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19/09/2012

Les nouvelles propositions de l’Autorité Européenne des Marchés Financiers (AEMF)

Après deux phases de consultation, l’AEMF a publié le 27 septembre 2012 ses propositions de « standards techniques » destinés à préciser certains articles du tout récent règlement sur les produits dérivés de gré à gré, les contreparties centrales et les référentiels centraux (règlement 648/2012 dit « EMIR »). Ce règlement impose notamment la transparence sur les transactions de gré à gré (over the counter en anglais ou OTC) et la compensation pour les dérivés OTC suffisamment liquides.

 Pour les opérateurs des marchés dérivés de matières premières agricoles, les principales propositions de l’AEMF sont la définition de la notion de « couverture » (les opérations visant à se prémunir du risque prix de l’activité commerciale, ces opérations étant exemptées de l’obligation de compensation) et la définition du seuil au-delà duquel la compensation s’impose également aux entreprises commerciales.

 Le seuil retenu est fixé pour les dérivés de matières premières à 3 milliards d’euros de valeur notionnelle. Pour qu’une entreprise non financière ou « commerciale » soit astreinte à l’obligation de compensation sur ses transactions de gré à gré, sa position, nette des opérations de couverture, doit donc dépasser le seuil ainsi fixé.

 Les propositions de l’AEMF détaillent également les informations qui devront être transmises, pour chaque transaction, aux référentiels centraux (structures collectant ces données) qui devront eux mêmes communiquer publiquement et de manière hebdomadaire les positions ouvertes et les volumes échangés par grandes classes d’actifs.

 

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

 Source : AEMF


 

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12/09/2012

FAO/OCDE : Perspectives agricoles 2012-2021

 Les Perspectives agricoles pour 2012-2021 ont été publiées par l'OCDE et la FAO le 11 juillet dernier. Les auteurs de ce rapport indiquent que :

  • les prix agricoles devraient se maintenir à un niveau élevé en raison de la hausse de la demande alimentaire pour l'Homme et le bétail, mais aussi de la demande en biocarburants. Ces derniers devraient absorber une part importante et croissante des productions de canne à sucre (34%), huiles végétales (16%) et céréales (14%) d'ici 2021 et la FAO prévoit un doublement de la production d'éthanol à l'horizon 2021 ;

  • l'inflation des prix alimentaires restera un problème préoccupant, notamment pour les pays en développement. Il en sera de même de la volatilité des prix en raison de la variabilité importante des rendements, elle-même due aux incertitudes météorologiques ;

  • un ralentissement de la croissance de la production est à prévoir : elle passera de plus de 2% par an dans les dernières décennies à 1,7% par an pour la décennie à venir. Ce seront d'ailleurs essentiellement les pays en développement qui contribueront à cette croissance de la production (1,9% par an contre 1,2% par an pour les pays développés) ;

  • les économies émergentes (Brésil, Indonésie, Thaïlande, Russie, Ukraine, etc.) s'arrogeront une part croissante du commerce mondial de produits agricoles, lui-même en augmentation ;

  • la croissance de la consommation alimentaire sera la plus forte pour les produits transformés, les matières grasses et les protéines (la consommation de viande augmentant fortement notamment en Asie, Amérique du Sud et Moyen-Orient) ;

  • les hypothèses sous-jacentes concernant la volatilité des prix et le niveau des prix de l'énergie conditionnent toutefois fortement ces perspectives.

     

À plus long terme, les deux organisations estiment que la production agricole devra augmenter de 60% pour satisfaire la demande alimentaire mondiale, ce qui représente d'après elles un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande en plus par an à l'horizon 2050. Compte tenu du fait que l'augmentation des terres disponibles restera limitée, une amélioration durable de la productivité agricole sera donc indispensable pour répondre à l'accroissement de la demande. Les gains de productivité pourraient provenir en premier lieu d'une réduction du retard des pays en développement, mais les auteurs soulignent un risque d'utilisation de cette production supplémentaire pour la production de biocarburants.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source :OCDE / FAO, Perspectives agricoles pour 2012-2021

 

Rendre flexibles les mandats d'incorporation de biocarburants pour atténuer les flambées des prix ?

Alors que les prix des céréales et des oléoprotéagineux connaissent leur troisième flambée en 6 ans, l'idée d'utiliser les politiques de biocarburants comme outils de régulation des marchés en cas de crise a fait l'objet de plusieurs études publiées cet été.

Une étude du DEFRA considère que, bien que les biocarburants ne soient probablement pas la cause des hausses de prix, des politiques plus flexibles de biocarburants permettraient lors d'une flambée de prix d'augmenter les disponibilités en céréales et oléoprotéagineux et donc de calmer les cours. À l'aide d'un modèle, les auteurs simulent les effets sur les prix d'une suspension des mandats d'incorporation. Il en résulte qu'en présence de prix élevés, la suppression temporaire des mandats dans l'UE, sans remise en cause de la fiscalité ou des droits de douane, pourrait réduire les prix des céréales entre 10% et 35%. Les effets aux États-Unis seraient plus importants encore selon ce rapport.

Aux États-Unis, la politique de biocarburants intègre déjà des outils de flexibilité : un système de droits permet aux entreprises de reporter d'une année sur l'autre les volumes de biocarburant qu'elles doivent incorporer, et par ailleurs l'Agence de l'environnement a la capacité de réviser les mandats annuels si nécessaire.

Néanmoins, et malgré les incertitudes notamment techniques, une étude publiée en août par l'université de Purdue aux États-Unis montre que si plusieurs conditions sont réunies, un allègement du mandat d'incorporation américain pourrait engendrer une baisse du prix du maïs allant jusqu'à 1,30 $/bu, soit environ 15% du prix actuel.

 

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : DEFRA, « Can biofuels policy work for food security?»

 Purdue University, « Potential Impacts of a Partial Waiver of the Ethanol Blending Rules »


 

11/07/2012

La condamnation de deux labels américains par l'OMC crée un précédent

L'organe d'appel de l'OMC a condamné les États-Unis pour deux labels alimentaires emblématiques de la politique américaine d'information aux consommateurs. Le premier cas oppose depuis 10 ans les États-Unis au Mexique au sujet du label Dolphin-safe, censé garantir au consommateur que le thon a été pêché sans causer de dommages aux dauphins. Les juges ont considéré que le label discriminait en particulier les techniques de pêche mexicaines.

Le deuxième cas concerne l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes de bœuf et de porc. Obligés de différencier les viandes selon leur origine, les industriels sont incités à privilégier des animaux nés, élevés et abattus aux États-Unis, ce qui là aussi est considéré par l'OMC comme une discrimination.

Selon l'ICTSD, le principal enjeu de ces jugements réside ailleurs. D'abord, dans le cas dolphin-safe, c'est la première fois qu'un label facultatif est condamné par l'OMC. Plusieurs ONG ont alerté sur le fait que désormais, les produits biologiques ou équitables pourront être attaqués à leur tour. Ensuite, malgré les condamnations des mesures, les juges ont considéré comme légitime l'objectif de fournir au consommateur une information sur l'origine, et celui de garantir que le marché intérieur américain n'encourage pas des techniques de pêche dommageables pour les dauphins. Cette jurisprudence pourrait avoir des implications sur les standards européens concernant la durabilité des biocarburants ou encore le bien-être animal.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : OMC, ICTSD

03/07/2012

Effets de la crise sur les comportements alimentaires des Britanniques

L'hebdomadaire The Economist a rassemblé plusieurs sources de données afin de dresser un portrait de l'alimentation et de la nutrition outre-Manche. La crise économique a eu un impact sur les comportements alimentaires des Britanniques depuis 2008 :

- moindre fréquentation des restaurants ;

- chute des ventes des produits alimentaires biologiques ;

- stratégies d'achats alimentaires pour économiser ;

- moins d'achats de fruits et légumes frais ;

- moins d'achats de viande et de poisson car leur préparation nécessite l'achat d'autres ingrédients pour obtenir un repas complet ;

- choix de pièces de boucherie moins chères qu'auparavant ;

- visites plus fréquentes aux supermarchés mais pour acheter moins qu'avant ;

- constitution de listes d'achat pour acheter juste ce qu'il faut ;

- augmentation des ventes de plats déjà préparés à réchauffer.

Ces tendances s'observent sur l'ensemble des foyers, quels que soient leurs revenus. Au final, il semblerait que les Britanniques passent à présent plus de temps à regarder les émissions culinaires à la télévision qu'à préparer leurs repas.

Jo Cadilhon, Centre d'études et de prospective

Source : The Economist

15:02 Publié dans Alimentation et consommation, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/06/2012

Portail des zones agro-écologiques

Un nouveau portail en ligne de la FAO et de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA), le portail des zones agro-écologiques (GAEZ), est un outil de planification servant à recenser les zones pouvant accroître leur production vivrière. Dans certaines régions, la FAO estime ainsi que la production actuelle est à 30-40 % de son potentiel, en particulier en Afrique subsaharienne.

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Le premier pas déterminant pour intensifier durablement la production sera de combler les écarts de rendement qui continuent à affecter le secteur agricole dans de nombreuses régions du monde. En effet, les rendements céréaliers du continent africain ont longtemps tourné autour de 1,2 tonne l'hectare, contre un rendement moyen d'environ 3 tonnes l'hectare dans le monde en développement.

Ce nouveau portail en ligne de la FAO et de l'IIASA entend renforcer la capacité des planificateurs et des décideurs d'estimer les potentiels et la variabilité de la production selon différents contextes environnementaux et scénarios de gestion, prenant en compte notamment les conditions climatiques, les régimes de gestion, les disponibilités d'eau et les niveaux d'intrants.

 

Sources : FAO 

Voir aussi la publication de Laurence Roudart


18/06/2012

Accession de la Russie à l'OMC : de belles perspectives pour les exportateurs agricoles

L'adhésion de la Russie à l'OMC bénéficierait largement à ses exportateurs agricoles. Une récente publication de l'ICTSD ayant évalué les effets possibles de cette adhésion, conclut que les avantages attendus pour les pays exportateurs résulteraient de la réduction des droits de douane, de la facilitation du commerce avec la Fédération et d'une meilleure prévisibilité dans la régulation de son commerce extérieur. La demande agricole et alimentaire domestique en augmentation devrait aboutir à un recours croissant de la Russie aux marchés extérieurs.

En vertu du Système généralisé de préférence de l’Union douanière (Schéma SGP de l’Union douanière), appliqué pour les pays en développement et les pays les moins avancés, la Russie devrait connaître une augmentation substantielle des échanges de plusieurs produits, notamment le sucre et la viande porcine en provenance du Brésil.

Sa production bovine se trouvera par ailleurs concurrencée par une viande provenant de diverses origines : Brésil, Uruguay et Paraguay, avec des prix compétitifs bénéficiant au consommateur russe.
Si les exportateurs de vin comme le Chili, l'Afrique du Sud et l'Argentine pourraient prendre des parts de marché importantes en Russie, ils seront en compétition directe avec les exportateurs traditionnels des pays développés. La suppression des restrictions commerciales permettra en effet d'améliorer les termes des échanges avec les pays hors CEI (y compris les pays en développement), ces derniers trouvant un meilleur accès au marché russe mais aussi à celui de la Biolorussie et du Kazakhstan.

Hiba el Dahr, Centre d'études et de prospective

16/05/2012

Rapport de l'IFPRI sur les politiques alimentaires mondiales

Le Rapport sur les politiques alimentaires mondiales pour l’année 2011 est une nouvelle publication annuelle de l’IFPRI qui livre une analyse des grands défis de la politique alimentaire aux niveaux mondial, régional, national et local. Il met en évidence les développements et événements importants intervenus en 2011 dans la politique alimentaire, en tire les enseignements, émet des recommandations pour les politiques, présente les outils et les indicateurs de politique alimentaire utilisés par l’IFPRI, et examine les perspectives pour 2012.

 Les neuf chapitres, rédigés par des chercheurs de l’IFPRI et d’autres spécialistes de la politique alimentaire, fournissent une analyse approfondie sur des sujets cruciaux tels que :

niveaux et volatilité des prix des produits alimentaires

catastrophes naturelles et d’origine humaine

changement climatique

biocarburants

liens entre agriculture et nutrition, santé, eau et énergie

gestion durable des terres

développements régionaux

nouveaux acteurs de la politique alimentaire mondiale

Il présente enfin plusieurs tableaux, figures, illustrations infographiques et cartes (voir notamment en page 12 le tableau des événements encourageants, des événements qu'on espérait ne pas voir se produire et de ceux à surveiller en 2012).

Source : IFPRI


 

Résumé en français :

http://www.ifpri.org/sites/default/files/publications/oc72afr.pdf

15:11 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/05/2012

Directives volontaires pour encadrer les achats de terres

Les achats ou locations de longue durée de terres par des investisseurs étrangers (publics ou privés) ont suscité de nombreuses critiques depuis quelques années. Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), instance hébergée par la FAO, a adopté le 11 mai 2012 le premier accord international destiné à encadrer ce phénomène.

Les Directives volontaires pour une Gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale énoncent les principes et pratiques pouvant servir de référence aux gouvernements lors de l'élaboration des lois et de l'administration des droits relatifs aux terres, aux pêches et aux forêts. Elles sont le résultat de deux ans de négociations intergouvernementales menées par le CSA et faisant intervenir des responsables des gouvernements, des organisations de la société civile, des représentants du secteur privé, des organisations internationales et des universités. Les directives portent sur un vaste éventail de considérations, notamment la reconnaissance et la protection de droits de tenure légitimes, même en présence de systèmes informels, les droits des communautés autochtones, ou encore des mécanismes de résolution des conflits liés aux droits fonciers.

Il revient toutefois aux pays qui ont approuvé les directives de les mettre ou non en application. La FAO leur a proposé son soutien et son assistance technique pour leur adaptation et leur mise en œuvre.

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

Source : FAO 

10/05/2012

Horizons stratégiques, l'avenir géopolitique à 30 ans

Le rapport de prospective Horizons stratégiques, élaboré par la Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense, a pour vocation d'éclairer la préparation des programmes d'armement. Cette réflexion s'adosse à une analyse prospective de l'environnement stratégique international réalisée à partir des tendances globales d'évolution du contexte stratégique, des équilibres géopolitiques mondiaux, de la nature et de l'intensité des risques et des menaces pour en identifier les conséquences sur le positionnement de la France dans le système international au cours des trois prochaines décennies.

Dans l'introduction générale, trois tendances sont mises en avant :

  • la fin de la domination occidentale, le risque de « déclassement » de l'Europe et l'émergence de nouvelles puissances à vocation mondiale (Chine, Inde, brésil) ou à dimension régionale (Afrique du Sud, Indonésie, Turquie) ;

  • l'accélération de la mondialisation et les interdépendances croissantes ;

  • une instabilité et une volatilité de plus en plus marquées.

 Avec des thèmes comme l'économie, la démographie, la santé et les évolutions technologiques, sociétales et culturelles, les ressources naturelles font ensuite l'objet d'un chapitre dédié. En effet, selon le rapport, sous l'effet combiné de l'accroissement de la demande et de la dégradation de l'environnement, l'accès aux ressources constituera l'un des principaux défis auxquels sera confrontée l'humanité.

Les problèmes alimentaires et hydriques, notamment, pourraient devenir des facteurs de conflictualité croissants en contribuant à exacerber des tensions déjà existantes, alimenter les crises économiques et sociales internes et devenir un facteur déterminant de déstabilisation, voire de conflits intra- ou interétatiques.

La deuxième partie du rapport est constituée d'approches régionales, avec des « focus » sur les Etats-Unis, l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient, la Russie, l'Asie et l'Amérique latine.

Source : DAS

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

14:58 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/05/2012

Une nouvelle base de données sur les investissements fonciers internationaux

Une nouvelle base de données rend désormais compte des transactions foncières internationales à des fins agricoles en Afrique. Le projet Land Matrix est l'œuvre de cinq partenaires internationaux dont le CIRAD en France, et 40 ONGs et groupes de recherche. Se basant sur une multitude de sources, les chercheurs du projet constatent qu'en 12 ans, près de 5% des terres agricoles des pays les plus pauvres d'Afrique ont été achetées ou louées par des investisseurs étrangers, totalisant ainsi 62% des échanges effectués au niveau mondial. Recensant un total de 1217 transactions, le rapport publié avec le lancement de la base de données évalue à plus de 83 millions d'hectares les terres négociées dans les pays en développement, soit 1,7% de la surface agricole mondiale.

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Si ce phénomène a atteint un sommet en 2009, il s'est ralenti, entre-autres, sous l'effet de la crise économique, observent les auteurs du rapport. Ils attribuent par ailleurs un rôle principal aux pays émergents dans la croissance des investissements, mais aussi aux pays du Golfe, aux États-Unis et aux pays Européens.

Source : Land Matrix

Hiba el Dahr, Centre d'études et de prospective

15:00 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/05/2012

Perspectives de l'éthanol brésilien

Selon une étude publiée par Rabobank, l'industrie brésilienne ne tirera pas des bénéfices immédiats des nouvelles orientations politiques (abolition des mesures de soutien) sur le marché de l'éthanol aux États-Unis. En raison d'un fort ralentissement dans la production de canne et des perspectives incertaines pour la croissance de cette production, le Brésil devrait en effet connaître des difficultés à satisfaire sa propre demande intérieure.

Mis à part les facteurs climatiques ayant affecté la production dans le passé, les problèmes structurels qui handicaperont le marché en 2012/2013 sont liés au manque de rénovation des champs de canne, avec des conséquences négatives sur la productivité des cultures dans les prochaines années.

Pour les industriels brésiliens, l'arbitrage entre production de sucre et celle d'éthanol dépendra des niveaux des prix du sucre sur les marchés internationaux, du taux de change real/dollar et du prix de l'éthanol sur le marché domestique.

 Défis et opportunités pour le marché de l'éthanol aux États-Unis au-delà de 2012

Selon l'étude de Rabobank, la croissance de l'offre en éthanol à base de maïs va ralentir au cours des prochaines années, étant donné que les taux d'incorporation obligatoires dans l'essence diminuent. Remplir le mandat d'incorporation actuel devrait s'avérer de plus en plus difficile pour deux raisons : une plus faible consommation d'essence, et une pression accrue sur les marchés des céréales notamment du maïs, contribuant à la volatilité des prix. Malgré le ralentissement de la croissance sur le marché de l'éthanol à base de maïs, les États-Unis n'ont pas été en mesure d'accroître leur production d'éthanol cellulosique ou de carburants alternatifs tels que le biodiesel ou l'éthanol à base de sucre.

 Défis et opportunités pour le marché de l'éthanol Brésilien au-delà de 2012

Selon les estimations actuelles, un minimum de 3 ans serait nécessaire pour que le secteur puisse se rapprocher de sa capacité maximale de production. Environ 130 millions de tonnes de canne supplémentaires par rapport à la production de 2011/12 seraient requis pour fournir en 2015/16 suffisamment d'éthanol au marché du flex-fuel pour maximiser l'utilisation de sa capacité actuelle. Par ailleurs, l'investissement dans des installations existantes pourrait (par rapport à la création de nouvelles unités de production) fournir entre 62 à 125 millions de tonnes supplémentaires. L'étude prévoit en 2015/16 des opportunités pour le Brésil d'exporter de l'éthanol aux États-Unis.

En même temps, selon Rabobank, l'incertitude concernant le prix de l'essence (dont les prix restent administrés) impactera largement l'avenir des investissements dans l'industrie de la canne. Ceci représente un problème crucial pour le marché de l'éthanol hydraté qui est un substitut à l'essence et dont les ventes restent très sensibles à l'évolution de son prix.

D'après Rabobank, les années à venir verront les investissements s'orienter vers le secteur de l'éthanol plutôt que celui du sucre. La volonté du gouvernement brésilien de développer ce secteur pourrait se traduire, au-delà de 2012, par des interventions (taxation des exportations d'éthanol ou même de sucre) ou par la mise en place à moyen ou long terme de mesures d'incitation (comme la construction de nouvelles unités de production).

Source : Rabobank

 Hiba el Dahr, Centre d'études et de prospective

15:02 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : brésil |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/05/2012

Les causes des différentiels de rendement en maïs en Afrique

Le département de recherche socio-économique LEI de l'université de Wageningen aux Pays-Bas a publié un rapport qui cartographie le différentiel entre rendement réel et rendement potentiel de maïs pouvant exister dans différentes zones géographiques d'Afrique. Une analyse statistique identifie des facteurs comme l'utilisation d'engrais de synthèse, les infrastructures de transport et les institutions socio-politiques qui ont une relation avec ce différentiel de rendement. La cartographie résultant de l'analyse permet de repérer les zones où des efforts sont particulièrement nécessaires pour améliorer les rendements réels de production du maïs. Elle peut également servir d'outil pour identifier les zones où un système d'assurance récolte pourrait fonctionner de façon efficace.

 La méthode utilisée par le LEI s'appuie sur de l'imagerie satellite et des systèmes d'information géographique pour calculer le différentiel entre rendement actuel et rendement potentiel. La cartographie représente ensuite ce différentiel de rendement. Le croisement avec les indicateurs socio-économiques des différentes régions montre que l'accès aux marchés et l'utilisation d'engrais de synthèse sont corrélés avec un faible différentiel de rendement. Cependant, à une échelle plus fine, ces corrélations sont moins marquées, indiquant que d'autres facteurs entrent en jeu. Des différences marquées apparaissent entre régions administratives, ce qui suggère que des facteurs institutionnels et socio-politiques contribuent à expliquer les différentiels de rendement observés.

Source : LEI, Wageningen 

Jo Cadilhon, Centre d'études et de prospective

 

15:01 Publié dans Agronomie, Développement, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/05/2012

La réponse des pays d'Amérique latine et des Caraïbes à la volatilité des prix alimentaires

La FAO, l'Institut inter-amériques pour la coopération agricole (IICA) et la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) viennent de publier un rapport sur la réponse de l'Amérique latine et des Caraïbes à la plus grande volatilité des prix alimentaires et sur les opportunités de coopération régionale. Le rapport propose des recommandations de politiques publiques aux pays des trois grandes régions (Cône Sud, Amérique centrale et Caraïbes).

Constituant les actes de quatre séminaires régionaux organisés pour améliorer le dialogue entre institutions de la société civile, du secteur privé et des pouvoirs publics des différents pays de la zone, ce rapport décrit les réponses en matière de politiques publiques pour faire face à la plus grande volatilité des prix alimentaires. La conclusion recommande plus de coopérer plus afin d'améliorer la transparence et la compétition sur les marchés alimentaires, de permettre aux pays de mieux tirer partie des zones de libre échange régionales, et de mettre en place des politiques de limitation des risques pour les consommateurs les plus vulnérables à travers des actions de protection sociale. Le rapport recommande de porter une attention toute particulière au développement de l'agriculture familiale dans les pays de la région au sein de stratégies nationales plus larges de développement agro-alimentaire.

Source : CEPAL

 Jo Cadilhon, Centre d'études et de prospective

27/04/2012

Lancement officiel de la Plate-forme scientifique et politique intergouvernementale sur la biodiversité

Le secrétariat de l'IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), qui rassemble plus de 90 pays pour étudier les questions scientifiques et politiques concernant la biodiversité et les services écosystémiques sur le modèle du GIEC, sera basé à Bonn.

Le budget (entre 5 et 13 millions de dollars US) reste à déterminer, un fonds doit être créé pour recevoir les contributions des Etats, des organisations internationales et du secteur privé.

Un panel interdisciplinaire de scientifiques doit être formé qui devra être indépendant.

Source : IPBES

15:01 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Environnement, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : biodiversité |  Imprimer | | | | |  Facebook