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12/11/2020

Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition - Panel mondial sur l'agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition

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Créé en août 2013 à Londres, lors du Sommet « Nutrition for Growth », le Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition réunit douze personnalités de haut niveau. Financé par le UK Foreign, Commonwealth and Development Office, il est co-présidé par J. Beddington, ancien conseiller scientifique principal du gouvernement du Royaume-Uni, et J. Kufuor, ancien président du Ghana. Les travaux sont appuyés par un secrétariat d'une dizaine de personnes.

Le secrétariat, les membres et d'autres experts associés fournissent plusieurs types de publications : notes politiques ou techniques, s'appuyant sur les connaissances scientifiques disponibles et proposant des recommandations d'action publique ; rapports prospectifs ; analyses centrées sur des pays ou régions. Elles portent en particulier sur les sociétés à revenus moyens ou bas. Les membres du panel réalisent également un travail d'influence auprès des gouvernements, des sociétés civiles, des universitaires et des industriels. Par ailleurs, ces actions s'inscrivent dans un cadre international et régional : Objectifs de développement durable (ODD) onusiens, objectifs nutritionnels de l'OMS, déclaration de Malabo de l'Union africaine, etc.

Parmi les publications du panel en 2020, retenons par exemple trois notes : la première (août) souligne les améliorations à apporter aux systèmes alimentaires dans des contextes combinant divers facteurs de fragilité (conflits, instabilité politique, dépendance à l'aide humanitaire, etc.) ; la deuxième (juin) propose dix actions prioritaires pour limiter les effets de la pandémie de Covid-19 ; la troisième (février) invite à repenser les politiques commerciales pour de meilleurs régimes alimentaires. Enfin, en septembre, le panel a publié son deuxième rapport prospectif, Future Food Systems: For people, our planet and prosperity. Ayant mobilisé huit experts, ce travail identifie, pour la décennie à venir, les défis en matière de régimes alimentaires, de santé et d'environnement (exemple dans la figure ci-dessous). Les questions de disponibilité de produits alimentaires riches en nutriments et durables, l'accessibilité et la désirabilité de régimes sains sont traitées, et les auteurs proposent des pistes d'actions concrètes pour y répondre. La publication de ce rapport est accompagnée de diverses productions : webinaire, vidéos, article dans Nature (voir à ce sujet une autre brève), etc.

Projection de la variation du coût d'un régime alimentaire flexitarien entre 2017 et 2050

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Source : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

09/11/2020

Le GLOPAN propose 4 pistes pour rendre les systèmes alimentaires sains et durables

Des experts du Panel mondial sur l'agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition (GLOPAN) signalent, dans une courte publication dans Nature correspondance, l'urgence de transformer le système alimentaire global. Ils appellent à une coopération internationale forte et proposent quatre leviers d'action (voir figure ci-dessous).

Actions de politique publique prioritaires pour opérer la transition des systèmes alimentaires vers des régimes durables et sains

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Source : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

Lecture : le GLOPAN propose de A) faire en sorte que les aliments essentiels pour des régimes sains soient produits durablement et en quantité suffisante, B) faciliter le stockage, le transport, la transformation et la commercialisation des aliments, notamment pour éviter le gaspillage, C) faire en sorte que chacun puisse accéder à un régime sain, D) donner aux citoyens les moyens de choisir des régimes durables et sains.

Source : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition

 

 

 

 

 

 

29/06/2015

Quelle résilience du système alimentaire mondial ?

En avril dernier, la revue PNAS publiait un article intitulé Resilience and reactivity of global food security. Dans un contexte de changements globaux (croissance démographique, pression sur des ressources limitées, etc.), les auteurs ont questionné l’évolution de la sécurité alimentaire au cours des 25 dernières années (1986-2010). Mobilisant des données démographiques, de production alimentaire et des échanges pays par pays, ils ont étudié la relation entre la dynamique des populations et les calories disponibles. L’objectif était d’évaluer la sensibilité du système alimentaire mondial à court terme (réactivité) et sa réponse à long terme (résilience) vis-à-vis de chocs liés à la volatilité sur les marchés, à des changements de politiques commerciales ou environnementaux.

Les auteurs soulignent plusieurs limites de leur approche, dont l’absence de stocks de matières premières dans le modèle décrivant de fait un scénario qu’ils qualifient de « solidaire », la non prise en compte de la pêche et de l’aquaculture ou encore des aspects nutritionnels.

Quatre grands groupes de pays sont identifiés en fonction de leur capacité à apporter les calories nécessaires à leur population (carrying capacities) via la production locale, mais aussi par le commerce international. Les auteurs font l’hypothèse que la taille de la population nationale est limitée par la nourriture disponible (ratio de la production en calories sur le régime alimentaire en calories par habitant et par an). Les quatre groupes sont : les pays exportateurs nets (dont les échanges diminuent la nourriture disponible pour leur population), les pays importateurs (partageant le même « pool » de ressources que les pays précédemment cités), les pays pour lesquels les échanges n’ont que peu d’influence sur la nourriture disponible ou l’évolution démographique nationales, et enfin les pays en déficit (avec une nuance apportée par les auteurs sur l’agriculture de subsistance, non prise en compte ici).

D’après ces travaux, dans les deux dernières décennies, alors que la dépendance aux échanges a augmenté, le système alimentaire mondial a perdu en résilience. Il est également devenu de plus en plus instable et réactif aux chocs. Les auteurs ont aussi établi une carte des pays les plus vulnérables (réactivité seulement), comme indiqué sur ci-dessous.

Carte des pays réactifs en 1987 et 2008

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Source : PNAS

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : PNAS

 

09:43 Publié dans Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : résilience, système alimentaire mondial, sécurité alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/03/2015

Évolutions du système alimentaire mondial à 2050 et impacts d’hypothèses démographiques

Pluriagri vient de publier une étude conduite par Bruno Dorin (Cirad), intitulée L’Europe dans le système alimentaire mondial : un scénario pour 2050 adossé aux projections de la FAO. Cette étude s’appuie sur la dernière actualisation des projections FAO pour l’agriculture et l’alimentation, converties et ajustées via l’outil AgriBiom pour permettre une analyse sur base comparable des évolutions passées (1961-2006) et futures (2006-2050), par le biais d’une unité fonctionnelle commune : la calorie alimentaire.

Dans ce scénario, le principal moteur serait la consommation de produits animaux (en Asie et au Moyen-Orient essentiellement). L’auteur développe une analyse fouillée des évolutions des disponibilités alimentaires, des demandes alimentaires et des productions, à l’échelle mondiale et des grandes régions. Une hausse des besoins et productions de l’ordre de 50-55 % est ainsi attendue à l’horizon 2050, soit des progressions moindres que sur la période passée. À cet horizon, l’Asie consommerait près de la moitié des calories animales produites et, côté production, l’Amérique latine rattraperait l’Amérique du Nord. L’Europe, elle, verrait ses « parts de marché » en production comme en consommation s’éroder.

B. Dorin en déduit le commerce nécessaire pour équilibrer offre et demande et pronostique un creusement des déséquilibres entre régions excédentaires (Amériques, Océanie, Russie depuis peu) et déficitaires (Moyen-Orient, Asie, Afrique mais aussi Europe).

Échanges nets de calories entre régions

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Source : B. Dorin

L’auteur explore ensuite la sensibilité des projections à plusieurs « points critiques ». Il s’intéresse notamment à l’impact de la révision des projections démographiques en 2013 par rapport à celles de 2008, selon deux modalités : ajustement (i) par les consommations (productions et commerce inchangés par rapport au scénario de référence) et (ii) par le commerce de productions végétales. Dans la première modalité, la disponibilité alimentaire en Afrique retomberait à son niveau de 2006 (environ 2400 kcal/hab/an contre près de 3000 dans le scénario de référence). Dans la seconde, l’Afrique multiplierait par trois son déficit en biomasse alimentaire végétale. Dans le même temps, l’Asie importerait moins, mais l’Amérique latine, l’Océanie et la Russie exporteraient moins également. Globalement, l’actualisation démographique accroîtrait nettement la dépendance au commerce international des zones importatrices.

Toutefois, l’auteur rappelle les limites de ce type d’exercice (perspectives de croissance critiquables, absence d’hypothèses sur l’énergie et le changement climatique, prix et revenus, etc.). Se dessine cependant à grands traits le défi alimentaire futur et les principales zones problématiques pour le devenir du système alimentaire mondial : l’Asie aujourd’hui, l’Afrique demain.

Pierre Claquin, Centre d’études et de prospective

Source : Cirad

 

 

10:16 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : pluriagri, système alimentaire mondial |  Imprimer | | | | |  Facebook