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07/07/2021

WorldFish : un centre de recherche sur l'aquaculture et la pêche

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Le centre WorldFish est un organisme de recherche et d'innovation à but non lucratif, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR, voir un précédent portrait). Fondé en 1975 à l'université d'Hawaï et maintenant basé en Malaisie, il fonctionne grâce à des financements du secteur privé, d'organisations gouvernementales (dont la Commission européenne) et non gouvernementales, ainsi que d'institutions financières telles que le Fonds international de développement agricole. Présent dans vingt pays (en Asie, en Afrique et dans le Pacifique), il emploie 460 personnes de 30 nationalités.

Ses activités se concentrent sur le développement d'une aquaculture et d'une pêche durables pour la planète et pour les humains. À l'intérieur de ce périmètre, ses thèmes de travail concernent, dans les pays à revenus faible ou moyen : le changement climatique ; la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté ; l'économie ; le genre ; et plus récemment la Covid-19. Ses actions ciblent aussi bien les petites entreprises que les politiques internationales. Les équipes du WorldFish publient des articles scientifiques mais aussi des manuels de bonnes pratiques sur l'aquaculture, encouragent la mise en place de partenariats public-privé pour favoriser l'innovation et la recherche, et lancent des projets techniques comme de management stratégique.

Par exemple, a été publiée en mai 2021 une étude de la distribution et de l'utilisation des aliments commerciaux pour poissons en Zambie et au Malawi. Ces aliments sont essentiels pour le développement de l'aquaculture dans ces pays, où la demande en poissons excède l'offre et nécessite le recours aux importations. Cependant, leur utilisation reste faible en raison de leur coût, qui s'ajoute à celui du déplacement des aquaculteurs des zones rurales vers les points de vente. Plusieurs pistes sont proposées : développer des aliments à base d'ingrédients locaux pour en réduire les coûts de production ; constituer des groupements d'aquaculteurs pour mutualiser l'achat et réduire ainsi les coûts de transport ; former les producteurs à la fabrication des aliments sur leur ferme ; faciliter l'accès des aquaculteurs à des micro-crédits ; encourager le développement des réseaux de distribution d'aliments commerciaux.

Quantité de poissons (tonnes) importés (en jaune) et exportés (en bleu) en Zambie en fonction des années

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Source : WorldFish

Aurore Payen, Centre d'études et de prospective

Source : WorldFish

08/06/2021

Grande distribution française et protection des poissons sauvages utilisés comme aliments de l'aquaculture

La fondation Changing Markets se donne pour mission de soutenir la transition vers une économie durable, en révélant les pratiques peu responsables de grands groupes. Elle a publié un rapport sur les impacts de l'utilisation de poissons sauvages comme aliments de l'industrie aquacole. En effet, un cinquième des débarquements mondiaux des bateaux de pêche est utilisé pour produire de la farine et de l'huile de poisson qui alimentent l'élevage industriel et l'aquaculture. Cette filière est présentée comme un débouché durable pour les produits de la mer, couvrant plus de la moitié des consommations mondiales. La plupart des achats de poisson par les ménages français se faisant en grandes et moyennes surfaces, les auteurs notent la responsabilité de la grande distribution dans la protection des espèces sauvages. Ils jugent les enseignes françaises insuffisamment mobilisées sur le sujet et émettent des recommandations à l'attention de la grande distribution, des consommateurs, des systèmes de certification et des décideurs politiques.

Classement des enseignes françaises quant à leur niveau de protection des océans et de soutien des filières de production durable

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Source : Changing Markets Foundation

Lecture : la fondation a créé un ensemble de 13 critères portant sur les pratiques et politiques d'entreprise, la transparence et la chaîne d'approvisionnement, et les pratiques en magasin. Seuls Auchan, Carrefour, Système U et Intermarché ont répondu à l'enquête, les autres enseignes étant donc notées sur la base de recherches de la fondation sur leurs sites Internet et en magasins. Les auteurs relèvent que, en comparaison, la grande majorité des enseignes au Royaume-Uni dépasse 20 %, et que Carrefour obtient 27,1 % en France mais seulement 8,5 % en Espagne.

Source : Changing Markets Foundation

04/02/2021

Effets potentiels d'un arrêt des importations européennes de soja destiné à l'alimentation animale

Un article publié dans Nature Food envisage les effets potentiels d'un arrêt, par l'Union européenne, de ses importations de soja destiné à l'alimentation animale. Les auteurs ont modélisé trois scénarios sous deux contraintes : l'arrêt de ces importations ; la non-augmentation des surfaces destinées à la production d'aliments pour animaux, au niveau mondial. Ils montrent notamment que, dans tous les cas, les apports en macro et micronutriments essentiels pour les mangeurs européens ne sont pas impactés (à l'exception des vitamines A et B12), la plupart étant compensés par des sources végétales. Les ruminants apparaissent avantagés par rapport aux monogastriques, grâce à leur meilleure capacité à utiliser d'autres aliments (ex. fourrages). Par ailleurs, les surfaces consacrées à cette culture diminueraient, en particulier en Amérique latine, mais la demande en huile de palme pourrait, elle, augmenter. Ainsi, parmi les enseignements de ce travail, les auteurs retiennent la nécessité d'agir conjointement sur les importations de soja, sur les régimes alimentaires et sur les productions animales et végétales.

Source : Nature Food

11/01/2016

La culture à grande échelle de micro-algues pour l’alimentation animale suffirait à limiter la hausse de la température planétaire à environ 2,1 degrés à horizon 2100

D’après une étude de l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA) parue en décembre 2015 dans la revue Carbon Balance and Management, la culture de micro-algues, à grande échelle, pourrait à terme contribuer à la réduction des émissions de CO2. Cette étude est l’une des premières à examiner le potentiel d’utilisation des algues dans l’alimentation animale, en lien avec l’utilisation des terres, la sécurité alimentaire et les émissions de gaz à effet de serre.

De manière générale, les auteurs ont considéré que les systèmes de production de micro-algues seraient implantés sur des terres dégradées ou à faible potentiel agricole, et que leur usage comme alimentation du bétail permettrait de libérer des surfaces consacrées au pâturage et aux cultures fourragères. De plus, le contenu nutritionnel des aliments à base d’algues est comparable à celui du tourteau de soja et de la farine de poisson, et devrait rivaliser avec ces derniers en termes de coûts.

Les chercheurs ont utilisé le modèle feliX et plusieurs scénarios : un scénario tendanciel (scénario BAU) et trois scénarios d’utilisation des micro-algues en alimentation animale (Alg-Feed), pour la production d’électricité (BioEnergy) ou pour la production de biodiesel (BioFuel). Par hypothèse, dans le scénario Alg-Feed, 40 % de la demande en alimentation animale sont couverts par les micro-algues et les surfaces alors « épargnées » (estimées à 1,8 milliard d’ha) sont converties en plantations forestières. Le graphique ci-dessous montre les différentes projections sur les surfaces, selon les scénarios :

Projection des superficies en prairies et cultures fourragères, terres arables et cultures permanentes et plantations forestières

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Source : IIASA

À terme, par la diminution des émissions liées principalement à la production d’alimentation animale, le scénario Alg-Feed permettrait une réduction de 0,7°C de la hausse de la température moyenne mondiale par rapport au scénario tendanciel. Les auteurs pointent néanmoins un certain nombre de défis techniques et organisationnels à relever pour développer les systèmes de production de micro-algues : robustesse des systèmes face à des souches mutantes d’algues et d’autres agents pathogènes par exemple. Malgré cela, ils pensent que la culture de micro-algues à grande échelle pourrait être l’une des solutions les plus prometteuses pour résoudre les problèmes liés à la sécurité alimentaire et au changement climatique, et mériterait d’être plus développée qu’auparavant.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Sources : IIASA, Carbon Balance and Management

13:57 Publié dans Climat, Production et marchés | Lien permanent | Tags : micro-algues, alimentation animale |  Imprimer | | | | |  Facebook