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18/03/2020

Quels horizons pour l'agriculture et le développement rural en Amérique latine et dans les Caraïbes ?

En février 2020, la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), la FAO et l'Instituto Interamericano de Cooperación para la Agricultura (IICA) ont publié un rapport traitant des contributions de l'agriculture et du développement rural à l'atteinte, en 2030, des objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU. L'analyse fournit d'abord un ensemble de faits et chiffres, par lesquels on apprend que l'Amérique latine et les Caraïbes abritent 50 % de la biodiversité, 57 % des forêts primaires, 31 % de l'eau douce, 33 % des terres cultivables et bénéficient de 29 % des précipitations. Elle décrie aussi les ODD qui seront atteints avant tout grâce au développement structurel du monde rural : « faim zéro », « eau potable », « énergie accessible », etc. (figure ci-dessous).

Le poids du rural dans l'atteinte des ODD

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Source : CEPAL-FAO-IICA

Lecture : le vert le plus clair correspond à un objectif très pertinent pour le monde rural ; le vert intermédiaire à un objectif moyennement ou faiblement important ; le vert le plus foncé à un objectif exclusivement rural. Colonne du milieu : objectif à atteindre. Colonne de droite : actions nécessaires pour atteindre les objectifs.

Les auteurs identifient également les actions qui seront nécessaires pour favoriser ce développement du monde rural à l'horizon 2030 : politiques de développement territorial, transformations institutionnelles, investissements dans les emplois agricoles et non agricoles, les infrastructures, la R&D, etc. Ces actions clés devraient rapprocher les conditions de vie des populations urbaines et rurales (protection sociale, services, éducation, santé, etc.), dans un contexte de pression sur les ressources naturelles, de changement climatique et d'incertitudes macroéconomiques et géopolitiques.

La bioéconomie est considérée, dans le rapport, comme un cadre de référence propice à l'articulation et à la consolidation des actions (figure ci-dessous). L'agriculture en constitue le « noyau dur » à partir duquel des chaînes de valeur complémentaires pourront être mises en place (industrie, commerce, services). Cela s'inscrit dans une trajectoire historique, la voie des biotechnologies ayant été empruntée assez tôt par certains pays de la région. Appuyée par des politiques et une coopération public-privé, elle a abouti, par exemple, au développement des filières bioéthanol et biodiesel au Brésil et en Argentine, ainsi qu'à l'essor de l'innovation variétale. Celle-ci s'est concrétisée, entre autres, par le développement d'OGM pour limiter les risques biotiques (maladies bactériennes, fongiques, etc.) et abiotiques (tolérance aux herbicides, à la sécheresse, etc.), de soja à haut degré oléique et bas degré linoléique, de riz à teneur élevée en amylose, etc.

Actions possibles pour l'intensification durable de l'agriculture

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Source : CEPAL-FAO-IICA

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : CEPAL

15/11/2016

Réalité et perspectives de l'emploi rural en Amérique latine et dans les Caraïbes

Le Bureau international du travail a publié en octobre un rapport sur l'emploi rural en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le document dresse un panorama de l'emploi agricole et non-agricole et de ses principales évolutions (à noter des statistiques par pays en annexe), avant de proposer des orientations politiques pour un meilleur développement.

Les dernières décennies ont vu des améliorations notables : une diminution de la pauvreté, une progression du nombre de personnes travaillant par foyer, une proportion accrue de l'emploi rural non-agricole plus rémunérateur (de 34 à 42 % entre 2005 et 2014), une meilleure insertion des femmes (notamment dans le salariat non-agricole, induisant une amélioration de leurs revenus), une amélioration de la formation. Ces progrès sont toutefois insuffisants pour combler les retards par rapport aux zones urbaines. La pauvreté affectait 46,2 % des personnes en zones rurales contre 23,8 % en zones urbaines en 2014. L'emploi rural, agricole et non agricole présente un niveau de précarité bien plus élevé : main-d’œuvre familiale auxiliaire non rémunérée, revenus moins importants, faible couverture sociale (38,4 % des actifs ruraux avec une assurance santé en 2014, contre 62,7 % en zones urbaines), fréquente non-application du salaire minimal, absence de contrats de travail écrits, peu d'organisations syndicales, faiblesse de la formation, manque d'infrastructures et d'accès aux différents services publics. La faiblesse du salariat, l’importance des très petites entreprises et de l'auto-entrepreneuriat, le travail saisonnier et à temps partiel, la forte proportion du secteur informel apparaissent comme des limites majeures au développement des protections sociales (santé, retraite). Les groupes les plus vulnérables sont les travailleurs migrants (avec travail des enfants) et les populations indigènes et d’origine africaine.

Des propositions d'orientations politiques sont faites en réponse à ces différents déficits. Elles s'orientent autour de deux axes : politiques de développement productif et de renforcement des capacités ; politiques d'emploi et de protection sociale. Elles insistent sur la nécessaire adaptation aux spécificités rurales : saisonnalité, auto-entrepreneuriat, éloignement des centres urbains et importance des distances à parcourir, etc. Ces recommandations s'appuient sur de nombreux exemples récents d'initiatives développées dans différents pays.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Bureau international du travail

09:54 Publié dans Mondialisation et international, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : bit, emploi rural, amérique latine, caraïbes |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/03/2015

La présence de la Chine dans les Caraïbes

L’AFD a publié en février 2015 le document de travail n°144 intitulé La présence de la Chine dans les Caraïbes. S’il y a bien eu différentes implantations anciennes dans la région, l’émergence de la Chine comme acteur stratégique de cette zone est récente. Ceci s’inscrit dans la volonté chinoise de développer ses relations internationales et d’être un partenaire des pays émergents et en développement. Cette orientation prend un relief particulier dans cette région regroupant bon nombre des pays qui entretiennent des relations avec Taïwan. Supplanter ce pays reste en effet un enjeu central pour la Chine qui conditionne sa coopération à l’arrêt des relations diplomatiques avec Taïwan.

Au-delà de l’enjeu géopolitique, force est de constater le très fort développement des échanges commerciaux et financiers, en particulier sur la dernière décennie. S’ils restent modestes vus depuis la Chine, ces échanges représentent pour la région un enjeu économique certain, d’autant plus que la présence des États-Unis et de l’Europe y est moins marquée qu’auparavant. Dans un contexte de fragilité économique de ces pays insulaires, l’émergence d’un nouveau partenaire économique et d’un bailleur clé ouvrent des perspectives, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et du tourisme. Toutefois, ces relations dissymétriques ne sont pas dénuées de risques : le spectre de l’accaparement des ressources naturelles, une nouvelle dépendance agro-exportatrice, la valorisation durable des infrastructures financées, l’intégration de la main-d’œuvre chinoise abondante sont autant de problèmes qui se posent et de défis à relever.

L’étude délivre une analyse propre à la zone Caraïbe et à ses particularités, alors qu’elle est habituellement incluse dans une réflexion générale sur l’Amérique Latine. Des fiches synthétiques par pays sont également présentées en fin de document.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : AFD

10:08 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : afd, chine, caraïbes |  Imprimer | | | | |  Facebook