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03/07/2017

Les impacts de l'utilisation de pesticides sur la santé humaine en Chine

Un article, paru dans la revue Journal of Environmental Economics and Management en mai, présente les travaux d'un jeune chercheur de l'université d’État de l'Ohio sur l'impact des pesticides sur l'autonomie des personnes âgées en Chine rurale. L'auteur utilise une série de statistiques nationales (1998-2011), qui inclut notamment un indice d'activité quotidienne mesurant l'invalidité des individus. Basé sur une méthode économétrique robuste, il compare cet indice entre les personnes qui boivent de l'eau de surface et celles qui boivent de l'eau provenant des nappes souterraines (moins polluées), dans des régions qui sont plus ou moins utilisatrices de pesticides pour la culture du riz.

Ses résultats montrent qu'une augmentation de 10 % de la quantité de pesticides utilisée pour cette culture diminuerait l'indice d'activité quotidienne de 1 % pour les résidents de zones rurales âgés de plus de 65 ans. Les effets au niveau physiologique ne sont cependant pas discutés. Cette baisse de l'autonomie des personnes âgées entraînerait également une diminution de l'émigration chez les jeunes dans les familles affectées.

Source : Journal of Environmental Economics and Management

14:35 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : chine, pesticides, dépendance, riz |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/06/2017

Production et productivité de l'agriculture en Russie

Après une décennie 1990 marquée par une baisse importante en période de transition post-soviétique, la production agricole russe a connu une augmentation remarquable depuis le début des années 2000. Une étude récente de l'Economic Research Service de l'USDA analyse le contenu de cette croissance, en utilisant la « méthode de la comptabilité de la croissance » sur la période 1994-2013. Cette méthode permet de distinguer ce qui relève de la croissance de l'utilisation des intrants (terres, travail, engrais, etc.), de ce qui relève de celle de la productivité globale des facteurs de production. Une des originalités de l'étude réside dans l'utilisation de données régionales, agrégées à l'échelle des districts fédéraux russes.

Selon les auteurs, on peut distinguer trois grandes périodes :

- 1994-1998 : diminution substantielle de la production agricole (-4,6 % par an), mais avec une diminution des intrants encore plus forte (-8,8 % par an), d'où une augmentation de la productivité globale des facteurs ;

- 1998-2005 : rebond et augmentation de la production, les intrants poursuivant leur baisse mais à un rythme moins soutenu ;

- 2005-2013 : croissance de la production, mais ralentie par rapport à la période précédente, et augmentation légère de la croissance des intrants.

Évolution de la croissance de la productivité globale des facteurs de production de l'agriculture russe

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Source : USDA

D'après l'étude, ces trois périodes résument la transition de l'agriculture russe de l'économie dirigée vers l'économie de marché : contraction d'un secteur agricole initialement surdimensionné, restructuration amenant à des gains de productivité et à une spécialisation régionale, et nouvelle phase de croissance. La restructuration et la spécialisation de l'agriculture ont été particulièrement marquées dans certains districts, notamment le district Sud, qui a été un des moteurs des évolutions de la production et de la productivité dans les années 2000. La géographie agricole se modifie en profondeur : dans le district de la Volga par exemple, la production s'est déplacée des céréales, des pommes de terre et du lait vers les betteraves, les œufs et les graines de tournesol.

Par ces changements structurels, la Russie est de retour sur le marché mondial, avec 12 % des exportations mondiales de blé, et une réduction substantielle de ses importations de viande. En 2016, une récolte record de blé en a fait le leader mondial des exportations, une première depuis 1991.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

10:13 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : russie, usda, production, productivité |  Imprimer | | | | |  Facebook

Évaluation de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition au Sénégal : un regard critique sur l'investissement privé pour le développement

Le Groupe de réflexion sur la sécurité alimentaire (GRSA) canadien, une coalition regroupant 23 institutions dont des agences de développement international et d’aide humanitaire, des organisations agricoles et des ONG, a publié en mai un rapport intitulé L’investissement privé en agriculture est-il la solution ? Évaluation de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (NASAN) au Sénégal. La NASAN est une initiative du G8, lancée en 2012 par Barack Obama, visant à accroître la part de l’investissement privé dans l’agriculture africaine afin de réaliser une croissance agricole soutenue et inclusive pour réduire la pauvreté. L'évaluation commanditée par le GRSA porte spécifiquement sur l'implication du Canada dans la NASAN au Sénégal et ses impacts.

L'étude repose sur un travail de terrain conduit au Sénégal et au Canada en 2015 et 2016. Après une analyse bibliographique du fonctionnement et des leviers de la NASAN, ainsi que de ses premiers résultats dans d'autres pays africains, des entretiens qualitatifs ont été conduits auprès des autorités des deux pays, d'experts et de représentants de la société civile et du secteur privé. Deux entreprises de culture du riz sénégalaises ont ensuite fait l'objet d'études d'impacts approfondies. Enfin, l'auteure du rapport a participé à divers événements relatifs aux objectifs du programme. Notons qu'il n'y a toutefois pas eu d'analyse détaillée des impacts de l'initiative sur les différents piliers de la sécurité alimentaire ou sur le niveau de vie des Sénégalais.

Le rapport conclut que le Canada a joué un rôle central dans le lancement de la NASAN au Sénégal, avec un appui technique et logistique au gouvernement, et via une assistance financière. En dépit de cet engagement réel, les impacts du programme apparaissent faibles et, selon l'auteure, largement en-deçà des attentes initiales des parties prenantes. La NASAN a favorisé la production de semences certifiées par les autorités sénégalaises, en réussissant, contrairement à d'autres situations, à la faire coexister avec l'utilisation et l'échange de semences paysannes. Néanmoins, elle n'a pas généré de résultats significatifs, que cela soit en termes de réformes conduites par le gouvernement, d'augmentation de l'investissement privé en agriculture ou d'amélioration de la sécurité alimentaire.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Conseil canadien pour la coopération internationale

Propriété de la terre agricole en Espagne : structures et évolutions

À l'occasion du Colloque international « L'avenir de l'alimentation et les défis de l'agriculture au XXIe siècle », qui s'est tenu fin avril à Vitoria-Gasteiz (Espagne), une série de travaux ont été présentés et publiés. L'un d'eux porte sur la structure et les évolutions de la propriété de la terre agricole en Espagne, et présente la synthèse d'une étude coordonnée par la Fundación Mundubat et la revue Soberanía Alimentaria.

Les auteurs adoptent une approche quantitative et qualitative : à partir du dernier recensement agricole (2009), ils analysent l'évolution, entre 1999 et 2009, du nombre et de la taille des exploitations, et de la superficie agricole utilisée (SAU). Ces données sont ensuite croisées avec des variables telles que le statut, le sexe et l'âge du chef d'exploitation, ainsi que le prix de la terre. Les auteurs constatent que, en dix ans, le nombre d'exploitations a régressé de 23,2 % (pourcentage plus élevé pour celles de moins de 5 ha), la SAU s'est réduite de 9,2 % et la taille moyenne des exploitations a augmenté de 18 % (pour les exploitations allant de 70 à 500 ha). Par ailleurs, pour mesurer l'évolution de la concentration de la terre, les auteurs appliquent le coefficient de Gini à l'Espagne et à chaque Communauté autonome, en le comparant également à d'autres pays. Cet indicateur montre que la concentration des terres est plus élevée en Espagne qu'en France ou en Pologne, mais inférieure à celle de l'Italie ou de certains pays d'Amérique latine (Argentine, Brésil).

Coefficient de Gini de la taille des exploitations agricoles par pays (FAO) et par communauté autonome (Censo agrario 2009) : plus le coefficient est proche de 1, plus la concentration de la terre est importante

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Source : elikadura21.eus (mise en forme CEP)

Les auteurs examinent aussi d'autres caractéristiques de la propriété foncière agricole : 94 % des chefs d'exploitation sont propriétaires, 31 % sont des femmes (pour 23 % de la SAU) et 61 % ont plus de 65 ans. À noter également que le poids des sociétés commerciales n'est pas significatif (2 % des structures occupant 11 % de la SAU), mais avec une tendance à la hausse.

Dans une deuxième partie, les auteurs exposent les processus socio-économiques et politiques qui, selon eux, sont à l'origine de la concentration de la terre. Ils considèrent que la PAC et le changement d'affectation des terres (urbanisation, tourisme, industrie, mines, énergie) sont des facteurs qui ont favorisé une telle évolution. Le prix de la terre a ainsi suivi une tendance ascendante entre 1995 et 2008, en régressant après légèrement suite à la crise de la bulle immobilière.

Les auteurs discutent enfin un certain nombre de propositions en matière de politique foncière, au niveau de l'Union européenne, de l’État espagnol, des Communautés autonomes ainsi que des municipalités.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : elikadura21.eus

10:06 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : espagne, propriété, terre agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

Un régime riche en graisse modifie le système nerveux de récompense

Dans le journal eNeuro, des chercheurs de l'Inra, du CNRS et de l'université de Bordeaux ont mis en évidence que l'exposition, dès l'enfance, à des régimes riches en graisses modifiait, chez les rats adultes, les réactions du système nerveux gérant les circuits de récompense.

Dans le cerveau, les circuits dopaminergiques de récompense gèrent les réactions aux signaux de plaisir, et notamment la recherche du renouvellement de ce plaisir. Ces circuits impliquent des mécanismes de sensibilisation : la répétition de la récompense en induit une recherche d'autant plus intense. Ces mécanismes sont au cœur des phénomènes d'addiction pharmacologiques (à des molécules court-circuitant le système) ou alimentaires (aux aliments appétants, sucrés). Différents travaux de recherche ont déjà montré l'implication de ce système de gestion de la récompense dans la régulation et la dérégulation de la prise alimentaire et de la satiété, et donc dans les problèmes d'obésité (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Ces chercheurs ont mis en évidence que l'exposition de rats à un régime riche en graisse durant l'enfance et l'adolescence provoquait une sensibilité accrue au stimulus de la récompense. Dans leurs travaux, la stimulation du système de récompense est réalisée par une injection d'amphétamines, précédée d'une première injection, stimulante ou témoin, pour évaluer la sensibilisation du système. La réponse est mesurée par l'activité physique des rats. Les animaux exposés à un régime riche en graisse se révèlent nettement plus réactifs à la deuxième stimulation, et donc beaucoup plus sensibilisés.

Stimulation sans sensibilisation préalable

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Stimulation après sensibilisation préalable

régime alimentaire,graisse,rats,système nerveux de récompense

Les résultats des rats soumis à un régime équilibré sont en noir, ceux des rats adultes soumis à un régime gras durant leur adolescence sont en rouge. Ceux-ci se révèlent significativement plus sensibles, plus réactifs à la sensibilisation préalable.

Source : eNeuro

Cette sensibilité du système de récompense se voit confirmée au niveau cellulaire. Ainsi, l'exposition à un régime riche en graisse induit chez le rat une vulnérabilité particulière et des modifications comportementales à long terme. Ces résultats sur un modèle animal posent la question, chez les humains, du rôle de l'alimentation, notamment durant l'adolescence, dans la vulnérabilité aux addictions. Ils plaident aussi pour une approche à long terme des régimes alimentaires.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : eNeuro

13/06/2017

Analyse coûts-bénéfices de recommandations alimentaires portant sur la santé et la préservation de l'environnement

Le dernier numéro d'Inra Sciences Sociales présente les résultats d'une évaluation des coûts et bénéfices de recommandations de consommation alimentaire portant sur des enjeux sanitaires et environnementaux. « En tenant compte de façon nouvelle des préférences des consommateurs et des coûts qu'ils supportent dès lors qu'ils sont sollicités pour changer leurs modes de consommation », ces éléments apportent, d'après les auteurs, une contribution « aux débats publics sur les évolutions souhaitables des régimes alimentaires ».

Ces travaux ont cherché à évaluer les effets de l'adoption de recommandations sur l'ensemble du régime alimentaire des consommateurs et sur la variation de leur bien-être, ainsi que leurs impacts en matière de santé publique et d'environnement. Pour chaque cas, une démarche en trois temps a été mise en œuvre : simulation des modifications du régime alimentaire (modèle de comportement des consommateurs), évaluation des impacts (modèle épidémiologique, émissions de gaz à effet de serre - GES), analyse coûts-bénéfices (détermination de la valeur monétaire de la variation de bien-être des consommateurs, conversion en équivalents monétaires des impacts sanitaires et environnementaux). Sept recommandations ont été testées : augmentation de la consommation de fruits et légumes, de poissons et produits de la mer, de produits laitiers frais ; diminution de celle de boissons rafraîchissantes sans alcools, de fromages, beurre et crème, de viande rouge, de tout type de viande. Une variation de 5 % de la consommation a été considérée, à la hausse ou à la baisse selon les cas.

Parmi les résultats, on peut retenir que toutes les recommandations ont un impact sur la santé, généralement compatible avec celui sur l'environnement, et supérieur en valeur monétaire. Si le rapport coût-bénéfice varie fortement, la plupart des recommandations sont coût-efficaces. De manière générale, au regard des objectifs étudiés, l'augmentation de la consommation de fruits et légumes apparaît la plus souhaitable, puis viennent, dans une moindre mesure, les poissons et produits de la mer, et la réduction de la viande rouge. Enfin, plusieurs limites à cette analyse sont relevées (autant de pistes de travaux ultérieurs) : la prise en compte des seules émissions de GES au titre des impacts environnementaux, et la non intégration de l'hétérogénéité des impacts des produits dans chaque groupe d'aliments, qui peut varier selon le mode de production par exemple.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

Publication d'une expertise scientifique collective sur la conscience animale

À la demande de l'EFSA, l'Inra a conduit, à partir de 2015, une expertise scientifique collective sur la conscience animale, en s'appuyant sur un groupe de 17 experts internationaux : les résultats ont été publiés en mai dernier. À partir d'une revue critique de la littérature internationale (659 références), a été dressé un état des lieux des connaissances actuelles sur les différentes dimensions de la conscience animale, en particulier pour les espèces d'élevage. Pour l'espèce humaine, la conscience peut être définie comme l'expérience subjective qu'un individu a de son environnement, de son corps ou de ses connaissances. Pour les auteurs, la conscience animale peut être décrite comme résultant de l'interaction des différentes couches fonctionnelles de compétences pour percevoir, mobiliser de l'attention, mémoriser, éprouver des émotions et évaluer une situation. Notons ici que la conscience animale fait, depuis longtemps, l'objet de débats dans la société civile et la communauté scientifique (cf. déclaration de Cambridge, 2012).

Les experts se sont penchés sur différentes études de philosophes et d'éthologues, notamment celles de Griffin sur la complexité des comportements animaux (dont, pour certains, l'usage d'outils) et de Morgan qui avait postulé l'aspect matériel de la conscience dans la fonction neurale. Plus globalement, ont été analysées les données sur l'umwelt des animaux, c'est-à-dire leur perception du monde. Par ailleurs, les auteurs ont examiné les leçons pouvant être tirées des études des comportements animaux, dans le cadre de leurs interactions avec d'autres animaux et avec l'humain. Ont par exemple été mobilisés des travaux constatant l'existence de relations animales « collaboratives » (veille alternée vis-à-vis des prédateurs et recherche collective de nourriture), ou démontrant, chez des animaux très différents (singes, chiens et moutons), l'aptitude à mobiliser des capacités cognitives et émotionnelles pour se construire une représentation de leur partenaire humain. Ainsi, une étude a montré qu'un agneau reconnaissait son éleveur dès l'âge de deux jours. Si la mémoire est sujet de débat, certains chercheurs estimant que les animaux vivent dans le présent, d'autres ont établi, chez le porc notamment, la capacité à se souvenir d'expériences passées.

Il ressort de cette expertise collective que la conscience prend des tournures très différentes selon les espèces animales et leurs environnements de vie. Les animaux possèdent un large éventail de capacités cognitives associées à des comportements plus ou moins complexes et certains auraient la capacité d’intégrer des informations, de les synthétiser et d'avoir une réponse adaptée à chaque situation nouvelle.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:53 Publié dans Enseignement et recherche, Société | Lien permanent | Tags : conscience animale, expertise collective |  Imprimer | | | | |  Facebook

Du fordisme à l'ubérisation : penser l'organisation du travail pour imaginer le travail en 2030

Parce que l'organisation des entreprises a joué un rôle central dans l'évolution du travail lui-même, France Stratégie a publié récemment les résultats d'un exercice de prospective à l'horizon 2030, dessinant les formes d'organisation du travail du futur.

Dans un premier temps, les principales formes d'organisation actuelles sont rappelées. Elles sont identifiées au niveau européen à partir de l'European Working Conditions Survey (EWCS), enquête menée tous les 5 ans sur les conditions de travail et la qualité de l'emploi en Europe, auprès des structures du secteur marchand de plus de 10 salariés, hors agriculture. S'appuyant sur un ensemble de quinze variables parmi lesquelles l'autonomie dans le travail, les rythmes de travail ou les formes de supervision, quatre types d'organisations sont ainsi identifiés : l'organisation simple (16 % des salariés européens, majoritaire en particulier dans les services à la personne), l'organisation taylorienne (18 % des salariés, forme majoritaire notamment dans les IAA et l'industrie du bois), l'organisation apprenante (37 % des salariés, très représentée en secteur tertiaire) et l'organisation en lean production (29 % des salariés, dans l'industrie automobile ou pharmaceutique par exemple).

Selon l'étude prospective, le développement rapide des technologies de l'information et celui de la robotique, dans un contexte d'élévation générale du niveau d'éducation (projection de 90 % de la population mondiale sachant lire et écrire en 2030), devraient faire évoluer l'organisation du travail, les tendances étant déjà à l’œuvre aujourd'hui dans certains secteurs. En particulier, à la faveur du vieillissement de la population et de la progression du maintien à domicile, le secteur des services à la personne pourrait opérer une mutation vers une organisation apprenante, s'appuyant sur un coordinateur de toutes les interventions (médicales et sociales), et sur les aides à domicile comme source première d'informations permettant d'organiser ces interventions. Une plus grande intégration des différents secteurs d'appui aux personnes, phénomène observé dans plusieurs pays, permettrait d'améliorer la qualité des emplois et d'offrir des perspectives de carrière aux personnels.

Enfin, cette étude identifie quatre formes d'organisation du travail en 2030 (« organisation apprenante », « plateforme apprenante virtuelle », « super-intérim », « taylorisme new-age »), avec leurs conséquences en matière de travail et de capital humain.

Les quatre types d'organisation du travail en 2030, leurs avantages et risques pour les travailleurs

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Source : France Stratégie

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : France Stratégie

09:50 Publié dans 1. Prospective, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : travail, 2030, fordisme, uberisation, france stratégie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les assurances récoltes américaines ont-elles un impact sur les systèmes de cultures et l’environnement ?

Dans un article publié dans l'édition d'avril de l’American Journal of Agricultural Economics, des chercheurs américains ont analysé l’impact des assurances récoltes (federal crop insurances) sur l’usage des terres, les systèmes de production et la qualité de l’environnement dans la région de la corn-belt aux États-Unis.

Pour cela, ils ont construit un modèle de prédiction des choix d’allocation des terres entre différents usages (culture, pâturage ou conservation) et cultures (maïs, soja, blé ou fourrages). Ce modèle repose sur l’utilisation de données récoltées à différents niveaux : parcellaire (usage actuel des terres, caractéristiques physico-chimiques), cantonal (rendements, prix des terres, etc.) et régional (prix des locations des terres, coûts de production). La comparaison des estimations obtenues avec ou sans assurance a ensuite permis d’évaluer l’impact de celle-ci sur la conversion des terres non-agricoles et l'orientation des cultures.

Les résultats montrent que les assurances ont un impact faible sur la conversion de terres non-agricoles : les surfaces allouées aux cultures augmentent de 0,06 % avec les assurances, tandis que celles allouées à la conservation et au pâturage diminuent de 0,42 % et 0,28 % respectivement. Toutefois, elles impactent plus fortement les choix de cultures, les surfaces de blé diminuant par exemple de 8,16 % lorsqu’une assurance est disponible.

Ces estimations ont ensuite été combinées à des modèles biophysiques pour déterminer l’effet des assurances sur l’environnement, en particulier sur l’écoulement et le lessivage des nitrates dans le sol, l’érosion des sols par l’eau et le vent, et la séquestration du carbone. Les résultats montrent que les changements de systèmes de cultures générés par les assurances ont un faible (mais négatif) impact sur la qualité de l’environnement. Une augmentation de 4 % de l’érosion éolienne des sols représente l’impact principal. Comme le nuancent les auteurs, ces effets pourraient varier fortement d’une région à une autre. Des travaux de recherche complémentaires, visant à identifier les zones à fort potentiel d’impacts, seraient utiles, afin de concevoir des programmes d’assurance qui soient à la fois plus efficaces économiquement et bénéfiques pour l’environnement.

Estelle Midler, Centre d’études et de prospective

Source : American Journal of Agricultural Economics

12/06/2017

États-Unis : évaluation d'un programme d'assistance renforcé en cas de pertes de récoltes non assurables

L'USDA a publié en mai un rapport sur le Noninsured Crop Disaster Assistance Program (NAP). Le programme fédéral d'assurances agricoles états-unien ne couvre pas toutes les cultures ni tous les comtés présentant les risques climatiques les plus importants : 150 cultures, telles que le maïs, l'herbe ou la cerise, sont concernées. Un programme spécifique, le NAP, a alors été introduit en 1994 pour palier ce manque et permettre aux agriculteurs concernés de couvrir 50 % de leurs pertes, à hauteur de 55 % du prix de marché moyen. Le Farm Bill de 2014 a ensuite ajouté une version renforcée du NAP Basic, appelée NAP Buy-Up, qui couvre 65 % de la récolte à hauteur de 100 % du prix de marché.

Ce rapport du service de recherche économique (ERS) du ministère de l'Agriculture présente les résultats d'une première évaluation des effets de cette réforme, ce afin d'informer les concepteurs des politiques publiques et les agriculteurs pouvant être concernés par ce programme. Après avoir analysé le nombre de souscriptions à NAP Basic et NAP Buy-Up pour trois cultures (cerise, noix de pécan, courges), les économistes ont étudié les effets de l'outil sur les variations de revenu et chiffres d'affaires des producteurs de maïs ne pouvant souscrire d'assurance, les données 2014-2015 n'étant adaptées qu'à l'analyse de cette culture.

Nombre de dossiers d’indemnisation NAP par comté, 2013- 2015

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Source : USDA

Parmi les principaux résultats, pour la période 2014-2015, est mis en évidence un important succès de l'option NAP Buy-Up pour certaines cultures (16 % de l'ensemble des demandes), tandis que le nombre d'agriculteurs souscrivant à une des deux options a doublé, passant de 66 000 à 138 000. Par ailleurs, le nombre d'exploitants en difficulté et de jeunes agriculteurs inscrits s'est accru de façon encore plus importante. Certaines cultures (ex : cerise), sont couvertes à plus de 80 % par l'option renforcée, tandis que 30 % des demandes concernant les cerises, noix de pécan et courges étaient faites dans le cadre de la Buy-Up. En ce qui concerne l'impact économique pour certains maïsiculteurs, l'étude révèle que les deux options réduisent le risque « chiffre d'affaires » de 8 et 20 %. Toutefois, les risques les plus importants sont réduits de 50 % avec l'option Basic, 100 % avec l'option Buy-Up.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

Le couvert forestier des zones arides serait sous-évalué de plus de 40 %

Une étude menée par une trentaine de scientifiques de treize pays, et publiée en mai 2017 dans la revue Science, a abouti à une réévaluation de 40 à 47 % du couvert forestier des zones arides. La surface forestière mondiale serait ainsi 9 % plus importante qu'anciennement calculé.

Sur la base d'images satellitaires à haute résolution fournies par Google Earth, couvrant plus de 210 000 parcelles de 0,5 hectare réparties sur l’ensemble du globe, l'équipe de chercheurs a pu réévaluer de près de 467 millions d'hectares – l'équivalent de la forêt amazonienne – le couvert forestier des zones arides. Ceci porterait leur superficie à 1 079 millions d'hectares, une étendue similaire à celle des forêts tropicales humides.

Comparaison des couverts forestiers dans les zones arides africaines entre l'étude présentée et une précédente étude

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Source : Sciencemag.org

Les zones arides couvrent actuellement les deux cinquièmes des terres émergées et sont localisées en Afrique au sud du désert saharien, autour du tropique du Capricorne et de la Méditerranée, en Russie, dans le centre de l’Inde, sur les côtes australiennes, dans l’ouest de l’Amérique latine, l’est du Brésil, le nord du Venezuela et de la Colombie, ainsi qu’au centre du Canada. Compte tenu de la pression de l'activité humaine et des changements climatiques à venir, ces zones pourraient couvrir, d'après ces scientifiques, plus de 50 % des terres d'ici la fin du XXIe siècle, d'où la nécessité d'affiner la quantification de leurs couverts forestiers afin d'en appréhender les contributions réelles au cycle mondial du carbone.

Toujours d'après les auteurs, ces connaissances permettraient la mise en place, dans ces régions généralement pauvres et déshéritées, de programmes de conservation et de restauration du couvert boisé. Ce couvert peut jouer un rôle important, non seulement dans la lutte contre le changement climatique, la désertification et la perte de biodiversité, mais aussi dans la fourniture de services écosystémiques en faveur des populations locales. En effet, ces écosystèmes procurent une partie non négligeable des ressources en alimentation, en énergie (chauffage et cuisson) et en fourrage pour les animaux aux 2 milliards de personnes vivants dans ces zones.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : Science

09:37 Publié dans Enseignement et recherche, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : couvert forestier, zones arides, images satellitaires |  Imprimer | | | | |  Facebook

Commerce mondial de produits forestiers : qui perd, qui gagne ?

Alors que les États-Unis ont relancé en avril le conflit commercial les opposant au Canada sur le bois d’œuvre résineux depuis 35 ans, des chercheurs américains ont récemment mesuré (article publié dans Forest Policy and Economics) les gains globaux liés au commerce mondial de produits forestiers, et tenté d'identifier les gagnants et les perdants de la mondialisation dans ce domaine.

Le poids du commerce international de bois, dans ses différentes utilisations, est important : le quart des sciages et des panneaux, et près du tiers de la pâte à papier et du papier sont échangés sur le marché mondial. Les auteurs ont donc essayé de mesurer l'impact des échanges sur les volumes produits et consommés au niveau mondial. Ils ont également cherché, plus finement, à identifier les pays bénéficiaires de la mondialisation, en termes de volumes, de prix, mais également de contribution à la valeur ajoutée.

Ils ont, pour ce faire, utilisé un modèle d'équilibre de marché, le Global Forest Products Model (GFPM), qui décrit la demande, l'offre et les échanges pour 14 catégories de produits et 180 pays, sur la base des données de la FAO. Après avoir calibré le modèle sur la situation de 2013, ils ont simulé un nouvel équilibre d'autarcie générale, chaque pays devant alors subvenir à ses propres besoins en matière de produits forestiers. L'ensemble des résultats est fourni par différence entre la situation d'autarcie et l'état de référence, en 2013.

De manière conforme à la théorie sous-jacente à cette analyse, la participation aux échanges permet un niveau mondial de production et de consommation supérieur de 10 à 20 % selon les produits. Les pays dont une part importante de la production ou de la consommation est liée au commerce mondial enregistrent les gains les plus importants, soit pour leurs consommateurs, soit pour leurs producteurs. In fine, l'étude met en évidence, au-delà des impacts en début ou fin de chaîne, la conséquence pour la valeur ajoutée au niveau de la transformation, reflétant par là le degré d'industrialisation du secteur dans chaque pays : ainsi, au niveau européen, l'industrie du bois en Finlande (+700 %), Suède (+400 %) et Autriche (+22 %) bénéficie pleinement d'un marché ouvert, alors qu'à l'opposé, l'industrie italienne (-26 %) et britannique (- 27 %) enregistrent de fortes pertes de valeur ajoutée.

Effet du commerce sur la production, la consommation et le prix d'une commodité échangée entre deux pays. La partie hachurée représente le gain net en bien-être social, somme des variations des surplus des consommateurs et des producteurs liées aux échanges.

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Source : Forest Policy and Economics

Enfin, l'article met en évidence les pertes supportées par les producteurs de bois ronds des pays du Sud (-21 % par rapport à une situation autarcique), posant la question des modalités de soutien à une gestion durable de leurs massifs forestiers, afin d'éviter une exploitation minière des forêts, notamment tropicales.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Forest Policy and Economics

Les pertes après récolte : la nécessité de structurer le débat

Un article de Food Policy, mis en ligne récemment, présente une revue critique de la littérature sur la question des pertes après récolte (par l'agriculteur ou lors du transport notamment) en Afrique subsaharienne. Un rapport de la FAO estime qu'approximativement 20 % du volume de la production en grains, dans cette région, sont perdus avant d'arriver aux consommateurs. Les auteurs font une recension des méthodologies de quantification des pertes, et dressent un panorama des stratégies mises en place et de leurs impacts. Sur le terrain politique, ces réflexions méthodologiques s'inscrivent dans le cadre des Objectifs de Développement Durable, pour lesquels est fixée une réduction de moitié des pertes et gaspillages alimentaires en 2030.

Les méthodes pour quantifier les pertes après récolte et leur potentiel de réduction sont multiples et vont de la modélisation/simulation macro aux observations directes de terrain, dont les résultats diffèrent de manière importante. D'après les auteurs, au-delà de la mise en place de la méthode la plus idoine, le niveau optimal de pertes est difficilement mesurable à travers le seul prisme du volume, car la perte de qualité nutritionnelle et les considérations financières et institutionnelles sont également à prendre en compte. Ils soulignent que la mesure des pertes après récolte devrait plutôt se fonder sur une approche holistique, afin de relever des défis plus larges à l'échelle de la filière (structuration) et de la population (sécurité alimentaire).

Dans un second temps, les auteurs dressent un panorama des stratégies les plus utilisées et de leurs impacts sur la réduction des pertes en volume. Ils soulignent le problème du manque d'information sur l'impact des pertes sur le revenu, le comportement d'épargne, l'investissement ou encore la participation au marché des agriculteurs : une meilleure connaissance de ces éléments permettrait de mieux fonder ces stratégies. Le document passe enfin en revue les différentes options qui, selon les auteurs, seraient à mettre en place à un niveau national, afin de privilégier les approches intégratives (investissements dans des infrastructures de transport et sanitaires, généralisation des warehouse receipt systems, etc.).

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : Food Policy

09:30 Publié dans Filières agricoles, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : pertes, afrique sub-saharienne, post-récolte |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/06/2017

Changement de régimes alimentaires et utilisation des terres agricoles

Un article dans Global Food Security explore les conséquences, au niveau des surfaces de terres agricoles mobilisées, de l'introduction d'insectes, de viande in vitro ou encore de tofu dans les régimes alimentaires. Les auteurs insistent sur l'approche stylisée qu'ils ont retenue. En effet, leur publication propose plusieurs scénarios où ces alternatives remplacent 50 % des produits animaux actuellement consommés (viande, lait et œufs), sur la base d'une équivalence en énergie ou protéines. Le pourcentage est choisi arbitrairement, l'objectif étant de comparer les scénarios entre eux. D'autres scénarios sont également considérés : ils contiennent des remplacements d'une partie des produits animaux consommés par un type de viande donné, du lait, des œufs ou encore par des produits de l'aquaculture ; certains reposent sur des régimes alimentaires moyens tels que ceux en Inde ou aux États-Unis (respectivement pauvre et riche en produits animaux). Par ailleurs, les auteurs ont intégré un scénario avec une réduction des déchets produits par les consommateurs et des nutriments ingérés au-delà des recommandations.

Les auteurs utilisent l'index Human appropriation of land for food (HALF index) pour estimer la surface nécessaire pour approvisionner la population mondiale, avec un régime alimentaire donné, et ce à pratiques et technologies constantes. Le travail prend 2011 comme année de référence pour effectuer les différentes substitutions en produits alimentaires. Les auteurs concluent que tofu et insectes mobiliseraient le moins de terres (environ -35% par rapport au régime alimentaire de 2011), ce qui est assez comparable au scénario de remplacement par des œufs ou de la viande de volaille (entre -28 et -30%). En revanche, un scénario avec une alimentation plus riche en protéines animales conduirait à une augmentation virtuelle des terres agricoles de +178 %. Le tableau ci-dessous reprend l'ensemble des résultats.

Résumé des différents scénarios et résultats en termes de surface, de variation de l'index HALF

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Source : Global Food Security (figure partielle)

Pour finir, la dernière section de l'article énumère un certain nombre de limites : la non prise en compte du commerce international, de l'acceptabilité de certaines alternatives alimentaires, de la redistribution géographique et/ou temporelle des terres cultivées, etc.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Global Food Security

La Chine au risque de la dépendance alimentaire, Jean-Marc Chaumet, Thierry Pouch

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Faute de bien le connaître, l'Empire du Milieu subjugue ou fait peur, surtout à propos de la question alimentaire, qui charrie des réflexes ethnocentriques et malthusiens. C'est dire l'intérêt de ce livre très documenté, aux démonstrations précises, qui offre une analyse approfondie de la dépendance alimentaire chinoise, depuis ses origines antiques jusqu'à ses manifestations les plus actuelles. Croisant approches historique et économique, les auteurs mobilisent également de nombreuses connaissances agronomiques, politologiques et géostratégiques.

La Chine n'a pas attendu d'avoir 1,4 milliard d'habitants pour craindre les famines et faire de sa sécurité alimentaire une priorité stratégique. Depuis de nombreux siècles, les penseurs et gouvernants placent l'agriculture et l'approvisionnement des populations au cœur de la gestion des royaumes. La capacité de production agricole et la circulation des grains y ont toujours été vues comme des conditions de la richesse collective, de l'ordre social et de la stabilité politique.

Bien que l'autosuffisance soit une préoccupation profonde et lointaine, les choix faits après 1949 ont en réalité contribué à accroître la dépendance alimentaire. Oscillant entre planification autoritaire et autonomie locale, la primauté a été donnée à l'industrie lourde. Le secteur agricole, sous-équipé et idéologiquement suspect, devait seulement libérer de la main-d'œuvre et offrir aux ouvriers et aux urbains des produits à bas prix. Après l'échec du "Grand bon en avant", prônant de "compter sur ses propres forces", à l'origine d'une profonde disette et de 30 à 50 millions de morts, les autorités se tournèrent dans les années 1960 vers des importations massives, puis, à partir des années 1980, vers une intégration croissante dans le commerce agroalimentaire mondial.

Aujourd'hui, la politique agricole chinoise, les contraintes agronomiques et géophysiques, l'instablité des productions animales et végétales, ne permettent pas de répondre aux évolutions qualitatives et quantitatives de la demande intérieure, provoquées par l'urbanisation, l'élévation des niveaux de vie et l'affirmation d'une vaste couche moyenne consommatrice, éduquée, exigeante, privilégiant la sécurité sanitaire. Bien qu'il soit devenu une des premières puissances agricoles mondiales, le pays est durablement installé dans la dépendance alimentaire.

Reste à savoir comment l'État, qui continue à jouer un rôle fondamental, pourra desserrer cette contrainte. Pour l'instant, sa réponse consiste à combiner plusieurs priorités : préservation des surfaces agricoles, innovation technologique, protection de l'environnement, maintien des agriculteurs en améliorant leur revenu, importations modérées, investissements fonciers à l'étranger, achats d'entreprises, etc. Demain, ces actions ne seront peut-être pas suffisantes et, dans la mesure où la Chine est une composante fondamentale du processus de mondialisation, sa volonté de sécuriser ses approvisionnements pourrait déboucher sur des rivalités, voire des conflits, autour de la maîtrise des ressources agroalimentaires de la planète.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Presses universitaires de Rennes

09:21 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : chine |  Imprimer | | | | |  Facebook