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10/02/2015

Une discipline internationale en matière de restrictions aux exportations (export bans) serait freinée par l’asymétrie de la distribution statistique des prix agricoles

Dans un working paper récemment publié par le CEPII, C. Gouel explore les conditions d’une éventuelle discipline internationale dans l’imposition unilatérale de mesures commerciales de protection contre les fortes variations de prix. À la différence de l’augmentation des droits de douane ou des subventions aux exportations, les mesures en question ne sont pas régulées par des dispositions de l’OMC. Cette asymétrie dans le traitement des mesures commerciales et cette lacune dans la discipline collective ont été souvent pointées, mais, en dépit des appels nombreux en ce sens, ce point n’a encore jamais été inscrit à l’agenda de l’OMC.

Faute de cadre contraignant à l’OMC, une discipline spontanée (self-inforcing trade agreement) émerge malgré tout des partenaires commerciaux pour réfréner leur intervention, discipline que l’auteur explique par la crainte pour chaque partenaire de voir la non-coopération ponctuelle tourner en guerre commerciale permanente. Ce sont les conditions de cette discipline collective qu’analyse l’auteur dans un travail résolument théorique mêlant équilibre partiel, théorie des jeux et simulations numériques.

C. Gouel explore le cas théorique de deux pays (l’un exportateur, l’autre importateur) en interaction stratégique pour l’échange des surplus de l’un vers l’autre, et confirme bien l’effet sous-optimal (par rapport à la solution de libre échange) de l’équilibre correspondant à cette interaction stratégique : restriction des échanges, perte globale pour les deux économies cumulées et volatilité accrue du prix mondial. Sous conditions, la perspective d’interactions futures empêche toutefois cet équilibre sous-optimal de survenir à chaque période, rendant possible la situation de libre-échange. Selon l’auteur, la coopération « spontanée » rendue possible par l’arbitrage de chaque pays entre les considérations présentes et futures, réduit la volatilité des prix mais seulement pour les chocs de faible ampleur.

L’auteur s’intéresse aussi aux conséquences de l’asymétrie des distributions de prix agricoles, les prix bas (inférieurs à la moyenne) étant plus fréquents que les prix hauts, mais les pics de prix plus probables que les fortes chutes. Cette asymétrie dans les distributions de prix fait que, globalement, les pays exportateurs sont davantage incités à rompre la coopération bilatérale pour agir en cas de forte hausse des prix.

Bien que théorique, ce travail apporte des clés de compréhension des stratégies des acteurs qui doivent arbitrer entre considérations commerciales et de stabilisation domestique, entre coopération et unilatéralisme. Il éclaire aussi les raisons qui font qu’un accord à l’OMC pour réduire les droits de douane est plus facilement envisageable qu’un accord pour prévenir les restrictions aux exportations.

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

Source : CEPII

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15/12/2014

Opportunités et risques du Partenariat Transatlantique pour l’agriculture et l’agroalimentaire européens

Dans une étude commanditée par le Parlement européen, le CEPII passe en revue le commerce agricole entre les États-Unis et l'UE et analyse les principales barrières tarifaires et non tarifaires entre les deux régions. Une libéralisation complète (suppression des droits de douane) et une réduction de 25 % des barrières non tarifaires conduiraient, d'après les simulations, à une hausse de 60 % des exportations agricoles européennes vers les États-Unis, et de 120 % des importations depuis ce pays.

Pour le CEPII, le secteur agricole européen aurait très peu à gagner d'une suppression des droits de douane, à moins que les barrières réglementaires et administratives ne soient également réduites. Le secteur qui pourrait espérer augmenter nettement ses exportations serait celui des produits laitiers, ainsi que, dans une moindre mesure, ceux des vins et spiritueux, du sucre et du biodiesel. À l'inverse, la libéralisation du commerce pourrait particulièrement affecter les secteurs européens de la viande bovine, ainsi que ceux de l'éthanol, de la volaille et de certaines céréales.

L'étude vient confirmer que la question de la convergence réglementaire est un enjeu central de cette négociation. Si la libéralisation avait lieu sans aucune baisse de ces obstacles non tarifaires, les producteurs européens pourraient se voir désavantagés par les coûts liés aux réglementations européennes, concernant notamment les OGM, l'usage des pesticides ou la sécurité sanitaire. Mais, à l'inverse, si le cadre réglementaire venait à être harmonisé entre les deux régions, le risque serait grand d'une harmonisation par le bas. En effet, cela pourrait entraîner, selon les auteurs, des modifications importantes de la législation communautaire et conduire à une remise en cause des principes de précaution et de gestion des risques, principes sur lesquels repose le cadre réglementaire européen.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : CEPII

15:20 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ttip |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2014

La DG Concurrence publie un rapport sur l'efficacité des organisations de producteurs en agriculture

Publié mi-2014 par la Direction générale de la concurrence de l’Union européenne, et comportant une analyse de la bibliographie et deux études de cas en Pologne et en Roumanie, ce rapport traite de l'intérêt du développement des organisations de producteurs (OP) en agriculture. Après un rappel des résultats, en termes d'organisation économique, de la négociation du règlement portant organisation commune de marché (Règlement OCM unique, décembre 2013), sont listés les avantages des OP en matière de rééquilibrage des pouvoirs de marché, de réduction des risques économiques, d'accès au marché, de fourniture de services, mais aussi de cohésion sociale et de lien de confiance dans les communautés rurales. En particulier, la capacité des OP à mieux ajuster la production aux besoins des différents acheteurs est considérée comme favorable à la productivité de l'ensemble de la chaîne de valeur.

Par ailleurs, les études de cas mettent en évidence les besoins de structuration de la production agricole dans des États membres marqués par une forte défiance vis-à-vis des actions collectives. On pourra toutefois regretter que les coopératives de commercialisation, formes les plus abouties d'OP, ne soient pas mieux distinguées.

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne – Direction générale de la concurrence

11:17 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ocm, organisation de producteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2014

Commerce international et raréfaction de l'eau

Des chercheurs de Purdue University et de l'IFPRI ont estimé, à l'horizon 2030, les impacts d'une moindre disponibilité de la ressource en eau pour l'irrigation sur l'économie et le commerce international, ainsi que sur les modes de production. La particularité de ce travail réside dans le recours à un modèle d'équilibre général GTAP-BIO-W, alors que, selon les auteurs, les travaux précédents étaient principalement menés avec des modèles économiques d'équilibre partiel. La principale différence porte sur la description des impacts macro-économiques, et donc du commerce international. Le choc appliqué au modèle découle des travaux de Rosegrant et al. (2012) : il s'agit d'une réduction du volume d'eau destiné à l'irrigation (-30 à -60% de disponibilité), touchant principalement l'Asie du Sud.

Au chapitre des résultats, les conséquences sont géographiquement hétérogènes en fonction de divers paramètres (importance de la moindre disponibilité d’eau, intensité de l'irrigation dans la production, possibilité d'étendre l'agriculture pluviale). Les pertes se situent principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, impactant la production mondiale en grandes cultures, et donc celles du secteur de l'élevage et des industries de transformation alimentaires. Pour compenser la perte de productivité résultant de la contrainte sur l'irrigation, le modèle simule une extension des zones cultivées sur 7,6 millions d'hectares supplémentaires. De plus, les régions disposant d’une ressource en eau abondante augmentent leurs productions, issues de l'agriculture irriguée ou pluviale, afin de répondre à leur demande domestique, mais aussi pour augmenter les exportations (par exemple depuis le continent américain et l'Europe vers l'Asie). Les auteurs mettent en évidence l'effet tampon du commerce international, même si les volumes échangés augmentent peu. Cet effet limite la perte de bien-être, estimée autour de 3,7 milliards de dollars (USD 2001).

Les modèles d'équilibre général ont leurs limites, soulevées par les auteurs : la compétition pour l'usage des sols entre agriculture et forêt n'est pas prise en compte, ainsi que le détail au niveau des bassins hydrogéographiques. De plus, il serait intéressant de mieux comprendre les hypothèses sous-jacentes aux règles d'allocation entre agricultures pluviale et irriguée, en particulier du point de vue des investissements. À noter enfin que le modèle tient compte des niveaux de production, de consommation et de commerce en 2001.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Global Environmental Change

11:03 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Production et marchés | Lien permanent | Tags : eau, commerce international |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/10/2014

L'emploi saisonnier dans le secteur agricole et agroalimentaire

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a publié en septembre 2014 un rapport sur la saisonnalité dans les filières agricoles, halieutiques et agroalimentaires, ainsi que sur les enjeux liés à sa gestion. Si le rapport du CESE rappelle le contexte de saisonnalité de la production ou de la consommation agricole, l’axe de travail principal porte sur l'emploi saisonnier dans ces filières françaises : effectifs, nature des contrats et profils recrutés sont largement étudiés, et le rapport pointe les enjeux de professionnalisation et de fidélisation de cette main-d'œuvre. Il préconise en particulier des pistes pour favoriser la pluri-activité et la pluri-qualification des travailleurs saisonniers, afin d'améliorer leur visibilité en termes d'emploi ainsi que l'accès régulier des entreprises à une main-d'œuvre qualifiée. La formation professionnelle, en particulier, devrait, selon le CESE, mieux s'adapter aux spécificités liées à la saisonnalité.

Source : CESE

10:13 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : emploi, saisonnier, cese |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/09/2014

La Thaïlande perd le rang de premier exportateur mondial de riz au profit de l’Inde sur la campagne 2013/2014

Suite aux élections de juillet 2011 en Thaïlande, la mise en place d’un prix garanti du riz local 50% plus cher que le prix mondial a induit une perte de compétitivité du riz thaïlandais à l’exportation. Dès la campagne 2011/2012, les exportations du pays ont quasiment été réduites de moitié, pour remonter péniblement à 9 millions de tonnes en 2013/2014 contre 10,6 millions en 2010/2011. Sur la même période, les stocks domestiques ont gonflé, passant de l’équivalent de 6 mois à 13 mois de la consommation annuelle.

Parallèlement, la Thaïlande perd sa place de premier exportateur mondial au profit de l’Inde dont les exportations ont plus que triplé entre les campagnes 2010/2011 et 2013/2014. Ainsi, entre 2012 et 2014, le prix du riz Thaï 100% Grade B (Bangkok), qui sert de référence sur le marché mondial, a subi une chute de 26%.

riz.JPG

Source : International Grains Council

Face à cette baisse des prix du riz importé, certains pays africains sont sur la défensive et envisagent de protéger leur production par une hausse des droits de douane.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Sources : International Grains Council, Inter-réseaux Développement rural

 

10:18 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : riz, thailande |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2014

Rapport de la Commission européenne sur la mise en œuvre du « Paquet lait »

Dans le cadre de la fin des quotas pour la production laitière européenne, la Commission a rendu mi-juin un rapport présentant l'avancée des transpositions du « Paquet lait » dans les législations nationales des États membres de l'UE. La majorité des membres a adopté des critères pour la reconnaissance des organisations de producteurs, et douze, dont la France, ont introduit des contrats obligatoires. La plupart des relations contractuelles développées le sont entre des producteurs affiliés et leurs coopératives dans les pays scandinaves et d'Europe centrale. En France, coopératives et transformateurs privés se partagent comme signataires des contrats, tandis que les Espagnols, Britanniques et nouveaux entrants de la mer Noire ont annoncé une majorité d'industriels privés.

Par ailleurs, la possibilité de développer un système de régulation de l’offre dans le cadre d'AOP/IGP n'a été retenue que par les acteurs français du Comté et du Beaufort ainsi que par un fromage Italien. D'autres dossiers seraient toutefois en attente.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

17:51 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : paquet lait, europe |  Imprimer | | | | |  Facebook

23/06/2014

Une aide au secteur canadien porcin pour s'adapter aux demandes du consommateur

Le gouvernement canadien a annoncé, fin mai, des mesures pour aider l'industrie du porc à répondre aux attentes des consommateurs, et contribuer à améliorer sa compétitivité économique. Via la grappe porcine canadienne de recherche et développement Swine Innovation Porc,13 millions de dollars sont ainsi destinés à des équipes de recherche qui travailleront sur la résistance aux maladies, le bien-être animal et la valeur nutritionnelle des produits.

Il convient de rappeler que le Canada est touché depuis plusieurs mois par l'épizootie de diarrhée épidémique porcine, maladie dont les conséquences sanitaires et économiques sont très importantes (voir précédent billet sur ce blog d'avril 2014).

Source : Gouvernement du Canada

02/06/2014

Circuits courts aux États-Unis : l'essor des regional food hubs

La commercialisation locale des produits agricoles aux États-Unis ne représentait que 0,4% des ventes et 5,5% des exploitations en 2007, mais elle connaît une croissance exponentielle, notamment due à des politiques publiques favorables, d'après une récente présentation mise en ligne sur le site de l'USDA (United States Department of Agriculture).

Cette croissance est fortement tirée par la demande. De plus en plus de consommateurs cherchent à s'approvisionner localement, avec comme principales motivations la volonté de se procurer des produits meilleurs et plus sûrs, et le souhait de soutenir l'économie locale.

Le secteur de la restauration est fortement engagé : la National Restauration Association estime qu'en 2014, la principale tendance dans les restaurants américains est de proposer des plats faits à partir de matières premières locales. Les entreprises de la distribution sont également concernées, 87% des consommateurs considérant comme très important de pouvoir trouver des produits locaux sur les étals.

Parmi les producteurs engagés dans des circuits de distribution locale, seuls 18% commercialisent la totalité de leur production directement aux consommateurs. La moitié en revanche le font à travers des intermédiaires (restaurants, commerces, etc).

circuits courts,etats-unis

Source : USDA

Cette évolution est accompagnée par l'USDA à travers une politique de mise en place de regional food hubs. Il s'agit de plateformes logistiques locales, fournissant un service en amont aux producteurs souhaitant intégrer des circuits locaux, et en aval aux commerces, restaurants et institutions cherchant à s'approvisionner localement. En parallèle, la politique de l'État consiste également en la promotion de la demande en produits locaux à travers les écoles, les hôpitaux et les bases militaires.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

Essor du crowdfunding : de nouvelles voies de financement de l'agriculture ?

La finance participative pourrait être appelée à changer en profondeur l'accès au financement des projets, qu'ils relèvent du domaine de la culture, de l'innovation, de la solidarité internationale ou… de l'agriculture. Nouveau et en pleine expansion, le crowdfunding est passé en France de 8 millions d'euros en 2011 à 78 millions d'euros en 2013, finançant ainsi 24 000 projets. Au niveau mondial, il représente environ 5 milliards de dollars. C'est cet essor qui a été célébré lors de la « Fête du crowdfunding » organisée récemment par l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP) et le ministère de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique.

Le crowdfunding est un mécanisme qui permet de récolter des fonds auprès d’un large public, le plus souvent via Internet, en vue de financer un projet créatif ou entrepreneurial. Il peut prendre la forme de prêts à titre gratuit ou rémunérés (peer to peer lending), de souscription de titres (crowdinvesting) ou de dons pouvant donner lieu à des contreparties en nature ou en numéraire.

De nombreuses plateformes en ligne ont émergé ces dernières années, permettant de mettre en relation porteurs de projets et investisseurs particuliers. Certaines sont généralistes (ex : Ulule, Kiss kiss bank bank, Wiseed), d'autres spécialisées dans les projets de recherche (ex : Davincicrowd), le mécénat artistique (ex : CultureTime), les projets locaux (ex : Bulbintown) ou le microcrédit pour les TPE (ex : Babyloan).

Dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentaire, les porteurs de projets sont de plus en plus nombreux à mobiliser du crowdfunding. Que ce soit pour financer un rang de vigne, un nouvel atelier de volailles, un prototype de robot destiné à désherber mécaniquement en maraîchage, ou un service de restauration à domicile, le crowdfunding représente un mode de financement complémentaire aux systèmes bancaires traditionnels.

Pour encourager le développement de cette finance participative, diverses mesures ont été prises aux niveaux français et européen. En France notamment, une brèche a été introduite dans le monopole bancaire en autorisant les prêts avec intérêt de la part de particuliers à hauteur de 1000 € par personne et par projet. L'enjeu est notamment de diriger une partie de l'épargne des Français (particulièrement élevée) vers le financement de projets qu'ils choisissent et pour lesquels ils sont prêts à donner, investir ou prêter. Il s'agit également de faciliter l'émergence de projets innovants, et de contribuer à la création d'emplois.

La Commission européenne a de son côté adopté en mars une communication destinée à proposer différentes voies pour « libérer le potentiel du financement participatif dans l’UE », en particulier en faveur des PME-TPE.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : AMF et Commission européenne

16:07 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Production et marchés | Lien permanent | Tags : crowdfunding |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/05/2014

Baisse de la consommation de fruits et légumes frais en Europe en 2012

Le 28 avril dernier, l'Association européenne des produits frais (Freshfel Europe) a rendu public son rapport annuel sur la production, le commerce et la consommation de fruits et légumes frais dans l'Union européenne à 28. Cette onzième édition porte sur la période 2007-2012 et intègre les dernières données disponibles, à savoir celles de 2012.

Cette année là, la consommation moyenne de fruits et légumes frais dans l'UE était d'environ 387 grammes par personne et par jour. Ceci représente une baisse de 8,2% par rapport à 2011, et de 8,7% par rapport à la moyenne des années 2007-2011. La consommation moyenne est ainsi inférieure aux 400 g/pers/jour recommandés par l'OMS ; 18 États membres sont dans ce cas de figure.

Plus précisément, la consommation moyenne de fruits frais en 2012 était d'environ 168 g/pers/jour, soit une baisse de 11,8% par rapport à 2011 et de 14,2% par rapport à la moyenne des années 2007-2011. La consommation de légumes frais présente une diminution moins importante : la valeur d'environ 220 g/pers/jour pour 2012 est inférieure de 5,3% à celle de 2011 et de 4% par rapport aux cinq années précédentes. Par ailleurs, en 2012, la production et les importations de fruits et légumes ont décru, alors que les exportations ont augmenté de 17% pour les fruits (+ 39% par rapport à 2007-2011) et de 8% pour les légumes (+ 20% par rapport à 2007-2011).

Comme causes de cette baisse de consommation, Freshfel identifie notamment le changement de style de vie, la concurrence des produits transformés (jus de fruits, soupes, etc.), les méfiances suscitées par les traitements chimiques et le fait que les fruits et légumes soient perçus comme coûteux.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Freshfel

15:59 Publié dans Alimentation et consommation, Production et marchés | Lien permanent | Tags : fruits et légumes |  Imprimer | | | | |  Facebook

4 scénarios pour les marchés du bio à l'horizon 2025

À l'occasion des troisièmes journées B.I.O. N'Days (Valence, 16 et 17 avril 2014), les résultats d'une étude prospective sur les marchés du bio à l'horizon 2025 ont été présentés. Initiée en mars 2013 par Organics Clusters et animée par Futuribles, cette démarche s'est appuyée notamment sur les travaux d'un groupe de quarante experts nationaux et a conduit à identifier quatre scénarios :

  • Le « bio partagé » : le bio se banalise, dans un contexte de fortes contraintes sur le pouvoir d'achat des ménages, de confusion pour le consommateur liée à la multiplicité des labels et de concurrence renforcée avec le conventionnel. Les stratégies gagnantes reposeraient alors sur plus de transparence et de traçabilité, et sur la garantie des qualités nutritives des produits bio.

  • Le « bio gagnant » : dans un contexte de crises sanitaires et environnementales à répétition, le bio est fortement soutenu par les pouvoirs publics, sur la base d'un cahier des charges intégrant également la RSE. Les acteurs s'engagent dans une contractualisation vertueuse et leurs stratégies impliquent davantage le consommateur (co-création de produits par exemple).

  • Le « bio business » : la réduction des aides publiques entraîne une concentration horizontale et verticale du marché, avec un poids fort des MDD et des produits venus des pays de l'Est et du Maghreb. Les petites entreprises sont alors incitées à se regrouper pour renforcer leur pouvoir de négociation et permettre des économies d'échelle.

  • Le « bio dilué » : dans un contexte d'amélioration du conventionnel en lien avec une réglementation européenne plus stricte (affichage environnemental et sanitaire détaillé), et de scandales frappant le bio (fraudes, problèmes sanitaires, etc.), le nombre d'agriculteurs et de surfaces cultivées en bio diminue. Le secteur doit alors innover et rassurer le consommateur, en mettant en avant les qualités intrinsèques du produit, en jouant la carte du local ou du régional, et en adoptant une communication renouvelée.

Au vu de ces scénarios, trois enjeux sont identifiés pour les marchés du bio : le ré-enchantement et l'attractivité (démocratisation), la compétitivité (accessibilité et qualité), et la différenciation et l'innovation (durabilité).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Sources : Organics Cluster et B.I.O. N'Days

15:56 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Production et marchés | Lien permanent | Tags : bio |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/05/2014

Toshiba ouvre sa première usine à légumes

Toshiba a annoncé, le jeudi 15 mai, avoir développé une activité de production de légumes en usine. Si, à première vue, cette activité peut paraître éloignée de son cœur de métier (appareils électroniques et réacteurs nucléaires), elle s'avère dans les faits proche de sa production de semi-conducteurs. Il s'agit en effet de produire des légumes sans pesticides ni autres substances chimiques, dans une usine totalement close et aseptisée, et grâce à un important dispositif électronique.

Située dans la banlieue de Tokyo, l'usine sera dotée d'éclairages fluorescents optimisés pour la croissance des végétaux, d'un air conditionné maintenant une température et un degré d'humidité constants, d'un dispositif de surveillance de l'état physique des plantes et d'équipements de stérilisation pour l'emballage des produits. Sur une surface de près de 2 000 m2, le groupe va produire l'équivalent de 3 millions de salades par an. Au second semestre 2014, il pourra approvisionner en laitues, épinards et autres légumes des supermarchés, supérettes et restaurants, avec un chiffre d'affaires prévu de 300 millions de yens (soit environ 2,16 millions d'euros). Toshiba prévoit également de cultiver, en fonction de la demande, des légumes ayant des particularités précises, par exemple une plus forte teneur en vitamine C. En outre, le groupe envisage la construction d'une installation similaire hors du Japon, ainsi que la vente d'équipements dédiés courant 2014.

Toshiba n'est pas le premier groupe d'électronique japonais à s'intéresser aux « usines à légumes ». Panasonic et Fujitsu ont ainsi lancé récemment des « exploitations agricoles » de ce type dans la préfecture de Fukushima. Ce type de production répond aux attentes d'une partie de la population qui préfère des légumes cultivés en milieu clos de crainte que ceux produits dans les champs ne soient radioactifs.

Anne-Sophie Wepierre, Centre d'études et de prospective

Source : Toshiba

21/05/2014

En toute saison. Le marché des fruits et légumes en France. Antoine Bernard de Raymond

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Cet ouvrage donne une série d'éclairages sur le marché des fruits et légumes, dévoilant une organisation économique complexe, largement orientée par la grande distribution et très marquée par les interventions de l'État. Quels investissements ont-ils été nécessaires pour faire des fruits et légumes, denrées périssables par excellence, des produits homogènes et stables ? Comment la filière s'est-elle organisée pour répondre toute l'année aux besoins des consommateurs ?

Le livre combine des approches ethnographique (chapitre 1, sur le MIN de Rungis), historique (chapitres 2 et 3, sur les moments forts de la Troisième République et de l'Algérie française, chapitre 5 sur l'histoire de la grande distribution) et économique (chapitre 4 sur les types de marché et chapitre 6 sur les questions de qualité). Cette approche pluridisciplinaire permet de bien cerner les dynamiques de transformation du secteur étudié.

Enfin, les derniers chapitres sont consacrés aux nouveaux enjeux de la régulation actuellement en débat. Sont tour à tour passées en revue des questions liées au fonctionnement de l'organisation commune de marché (OCM), aux crises récurrentes et à la contrainte de saisonnalité, et enfin à l'environnement.

Pour une vue plus complète de cet ouvrage solide et très intéressant, nous renvoyons à la note de lecture écrite par Alain Chatriot, qui le situe dans le champ en plein renouveau de la sociologie économique et de l'histoire des marchés.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Références : Antoine Bernard de Raymond, 2013, En toute saison. Le marché des fruits et légumes en France, Presses Universitaires de Rennes et Presses Universitaires François-Rabelais, 304 p.

15:02 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : fruits et légumes |  Imprimer | | | | |  Facebook

20/05/2014

« Global Value Chains : A road to development » - Débat OCDE du 16/05/2014

Développé par Gary Gereffi (Duke University), le concept de chaîne globale de valeur (CGV) permet de décrire la succession d'activités (et de création de valeurs), reliant la conception d'un produit à sa consommation finale. Permettant de rendre finement compte des échanges mondiaux et de l'interdépendance entre les pays, ce concept est de plus en plus mobilisé par les institutions internationales, pour étudier l'horticulture par exemple.

La résilience de ces chaînes, confrontées à la crise économique, a été questionnée lors d'un débat organisé le 16 mai 2014 par l'OCDE. Selon Ganeshan Wignaraja (Asian Development Bank Institute), les CGV, facilitées par les traités de libre-échange, l’harmonisation des normes et les faibles coûts de transports, seraient mises à mal par l'accentuation des tensions économiques. Les différents pays, où s'étend une même chaîne, subissant la crise de façons contrastées, la chaîne perdrait son utilité économique et les entreprises leader préfèreraient repenser leurs stratégies. Ainsi, comme l'a souligné Dirk Pilat (OCDE), une fois impactées par la crise, les CGV auraient une faible capacité de résilience.

La concentration des activités de production, de transformation et de commercialisation (par une action de relocalisation, par exemple dans le secteur agricole), aurait été la réaction de nombreux producteurs et firmes pour supporter la crise. Réduire la fragmentation des activités permet notamment un meilleur suivi (particulièrement exigé par le consommateur de produits agroalimentaires), une limitation des coûts de transport des denrées, une plus forte réactivité et un lien plus solide entre producteurs et consommateurs.

Josselin Crozier, Centre d'études et de prospective

14:58 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : cgv, ocde |  Imprimer | | | | |  Facebook