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08/03/2017

Identifier les points chauds de déforestation pour mieux cibler l'intervention publique

Tel est l'objectif poursuivi par une équipe de statisticiens et de géomaticiens pour identifier rapidement, à une échelle régionale, les zones nécessitant une intervention publique dans le cadre de la lutte contre la déforestation tropicale. Ces travaux viennent d'être publiés dans Environmental Research Letters.

Si l'observation satellitaire permet une analyse très fine des lieux de déforestation, l'agrégation des différents points unitaires peut rapidement s'avérer illisible à une échelle plus large, dans des régions où les modifications d'usage des sols sont fréquentes. Par ailleurs, l'augmentation du nombre de données à prendre en compte conduit à retarder la prise de décision. La méthode de traitement des données géoréférencées de perte de couvert forestier proposée permet ainsi d'envisager de disposer d'outils d'alerte facilement mobilisables.

Exemple de résultats obtenus dans le cas du Brésil

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Source : Environmental Research Letters

09:33 Publié dans Forêts Bois | Lien permanent | Tags : satellite, déforestation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le sélénium des sols sous l’influence des changements climatiques

Une publication récente dans PNAS tente de mieux comprendre les mécanismes qui régissent la distribution de sélénium dans les sols à l’échelle globale. En effet, la concentration de cet oligo-élément dans notre alimentation (céréales, légumes secs) dépend de celles dans les sols. Cette étude repose sur 33 421 mesures entre 1980 et 1999, provenant de jeux de données établis pour d’autres usages (data-mining). Elle montre qu’à un niveau global, la distribution de sélénium dans les sols est principalement associée à des variables climatiques (précipitations, indice d’aridité, évapotranspiration). Les chercheurs soumettent leur modèle de distribution au scénario RCP 6.0 du GIEC (à horizon 2080-2099), et concluent à un risque de perte de 8,7 % du sélénium pour 66 % des terres cultivées d'ici la fin du XXIe siècle.

Source : PNAS

09:31 Publié dans Agronomie, Climat | Lien permanent | Tags : sols, sélénium, oligo-élément |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/03/2017

Avancées dans la connaissance des mécanismes de l'obésité et des pathologies liées

Dans l'édition de mars 2017 de La Recherche, un article est consacré aux travaux de chercheurs français, récompensés par le prix La Recherche 2016 dans la catégorie santé-médecine, et portant sur les « relations entre l'inflammation, le remodelage du tissu adipeux et la régulation du métabolisme ». Ils ont ainsi identifié une protéine (IRF5), produite par les macrophages présents dans le tissu adipeux abdominal, lesquels deviennent pro-inflammatoires en situation d'obésité. Ce facteur de transcription représente ainsi le lien entre excès de poids et maladies métaboliques (diabète de type 2 notamment), et les mécanismes en jeu ont été mis en lumière. Ces travaux ouvrent des perspectives pour des applications thérapeutiques, par exemple dans l'optique d'inhiber la production d'IRF5.

Source : La Recherche

ARC2020 : contributions aux débats sur la nouvelle PAC

Après avoir mené plusieurs débats concernant la prochaine PAC, l'ONG ARC2020 en présente une synthèse en ligne. Convaincus de l'utilité et de la pertinence des objectifs de la politique européenne, la plupart des contributeurs défendent une feuille de route qui permettrait un changement important et un développement agricole et rural véritablement durable.

Parmi les contributions mises en avant, Jan Douwe Van der Ploeg propose un pilier unique, avec pour objectif un « développement rural intégré », rompant avec le passé du « changement structurel ». Ses propositions sont entre autres axées sur la promotion de la diversification, de l'installation, d'exploitations moins endettées et moins intensives, des circuits courts, des freins à la concentration, ou encore d'aides conditionnées à des critères environnementaux. Alan Matthews propose quant à lui le cofinancement national, ou encore un lien contractuel entre l'agriculteur et les autorités publiques, conditionnant les aides à des feuilles de route environnementales, celles-ci étant du ressort de l’État membre. Les discussions ont également porté sur des outils de gestion des risques adaptés, sur le bien-être animal, l'emploi et la création de valeur ajoutée à la ferme.

Source : ARC2020

09:28 Publié dans 4. Politiques publiques, PAC | Lien permanent | Tags : pac, arc2020 |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/03/2017

La pétrochimie, débouché prometteur en Europe pour la biomasse à l'horizon 2050

Habituellement centrée sur la biomasse utilisée à des fins énergétiques, l'évaluation du potentiel de substitution lié aux autres utilisations des énergies fossiles (solvants, surfactants, lubrifiants, plastiques, bitumes), est proposée à l'horizon 2050, pour les différents pays de l'Union européenne, dans un article publié dans Biomass and Bioenergy. Les travaux présentés, encore exploratoires en raison de la difficulté de disposer de données sur certains produits, mais également du statut embryonnaire de certaines filières, mettent en avant le potentiel important de développement de la demande de lignocellulose.

Après un état des lieux de la part actuelle de biomatériaux utilisés en substitution, les auteurs élaborent deux scénarios, « tendanciel » et « de transition », conduisant chacun à une hausse sensible de la consommation de produits biodérivés en Europe. L'objectif de l'étude est notamment d'évaluer le rythme nécessaire de développement à insuffler pour contribuer au respect des engagements de la COP21.

Demande de biomatériaux par type et par État membre en 2050 selon deux scénarios

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Source : Biomass and Bioenergy

Source : Biomass and Bioenergy

09:26 Publié dans 1. Prospective, Biomasse/Biocarburants | Lien permanent | Tags : biomasse, bioénergie, pétrochimie |  Imprimer | | | | |  Facebook

La Fondation R. Schuman souhaite redonner de la légitimité à la PAC

Un policy paper de la Fondation Robert Schuman, publié en février, identifie les caractéristiques de la Politique agricole commune qui devraient être redéfinies afin de lui « redonner du sens ». L'auteur souligne notamment que cette politique, fer de lance de l'intégration européenne et dont la complexité et l'universalité sont contestées, doit répondre à de nouveaux défis et objectifs. Les contraintes budgétaires, la compatibilité avec l'OMC ainsi que la grande diversité des exploitations européennes sont autant de difficultés.

Dans ce contexte, l'auteur recommande d'envisager une PAC qui privilégierait les incitations financières et le principe de subsidiarité, plutôt qu'un contrôle renforcé des réglementations. Ses recommandations techniques soulignent l'importance d'un verdissement approfondi, d'une dégressivité des paiements directs et de remédier aux défaillances des marchés. Ce dernier axe relève la nécessité de mesures simplifiées de gestion de crise (aides à la réduction de la production), d'un équilibre des pouvoirs de négociation et de l'établissement d'un fonds de stabilisation des revenus. Enfin, il suggère que le régime simplifié, bénéficiant aux nouveaux États membres, soit généralisé à l'horizon 2020.

Source : Fondation Robert Schuman

09:24 Publié dans 4. Politiques publiques, PAC | Lien permanent | Tags : pac, fondation schuman |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'Académie des sciences se penche sur les enjeux éthiques liés à la technologie CRISPR-Cas9

L'Académie des sciences a organisé un colloque, le 21 février dernier, sur les questions éthiques soulevées par la technologie CRISPR-Cas9, spécialement consacré aux enjeux pour le secteur agricole. Cette technologie représente une véritable révolution en ingénierie génétique (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), permettant d'intervenir directement sur le code génétique de tous les êtres vivants. Ce complexe enzymatique ouvre de nombreuses voies de recherche et présente déjà des applications potentielles dans le secteur de la santé, mais aussi de la production agricole et de l'industrie agroalimentaire (voir un autre billet sur ce blog).

Le développement rapide de cette technologie, grâce à sa puissance, sa polyvalence et sa simplicité, n'est pas sans susciter de nombreux défis éthiques. Le colloque a permis en particulier d'aborder ceux liés aux applications pour les plantes cultivées et les animaux d'élevage.

Source : Académie des sciences

09:23 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : crispr-cas9, ethique |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/03/2017

Un procédé pour produire in vitro du muscle porcin à partir de cellules souches pluripotentes

Comme rapporté par le site Food Climate Research Network, un article, publié en février dans Nature scientific report par des chercheurs américains (universités du Missouri et du Maryland), décrit un nouveau procédé de production in vitro de muscle squelettique porcin. Ce procédé utilise des cellules souches porcines pluripotentes (piPSC), lesquelles peuvent se multiplier et donner des cellules plus spécialisées. Il permet un développement cellulaire en l'absence de sérum sanguin : point nouveau par rapport aux précédentes techniques mises au point, cela représente un atout puisque le prélèvement et le stockage du sérum sont considérés comme des facteurs contraignants.

Selon les auteurs, diverses applications pourraient découler de ce procédé, allant de la production de viande in vitro aux recherches en biologie régénératrice. Le porc est en effet un modèle animal reconnu en recherche biomédicale, du fait d'une certaine similitude physiologique et morphologique avec l'homme. La méthode, en cours de développement, pourrait être étendue à la culture de cellules musculaires d'autres espèces animales, ou à d'autres types cellulaires, cardiaques par exemple.

Sources : Nature scientific report, Food Climate Research Network

09:20 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : muscle, production in vitro |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/03/2017

Une étude de cohorte analyse les signes cliniques et les facteurs pronostiques de la listériose

Dans The Lancet, une équipe de chercheurs français vient de publier les résultats d'une étude réalisée à partir des observations collectées, entre 2009 et 2013, dans le cadre de la cohorte nationale prospective MONALISA (multicentric observations national analysis on listeriosis and listeria). L'objectif était de préciser les caractéristiques cliniques et les facteurs pronostiques de cette infection d'origine alimentaire. La bactérie Listeria monocytogenes peut affecter tant l'homme (risque particulier pour les femmes enceintes, les personnes immuno-déprimées et les personnes âgées) que les animaux (ruminants notamment), via des aliments contaminés.

L'étude a pris en compte 818 cas, parmi lesquels 427 présentant une bactériémie, 252 une forme neurologique et 107 une forme materno-fœtale. Elle révèle une gravité de la maladie plus importante que ce qui était répertorié jusqu'à présent. Dans les formes neurologique et bactériémique, le pronostic vital des patients est engagé dans les deux tiers des cas et la survie est le plus souvent accompagnée de séquelles.

Source : The Lancet

09:19 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : listeria, monalisa |  Imprimer | | | | |  Facebook

Contrefaçon des pesticides : un coût économique non négligeable pour l'Union européenne

Dans sa dixième étude sectorielle sur l'incidence économique de la contrefaçon et du piratage, publiée le 8 février 2017, l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), s'intéresse à la production des pesticides et autres produits agrochimiques (hors engrais et produits azotés). Sur la période 2009-2014, il révèle que les effets directs et indirects imputables à la contrefaçon de pesticides dans l'UE conduisent à une perte annuelle de ventes d'environ 2,8 milliards d'euros : 1,3 milliard (soit 13,8 %) des ventes du secteur, auxquels s'ajoutent 1,5 milliard perdus par d'autres secteurs économiques (estimations à partir des achats effectués auprès de ces secteurs par l'industrie des pesticides). Il en résulte une perte d'emplois estimée à 11 700 postes, dont 2 600 dans l'industrie des pesticides, ainsi qu'un déficit de recettes publiques (238 millions d'euros). L'EUIPO évoque aussi les conséquences possibles de la présence de pesticides contrefaits en matière d'environnement et de santé humaine (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Source : EUIPO

09:17 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : contrefaçon, pesticides |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/02/2017

Rendements agricoles et indépendance alimentaire : un exercice prospectif à l'horizon 2050 pour l'Afrique subsaharienne

Publié dans la revue PNAS, cet article présente un exercice prospectif à 2050, portant sur les évolutions de la capacité de production agricole (céréales) des pays sud-sahéliens, en lien avec leurs démographies. Entre 2010 et 2050, la population d'Afrique subsaharienne devrait être multipliée par 2,5 et la demande en céréales par 3 (également portée par l'évolution des régimes alimentaires). Les dix pays analysés présentent en moyenne un ratio d'indépendance alimentaire (production domestique sur consommation totale) pour les céréales de 0,8. Ceci peut être source d'insécurité alimentaire car de nombreux États n'ont pas suffisamment de ressources en devises étrangères pour importer massivement des denrées. Les chercheurs ont utilisé le modèle d'équilibre partiel IMPACT, pour tester trois scénarios d'évolution de la production de céréales en fonction de l'accroissement du rendement, prenant en compte des changements de politiques stratégiques (augmentation des surfaces agricoles, des surfaces irriguées, promotion de l'agriculture intensive). Deux hypothèses importantes sont faites : le commerce intra-régional se développe sans entrave et le rendement des surfaces nouvellement agricoles est identique à celui des anciennes.

Parmi les résultats obtenus, les auteurs soulignent que le maïs dispose du plus grand potentiel dans la région et pourrait donc constituer une culture intéressante pour les producteurs comme pour la sécurité alimentaire. Dans le scénario qui s'appuie sur une augmentation des rendements à 2050 identique à celle entre 1991 et 2014, le besoin de surfaces céréalières serait de 97 millions d'ha (+185 %). Avec le scénario qui permet aux cultures non irriguées d'atteindre 50 % de leur optimum, les pays analysés amélioreraient leur indépendance alimentaire à 0,6. Cette cible paraît toutefois difficilement atteignable aux auteurs, au vu du besoin d'intensification, du difficile accès aux intrants et des faibles infrastructures de la région. Dans ce cas, 44 millions d'ha (+ 84 %) supplémentaires de surface céréalière seraient nécessaires pour atteindre l'auto-suffisance. Enfin, dans le cas où les surfaces agricoles atteignent 80 % de leur rendement optimal, la région resterait très dépendante des importations extra-régionales, avec une forte disparité entre les pays.

Les auteurs précisent que leur étude se limite aux déterminants agronomiques du défi alimentaire. Or, promouvoir la production agricole et atteindre une balance commerciale positive relèvent également de politiques ciblées (droit foncier, accès au crédit) et d'investissements (R&D).

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

11:21 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : rendements, afrique subsaharienne, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'expansion urbaine et ses conséquences sur les terres cultivées et la production agricole

La revue PNAS a publié récemment les résultats d'une étude prospective analysant les conséquences de l'expansion urbaine sur les terres cultivées et la production agricole, au niveau mondial et pour différents pays. Pour évaluer les pertes de surfaces et de production, les auteurs ont croisé des données spatiales d'utilisation des terres cultivées et de productivité agricole (année 2000) et des projections à 2030 de l'occupation urbaine selon trois scenarii (urbanisation faible, moyenne et importante). Des focus sont faits pour quatre denrées de base (maïs, riz, soja et blé) et trois cultures de rente (cacao, huile de palme et canne à sucre). L'étude détaille également les cas particuliers de grandes conurbations.

Il en ressort une perte globale de terres agricoles de 1,8 à 2,4 % d'ici 2030, avec une répartition mondiale très inégale. 80 % de ces pertes se situent en Asie (un quart pour la Chine seule) et en Afrique, soit 24 millions d'hectares (scénario médian). L'étude confirme que les terres gagnées par l'urbanisation sont en moyenne plus productives, induisant ainsi une diminution de production agricole de 3,4 à 4,2 %. Mais selon les différentes dynamiques de développement urbain, les conséquences de ces tendances sont géographiquement inégales. La baisse de production induite par 3 % de pertes de terres agricoles est ainsi de 6 % en Asie, mais de 9 % en Afrique. L'expansion urbaine constitue une menace importante pour la production agricole chinoise, alors que son impact productif sera plus limité, malgré des disparitions de surfaces importantes, aux États-Unis, en Inde ou au Brésil.

Différentes stratégies de compensation des pertes de production sont évoquées en fin d'article. Les auteurs ébauchent également une réflexion sur les conséquences de l'extension urbaine : notamment l’impact du développement des supermarchés (dans les grands centres) sur la structuration de la production agricole, et le devenir des petits producteurs perdant leurs terres en lien avec la sécurité alimentaire. L'étude conclut sur le rôle central de la gouvernance des zones urbaines vis-à-vis de la préservation des zones agricoles et sur la responsabilité des villes par rapport à la durabilité des ressources.

L’extension urbaine selon les différents scenarii

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Source : PNAS

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : PNAS

11:19 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : expansion urbaine, production agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les réformes agraires dans le monde

La Revue d’histoire moderne et contemporaine consacre son dernier numéro aux réformes agraires. Le sujet, trop souvent circonscrit à la deuxième moitié du XXe siècle en Occident, est ici élargi à d'autres périodes et à différentes zones géographiques (Europe, Chine, Maghreb, Mexique).

Ce dossier thématique ne se limite pas à la question de la propriété du sol et à sa répartition : la réforme agraire y est comprise dans une acceptation large, les historiens s’intéressant aussi aux conditions de mise en valeur de la terre et aux multiples processus menant à ces réformes. À titre d'exemple, ils interrogent la Révolution française en tant que révolution agraire. Indéniablement, l'abolition des servitudes personnelles et des droits seigneuriaux, l'égalité des droits, la mise en vente de 10 % des superficies agricoles sous forme de biens nationaux et l'accès élargi à la propriété constituent des émancipations agraires. Cependant, les auteurs démontrent que les structures agricoles et la société paysanne ne sont pas sorties radicalement transformées de la Révolution. Ces changements ne se mettront en place qu'au fil des décennies suivantes.

Ce numéro présente une synthèse réussie des réformes agraires en Europe, en analysant les interactions, les convergences et divergences entre les différents processus dans chacun des pays. Dans un second temps, des études de cas approfondies abordent successivement : la réforme agraire au Mexique puis celle sous la Seconde République espagnole ; les réformes postcoloniales au Maghreb ; les politiques agraires de la Révolution chinoise.

Le dossier se conclut par un article sur la question de « l’accaparement des terres » (land grabbing), analysé comme une « contre-réforme » agraire. Une approche comparative historique de ce phénomène, avec des processus antérieurs, est ici développée. Ce dernier article montre la nécessité d’une véritable approche historique de l'accaparement et son auteur appelle à une plus grande participation des historiens à l’analyse de ce mouvement.

Céline Fabre, Centre d'études et de prospective

Source : Revue d'histoire moderne et contemporaine

11:17 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, histoire, réformes agraires |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/02/2017

Le rôle des contacts indirects dans la propagation de maladies infectieuses en élevage

Dans la propagation de maladies infectieuses au sein des élevages, il est possible de distinguer les contacts directs (diffusion de la maladie consécutive aux échanges d’animaux porteurs entre exploitations agricoles), des contacts indirects (ceux associés aux déplacements des opérateurs, équipements et véhicules contaminés entre exploitations). Étudier le rôle des seconds reste une tâche peu aisée, mais cruciale pour la surveillance et la gestion des maladies infectieuses. La majorité des travaux de recherche est ainsi consacrée au rôle des contacts directs (ou encore à la propagation vectorielle). Tel est le constat dressé par une publication parue dans PLoS Computational Biology.

La difficulté, d’après les auteurs, est double. D’une part, les contacts indirects sont divers et de nature complexe. D’autre part, collecter la donnée en qualité et quantité suffisantes s’avère difficile : la méthode des questionnaires, employée dans de précédents travaux, ne donne pas suffisamment d’informations pour établir la structure du réseau associé à ces contacts (faible taux de réponse). Pour lever cet obstacle, les auteurs ont mobilisé plusieurs sources de données dans la région italienne d'Émilie-Romagne, et plus particulièrement dans la province de Parme :

- la base de données nationale d’identification pour les échanges d’animaux entre fermes, entre 2010 et 2013 (contacts directs) ;

- les dates de visite par le service public vétérinaire, la liste des prescriptions médicales réalisées (correspondant à une visite par un praticien), les échantillons envoyés au laboratoire local d’analyse et la liste des inspections d’exploitations faites par des vétérinaires du secteur privé (sous-traitance), pour l’année 2013.

Au final, le travail porte sur 1 349 exploitations laitières, et sur les déplacements de 50 agents du service public vétérinaire régional et de 203 praticiens privés.

S’appuyant sur le cas de la paratuberculose, les auteurs montrent que les voies de transmission directes et indirectes ne se recouvrent que partiellement (ie la structure des deux réseaux diffère), et donc que les risques d’infection associés seraient largement indépendants. Par ailleurs, l’étude conclut sur la contribution des contacts indirects, à l’échelle locale, à la propagation de maladies infectieuses.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PLoS Computational Biology

L'épidémiologie participative : quel impact sur la surveillance de la santé animale mondiale ?

Un article, paru dans la revue PLoS One, présente un inventaire des principales applications de l'épidémiologie participative à la santé animale, entre janvier 1980 et juin 2015. L'épidémiologie participative (EP), branche relativement récente de la science épidémiologique, s'appuie sur une participation active des populations locales, un contact régulier avec les éleveurs et une prise en compte accentuée du contexte socio-économique et environnemental. Différant de l'épidémiologie classique par des données plus qualitatives que quantitatives, elle se réfère à deux principes fondamentaux : la flexibilité (les sources d'information sont diverses, allant de l'entretien informel aux différentes formes de visualisation) et la triangulation (procédé de recoupement des données, pour en assurer la qualité et la fiabilité).

Dans cette étude, 237 publications (articles scientifiques, rapports techniques, actes de conférences, etc.), traitant principalement de la surveillance et du contrôle des maladies, ont été répertoriées, la plupart publiées depuis 2012. Elle s'appuie également sur les contributions, via un forum Internet, de 79 praticiens, issus de groupes de recherche, d'ONG ou d'universités, et travaillant en majorité en Asie et en Afrique. Les maladies couvertes dans les registres d'EP ont été classées dans différentes catégories générales, telles que les maladies transmises par la nourriture ou les maladies vectorielles. La carte ci-dessous présente les activités d'EP recensées en Europe, Afrique, Asie et Océanie.

Nombre d'activités en épidémiologie participative en Europe, Afrique, Asie et Océanie

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Source : PLoS One

Les auteurs mettent en avant que l'EP a contribué, depuis une trentaine d'années, au contrôle de certaines maladies animales, telles que la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants et l’influenza aviaire. On peut également citer la peste bovine, éradiquée en 2011. La méthode est particulièrement utile dans les zones où il y a peu de services vétérinaires organisés et de données de surveillance.

Enfin, pour permettre un recours plus large à l'EP, les auteurs soulignent la nécessité d'une mise en place de normes et d'une définition standardisée conjointement par l'OIE et la FAO. Ils suggèrent également d'augmenter le nombre de praticiens formés aux spécificités de l'épidémiologie prédictive.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : PLoS One

11:13 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : épidémiologie participative |  Imprimer | | | | |  Facebook