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09/06/2020

Gouvernance et enjeux du foncier rural au Mali

Un séminaire sur le Mali, organisé en 2019, auquel participèrent des experts du CTFD et de l'AFD, ainsi que des fonctionnaires et membres d'organisations paysannes et civiles du Mali, a donné lieu à la publication d’une note de synthèse en mars 2020. Celle-ci aborde trois enjeux : la Loi foncière agricole (LFA) adoptée en 2017, les terres irriguées gérées par l'Office du Niger et les conflits violents provoqués par la gouvernance du foncier agropastoral. Les débats ont mis en avant des avancées telles que la méthodologie « ascendante » d’élaboration de la LFA, mais son application reste incertaine compte tenu de la faible présence de l’État sur l'ensemble du territoire. Par ailleurs, la pression foncière, la micro-parcellisation et la précarité de nombreux exploitants sont autant d'obstacles à une gestion plus juste (mieux distribuée entre les différentes parties) au sein de l'Office du Niger. Enfin, les conflits autour du foncier agricole et pastoral sont davantage expliqués par des aspects économiques, politiques, territoriaux, identitaires et religieux que par le mode de gestion des terres.

Source : CTFD

11:20 Publié dans Développement, Mondialisation et international, Territoires | Lien permanent | Tags : mali, foncier |  Imprimer | | | | |  Facebook

Prioriser la lutte contre les maladies animales selon leurs impacts potentiels et risques d'introduction

Dans le but d'affecter au mieux les ressources disponibles pour la lutte contre les maladies animales, un article publié en avril 2020 dans Frontiers in Veterinary Science propose un outil permettant d’évaluer les probabilités d'introduction de 18 maladies sur un territoire donné et d'estimer leurs impacts potentiels. Centrée sur l'Écosse, l'étude utilise des données publiques (recensement agricole écossais et base européenne DISCONTOOLS), pour modéliser les populations bovines, ovines, équines, porcines et aviaires. Les caprins sont exclus car trop peu nombreux.

Selon le classement obtenu, l'influenza aviaire hautement pathogène, la fièvre aphteuse chez les bovins et la fièvre catarrhale chez les ovins présentent le niveau de criticité le plus élevé, en dépit de la baisse du risque d'introduction de l'influenza depuis 2017. Pour les auteurs, ces trois maladies devraient donc être surveillées en priorité.

Impact des maladies en Écosse (en pourcentage par rapport à la maladie de plus fort impact), en fonction du risque d'introduction (négligeable, très faible, faible, moyen et élevé), selon l'espèce considérée

Ecosse.jpg

Source : Frontiers in Veterinary Science

Lecture : les flèches décrivent l'évolution entre 2017 et 2019 du risque d'introduction des maladies. HPAI : influenza aviaire hautement pathogène ; FMD : fièvre aphteuse ; PPR : peste des petits ruminants ; BTV : fièvre catarrhale ; LSD : dermatose nodulaire contagieuse ; AHS : peste équine ; ASF : peste porcine africaine ; Sheep pox : clavelée ; B. abortus : brucellose ; CSF : peste porcine ; EBL : leucose bovine enzootique ; WNV : virus du Nil occidental ; Aujesky's : maladie d'Aujesky ; LPAI : influenza aviaire faiblement pathogène ; SVD : maladie vésiculeuse du porc ; PED : diarrhée épidémique porcine ; EIA : anémie infectieuse équine ; ND : maladie de Newcastle.

Source : Frontiers in Veterinary Science

11:17 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : ecosse, maladies animales |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le réseau ENDURE fait le point sur les usages du glyphosate en Europe

Le réseau ENDURE, en collaboration avec INRAE et l'université catholique de Louvain, a coordonné et publié le 12 mai un rapport sur les usages du glyphosate dans les 28 États membres de l'Union, ainsi qu'en Norvège, Serbie, Suisse et Turquie. L'objectif des auteurs est de fournir un cadre de compréhension et de suivi des utilisations de cet herbicide. À partir de données Eurostat et d'estimations, ils établissent que 49 427 tonnes de substance active ont été vendues dans ces pays en 2017 ; les usages par hectare sont les plus importants au Danemark, en Pologne, aux Pays-Bas, au Portugal et en France, et les moins élevés en Turquie, Lituanie, Lettonie, au Royaume-Uni et en Suisse. Ont été recensées huit finalités agronomiques d'usage de l'herbicide, avec une forte variation selon les pays et les cultures concernés : par exemple, contrôle des adventices pour les cultures annuelles. Enfin, les auteurs rappellent qu'il existe des alternatives au glyphosate : biocontrôle, désherbage mécanique, couvert végétal, paillage, diversification de la rotation, semis tardif.

Estimation des usages de glyphosate, en kg de substance active par hectare, en 2017

Glyphosate.jpg

Source : ENDURE

Source : ENDURE

11:15 Publié dans Agronomie, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : glyphosate, endure |  Imprimer | | | | |  Facebook

Dualisme de l’agriculture antillaise et agro-écologie

Un article publié dans l'European Journal of Agronomy évalue la nature et l’ampleur des pratiques agro-écologiques en Martinique et Guadeloupe. Alors que la plupart des travaux se fondent souvent sur un seul indicateur, V. Angeon (INRAE) et ses collègues ont analysé un échantillon de 215 structures au moyen de plusieurs variables : surface agricole totale et part cultivée avec des pratiques agro-écologiques, marge brute par hectare, etc. Cinq types de structures sont identifiés. Il apparaît notamment que les petites et moyennes exploitations diversifiées, entrepreneuriales ou familiales, dont la production est orientée vers le marché local, présentent fréquemment des pratiques agro-écologiques (ex. : rotation des cultures dans 30 % à 65 % des cas selon la catégorie). À l’opposé, les structures spécialisées dans la production de banane ou de canne à sucre destinée à l’export ont des pratiques moins agro-écologiques. Pour les auteurs, l’introduction de l’élevage dans ces exploitations valoriserait les légumineuses associées à la culture de la banane tandis que le jus de canne serait une alternative à l'alimentation animale importée.

Source : European Journal of Agronomy

11:13 Publié dans Agriculteurs, Agronomie | Lien permanent | Tags : antilles, agro-écologie, martinique, guadeloupe |  Imprimer | | | | |  Facebook

Augmenter la longueur des bords de champ favoriserait la biodiversité des plantes au sein des parcelles agricoles

Dans un article du Journal of Applied Ecology, une équipe de chercheurs analyse plusieurs facteurs susceptibles de favoriser la diversité des plantes spontanées (non cultivées) en bord de champ et au sein des parcelles agricoles. Sont étudiés l'hétérogénéité de la mosaïque paysagère (diversité des cultures, longueur des bordures des parcelles), ainsi que les éléments semi-naturels du paysage (haies, bandes enherbées, etc.). En se basant sur l'analyse de données d'échantillonnage de 1 451 parcelles agricoles en Europe et au Canada, les auteurs en concluent que la longueur des bords de champ impacte de manière positive la biodiversité des plantes autant que les éléments semi-naturels. Pour eux, la reconfiguration des parcelles constituerait une voie, encore sous-exploitée, pour améliorer la diversité des espèces spontanées au sein de ces parcelles, sans diminuer les surfaces dédiées à la production agricole, et contribuerait ainsi à la préservation de la biodiversité.

Source : Journal of Applied Ecology

11:12 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, plantes, bordures, parcelles |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/06/2020

Robots, élevage et techno-capitalisme : une ethnographie des usages du robot de traite

P. Le Guern (université de Nantes) étudie, dans la revue Réseaux, les transformations induites par la mise en place des robots de traite. Il combine des observations vidéo sur 12 exploitations laitières et des rencontres avec des installateurs, vétérinaires et conseillers agricoles. L'article décrit d'abord le fonctionnement du robot et comment cet investissement accompagne l'agrandissement des troupeaux. Il examine ensuite l'action des éleveurs, l'automatisation permettant de réorganiser le travail et d'avoir une meilleure capacité d'anticipation (détection précoce des mammites, etc.), avec le risque d'aboutir à un « contrôle continu », à une « astreinte psychologique » (alertes intempestives) voire à une dépendance à l'égard d'un système de prestations-solutions organisé autour des data. Enfin, l'auteur discute de la place des vaches. « L'adaptation morphologique de l'animal à l'ergonomie de la machine » accélère la mise à la réforme : pour lui, cela nuance l'idée d'un robot en libre-accès, qui serait favorable au bien-être animal. Ces équipements tendraient même, via la recherche de certains traits, à réduire la diversité des races.

Source : Réseaux

11:10 Publié dans Agriculteurs, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : élevage, robot, traite |  Imprimer | | | | |  Facebook

La rémunération des aménités liées à la forêt de feuillus conduirait à une baisse de la récolte en bois

C'est la principale conclusion de travaux de recherche récemment publiés dans Forest Policy and Economics, s'appuyant sur une modélisation originale intégrant une rémunération des services autres que ceux liés à l'exploitation forestière. L'équipe sino-américaine a conduit une analyse empirique du comportement des propriétaires forestiers américains de feuillus quand sont valorisées les aménités (protection de la ressource en eau et des sols, paysages, usages récréatifs, stockage du carbone, etc.). Les auteurs ont regardé si les résultats variaient selon que le propriétaire est privé, institutionnel ou industriel. À cette fin, ils ont construit un modèle à deux périodes, intégrant la production de bois et une rémunération potentielle des aménités. Ils l'ont estimé et testé sur les données d'inventaire des États du sud des États-Unis. Cela leur a permis de calculer le poids des déterminants économiques (les élasticités directes et croisées) dans la décision d'exploiter prise dans le cadre d'une coupe partielle ou totale du peuplement, et d'identifier les différences de comportements selon les propriétaires. Ils montrent alors que, dans tous les cas, la récolte en bois diminue.

Source : Forest Policy and Economics

11:08 Publié dans Forêts Bois | Lien permanent | Tags : forêts, bois, aménités, feuillus, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les besoins en ressources naturelles du système alimentaire des États-Unis

Une étude de l'USDA, publiée en mai, propose une estimation des besoins en ressources naturelles du système alimentaire des États-Unis. Les auteurs ont notamment évalué l'influence du régime alimentaire, en comparant les consommations de 2007 avec un régime qui satisferait les recommandations nutritionnelles de 2010. Les besoins en ressources naturelles (terres, eau, énergies fossiles, produits forestiers) et les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont été estimés en utilisant les modèles FEDS-EIO (intrants agricoles nécessaires jusqu'à l'assiette) et Foodprint (besoins en terres et en bétail). Les importations et exportations alimentaires sont exclues de l'analyse. Les résultats confirment l'influence positive qu'aurait un régime alimentaire « santé » sur la réduction des besoins en ressources naturelles, sauf en matière d'eau (dont les volumes prélevés annuellement augmenteraient de 16 %) et d'émissions de GES (qui resteraient au même niveau).

Estimation du changement d'utilisation de ressources naturelles entre le régime alimentaire de base actuel et le régime « santé » (%)

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Source : USDA

Source : USDA

Prospective sur l'élevage australien

Accompagnant son plan stratégique 2020-2025, l'Association australienne pour l'élevage a diffusé un rapport sur les facteurs pouvant influencer l’activité du secteur dans la prochaine décennie. Les auteurs détaillent en particulier les effets potentiels du changement climatique sur la répartition géographique des maladies animales et végétales, des vecteurs et des réservoirs animaux des agents infectieux. D'autres facteurs pris en compte sont l’augmentation de la demande de viande et de ses alternatives, ainsi que le développement de techniques électroniques de surveillance et de diagnostic en élevage, pour la prévention des accidents sanitaires et zootechniques. Quatre scénarios sont également présentés. Enfin sont soulignés des défis majeurs pour le secteur : la lutte contre la survenue d’épizooties majeures (fièvre aphteuse, peste porcine africaine, grippe aviaire) ; la « révolution numérique » pour améliorer la gestion des exploitations et élever le niveau de biosécurité ; l'influence sur les pratiques agricoles des demandes sociétales et des politiques publiques commerciales et environnementales ; les conséquences probables du changement climatique sur les services écosystémiques.

Source : Animal Health Australia

11:04 Publié dans 1. Prospective | Lien permanent | Tags : élevage, australie |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/06/2020

Une approche sociologique des suicides d'agriculteurs

Deux articles récents de N. Deffontaines (sociologue, université du Havre), tirés de sa thèse sur les suicides d'agriculteurs, apportent un éclairage sur les « configurations suicidogènes » et les données disponibles pour en rendre compte (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog). La méthodologie, détaillée dans l'article de Genèses, consiste à interroger non pas des parents du défunt, mais des « proches éloignés » (voisins agriculteurs, travailleurs sociaux) qui ont croisé sa trajectoire, sans pour autant être des intimes. Cette perspective permet de mettre en lumière deux traits peu visibles dans les données administratives : « le poids normatif de la régulation familiale de l'activité agricole » et les « disqualifications » par lesquelles le suicidé s'est « retrouvé progressivement exclu des diverses scènes sociales auxquelles il participait ». Le deuxième article, paru dans Sociologie, approfondit l'analyse du suicide dit « fataliste » (selon la terminologie très ancienne de Durkheim), un des quatre types de passage à l’acte (voir à ce sujet un entretien récent avec l'auteur).

Sources : Sociologie, Genèses

11:02 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : suicide, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

17 actions pour réduire la consommation de viande bovine

De nombreuses études recommandent de réduire la consommation de viande bovine, du fait des conséquences environnementales liées à sa production. Des chercheurs australiens ont réalisé une enquête auprès de 16 experts scientifiques et professionnels, de différentes disciplines, afin de repérer des actions ciblées à mettre en œuvre aux États-Unis. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Conservation Letters en avril. Les auteurs retiennent 17 propositions jugées efficaces et faisables, touchant tous les niveaux de la filière (figure ci-dessous) et visant différents facteurs influençant la consommation de viande (ex. les habitudes et les goûts). 4 d’entre elles pourraient être particulièrement efficaces, selon eux, d'ici 10 ans : faire évoluer la représentation des normes sociales, développer des alternatives au bœuf, proposer des repas sans viande bovine en restauration collective et inciter les grandes entreprises de restauration hors foyer à s'approvisionner davantage en produits alternatifs.

Interventions proposées par les experts au sein de filières de production de viande bovine

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Source : Conservation Letters

Lecture : les lignes en pointillés représentent l'influence indirecte des gouvernements, des ONG, des acteurs de la production et de la consommation. Les boîtes vertes sont les rôles que peuvent prendre les scientifiques et les acteurs de la conservation de la nature.

Source : Conservation Letters

 

10:59 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : viande, consommation, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'inspection du travail agricole : vie et mort d'une institution d'exception

Dans l'ouvrage récent La règle et le rapporteur, J.-N. Jouzel (IEP de Paris) et G. Prete (INRAE) livrent un chapitre sur l'histoire du corps d'inspection du travail agricole, depuis sa genèse, tardive, à la fin des années 1930, jusqu'à sa disparition, en 2009, par fusion au sein du régime général. Ils se basent sur des entretiens auprès d'anciens fonctionnaires et sur des archives privées et syndicales. Justifiée à l'origine par le caractère « exceptionnel » du droit des relations professionnelles agricoles, cette inspection propre au secteur était placée sous la tutelle du ministère de l'Agriculture. Son existence a été remise en cause dès les années 1970, à mesure que la nature des contrôles s'alignait sur le régime général, que les tensions entre autonomie hiérarchique et dépendance fonctionnelle (aux services déconcentrés du ministère ou aux caisses de la Mutualité sociale agricole) s'aiguisaient, et que s'affirmait une préoccupation transversale de rationalisation de la fonction publique.

Source : Presses des mines

10:57 Publié dans 4. Politiques publiques, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : travail, inspection |  Imprimer | | | | |  Facebook

Quels métiers demain ?

L'Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep), en partenariat avec le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) et Alternatives économiques, vient de publier un guide des professions de demain. Après une analyse prospective du marché du travail et des métiers, ceux-ci sont regroupés en 20 familles et rapidement présentés. Parmi ces familles, plusieurs sont liées à l'enseignement technique agricole : agriculture, environnement, services à la personne, métiers de bouche.

Source : Onisep

10:38 Publié dans Enseignement et recherche, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : onisep, métiers |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/05/2020

L’utilisation des données issues du secteur privé pour analyser la consommation alimentaire lors de la crise du Covid-19

La pandémie, et les mesures de confinement ou de restriction qui s’ensuivirent, ont eu des effets notables sur le comportement alimentaire des ménages : pics de consommation pour constituer des réserves, achats privilégiés de certains produits, fermeture des restaurants, etc. Dans un document de travail récent, une équipe de chercheurs suédois analyse ces variations en combinant trois sources de données issues du secteur privé : informations diffusées par les médias (base Meltwater) ; ventes alimentaires de la coopérative Coop Sweden (3,5 millions de membres, 650 points de vente dans le pays), avec des détails sur les produits, la date, le lieu et le canal de vente ; données de géolocalisation de Telia, premier opérateur de téléphonie mobile suédois. Pour distinguer les effets de la crise, les chercheurs ont comparé les données de 2020 avec celles de 2019 (premier trimestre).

Les observations ainsi combinées (figure ci-dessous) témoignent d’une hausse sensible du volume d’informations médiatiques sur le Covid-19 à partir du 25 février (risque d’importation du virus via les voyages, etc.), avec une accélération à partir du 10 mars (le virus circule désormais sur le territoire national). Les ventes alimentaires, stables jusqu’au 10 mars, connaissent un pic de + 74 % à Stockholm et de + 49 % en dehors de la ville entre le 11 et le 17 mars, avant de redescendre à des valeurs plus habituelles. Par ailleurs, immédiatement après la recommandation faite aux personnes âgées d'éviter les contacts sociaux, on note à partir de mi-mars une baisse nettement plus marquée des visites de magasins alimentaires, à Stockholm, pour les individus de plus de 66 ans. La mobilité diminue également fortement dans la capitale (- 80% environ fin mars), malgré l’absence de confinement. Ces données seront régulièrement mises à jour et serviront de base pour une analyse approfondie.

Volume d’informations sur le Covid-19 dans les médias et comportements de la population au premier trimestre 2020 à Stockholm

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Source : Stockholm School of Economics

Lecture : pour l'axe des ordonnées à gauche, l’unité utilisée est le nombre de mentions journalières du Covid-19 dans les sources d’informations. Pour les autres variables de la figure, les données présentées sont des ratios entre les données 2020 et 2019. Par exemple, une valeur de 1,2 pour les ventes alimentaires signifie une hausse de 20 % des ventes alimentaires journalières en 2020 par rapport à celles observées le même jour en 2019.

Portant sur l'ensemble du panier de biens, aux États-Unis, un autre document de travail récent a été publié par une équipe américano-danoise. Elle a utilisé plusieurs sources : les données bancaires de particuliers fournies par une organisation fintech, à but non lucratif, d'aide à l'épargne (4 735 utilisateurs ; août 2016 - mars 2020) ; les résultats de sondages téléphoniques Gallup sur les préférences politiques ; un scoreboard sur l’efficacité de la distanciation sociale. Les résultats montrent de larges variations de dépenses moyennes des ménages (en dollars/jour) et mettent en évidence des liens intéressants avec les facteurs démographiques, les mesures de confinement, les préférences électorales (figure ci-dessous), etc.

Dépenses des ménages en réponse à la crise du Covid-19 aux États-Unis, en fonction des préférences politiques

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Source : NBER

Lecture : dépenses moyennes des ménages, en dollars/jour. Les couleurs des courbes correspondent aux préférences politiques prédominantes : en bleu démocrates, en gris indépendants, en rouge républicains.

Julien Hardelin, Centre d’études et de prospective

Sources : Stockholm School of Economics, NBER

11:06 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : covid-19, suède, etats-unis, consommation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les métiers de l'agriculture et de l'alimentation « sur le front du Covid-19 »

France Stratégie a publié récemment une analyse de la vulnérabilité des métiers face à la pandémie, dans laquelle les métiers liés à l'agriculture et aux industries agroalimentaires sont majoritairement classés comme étant « sur le front du Covid-19 ». Les auteurs ont croisé des données issues notamment de la comptabilité nationale et des enquêtes Emploi et Conditions de travail de l'Insee. Ils ont alors défini trois indicateurs de vulnérabilité des travailleurs : économique, de conditions de vie et de conditions de travail. Ils ont ensuite croisé les scores obtenus pour chaque métier, défini d'après les familles professionnelles de la Dares (ministère du Travail), et en analysant l'évolution au regard de la crise actuelle, ils ont identifié cinq grandes catégories de métiers.

Cinq catégories de métiers déterminées en fonction de leurs vulnérabilités

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Source : France Stratégie

Lecture : pour chaque groupe de métiers, le rapport entre le rayon du disque de couleur et celui du cercle noir correspond au rapport entre son score pour la variable considérée et la valeur moyenne de la variable pour l'ensemble de la population en emploi. Par exemple, le salaire médian des cadres « hyperconnectés » est égal à 1,7 fois le salaire médian de la population en emploi.

Les agriculteurs, les maraîchers et certains métiers de bouche (boulangers, bouchers, etc.) sont très sollicités pour répondre aux besoins de première nécessité. S'ils sont moins au contact du public (à l'exception des commerces alimentaires de détail), ils sont vulnérables économiquement (revenus moyens inférieurs au revenu médian). En outre, la difficulté à recourir à de la main-d’œuvre saisonnière, en raison de la crise, accroît la pénibilité du travail à réaliser (volume, contraintes physiques), souvent dans des temps limités.

Les marins, pêcheurs et aquaculteurs, les ouvriers des industries agroalimentaire et du bois, « vulnérables de toujours », voient leur situation s'aggraver dans le contexte actuel. Leur vulnérabilité économique se double d'une vulnérabilité physique (horaires atypiques, rythmes de travail intenses, angoisse de perdre son emploi) et sociale (fort taux de familles monoparentales parmi les métiers les plus féminisés sur les chaînes de production, conditions de vie plus difficiles que la moyenne).

Enfin, les métiers de la restauration, en particulier les cuisiniers, sont durement touchés actuellement (« métiers nouvellement vulnérables »), alors qu'ils avaient été relativement préservés lors de la crise financière de 2008. Ces métiers risquent de pâtir de la crise même après la fin du confinement, sachant que, par ailleurs, ils sont également plus exposés que la moyenne aux risques physiques.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : France Stratégie

11:02 Publié dans Travail et emploi | Lien permanent | Tags : covid-19, france stratégie, travail, emplois, vulnérabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook