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13/12/2018

Focus sur les collectifs citoyens belges

En novembre 2018, la Fondation Roi Baudouin a publié, dans le cadre de son Observatoire des associations et des fondations, les résultats d'un travail du think tank Oikos portant sur les collectifs citoyens créés en Belgique en 2015 et 2016. Définis comme « des organisations dans lesquelles des citoyens prennent eux-mêmes l'initiative de relever certains défis communs, pendant une période assez longue », faisant bouger les contours classiques de la société civile, ces collectifs sont en augmentation nette depuis une quinzaine d'années, dans divers domaines, dont celui de l'agriculture et de l'alimentation. Les auteurs ont recensé 249 créations au cours des deux années étudiées, et ont complété l'analyse par une enquête auprès de ces organisations et des entretiens. Il en ressort notamment que les initiateurs sont souvent des personnes entre 36 et 45 ans, politiquement engagées, ayant un haut niveau d'éducation, mais des revenus faibles à moyens. On note également un équilibre entre hommes et femmes.

Domaines dans lesquels les collectifs citoyens se situent eux-mêmes (en chiffres absolus, plusieurs réponses possibles)

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Source : Fondation Roi Baudouin

En matière agricole et alimentaire, les collectifs se forment autour de divers objectifs : approvisionnement direct auprès d'un agriculteur, création de supermarchés coopératifs et de potagers communautaires, etc. Des initiatives locales, devenues des « niches » importantes pour le système alimentaire belge, et des stratégies à l'échelle urbaine, sont détaillées. Les auteurs classent ensuite ces démarches alimentaires alternatives selon deux axes, l'engagement écologique et la collaboration entre producteurs et consommateurs (figure ci-dessous). Ces collectifs sont confrontés à des défis organisationnels (gestion horizontale vs hiérarchique, efficacité vs participation, engagement bénévole vs professionnalisation), de ressources (terres, financements, infrastructures, etc.) et institutionnels. Huit recommandations sont alors formulées : adaptation du cadre juridique belge à ces nouveaux modèles d'organisation, évolution des soutiens de la Politique agricole commune, mutualisation des connaissances et expertises entre collectifs, utilisation des opportunités du numérique sous l'angle du « platform cooperativism », inclusion de toutes les catégories de la population dans les initiatives, etc.

In fine, les auteurs appellent à ne faire preuve « ni d'un optimisme aveugle, ni d'une sous-évaluation [du] potentiel » de ces organisations, lesquelles répondent à des « besoins sociaux concrets ». Ils incitent ainsi à plus de synergies et de complémentarité avec les grandes associations et les pouvoirs publics, et à un suivi dans le temps.

Représentation du secteur alimentaire alternatif

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Source : Fondation Roi Baudouin

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Fondation Roi Baudouin

06/06/2017

Quelle gouvernance pour les groupes d'achats alimentaires collectifs ?

Mis en ligne début mai, un article de la revue Ecological Economics s'intéresse aux caractéristiques de la gouvernance de 104 groupes d'achats alimentaires collectifs belges, représentatifs de la diversité de ces organisations (coopératives agriculteurs-consommateurs, associations de consommateurs, etc.). Se développant depuis les années 1960, ces initiatives représentent, à l'échelle mondiale, une niche importante d'innovations pour la promotion de systèmes alimentaires durables, et permettent l'expérimentation et l'apprentissage de changements dans les modes de vie et les pratiques de production notamment.

Sur la base d'entretiens, les auteurs montrent que la transition durable est généralement construite comme un concept multi-dimensionnel. De plus, ils mettent en évidence des besoins de gouvernance différents selon les composantes des activités des groupes : sont imbriqués, dans tous les cas, des aspects relatifs à la logistique pour un approvisionnement durable et local (social enterprise) et à un apprentissage s'appuyant sur des réseaux sociaux décentralisés en lien avec d'autres initiatives (social network). Pour les auteurs, cet article vise à « stimuler la réflexion sur la combinaison appropriée de différents mécanismes » pour soutenir la transition des systèmes alimentaires.

Source : Ecological Economics

08:49 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : circuits courts, amap, belgique, groupement d'achat |  Imprimer | | | | |  Facebook