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08/07/2019

Entendez-vous l'éco (France Culture) fait le point sur l'économie de l'alimentation

Présentée par T. de Rocquigny, l'émission de France Culture Entendez-vous l'éco a diffusé, du 27 au 30 mai 2019, quatre épisodes thématiques sur l'économie de l'alimentation, accessibles en podcasts. Dans le premier, « Quand l'industrie fait son marché », P. Hébel (Crédoc) et C. Harel (magazine LSA) font le point sur l'évolution des modes de consommation alimentaire. Malgré une part dans le budget des ménages qui diminue, l'alimentation est, depuis les années 2000, un sujet de préoccupation majeure pour les Français, avec la montée des thèmes de la santé et de l'écologie. Les crises sanitaires (« vache folle », etc.) ont, selon les invitées, clairement contribué à cette tendance, de sorte que l'inquiétude alimentaire augmente, alors que la sécurité sanitaire s'est beaucoup améliorée : en 1995, 53 % des enquêtés considéraient que « manger comporte un risque important ou très important », contre 74 % aujourd'hui. Face à ces préoccupations, le bio rassure et présente une croissance à deux chiffres, et les produits « sans » (sans colorants, sans pesticides, etc.) s'affirment.

Le second épisode, « Le modèle du supermarché en fin de course ? », réunit L. Lavorata (université de Reims Champagne-Ardenne) et P.-M. Décoret (Groupe Avril), pour analyser les transformations du secteur de la distribution alimentaire. Le modèle classique des supermarchés des « Trente Glorieuses » est en bouleversement : concurrence des discounters (hard, puis soft), des géants du e-commerce, développement du digital, etc. Pour y répondre il s'agira, selon les invités, de ré-enchanter l'acte d'achat mais aussi d'innover, notamment en matière d'optimisation logistique (Amazon est le premier investisseur mondial en R&D devant Google). « Là où l'hypermarché ne fait plus rêver, les magasins phygitaux [le] font », avec une expérience client continue, intégrée, « où que vous soyez, quel que soit le moment ».

Les deux derniers épisodes abordent deux sujets au cœur des enjeux actuels : « Une planète à nourrir », avec B. Parmentier, sur la faim dans le monde, et « Les lobbies et la santé publique » dans l'agroalimentaire, avec A. Thébaud-Mony et B. Pellegrin.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospectives

Source : France Culture

05/07/2019

Les zones grises des relations de travail et d'emploi, Marie-Christine Bureau, Antonella Corsani, Olivier Giraud, Frédéric Rey (dirs.)

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Alors que l'emploi et le travail connaissent d'importants changements, notamment dans le sillage de la digitalisation de l'économie, ce dictionnaire fait un état des lieux des connaissances sociologiques sur les mutations à l’œuvre et les problématiques qu'elles soulèvent. Bien que de portée générale, il comporte de nombreuses références directes à l'agriculture, à la fois en tant que secteur emblématique de certaines situations d'emploi et structurant dans l'histoire du travail, de par son poids dans l'économie jusqu'à la moitié du XXe siècle.

Une entrée thématique est par exemple consacrée aux saisonniers agricoles. Par ses spécificités, le CDD saisonnier, majoritairement utilisé en agriculture, institutionnalise la discontinuité dans la relation d'emploi, tout en autorisant une certaine régularité. Ainsi, certains saisonniers travaillent pour un même employeur, d'année en année. Leurs conditions de vie précaires, doublées d'une faible visibilité sociale et politique, ralentissent leur accès aux droits sociaux. S'adressant à des publics peu qualifiés ou fragilisés, ces types d'emplois favorisent, selon les auteurs, la mise à distance d'un travail qui, autrement, pourrait devenir insoutenable.

Le travailleur agricole, indépendant ou salarié, est également replacé, par divers articles, dans un contexte d'évolutions plus larges : pluriactivité, travail des femmes dans les entreprises familiales, travail indépendant et relation de subordination, contours de la catégorie de travailleur indépendant, etc. Même lorsque l'agriculture n'est abordée que de façon incidente, l'analyse éclaire les dynamiques à l’œuvre dans ce secteur, comme l'illustre l'article sur les « travailleurs indépendants économiquement dépendants » (TIED). Sans être récentes, ces relations d'emplois hybrides, entre salariat et indépendance, sont observées avec plus d'attention depuis les années 2000 (OIT, Commission européenne). Elles interrogent les catégories statistiques, mettent à l'épreuve les juristes et ont débouché, dans certains pays (Allemagne, Espagne, etc.), sur la création d'une nouvelle catégorie de travailleurs, dotée d'un statut spécifique visant à mieux les protéger. En France, une récente publication de l'Insee montre ainsi que le secteur agricole présente la plus forte proportion de TIED : plus de 40 % des agriculteurs se disent fortement dépendants d'un fournisseur ou d'un client, voire, plus rarement, d'un intermédiaire. Plus largement, ces dépendances se traduisent par des contraintes organisationnelles fortes.

Relations de dépendance selon le secteur d'activité

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Source : Insee

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Lien : Editorial Teseo

13:44 Publié dans Agriculteurs, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : dictionnaire, emploi, travail, saisonniers, travailleur agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

La permaculture ou l'art de réhabiter, Laura Centemeri

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Dans ce petit ouvrage tiré de deux conférences-débats organisées fin 2017 à Angers et Avignon, L. Centemeri (CNRS) analyse la permaculture comme « mouvement environnementaliste, circulant à l'échelle transnationale ». Elle en retrace la naissance, dans les années 1970, dans les milieux de l'avant-garde écologiste de Tasmanie. B. Mollison et D. Holmgren proposent alors un changement de perspective sur l'agriculture, insistant sur « la conception d'un écosystème dont il faut appréhender les conditions de pérennisation » et sur « l'objectif d'une vie qui soit le plus autonome possible ».

Sous l'influence de penseurs anarchistes (Kropotkine notamment), la création de sites de démonstration, comme la ferme expérimentale de Mellidora (Victoria, Australie), est d'emblée pensée comme une condition de succès du mouvement. Celui-ci a son langage propre, celui des motifs (patterns) de la nature, qu'on cherche à imiter. La mise en place de cours de permaculture et d'une certification (diplômes sans valeur officielle), facilitent un premier déploiement international dans les années 1980 et 1990. Internet et la convergence avec les altermondialistes permettent une phase de relance dans les années 2000, notamment par une alliance avec les « Villes en transition ». L'ouvrage donne toutefois peu d'informations sur les effectifs concernés.

Se compose ainsi l'image d'un « mouvement mosaïque, éclectique dans ses inspirations intellectuelles et politiques ». L'ouvrage n'élude pas la question des dimensions religieuses voire réactionnaires (avec l'influence du bio-régionalisme), et évoque les relations avec les communautés de collapsologues (qui anticipent l'effondrement de nos sociétés, par exemple sous l'effet du peak oil).

La variété des « philosophies » mobilisées par les permaculteurs conforte l'aspect « nébuleux » de ces mouvements politiques réticulaires, souvent proches de la théorie des communs ou du care. L'auteure souligne ainsi la portée critique de ce « nouvel environnementalisme du quotidien », tourné vers de nouvelles conceptions de la valeur et de la richesse dans nos sociétés.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Quæ

13:34 Publié dans Agronomie, Environnement, Société | Lien permanent | Tags : permaculture, centemeri |  Imprimer | | | | |  Facebook

Quels agriculteurs utilisent un smartphone, et pour quoi faire ? Des résultats intéressants d'une enquête allemande

Les résultats d'une enquête sur l'usage de smartphones, menée sur plus de 800 agriculteurs allemands, ont été publiés récemment dans Precision Agriculture. Alors que leur utilisation comme interface en agriculture de précision, dans les pays en développement, font régulièrement l'objet de publications, ce n'est pas le cas dans les pays développés où les infrastructures et les micro-ordinateurs sont largement répandus. Les auteurs ont cherché à vérifier si les critères de recours aux smartphones étaient similaires à ceux déjà repérés pour l'agriculture de précision : type d'exploitation, degré de familiarisation avec les TIC, capital humain, localisation, etc. Au-delà du profil type de l'agriculteur utilisateur, ils ont également déterminé les usages qui en étaient faits.

Si les agriculteurs allemands sont en moyenne moins bien équipés que la population générale (59 % contre 74 %), la moitié des détenteurs utilisent des applications liées à la gestion de leur exploitation. De façon attendue, les plus jeunes et les plus éduqués sont également les plus familiarisés avec ces appareils. La taille de l'exploitation et sa localisation interviennent également, les chefs des grandes exploitations du nord et de l'est de l'Allemagne étant plus enclins à utiliser cette technologie.

Source : Precision Agriculture

13:31 Publié dans Agriculteurs, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : allemagne, smartphone, agriculteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

Fermes verticales et agriculture en milieu confiné : solutions techniques et enjeux de déploiement

Le Journal of horticultural science and biotechnology publie une synthèse sur les solutions techniques pour cultiver « verticalement », sur plusieurs étages, et résoudre le problème de l’éclairage des végétaux. Toutefois, les auteurs soulignent le manque de notions précises et de données fiables sur ces systèmes de production, souvent issues de sources commerciales.

Différentes architectures de « fermes verticales »

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Source : Journal of horticultural science and biotechnology

Dans un autre article, paru dans Pour, P. Morel-Chevillet (Inra) s’attache à clarifier les enjeux auxquels ces « cultures en enceinte close » peuvent répondre. Il rappelle les données de base, sur les besoins en lumière des végétaux et les conditions dans lesquelles un système de culture en enceinte close est envisageable, pointant les avancées déterminantes dans le domaine des éclairages LED depuis 2005. Pour lui, au-delà des intérêts fréquemment cités (désaisonnalité, implantation sous toute latitude, réduction des intrants, etc.), les fermes indoor pourraient contribuer à la relocalisation de filières mondialisées (comme la production de jeunes plants horticoles). Mais, pour se déployer, elles devront d’abord réduire leur consommation d’électricité. Enfin, sur cette question du passage de la R&D à l’industrialisation, signalons une étude de l’Ifpri sur le potentiel, dans les pays émergents (ex. Inde), des agricultures sous abri, de précision et verticale.

Sources : Journal of horticultural science and biotechnology, Pour, Ifpri

13:27 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir | Lien permanent | Tags : fermes verticales, agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

La viande détrônée par les produits alternatifs et la viande de synthèse à l’horizon 2040 ?

Le cabinet A.T. Kearney publie une étude prospective sur les conséquences, à 2040, du développement de produits alternatifs sur le marché et la production mondiale de viande conventionnelle : produits vegan et végétariens protéinés classiques, à base d’insectes, imitant la viande, et viande de laboratoire. Malgré des incertitudes concernant les méthodes utilisées, les auteurs avancent quelques pistes prospectives intéressantes.

Le développement de produits alternatifs, imitant les goûts et textures de la viande, bénéficie d’investissements massifs (900 millions de dollars en 2018) et, en parallèle, la viande de laboratoire connaît aussi un engouement important (50 millions d’euros investis en 2018), mais sans commercialisation pour l’instant. Selon les auteurs, ces produits pourraient convaincre de nouveaux consommateurs ne s’identifiant pas au végétarisme et au veganisme, et, ainsi, prendre des parts de marché à la viande classique. Considérant que les modes de production traditionnels ne pourront répondre aux défis écologiques et à la demande croissante (+3 % par an projetés d’ici 2040), ils comparent, sur la base de huit critères, les types de produits et aboutissent aux conclusions suivantes : si les alternatives à la viande peuvent gagner des parts de marché importantes dans les années à venir, c’est la viande de laboratoire qui, à terme, connaîtra la plus forte croissance, rivalisant presque avec la viande traditionnelle en 2040.

Projections de la consommation globale de viande en 2040 (milliards de $)

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Source : A.T. Kearney

Source : A.T. Kearney

La mutation des ports de pêche bretons dans un contexte de mondialisation

Dans un article publié sur Géoconfluences, J.-R. Coliou dresse un panorama des transformations des ports de pêche bretons depuis 1950. Il montre que la mondialisation a rendu obsolète la pêche reposant sur une ressource peu éloignée du port, exploitée par une main-d’œuvre familiale et transformée localement. L'auteur met en évidence la recomposition des flux de produits, la raréfaction de la ressource proche ayant conduit à exploiter des pêcheries plus distantes. Dans le même temps, mareyeurs et transformateurs ont diversifié et internationalisé leurs approvisionnements. Il évoque ensuite la diminution de la main-d’œuvre familiale et le recours croissant à des salariés, souvent étrangers. Cette internationalisation s'observe aussi du côté des capitaux, nombre d'entreprises portuaires ayant aujourd'hui un actionnariat étranger. Au total, le port n'est plus l'interface entre la pêcherie d'avant-pays et l’arrière-pays, mais une plate-forme insérée dans une économie globalisée.

Source : Géoconfluences

13:23 Publié dans Mondialisation et international, Pêche et aquaculture, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : bretagne, ports, pêche |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les enjeux qualitatifs de la production de poisson fermenté en Afrique de l'Ouest

Une revue de littérature, publiée dans le numéro de mai 2019 des Cahiers Agricultures, traite de la conservation du poisson par fermentation, en Afrique de l’Ouest, et des défis qui en résultent en matière de qualité des produits. Le poisson, notamment fermenté, constitue la principale source de protéines animales dans cette région, en particulier au Bénin, en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Mis en œuvre dans le cadre d'activités artisanales, le traitement post-capture et le stockage reposent sur des procédés traditionnels et peu coûteux tels que le salage, le séchage ou la fermentation, aboutissant à un produit final dont la qualité est très variable.

Cet article propose des pistes d'amélioration ciblant la diversification des techniques de fermentation : utilisation de micro-organismes déjà présents dans le poisson pour initier le processus, bactéries lactiques issues de la fermentation de céréales, caractérisation de levures d'intérêt par écologie microbienne, etc. Cela permettrait le développement d'une production à grande échelle mais requerrait des efforts en termes de recherche, d'amélioration des procédés et de développement de la formation, ainsi que des actions collectives et d'appui à la commercialisation.

Source : Cahiers Agricultures

Plongée en vidéos dans les filières avicole et d'arachides au Sénégal

La Fondation FARM a récemment mis en ligne douze vidéos, accompagnées de fiches didactiques, consacrées à la production d'arachides et à l'aviculture sénégalaises. Réalisées en 2018 par des étudiants de l'ISTOM (Angers), elles donnent la parole aux acteurs de terrain et mettent en évidence les dynamiques collectives, les défis rencontrés, les besoins (formation, coordination, accès au crédit), etc. Ces vidéos permettent également de prendre la mesure des différences entre les deux filières : si la production d'arachides est principalement tournée vers l'exportation de graines et d'huile, le fort essor de l'aviculture a fait suite aux interdictions d'importations de 2005 (grippe aviaire), ce secteur fonctionnant pour l'heure en « vase clos ».

Source : Fondation FARM

Vers une pénurie de main-d’œuvre en agriculture aux États-Unis ?

Ce constat, publié en juin 2019 dans le magazine Choices, a été posé à partir de la modélisation de l'offre de travail des ouvriers mexicains, représentant actuellement 68 % de la main-d’œuvre employée dans les exploitations aux États-Unis. Compte tenu de l'évolution démographique et sociale du Mexique (forte baisse de la natalité en zones rurales, progression du niveau d'éducation), la principale source d'ouvriers agricoles se réduit régulièrement, alors que les exploitations américaines recrutent principalement de jeunes hommes d'origine agricole ou rurale, et faiblement éduqués. Les actifs ruraux se détournent donc de l'agriculture, profitant de la tertiarisation de l'économie mexicaine, et l'absence d'investissements dans la mécanisation des travaux agricoles aux États-Unis pourrait à terme poser d'importants problèmes.

Les chercheurs ont modélisé l'offre de main-d’œuvre pour déterminer son élasticité par rapport aux salaires versés. Toutes choses égales par ailleurs, pour la maintenir au niveau actuel, les salaires réels devraient augmenter de 10 % au cours des 10 prochaines années, poursuivant l'évolution récente. Cette hausse conduirait cependant à une modification des modes de production, en faveur de systèmes moins consommateurs de main-d’œuvre (mécanisation, gestion du travail), mais également à une diversification des origines des travailleurs.

Source : Choices

Les Européens et la sécurité sanitaire alimentaire : résultats d'un récent Eurobaromètre

Début juin 2019 ont été rendus publics les résultats d'un Eurobaromètre consacré à la perception de la sécurité sanitaire dans l'Union européenne, s'appuyant sur un échantillon d'environ 27 600 personnes interrogées en face à face, en avril, dans les 28 États membres. La précédente enquête datait de 2010. Des enseignements intéressants en ressortent, tant au niveau européen que par pays. Ainsi, les Français montrent un intérêt plus fort pour le sujet (60 % contre 41 % en moyenne). La sécurité sanitaire fait partie des quatre principaux critères de choix des produits alimentaires pour les Européens, avec l'origine, le coût et le goût. Les répondants français se distinguent par une sensibilité beaucoup plus marquée accordée à l'origine des aliments (critère important pour 71 % contre 53 % en moyenne européenne).

La télévision est l'une des principales sources d'informations sur les risques alimentaires (69 %), Internet (hors réseaux sociaux) étant mobilisé par 46 % des répondants, les journaux par 38 % et les proches par 37 %. Les plus jeunes (15-24 ans) se caractérisent par un recours plus élevé aux réseaux sociaux (45 %) et à Internet (63 %). Enfin la présence, dans les aliments, de résidus d'antibiotiques, d'hormones, de stéroïdes, de pesticides, de polluants environnementaux ou d'additifs alimentaires est au premier rang des préoccupations : des cartes interactives permettent de comparer les proportions relatives à chaque pays.

Part des personnes interrogées préoccupées par les polluants environnementaux dans le poisson, la viande ou les produits laitiers

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Source : EFSA

Source : EFSA

Structure et évolution du réseau mondial d'échanges de céréales

Des chercheurs décrivent, dans un article de mai 2019, la façon dont se sont organisés les échanges internationaux de céréales de 1986 à 2013. Pour ce faire, ils s'appuient sur la théorie des graphes, un graphe étant un ensemble de nœuds et de liens représentant respectivement les pays et leurs échanges de céréales : si un pays vend des céréales à un autre l'année n, un lien les relie dans le graphe représentant cette année-là.

La structure du réseau a évolué au cours du temps, passant d'une organisation centrée sur des hubs, principalement les pays d'Europe de l'Ouest et les États-Unis, à un accroissement des échanges entre États historiquement moins centraux, notamment, depuis les années 1990, les pays émergents asiatiques et sud-américains. Cette diversification des voies d'échanges et des approvisionnements pourrait se traduire par une meilleure résistance aux perturbations.

Source : PLOS One

La plateforme Biodiversité 2020

Réunir régulièrement les acteurs français concernés pour décrypter l'actualité internationale de la biodiversité, sur la route de la COP 15 en Chine (2020), c'est ce que proposent l'Iddri, l'AFB et Sciences-Po. Le premier rendez-vous a eu lieu le 27 juin 2019, à Paris. En lien avec le dernier rapport de l'IPBES (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog), qui désigne le changement d'usage des sols et la surexploitation des ressources comme les deux premières causes de dégradation de la biodiversité, plusieurs interventions ont porté sur l'agriculture et l'alimentation. Outre le scénario pour une Europe agro-écologique (TYFA), développé par l'Iddri et AscA, des initiatives privées de soutien à l'agriculture durable ont été exposées, présentées comme des alternatives à la démarche agro-écologique : la promotion d'un modèle « d'agriculture régénératrice », par Danone, et, dans le domaine des marchés financiers, des stratégies d'investissements dans l'économie de restauration et un engagement de « neutralité de dégradation des terres » par le fonds d'investissement Mirova, filiale de Natixis.

Source : Iddri

10:45 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : iddri, biodiversité, cop |  Imprimer | | | | |  Facebook

Un matériau à base de bois plus résistant que l'acier et le bois brut

Tel est le résultat obtenu par une équipe de chercheurs américains et chinois, récemment présenté dans Science. Ce nouveau matériau, qui peut être utilisé en structure (toiture et murs), est constitué de bois délignifié et densifié, ce qui lui confère des propriétés mécaniques exceptionnelles : il est 10 fois plus résistant que le bois brut et 3 fois plus que l'acier couramment utilisé en construction. Par ailleurs, il rétrodiffuse le rayonnement solaire et émet fortement dans les longueurs d'onde de l'infrarouge moyen, entraînant un refroidissement continu en sous-face, ce qui permettrait des économies d'énergie de 20 à 60 % selon la zone climatique.

Réaction au rayonnement solaire du cooling wood, selon les heures du jour, en écart à la température ambiante

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Source : Science

Source : Science

09:55 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : construction, bois |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/07/2019

Note du Conseil d'analyse économique sur le cannabis

En juin 2019, le Conseil d'analyse économique a publié une note intitulée Cannabis : comment reprendre le contrôle ? Constatant l'échec de la stratégie française de prohibition (notamment au regard des conséquences sur les plus jeunes), du poids sur les dépenses publiques et de la criminalité, les auteurs explorent des pistes pour « reprendre le contrôle de ce marché ». S'appuyant sur une analyse économique et sur l'étude d'expériences étrangères, ils proposent notamment la mise en place d'un monopole de production et de distribution du cannabis. Une gestion centralisée, sous l'égide d'une autorité indépendante (« régulateur compétent et indépendant »), permettrait de contrôler les volumes cultivés et mis en circulation, de s'assurer d'une production en quantité suffisante (pour éviter le marché noir) et de qualité, de fixer les niveaux de prix, etc. La création de cette filière aurait également des effets en matière de nouvelles activités agricoles et commerciales, d'emploi et de retombées fiscales. Les auteurs rappellent que la France est l'un des plus importants producteurs mondiaux de chanvre (utilisation médicale) et que d'autres utilisations (pharmaceutique, cosmétique, boissons, etc.) font l'objet d'investissements dans différents pays.

Source : Conseil d'analyse économique

09:52 Publié dans Filières agricoles, Société | Lien permanent | Tags : cannabis, chanvre, conseil d'orientation économique |  Imprimer | | | | |  Facebook