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18/10/2017

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification sort son premier rapport de perspective

Le secrétariat de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) a pour objectif de prévenir et réduire celle-ci, afin de combattre la pauvreté et de favoriser une exploitation durable des sols. Il vient de publier son premier rapport sur les perspectives territoriales mondiales. En s'appuyant sur l'expertise de nombreux organismes de recherche et institutions internationales, les auteurs ont construit un atlas d'informations, de vulgarisation et de recommandations s'adressant à tous les pays, européens compris.

Dynamiques de la productivité des terres en Europe entre 1999 et 2013

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Source : UNCCD

Se présentant comme un panorama, l'ouvrage replace, dans une première partie, la problématique dans un contexte dynamique : il présente, à travers cinq chapitres, l'état des connaissances sur la désertification des terres et ses facteurs de changement (agriculture, exploitation des sous-sols, urbanisation, développement des infrastructures). Une seconde partie expose les résultats d'un travail prospectif, avec le développement de trois scénarios d'évolution. Les auteurs détaillent les enjeux et défis liés au foncier et mettent en évidence les causes et conséquences d'une importante crise de la productivité des terres amenée à s'amplifier. Les recommandations issues de ce travail prennent la forme de six démarches intégrées permettant de stabiliser et de réduire la surexploitation des surfaces.

Hypothèses intégrées dans les trois scénarios

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Source : UNCCD

Parmi les exemples détaillés dans l'ouvrage, l'un d'eux illustre l'intérêt de prendre en compte, dans la construction des politiques publiques, le savoir issu d'expériences de terrain (approche ascendante, ou bottom-up). Il s'agit d'une utilisation particulièrement réussie de couverts végétaux protecteurs, par un éleveur sud-africain, dont les terres étaient dégradées par la surexploitation et la désertification. Son choix judicieux d'essences et de plantations spécifiques, sur des parcelles en pente, lui a permis de restaurer ses pâtures et de limiter l'impact de la sécheresse. S'inspirant de cette initiative, les décideurs publics ont lancé un programme gouvernemental qui a conduit à la restauration de plus de 10 000 hectares entre 2004 et 2016.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : UNCCD

10:37 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international, Territoires | Lien permanent | Tags : unccd, désertification, terres |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2017

Open science et base de données

L'IIASA a publié dans Scientific data, un journal dédié aux bases de données et à l'Open science, trois articles sur des jeux de données en partie libres d'accès sur la plate-forme Geo-Wiki : structure de la biomasse forestière en Eurasie, occupation et utilisation des terres et terres cultivées à l'échelle mondiale.

Ainsi, la carte ci-dessous, sur les terres cultivées, est le fruit d'une campagne participative de 3 semaines. Les 80 contributeurs ont interprété environ 36 000 images satellites, chacune d'elles étant découpée en 25 cellules. Le participant devait alors spécifier celles avec plus de 50 % de terres agricoles cultivées. Un contrôle qualité était intégré au processus : des images préalablement expertisées étaient soumises de façon régulière aux contributeurs ; au total, toutes les images étaient validées entre 4 et 7 fois. Les 30 premiers participants (classement réalisé à partir du contrôle qualité) pouvaient alors choisir entre être co-auteur de la publication ou recevoir un bon d'achat allant de 50 à 750 euros sur Amazon.

Pourcentage moyen de terres cultivées au niveau mondial, carte établie à partir de la campagne participative

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Source : Scientific data

Sources : IIASA, Scientific data

13/06/2017

Les assurances récoltes américaines ont-elles un impact sur les systèmes de cultures et l’environnement ?

Dans un article publié dans l'édition d'avril de l’American Journal of Agricultural Economics, des chercheurs américains ont analysé l’impact des assurances récoltes (federal crop insurances) sur l’usage des terres, les systèmes de production et la qualité de l’environnement dans la région de la corn-belt aux États-Unis.

Pour cela, ils ont construit un modèle de prédiction des choix d’allocation des terres entre différents usages (culture, pâturage ou conservation) et cultures (maïs, soja, blé ou fourrages). Ce modèle repose sur l’utilisation de données récoltées à différents niveaux : parcellaire (usage actuel des terres, caractéristiques physico-chimiques), cantonal (rendements, prix des terres, etc.) et régional (prix des locations des terres, coûts de production). La comparaison des estimations obtenues avec ou sans assurance a ensuite permis d’évaluer l’impact de celle-ci sur la conversion des terres non-agricoles et l'orientation des cultures.

Les résultats montrent que les assurances ont un impact faible sur la conversion de terres non-agricoles : les surfaces allouées aux cultures augmentent de 0,06 % avec les assurances, tandis que celles allouées à la conservation et au pâturage diminuent de 0,42 % et 0,28 % respectivement. Toutefois, elles impactent plus fortement les choix de cultures, les surfaces de blé diminuant par exemple de 8,16 % lorsqu’une assurance est disponible.

Ces estimations ont ensuite été combinées à des modèles biophysiques pour déterminer l’effet des assurances sur l’environnement, en particulier sur l’écoulement et le lessivage des nitrates dans le sol, l’érosion des sols par l’eau et le vent, et la séquestration du carbone. Les résultats montrent que les changements de systèmes de cultures générés par les assurances ont un faible (mais négatif) impact sur la qualité de l’environnement. Une augmentation de 4 % de l’érosion éolienne des sols représente l’impact principal. Comme le nuancent les auteurs, ces effets pourraient varier fortement d’une région à une autre. Des travaux de recherche complémentaires, visant à identifier les zones à fort potentiel d’impacts, seraient utiles, afin de concevoir des programmes d’assurance qui soient à la fois plus efficaces économiquement et bénéfiques pour l’environnement.

Estelle Midler, Centre d’études et de prospective

Source : American Journal of Agricultural Economics

12/07/2016

Prospective Agrimonde-Terra : usage des terres et sécurité alimentaire mondiale en 2050

Le Cirad et l'Inra ont organisé vendredi 24 juin le colloque de présentation de leur étude Prospective Agrimonde-Terra : usage des terres et sécurité alimentaire mondiale en 2050. Impliquant de nombreux experts, ce travail a permis d'identifier les principaux déterminants de l’usage des terres, de formuler des hypothèses quant à leurs évolutions possibles d'ici à 2050 et de construire 5 scenarii. Des simulations des résultats des scenarii ont été réalisées avec le modèle Globe Agri.

Trois scenarii sont présentés comme « tendanciels » (1-2-3) et deux comme étant « de rupture » (4-5) :

- 1 « métropolisation » : poursuite de la croissance, de l'urbanisation et de la transition nutritionnelle (produits carnés et/ou transformés), à laquelle répondent des chaînes de valeur globales marginalisant les petits producteurs ;

- 2 « régionalisation » : développement d'une stratégie alimentaire de souveraineté par grandes régions, alimentation traditionnelle et agriculture familiale ;

- 3 « ménages » : grande mobilité urbain/rural au sein d'un vaste espace global dominé par les acteurs non étatiques ; alimentation hybride entre tradition et modernité ;

- 4 « communautés » : baisse de la croissance, crises répétées, exode urbain, replis sur des blocs régionaux ;

- 5 « régime alimentaire sain » : diversification des productions agricoles accompagnant des régimes nutritionnels plus sains dans le cadre d'une coopération mondiale très prescriptive.

Parmi les principaux résultats globaux, dans presque toutes les configurations simulées quantitativement, le commerce international joue un rôle important, les terres agricoles (en particulier les pâtures) s'étendent aux dépens de la forêt et les régions « Afrique subsaharienne » et « Inde » sont sous tension. Seul le scénario 5 permet d'assurer la sécurité alimentaire au niveau global avec un quasi-maintien des surfaces forestières et le développement de systèmes agricoles plus durables. L'étude conclut que des politiques publiques fortes et coordonnées entre les différentes échelles (internationale, nationale et locale) sont indispensables.

Résultats quantifiés pour les scénarios et leurs variantes (évolution entre 2010 et 2050)

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Source : CIRAD-INRA ; mise en forme CEP

Plusieurs documents sont en ligne, qui décrivent l'étude au niveau global, les hypothèses faites, les scenarii et les résultats des simulations. Les scenarii ont été déclinés par régions, afin de prendre en compte les dynamiques locales qui, d'après les auteurs, sont assez contrastées. Il sera donc intéressant de suivre la parution à venir des documents régionaux.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Inra

10:09 Publié dans 1. Prospective, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : agrimonde-terra, terres, sécurité alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/06/2016

Prix des terres agricoles en 2015

Les Safer, dans le cadre de leur mission de service public, publient chaque année une analyse des marchés fonciers ruraux. D'après la dernière édition sortie en mai, en 2015, le marché est en progression de plus de 5% en nombre de transactions, de plus de 6% en volume-surface et de plus de 8% en valeur. Le prix des terres et prés libres et non bâtis est de 6 010 euros par hectare en moyenne, contre 4 470 euros par hectare pour ceux loués et non bâtis. La hausse des prix se poursuit, mais à un rythme moins soutenu que les années précédentes, excepté pour le secteur des grandes cultures.

En termes de tendances, la SAFER constate une progression continue du marché des biens loués (55 % des superficies vendues) et une hausse des achats par les sociétés d’exploitation et sociétés de portage (GFA et SCI agricoles), au détriment des agriculteurs, personnes physiques et fermiers en place.

Source : SAFER

14:27 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : safer, foncier, prix, terres |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/12/2015

Publication d’un rapport d’Amnesty International sur la restitution des terres en Colombie

Amnesty International vient de publier un rapport faisant un rapide état des lieux sur la restitution de terres en Colombie. Le rapport parle de six millions de personnes déplacées et de huit millions d’hectares de terres (14 % du territoire national) ayant fait l’objet d’abandon forcé ou ayant été acquis illégalement par les principaux acteurs de la guerre (paramilitaires, narcotrafiquants et guérillas). La loi 1448 des victimes et de restitution de terres (juin 2011) prévoit une réparation par la restitution des terres et la mise en place de mesures d’accompagnement. Bien que cette loi soit une étape importante et historique dans la reconnaissance des droits des victimes, le rapport en souligne, à partir de deux études de cas, les faiblesses et les antagonismes avec d’autres politiques menaçant de légitimer les spoliations de terres en faisant primer leur exploitation économique. Le rapport conclut avec quelques recommandations privilégiant les droits des indigènes, des paysans et des communautés d’origine africaine.

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Source : Amnesty International

10:13 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : colombie, foncier, terres |  Imprimer | | | | |  Facebook