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01/03/2011

Changement climatique et agriculture : scénario noir

Un réchauffement d’au moins 2,4 degrés de la température du globe d’ici 2020 combiné à un important accroissement de la population risque de créer des pénuries mondiales dans la production des principales cultures, selon un rapport d’experts privés publié par l’Universal Ecological Fund, une organisation non gouvernementale argentine.

La production mondiale de blé subirait un déficit de 14% par rapport à la demande d’ici dix ans. Ce chiffre serait de 11% pour le riz et de 9% pour le maïs. Le soja est la seule culture majeure qui connaîtrait une augmentation de sa production, permettant un excédent de 5% sur la demande, selon cette projection.

L’Inde, second producteur mondial de riz et de blé, pourrait subir une diminution de jusqu’à 30% de ces deux récoltes. En revanche, la Chine, plus grand producteur de riz et de blé et second de maïs devrait accroître ces productions de 20%.

En Europe, les pays du Nord, comme la Suède ou la Norvège, bénéficieront du réchauffement pour voir leurs rendements de blé grimper de 3 à 4% d’ici 2020, selon ce rapport.

Mais les pays européens du bassin méditerranéen dont l’Italie, l’Espagne et la France subiraient une baisse de 10% de l’ensemble de leurs récoltes, surtout des raisins dont ils représentent ensemble aujourd’hui 30% de la production mondiale.

L’Amérique latine et les Caraïbes devraient voir leurs récoltes de blé, de riz, de maïs et de soja diminuer de 2,5 à 5% d’ici dix ans, mais le Brésil et l’Argentine devraient pouvoir accroître leur production de soja de 21 et 42% respectivement.

En Amérique du Nord, une baisse des précipitations va surtout toucher les Etats-Unis, notamment l’ouest, posant des problèmes d’irrigation et affectant diverses productions. Si les auteurs prévoient une certaine augmentation des rendements de blé dans les Grandes Plaines, ils prédisent une réduction des récoltes de maïs et de soja dans la « Corn belt ».

Enfin l’Afrique devrait voir les deux tiers de ses terres arables disparaître d’ici 2025 en raison de la sécheresse.

Cette étude a été jugée erronée et alarmiste par des experts du climat. Certains jugent en effet qu'il faudrait en effet non pas 9 ans mais « plusieurs décennies » pour que les moyennes augmentent de 2,4 degrés celsius, et que les rejets de CO2 ont une incidence non pas immédiate mais perceptible des dizaines d’années après. Les auteurs de l'étude ont rétorqué qu'ils s'étaient basés sur l’augmentation de l’ensemble des gaz à effet de serre calculée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son bulletin de novembre 2009. 

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28/02/2011

Prévisions de l'USDA à l'horizon 2020

L'USDA a rendu puliques ses prévisions 2011-2020. Ces prévisions annuelles portent sur les productions, le commerce agricole, les revenus agricoles américains ou encore les prix des aliments. Elles sont basées sur un certain nombre d'hypothèses : absence de chocs climatiques ou autres, retour de la croissance mondiale à 3%-4% par an, poursuite de la production de biocarburants et hausse continue de la demande alimentaire mondiale.

Selon ces projections, le commerce international agricole va connaître une forte croissance dans les années à venir. Les échanges de blé en 2020 seraient ainsi de 24 % supérieurs à ceux de 2010/2011. Les pays d'Afrique et du Moyen-Orient deviendraient notamment des importateurs massifs de viande (ils représenteraient, en 2020, 45% des importations mondiales de poulet et 20% de celles de bœuf).

Leur part dans les importations de céréales serait également croissante :

 

Pages de USDA projections 2001 2020.jpg

Parmi les conclusions, sur le long terme les prix agricoles seraient à un niveau très élevé, et la valeur des exportations américaines, comme le revenu agricole dans ce pays, progresseraient durant la période.

 

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27/01/2011

Perspectives 2010-2020 des marchés et des revenus agricoles de la Commission

La Commission a rendu publiques ses Perspectives 2010-2020 de marché et de revenu agricoles. A noter, les améliorations affichées par la Commission par rapport aux précédents rapports : un horizon temporel élargi (de 10 ans et non plus de 7) ; une plus large couverture des produits agricoles (prise en compte notamment des biocarburants) ; l'élaboration de scénarios alternatifs et enfin une amélioration du processus de modélisation par l'implication d'un plus grand nombre d'experts. La Commission souligne en effet l'importance de ce rapport pour alimenter les réflexions sur la future PAC.

Les hypothèses sur lesquelles reposent les conclusions globales du rapport ne laissent pas envisager de quelconque rupture dans les 10 années à venir : environnement macroéconomique stable, perspectives favorables sur le marché mondial, demande agricole globale stimulante, et statu quo des politiques environnementales, agricoles et commerciales. Selon les conclusions, la production européenne resterait en-deçà de son potentiel, du fait d'une augmentation du prix des intrants limitant la profitabilité de la production.

L'Europe perdrait en compétitivité à l'export, avec une perte de parts de marché alors que la demande mondiale est prévue croissante. La Commission prévoit en revanche un certain rééquilibrage des « marchés agricoles ». Elle estime qu'il ne sera pas nécessaire de recourir à l'intervention, hormis pour la poudre de lait écrémé. Les revenus agricoles devraient augmenter de 20 % entre 2005-2009 et 2010 du fait de la poursuite de la baisse des actifs agricoles, mais plus fortement dans les nouveaux États membres (+45 %, VS +10 % pour les anciens). Toutefois, le rapport ne contient aucun élément quantifié sur l'évolution des prix agricoles.

Pour tenir compte des incertitudes pesant sur les hypothèses initiales, quelques variantes sur l'offre, la demande, le contexte macro économique et les biocarburants ont été testées, et 6 scénarios ont été construits. Dans le premier, de plus hauts rendements en céréales (plus grande utilisation d'intrants) conduiraient à une baisse de leurs prix profitant aux éleveurs au détriment des céréaliers, et à une augmentation des exportations de céréales de l'Union. Si ces gains de rendements se situaient dans un contexte mondial de progrès technique (scénario 2), les gains à l'export pour l'Europe en seraient amoindris. Le troisième scénario analyse des évolutions alternatives du prix des intrants, et montre son impact sur la compétitivité européenne, alors que celui sur les revenus est limité. Une plus grande croissance dans les pays émergents (scénario 4) n'aurait que peu d'impact pour les marchés européens. Le cinquième scénario prend en compte des ruptures dans la croissance mondiale et le prix du pétrole, et montre que ces variations affecteraient surtout les productions d'oléagineux.

Enfin, dans le dernier scénario qui analyse les effets du prix du pétrole, un prix accru du baril combiné à une diminution de la demande de carburants pour le transport serait favorable à la consommation de biodiésel mais sa production ne satisferait pas la demande intérieure.

Marie-Sophie Dedieu, CEP (Centre d'études et de prospective)

11:09 Publié dans 3. Prévision, PAC, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les causes de la volatilité des prix agricoles

 

Le Centre d'Analyse stratégique a publié une note d'analyse relative à la volatilité des prix des produits agricoles. Après une présentation des principaux enjeux, qui diffèrent selon le niveau de développement et la structure commerciale des pays, la note revient sur les causes de la volatilité des prix sur les marchés agricoles.

La rigidité de la demande de produits agricoles et les anticipations imparfaites des agents conduisent à considérer la volatilité comme structurelle des marchés agricoles. D'autres facteurs des récents épisodes de volatilité sont par ailleurs soulignés : la diminution du recours au stockage public, les politiques d'incorporation des biocarburants induisant une demande incompressible quelque soit le niveau des prix ; les épisodes climatiques et leurs impacts dans un contexte d'étroitesse des marchés internationaux des produits agricoles. La relative faible valeur du dollar a aussi pu stimuler la demande de produits agricoles sur les marchés internationaux. Certains États ont par ailleurs induit de plus fortes variations de prix du fait de leurs comportements de précaution en situation de crise, comme les limitations temporaires des exportations. Enfin, si les marchés financiers sont nécessaires en agriculture notamment pour le partage des risques, l'afflux d'acteurs financiers en quête de diversification de leur portefeuille a pu également amplifier les variations de prix, bien que cela soit difficilement démontrable (beaucoup de transactions se faisant de gré à gré).

Cette analyse des causes de la volatilité des prix conduit alors à différentes recommandations, visant à la limiter mais aussi à en atténuer les effets : augmenter l'offre agricole dans les pays vulnérables pour réduire la dépendance vis à vis des importations ; instituer une coopération alimentaire internationale ; développer les capacités de stockage ; aider les importateurs à limiter la transmission de la volatilité sur leurs marchés domestiques ; favoriser la transparence sur les marchés à terme et encadrer les opérateurs intervenant sur les marchés agricoles.

Marie-Sophie Dedieu, CEP (Centre d'études et de prospective)

10:53 Publié dans Climat, Production et marchés, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/01/2011

L'Afrique du Nord face à la dépendance céréalière

L’année 2011 s’ouvre dans un contexte de forte hausse des denrées agricoles de base, parmi lesquelles les céréales, produit dont la dimension stratégique au sein des pays méditerranéens du Sud.

Une note du CIHEAM, après avoir constaté l’actuelle flambée des prix alimentaires, entend revenir sur la situation céréalière mondiale pour observer la fragilité structurelle de l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Egypte) sur cette question.

En moyenne depuis 2004, l’Afrique du nord pèse pour 2 à 3% de la production mondiale de blé.

La consommation de blé dans la région augmente année après année, passant ed 32,3 millions de tonnes en 2004/2005 à plus de 40,1 millions de tonnes pour 2010/2011soit une hausse de 24%, contre 9% enregistré à l’échelle mondiale. La région représente 6% de la consommation mondiale en blé, cette part étant à la hausse tendanciellement. L’Afrique du Nord consomme donc deux fois plus de blé qu’elle n’en produit en moyenne au cours des dernières années.

Dans ce contexte, ce sont naturellement les importations qui permettent de répondre à la croissance de la demande en blé. Les pays de l’Afrique du Nord représentent une part moyenne annuelle de 16 à 19% du total mondial des importations en blé.

Il est évident que la dépendance céréalière des pays nord-africains est structurelle et qu’elle devrait continuer à se renforcer à l’avenir, si l’on prend compte des perspectives liées aux impacts du changement climatique sur la production locale de la zone.

14:14 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2010

Le gouvernement chinois veut lutter contre la hausse des prix agricoles

Le gouvernement chinois a fait savoir son intention de mettre en place une politique de contrôle des prix alimentaires. En effet, l'inflation augmente beaucoup dans ce pays et les denrées alimentaires sont particulièrement touchées : le coût moyen de 18 variétés de légumes de base a augmenté de 62% en un an dans plus de 36 grandes villes.

Pour tenter de remédier à cette augmentation des prix, le gouvernement chinois a décidé différentes mesures :

- Un encadrement rigoureux des prix agricoles et alimentaires pour éviter toute volatilité extrême qui ne correspondrait pas aux fluctuations « naturelles » observées sur les marchés agricoles.

 - Des mesures de déstockage en puisant dans les réserves nationales. Ainsi, depuis la fin du mois de septembre, 62 400 tonnes de porc et 410 000 tonnes de sucre ont déjà été introduits sur les marchés.

 - Des mesures monétaires par une appréciation des taux directeurs pratiqués par la Banque centrale chinoise de manière à freiner l'afflux de liquidités et des investisseurs sur les marchés agricoles.

 - Des mesures financières par une appréciation « modeste » du yuan visant à accroître le pouvoir d'achat des consommateurs chinois pour acheter des produits agricoles et alimentaires renchéris.

 Ceci montre que la volatilité et l'inflation des prix agricoles et alimentaires sont aujourd'hui au cœur des préoccupations des grandes puissances agricoles.

Source et commentaire : Momagri

11/11/2010

Perspectives de la filière laitière en Nouvelle-Zélande

La production laitière néo-zélandaise a fortement progressé durant les 3 dernières décennies. La Nouvelle-Zélande exporte 95% de sa production, ce qui représente plus du tiers des échanges mondiaux en produits laitiers. Du fait de l’intensification fourragère et de l’expansion laitière, la production fait désormais face à des contraintes environnementales qui viennent remettre en cause ses perspectives de développement futur.

Dans un dossier très complet, l’Institut de l’élevage fait le point sur les perspectives du système bovin lait en Nouvelle-Zélande. Selon les projections, l’objectif de 3% de croissance annuelle fixé pour la prochaine décennie sera bien difficile à atteindre. En effet, la majorité des gains de productivité « facilement » réalisables (intensification fourragère et occupation des terres du Sud) a été réalisée.

On trouvera dans ce dossier des éléments d'analyse tant sur les producteurs de lait dans leur cheminement jusqu'à l'installation que sur les systèmes de production, la coopérative laitière Fonterra, son système d'enchère et ses dynamiques d'investissements, ainsi que les investissements étrangers - notamment chinois - , et le tout dans une perspective dynamique.

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

10:58 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : nouvelle-zélande |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/09/2010

Création d’un contrat à terme européen poudre de lait écrémé

Nyse Euronext va proposer trois contrats à terme pour les produits laitiers à l'échelle européenne : un contrat pour la poudre de lait écrémé, qui sera ouvert le 18 octobre, un contrat pour le beurre et un contrat pour la poudre de lactosérum, ces deux derniers étant prévus pour le premier trimestre 2011. Les contrats ont été définis après deux ans de travaux, tels qu'ils puissent être utilisables pour un maximum d'opérateurs afin d'assurer la liquidité du marché. Au delà de la qualité de produit fixée dans le contrat, ils peuvent faire l'objet toutefois d'une prime ou décote en fonction de la qualité visée. Les contrats pour la PLE sont de 24 tonnes (taille moyenne UE d'un camion), avec trois zones de référence prix physique : Rotterdam, Anvers, et Hamburg, rayon de 150 km, en euros. La possibilité de livrer ou de prendre livraison assure la corrélation avec les prix sur le marché physique.

 Les contrats à terme ont été présentés au départ comme des instruments de couverture de risque pour tous les opérateurs d'une filière. Au-delà de la couverture de risque, les autres rôles de ces contrats ont été soulignés : prix de référence unique, pour un marché centralisé, qui n'existe pas aujourd'hui; indication des prix jusqu'à 18 mois à venir, des prix transparents, accessibles à tous. Ainsi, le lait ne sera pas coté directement mais des éléments seront disponible sur sa valorisation, et il y aura une certaine visibilité sur les prix à moyen terme.

 Parmi les points qui ont fait débat lors de la présentation faite au Space de Rennes :

 - Les contrats à terme ne seront pas utilisables pour les producteurs, il sont destinés premièrement aux industriels.

- La couverture du risque pour les industriels permettra-t-elle d'établir des contrats producteurs - laiterie à prix fixé pour une plus longue durée ?

- Le "signal prix" qui sera donné par le marché à terme permettra-t-il un meilleur ajustement de la production aux conditions de marché ?

- Comment assurer la liquidité des marchés de produits laitiers alors que 3 – 4 opérateurs sont leaders en France ?

Marie-Sophie Dedieu, CEP

16:52 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/09/2010

Les cours des matières premières agricoles seraient de plus en plus liés aux prix de l'énergie et à la spéculation

Une étude de la Banque Mondiale revient sur les raisons de la hausse des prix des matières premières qui a abouti au pic des prix agricoles en 2006-08. Elle relativise tout d'abord l'importance de deux facteurs qui ont souvent été mis en avant ; biocarburants et demande des pays émergents. A l'inverse, trois facteurs sont mis en avant : le prix du pétrole, la spéculation et l'intégration des marchés agricoles.

Selon l'étude, l'augmentation de la demande des pays émergent n'aurait pas eu d'effet significatif. L'impact de l'essor des biocarburants serait moindre qu'initialement pressenti. Les auteurs soulignent par contre l'importance de l'influence des prix des énergies fossiles sur la formation des prix agricoles internationaux. Cette influence a été forte sur toute la deuxième moitié du XXè siècle, et elle a cru lors de la dernière crise. L'étude insiste aussi sur la forte intégration des différents marchés des matières premières : ainsi la hausse des prix du pétrole s'est d'abord répercutée sur les prix du maïs (sollicité pour la production d'éthanol), puis sur celui du blé. Enfin, l'étude insiste sur le rôle de la spéculation liée à la financiarisation croissante des marchés agricoles et du marché de l'énergie. Ainsi, il semble que la formation des prix agricole soit de plus en plus déconnectée de l'évolution de l'offre et de la demande agricole.

Le rapport conclue sur la forte incertitude qui pèse sur l'évolution des prix futurs. En effet, il est impossible actuellement de tracer de réelles tendances de prix, la volatilité est ce qui caractérise le mieux l'évolution des prix des matières premières.

Enfin, le rapport met en garde les décideurs politiques : avant toute tentative de mesure politique visant à résorber l'impact de la hausse des prix agricoles pour les pays émergents, il faut tout d'abord s'attacher à mieux connaître les facteurs qui altèrent les prix sur le long terme.

Marie-Aude Even, Fabienne Portet (CEP)

L'étude (42 p.)

31/08/2010

OPA sur le premier fabriquant d'engrais mondial

BHP Billiton, leader mondial de l'industrie minière, vient de lancer une OPA sur Potash Corporation of Saskatchewan (Potash Corp), le numéro un des fabricants d'engrais dans le monde.  D'un côté, le géant minier BHP est présent dans 25 pays, représente plus de 40000 emplois et possède des actifs dans les ressources énergétiques fossiles, l'aluminium, le manganèse, le cuivre, la potasse, le nickel, les diamants, le minerai de fer ou le charbon.  De l'autre côté, Potash Corp est de loin le leader des engrais, mais affiche un chiffre d'affaires nettement à la baisse en 2009. Ce groupe canadien possède 20 % des capacités d'extraction de potasse du monde à lui seul.

L'OPA hostile s'annonce longue et tendue, Potash Corp ayant rejeté vivement la proposition. Si toutefois elle aboutissait, les activités du conglomérat minier BHP s'élargiraient nettement. Avec la tendance haussière pour la demande et pour les prix des engrais minéraux annoncée par l'IFA (International Fertilizer Industry Association) dans les prochaines années, l'activité sur la potasse de ce nouveau géant entraînerait une concentration du marché mondial de la potasse, avec de potentiels effets sur l'offre. Le secteur russe de la potasse pourrait d'ailleurs réagir, avec un possible soutien de l'Etat à une fusion, en créant le deuxième producteur mondial de potasse derrière Potash Corp.

Cette OPA intervient dans un contexte de rapprochements et de fusions dans le secteur des fabricants d'engrais depuis 2009.


Thuriane Mahé, CEP


Sources : IFA, Les Echos, La Croix, L'expansion.

Voir aussi l'étude :

État, perspectives et enjeux du marché des engrais

17:07 Publié dans Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/07/2010

USDA : Justification des mesures de soutien à l'export

Un rapport de l'USDA présente une analyse coût / bénéfice des mesures de soutien à l'export, qui montre que le bilan est largement positif.

Au delà des résultats chiffrés de ce rapport - 1$ dépensé pour le développement des marchés induit une hausse des exportations de 35 $ - , il est intéressant de voir comment les programmes de soutien à l'export américains sont justifiés.

Le rapport met en avant pour cela l'existence de défaillances de marché : il est supposé que globalement, les entreprises sous-investissent dans la promotion des exportations en comparaison de l'optimal social, du fait de l'existence d'externalités positives qu'elles ne peuvent pas s'approprier.

Ceci est expliqué par l'existence de trois sources de défaillances :

- la présence d'incertitudes conduit les firmes à ne réaliser que des actions de promotion de court terme, annuelles,

- l'existence d'un "effet de halo" : le développement du marché d'un produit peut entraîner celui d'un autre produit,

- le développement des exportations peut aussi avoir des conséquences positives sur les exploitations agricoles et l'économie en général.


Ces trois défaillances ont, selon ce rapport, été vérifiées empiriquement.

Marie-Sophie Dedieu (CEP)

L'étude de l'USDA (18 p.)

11:37 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/06/2010

Des alternatives aux acquisitions massives de terres dans les pays en développement

Un rapport publié le 22 juin 2010 par l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED) et commandité par la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et l'Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC) montre comment les investissements dans l'agriculture des pays en développement peuvent être structurés en alternative aux acquisitions massives de terres.

Il présente divers types de collaboration dont les gros investisseurs et les petits paysans peuvent tirer des avantages réciproques, en les répartissant en six grands chapitres: agriculture sous contrat, contrats de gestion, fermage et métayage, joint ventures, coopératives fermières et liens amont-aval.

Aucun modèle unique ne semble l'emporter comme panacée valable en toutes circonstances pour les petits agriculteurs. Pour offrir des avantages aux exploitants tout en gardant un attrait pour les investisseurs, chaque contexte spécifique doit prendre en compte le régime foncier local, les politiques, la culture, l'histoire, et les considérations biophysiques et démographiques.

 Il indique que les directives internationales en matière d'investissement agricole devraient promouvoir les modèles d'investissement qui offrent davantage d'opportunités aux petits agriculteurs locaux.

Le rapport (116 p.)

 

11:27 Publié dans Développement, Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/06/2010

Perspectives agricoles à l'horizon 2019

L'OCDE et la FAO ont publié le 15 juin leurs dernières prévisions conjoncturelles pour les dix prochaines années. Les principales hypothèses utilisées pour réaliser ces prévisions sont une reprise économique mondiale et une hausse des couts de l'énergie. Au final, l'OCDE estime que les prix des produits agricoles sur la prochaine décennie pourraient être supérieurs aux prix observés entre 1997-2006, soit avant la flambée des prix. Cela est valable aussi bien pour les produits végétaux que pour les produits animaux (à l'exception de la viande de porc). Les plus fortes hausses concernent les huiles végétales et les produits laitiers (beurre) avec des hausses de plus de 40% en termes reels.

Les pays en développement pourrait être la principale source de croissance de la production agricole mondiale, de la consommation et des échanges : (cliquer pour aggrandir)

 

OCDE FAO 2019.jpg

L'OCDE et la FAO reconnaissent que ces prévisions se fondent sur des hypothèses de conditions «normales» et ne prennent donc pas en compte des nombreuses incertitudes sur les conditions climatiques, les facteurs macroéconomiques ou les interventions publiques. Ils recommandent des actions publiques pour faire face aux conséquences négatives de la volatilité, notamment le maintien de stocks de sécurité de produits alimentaires.

Pierre-Emmanuel Lecoq (CEP)

 

La synthèse (100 p)

07/05/2010

Volatilité des prix

Un rapport sur la volatilité des prix du pétrole, coordonné par Jean-Marie Chevalier, fait le point sur cette question. Il s'intéresse dans un premier temps aux interactions entre marchés physiques et marchés financiers, qui limitent les capacités de régulation politique.

Il expose ensuite les réflexions en cours pour améliorer le fonctionnement des marchés pétroliers.

Plusieurs des éléments développés peuvent s'appliquer aux marchés agricoles, même s'il y a des différences majeures entre les deux types de produits.

Le rapport (144 p.)

17:59 Publié dans Energie, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

La compétitivité de l'agriculture néozélandaise menacée

L'agriculture néozélandaise a toujours été considérée comme très compétitive. Cependant, un rapport de KPMG indique que son avantage comparatif pourrait s'éroder dans les cinq prochaines années face à ses concurrents de d'Amérique du Sud, de Chine et d'Asie centrale, des pays qui ont des coûts du travail et du foncier plus bas, et qui sont plus près géographiquement des marchés émergents.

La Nouvelle-Zélande a 5 ans pour adopter un modèle de production plus efficient, selon le rapport, en investissant massivement dans la sicence, la technologie et les infrastructures pour produire une alimentation de qualité et gagner en valeur ajoutée. Le gouvernement doit également développer une meilleure politique de gestion des ressources en eau et améliorer les techniques de traçabilité.

Le rapport de KPMG (64 p.)