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29/05/2015

Agriculture et géopolitique : pour l'IFPRI, la hausse des prix alimentaires et les sécheresses figurent parmi les causes des conflits récents

En 2013, 46 % de la population dans les pays en développement habitaient dans des zones affectées par des conflits, contre 38 % à la fin de la guerre froide. Or, si l’insécurité alimentaire constitue une conséquence récurrente de ces conflits, elle peut également figurer parmi ses causes. Ce fut le cas notamment en Syrie, le pays ayant connu entre 2006 et 2010 (période précédant le soulèvement de 2011) de graves sécheresses. En analysant les conflits les plus récents, le chapitre 7 du nouveau Global food policy report de l'IFPRI apporte des recommandations destinées à renforcer la résilience de ces régions aux chocs extérieurs que peuvent être les hausses de prix alimentaires ou les sécheresses.

La récente escalade de violence au nord-est du Nigeria illustre le lien entre prix alimentaires et conflits. Une corrélation forte existe historiquement dans ce pays entre les hausses de prix des aliments et l’intensité de la guerre civile (voir graphique ci-dessous). Par ailleurs, au Mali, les sécheresses et l’avancée du désert, couplées à des politiques favorables à l’agriculture sédentaire au détriment du pastoralisme, ont contribué d’après les auteurs à attiser les tensions.

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Source : IFPRI

La réponse à de telles crises et leur prévention passent, selon l'IFPRI, par des politiques destinées à renforcer la résilience des populations à ces chocs extérieurs. En matière de sécheresses, des exemples vertueux sont cités tels que le mécanisme d’aide alimentaire éthiopien, les systèmes d’information sur les prix ou les dispositifs de facilitation de l’accès au crédit. Concernant les chocs de prix alimentaires, les auteurs recommandent à court terme de conserver des mécanismes de sauvegarde contre les hausses brutales de prix mondiaux, en particulier pour les pays fortement dépendants des importations. L’utilisation de stocks comme stabilisateurs de prix a ainsi montré son efficacité dans des pays comme l’Inde, le Kenya ou la Zambie. À moyen terme, doivent être développées des politiques qui permettent de renforcer la « capacité de transformation » des foyers ruraux, incluant l’investissement dans l’amélioration de la productivité et du revenu des petits producteurs.

Dans la perspective de la définition d’un agenda international de développement post-2015, les auteurs concluent qu’une attention particulière doit être portée sur les instruments permettant d’augmenter, dans les zones de conflit, la résistance des systèmes alimentaires à des chocs extérieurs.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : International Food Policy Research Institute

 

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28/05/2015

L’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges publie son quatrième rapport

L’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges (OFPM) a publié fin avril 2015 son rapport annuel au Parlement. Cet Observatoire, présidé par Philippe Chalmin et animé par Philippe Boyer à FranceAgriMer, a été créé en 2010 face au nouveau contexte d’instabilité des prix agricoles, dans le but d’apporter des informations et des analyses transparentes et partagées sur la formation et la transmission des prix dans les filières alimentaires, « de la fourche à la fourchette ». Avec ce quatrième rapport, l'OFPM compile désormais une somme d’informations considérables sur de nombreuses filières agricoles et alimentaires ; pour chacune d’elles, des méthodes d’analyse des données de prix (issus de l’Insee, de FranceAgriMer, de panels, etc.) ont été construites sur mesure. Par rapport à l’édition précédente (voir un précédent billet sur ce blog), ces analyses ont été largement enrichies sur certaines filières : c’est le cas notamment sur la filière pain, avec une décomposition plus fine du prix de vente consommateur, identifiant la marge brute de l’industrie de la meunerie (voir graphique ci-dessous).

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Ces analyses filière par filière sont avantageusement complétées d’une approche macroéconomique sur les dépenses alimentaires globales des Français en décomposant cent euros moyens de dépenses alimentaires selon différentes branches de l’économie (voir par exemple le graphique ci-dessous).

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En déclinant cette décomposition entre secteurs sur la période 1995 et 2010 (voir graphique ci-dessous), les auteurs mettent ainsi en évidence la hausse régulière de la part des services dans les dépenses alimentaires des Français, la progression du poids des importations intermédiaires notamment liées à la hausse du prix de l’énergie, et la diminution du secteur agricole, compte tenu de la diminution des prix des produits agricoles sur la période. L’année 2010, dernière disponible, représente en revanche une nette rupture, liée à l’augmentation des prix agricoles.

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Au-delà de ces éléments, on dispose surtout aujourd’hui, avec ce rapport, d’une analyse sur une plus longue période sur l’instabilité des prix (laquelle perdure depuis 2008), et les différents schémas selon lesquels elle est amortie et absorbée par les maillons successifs des filières agricoles.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : OFPM

 

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25/05/2015

Le quinoa. Les enjeux d’une conquête. Didier Bazile

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Le processus de globalisation touche tous les aspects de la vie en société, et donc aussi les denrées et systèmes alimentaires. Didier Bazile, chercheur au CIRAD, actuellement en poste à la FAO, nous en donne un bon exemple avec cet excellent essai consacré à la mondialisation du quinoa. Quelles sont les causes de cette soudaine diffusion d’une plante si longtemps confinée à la zone andine ? Les exportations croissantes permettent-elles de nourrir les producteurs autochtones ? Comment le quinoa s’adapte-t-il à de nouveaux milieux de culture ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles l’auteur répond de façon claire et documentée, en croisant les regards de l’agronome et du géographe.

Les premiers chapitres sont consacrés à l’histoire du quinoa, à ses principaux écotypes ainsi qu’à sa grande biodiversité et ses systèmes traditionnels de culture. L’auteur s’attarde sur la plasticité écologique du quinoa. Il insiste aussi sur sa contribution à l’expression de l’identité des peuples andins et sur la fragilité de leurs pratiques agroécologiques ancestrales face à la pression croissante des marchés internationaux. Le passage à une agriculture d’exportation a d’ores et déjà diverses conséquences : mécanisation et intensification des pratiques, imposition de normes internationales, élévation des prix, faible variété des espèces commercialisées.

Le cœur de l’ouvrage est consacré aux questions de ressources génétiques, de diffusion et d’adaptation du quinoa. Les États-Unis se sont intéressés à cette plante dès la fin des années 1940, puis sa culture a essaimé sur tous les continents dans les années 1980. Ces nouvelles mises en culture se sont faites via le développement de variétés protégées, à partir de collections ex situ, et sans recourir à l’extrême richesse in situ des pays andins. Cette expansion s’inscrit dans le cadre international de régulation des semences et le nombre des certificats d’obtention végétale (COV) ne cesse de croître, renforçant le pouvoir des obtenteurs sur les producteurs.

Les derniers chapitres sont consacrés aux apports du quinoa, en termes nutritionnels comme en termes de revenus. Pour D. Bazile, au Pérou, et surtout en Bolivie, le « boom du quinoa » a nettement fait augmenter les surfaces cultivées et les exportations, sans pour autant avoir des effets négatifs sur la sécurité alimentaire des populations locales. Bénéficiant souvent d'une double certification, écologique et équitable, cette culture a garanti une meilleure rémunération des producteurs et contribué à diminuer la pauvreté en soutenant l'agriculture familiale. Le quinoa demeure globalement un produit de niche, mais la demande mondiale continue de croître, et si la Bolivie entend rester le premier producteur en privilégiant des politiques publiques qui soutiennent l’extension des surfaces cultivées, le Pérou fait le choix de programmes agricoles plus différenciés selon les zones géographiques et les types d’agriculture.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : QUAE

09:17 Publié dans Alimentation et consommation, Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent | Tags : quinoa |  Imprimer | | | | |  Facebook

21/05/2015

Filières agroalimentaires : un rapport dénonce la concentration du pouvoir au niveau international

L’expansion des chaînes d’approvisionnement globales à l’œuvre dans les filières agroalimentaires tend à renforcer la concentration du pouvoir, en particulier chez les acteurs de la fourniture d’intrants, du négoce, de la transformation et de la distribution. Or cette évolution génère des impacts croissants sur les producteurs et les salariés de nombreuses régions. Telle est la conclusion d’une étude réalisée par le bureau BASIC pour quatre organisations de commerce équitable, et préfacée par Olivier De Schutter, l’ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation. Celui-ci considère que la répartition du pouvoir dans les chaînes alimentaires ayant longtemps constitué un tabou, ce rapport vient « combler un manque ».

Source : Altermondes

09:10 Publié dans IAA, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/03/2015

Consultation européenne sur un nouveau régime de dérogation aux règles de la concurrence

« Coopérer pour rivaliser : nouvelles lignes directrices pour les règles de concurrence en agriculture », c’est sous ce mot d’ordre que vient d’être lancée une consultation officielle, rendue publique le 4 mars dernier par la DG Agriculture et la DG Concurrence, afin d’établir les prochaines règles de dérogation aux règles de la concurrence. En application de la dernière réforme de la PAC, elle s’adresse aux secteurs de l’olive, de la viande bovine et des cultures arables, et a pour but de clarifier les règles concurrentielles au niveau communautaire et pour chaque autorité nationale. La consultation s’achèvera à la mi-mai 2015 et les lignes directrices paraîtront d’ici la fin de l’année.

L’objectif est de ne pas limiter l’organisation des producteurs au sein de coopératives : le seuil de 50 % de la production nationale comme limite à l’emprise des coopératives est en effet avancé. En revanche, outre la fonction de mise en marché collective, il semble que ces organisations de producteurs auront nécessairement à fournir des services à leurs membres en termes de stockage, de transport, d’approvisionnement en intrants ou de contrôle qualité. La participation des agriculteurs devra rester toutefois sur la base du volontariat. Si l’intégration des producteurs dans des coopératives de commercialisation est considérée comme le moyen d’améliorer leur compétitivité et leur pouvoir de négociation, le document de consultation précise que ces instruments n’ont pas vocation à résoudre les crises de marché.

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne, Commission européenne

10:23 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : commission européenne, concurrence, consultation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le record historique de 2 milliards de tonnes de céréales gonflerait les stocks mondiaux

D’après les dernières statistiques de l’International Grains Council, la production mondiale de céréales hors riz atteindrait un record historique de 2 milliards de tonnes sur les campagnes 2013/2014 et 2014/2015 (1,7 milliard de tonnes pour les seuls blé et maïs), ce qui gonflerait les stocks mondiaux et contribuerait à tirer les cours des céréales résolument à la baisse.

Production, consommation et stocks de fin de campagne de blé et de maïs

igc1.jpg

Source : International Grains Council, présentation CEP

2013/2014 : estimation. 2014/2015 : prévisions au 26 février 2015

La montée des stocks de fin de campagne (en mois de consommation annuelle) entre 2012/2013 et 2014/2015 serait comparable à celle observée entre les campagnes 2007/2008 et 2009/2010, période au cours de laquelle les prix avaient chuté de 38 % pour le blé et de 14 % pour le maïs.

Stocks de fin de campagne et prix mondial du blé et du maïs

igc2.jpg

Source : International Grains Council, présentation CEP

prix :2014/2015 ; moyenne de campagne jusqu’au 5 mars 2015.

prix US 3YC GULF pour le maïs, US HRW GULF pour le blé

Les baisses des prix estimées entre 2012/2013 et 2014/2015 (moyenne de campagne allant jusqu’au 5 mars 2015) atteindraient 39 % pour le maïs et 19 % pour le blé. Les conditions climatiques des campagnes à venir conditionneront la poursuite ou non de ces baisses de prix.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : International Grains Council

 

 

 

10:19 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : igc, céréales |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2015

Une discipline internationale en matière de restrictions aux exportations (export bans) serait freinée par l’asymétrie de la distribution statistique des prix agricoles

Dans un working paper récemment publié par le CEPII, C. Gouel explore les conditions d’une éventuelle discipline internationale dans l’imposition unilatérale de mesures commerciales de protection contre les fortes variations de prix. À la différence de l’augmentation des droits de douane ou des subventions aux exportations, les mesures en question ne sont pas régulées par des dispositions de l’OMC. Cette asymétrie dans le traitement des mesures commerciales et cette lacune dans la discipline collective ont été souvent pointées, mais, en dépit des appels nombreux en ce sens, ce point n’a encore jamais été inscrit à l’agenda de l’OMC.

Faute de cadre contraignant à l’OMC, une discipline spontanée (self-inforcing trade agreement) émerge malgré tout des partenaires commerciaux pour réfréner leur intervention, discipline que l’auteur explique par la crainte pour chaque partenaire de voir la non-coopération ponctuelle tourner en guerre commerciale permanente. Ce sont les conditions de cette discipline collective qu’analyse l’auteur dans un travail résolument théorique mêlant équilibre partiel, théorie des jeux et simulations numériques.

C. Gouel explore le cas théorique de deux pays (l’un exportateur, l’autre importateur) en interaction stratégique pour l’échange des surplus de l’un vers l’autre, et confirme bien l’effet sous-optimal (par rapport à la solution de libre échange) de l’équilibre correspondant à cette interaction stratégique : restriction des échanges, perte globale pour les deux économies cumulées et volatilité accrue du prix mondial. Sous conditions, la perspective d’interactions futures empêche toutefois cet équilibre sous-optimal de survenir à chaque période, rendant possible la situation de libre-échange. Selon l’auteur, la coopération « spontanée » rendue possible par l’arbitrage de chaque pays entre les considérations présentes et futures, réduit la volatilité des prix mais seulement pour les chocs de faible ampleur.

L’auteur s’intéresse aussi aux conséquences de l’asymétrie des distributions de prix agricoles, les prix bas (inférieurs à la moyenne) étant plus fréquents que les prix hauts, mais les pics de prix plus probables que les fortes chutes. Cette asymétrie dans les distributions de prix fait que, globalement, les pays exportateurs sont davantage incités à rompre la coopération bilatérale pour agir en cas de forte hausse des prix.

Bien que théorique, ce travail apporte des clés de compréhension des stratégies des acteurs qui doivent arbitrer entre considérations commerciales et de stabilisation domestique, entre coopération et unilatéralisme. Il éclaire aussi les raisons qui font qu’un accord à l’OMC pour réduire les droits de douane est plus facilement envisageable qu’un accord pour prévenir les restrictions aux exportations.

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

Source : CEPII

10:53 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : cepii, omc |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2014

Opportunités et risques du Partenariat Transatlantique pour l’agriculture et l’agroalimentaire européens

Dans une étude commanditée par le Parlement européen, le CEPII passe en revue le commerce agricole entre les États-Unis et l'UE et analyse les principales barrières tarifaires et non tarifaires entre les deux régions. Une libéralisation complète (suppression des droits de douane) et une réduction de 25 % des barrières non tarifaires conduiraient, d'après les simulations, à une hausse de 60 % des exportations agricoles européennes vers les États-Unis, et de 120 % des importations depuis ce pays.

Pour le CEPII, le secteur agricole européen aurait très peu à gagner d'une suppression des droits de douane, à moins que les barrières réglementaires et administratives ne soient également réduites. Le secteur qui pourrait espérer augmenter nettement ses exportations serait celui des produits laitiers, ainsi que, dans une moindre mesure, ceux des vins et spiritueux, du sucre et du biodiesel. À l'inverse, la libéralisation du commerce pourrait particulièrement affecter les secteurs européens de la viande bovine, ainsi que ceux de l'éthanol, de la volaille et de certaines céréales.

L'étude vient confirmer que la question de la convergence réglementaire est un enjeu central de cette négociation. Si la libéralisation avait lieu sans aucune baisse de ces obstacles non tarifaires, les producteurs européens pourraient se voir désavantagés par les coûts liés aux réglementations européennes, concernant notamment les OGM, l'usage des pesticides ou la sécurité sanitaire. Mais, à l'inverse, si le cadre réglementaire venait à être harmonisé entre les deux régions, le risque serait grand d'une harmonisation par le bas. En effet, cela pourrait entraîner, selon les auteurs, des modifications importantes de la législation communautaire et conduire à une remise en cause des principes de précaution et de gestion des risques, principes sur lesquels repose le cadre réglementaire européen.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : CEPII

15:20 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ttip |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2014

La DG Concurrence publie un rapport sur l'efficacité des organisations de producteurs en agriculture

Publié mi-2014 par la Direction générale de la concurrence de l’Union européenne, et comportant une analyse de la bibliographie et deux études de cas en Pologne et en Roumanie, ce rapport traite de l'intérêt du développement des organisations de producteurs (OP) en agriculture. Après un rappel des résultats, en termes d'organisation économique, de la négociation du règlement portant organisation commune de marché (Règlement OCM unique, décembre 2013), sont listés les avantages des OP en matière de rééquilibrage des pouvoirs de marché, de réduction des risques économiques, d'accès au marché, de fourniture de services, mais aussi de cohésion sociale et de lien de confiance dans les communautés rurales. En particulier, la capacité des OP à mieux ajuster la production aux besoins des différents acheteurs est considérée comme favorable à la productivité de l'ensemble de la chaîne de valeur.

Par ailleurs, les études de cas mettent en évidence les besoins de structuration de la production agricole dans des États membres marqués par une forte défiance vis-à-vis des actions collectives. On pourra toutefois regretter que les coopératives de commercialisation, formes les plus abouties d'OP, ne soient pas mieux distinguées.

Frédéric Courleux, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne – Direction générale de la concurrence

11:17 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ocm, organisation de producteurs |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2014

Commerce international et raréfaction de l'eau

Des chercheurs de Purdue University et de l'IFPRI ont estimé, à l'horizon 2030, les impacts d'une moindre disponibilité de la ressource en eau pour l'irrigation sur l'économie et le commerce international, ainsi que sur les modes de production. La particularité de ce travail réside dans le recours à un modèle d'équilibre général GTAP-BIO-W, alors que, selon les auteurs, les travaux précédents étaient principalement menés avec des modèles économiques d'équilibre partiel. La principale différence porte sur la description des impacts macro-économiques, et donc du commerce international. Le choc appliqué au modèle découle des travaux de Rosegrant et al. (2012) : il s'agit d'une réduction du volume d'eau destiné à l'irrigation (-30 à -60% de disponibilité), touchant principalement l'Asie du Sud.

Au chapitre des résultats, les conséquences sont géographiquement hétérogènes en fonction de divers paramètres (importance de la moindre disponibilité d’eau, intensité de l'irrigation dans la production, possibilité d'étendre l'agriculture pluviale). Les pertes se situent principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, impactant la production mondiale en grandes cultures, et donc celles du secteur de l'élevage et des industries de transformation alimentaires. Pour compenser la perte de productivité résultant de la contrainte sur l'irrigation, le modèle simule une extension des zones cultivées sur 7,6 millions d'hectares supplémentaires. De plus, les régions disposant d’une ressource en eau abondante augmentent leurs productions, issues de l'agriculture irriguée ou pluviale, afin de répondre à leur demande domestique, mais aussi pour augmenter les exportations (par exemple depuis le continent américain et l'Europe vers l'Asie). Les auteurs mettent en évidence l'effet tampon du commerce international, même si les volumes échangés augmentent peu. Cet effet limite la perte de bien-être, estimée autour de 3,7 milliards de dollars (USD 2001).

Les modèles d'équilibre général ont leurs limites, soulevées par les auteurs : la compétition pour l'usage des sols entre agriculture et forêt n'est pas prise en compte, ainsi que le détail au niveau des bassins hydrogéographiques. De plus, il serait intéressant de mieux comprendre les hypothèses sous-jacentes aux règles d'allocation entre agricultures pluviale et irriguée, en particulier du point de vue des investissements. À noter enfin que le modèle tient compte des niveaux de production, de consommation et de commerce en 2001.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Global Environmental Change

11:03 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Production et marchés | Lien permanent | Tags : eau, commerce international |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/10/2014

L'emploi saisonnier dans le secteur agricole et agroalimentaire

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a publié en septembre 2014 un rapport sur la saisonnalité dans les filières agricoles, halieutiques et agroalimentaires, ainsi que sur les enjeux liés à sa gestion. Si le rapport du CESE rappelle le contexte de saisonnalité de la production ou de la consommation agricole, l’axe de travail principal porte sur l'emploi saisonnier dans ces filières françaises : effectifs, nature des contrats et profils recrutés sont largement étudiés, et le rapport pointe les enjeux de professionnalisation et de fidélisation de cette main-d'œuvre. Il préconise en particulier des pistes pour favoriser la pluri-activité et la pluri-qualification des travailleurs saisonniers, afin d'améliorer leur visibilité en termes d'emploi ainsi que l'accès régulier des entreprises à une main-d'œuvre qualifiée. La formation professionnelle, en particulier, devrait, selon le CESE, mieux s'adapter aux spécificités liées à la saisonnalité.

Source : CESE

10:13 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : emploi, saisonnier, cese |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/09/2014

La Thaïlande perd le rang de premier exportateur mondial de riz au profit de l’Inde sur la campagne 2013/2014

Suite aux élections de juillet 2011 en Thaïlande, la mise en place d’un prix garanti du riz local 50% plus cher que le prix mondial a induit une perte de compétitivité du riz thaïlandais à l’exportation. Dès la campagne 2011/2012, les exportations du pays ont quasiment été réduites de moitié, pour remonter péniblement à 9 millions de tonnes en 2013/2014 contre 10,6 millions en 2010/2011. Sur la même période, les stocks domestiques ont gonflé, passant de l’équivalent de 6 mois à 13 mois de la consommation annuelle.

Parallèlement, la Thaïlande perd sa place de premier exportateur mondial au profit de l’Inde dont les exportations ont plus que triplé entre les campagnes 2010/2011 et 2013/2014. Ainsi, entre 2012 et 2014, le prix du riz Thaï 100% Grade B (Bangkok), qui sert de référence sur le marché mondial, a subi une chute de 26%.

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Source : International Grains Council

Face à cette baisse des prix du riz importé, certains pays africains sont sur la défensive et envisagent de protéger leur production par une hausse des droits de douane.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Sources : International Grains Council, Inter-réseaux Développement rural

 

10:18 Publié dans Production et marchés | Lien permanent | Tags : riz, thailande |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2014

Rapport de la Commission européenne sur la mise en œuvre du « Paquet lait »

Dans le cadre de la fin des quotas pour la production laitière européenne, la Commission a rendu mi-juin un rapport présentant l'avancée des transpositions du « Paquet lait » dans les législations nationales des États membres de l'UE. La majorité des membres a adopté des critères pour la reconnaissance des organisations de producteurs, et douze, dont la France, ont introduit des contrats obligatoires. La plupart des relations contractuelles développées le sont entre des producteurs affiliés et leurs coopératives dans les pays scandinaves et d'Europe centrale. En France, coopératives et transformateurs privés se partagent comme signataires des contrats, tandis que les Espagnols, Britanniques et nouveaux entrants de la mer Noire ont annoncé une majorité d'industriels privés.

Par ailleurs, la possibilité de développer un système de régulation de l’offre dans le cadre d'AOP/IGP n'a été retenue que par les acteurs français du Comté et du Beaufort ainsi que par un fromage Italien. D'autres dossiers seraient toutefois en attente.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

17:51 Publié dans 4. Politiques publiques, Production et marchés | Lien permanent | Tags : paquet lait, europe |  Imprimer | | | | |  Facebook

23/06/2014

Une aide au secteur canadien porcin pour s'adapter aux demandes du consommateur

Le gouvernement canadien a annoncé, fin mai, des mesures pour aider l'industrie du porc à répondre aux attentes des consommateurs, et contribuer à améliorer sa compétitivité économique. Via la grappe porcine canadienne de recherche et développement Swine Innovation Porc,13 millions de dollars sont ainsi destinés à des équipes de recherche qui travailleront sur la résistance aux maladies, le bien-être animal et la valeur nutritionnelle des produits.

Il convient de rappeler que le Canada est touché depuis plusieurs mois par l'épizootie de diarrhée épidémique porcine, maladie dont les conséquences sanitaires et économiques sont très importantes (voir précédent billet sur ce blog d'avril 2014).

Source : Gouvernement du Canada

02/06/2014

Circuits courts aux États-Unis : l'essor des regional food hubs

La commercialisation locale des produits agricoles aux États-Unis ne représentait que 0,4% des ventes et 5,5% des exploitations en 2007, mais elle connaît une croissance exponentielle, notamment due à des politiques publiques favorables, d'après une récente présentation mise en ligne sur le site de l'USDA (United States Department of Agriculture).

Cette croissance est fortement tirée par la demande. De plus en plus de consommateurs cherchent à s'approvisionner localement, avec comme principales motivations la volonté de se procurer des produits meilleurs et plus sûrs, et le souhait de soutenir l'économie locale.

Le secteur de la restauration est fortement engagé : la National Restauration Association estime qu'en 2014, la principale tendance dans les restaurants américains est de proposer des plats faits à partir de matières premières locales. Les entreprises de la distribution sont également concernées, 87% des consommateurs considérant comme très important de pouvoir trouver des produits locaux sur les étals.

Parmi les producteurs engagés dans des circuits de distribution locale, seuls 18% commercialisent la totalité de leur production directement aux consommateurs. La moitié en revanche le font à travers des intermédiaires (restaurants, commerces, etc).

circuits courts,etats-unis

Source : USDA

Cette évolution est accompagnée par l'USDA à travers une politique de mise en place de regional food hubs. Il s'agit de plateformes logistiques locales, fournissant un service en amont aux producteurs souhaitant intégrer des circuits locaux, et en aval aux commerces, restaurants et institutions cherchant à s'approvisionner localement. En parallèle, la politique de l'État consiste également en la promotion de la demande en produits locaux à travers les écoles, les hôpitaux et les bases militaires.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : USDA