Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2017

Rendements agricoles et indépendance alimentaire : un exercice prospectif à l'horizon 2050 pour l'Afrique subsaharienne

Publié dans la revue PNAS, cet article présente un exercice prospectif à 2050, portant sur les évolutions de la capacité de production agricole (céréales) des pays sud-sahéliens, en lien avec leurs démographies. Entre 2010 et 2050, la population d'Afrique subsaharienne devrait être multipliée par 2,5 et la demande en céréales par 3 (également portée par l'évolution des régimes alimentaires). Les dix pays analysés présentent en moyenne un ratio d'indépendance alimentaire (production domestique sur consommation totale) pour les céréales de 0,8. Ceci peut être source d'insécurité alimentaire car de nombreux États n'ont pas suffisamment de ressources en devises étrangères pour importer massivement des denrées. Les chercheurs ont utilisé le modèle d'équilibre partiel IMPACT, pour tester trois scénarios d'évolution de la production de céréales en fonction de l'accroissement du rendement, prenant en compte des changements de politiques stratégiques (augmentation des surfaces agricoles, des surfaces irriguées, promotion de l'agriculture intensive). Deux hypothèses importantes sont faites : le commerce intra-régional se développe sans entrave et le rendement des surfaces nouvellement agricoles est identique à celui des anciennes.

Parmi les résultats obtenus, les auteurs soulignent que le maïs dispose du plus grand potentiel dans la région et pourrait donc constituer une culture intéressante pour les producteurs comme pour la sécurité alimentaire. Dans le scénario qui s'appuie sur une augmentation des rendements à 2050 identique à celle entre 1991 et 2014, le besoin de surfaces céréalières serait de 97 millions d'ha (+185 %). Avec le scénario qui permet aux cultures non irriguées d'atteindre 50 % de leur optimum, les pays analysés amélioreraient leur indépendance alimentaire à 0,6. Cette cible paraît toutefois difficilement atteignable aux auteurs, au vu du besoin d'intensification, du difficile accès aux intrants et des faibles infrastructures de la région. Dans ce cas, 44 millions d'ha (+ 84 %) supplémentaires de surface céréalière seraient nécessaires pour atteindre l'auto-suffisance. Enfin, dans le cas où les surfaces agricoles atteignent 80 % de leur rendement optimal, la région resterait très dépendante des importations extra-régionales, avec une forte disparité entre les pays.

Les auteurs précisent que leur étude se limite aux déterminants agronomiques du défi alimentaire. Or, promouvoir la production agricole et atteindre une balance commerciale positive relèvent également de politiques ciblées (droit foncier, accès au crédit) et d'investissements (R&D).

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

11:21 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : rendements, afrique subsaharienne, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/10/2016

L’International Grains Council révise à la hausse ses projections du stock mondial de blé pour la campagne 2016/2017

Le 29 septembre, l’International Grains Council (IGC) a publié une révision de la projection de l’offre et de la demande mondiale en blé pour la campagne 2016/2017. Par rapport à celle du mois d’avril (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), le fait le plus marquant est une révision significative à la hausse de l'estimation des stocks de fin de campagne, qui passeraient de 218 à 231 millions de tonnes.

Ainsi, à six mois d’intervalle, les stocks ont été réévalués de 3,66 à 3,78 mois de consommation annuelle. Cette estimation dépasse les 3,6 mois de consommation annuelle pour les campagnes 2009/2010 et 2015/2016, où les cours mondiaux du blé ont été au plus bas depuis la crise financière de 2007-2008.

Stocks mondiaux de fin de campagne et prix mondial du blé

IGC.jpg

(*) la moyenne des prix pour la campagne 2016/2017 ne prend en compte que les valeurs jusqu’au 05/10/2016

Source : IGC, calculs et mise en forme CEP

Source : International Grains Council

10:56 Publié dans 3. Prévision, Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/09/2016

La FAO relève encore ses prévisions de récoltes records de céréales

Dans son bulletin mensuel sur l'offre et la demande de céréales du 8 septembre, la FAO a encore augmenté ses prévisions de production mondiale pour l'année 2016. Elles s'élèvent à présent à 2 566 millions de tonnes, soit 0,9 % de plus que les prévisions de juillet et 1,6 % de plus que la récolte déjà historique de 2015. Les excellentes conditions climatiques en Russie, en Ukraine et en Amérique du Nord y sont pour beaucoup. Les États-Unis ont notamment relevé de 18 millions de tonnes leurs prévisions de récolte de maïs. Ces annonces contrastent avec les rendements catastrophiques cette année en France en raison de la météo défavorable du printemps et des intempéries.

cereales-FAO.jpg

Source : FAO

Ces fortes différences remettent au premier plan l'augmentation des incertitudes météorologiques, que le réchauffement climatique, dans les années à venir, pourrait accentuer. À titre d'exemple, une récente étude sur « l'effet du changement climatique sur le potentiel de développement des productions végétales en Russie, Ukraine et Kazakhstan à moyen terme », a cherché à quantifier cette variabilité avec un focus particulier sur les régions productives de la zone mer Noire.

Source : FAO

13:47 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : fao, céréales, russie, ukraine, kazakstan |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/01/2016

Impacts d’événements climatiques extrêmes sur la production de céréales

Un récent article de Nature explore les impacts d’événements extrêmes sur la production globale en céréales, avec des estimations portant sur les variations en termes de volumes (millions de tonnes), de rendements et de surfaces cultivées. Pour ce faire, des chercheurs britanniques et canadiens des universités McGill, du Sussex et de Colombie britannique ont mobilisé les bases de données FAOStat et Emergency Events Database (EM-DAT). De cette dernière, ils ont extrait une liste d’environ 2 800 événements extrêmes hydro-météorologiques pour la période étudiée 1964-2007. Les auteurs indiquent quelques limites associées à la base de données EM-DAT : les événements extrêmes n’y sont répertoriés que s’ils touchent la population humaine et les événements récents sont mieux enregistrés.

Les traitements statistiques ont permis de conclure que sécheresse et vagues de chaleur conduisent à une réduction de la production mondiale de céréales d’environ 9-10 % sur la période étudiée. Cependant les résultats n’étaient pas significatifs pour les inondations et les froids extrêmes. Pour expliquer ce résultat, les auteurs font l’hypothèse que ces événements sont survenus à des périodes qui ne correspondent pas à des moments critiques de la croissance des plantes. Une seconde explication résiderait dans le choix de l’échelle nationale : ce niveau d’agrégation serait trop important pour des événements dont les impacts sont de nature locale.

Les rendements déclinent d’environ 5,1 % dans le cas d’une sécheresse et d’environ 7,6 % lors des vagues de chaleur. Si les surfaces cultivées ne semblent pas significativement affectées dans ce dernier cas, elles diminuent d’environ 4,1 % lors de sécheresses. Les auteurs font ici l’hypothèse de la durée de l’événement pour expliquer une telle différence. En effet, un tiers des épisodes de sécheresse répertoriés durent plusieurs années, contrairement aux vagues de chaleur qui sont des événements plus ponctuels. Au niveau de la répartition géographique, les impacts des événements extrêmes sont plus importants pour les systèmes agricoles en Amérique du Nord, Europe et Australie qu’en Asie et en Afrique. Enfin, les épisodes de sécheresse les plus récents (1985-2007) auraient provoqué des dommages plus importants sur la production céréalière globale, en moyenne de 13,7 % contre 6,7 % sur la période précédente.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Nature

14:01 Publié dans Climat, Production et marchés | Lien permanent | Tags : climat, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/12/2015

Céréales et oléagineux à l’horizon 2020/2021 : réduction significative du niveau de stocks mondiaux après le record atteint sur les campagnes 2014/2015 et 2015/2016

L’International Grains Council (IGC) vient de publier ses dernières projections de l’offre et de la demande mondiales en céréales et oléagineux sur les cinq prochaines années. Le fait le plus marquant serait la réduction progressive des stocks de fin de campagne, après les niveaux records des campagnes 2014/2015 et 2015/2016 : 450 millions de tonnes pour les céréales et 54 millions pour les oléagineux, soit respectivement 2,7 et 1,7 mois de consommation mondiale annuelle. En 2020/2021, les stocks de céréales seraient réduits de 9 % pour atteindre 2,3 mois de consommation pour cette campagne.

Évolution des stocks mondiaux de céréales (hors riz), campagnes 2011/2012 à 2020/2021

igc-cereales.jpg

Source : International Grains Council (décembre 2015)

La baisse des stocks mondiaux pour les oléagineux serait plus drastique (-22%). À terme, ceux-ci ne représenteraient plus que 1,2 mois de consommation annuelle.

Évolution des stocks mondiaux d’oléagineux (colza et soja) : stocks mondiaux, campagnes 2011/2012 à 2020/2021

igc-oleagineux.jpg

Source : International Grains Council (décembre 2015)

Ces projections s’appuient sur un certain nombre d’hypothèses générales comprenant les tendances de croissance de la population, les évolutions présumées des politiques agricoles et des échanges, ainsi que diverses hypothèses sur les perspectives pour l’économie mondiale tirées de la dernière édition du World Economic Outlook du FMI, publiée en octobre 2015.

Les politiques gouvernementales et les amendements approuvés resteraient en place pendant la période de projection. Les rendements continueraient à croître mais à un rythme plus ralenti par rapport aux cinq dernières années. L’évolution de la consommation en alimentation humaine et animale découlerait principalement de l’augmentation de la population et de la demande croissante en viande. Ces éléments contribueraient à la diminution des stocks projetée.

Les résultats des projections des bilans par produit pour les principaux pays producteurs sont détaillés dans l’annexe du rapport.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : International Grains Council

 

11:32 Publié dans 3. Prévision, Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, stocks, céréales, oléagineux |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2015

L’IGC prévoit un stock de report record de 456 millions de tonnes en céréales pour la campagne 2015/2016

Débutant à 405 millions de tonnes en mars 2015, les prévisions, par l’International Grains Council, du stock de report de céréales pour la campagne 2015/2016, ont été chaque mois revues à la hausse pour atteindre 456 millions de tonnes en septembre 2015. Ces stocks représenteraient pour les céréales 2,8 mois de la consommation mondiale (3,5 mois pour le blé). Ce taux dépasse légèrement celui estimé pour la campagne actuelle (2014/2015).

Notons que depuis la campagne 2006/2007, début de la forte volatilité des prix des céréales, ce niveau de stocks n’a été atteint que sur la campagne 2009/2010 (2,7 mois de consommation pour l’ensemble des céréales et 3,6 mois pour le blé). C’est aussi sur cette campagne que le prix des céréales avait été au plus bas.

Source : International Grains Council

 

09:03 Publié dans 3. Prévision, Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, stocks, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/03/2015

Le record historique de 2 milliards de tonnes de céréales gonflerait les stocks mondiaux

D’après les dernières statistiques de l’International Grains Council, la production mondiale de céréales hors riz atteindrait un record historique de 2 milliards de tonnes sur les campagnes 2013/2014 et 2014/2015 (1,7 milliard de tonnes pour les seuls blé et maïs), ce qui gonflerait les stocks mondiaux et contribuerait à tirer les cours des céréales résolument à la baisse.

Production, consommation et stocks de fin de campagne de blé et de maïs

igc1.jpg

Source : International Grains Council, présentation CEP

2013/2014 : estimation. 2014/2015 : prévisions au 26 février 2015

La montée des stocks de fin de campagne (en mois de consommation annuelle) entre 2012/2013 et 2014/2015 serait comparable à celle observée entre les campagnes 2007/2008 et 2009/2010, période au cours de laquelle les prix avaient chuté de 38 % pour le blé et de 14 % pour le maïs.

Stocks de fin de campagne et prix mondial du blé et du maïs

igc2.jpg

Source : International Grains Council, présentation CEP

prix :2014/2015 ; moyenne de campagne jusqu’au 5 mars 2015.

prix US 3YC GULF pour le maïs, US HRW GULF pour le blé

Les baisses des prix estimées entre 2012/2013 et 2014/2015 (moyenne de campagne allant jusqu’au 5 mars 2015) atteindraient 39 % pour le maïs et 19 % pour le blé. Les conditions climatiques des campagnes à venir conditionneront la poursuite ou non de ces baisses de prix.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : International Grains Council

 

 

 

10:19 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/04/2014

Le Canada impose des quotas de transport de céréales aux compagnies ferroviaires et prépare une nouvelle législation

Alors que les silos de la prairie canadienne sont saturés par la récolte record de 2013, faute de fret disponible, le gouvernement a imposé des quotas de transport de céréales aux deux compagnies ferroviaires du pays. En cas de violation, ces dernières doivent s'acquitter d'amendes de 100 000 dollars canadiens (CAD) par jour (soit environ 65 000 euros).

À la fin du mois de mars dernier, le gouvernement a décidé d'aller plus loin et a préparé le Rail for Grain Farmers Act. Ce projet de loi vise à renforcer le contrôle de l'État sur le rail et à favoriser la concurrence entre les deux compagnies, la Canadian National et la Canadian Pacific, qui transportent vers la mer 94 % du grain destiné à l'export. Les intermédiaires chargés d'écouler la production des fermiers pourraient, d'après le texte en préparation, choisir plus facilement leur compagnie ferroviaire. Ces dernières seraient en effet obligées de prendre en charge le grain des silos non plus à 30 km des terminaux ferroviaires, mais à 160 km. Par ailleurs, l'État se doterait de la possibilité d'imposer des quotas de transport et de contrôler plus en détail les activités des transporteurs.

Dans le prolongement de la dérégulation, en 2012, du marché des céréales, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la fin du monopole de la Wheat Board qui permettait une meilleure gestion des exportations. Les deux compagnies ferroviaires, se défendant quant à elles de toute inefficacité, s'opposent à une régulation de l'État. Elles la considèrent comme infondée, évoquant les circonstances exceptionnelles de la campagne 2013/2014, avec sa récolte record et des conditions hivernales extrêmes. Elles rappellent par ailleurs que ces mesures les exposeront à la concurrence déloyale de leurs homologues américaines.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : The Globe and Mail

15:49 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : céréales, canada |  Imprimer | | | | |  Facebook