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05/04/2016

Regain d'intérêt pour le « roman rural noir »

À l'occasion du festival Quais du polar de Lyon, Macha Séry consacre un article, publié dans Le Monde daté du 31 mars 2016, aux auteurs de polars français de plus en plus inspirés par le milieu rural, « terreau fertile pour les thrillers ». « Roman de la crise » pour N. Mathieu, le roman noir permet à Franck Bouysse de « remettre ces territoires sur le devant de la scène littéraire », de « se les réapproprier ». Cette forme de polars a longtemps été éclipsée par des textes se déroulant le plus souvent en milieu urbain (cf. Maigret, Nestor Burma, le « 36 quai des Orfèvres »). Le mouvement actuel, qui peut s'inscrire notamment dans la veine du natural writting américain, est porté par une diversité d'auteurs et de maisons d'éditions régionales (Écorce, Bargain, du Palémon, Astoure, du Batsberg). Le défi est double, à savoir éviter tant le folklorique que le régionalisme. L'article s'achève sur une citation de Jim Harrison, qui fédère les intentions : « donner une voix à ceux qui n'en ont pas, je crois que c'est cela la responsabilité de l'écrivain ».

On pourra également se reporter à une émission radiophonique consacrée le 30 mars sur France Inter à cette thématique.

Source : Le Monde

10:02 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : rural, polar |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/03/2016

Tendances et défis de la pratique vétérinaire rurale

Dans un récent article, La semaine vétérinaire présente les enjeux associés à la pratique et aux installations vétérinaires en zones rurales. Il s'appuie sur les travaux du programme de recherche VeTerrA « Vétérinaires et territoires ruraux attractifs » piloté par VetAgroSup entre 2013 et 2015, réalisé dans différentes zones rurales du Massif Central et basé sur des enquêtes auprès de professionnels de terrain (vétérinaires, éleveurs).

L'article rappelle ainsi la tendance de fond à une certaine désaffection des vétérinaires pour la pratique rurale (15 % des structures vétérinaires rurales ont disparu en région Rhône-Alpes entre 1999 et 2010), qui fragilise le maillage sanitaire. Pour autant, la motivation pour « la rurale » existe toujours, pour de multiples raisons : vie à la campagne, relationnel avec les éleveurs, sentiment d'utilité sociale, etc. L'aspect intellectuellement stimulant du diagnostic est également cité, même si les contraintes économiques des propriétaires peuvent empêcher d'aller au bout des investigations. Autre tendance, l'exercice individuel tend à diminuer au profit d'associations permettant de partager les frais d'installation, de mutualiser le matériel coûteux et de se répartir les gardes. Les contraintes horaires sont un problème d'autant plus prégnant que les vétérinaires sont davantage soucieux de préserver leur vie de famille.

Certaines évolutions, comme la diminution des prophylaxies et la crainte d'érosion de la vente des médicaments, sont perçues comme des facteurs de risque pour la viabilité économique des cabinets ruraux. La concurrence de structures et services en lien avec l'élevage (centres d'insémination par exemple) est également citée. Au total, les constats formulés laissent craindre une poursuite de la déprise vétérinaire en zones rurales, une préoccupation croissante pour les pouvoirs publics (cf. trois rapports récents rendus en 2008, 2009 et 2010).

Le rapport final du programme VeTerrA présente également les démarches adoptées dans certains pays comme la Finlande où a été promu un partenariat entre secteurs public et privé : certains vétérinaires sont salariés par les « municipalités » (structures régionales regroupant des communes) et peuvent, en parallèle, exercer une activité libérale . Grâce à ce principe, la Finlande a un maillage territorial vétérinaire satisfaisant y compris dans les zones extrêmes comme la Laponie.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Sources : Programme VeTerrALe Point Vétérinaire

10:09 Publié dans Santé et risques sanitaires, Territoires | Lien permanent | Tags : veterinaires |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/03/2016

Partenariats pour le développement territorial, André Torre, Dominique Vollet (coord.)

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Cet ouvrage récent dresse un panorama des démarches partenariales entre la recherche et les acteurs locaux, pour promouvoir l’émergence de nouveaux modèles de développement territorial dans un esprit ascendant de type bottom up. Les recherches présentées ont été réalisées dans le cadre du Programme « Pour et sur le développement régional » (PSDR). Porté par l’Inra et l’Irstea, en collaboration avec des régions françaises, ce programme a pour but de contribuer au développement régional via des opérations de recherche-développement.

La première partie de l’ouvrage est consacrée à la présentation de démarches de recherche au service du développement territorial. Ce volet comporte cinq contributions plutôt axées sur les méthodes.

La deuxième partie se veut plus pragmatique, avec huit présentations d’outils faisant chacun l’objet d’un chapitre comme, à titre d’exemple, « le système stratégique de signaux précoces » appliqué au secteur laitier. C’est un outil susceptible d’aider à anticiper les opportunités et prévenir les risques. Cette méthode a été testée dans le cadre d’une expérimentation associant la chambre régionale d’agriculture de Normandie et plusieurs structures de recherche, dans le but d’accompagner les producteurs laitiers dans leurs choix stratégiques et d'anticiper certains événements. Autre exemple, celui de Co-click’eau : cette démarche de co-construction de scénarios à l’échelle d’aires d’alimentation de captages a pour objectif de contribuer à l’élaboration de plans d’actions agricoles en vue d’améliorer la qualité de l’eau. Cet exemple montre comment les différents acteurs s’emparent des scénarios pour trouver une solution commune à la gestion de la qualité de l’eau.

La lecture de cet ouvrage est riche de nouveaux modèles de développement territorial. Les auteurs interrogent l’évolution de ces modèles au regard de la décentralisation et des nouvelles compétences attribuées aux régions : reproduiront-elles des modèles de développement territorial « descendant » ou sauront-elles se saisir de ces nouveaux espaces en co-construction ?

Céline Fabre, Centre d'études et de prospective

Lien : Quae

10:00 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : développement, territoires, partenariat |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2016

Aménager les territoires ruraux et périurbains

En juillet 2015, l’architecte-urbaniste Frédéric Bonnet s’est vu confier une mission sur l’aménagement des territoires ruraux et périurbains par Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité. Son rapport, rendu public le 7 janvier dernier, s’appuie sur 76 contributions d’associations d’élus et de professionnels. L’auteur souligne la diversité et les atouts de ces territoires, l’objectif étant d’approfondir la réflexion pour que ces espaces conçoivent leurs propres modèles de développement. Le rapport clarifie, pour chaque thématique et pour chaque espace, le rôle des différentes catégories d’acteurs et propose des outils, existants ou à créer, pour aider les élus à monter leurs projets territoriaux.

La place fondamentale de l’activité agricole et forestière est réaffirmée, au sein de ces espaces, mais le rapporteur en montre aussi la fragilité. Il souligne par exemple la déconnexion entre une partie des exploitations agricoles et leurs territoires. Les aides des politiques agricoles, en étant centrées sur des critères essentiellement économiques, prennent peu en compte les autres enjeux de développement, et certaines composantes du secteur agricole se trouvent donc en décalage avec les dynamiques régionales.

Le rapport rappelle aussi que la faiblesse des revenus de certains agriculteurs a un impact direct sur le processus d'urbanisation, le déclassement de terrains agricoles en terrains à bâtir venant souvent combler des niveaux de vie ou des retraites agricoles trop faibles. Pour limiter les effets de cette « spéculation », le rapporteur recommande que les collectivités participent progressivement à la valorisation de l’activité agricole et de ses pratiques.

L’auteur montre aussi l’intérêt des CDCEA (Commissions départementales de la consommation des espaces agricoles), qui ont le mérite de rassembler des acteurs qui se rencontrent peu. Il propose d’élargir leurs missions aux questions d’aménagement du territoire, peu abordées pour l’instant et qui seraient un point de départ pour de nouvelles collaborations.

Le rapport appelle enfin à renforcer les moyens d’ingénierie publique et privée, avec l’idée de créer des ateliers d’ingénierie locale, susceptibles d'impliquer davantage les citoyens et sur lesquels les élus pourraient s’appuyer.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : ministère du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité

09:22 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : aménagement, rural, périurbain |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2015

Colloque « Débattre des technologies : un enjeu territorial ? »

Quels sont les enjeux des choix technologiques pour les territoires ? Comment l’innovation et les technologies se mettent-elles à leur service dans le contexte notamment de la transition énergétique ? Comment les territoires « pensent »-ils les nouvelles technologies et les différentes formes d’innovation (technologique, managériale, sociétale, etc.) et comment les anticipent-ils ? Quelle place est-elle accordée à la concertation et à la question de l’approbation de ces innovations ? Autant de questions qui ont été abordées lors du colloque co-organisé le 5 novembre par l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie, l’Institut des sciences de la communication et le think-tank Décider ensemble.

Croisant les approches, ce colloque a permis de porter un regard pluridisciplinaire sur la définition d’un « territoire » et sur son évolution au cours du temps, ainsi que sur les modalités d’interdépendance entre la construction des territoires et les choix technologiques. Les controverses suscitées par les technologies d’aujourd’hui ont également été discutées.

L’agriculture a été abordée à plusieurs reprises. Ainsi, pour illustrer les enjeux des choix technologiques pour les territoires, François Houllier (INRA) a mis en avant les deux dimensions intrinsèques de l’agronomie, « une science des localités », à la fois universelle (utilisation de technologies transversales non liées à un espace donné) et ancrée à un « terroir » / territoire (diversité des écosystèmes agricoles).

Concernant la manière dont les territoires favorisent et mettent en œuvre l’innovation technologique, le secteur de l’agriculture a été pris en exemple par Gilles Fumey, géographe : ce sont les caractéristiques d’une campagne (son histoire, sa religion, ses richesses, etc.) qui déterminent l’arrivée de nouvelles technologies. Il souligne que certains territoires agricoles détiennent un projet social, comme le département du Gers qui s’est engagé dans l’agriculture biologique, avec son collectif de paysans portant des pratiques culturales originales (suppression des labours, suppression de l’irrigation en période caniculaire, etc.).

Une réflexion intéressante et commune à plusieurs intervenants a porté sur la nécessaire mise en perspective historique et culturelle des territoires français – quels qu’ils soient – avant d’envisager l’implantation d’innovations ou de nouvelles technologies.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Décider Ensemble

10:46 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : territoires, technologies, innovation |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2015

Commissariat général à l’égalité de territoires : des leviers pour innover dans les territoires de faible densité

Dans son 5e numéro d’En Bref(septembre 2015), le Commissariat général à l’égalité de territoires (CGET) s’intéresse aux capacités d’innovation des espaces peu denses et aux enjeux des politiques d’innovation dans ces territoires en matière de réduction des inégalités et d’« invention de nouvelles réponses spécifiques pour ces espaces stratégiques ».

S’appuyant sur les résultats de l’étude du cabinet CMI Innovation et territoires de faible densité qu’il a commanditée, le CGET identifie dix leviers d’innovation et présente trois modèles de territoires innovants : les territoires « pépite », « laboratoire » et « coopératif ». Cette typologie a été établie à partir de l’examen de 15 cas emblématiques sélectionnés parmi 60 projets innovants.

L’étude, conduite au premier semestre 2014, visait notamment à caractériser les diverses formes d’innovation ayant un impact sur l’efficience publique ou sur l’activité économique dans les territoires de faible densité au regard de l’innovation(espaces ayant en théorie une faible capacité à innover car peu dotés en « facteurs classiques de l’innovation » définis par l’OCDE) : 90 % des 2 127 intercommunalités françaises (comptant en moyenne 14 000 habitants et une densité de 56 hab/km2) entrent ainsi dans cette catégorie, 675 (soit 35 %) étant définies comme des espaces ruraux.

Capacité théorique d’innovation des territoires

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Source : CGET

Parmi les cas exemplaires décrits dans l’étude, citons pour la ruralité le Pôle d’Excellence Rural du Pays d’Auge dans le Calvados (développement de circuits alimentaires de proximité), le projet Biovallée dans la Drôme (pratiques agricoles durables) ou encore le projet LEADER Seine Aval dans les Yvelines (projets agricoles « ville-campagne »).

Au nombre des recommandations formulées dans l’étude, figure la révision des modalités de détection, de sélection et de financement des projets innovants dans les territoires de faible densité, avec notamment la mise en place de partenariats locaux pour une gestion coordonnée des fonds européens, sur la base de stratégies territoriales intégrées plurifonds FEADER/FEDER/FSE et le renforcement des compétences d’ingénierie pour l’accompagnement des projets (voir à ce sujet un autre billet sur ce blog).

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : CGET

 

 

09:43 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : cget, innovation, territoires |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/10/2015

Regards croisés sur la course aux terres et à l’eau en contextes méditerranéens

Options Méditerranéennes, collection du CIHEAM, vient de publier son dernier numéro intitulé Accaparement, action publique, stratégies individuelles et ressources naturelles, qui réunit les travaux présentés lors de deux séminaires du réseau Foncimed, en 2011 et 2013. Ce réseau regroupe des institutions et organismes de recherche internationaux travaillant sur le foncier en Méditerranée.

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Le numéro est structuré en quatre thèmes :

  1. le premier traite des politiques publiques et de l’évolution des droits fonciers puis de leurs conséquences pour les sociétés agraires,

  2. le second volet présente la montée en puissance des « accaparements »,

  3. la troisième partie traite de leurs conséquences sur la gestion des ressources naturelles,

  4. le dernier chapitre analyse des cas de résistances à ces processus d’accaparement.

Ce recueil d’articles, de par la diversité de ces exemples, permet de comprendre les phénomènes à l’œuvre au nord comme au sud.

Source : CIHEAM

 

09:09 Publié dans Exploitations agricoles, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, accaparement, ciheam, mediterranee |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/09/2015

Coûts de transaction et territorialisation du programme Leader : quel apport pour la mise en œuvre des politiques territoriales ?

Dans un Working paper publié en 2015 par des chercheurs du Centre d’Économie et de Sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces ruraux (CESAER), sont comparés bénéfices et limites, en termes de coûts de transaction,du processus de territorialisation de l’action publique en matière de développement rural, par rapport à une politique descendante.

L’étude porte sur le programme LEADER 2007-2013 (« Liaison Entre les Actions de Développement de l’Économie Rurale », quatrième axe du second pilier de la Politique Agricole Commune) mis en œuvre dans les régions Auvergne et Bourgogne. Elle vise à estimer le niveau et la variabilité des coûts spécifiques de gestion et d’animation propres à ce programme en appliquant la « théorie des coûts de transaction » (TCT). La transaction se définit ici entre l’Union européenne et le porteur de projet via un groupe d’action locale (GAL) lequel, « en échange de l’attribution de subventions, s’engage à réaliser une action particulière de développement rural qui s’inscrit dans [son] projet global ».

Sur la vingtaine de projets examinés, quatre cas présentant un degré de territorialisation élevé et représentatifs de la diversité des projets LEADER ont été retenus et analysés : deux sur une thématique agricole (communication d’agriculteurs en circuit court, création d’un caveau d’une appellation d’origine contrôlée viticole), deux dans le domaine du tourisme-développement rural (valorisation d’un château par une communauté de communes, appui à l’installation d’une entreprise pour une société anonyme à responsabilité limitée).

Il ressort de cette étude que les coûts de transaction varient fortement d’une part, selon la nature juridique du porteur de projet et l’intensité de l’aide fournie par les animateurs, d’autre part, selon le contexte territorial (niveau d’expérience des animateurs et de coordination entre cofinanceurs) : ils atteignent des valeurs élevées pour les porteurs de projets privés, en raison de la complexité du montage financier. Mais ce sont surtout l’ingénierie territoriale et la formation des acteurs locaux qui génèrent des coûts importants.

Cet article souligne enfin l’importance de la dotation en ingénierie dans l’émergence de projets de développement rural.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Centre d’Économie et de Sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces Ruraux

 

12:20 Publié dans 4. Politiques publiques, Territoires | Lien permanent | Tags : leader, cesaer |  Imprimer | | | | |  Facebook

Qualité de vie, habitants, territoires : l’Observatoire des territoires publie son quatrième rapport

En mai dernier, l’Observatoire des territoires a publié son quatrième rapport, intitulé Qualité de vie, habitants, territoires. La notion de qualité de vie a récemment fait son apparition dans la statistique publique (rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, 2009) et sa mesure « s’inscrit dans un courant qui vise à redéfinir ce qui fait la richesse d’un pays, au-delà de la croissance du PIB » : il s’agit donc d’aller « au-delà des indicateurs classiques de performance des territoires fondés sur la production et les revenus ». Le rapport de l’Observatoire des territoires analyse dans douze fiches les grandes dynamiques et disparités des territoires français (démographie, économie, développement durable et structuration du territoire), consacre un dossier à la diversité des qualités de vie offertes par ces territoires, en fonction des cadres de vie et des attentes de la population. Il propose, notamment à destination des acteurs publics locaux, des indicateurs et grilles de lecture pour réaliser un diagnostic de la qualité de vie sur un territoire donné.

Plusieurs éléments peuvent être tirés de ce document riche. Les disparités territoriales s’inscrivent dans des structures « profondes » (lien à l’urbain, organisation des espaces par le tissu productif), mais des spécificités locales se maintiennent (ex : « aménités intrinsèques » des territoires littoraux ou de montagne). Si les disparités ont tendance à s’atténuer sur le long terme (homogénéisation des modes de vie et des comportements, convergence des niveaux de vie entre individus), avec une homogénéisation sociale, physique et économique des espaces, certains processus (accroissement de la spécialisation des territoires, crise économique) les accentuent, augmentant par là-même les disparités environnementales et sociales. Toutefois, les disparités sont atténuées ou contrebalancées par certaines dynamiques : modèles de développement alternatifs à la métropolisation, interdépendances entre territoires, actions publique et citoyenne contribuant à créer des équilibres entre et dans les territoires (mesures de préservation de l’environnement par exemple). Enfin, les disparités ne sont pas nécessairement des inégalités, et la qualité de vie d’un territoire va dépendre « simultanément du cadre de vie, du profil socio-démographique des résidents et de l’action publique d’aménagement du territoire ».

Des qualités de vie au croisement des caractéristiques de la population et des cadres de vie offerts par les territoires

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Source : CGET

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : CGET

 

12:17 Publié dans 4. Politiques publiques, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : cget, territoires, qualité de vie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/09/2015

L’égalité des territoires, une passion française. Philippe Estèbe

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La réforme territoriale est,dans la plupart des pays européens, un chantier permanent. Mais l’égalité étant la grande« passion française » (Tocqueville), c’est le thème de l’égalité des territoires qui prédomine chez nous, l’on attend de l’État qu’il lutte contre les dangers d’abandon et de rupture, en particulier des zones rurales. Ce petit livre, clair et riche, retrace l’histoire de cette passion égalitaire et présente ses défis actuels.

La géopolitique hexagonale a produit un « régime territorial » spécifique, dont les caractéristiques perdurent aujourd’hui : État fort, population dispersée, villes moyennes et gros bourgs assurant des services de proximité, campagnes industrielles et agricoles, bonne représentation politique du monde rural. Tout ceci induit une multiplication des routes et réseaux, un saupoudrage des équipements, et des coûts de gestion supérieurs à ceux d’autres pays.

Estèbe montre ensuite que ce principe d’égalité a connu dans le temps des sens différents. Pendant la IIIe République, c’est l’égalité des droits qui domine, d’où une discrimination positive en faveur des espaces ruraux, un vaste système de transferts financiers et des monopoles de service public (EDF, SNCF, Poste). De l’après-guerre au début des années 1980, l’idée d’égalité des places s’affirme : politique d’aménagement du territoire et organisation spatiale du système productif. Depuis le milieu des années 1980, l’égalité des chances commande : mise en compétition des territoires et de leurs projets de « développement local ».

Aujourd’hui, le système d’égalité territoriale s’affaiblit. L’auteur y voit trois causes : la fin des grands services publics en réseaux ; la forte mobilité des personnes et des facteurs de production, qui fait que le lieu de résidence devient moins important que les lieux de travail et de consommation ; le mouvement de métropolisation, de concentration urbaine des habitants et des richesses, les communes rurales et péri-urbaines passant sous l’influence des grandes villes.

Pour continuer à défendre l’égalité républicaine, Estèbe énonce en fin d’ouvrage quelques recommandations : passer de l’actuelle redistribution verticale vers les territoires à une redistribution des ressources entre territoires ; doter les Régions de capacités normatives en matière d’aménagement ; concevoir des politiques territoriales moins tournées vers l’administration de stocks (de populations, d’équipements) que vers l’animation de flux (de mobilités, de richesses).

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses universitaires de France

11:20 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : estebe, égalité, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

Précarités et marginalités en milieu rural. Revue Pour

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La pauvreté et les difficultés d’intégration des habitants des villes sont scrutées par les chercheurs, révélées par les médias et largement prises en compte par les politiques publiques. En revanche, les précarités et marginalités dans les espaces ruraux, moins visibles, moins sensibles politiquement, sont aussi moins bien observées et documentées. Ce numéro spécial de la revue Pour entend contribuer à limiter cette lacune, en donnant la parole à de nombreux auteurs, de profils variés (chercheurs, travailleurs sociaux, observateurs, agriculteurs, journalistes, etc.). Leurs contributions dressent un panorama des spécificités de la précarité en zone rurale, de ses diverses manifestations, en France comme dans quelques autres pays (Maroc, Sénégal, Chili, Espagne, Mexique, Portugal, etc.).

Une première série d’articles délimite les concepts (ne pas confondre « précarité » avec « pauvreté », « déprolétarisation » ou « exclusion » par exemple), précise les définitions, montre comment ces définitions et les représentations dominantes se sont transformées au fil du temps, et surtout interprète ces phénomènes à l’aune d’une lecture spécifiquement rurale.

Le deuxième groupe d’articles donne à voir diverses situations de précarité. L’approche empathique et compréhensive est privilégiée, c’est-à-dire que les analyses partent, dans l’ensemble, du point de vue des personnes marginalisées et de leurs propres interprétations de leurs trajectoires. Les difficultés rencontrées par les agriculteurs et par les femmes occupent une place importante, et certains problèmes récurrents sont soulignés : rapport à l’habitat, au travail, à l’énergie, à l’alimentation, à la mobilité. La précarité choisie, en tant que mode de vie alternatif, n’est pas oubliée.

Les textes composant la troisième partie présentent un échantillon de réponses publiques et privées – beaucoup plus locales que nationales –, apportées aux problèmes de précarité rurale. Certaines sont sectorielles et ciblées (insertion économique, formation, éducation, etc.), d’autres privilégient une approche plus transversale (liens entre précarité et autres problèmes sociaux, articulation des aides sociales entre elles).

Au total, ce numéro donne un bon aperçu de la variété des formes sociales et spatiales de marginalités dans les campagnes. On regrettera néanmoins la brièveté d’une partie des articles, qui ne permet pas une analyse poussée des sujets traités.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Cairn

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25/06/2015

L’agriculture urbaine en panorama dans la revue Pour

La revue Pour consacre un important volume aux agricultures urbaines (40 articles sur 400 pages, pour la moitié écrits par des chercheurs, pour l’autre par des acteurs de terrain). Les textes s’intéressent à cinq « fonctions » principales de ces productions dans les villes et leurs périphéries : alimentaires, marchandes, sociales, écologiques, urbanistiques.

Les contributions sont traversées par des questions récurrentes. S’agissant des performances économiques, sociales et environnementales, Christine Aubry rappelle que les effets vertueux et la « multifonctionnalité » de ces agricultures en circuit court sont, en fait, rarement quantifiés. Les dynamiques de localisation sont mises en perspectives par une synthèse de Monique Poulot sur les relations entre ville et agriculture, depuis l’état de complémentarité fonctionnelle décrit par la théorie de la rente foncière de von Thünen, jusqu’au périurbain généralisé actuel. Les bouclages écologiques, eux, sont introduits par Philippe Clergeau (biodiversité, les trames vertes et bleues et autres services écosystémiques). Enfin, les dimensions politiques, autour du rapport des urbains à leur alimentation, l’empowerment des minorités, etc., constituent une autre dimension bien mise en valeur par les articles.

Pour privilégie ainsi l’agriculture urbaine telle qu’elle se fait, sur le terrain, en lien avec des besoins alimentaires ou des « demandes sociales ». Les projets à orientation plus technologique (fermes verticales, plant factories) ou architecturales (building integrated agriculture), qui nourrissent en partie l’engouement actuel des médias autour de l’agriculture urbaine, sont peu discutés dans le numéro. Mais les ingénieurs ne sont pas complètement absents, avec notamment des entretiens avec Frédéric Madre (Topager), à qui l’on doit le jardin expérimental sur les toits d’AgroParisTech, et avec Cédric Péchard, porteur du projet UpCycle de production de pleurotes en containers.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Pour

09:33 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/06/2015

Retour sur l’exemplarité de Vittel

L’article Revenir sur l’exemplarité de Vittel : formes et détours de l'écologisation d’un territoire agricole, publié dans la revue électronique en sciences de l’environnement VertigO en mai 2015, s’attache à comprendre les jeux fonciers qui se sont mis en place sur l’impluvium de Vittel-Contrex suite à l’instauration, par l’entreprise agroalimentaire, d’un vaste dispositif de maîtrise des pollutions d’origine agricole. L’auteure, Florence Hellec (Inra SAD), revient sur les conditions dans lesquelles ont été réalisées les acquisitions foncières et les contractualisations volontaires, et sur les conflits qu’elles ont déclenchés au sein de la profession agricole. Cet article illustre les limites de l’intervention d’un acteur industriel, quand l’intérêt économique prime sur les considérations sociales, et ce malgré l’implication de plusieurs organismes publics et parapublics. Il met également en évidence l’incapacité à produire collectivement et durablement les représentations et les conditions du changement technico-économique.

Source : VertigO

08:58 Publié dans Agriculteurs, Territoires | Lien permanent | Tags : vittel |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2015

Société résiliente, transition écologique et cohésion sociale

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a lancé plusieurs chantiers sur la résilience, sous trois angles principaux : l’analyse intégrée de la résilience territoriale, les villes résilientes, les acteurs dans les processus de résilience. Ce dernier angle est l’objet du n°124 de la collection Études et documents, publié en mai 2015 et intitulé Société résiliente, transition écologique et cohésion sociale : études de quelques initiatives de transition en France, premiers enseignements. Y sont exposés les résultats de deux études : l’une propose, à partir d’un travail de terrain en Île-de-France, une approche sociétale de la résilience dans une optique de transition écologique ; l’autre dresse un état des lieux concret des initiatives de transition repérées et identifie des pistes d’action, construites par les acteurs, en vue de l’élaboration d’un partenariat entre porteurs de projets de résilience territoriale et acteurs publics.

Ces travaux originaux montrent comment des réponses peuvent être apportées à des situations de crises par la mobilisation citoyenne et collective, et interpellent les acteurs publics pour une meilleure prise en compte de ces nouveaux modes d’action dans les territoires (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Source : CGDD

08:52 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : cgdd, résilience, transition écologique |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/05/2015

L’Insee publie l’édition 2015 de La France et ses territoires

Après l’édition 2010 de La France et ses régions, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de publier La France et ses territoires. L’Institut s’y livre à une série d’analyses du territoire français, dans un contexte national marqué par plusieurs réformes, en cours (mise en œuvre de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles et de celle relative à la nouvelle délimitation des régions) et à venir (projet de loi sur la nouvelle organisation du territoire de la République).

À travers une série de dossiers sont proposées différentes grilles d’analyse du territoire et de son fonctionnement, tant démographique que social et économique : degré de densité de population, rôle des villes avec les unités et aires urbaines, étude des marchés locaux du travail dans les zones d’emploi et prise en compte du contexte européen. Élément nouveau de cette édition, l’Insee dresse un panorama des régions dans leur future délimitation au 1er janvier 2016.

Concernant les territoires ruraux, longtemps définis en négatif comme des espaces « non-urbains », l’Insee présente une nouvelle approche plus « morphologique », issue des travaux de classification « urbain-rural » de la Commission européenne (typologie « Degré d’urbanisation », 2011), qui prend en considération la continuité de l’espace en s’appuyant sur la localisation et la concentration des populations (voir carte ci-dessous). Cette grille d’analyse tient mieux compte des évolutions territoriales avec des liens campagnes-villes resserrés et des espaces ruraux qui se définissent davantage comme un « cadre de vie ». Elle permet, combinée à d’autres données comme l'emploi et la présence de services et d’équipements, de mesurer l’enclavement et l’éloignement de territoires très diversifiés.

Typologie européenne élargie et accès aux équipements et services de proximité

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L’Insee observe ainsi que 90 % des communes françaises sont peu densément peuplés, regroupant 35 % de la population, et que « les plus faibles densités – communes très peu denses – concernent un tiers des communes et 4 % de la population », les trois quarts de ces dernières étant considérées comme isolées (ie éloignées de l’influence des villes). Toutefois, l’Institut souligne que « la faible densité n’est pourtant pas toujours synonyme de dépeuplement » puisque ces espaces peu et très peu denses ont connu des taux respectifs de croissance de la population de 5,2 % et 3,3 % entre 2006 et 2011 (contre seulement + 1,2 % dans les communes denses).

Pour mémoire, l’Insee a publié une étude en octobre 2014 sur la qualité de vie dans les territoires français (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Insee

 

09:28 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : insee, territoires |  Imprimer | | | | |  Facebook