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13/11/2015

Colloque « Débattre des technologies : un enjeu territorial ? »

Quels sont les enjeux des choix technologiques pour les territoires ? Comment l’innovation et les technologies se mettent-elles à leur service dans le contexte notamment de la transition énergétique ? Comment les territoires « pensent »-ils les nouvelles technologies et les différentes formes d’innovation (technologique, managériale, sociétale, etc.) et comment les anticipent-ils ? Quelle place est-elle accordée à la concertation et à la question de l’approbation de ces innovations ? Autant de questions qui ont été abordées lors du colloque co-organisé le 5 novembre par l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie, l’Institut des sciences de la communication et le think-tank Décider ensemble.

Croisant les approches, ce colloque a permis de porter un regard pluridisciplinaire sur la définition d’un « territoire » et sur son évolution au cours du temps, ainsi que sur les modalités d’interdépendance entre la construction des territoires et les choix technologiques. Les controverses suscitées par les technologies d’aujourd’hui ont également été discutées.

L’agriculture a été abordée à plusieurs reprises. Ainsi, pour illustrer les enjeux des choix technologiques pour les territoires, François Houllier (INRA) a mis en avant les deux dimensions intrinsèques de l’agronomie, « une science des localités », à la fois universelle (utilisation de technologies transversales non liées à un espace donné) et ancrée à un « terroir » / territoire (diversité des écosystèmes agricoles).

Concernant la manière dont les territoires favorisent et mettent en œuvre l’innovation technologique, le secteur de l’agriculture a été pris en exemple par Gilles Fumey, géographe : ce sont les caractéristiques d’une campagne (son histoire, sa religion, ses richesses, etc.) qui déterminent l’arrivée de nouvelles technologies. Il souligne que certains territoires agricoles détiennent un projet social, comme le département du Gers qui s’est engagé dans l’agriculture biologique, avec son collectif de paysans portant des pratiques culturales originales (suppression des labours, suppression de l’irrigation en période caniculaire, etc.).

Une réflexion intéressante et commune à plusieurs intervenants a porté sur la nécessaire mise en perspective historique et culturelle des territoires français – quels qu’ils soient – avant d’envisager l’implantation d’innovations ou de nouvelles technologies.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Décider Ensemble

10:46 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : territoires, technologies, innovation |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2015

Commissariat général à l’égalité de territoires : des leviers pour innover dans les territoires de faible densité

Dans son 5e numéro d’En Bref(septembre 2015), le Commissariat général à l’égalité de territoires (CGET) s’intéresse aux capacités d’innovation des espaces peu denses et aux enjeux des politiques d’innovation dans ces territoires en matière de réduction des inégalités et d’« invention de nouvelles réponses spécifiques pour ces espaces stratégiques ».

S’appuyant sur les résultats de l’étude du cabinet CMI Innovation et territoires de faible densité qu’il a commanditée, le CGET identifie dix leviers d’innovation et présente trois modèles de territoires innovants : les territoires « pépite », « laboratoire » et « coopératif ». Cette typologie a été établie à partir de l’examen de 15 cas emblématiques sélectionnés parmi 60 projets innovants.

L’étude, conduite au premier semestre 2014, visait notamment à caractériser les diverses formes d’innovation ayant un impact sur l’efficience publique ou sur l’activité économique dans les territoires de faible densité au regard de l’innovation(espaces ayant en théorie une faible capacité à innover car peu dotés en « facteurs classiques de l’innovation » définis par l’OCDE) : 90 % des 2 127 intercommunalités françaises (comptant en moyenne 14 000 habitants et une densité de 56 hab/km2) entrent ainsi dans cette catégorie, 675 (soit 35 %) étant définies comme des espaces ruraux.

Capacité théorique d’innovation des territoires

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Source : CGET

Parmi les cas exemplaires décrits dans l’étude, citons pour la ruralité le Pôle d’Excellence Rural du Pays d’Auge dans le Calvados (développement de circuits alimentaires de proximité), le projet Biovallée dans la Drôme (pratiques agricoles durables) ou encore le projet LEADER Seine Aval dans les Yvelines (projets agricoles « ville-campagne »).

Au nombre des recommandations formulées dans l’étude, figure la révision des modalités de détection, de sélection et de financement des projets innovants dans les territoires de faible densité, avec notamment la mise en place de partenariats locaux pour une gestion coordonnée des fonds européens, sur la base de stratégies territoriales intégrées plurifonds FEADER/FEDER/FSE et le renforcement des compétences d’ingénierie pour l’accompagnement des projets (voir à ce sujet un autre billet sur ce blog).

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : CGET

 

 

09:43 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : cget, innovation, territoires |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/10/2015

Regards croisés sur la course aux terres et à l’eau en contextes méditerranéens

Options Méditerranéennes, collection du CIHEAM, vient de publier son dernier numéro intitulé Accaparement, action publique, stratégies individuelles et ressources naturelles, qui réunit les travaux présentés lors de deux séminaires du réseau Foncimed, en 2011 et 2013. Ce réseau regroupe des institutions et organismes de recherche internationaux travaillant sur le foncier en Méditerranée.

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Le numéro est structuré en quatre thèmes :

  1. le premier traite des politiques publiques et de l’évolution des droits fonciers puis de leurs conséquences pour les sociétés agraires,

  2. le second volet présente la montée en puissance des « accaparements »,

  3. la troisième partie traite de leurs conséquences sur la gestion des ressources naturelles,

  4. le dernier chapitre analyse des cas de résistances à ces processus d’accaparement.

Ce recueil d’articles, de par la diversité de ces exemples, permet de comprendre les phénomènes à l’œuvre au nord comme au sud.

Source : CIHEAM

 

09:09 Publié dans Exploitations agricoles, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, accaparement, ciheam, mediterranee |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/09/2015

Coûts de transaction et territorialisation du programme Leader : quel apport pour la mise en œuvre des politiques territoriales ?

Dans un Working paper publié en 2015 par des chercheurs du Centre d’Économie et de Sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces ruraux (CESAER), sont comparés bénéfices et limites, en termes de coûts de transaction,du processus de territorialisation de l’action publique en matière de développement rural, par rapport à une politique descendante.

L’étude porte sur le programme LEADER 2007-2013 (« Liaison Entre les Actions de Développement de l’Économie Rurale », quatrième axe du second pilier de la Politique Agricole Commune) mis en œuvre dans les régions Auvergne et Bourgogne. Elle vise à estimer le niveau et la variabilité des coûts spécifiques de gestion et d’animation propres à ce programme en appliquant la « théorie des coûts de transaction » (TCT). La transaction se définit ici entre l’Union européenne et le porteur de projet via un groupe d’action locale (GAL) lequel, « en échange de l’attribution de subventions, s’engage à réaliser une action particulière de développement rural qui s’inscrit dans [son] projet global ».

Sur la vingtaine de projets examinés, quatre cas présentant un degré de territorialisation élevé et représentatifs de la diversité des projets LEADER ont été retenus et analysés : deux sur une thématique agricole (communication d’agriculteurs en circuit court, création d’un caveau d’une appellation d’origine contrôlée viticole), deux dans le domaine du tourisme-développement rural (valorisation d’un château par une communauté de communes, appui à l’installation d’une entreprise pour une société anonyme à responsabilité limitée).

Il ressort de cette étude que les coûts de transaction varient fortement d’une part, selon la nature juridique du porteur de projet et l’intensité de l’aide fournie par les animateurs, d’autre part, selon le contexte territorial (niveau d’expérience des animateurs et de coordination entre cofinanceurs) : ils atteignent des valeurs élevées pour les porteurs de projets privés, en raison de la complexité du montage financier. Mais ce sont surtout l’ingénierie territoriale et la formation des acteurs locaux qui génèrent des coûts importants.

Cet article souligne enfin l’importance de la dotation en ingénierie dans l’émergence de projets de développement rural.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Centre d’Économie et de Sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces Ruraux

 

12:20 Publié dans 4. Politiques publiques, Territoires | Lien permanent | Tags : leader, cesaer |  Imprimer | | | | |  Facebook

Qualité de vie, habitants, territoires : l’Observatoire des territoires publie son quatrième rapport

En mai dernier, l’Observatoire des territoires a publié son quatrième rapport, intitulé Qualité de vie, habitants, territoires. La notion de qualité de vie a récemment fait son apparition dans la statistique publique (rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, 2009) et sa mesure « s’inscrit dans un courant qui vise à redéfinir ce qui fait la richesse d’un pays, au-delà de la croissance du PIB » : il s’agit donc d’aller « au-delà des indicateurs classiques de performance des territoires fondés sur la production et les revenus ». Le rapport de l’Observatoire des territoires analyse dans douze fiches les grandes dynamiques et disparités des territoires français (démographie, économie, développement durable et structuration du territoire), consacre un dossier à la diversité des qualités de vie offertes par ces territoires, en fonction des cadres de vie et des attentes de la population. Il propose, notamment à destination des acteurs publics locaux, des indicateurs et grilles de lecture pour réaliser un diagnostic de la qualité de vie sur un territoire donné.

Plusieurs éléments peuvent être tirés de ce document riche. Les disparités territoriales s’inscrivent dans des structures « profondes » (lien à l’urbain, organisation des espaces par le tissu productif), mais des spécificités locales se maintiennent (ex : « aménités intrinsèques » des territoires littoraux ou de montagne). Si les disparités ont tendance à s’atténuer sur le long terme (homogénéisation des modes de vie et des comportements, convergence des niveaux de vie entre individus), avec une homogénéisation sociale, physique et économique des espaces, certains processus (accroissement de la spécialisation des territoires, crise économique) les accentuent, augmentant par là-même les disparités environnementales et sociales. Toutefois, les disparités sont atténuées ou contrebalancées par certaines dynamiques : modèles de développement alternatifs à la métropolisation, interdépendances entre territoires, actions publique et citoyenne contribuant à créer des équilibres entre et dans les territoires (mesures de préservation de l’environnement par exemple). Enfin, les disparités ne sont pas nécessairement des inégalités, et la qualité de vie d’un territoire va dépendre « simultanément du cadre de vie, du profil socio-démographique des résidents et de l’action publique d’aménagement du territoire ».

Des qualités de vie au croisement des caractéristiques de la population et des cadres de vie offerts par les territoires

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Source : CGET

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : CGET

 

12:17 Publié dans 4. Politiques publiques, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : cget, territoires, qualité de vie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/09/2015

L’égalité des territoires, une passion française. Philippe Estèbe

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La réforme territoriale est,dans la plupart des pays européens, un chantier permanent. Mais l’égalité étant la grande« passion française » (Tocqueville), c’est le thème de l’égalité des territoires qui prédomine chez nous, l’on attend de l’État qu’il lutte contre les dangers d’abandon et de rupture, en particulier des zones rurales. Ce petit livre, clair et riche, retrace l’histoire de cette passion égalitaire et présente ses défis actuels.

La géopolitique hexagonale a produit un « régime territorial » spécifique, dont les caractéristiques perdurent aujourd’hui : État fort, population dispersée, villes moyennes et gros bourgs assurant des services de proximité, campagnes industrielles et agricoles, bonne représentation politique du monde rural. Tout ceci induit une multiplication des routes et réseaux, un saupoudrage des équipements, et des coûts de gestion supérieurs à ceux d’autres pays.

Estèbe montre ensuite que ce principe d’égalité a connu dans le temps des sens différents. Pendant la IIIe République, c’est l’égalité des droits qui domine, d’où une discrimination positive en faveur des espaces ruraux, un vaste système de transferts financiers et des monopoles de service public (EDF, SNCF, Poste). De l’après-guerre au début des années 1980, l’idée d’égalité des places s’affirme : politique d’aménagement du territoire et organisation spatiale du système productif. Depuis le milieu des années 1980, l’égalité des chances commande : mise en compétition des territoires et de leurs projets de « développement local ».

Aujourd’hui, le système d’égalité territoriale s’affaiblit. L’auteur y voit trois causes : la fin des grands services publics en réseaux ; la forte mobilité des personnes et des facteurs de production, qui fait que le lieu de résidence devient moins important que les lieux de travail et de consommation ; le mouvement de métropolisation, de concentration urbaine des habitants et des richesses, les communes rurales et péri-urbaines passant sous l’influence des grandes villes.

Pour continuer à défendre l’égalité républicaine, Estèbe énonce en fin d’ouvrage quelques recommandations : passer de l’actuelle redistribution verticale vers les territoires à une redistribution des ressources entre territoires ; doter les Régions de capacités normatives en matière d’aménagement ; concevoir des politiques territoriales moins tournées vers l’administration de stocks (de populations, d’équipements) que vers l’animation de flux (de mobilités, de richesses).

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses universitaires de France

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Précarités et marginalités en milieu rural. Revue Pour

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La pauvreté et les difficultés d’intégration des habitants des villes sont scrutées par les chercheurs, révélées par les médias et largement prises en compte par les politiques publiques. En revanche, les précarités et marginalités dans les espaces ruraux, moins visibles, moins sensibles politiquement, sont aussi moins bien observées et documentées. Ce numéro spécial de la revue Pour entend contribuer à limiter cette lacune, en donnant la parole à de nombreux auteurs, de profils variés (chercheurs, travailleurs sociaux, observateurs, agriculteurs, journalistes, etc.). Leurs contributions dressent un panorama des spécificités de la précarité en zone rurale, de ses diverses manifestations, en France comme dans quelques autres pays (Maroc, Sénégal, Chili, Espagne, Mexique, Portugal, etc.).

Une première série d’articles délimite les concepts (ne pas confondre « précarité » avec « pauvreté », « déprolétarisation » ou « exclusion » par exemple), précise les définitions, montre comment ces définitions et les représentations dominantes se sont transformées au fil du temps, et surtout interprète ces phénomènes à l’aune d’une lecture spécifiquement rurale.

Le deuxième groupe d’articles donne à voir diverses situations de précarité. L’approche empathique et compréhensive est privilégiée, c’est-à-dire que les analyses partent, dans l’ensemble, du point de vue des personnes marginalisées et de leurs propres interprétations de leurs trajectoires. Les difficultés rencontrées par les agriculteurs et par les femmes occupent une place importante, et certains problèmes récurrents sont soulignés : rapport à l’habitat, au travail, à l’énergie, à l’alimentation, à la mobilité. La précarité choisie, en tant que mode de vie alternatif, n’est pas oubliée.

Les textes composant la troisième partie présentent un échantillon de réponses publiques et privées – beaucoup plus locales que nationales –, apportées aux problèmes de précarité rurale. Certaines sont sectorielles et ciblées (insertion économique, formation, éducation, etc.), d’autres privilégient une approche plus transversale (liens entre précarité et autres problèmes sociaux, articulation des aides sociales entre elles).

Au total, ce numéro donne un bon aperçu de la variété des formes sociales et spatiales de marginalités dans les campagnes. On regrettera néanmoins la brièveté d’une partie des articles, qui ne permet pas une analyse poussée des sujets traités.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Cairn

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25/06/2015

L’agriculture urbaine en panorama dans la revue Pour

La revue Pour consacre un important volume aux agricultures urbaines (40 articles sur 400 pages, pour la moitié écrits par des chercheurs, pour l’autre par des acteurs de terrain). Les textes s’intéressent à cinq « fonctions » principales de ces productions dans les villes et leurs périphéries : alimentaires, marchandes, sociales, écologiques, urbanistiques.

Les contributions sont traversées par des questions récurrentes. S’agissant des performances économiques, sociales et environnementales, Christine Aubry rappelle que les effets vertueux et la « multifonctionnalité » de ces agricultures en circuit court sont, en fait, rarement quantifiés. Les dynamiques de localisation sont mises en perspectives par une synthèse de Monique Poulot sur les relations entre ville et agriculture, depuis l’état de complémentarité fonctionnelle décrit par la théorie de la rente foncière de von Thünen, jusqu’au périurbain généralisé actuel. Les bouclages écologiques, eux, sont introduits par Philippe Clergeau (biodiversité, les trames vertes et bleues et autres services écosystémiques). Enfin, les dimensions politiques, autour du rapport des urbains à leur alimentation, l’empowerment des minorités, etc., constituent une autre dimension bien mise en valeur par les articles.

Pour privilégie ainsi l’agriculture urbaine telle qu’elle se fait, sur le terrain, en lien avec des besoins alimentaires ou des « demandes sociales ». Les projets à orientation plus technologique (fermes verticales, plant factories) ou architecturales (building integrated agriculture), qui nourrissent en partie l’engouement actuel des médias autour de l’agriculture urbaine, sont peu discutés dans le numéro. Mais les ingénieurs ne sont pas complètement absents, avec notamment des entretiens avec Frédéric Madre (Topager), à qui l’on doit le jardin expérimental sur les toits d’AgroParisTech, et avec Cédric Péchard, porteur du projet UpCycle de production de pleurotes en containers.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Pour

09:33 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/06/2015

Retour sur l’exemplarité de Vittel

L’article Revenir sur l’exemplarité de Vittel : formes et détours de l'écologisation d’un territoire agricole, publié dans la revue électronique en sciences de l’environnement VertigO en mai 2015, s’attache à comprendre les jeux fonciers qui se sont mis en place sur l’impluvium de Vittel-Contrex suite à l’instauration, par l’entreprise agroalimentaire, d’un vaste dispositif de maîtrise des pollutions d’origine agricole. L’auteure, Florence Hellec (Inra SAD), revient sur les conditions dans lesquelles ont été réalisées les acquisitions foncières et les contractualisations volontaires, et sur les conflits qu’elles ont déclenchés au sein de la profession agricole. Cet article illustre les limites de l’intervention d’un acteur industriel, quand l’intérêt économique prime sur les considérations sociales, et ce malgré l’implication de plusieurs organismes publics et parapublics. Il met également en évidence l’incapacité à produire collectivement et durablement les représentations et les conditions du changement technico-économique.

Source : VertigO

08:58 Publié dans Agriculteurs, Territoires | Lien permanent | Tags : vittel |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2015

Société résiliente, transition écologique et cohésion sociale

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a lancé plusieurs chantiers sur la résilience, sous trois angles principaux : l’analyse intégrée de la résilience territoriale, les villes résilientes, les acteurs dans les processus de résilience. Ce dernier angle est l’objet du n°124 de la collection Études et documents, publié en mai 2015 et intitulé Société résiliente, transition écologique et cohésion sociale : études de quelques initiatives de transition en France, premiers enseignements. Y sont exposés les résultats de deux études : l’une propose, à partir d’un travail de terrain en Île-de-France, une approche sociétale de la résilience dans une optique de transition écologique ; l’autre dresse un état des lieux concret des initiatives de transition repérées et identifie des pistes d’action, construites par les acteurs, en vue de l’élaboration d’un partenariat entre porteurs de projets de résilience territoriale et acteurs publics.

Ces travaux originaux montrent comment des réponses peuvent être apportées à des situations de crises par la mobilisation citoyenne et collective, et interpellent les acteurs publics pour une meilleure prise en compte de ces nouveaux modes d’action dans les territoires (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Source : CGDD

08:52 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : cgdd, résilience, transition écologique |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/05/2015

L’Insee publie l’édition 2015 de La France et ses territoires

Après l’édition 2010 de La France et ses régions, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de publier La France et ses territoires. L’Institut s’y livre à une série d’analyses du territoire français, dans un contexte national marqué par plusieurs réformes, en cours (mise en œuvre de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles et de celle relative à la nouvelle délimitation des régions) et à venir (projet de loi sur la nouvelle organisation du territoire de la République).

À travers une série de dossiers sont proposées différentes grilles d’analyse du territoire et de son fonctionnement, tant démographique que social et économique : degré de densité de population, rôle des villes avec les unités et aires urbaines, étude des marchés locaux du travail dans les zones d’emploi et prise en compte du contexte européen. Élément nouveau de cette édition, l’Insee dresse un panorama des régions dans leur future délimitation au 1er janvier 2016.

Concernant les territoires ruraux, longtemps définis en négatif comme des espaces « non-urbains », l’Insee présente une nouvelle approche plus « morphologique », issue des travaux de classification « urbain-rural » de la Commission européenne (typologie « Degré d’urbanisation », 2011), qui prend en considération la continuité de l’espace en s’appuyant sur la localisation et la concentration des populations (voir carte ci-dessous). Cette grille d’analyse tient mieux compte des évolutions territoriales avec des liens campagnes-villes resserrés et des espaces ruraux qui se définissent davantage comme un « cadre de vie ». Elle permet, combinée à d’autres données comme l'emploi et la présence de services et d’équipements, de mesurer l’enclavement et l’éloignement de territoires très diversifiés.

Typologie européenne élargie et accès aux équipements et services de proximité

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L’Insee observe ainsi que 90 % des communes françaises sont peu densément peuplés, regroupant 35 % de la population, et que « les plus faibles densités – communes très peu denses – concernent un tiers des communes et 4 % de la population », les trois quarts de ces dernières étant considérées comme isolées (ie éloignées de l’influence des villes). Toutefois, l’Institut souligne que « la faible densité n’est pourtant pas toujours synonyme de dépeuplement » puisque ces espaces peu et très peu denses ont connu des taux respectifs de croissance de la population de 5,2 % et 3,3 % entre 2006 et 2011 (contre seulement + 1,2 % dans les communes denses).

Pour mémoire, l’Insee a publié une étude en octobre 2014 sur la qualité de vie dans les territoires français (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : Insee

 

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07/04/2015

Publication d’un guide pratique sur les systèmes alimentaires urbains durables

Au terme du projet européen de réseau thématique URBACT II Sustainable Food in Urban Communities - Developing low-carbon and ressource efficient urban food systems, ayant associédix villes de 2012 à 2015, un guide pratique vient d’être publié. Avec pour objectif d’inciter d’autres collectivités à s’intéresser à cette thématique, ce document s’adresse aux acteurs locaux et présente en particulier des exemples issus des 130 pratiques locales intéressantes recueillies au cours des échanges. Le schéma suivant présente les thématiques clés identifiées par les partenaires du projet :

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Source : Sustainable Food in Urban Communities

 

09:42 Publié dans Alimentation et consommation, Territoires | Lien permanent | Tags : systèmes alimentaires urbains |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/03/2015

Colloque du Commissariat général au développement durable sur Résilience et transition écologique : quelles dynamiques territoriales ?

Le colloque Résilience et transition écologique : quelles dynamiques territoriales ? qui s’est tenule 5 mars dernier, à l’initiative du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie (MEDDE), visait à mettre en évidence la façon dont la résilience peut être un facteur de redynamisation de certains territoires, dans une perspective de transition (écologique, énergétique, etc.). Étaient également traitées la mobilisation citoyenne et collective comme levier de la résilience, ainsi que la pertinence des modes d’action publique face aux démarches de résilience. Ce colloque s’est appuyé sur des travaux menés au Commissariat général au développement durable sur trois volets : analyse intégrée de la résilience territoriale, villes et résilience, cohésion sociale et résilience des sociétés.

La résilience, loin d’être un phénomène de mode pour le MEDDE, s’inscrit pleinement dans sa Stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable 2015-2020, dont elle constitue l’axe premier dédié à développer des territoires durables. Elle constitue le moyen de dépasser des situations de crise dans un contexte de multiplication des risques (naturels, technologiques, sanitaires) et de mutations économiques et sociales. La capacité de résilience repose sur une démarche collective et citoyenne, mobilisant et engageant les territoires et leurs habitants sur le long terme ; elle n’est pas une réponse temporaire à une crise ou à un événement extrême. Il s’agit d’une « résilience sociétale ».

Parmi les cas concrets exposés, signalons celui se rapportant à la redynamisation de territoires ruraux fragilisés comme au Mené (Côtes-d’Armor), zone d’élevage, excentrée, très polluée, qui s’est engagée il y a plus de dix ans dans une démarche de production locale d’énergies renouvelables (utilisation des ressources locales pour réaliser un « mix énergétique » : chaudière bois, unité de méthanisation, huilerie de colza carburant, etc.). Peut également être citél’exemple d’une mobilisation citoyenne et collective à Béganne (Morbihan) pour réaliser un parc éolien citoyen. En termes d’action publique, l’État accompagne les collectivités territoriales avec l’« Atelier des territoires », visant à « faciliter l’émergence d’une stratégie de territoire et à engager les acteurs locaux dans un processus de projet grâce à la concertation et la co-construction ».

Enfin, un outil collaboratif, le WIKIRESILIENCE, « plate-forme de partage de connaissances et de pratiques entre les acteurs désireux d’améliorer la résilience de leur territoire », est mis à la disposition du public par le MEDDE.

Christine Cardinet, Centre d’études et de prospective

Source : MEDDE

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06/02/2015

Inégalités environnementales et sociales : identifier les urgences, créer des dynamiques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu le 14 janvier dernier un avis sur les inégalités environnementales et sociales. Il constate que les inégalités environnementales, a contrario des inégalités sociales, n’ont fait l’objet à ce stade que de peu de recherches en France, et établit des préconisations réparties en quatre grands axes (identifier et réduire les inégalités environnementales d'exposition et d'accès aux aménités, anticiper les conséquences économiques et sociales des politiques environnementales, favoriser la participation aux politiques environnementales, développer responsabilités et réparation environnementale).

Concernant plus particulièrement les territoires ruraux, le CESE préconise l'amélioration de la qualité de vie pour réduire les inégalités existantes. Il s'appuie notamment sur les résultats d'une étude de l'INSEE parue en octobre 2014 (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) : trois millions d'habitants sont considérés comme étant en situation très défavorable, ceux des territoires à la fois isolés, peu urbanisés, loin des grands pôles urbains et dont les indicateurs de qualité de vie sont les plus bas ; ils bénéficient cependant d'un environnement très favorable en matière d'espaces naturels. Le CESE se réfère aussi à des travaux du Sénat, qui ont identifié une triple contribution des territoires ruraux à la société, en termes d'environnement, d'économie et d'intégration sociale. Fort de ces constats, le Conseil insiste sur la nécessité de répondre aux attentes de ces territoires en matière d'accès aux services publics (santé, transports, éducation) et d'y rechercher une égalité de traitement via des actions concertées avec la population et les acteurs locaux (cf. initiatives locales de réflexion sur la définition de « biens publics » ou « biens communs » à préserver). Le CESE identifie enfin deux domaines prioritaires : l'accès aux services de santé (maisons de santé, télé-médecine) et au numérique (haut débit) nécessaire aux exploitations agricoles, en équipant en fibre optique prioritairement les zones rurales.

Pour ce qui est des territoires ultramarins, le CESE formule plusieurs pistes d'actions dans quatre domaines : l'adaptation au risque climatique ; la crise du chlordécone aux Antilles  ; l'accès effectif au droit à l'eau ; la réduction du risque et de la nuisance liés aux déchets ménagers.

Devant la complexité de la problématique et conscient de l'ambition inhérente à l'invention d'un nouveau modèle de développement, fondé sur l'humain et l'environnement, pour réduire les inégalités, le CESE conclut en incitant à élargir le champ des connaissances partagées et à poursuivre la réflexion.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Conseil économique, social et environnemental

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02/02/2015

Évaluation du dispositif de revitalisation rurale

Le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) vient de publier un rapport d'évaluation sur les zones de revitalisation rurale (ZRR), rédigé en juillet 2014. Les conclusions de ce rapport convergent, dans leurs grandes lignes, avec celles du rapport d'information de l'Assemblée nationale du 8 octobre 2014 (voir à ce sujet un précédent billet sur le blog). Les rapporteurs établissent une liste de neuf recommandations et concluent « sans ambiguïté au maintien d'une discrimination territoriale dédiée aux territoires ruraux, en organisant ce zonage autour des communautés de communes à partir de critères de densité et de potentiel fiscal et en ramenant à un ordre de grandeur de 10 000 le nombre de communes regroupées ». À noter qu'en termes de suivi, il est recommandé une évaluation interministérielle in itinere du dispositif en partenariat avec les collectivités territoriales.

À ce jour, le dispositif des ZRR concerne 14 290 communes et 6,3 millions d'habitants (soit une augmentation de presque 20 % du nombre de communes et de 40 % de la population depuis sa création en 1996). Le coût direct a été évalué à 280 millions d'euros pour 2013.

Source : Conseil général de l'environnement et du développement durable

10:29 Publié dans 2. Evaluation, Territoires | Lien permanent | Tags : zones de revitalisation rurale |  Imprimer | | | | |  Facebook