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11/03/2019

La FAO évalue l'état de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture dans le monde

Conduit par la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture de la FAO, cette imposante synthèse sur l’état et la gestion de la biodiversité, à l'échelle mondiale, compile les résultats de nombreux rapports (91 nationaux et 27 d’organisations internationales) et les apports de plus de 175 auteurs ou relecteurs. Premier exercice de cette nature engagé par l'organisation, l'évaluation recense les différentes contributions de la biodiversité à l'alimentation et à l'agriculture, en termes de services écosystémiques, de résilience des systèmes de production, d'intensification écologique et de maintien de la sécurité alimentaire et des modes de vie.

Les tendances et évolutions, présentées en deuxième partie, décrivent une situation globalement très dégradée, avec un déclin rapide des composantes de la biodiversité. La diversité végétale à la base des systèmes alimentaires s'est appauvrie : neuf espèces (parmi les 6 000 cultivables) fournissent 66 % de la production agricole mondiale. Il en est de même pour les races animales, avec 26 % des races locales menacées d'extinction, tandis qu'un tiers des stocks mondiaux de poissons est surexploité et plus de la moitié ont atteint leur limite de résilience. Les espèces sauvages utilisées pour la chasse et la cueillette diminuent également fortement, surtout dans les zones Amérique latine et Caraïbe, Asie-Pacifique et Afrique. La troisième partie fait le bilan des dispositifs de gestion existants (conservation in et ex situ), et des pratiques favorables à la biodiversité. Près de 80 % des pays sont engagés, selon des modalités diverses, dans une approche de gestion durable, et certaines pratiques progressent : l'agriculture biologique (actuellement 58 millions d'hectares, soit 1 % des terres cultivées), l'agriculture de conservation (180 millions d'ha, soit 12 % des terres arables). Toutefois, selon les auteurs, les niveaux de protection et de couverture ne sont souvent pas à la mesure des enjeux. Le rapport dresse ensuite un panorama des politiques et institutions impliquées.

Une dimension importante de ce travail réside dans l'effort de convergence des différentes grilles de lecture internationales du problème de la biodiversité avec celles des questions agricoles et alimentaires. Ceci permet de traiter plus systématiquement l'interface entre biodiversité « naturelle » et agrobiodiversité.

Dates clés de la reconnaissance internationale de l'importance de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture

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Source : FAO

Claire Bernard-Mongin, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

Comment favoriser la pollinisation en milieu agricole urbain ?

L'enjeu de la préservation des insectes pollinisateurs ne touche pas seulement les espaces agricoles marqués par l'usage des pesticides, mais également les zones d'agriculture urbaine, caractérisées par une forte artificialisation des sols. Dans un article publié en février 2019 dans la revue PLOS One, des chercheurs s'interrogent sur les stratégies d'urbanisme à mettre en place pour favoriser la diversité des espèces d'abeilles, cette diversité garantissant une meilleure résilience des systèmes agricoles urbains.

19 sites (jardins communautaires et fermes urbaines) ont été sélectionnés, dans la ville de Chicago, afin d'y effectuer des mesures de l'abondance et de la diversité spécifique des abeilles, au moyen de pièges et de comptages sur le terrain. Les résultats ont été croisés avec des variables caractérisant l'habitat environnant : diversité florale, pratiques culturales (biologiques ou conventionnelles), importance des surfaces fleuries, imperméables (routes, constructions, trottoirs, etc.) et pavées.

Les chercheurs montrent que les espèces d'abeilles sauvages nidifiant dans des cavités (Bombus et Hylaeus) s'adaptent aux environnements urbains très imperméables, et peuvent ainsi assurer la pollinisation en ville. Toutefois, une proximité avec les espaces fleuris est indispensable pour les espèces de petite taille (Hylaeus), celles-ci ne pouvant se déplacer pour s'alimenter que dans un rayon d'environ 300 mètres. L'abondance des espèces nidifiant dans le sol (Halictus) est au contraire impactée négativement par l'abondance des surfaces artificialisées. De plus, leur petite taille les contraint dans leurs déplacements entre nids et zones d'alimentation (limite de 90 à 370 mètres). Leur présence est corrélée positivement avec l'augmentation des surfaces fleuries, ainsi qu'avec des pratiques culturales biologiques.

Les auteurs concluent que, pour pérenniser le service écosystémique de pollinisation en favorisant la diversité spécifique des abeilles, une plus grande variété des types d'espaces verts et l’incorporation de massifs floraux doivent être planifiées à proximité des zones d'agriculture urbaine.

Variables explicatives de l'abondance selon les espèces d'abeilles : surfaces imperméables, surfaces fleuries, diversité florale, surfaces pavées, pratiques culturales

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Source : Plos One

Lecture : un score élevé indique une plus grande importance de la variable pour expliquer l'abondance de l'espèce. IMP : surfaces imperméables, mesurées dans un rayon d'un kilomètre autour du site de mesure pour les grandes abeilles (Apis – abeilles domestiques – et Bombus), et 500 mètres pour les petites.

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : PLOS One

13:18 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine, chicago, abeilles, pollinisation, urbanisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/03/2019

La lutte contre le gaspillage alimentaire en France et aux États-Unis

Pour réaliser sa thèse sur le gaspillage alimentaire, publiée récemment, Marie Mourad (Sciences Po Paris) a réuni, entre 2013 et 2017, un riche matériau, avec 213 entretiens dans les secteurs public, privé et associatif et 125 observations de terrain. Son travail constitue une intéressante contribution à la sociologie des recompositions du capitalisme et des systèmes alimentaires. L'auteure y approfondit ses réflexions sur la mise au point et la circulation internationale d'un référentiel d'action publique contre le gaspillage, et sur la structuration de nouveaux espaces économiques autour de la valorisation des invendus (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

La comparaison entre la France et les États-Unis montre une convergence des évolutions des circuits alimentaires dans les deux pays. La lutte contre le gaspillage émerge comme problème public des années 1980 à 2000, à la croisée de différents domaines, sous l'effet de l'engagement d'acteurs réformateurs aux profils et aux stratégies comparables : militants devenus experts en impacts environnementaux, chargés de mission d'ONG internationales ou d'administrations nationales, responsables du développement durable dans les entreprises, etc. Elle s'institutionnalise dans les années 2010, quand des associations d'aide alimentaire et des start-upers y voient une opportunité pour développer leurs activités. Des dispositifs de concertation, à l'initiative, en France, du ministère chargé de l'agroalimentaire, aux États-Unis d'associations environnementales, mettent en place un cadrage commun, qui fait du gaspillage avant tout un problème lié au comportement du consommateur, qu'il s'agit de responsabiliser.

Décrivant les différents modes de remise en circuit des excédents, M. Mourad souligne « la concurrence entre les diverses ''solutions'' au gaspillage alimentaire ». En particulier, celles qui « se focalisent sur leur redistribution et leur recyclage, à des échelles de plus en plus grandes », donc nécessitant des quantités croissantes de ces excédents, peuvent détourner des actions de prévention. Le cas des « légumes moches » lui permet aussi de montrer la capacité d'adaptation des circuits conventionnels, avec la fixation d'un standard pour la commercialisation de produits non-standard.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Research Gate

13:17 Publié dans Alimentation et consommation, Environnement | Lien permanent | Tags : gaspillage, invendus, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

Ixchel Delaporte, Les raisins de la misère. Une enquête sur la face cachée des châteaux bordelais

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La viticulture et l'arboriculture, qui demandent beaucoup d'emplois temporaires, s'étendent sur des territoires souvent marqués par des niveaux élevés de précarité économique et sociale. L'Insee a bien décrit ce phénomène, pour la région Aquitaine, avec trois notes publiées en 2011, 2014 et 2017 montrant une forte corrélation entre ces types de culture, une fréquence élevée de contrats saisonniers et une sur-représentation des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA). Ces publications parlent même d'un « couloir de pauvreté », reliant la pointe du Médoc à Agen, en passant par Pauillac, Saint-André-de-Cubzac, Libourne, Sainte-Foy-la-Grande, Bergerac, Marmande et Villeneuve-sur-Lot. Sur ces zones, les exploitants sont très minoritaires par rapport aux nombreux salariés agricoles, plutôt jeunes, peu qualifiés, mal rémunérés, souvent célibataires voire isolés. La saisonnalité des cycles de production favorise une grande mobilité de la main-d’œuvre, aux ressources fluctuantes, d'origine locale mais pouvant aussi venir de très loin.

C'est la lecture de ces notes de l'Insee qui a poussé l'auteure de ce livre, journaliste, à entreprendre une enquête pour voir ce qu'il en était vraiment. Son reportage, fait d'entretiens et d'observations de terrain, est centré sur la seule viticulture. Pourquoi et comment la grande fortune des châteaux du bordelais cohabite-t-elle avec la précarité de leurs employés et des populations environnantes ? Au fil de ses rencontres, elle décrit l'envers du décor, la face cachée du milieu du vin, les à-côtés de la mythologie. Bien sûr, les conditions de travail sont dures en hiver (taille), au printemps (palissage, épamprage) comme en automne (vendanges), avec de longues journées, la fatigue, l'usure physique et les accidents. Les relations humaines sont dures aussi, faites de sujétion et d'obéissance, de surveillance et de contrôle, de la part des exploitants comme des entreprises de travaux agricoles. Les rémunérations restent faibles, puisque le salaire horaire est bas, les contrats courts et les heures supplémentaires pas toujours payées. Les conditions de logement demeurent plutôt mauvaises : l'hébergement par l'employeur est de moins en moins fréquent, les parcs immobiliers ruraux sont insuffisants et les marchands de sommeil peu scrupuleux. Au total, une part significative de ces travailleurs et de ces territoires est marquée par la fragilité et la vulnérabilité.

Ce petit livre, parfois un peu superficiel, ne dit rien de plus, mais il le dit bien. Ce faisant, il confirme ce que des travaux plus savants d'historiens et d'économistes ont déjà montré : la monoculture de la vigne, qui a empêché ou limité l'installation d'activités industrielles et de services, fonctionne grâce à de nombreux tâcherons. Le vin crée de formidables richesses, mais il ne sait pas les redistribuer, et contribue directement à entretenir la précarité sociale de ses territoires d'élection.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions du Rouergue

13:15 Publié dans Société, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : vin, viticulture, delaporte, bordelais, précarité |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/03/2019

Un sucre naturel, non écotoxique, qui aurait les mêmes propriétés inhibitrices que le glyphosate

C'est la découverte qu'a faite une équipe de chercheurs allemands étudiant par quels moyens certaines cyanobactéries d'eau douce pouvaient inhiber la croissance d'autres populations de bactéries. Ils ont ainsi identifié une molécule de sucre inconnue, le 7-deoxy-sedoheptulose (7DSH), qui perturbe notamment la chaîne métabolique des acides aminés aromatiques (phénylalanine, tyrosine et tryptophane) et des folates. Cette voie métabolique (ou voie de l'acide shikimique) est spécifique aux végétaux, aux champignons et aux bactéries.

Ce sucre naturel bloque, comme le glyphosate, l'action de la déhydroquinate synthase, enzyme essentielle pour la production de ces acides aminés. Selon les tests menés par les chercheurs, son action est aussi efficace que celle du glyphosate, même à de très faibles concentrations. En revanche, cette molécule est rapidement dégradée et son écotoxicité est beaucoup plus faible, au point qu'elle pourrait être utilisée en traitement des eaux et en santé humaine. Enfin, elle est facile à synthétiser.

Impact comparé du 7DSH et du glyphosate sur la croissance de graines d'arabette des dames (plante de la famille de la moutarde), au bout de sept jours

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Source : Nature Communications

Source : Nature Communications

Une nouvelle façon de caractériser les espaces ruraux

Il existe plusieurs référentiels statistiques permettant de caractériser les espaces, produisant chacun une image différente de la répartition entre ruralité et urbanité (en savoir plus sur ces référentiels). Plutôt que d'en choisir un, avec ses limites, une publication de l'Insee Auvergne - Rhône-Alpes a préféré en combiner quatre : la méthode morphologique (par défaut, ce qui n'est pas urbain est rural), la méthode du zonage en aires urbaines, la grille communale de densité, et celle développée par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). Réalisé au niveau communal, ce travail aboutit à une typologie plus fine de la ruralité, en cinq catégories : rural périphérique, couronne éloignée, bourg, rural très peu dense, rural éloigné. Chaque catégorie a des caractéristiques propres en termes d'activité (usage des terres notamment), d'éloignement des services, de mode de logement (propriétaire, locataire), de typologie socioprofessionnelle (part des cadres, des agriculteurs, des retraités, etc.).

Selon cette approche, en Auvergne - Rhône-Alpes, il existe un gradient continu allant de l'urbain au rural éloigné. Les agriculteurs sont nettement plus présents dans les espaces ruraux éloignés ou très peu denses, où leur proportion dépasse celle des cadres et professions intellectuelles supérieures. À noter également que ces territoires concentrent une plus grande part de retraités et que l'éloignement des services courants y est supérieur à 10 minutes.

Cartographie de la région Auvergne - Rhône-Alpes utilisant la typologie des espaces ruraux en cinq catégories

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Source : Insee

Source : Insee

13:08 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : rural, rhônes-alpes, insee, espaces ruraux |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'Académie de pharmacie se penche sur les compléments alimentaires contenant des plantes

Un groupe de travail de l'Académie nationale de pharmacie a examiné la liste de plantes autorisées dans les compléments alimentaires (arrêté ministériel de 2014). Publié en février 2019, son rapport donne des précisions sur des produits mal définis mais ayant une image favorable auprès des consommateurs (1 adulte sur 5 en consomme d'après l'enquête INCA 2). Selon les experts, certaines des plantes figurant sur cette liste ne devraient pas s'y trouver, n'ayant aucune capacité nutritionnelle ou aucun usage alimentaire connu, mais présentant des effets pharmacologiques potentiels pouvant être à l'origine de conséquences indésirables. C'est notamment le cas des plantes à hétérosides hydroxyanthracéniques, dotées de propriétés laxatives (séné, cascara), et dont les risques de mésusage ont été soulignés par l'Agence européenne du médicament et l'EFSA. Le rapport propose aussi de distinguer compléments alimentaires visant à restaurer une carence réelle et suppléments alimentaires à un régime normal, ces derniers étant jugés souvent superflus, voire dangereux. L'Académie propose in fine une révision de l'arrêté de 2014.

Source : Académie nationale de pharmacie

Revue des travaux de recherche utilisant des données commerciales sur les achats alimentaires

Publié dans la revue PLOS One en janvier 2019, un article s'intéresse à l'utilisation, pour des travaux de recherche en nutrition et santé publique, de données commerciales sur les achats de produits alimentaires et de boissons sans alcool. 69 articles en langue anglaise ont été sélectionnés. Leur analyse montre que quatre sources sont utilisées : principalement Nielsen (aux États-Unis) et Kantar (au Royaume-Uni et en France), puis GfK (au Danemark) et Euromonitor (pour les études portant sur plusieurs pays ou ayant une approche globale). Si le premier article date de 2007, les années 2011 à 2016 connaissent une augmentation des publications. Deux grands types d'utilisations sont mis en évidence : évaluation de politiques publiques (ex : taxes, programmes d'intervention nutritionnelle), identification de tendances (composition nutritionnelle et caractéristiques des achats alimentaires, y compris socio-démographiques). Si les auteurs considèrent ces données comme un outil intéressant, en particulier pour évaluer les impacts des changements apportés par une entreprise à ses produits, ils en relèvent plusieurs limites : coût d'accès, manque de transparence sur les modes de collecte, etc.

Source : PLOS One

06/03/2019

Quel avenir pour les analogues à la viande ? Considérations de Chatham House pour l'Union européenne

Dans un document de travail de Chatham House publié en février 2019, A. Frogatt et L. Wellesley proposent un état des lieux des produits analogues à la viande, aussi bien d'origine végétale que « cultivés » à partir de cellules animales (in vitro) (cf. figure). Innovations, facteurs de développement et implications réglementaires pour l'Union européenne (UE) sont passés en revue. Selon les auteurs, la « viande cultivée » est à l'heure actuelle au stade du prototype, développé par des start-up financées par des grands groupes. Le marché des substituts d'origine végétale reste limité (moins de 1 % du marché de la viande aux États-Unis), mais connaît une croissance significative. Le développement d'un marché des produits analogues à la viande dépendra de plusieurs facteurs : perceptions des consommateurs, bilan environnemental, demande globale de produits carnés, stratégies concurrentes du secteur de la viande « traditionnelle », coûts de production, etc. Dans l'UE, la viande cultivée devrait, pour les auteurs, relever de la réglementation Novel Food, ce qui n'est pas nécessairement le cas pour les produits d'origine végétale. Le document souligne également l'importance de la question des labels, et la nécessité pour l'Union de réfléchir en termes de cadre réglementaire et de stratégie industrielle pour préparer l'avenir.

Procédés de production de la « viande cultivée » et de la « viande d'origine végétale »

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Source : Chatham House

Source : Chatham House

13:08 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir | Lien permanent | Tags : viande, viande in vitro, substituts, novel food |  Imprimer | | | | |  Facebook

Efficacité d'un projet REDD+ pour la réduction de la déforestation en Amazonie brésilienne

Dans un article publié dans le numéro de janvier 2019 dans l'American Journal of Agricultural Economics, un groupe de chercheurs français et indonésiens présente une évaluation d'impacts des projets pilotes de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) en Amazonie brésilienne. Ils ont utilisé une méthode des différences de différences sur des données originales recueillies auprès de 181 agriculteurs.

Les résultats suggèrent que les projets REDD+ locaux, qui utilisent une combinaison d'interventions, y compris des mesures incitatives et/ou dissuasives, constituent une stratégie efficace pour réduire les taux de déforestation chez les petits propriétaires fonciers amazoniens, en particulier les éleveurs. En moyenne, près 4 ha de forêt ont été sauvés sur chaque ferme participante en 2014, soit une baisse du taux de déforestation d'environ 50 %. La présence à long terme, sur le terrain, du promoteur du projet et la progressivité des mesures d'encadrement et de contrôle, dans les zones les plus reculées, ont vraisemblablement contribué à obtenir ces résultats prometteurs.

Source : American Journal of Agricultural Economics

13:08 Publié dans 2. Evaluation, Climat, Forêts Bois, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : amazonie, redd+, déforestation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Évolution des attentes et des tendances de consommation des produits labellisés « agriculture biologique » en France

L'Agence Bio et Spirit Insight ont publié, en février 2019, les résultats d'une enquête (baromètre annuel), menée du 23 novembre au 7 décembre 2018 auprès de 2 000 personnes (le double de l'année précédente), à propos de leurs perceptions et niveaux de consommation des produits certifiés « agriculture biologique ». Ils notent que les avis ont été recueillis sur une période de mobilisation des Gilets jaunes, ce qui a pu influencer les réponses données.

Outre les évolutions des niveaux de consommation (légère augmentation des « non consommateurs »), ce sont aussi les poids relatifs des freins (principalement le prix) et des motivations déterminant l'achat des produits biologiques qui varient. Par exemple, si préserver sa santé reste la première motivation, la préservation de l'environnement perd en importance (56 % dans l'édition de 2019 contre 61 % dans celle de 2018). Par ailleurs, le baromètre confirme l'intérêt pour une offre artisanale : 49 % des personnes interrogées souhaiteraient s'approvisionner chez les artisans, alors que seuls 26 % en ont la possibilité. Parmi les 81 % d'entre elles qui achètent leurs produits biologiques en grandes et moyennes surfaces généralistes, 11% préféreraient le faire ailleurs.

Progression entre 2017 et 2018 des attentes quant aux possibilités de s'approvisionner en produits biologiques chez un artisan

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Source : Agence Bio

Source : Agence Bio

13:07 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : agence bio, baromètre, artisanat |  Imprimer | | | | |  Facebook

La Politique agricole commune à l'épreuve de la subsidiarité

Le poids du Parlement européen dans les négociations de la future PAC (2021-2027) est important, puisque celui-ci est, depuis le traité de Lisbonne (2009), co-législateur avec le Conseil et la Commission. À la veille des élections européennes, la Fondation Robert Schuman propose un éclairage sur le projet de règlement de la Commission européenne (juin 2018) pour la PAC post-2020. La proposition d'aller vers une plus grande subsidiarité dans la mise en œuvre de la politique agricole, avec le transfert aux États membres du choix des mesures à mettre en œuvre dans le cadre d'un plan stratégique national, est au cœur de l’analyse. L'auteur souligne l'importance de clarifier et d'encadrer cette subsidiarité accrue. Selon lui, certaines compétences devraient être maintenues au niveau communautaire (par exemple biodiversité et climat, stabilisation des marchés, gestion des crises), mais d'autres pourraient être confiées aux États (accompagnement de la transition écologique, gestion des pollutions, de l'eau et de l'air). Il pose également la question du rôle du Parlement dans une discussion bilatérale des plans stratégiques nationaux entre la Commission et les États membres.

Source : Fondation Robert Schuman

13:07 Publié dans 4. Politiques publiques, PAC | Lien permanent | Tags : subsidiarité, fondation robert schuman |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/03/2019

Une note de l'Iddri sur l'artificialisation des sols

Alors qu'un récent rapport parlementaire s'est penché sur la question de la préservation du foncier agricole (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), l'Iddri publie une note sur le phénomène d'artificialisation des sols (notamment agricoles et forestiers). L'auteure montre que si l'artificialisation ralentit légèrement depuis 2009, elle progresse plus rapidement que la population ou le produit intérieur brut (cf. figure ci-dessous) : en cause, un aménagement urbain qui privilégie l'étalement à la densification. Peu évalués, les instruments existants pour lutter contre l'artificialisation semblent inefficaces. En particulier, les dispositifs fiscaux incitatifs sont peu utilisés car optionnels et allant à l'encontre des intérêts des collectivités, qui cherchent avant tout à attirer habitants et entreprises sur leur territoire. Ce dernier point amène l'auteure à considérer que l'échelon local n'est pas pertinent pour traiter ce problème et la conduit à suggérer une approche régionale de la question.

Évolution des surfaces artificialisées, de la population et du PIB entre 2006 et 2015

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Source : Iddri

Source : Iddri

13:07 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : iddri, sols, artificialisation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Implantation de la mafia dans le système agroalimentaire italien

La Fondazione Osservatorio sulla criminalità nell'agricoltura e sul sistema agroalimentare, le syndicat agricole Coldiretti et Eurispes ont publié récemment le 6e rapport sur la criminalité dans l'agroalimentaire en Italie. Ils constatent la capacité des organisations criminelles à investir tous les maillons de la chaîne alimentaire : production agricole, transformation, transport, distribution (grande distribution et marchés de gros urbains en particulier). D'après les auteurs, ces activités représenteraient, en 2018, 24,5 milliards d'euros (environ 10 % du total des ventes de ces organisations criminelles en Italie). Les enquêtes et données de la Direzione distrettuale antimafia et de la Guardia di Finanza permettent de localiser certaines de ces activités ainsi que les filières concernées, qui incluent l'horticulture, les agrumes, l'huile d'olive et la viticulture. Selon les auteurs, l'ensemble du territoire national est concerné. D'autres activités complètent l'éventail de ces investissements illégaux : trafic de main-d’œuvre, notamment immigrée, vol d'équipements agricoles, de récoltes et de troupeaux, contrefaçons du Made in Italy et du bio.

Source : Osservatorio sulla criminalità nell'agricoltura e sul sistema agroalimentare

13:07 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : italie, agroalimentaire, mafia |  Imprimer | | | | |  Facebook

En 2018, progression du recours au transport fluvial pour la filière agroalimentaire

Voies navigables de France (VNF) a publié, le 19 février 2019, les chiffres du transport fluvial pour l'année 2018. Si le trafic de marchandises est resté globalement stable par rapport à 2017 (51,7 millions de tonnes transportées, soit 6,7 milliards de tonnes-kilomètres), le trafic intérieur a lui augmenté de 5 % en tonnes transportées, en particulier sur les axes des bassins Seine-Oise et Rhône-Saône, et ce malgré des crues d'un niveau historique. L'agroalimentaire et les matériaux de construction sont les secteurs y ayant le plus recours (respectivement 25 % et 43 % du tonnage transporté par voie fluviale), l'agroalimentaire signant la plus forte progression avec une hausse de près de 14 % en t-km et de 12,5 % en volume (soit 13 millions de tonnes).

Évolution des trafics de marchandises entre 2017 et 2018 (en milliards de t-km)

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Source : VNF

Source : Voies navigables de France

13:06 Publié dans IAA | Lien permanent | Tags : vnf, transport fluvial, agroalimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook