la sensibilisation à la consommation locale ;

- le recyclage des déchets organiques ;

- le recyclage de l’eau ;

- l’optimisation de l’espace urbain avec un meilleur usage du foncier et du bâti existant pour produire, que ce soit indoor, sur les toits ou au sol.

Source : Astredhor

10:50 Publié dans Agronomie | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, économie circulaire, astredhor |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2016

Agriculture des métropoles en Amérique latine : voie d'avenir ou cache-misère ?

Le dernier volume de la revue Problèmes d'Amérique latine, mis en ligne récemment, propose un dossier intitulé : « Agriculture des métropoles : voie d'avenir ou cache-misère ». Il regroupe cinq articles, dont quatre traitent d'exemples de métropoles (Buenos Aires, Lima, Mexico, Santiago du Chili). Le dossier apporte ainsi une présentation synthétique de l'agriculture urbaine et péri-urbaine, pour chacune de ces grandes villes (principaux chiffres, historique et caractérisation des différentes catégories d'agriculture existantes), et, pour certains articles, une analyse des politiques d'appui à ces agricultures.

Il ressort de ce regard croisé la nécessité de bien définir et dissocier, dans l'analyse et dans les éventuelles politiques d'appui, les types d'agricultures très différents existants : agriculture urbaine à proprement parler, agriculture périurbaine essentiellement commerciale (soit insérée dans des circuits classiques, soit positionnée sur des « niches », comme par exemple le bio), et agriculture située dans des zones rurales de municipalités urbaines. Cette distinction est semble-t-il rarement faite. De manière générale, l'agriculture réellement urbaine semble limitée à quelques initiatives, individuelles ou collectives (pour certaines connues à l'international), appuyées ou non par les autorités, dont il est difficile de dire si elles sont plutôt anecdotiques ou indicatrices d'évolutions sociales dans les capitales latino-américaines. L'agriculture périurbaine semble en revanche plus dynamique, même si elle fait face à certaines difficultés et en particulier à la pression foncière due à l'extension urbaine.

L'article sur Buenos Aires propose un angle différent : il analyse la relation entre migration et activité économique agricole, en montrant en quoi les migrants boliviens, désormais majoritaires dans les productions maraîchères périurbaines et la commercialisation, sont acteurs des transformations récentes de cette agriculture (introduction de nouvelles techniques de production et de commercialisation, de nouvelles variétés). L'auteur montre que ces migrants n'ont pas été initiateurs des innovations, mais ont joué un rôle clé dans leurs diffusion et amélioration en se les réappropriant. L'analyse des origines boliviennes de ces producteurs (région de départ, statut d'agriculteurs familiaux, etc.) et de leurs pratiques agricoles, avant la migration, permet de mieux comprendre ces évolutions.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Géographie Économie Société

15:39 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : amérique latine, agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/03/2016

Agriculture urbaine : deux publications sur les plant factories en Asie

Annoncée d’assez longue date, la mise en service d’« usines à légumes » (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) en Asie donne corps à une forme d’agriculture urbaine « verticale », intensive en technologie (milieu confiné, hydroponie, éclairages spéciaux). Deux publications récentes font le point sur ces plant factories. La première, intitulée The rise of Asia’s indoor agriculture industry, est destinée au grand public et aux investisseurs. La deuxième, destinée aux scientifiques, entre dans le détail de la conception et de la gestion des PFAL (plant factories with artificial light).

Si l'on peut se poser la question de savoir dans quelle mesure ces nouveaux concepts marquent une vraie rupture avec l’horticulture de serre, ces deux documents rendent visibles une constellation d’acteurs que l’on n’imaginait peut-être pas si avancés dans leurs projets.

Sources : AgFunderNews, Elsevier

09:47 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : plant factories, agriculture urbaine, asie |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/06/2015

L’agriculture urbaine en panorama dans la revue Pour

La revue Pour consacre un important volume aux agricultures urbaines (40 articles sur 400 pages, pour la moitié écrits par des chercheurs, pour l’autre par des acteurs de terrain). Les textes s’intéressent à cinq « fonctions » principales de ces productions dans les villes et leurs périphéries : alimentaires, marchandes, sociales, écologiques, urbanistiques.

Les contributions sont traversées par des questions récurrentes. S’agissant des performances économiques, sociales et environnementales, Christine Aubry rappelle que les effets vertueux et la « multifonctionnalité » de ces agricultures en circuit court sont, en fait, rarement quantifiés. Les dynamiques de localisation sont mises en perspectives par une synthèse de Monique Poulot sur les relations entre ville et agriculture, depuis l’état de complémentarité fonctionnelle décrit par la théorie de la rente foncière de von Thünen, jusqu’au périurbain généralisé actuel. Les bouclages écologiques, eux, sont introduits par Philippe Clergeau (biodiversité, les trames vertes et bleues et autres services écosystémiques). Enfin, les dimensions politiques, autour du rapport des urbains à leur alimentation, l’empowerment des minorités, etc., constituent une autre dimension bien mise en valeur par les articles.

Pour privilégie ainsi l’agriculture urbaine telle qu’elle se fait, sur le terrain, en lien avec des besoins alimentaires ou des « demandes sociales ». Les projets à orientation plus technologique (fermes verticales, plant factories) ou architecturales (building integrated agriculture), qui nourrissent en partie l’engouement actuel des médias autour de l’agriculture urbaine, sont peu discutés dans le numéro. Mais les ingénieurs ne sont pas complètement absents, avec notamment des entretiens avec Frédéric Madre (Topager), à qui l’on doit le jardin expérimental sur les toits d’AgroParisTech, et avec Cédric Péchard, porteur du projet UpCycle de production de pleurotes en containers.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Pour

09:33 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/02/2015

L'agriculture urbaine en Afrique subsaharienne : rendements, impacts environnementaux et risques pour la santé humaine

La revue Agronomy for Sustainable Development vient de publier les résultats d'une étude du CIRAD sur les rendements de l'agriculture urbaine au Bénin et ses impacts environnementaux. Le cas étudié est celui de la tomate conduite en jardin urbain, production de plus en plus intensive à mesure qu'augmentent la demande et la pression foncière (plusieurs récoltes sur une année, pas de rotation, recours aux intrants chimiques).

En appliquant la méthode de l'analyse du cycle de vie sur différentes parcelles, ont été rassemblées des données sur les intrants du système (eau, énergie, traitements phytosanitaires, engrais) et ses sorties (effluents, rendements). Les rendements sont variables, mais globalement faibles, pour un bilan en nutriments élevé, et un usage des pesticides lui aussi « très variable, mais surtout excessif » (« un indice de fréquence des traitements pesticides de 8,9 en moyenne et une variation comprise entre 2,7 et 25 », contre une valeur de 1 pour les bonnes pratiques).

Il est sans doute difficile d'extrapoler à partir de ces résultats très localisés, qui dépendent du niveau de formation agronomique d'agriculteurs donnés, et qui portent sur un seul produit.Cette étude est d'ailleurs présentée comme « un premier pas vers une évaluation environnementale complète des systèmes maraîchers africains selon la méthode du cycle de vie ». Cependant, les résultats obtenus renvoient à une préoccupation récurrente dans les pays en voie de développement. L'agriculture urbaine, qu'elle soit commerciale ou de subsistance, est porteuse de différents bénéfices, souvent analysés à travers le prisme de la « multi-fonctionnalité » (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) : raccourcissement des circuits d'approvisionnement, accès à une diversité de fruits et légumes, autonomie alimentaire des ménages et maintien des traditions paysannes, etc. Mais elle pose aussi des questions de santé publique, de plus en plusprésentes dans les pays du Nord, avec le développement des jardins partagés par exemple. Les études portant sur l'impact des pollutions (du sol, atmosphériques – voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), sur la diffusion des maladies (malaria notamment) se sont ainsi multipliées. D'autres stratégies d'intensification sont également explorées (bouclage des cycles dans le cadre d'une ingénierie agro-écologique, confinement dans des serres voire des « fermes verticales » sans interaction avec l'environnement urbain).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : CIRAD, Agronomy for Sustainable Development

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07/07/2014

Vues d'ensemble sur l'agriculture urbaine

Faute de données, d'enquêtes et de définitions communes, les enjeux et le potentiel de l'agriculture urbaine restent difficiles à cerner. Plusieurs contributions ont récemment essayé de fournir cette vue d'ensemble, suivant des voies différentes.

La revue Environmental Research Letters présente, dans son numéro de mai, une étude qui prétend mesurer, au-delà de la diversité des cas de figure, la capacité de l'agriculture urbaine et péri-urbaine à répondre aux besoins des citadins en matière de consommation de légumes. 27 cultures et 165 pays sont retenus pour le calcul d'un ratio entre besoins des populations et potentiel de production (déterminé en croisant surface de l'aire urbaine et rendements). Les besoins des populations sont quant à eux déterminés à partir de la consommation constatée en 2001 pour les zones urbaines concernées et des recommandations de la FAO sur l'apport nutritionnel quotidien.

À en croire les auteurs, les perspectives de l'agriculture urbaine semblent bien limitées : l'étude « suggère que dans de nombreux pays, l'agriculture urbaine ne peut pas assurer l'autosuffisance en légumes des citadins, et encore moins résoudre le problème général de la sécurité alimentaire » faute d'espace urbain disponible. « La contrainte spatiale » est encore plus forte dans les pays les plus vulnérables en matière de sécurité alimentaire, « en raison de densités plus élevées ». À vrai dire, ces résultats sont assez peu surprenants.

Le raisonnement démographique utilisé ici n'est pas sans analogie avec de nombreux débats autour des stratégies de développement agricole et il pourra être perçu comme participant d'un effort de relégitimation des systèmes conventionnels d'agriculture intensive. Deux des co-auteurs avaient d'ailleurs participé à l'article « Comparing the yields of organic and conventional agriculture » paru dans Nature en 2012, publication ayant contribué à relancer le débat sur « le bio peut-il nourrir le monde ? ».

De son côté, la revue Agronomy for Sustainable Development livre deux analyses bibliographiques intéressantes. L'une porte sur les pays développés (Amérique du Nord, Grande-Bretagne, Australie et Japon), l'autre sur les pays en voie de développement (y compris la Russie post-soviétique). Quatre dimensions sont particulièrement mises en lumière : les impacts de l'étalement urbain et la possibilité de maintenir ou développer les surfaces cultivées en ville ou en périphérie ; les perspectives en matière de souveraineté alimentaire ; les pollutions et risques sanitaires ; et enfin les mesures d'accompagnement public (notamment les règles d'urbanisme).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : Agronomy for Sustainable Development

Agronomy for Sustainable Development

Environmental Research Letters

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09/12/2013

Plantation de 40 000 arbres fruitiers par la mairie de Jakarta

La mairie de Jakarta a décidé de lancer un grand programme de plantation d'arbres fruitiers dans la capitale d'Indonésie, le long des routes et sur les terrains vacants. Les habitants pourront cueillir librement les fruits de ces 40 000 arbres. Le maire de Jakarta souhaite que la ville soit « esthétique, verte et nutritive ».

Source : Courrier International

25/04/2013

Appel à projets "Végétalisations Innovantes" à Paris

La Ville de Paris lance un appel à projets dédié à la végétalisation innovante. Elle invite les entreprises et associations à venir expérimenter grandeur nature leurs solutions expérimentales dans les domaines de la biodiversité, de l’agriculture urbaine et de l’adaptation de la ville au changement climatique. En leur proposant de tester leurs prototypes dans l’espace public et sur les bâtiments, pendant une durée pouvant atteindre trois ans, Paris entend devenir un laboratoire à ciel ouvert pour imaginer, tester et développer les innovations qui transformeront la ville.

Source : Mairie de Paris


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