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14/10/2015

Les « révolutions » nécessaires pour atteindre les nouveaux Objectifs de Développement Durable en 2030

Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) récemment adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies, dont plusieurs concernent l’agriculture et l’alimentation,sont très ambitieux. Ils ont vocation à prolonger le travail entamé avec les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), tout en élargissant ceux-ci à des sujets ignorés jusqu’à présent. Le think tank britannique Overseas development institute (ODI) a mené une première estimation, publiée en septembre, des efforts qui seraient nécessaires pour les atteindre d’ici 2030.

Sur la base des projections disponibles et des tendances connues, les auteurs ont classé les ODD en trois catégories :

- ceux qui demandent de poursuivre les efforts, les objectifs étant déjà partiellement atteints : on y trouve notamment l’éradication de la pauvreté extrême ou l’arrêt de la déforestation ;

ceux qui nécessitent une « révolution » pour être atteints, les efforts actuels étant très insuffisants pour que la cible puisse être atteinte en 2030 : l’objectif d’éradication de la faim se trouve dans cette catégorie ;

- ceux qui exigeraient une inversion complète de la tendance actuelle, sans quoi la situation sera pire en 2030 qu’en 2015 : le changement climatique ou la réduction des inégalités y figurent.

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Source : Overseas Development Institute

Le rapport se veut néanmoins optimiste : non seulement des objectifs sont en voie d’être atteints, mais certains résultats montrent que même les objectifs les plus ambitieux peuvent être approchés si les ODD sont intégrés dans les agendas politiques.

Un récent article de Tancrède Voituriez, chercheur à l’IDDRI, parvient à une conclusion similaire. L’objectif de réduction des inégalités, qu’il considère comme une grande innovation dans ces ODD par rapport aux OMD, est considéré dans le rapport cité plus haut comme l’un des plus difficiles à atteindre. Pourtant l’auteur démontre, sur la base d’une analyse comparative, que cette cible est atteignable si des politiques publiques « opiniâtres et dédiées » sont mises en place.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Sources : Overseas Development Institute, IDDRI

 

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De l’action individuelle à l’action collective – Étude des analyses de rentabilité des entreprises par rapport à l’enjeu de la sécurité alimentaire

Le Food Ethics Council, une association caritative britannique, a publié récemment un rapport sur les argumentaires et les analyses de rentabilité de grandes entreprises en matière de sécurité alimentaire. Cette étude a été commandée par WWF Grande-Bretagne.

food-ethics-council.jpg

L’étude a consisté en une revue documentaire ainsi qu’en des entretiens et deux ateliers de travail avec des responsables de haut niveau d’importantes firmes alimentaires présentes en Grande-Bretagne. L’analyse s’est attachée, dans un premier temps, à identifier quelles étaient les conceptions de la sécurité alimentaire des grandes entreprises et comment, selon elles, elles étaient engagées sur ce sujet. Le rapport propose ensuite des pistes, issues de cas concrets, pour permettre une meilleure prise en compte des enjeux de sécurité alimentaire par les multinationales, avant de conclure sur des recommandations pour une meilleure implication des entreprises vis-à-vis de la sécurité alimentaire, et ce dans leur propre intérêt.

Une des conclusions du rapport est qu’il est nécessaire de travailler à une meilleure compréhension par les entreprises, qui en ont une définition trop limitée, de la sécurité alimentaire dans toutes ses dimensions (disponibilité, accès, etc.) et que cette perception collective est la base nécessaire à toute implication du secteur. Par ailleurs, les firmes ont plus de difficultés à travailler de manière collective et sur le long terme, ce qui est pourtant indispensable. Les responsables d’entreprises enquêtés appellent ainsi l’État à créer un environnement facilitant ce type d’approche pour ces acteurs.

De manière plus générale, le sujet de cette étude est illustratif de la volonté de grandes ONG, WWF ici, de travailler avec les firmes multinationales dans l’objectif de rendre les actions de ces dernières plus vertueuses vis-à-vis de grands enjeux mondiaux (sécurité alimentaire, préservation de la biodiversité, climat, etc.).

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Sources : Food Ethics Council, WWF UK

 

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29/06/2015

Quelle résilience du système alimentaire mondial ?

En avril dernier, la revue PNAS publiait un article intitulé Resilience and reactivity of global food security. Dans un contexte de changements globaux (croissance démographique, pression sur des ressources limitées, etc.), les auteurs ont questionné l’évolution de la sécurité alimentaire au cours des 25 dernières années (1986-2010). Mobilisant des données démographiques, de production alimentaire et des échanges pays par pays, ils ont étudié la relation entre la dynamique des populations et les calories disponibles. L’objectif était d’évaluer la sensibilité du système alimentaire mondial à court terme (réactivité) et sa réponse à long terme (résilience) vis-à-vis de chocs liés à la volatilité sur les marchés, à des changements de politiques commerciales ou environnementaux.

Les auteurs soulignent plusieurs limites de leur approche, dont l’absence de stocks de matières premières dans le modèle décrivant de fait un scénario qu’ils qualifient de « solidaire », la non prise en compte de la pêche et de l’aquaculture ou encore des aspects nutritionnels.

Quatre grands groupes de pays sont identifiés en fonction de leur capacité à apporter les calories nécessaires à leur population (carrying capacities) via la production locale, mais aussi par le commerce international. Les auteurs font l’hypothèse que la taille de la population nationale est limitée par la nourriture disponible (ratio de la production en calories sur le régime alimentaire en calories par habitant et par an). Les quatre groupes sont : les pays exportateurs nets (dont les échanges diminuent la nourriture disponible pour leur population), les pays importateurs (partageant le même « pool » de ressources que les pays précédemment cités), les pays pour lesquels les échanges n’ont que peu d’influence sur la nourriture disponible ou l’évolution démographique nationales, et enfin les pays en déficit (avec une nuance apportée par les auteurs sur l’agriculture de subsistance, non prise en compte ici).

D’après ces travaux, dans les deux dernières décennies, alors que la dépendance aux échanges a augmenté, le système alimentaire mondial a perdu en résilience. Il est également devenu de plus en plus instable et réactif aux chocs. Les auteurs ont aussi établi une carte des pays les plus vulnérables (réactivité seulement), comme indiqué sur ci-dessous.

Carte des pays réactifs en 1987 et 2008

pays-reactifs.jpg

Source : PNAS

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : PNAS

 

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18/06/2015

Sols : panorama sur le changement climatique et la sécurité alimentaire à l’échelle du monde

Publié dans Science début mai, un article rédigé par des chercheurs américains offre un panorama de grands enjeux associés aux sols, mettant l’accent sur le changement climatique et la sécurité alimentaire.

Cette publication donne ainsi des ordres de grandeurs issus de la littérature académique sur les capacités de stockage (ex : 2 300 Gt de carbone organique dans les trois premiers mètres) et d’émissions de carbone par les sols au niveau mondial. Elle explique certains points clés, par exemple l’approche non linéaire dans le temps de la séquestration de carbone, ou encore la variation possible du carbone stocké dans le sol (entre -72 et +253 Gt à l’horizon 2100, selon les travaux de modélisation). Elle revient également sur les incertitudes : réponse des sols des latitudes nordiques au réchauffement climatique (estimation des émissions comprises entre 50 et 150 Gt), incertitude sur la taille du stock de carbone dans le sol (de l’ordre de la quantité de carbone présent dans l’atmosphère – 770 Gt), etc.

Sur le volet « sécurité alimentaire », les auteurs évoquent principalement la question de l'érosion et mettent aussi l’accent sur les nutriments, comme le phosphore dont la principale source provient de formations géologiques (roches phosphatées) inégalement réparties dans le monde. Pour conclure, trois axes stratégiques pour les sols sont cités : le carbone organique (séquestration et émissions), l’érosion et les nutriments.

Source : Science

09:03 Publié dans Climat, Environnement, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : sols, changement climatique, sécurité alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2015

Feeding EXPO Milano with Mediterranean perspectives – 32e numéro de la Watch Letter du CIHEAM

En avril dernier, le Centre International des Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM) a publié sa Watch Letter n°32. Composé de 18 articles, ce numéro s’intéresse aux indicateurs et initiatives innovants pour la sécurité alimentaire des pays méditerranéens, avec une attention particulière portée aux bonnes pratiques, à l’adaptation au changement climatique, aux modèles de consommation alimentaire durable et aux chaînes agroalimentaires. Une approche large est adoptée, prenant en considération les enjeux nutritionnels, socio-économiques, environnementaux et d’innovation, et ce à différents niveaux. Dans son éditorial, le secrétaire général du CIHEAM, Cosimo Lacirignola, rappelle que 2015 est une année cruciale par les événements internationaux organisés sur les enjeux agricoles, alimentaires et ruraux en lien avec les objectifs de développement durable : année internationale des sols, 7e Forum mondial de l’eau en Corée du Sud, exposition universelle à Milan, COP 21 à Paris, adoption prévue d’un programme de développement post-2015 par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.

Source : CIHEAM

08:46 Publié dans Alimentation et consommation, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : milan, ciheam, sécurité alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/06/2015

Les dimensions commerciales de la sécurité alimentaire : risques et opportunités

En mars dernier, l’OCDE a diffusé un document rédigé par J. Brooks et A. Matthews sur les rapports complexes liant ouverture commerciale et sécurité alimentaire, laquelle est considérée selon les quatre piliers classiques définis en 1996 (disponibilité, accès, qualité et régularité).

L’étude s’appuie pour l’essentiel sur une importante revue des travaux passés et conclut que, d’un point de vue général, l’ouverture commerciale améliore la sécurité alimentaire dans ses quatre dimensions mais présente, pour chacune d’entre elles, à la fois des effets positifs et négatifs, des risques et des opportunités. En ligne avec les préconisations habituelles de l’institution, ce constat conduit les auteurs à préconiser des politiques non commerciales : fourniture de filets de sécurité, d’outils de gestion des risques, mais aussi investissement dans la productivité agricole. Ils appellent également à soigner l’« économie politique » des réformes d’ouverture commerciale pour en faciliter l’acceptabilité par les parties prenantes et en assurer le succès.

Au-delà de ces conclusions génériques, diverses tendances à l’échelle des États sont à souligner. Les auteurs définissent ainsi plusieurs indicateurs simples mais aux conclusions contrastées, permettant de qualifier le « risque » associé au fait de dépendre des importations pour assurer sa sécurité alimentaire. Trois méritent en particulier qu’on leur prête attention :

- « En moyenne » au niveau mondial, la part des importations alimentaires dans l’ensemble des importations est passée de 15 % en 1961 à 5 % aujourd’hui. Cette tendance cache cependant une certaine diversité (tendance baissière nette pour les petites îles mais moins évidente sur le long terme pour les pays les moins développés). Un taux relativement bas laisse penser qu’en cas de difficulté (flambée des prix à l’import), des substitutions d’importations sont possibles.

- Moins « rassurante », la capacité des pays à financer durablement leur dépendance alimentaire à l’importation par leurs exportations (et autres profits liés aux investissements à l’étranger) ne montre pas de tendance baissière évidente, voire au contraire une tendance à la hausse depuis 2007.

- Les auteurs calculent aussi des indicateurs de dépendance de pays importateurs à un nombre restreint de partenaires commerciaux. Ainsi, pour au moins 20 pays (11 en Afrique, 4 en Asie et 5 en Amérique Latine), plus de 50 % des importations cumulées de blé, riz et maïs, sont assurés par seulement les deux premiers fournisseurs de chacun de ces pays.

Au final, il semble pour les auteurs qu’il n’y ait pas de corrélation évidente entre le statut commercial d’un pays (importateur net ou exportateur net d’aliments) ou son évolution d’une part, et l’amélioration ou la dégradation de sa sécurité alimentaire d’autre part, comme en témoigne le graphique suivant :

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Source : Brooks et Matthews, 2015, présentation CEP

Pierre Claquin, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

 

09:46 Publié dans Production et marchés, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : sécurité alimentaire, commerce, ocde |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/02/2015

Le Brésil sort de la carte mondiale de l'insécurité alimentaire

Le dernier rapport annuel conjoint de la FAO, du FIDA et du PAM, sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde, a sorti le Brésil de la carte de la faim. Le taux de prévalence de la sous-nutrition est en effet descendu sous le seuil des 5 %. Cette évolution traduit les résultats remarquables des politiques engagées au Brésil depuis le programme FAIM ZERO en 2003. Le rapport revient sur les différentes déclinaisons du programme dont on retiendra le caractère intégré (mobilisant un grand nombre de leviers de manière pragmatique) et décentralisé.

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Source : FAO

L'agriculture familiale, qui produit 70 % de l'alimentation consommée dans le pays, a été aidée par des soutiens directs, un programme de crédit rural et des services de vulgarisation. Sur les 10 dernières années, l'accès à la terre de 600 000 ménages pauvres sans terre a été permis par l'allocation de 50 millions d'hectares. Outre ces mesures directes, le programme d'achat de produits alimentaires issus de l'agriculture familiale constitue une des ressources de l'aide alimentaire. Et depuis 2009, les écoles ont également pour objectif de consacrer au moins 30 % de leurs dépenses alimentaires à des achats directs auprès de ce type d'agriculture.

Au-delà du Brésil, le rapport expose également les politiques d'autres pays comme la Bolivie, le Malawi, l'Indonésie ou Haïti. En dépit d'une baisse de 100 millions sur la dernière décennie, on estime encore à environ 800 millions le nombre de personnes en situation de sous-alimentation chronique dans le monde.

Mylène Testut Neves, Conseillère Agricole (Brésil et Cône Sud), Service Économique Régional de Brasilia, Ambassade de France au Brésil

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : FAO

 

 

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08/01/2015

Colloque FARM et Pluriagri - Agriculture délaissée : terreau de l'insécurité

Organisé le 16 décembre dernier, le colloque annuel de FARM et de Pluriagri avait pour objectif de montrer en quoi le non-développement de l'agriculture pouvait être, dans les pays du Sahel et certains pays arabes, un facteur causal ou aggravant d'insécurité.

Les témoignages et les analyses ont mis en exergue les principaux facteurs ruraux de tension contribuant à l'éclatement des crises sécuritaires :

- l'explosion démographique rurale, l’absence de perspective pour la jeunesse et ses conséquences, comme par exemple le développement de trafics qui minent les tissus sociaux ;

- la marginalisation-paupérisation de certaines populations (groupes ethniques) et/ou de certaines zones (inégalités horizontales) ;

- l'absence d’État sur de vastes territoires peu peuplés, sans mécanisme alternatif de régulation des tensions ;

- les coexistences entre les populations autochtones et de passage, notamment les liens entre le pastoralisme et l'agriculture ;

- les conflits pour les ressources naturelles.

Ainsi, au Sahel (exemple du Mali en particulier), le délaissement de zones marginalisées, cumulé à celui du principal secteur d'activité qu'est l'agriculture, a laissé la place libre au développement de groupes armés et créé les conditions d'un soutien des populations locales, surtout jeunes, à ces mouvements. L'occupation par des groupes armés des zones rurales est de plus un facteur d'insécurité alimentaire, l'activité agricole ne pouvant s'y dérouler normalement (pillages, impossibilité de déplacements, difficultés d'approvisionnement en intrants et de commercialisation, etc.). Ces perturbations, ajoutées à une déstabilisation des marchés de certains produits agricoles par l'aide alimentaire, dépassent les seules zones occupées et ont des répercussions sur toute l'économie agricole nationale, voire régionale, touchant en premier lieu les petits agriculteurs.

Dans le casdes pays arabes, la dernière table ronde a montré en quoi les principaux facteurs soulignés précédemment pouvaient également se retrouver dans l'analyse des récents bouleversements. L'évolution du contexte rural asa place dans l'analyse de ces crises pourtant principalement urbaines. Les tensions ont notamment éclaté au sein de populations déracinées issues de zones rurales marginalisées. À ce propos, selon Rachid Benaïssa, ancien ministre de l'Agriculture algérien, les mesures prises par l'Algérie suite à la guerre des années 1990 - orientées vers la création d'emplois, la valorisation de la ruralité et l'absence de marginalisation territoriale - expliqueraient en partie le fait que la crise de 2011 ne se soit pas propagée dans ce pays. Enfin, prenant le cas de l'Égypte et de la Syrie, Pierre Blanc (Sciences-Po Bordeaux) a montré l'intérêt d'une lecture de l'évolution politique des pays de la zone au regard des dynamiques rurales, et souligné notamment l'analyse qui peut être faite des radicalisations de populations au regard des facteurs fonciers et de réformes agraires.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : FARM

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14/10/2014

La nouvelle politique sud-africaine en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle

Le Département de l’agriculture sud-africain a publié fin août le nouveau document de politique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon l’institut sud-africain des statistiques, 11,3 % des ménages du pays étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2013.

Ce document synthétise les grands objectifs en matière de sécurité alimentaire et les domaines d’intervention prioritaire pour l'État. Il préconise cinq axes d’interventions : mettre en place des filets de sécurité pour répondre aux situations d’urgence ; développer l’éducation nutritionnelle ; augmenter la production agricole, en mettant l’accent sur le soutien aux ménages ruraux pratiquant la petite agriculture ; renforcer l’accès aux marchés des petits agriculteurs ; enfin améliorer la gestion du risque en appuyant les programmes de recherche agricole.

Au travers de ce document, l’Afrique du Sud réaffirme également son rôle de puissance agricole régionale. Elle entend soutenir le développement de la production alimentaire comme facteur de stabilité politique au sein de la SADC (Southern African Development Community), en favorisant les investissements dans le développement de la production primaire et dans les infrastructures agricoles. Le Département de l’agriculture se montre également ouvert au développement de réserves alimentaires régionales, à l’image de ce que développe la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest).

Si ce document n’a pas de valeur légale, il constitue néanmoins une inflexion notable de la politique agricole sud-africaine, en reconnaissant de façon explicite le rôle de la petite agriculture en matière de sécurité alimentaire, rôle jusqu’alors dévolu à l’agriculture commerciale, et la nécessité pour l'État de mieux accompagner ce secteur en ayant recours à des subventions agricoles et à une meilleure protection tarifaire. Il s’agira toutefois de voir dans quelle mesure le Département de l’agriculture disposera des moyens suffisants pour mettre en œuvre cette politique.

Guillaume Furri, Conseiller pour les Affaires Agricoles, Service Économique Régional en Afrique Australe, Ambassade de France en Afrique du Sud

Source : South Africa Government

 

27/08/2014

Le premier centre de recherche sur les effets globaux de l'agriculture sur la santé

L'université d'État du Michigan a inauguré en juillet dernier le premier centre mondial de recherche sur les effets globaux de l'agriculture sur la santé (center for health impact of agriculture). Ce projet est piloté par un binôme de scientifiques de l'université issus du département de sciences alimentaires et nutrition humaine, et de celui de microbiologie et génétique moléculaire. La directrice du centre met en avant les implications diverses concernant la santé animale et humaine, la production et le commerce : pour nourrir neuf milliards d'habitants en 2050, il ne suffira pas de produire plus mais il conviendra d'avoir une approche intégrée permettant efficacité économique et maintien de la santé.

Source : Michigan State University

09:08 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : santé |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/04/2014

La FAO presse les pays d'intensifier la lutte contre la jaunisse fusarienne

Dans une note d'information en date du 14 avril 2014, la FAO alerte sur la propagation récente, de l'Asie à l'Afrique et au Moyen-Orient, de la souche Tropical Race 4 de la jaunisse fusarienne. Cette maladie affecte les cultures de bananes, toutes variétés confondues.

Également connue sous le nom de maladie de Panama, la jaunisse fusarienne endommage les bananiers et réduit leur production, bien que le fruit reste comestible. Elle se transmet par le sol et ne peut être contrôlée par les pratiques et fongicides actuellement disponibles. L'enjeu est alors de prévenir sa propagation, due notamment à des mouvements de matériel végétal malade et de particules de sol contaminées.

La banane est considérée par la FAO comme la huitième culture alimentaire mondiale et comme la quatrième pour les pays les moins avancés. Les enjeux sont forts puisque les bananes sont essentiellement produites par de petits exploitants agricoles. Ainsi, moins de 15% de la production mondiale sont exportés.

La FAO recommande aux pays concernés la mise en place de diverses mesures : sensibilisation des acteurs, surveillance de la maladie, mesures de prévention, etc. Un effort concerté des États, de l'industrie, des organismes de recherche et des organisations internationales est ainsi nécessaire pour prévenir la propagation de cette maladie.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

11/03/2014

FOODSECURE publie une méta-étude prospective sur l’évolution de la sécurité alimentaire mondiale à horizon 2050

Cette étude compile une sélection de douze travaux de prospective réalisés entre 2000 et les années récentes, en particulier après la crise des prix alimentaires de 2007/2008. Ces travaux, basés sur la méthode des scénarios, sont souvent combinés avec des simulations utilisant des modèles économiques. Ainsi, les 42 scénarios retenus dans ces travaux ont pu être regroupés en six familles de scénarios, composés d’hypothèses et de résultats similaires. Pour chaque famille, les déterminants clés de la sécurité alimentaire, à savoir le développement économique, la croissance des populations, l’évolution de la technologie, les échanges commerciaux, les politiques publiques et les institutions, sont répertoriés, et leurs effets globaux sur la sécurité alimentaire sont évalués.

Les auteurs concluent que les scénarios les plus positifs concernant la sécurité alimentaire mondiale sont ceux qui reposent sur un rôle accentué du commerce international et des investissements accrus pour le progrès technique, qui permettent en particulier d'augmenter les rendements. De plus, l'amélioration de la gouvernance mondiale permettrait logiquement une réduction des inégalités et des atteintes à l'environnement.

 

Tendances passées et projections futures du prix du blé

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Source : Banque mondiale, tiré de l'étude FOODSECURE

 

L'intérêt de cette méta-étude est de mettre en évidence les dimensions ou déterminants manquants de la sécurité alimentaire. Ainsi, les auteurs montrent que la majorité des scénarios n’intègre que deux des quatre dimensions de la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité (quantités suffisantes d'aliments, qu'ils proviennent de la production intérieure, de stocks, d'importations ou d'aides) et l’accessibilité (capacité de produire sa propre alimentation et donc de disposer des moyens de le faire, ou capacité d'acheter sa nourriture et donc de disposer d'un pouvoir d'achat suffisant pour le faire). Ils font en revanche l’impasse, d’une part, sur la dimension qualité des aliments et des régimes alimentaires, d'un point de vue nutritionnel, sanitaire, socio-culturels, et d'autre part sur la stabilité dans le temps des trois premières dimensions.

Enfin, les auteurs insistent sur le fait que d’autres déterminants de la sécurité alimentaire ont été très peu (voire pas) pris en compte dans les modèles utilisés pour les simulations des différents scénarios : changement climatique, évolution des biocarburants, gaspillage, pertes après récolte, sources alternatives de l’alimentation, structure des exploitations agricoles, etc. Ils recommandent donc l’approfondissement de la recherche dans ce domaine.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : LEI Wageningen UR, FOODSECURE

14:29 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/01/2014

Lancement du nouveau programme européen de recherche et innovation « Horizon 2020 »

La Commission européenne a lancé le programme Horizon 2020, nouveau programme de recherche et innovation qui sera doté d'un budget de 80 milliards d'euros pour les sept ans à venir. Les premiers appels à projet au titre du budget 2014 (7,8 milliards d'euros) sont axés sur l'excellence scientifique, la primauté industrielle (nanotechnologies, biotechnologies), et les enjeux de société. Plusieurs enjeux concernent directement l'agriculture, en particulier le numéro 2, autour de sécurité alimentaire, agriculture et forêt durable, et bio-économie, et le numéro 5 autour de climat, environnement, ressources et biomasse.

Source : Commission européenne

09/12/2013

Plantation de 40 000 arbres fruitiers par la mairie de Jakarta

La mairie de Jakarta a décidé de lancer un grand programme de plantation d'arbres fruitiers dans la capitale d'Indonésie, le long des routes et sur les terrains vacants. Les habitants pourront cueillir librement les fruits de ces 40 000 arbres. Le maire de Jakarta souhaite que la ville soit « esthétique, verte et nutritive ».

Source : Courrier International

02/11/2013

Communication sur les risques alimentaires et réseaux sociaux

Les chercheurs du FoodRisC project (http://www.foodrisc.org/), projet financé par la Commission européenne, ont publié un article sur les relations entre les médias sociaux (comme YouTube, Twitter and Facebook) et les instances publiques.

Ils ont choisi de prendre comme étude de cas la Food Standards Agency (FSA) britannique, responsable de la sécurité sanitaire, qui utilise les différents médias sociaux pour répondre aux interrogations de consommateurs, promouvoir l'éducation nutritionnelle et cibler les publics. Ainsi, tout citoyen peut interpeller l'agence sur Twitter et signaler un problème, trouver des informations sur les allergies sur un site Internet dédié, réagir aux billets du Chief scientist de la FSA sur les questions scientifiques sur un blog (Hungry for Science, http://blogs.food.gov.uk/), ou encore trouver des conseils concernant la cuisson des aliments sur Youtube.

Si la stratégie de la FSA est considérée comme un bon exemple de ce qui peut être fait avec ces nouveaux moyens de communication, les auteurs pointent également quelques limites. Notamment, ils soulignent que les personnes les plus connectées ne sont pas forcément celles que la politique de l'alimentation souhaiterait viser en priorité, par exemple en ce qui concerne la promotion de meilleures habitudes alimentaires.

 Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

 Source : EUFIC

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