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10/09/2019

La relativité des stratégies de développement

Un rapport de l'OCDE de juin 2019 aborde, dans une perspective historique, le développement en tant que processus censé améliorer les conditions de vie des populations. Il propose une réflexion sur les stratégies à mettre en place, adaptées aux situations nationales en termes de ressources, de culture et d'institutions, et ce dans un contexte géopolitique et économique mondial changeant plus rapidement que par le passé. Selon les auteurs, l'agriculture, secteur incontournable des pays en développement, devra s'adapter aux nouveaux défis économiques (crises financières, volatilité des cours), socio-démographiques (intensification des processus migratoires) et environnementaux (changement climatique, manque d'eau). Des voies sont explorées pour y parvenir, par exemple l'intensification de l'agriculture vivrière, le recours à l'agriculture de précision, le développement des agro-industries rurales ainsi que le positionnement des villes intermédiaires en tant que marchés pour la production agricole, sources d'emploi non agricole et lieu de consolidation des chaînes de valeur.

Source : OCDE

16:18 Publié dans Développement | Lien permanent | Tags : ocde, développement |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/04/2019

Changer les politiques pour une pêche plus durable : quelles leçons tirer des expériences des pays de l'OCDE ?

Un rapport de l'OCDE analyse les changements de politiques en faveur de la durabilité du secteur de la pêche, afin d'en cerner les déterminants et les caractéristiques, et d'en tirer des leçons pour l'action publique. L'étude se fonde sur une revue de la littérature en économie politique et sciences de gestion, complétée par des données nationales issues de 16 réponses à un questionnaire envoyé aux 38 pays participant au Comité des pêches de l'Organisation. Les discussions d'un groupe d'experts et de parties prenantes sont également mobilisées.

Le rapport souligne la nécessité d'une gestion plus durable : un tiers des pêcheries sont aujourd'hui surexploitées, contre 10 % en 1970, avec un poids significatif des pratiques illicites, à quoi s'ajoutent les dommages sur la biodiversité et les impacts négatifs du changement climatique sur les ressources halieutiques. Mais les obstacles au changement sont nombreux : tensions entre objectifs multiples (durabilité, économie, emploi, etc.), pertes de revenu à court terme, gestion multi-échelle d'une ressource par nature mobile et difficilement observable, etc.

Malgré ces défis, la majorité des pays a fait évoluer ses politiques de la pêche vers plus de durabilité entre 2005 et 2016 : introduction d'outils de gestion des stocks (totaux admissibles de capture, de quotas, etc.), redéploiement des subventions aux pêcheurs vers les services de support (infrastructures portuaires, instruments de mesure, formation, recherche, etc.), et amélioration de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Utilisation des outils de gestion des stocks

OCDE-Peche1.jpg

Source : OCDE

Le principal moteur de ces changements, dans une majorité de pays, a été la prise de conscience de l'épuisement de la ressource halieutique, bien davantage que les performances économiques et sociales de la filière. Les initiatives des autorités gestionnaires et les engagements juridiques ont également été déterminants. Les auteurs en tirent des leçons pour catalyser les dynamiques de changement, notamment : améliorer la production et la gouvernance des données et des connaissances ; utiliser davantage le cadre législatif, plus efficace que les mécanismes informels pour assurer l'engagement des acteurs ; mobiliser de façon représentative les parties prenantes ; appliquer les principes de transparence et d'intégrité en matière de lobbying.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

10:27 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : ocde, pêche, durabilité |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/04/2019

La valeur ajoutée du commerce international : produits bruts ou transformés ?

Un rapport publié en février dernier par l'OCDE analyse les gains que tirent les pays de leur participation au commerce international, en comparant les bénéfices des échanges de produits bruts et transformés, agricoles et agroalimentaires. Les auteurs utilisent les mêmes données que pour des travaux antérieurs sur les chaînes de valeur mondiales (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog). Ils apportent des éclairages intéressants car « la montée en grade le long des chaînes de valeur », afin de maximiser la création de valeur ajoutée, constitue un objectif majeur des politiques agricoles de nombreux pays.

Dans un premier temps sont comparées, à l'échelle mondiale, les valeurs ajoutées créées par les exportations de produits bruts et par celles de produits transformés. Les auteurs classent les pays en deux groupes, selon qu'ils sont majoritairement exportateurs de l'un des deux types de produits. Pour chaque groupe, ils estiment la valeur ajoutée moyenne générée par les exportations relativement à la valeur ajoutée totale (produits agricoles et agroalimentaires). Pour contrôler les autres spécificités pouvant influencer le résultat, la moyenne est pondérée par la taille relative du secteur agricole et agroalimentaire national, et par son importance relative dans le commerce mondial. Les résultats montrent, en moyenne pondérée, que la valeur ajoutée générée par les exportations de produits bruts est proche de celle créée par les exportations de produits transformés. Pour les auteurs, la spécialisation des pays vers l'exportation de produits bruts ou de produits transformés n'est donc pas le meilleur levier pour accroître la valeur ajoutée générée par ces exportations, et donc pour augmenter les bénéfices tirés du commerce international.

Dans un deuxième temps, une analyse économétrique explore d'autres facteurs qui permettent aux pays d'augmenter plus efficacement la valeur ajoutée générée par les exportations. Il en ressort notamment que le volume total de cette valeur ajoutée exportée est accru par la participation des pays aux chaînes de valeur mondiales, notamment à travers l'utilisation d'intrants agricoles et non agricoles importés. De même, l'utilisation de services (aux entreprises, transport, financiers, commerciaux), comme intrants dans la production des exportations, rend également ces dernières plus performantes.

Valeur ajoutée générée par les exportations de produits bruts et transformés en 2014

Exportations.jpg

Source : OCDE

Lecture : « Primary pathway » et « Processing pathway » désignent respectivement les groupes de pays majoritairement exportateurs de produits bruts et de produits transformés. En ordonnée (« multiplier ») : ratio valeur ajoutée générée par les exportations / valeur ajoutée totale dans les secteurs agricole et agroalimentaire. En abscisse, « simple » correspond à la moyenne simple, « TVA weighted » à la moyenne pondéré par la valeur ajoutée totale du secteur agricole, « Export (gross) weighted » à la moyenne pondérée par les exportations de produits agricoles et agroalimentaires.

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

14/02/2019

Mesure et impact de la participation des pays aux chaînes de valeur mondiales agricoles et agroalimentaires

Publiée début 2019 par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), une étude analyse l'évolution, sur la période 2004-2014, de la participation de soixante-dix pays et régions aux chaînes de valeur mondiales (CVM) agricoles et agroalimentaires, et son impact sur leurs économies. Les indicateurs de participation aux CVM proviennent d'un tableau international des entrées-sorties élaboré à partir de la base de données Global Trade Analysis Project (GTAP). Cette publication revêt un intérêt particulier car, jusqu'à présent, la participation des pays aux CVM agricoles et agroalimentaires n'avait pas été étudiée sur plusieurs années.

Dans un premier temps, les auteurs analysent l'évolution de cette participation, pour chaque pays, vers l'amont (part des exportations nationales produites à partir d'intrants étrangers) et vers l'aval (part des exportations nationales utilisées, en tant qu'intrants, dans les exportations d'autres pays). Depuis le début des années 2000, le niveau de participation amont et aval aux CVM agricoles et agroalimentaires a augmenté, pour l'ensemble des principaux pays européens exportateurs de ces produits (voir graphique). La France fait partie de ceux ayant accru simultanément leurs participations amont et aval. Par ailleurs, au niveau sectoriel, sur la période étudiée, l'intégration dans les CVM du blé et autres céréales, des oléagineux et de la viande bovine a particulièrement augmenté, de plus de 50 %.

Dans un deuxième temps, l'étude s'intéresse à l'impact de la participation des pays aux CVM sur leur secteur agricole. À partir d'une analyse économétrique, les auteurs montrent que l'importation d'intrants pour la production d'exportations (participation amont) augmente la création de valeur ajoutée au sein des filières agricoles. Les importations donnent accès à des intrants plus compétitifs, conduisant à une transformation du processus de production (par exemple accès à de nouvelles technologies, modification du rapport capital/travail, etc.) et une croissance du secteur agricole. De plus, parmi les différentes composantes de la valeur ajoutée (terre, travail, capital), l'analyse révèle que la participation amont des pays aux CVM bénéficie davantage au travail non qualifié qu'au travail qualifié. Ce résultat s'explique vraisemblablement par le contenu en travail non qualifié particulièrement important dans les secteurs agricole et agroalimentaire.

Évolution de la participation amont (Backward) et aval (Forward) aux chaînes de valeur mondiales agricoles et agroalimentaires des principaux pays exportateurs (2004-2014)

CVM.jpg

Source : OCDE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

13:40 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ocde, cvm |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/11/2018

Rapport de l'OCDE sur l'innovation, la productivité et la durabilité de l'agriculture en Chine

La dernière revue-pays de la série de l'OCDE sur l'innovation, la productivité et la durabilité de l'agriculture s'intéresse à la Chine. Après un bilan chiffré et détaillé de la situation agricole et alimentaire chinoise (chapitre 2), le rapport analyse l'ensemble des politiques susceptibles d'influencer l'innovation, le changement structurel et l'utilisation des ressources naturelles et le climat : macroéconomie, commerce, taxation, politiques foncières, agricoles, systèmes de R&D, etc. (chapitres 3 à 6).

Le rapport souligne l'extraordinaire transformation de l'agriculture chinoise au cours de ces vingt dernières années, dans un contexte de profonds changements structurels (croissance démographique, vieillissement, industrialisation, etc.). La productivité et la production agricoles ont connu une forte croissance, mais au détriment des ressources naturelles.

Autrefois centrée sur l'autosuffisance en grains et le soutien des prix, la politique agricole chinoise s'est diversifiée : soutien aux revenus agricoles, sécurité alimentaire, compétitivité, environnement et progrès scientifique. Les soutiens des prix pour le coton, le soja et le maïs ont été remplacés par des aides directes, même si l'aide publique aux producteurs continue d'augmenter (cf. figure). La protection de l'environnement est récemment devenue un objectif majeur de la politique agricole du pays, avec le développement de programmes et de réglementations dédiés. La sécurisation des droits liés à la terre, nécessaires pour attirer des capitaux dans l'agriculture, a été progressivement renforcée.

Autre tendance marquante, l'accélération des investissements dans la R&D agricole, multipliés par quatre entre 2000 et 2013. L'OCDE souligne cependant que, rapporté au PIB agricole, ce chiffre reste inférieur à ceux observés aux États-Unis et dans l'Union européenne, et note des améliorations possibles dans la gouvernance de la R&D (répartition des rôles entre public et privé, droits de propriété intellectuelle, etc.). Cette analyse comporte aussi un éventail de recommandations (chapitre 1), invitant la Chine à poursuivre et approfondir les réformes engagées, en insistant sur l'utilité d'une revue régulière et d'une mise en cohérence accrue des politiques publiques.

Évolution du soutien aux producteurs agricoles chinois, 1995-2016

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Source : OCDE

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

06/03/2018

Vers un ralentissement de la demande mondiale en produits agricoles ?

Trois chercheurs de l'OCDE et de la FAO viennent de publier une analyse du dernier rapport annuel conjoint OCDE-FAO (OECD-FAO Agricultural Outlook 2017-2026), faisant ressortir un ralentissement de la hausse de la demande mondiale pour tous les produits agricoles. Après avoir été tirée majoritairement par la consommation individuelle (notamment chinoise), elle ne serait plus stimulée, dans la décennie à venir, que par la croissance démographique.

Croissance de la demande en produits agricoles : 2007-2016 et prévisions 2017-2026

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Source : FAO

Par ailleurs, après un développement très rapide, la demande en biocarburants, dont les auteurs évoquent l'impact majeur sur les stocks de produits alimentaires, arriverait à maturité et ralentirait elle aussi. Selon eux, un tel ralentissement, après une décennie de prix sous tensions, serait l'occasion de mieux prendre en compte les enjeux de préservation des ressources naturelles et d'atténuation des effets du changement climatique.

Source : VoxEU

09:55 Publié dans 3. Prévision, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : outlook, ocde, fao, demande mondiale, biocarburants |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/11/2017

Quantifier l'impact d'un accès restreint à l'eau, aux énergies fossiles et à la terre sur l'économie mondiale et les équilibres régionaux

Tel est l'objectif ambitieux poursuivi par l'OCDE, dans une publication récente, où l'agriculture et la forêt occupent une position centrale.

Les interactions entre le sol, l'eau et l'énergie sont complexes et cruciales pour les activités humaines. Le changement climatique pourrait accentuer ou déplacer la pression sur les ressources naturelles, avec des conséquences multiples sur l'économie globale et les grands équilibres régionaux, en matière de croissance et de flux commerciaux, et plus particulièrement pour certains secteurs (agriculture, énergie). Pour mesurer ces impacts, l'OCDE a relié deux modèles complémentaires : ENV-Linkages, modèle d'équilibre général qui représente le fonctionnement de l'économie au niveau mondial et de grandes régions, et Image, modèle biophysique qui analyse, en fonction des conditions climatiques, la disponibilité et la consommation des ressources naturelles, ainsi que leur efficience. L'agriculture, très dépendante des trois facteurs sol-eau-énergie, est le principal lien entre les deux modèles, par le biais des rendements et des surfaces utilisées (données obtenues à partir d'Image). La pression anthropique liée au développement économique issue d'ENV-Linkages est réinjectée à son tour dans le modèle Image.

Schéma présentant le fonctionnement de la liaison entre les deux modèles utilisés

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Source : OCDE

Afin d'identifier les impacts d'une raréfaction de l'une ou l'autre des ressources étudiées, plusieurs scénarios ont été testés et comparés à un scénario tendanciel, à l'horizon 2060. Dans le cas agricole par exemple, la restriction d'accès à l'un des facteurs conduit à des modifications de consommation des deux autres :

- la baisse de la ressource en eau de surface débouche sur des évolutions contrastées des surfaces agricoles, selon les régions, en fonction de leur degré de dépendance aux gisements aquifères ;

- un moindre accès aux énergies fossiles provoque une augmentation des usages non alimentaires des produits agricoles, et se traduit par une hausse des surfaces cultivées et un recul des surfaces forestières.

Les impacts cumulés de ces restrictions d'accès sont également calculés : dans certaines régions, l'effet total sur l'agriculture est moins important que la somme des trois chocs, en raison d'une meilleure optimisation de l'utilisation des ressources. Enfin, lorsque le changement climatique est introduit, il conduit à une amplification des impacts cumulés sur l'agriculture.

Variations de la valeur ajoutée agricole selon les différents scénarios à 2060,en écart par rapport au scénario de référence

OCDE-Nexus2.jpg
Source : OCDE

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

09:13 Publié dans 1. Prospective, Environnement, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ocde, eau, énergies fossiles, terre, ressources |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/10/2017

L'OCDE analyse les sources, les facteurs et la dynamique de la croissance de la productivité des exploitations agricoles de pays européens

Publié début septembre, un document de travail de l'OCDE analyse les sources, les facteurs et la dynamique de la croissance de la productivité des exploitations agricoles de six pays européens : Allemagne, France, Hongrie, Pologne, République tchèque et Royaume-Uni. L'étude utilise les données issues du réseau d'information comptable agricole, sur la période 1995-2013. La productivité globale des facteurs (PGF) est décomposée en trois éléments : changement technique, effet d'échelle et efficacité technique.

L'étude montre notamment une plus grande diversité des taux de croissance de la PGF sur la période récente (2004-2013), ainsi que l'existence d'importantes économies d'échelle. Dans le même temps, dans certains pays, les exploitations agricoles les plus grandes présentent des inefficacités techniques, potentiellement liées à des questions organisationnelles. Cette analyse suggère enfin que les soutiens à l'agriculture ont une influence négative sur la productivité des exploitations et l'efficacité de l'utilisation des intrants, et que les économies de gamme ne sont pas significatives pour les productions végétales.

Source : OCDE

09:29 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : ocde, productivité globale des facteurs, pgf, productivité |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2017

Soutiens publics au secteur de la pêche dans les pays de l'OCDE : contenu et impacts

En mai dernier, l'OCDE a publié une étude sur les soutiens publics au secteur de la pêche et leurs effets environnementaux pour trente et un pays, dont l'Union européenne dans son ensemble, sur la période 2009-2015. Ce travail revêt un intérêt particulier dans le cadre de la mise en œuvre de l'Objectif de Développement Durable 14.6 de l'ONU et de l'agenda probable de la 11e Conférence ministérielle de l'OMC qui se déroulera à Buenos-Aires en décembre prochain.

L'étude estime que la valeur totale du soutien public au secteur de la pêche était de 7 milliards en 2015, un montant relativement stable dans le temps. En adaptant la classification des mesures de soutien utilisée par l'OCDE pour l'évaluation des politique agricoles, elle montre que la majorité de ces soutiens est constituée de transferts aux services d’intérêt général du secteur de la pêche (R&D, infrastructures, gestion des ressources, opérations d'inspection). Leur part dans le total des transferts a augmenté sur la période étudiée, tandis que celle des paiements versés aux pêcheurs à titre individuel (basés sur le revenu, la réduction des capacités de production ou l'utilisation d'intrants) a progressivement diminué. Avec un soutien total légèrement inférieur à 20 % de la valeur des débarquements, la France se positionne au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, mais elle compte toutefois parmi les pays dont la part des paiements versés à titre individuel est la plus faible.

Les auteurs montrent de plus que les subventions dans le secteur peuvent avoir des conséquences négatives en matière de surpêche et de surcapacités de production. Les paiements basés sur l'utilisation d'intrants (équipage, carburant, appâts) ont l'impact le plus important sur l’incitation à l'effort de pêche, tandis que ceux basés sur la formation de capital fixe encouragent davantage la création de capacités de production. Les paiements basés sur le revenu ainsi que les transferts aux services d'intérêt général influencent le moins ces capacités. Des travaux complémentaires doivent être entrepris afin de quantifier ces impacts.

Enfin, la méthode de l'OCDE appliquée au secteur de la pêche ne permet pas d'analyser les impacts des subventions sur le commerce, comme elle le fait en agriculture sur la base de la différence entre prix domestique et mondial : un prix mondial de référence ne peut pas être sélectionné à cause de l'hétérogénéité du marché des ressources halieutiques.

Effets des mesures de soutien

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Source : OCDE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

15:48 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Pêche et aquaculture | Lien permanent | Tags : ocde, pêche, soutiens publics |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2017

Renforcer les compétences pour participer aux chaînes de valeur mondiales

À l'occasion de la publication récente de son opus annuel sur les compétences, l'OCDE a analysé le lien entre développement des compétences nationales et participation aux chaînes de valeur mondiales. Alors qu'il y a peu encore, l'avantage comparatif des pays de l'Organisation, dans les secteurs technologiquement avancés, était directement lié au degré d'instruction, les compétences sont désormais plus discriminantes, à la fois au niveau des individus et des pays.

Croisant des données d'enquêtes sur les compétences des adultes avec les données sur les chaînes de valeur, par grands secteurs (parmi lesquels l'agroalimentaire), l'analyse relève par exemple la corrélation entre compétences cognitives (littératie, numératie, résolution de problèmes) et volonté d'apprendre d'un côté, et le niveau des exportations de l'autre. Le rapport débouche sur des préconisations en matière de politiques éducatives et de formation.

Source : OCDE

12/05/2017

L'éducation, un enjeu pour l'économie des zones rurales des pays de l'OCDE

Alors que les zones rurales perdent des habitants et voient les services publics physiques reculer, l'accès à l'éducation devient un enjeu important pour leur dynamisme économique, d'autant que de nombreuses industries y sont implantées. C'est l'objet du focus sur l'enquête PISA 2015, publié le mois dernier par l'OCDE, portant sur tous les pays membres de l'organisation.

Croisant divers indicateurs statistiques, l'auteur met en évidence les difficultés rencontrées par les populations rurales pour accéder à une même qualité d'éducation, en particulier dans les zones les plus éloignées : scolarisation précoce plus faible, fermetures d'école, offre scolaire plus réduite, recrutements d'enseignants plus difficiles, etc. Ces difficultés conduisent, dans plusieurs pays, à des écarts importants en matière d'acquisition de compétences entre les élèves du monde rural (écoles localisées dans des communes de moins de 3 000 habitants) ou urbain (écoles situées dans des villes de plus de 100 000 habitants) : ce constat est particulièrement sévère en Hongrie, Portugal, Slovaquie et Turquie.

Écart de performance en science, en tenant compte des origines socio-économiques entre les élèves des écoles rurales et urbaines

PISA.jpg

Source : OCDE

La poursuite d'études, avec l'obtention d'un diplôme de fin d'enseignement secondaire, est également contrastée selon les régions, à l'avantage des plus urbaines. Ce résultat est obtenu en croisant des statistiques régionalisées de niveau d'études et de populations vivant en zone rurale. Les disparités régionales sont plus ou moins importantes selon les pays (30 à 40 points d'écart au Mexique et en Turquie, quasiment nulles en Suisse et Slovénie), mais, dans pratiquement tous les cas, à l'avantage des régions les plus urbanisées.

La réduction de l'offre physique de services en milieu rural pèse sur l'attractivité de ces régions pour les enseignants les plus qualifiés et les plus expérimentés. Au-delà de politiques incitatives, l'auteur met en avant la nécessité de former de manière spécifique les enseignants intervenant en milieu rural, et de rompre leur isolement de la communauté éducative par un soutien approprié.

Enfin, si les outils numériques facilitent l'accès des élèves aux ressources éducatives et à l'e-enseignement, lorsque les distances à parcourir deviennent trop importantes, on constate que les régions les plus éloignées sont également les moins bien équipées en haut débit dans de nombreux pays.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

11:06 Publié dans Enseignement et recherche, Territoires | Lien permanent | Tags : ocde, pisa, éducation, zones rurales |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/04/2017

L'implication des pays dans les chaînes de valeur mondiales agricoles

L'OCDE a publié un rapport sur l'implication des pays et l'intégration des produits agricoles dans les chaînes de valeur mondiales (CVM) agricoles et alimentaires. L'étude mesure cette implication à travers la valeur ajoutée transmise par les flux commerciaux. Elle exploite les données du GTAP (Global Trade Analysis Project), afin de construire une base de données nationales et régionales sur une vingtaine de secteurs agroalimentaires (voir le document méthodologique publié). La méthode utilisée permet de mesurer l'implication backward et forward : la participation backward d'une filière correspond à la quantité d'intrants importés utilisée dans les exportations ; la participation forward, elle, correspond à la valeur ajoutée des exportations retransmise aux exportations d'autres pays. Les auteurs estiment que les différences de participation des produits dans les chaînes globales de valeur peuvent être intrinsèques à la nature du produit (notamment au regard de sa périssabilité) et/ou dues aux politiques publiques en vigueur.

Un premier résultat indique que les produits agricoles (notamment grains, lait) ont des participations le plus souvent forward dans les CVM. Cela signifie qu'une part importante de la valeur ajoutée exportée de ces produits agricoles est utilisée pour être ré-exportée. A contrario, les produits transformés (laitiers par exemple) participent majoritairement de manière backward (fortement dépendants des importations de pays tiers).

Par ailleurs, les résultats par pays révèlent, entre autres, que l'Europe est la deuxième région, après l'Asie, la plus impliquée dans les CVM, particulièrement backward. La Chine est le pays avec le plus fort taux de participation dans les chaînes globales de valeur, principalement forward : une forte proportion des importations agricoles chinoises est ensuite ré-exportée, soit directement, soit sous forme de produits transformés. La dernière partie de l'étude tente de mesurer la corrélation entre la participation aux CVM et l'environnement économique, notamment via les capacités agricoles productives et les politiques agricoles et commerciales. Enfin, cette analyse révèle que la valeur ajoutée domestique via les exportations n'augmente pas lorsque le pays se spécialise dans des exportations de produits transformés. Dans certains cas, il peut donc être souhaitable, pour un État, d'améliorer sa participation à des CVM de produits agricoles primaires plutôt que de chercher à exporter des produits transformés.

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

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18/01/2017

Incidence du développement du commerce agricole sur la sécurité alimentaire

Dans ce rapport publié récemment, l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques se base sur les projections de l'Outlook agricole OCDE/FAO à 2024 pour évaluer la sécurité alimentaire, au niveau national, dans les différentes grandes régions du monde. Quatre scénarios sont développés : une augmentation plus rapide des revenus dans les pays en développement (income sur le graphique ci-dessous), une augmentation accrue de la productivité agricole dans ces mêmes pays (productivity), une combinaison des deux (income & productivity), et enfin un accès plus équitable aux produits alimentaires disponibles (access). Les indicateurs pris en compte sont celui de la FAO sur la sous-alimentation (probabilité qu'un individu d'une population donnée n'ait pas accès au minimum de calories nécessaire à une vie active et saine) et la prévalence de la sous-alimentation dans la population (PoU).

Selon les projections tendancielles, la PoU chute globalement de 11 à 8 % en 10 ans ; l'Amérique latine et les Caraïbes, l'Indonésie et la Thaïlande passent en-dessous des 5 % (seuil d'éradication de la faim selon la FAO) ; l'Asie et le Pacifique diminuent de 12 à 8 % et l'Afrique subsaharienne de 23 à 19 %. L'Asie et le Pacifique bénéficient plus du scénario d’augmentation des revenus que l'Afrique. Le Nigeria, la Chine et le Pérou passeraient en-dessous des 5 % de PoU dans le scénario d'augmentation de la production agricole. Le Bangladesh s’ajouterait à cette liste, dans le cas où à la fois les revenus et la production agricole augmenteraient, ainsi que l'Inde dans le scénario « accès plus équitable ».

L'étude confirme que le commerce international joue un rôle, variable selon les pays, dans la réduction de l'insécurité alimentaire. Le scénario d'augmentation de la productivité agricole nationale donne globalement de meilleurs résultats que celui d'une amélioration plus rapide des revenus, dans la mesure où l'accroissement de la consommation se fait principalement par la production locale. Le scénario « accès plus équitable » donne de meilleurs résultats de réduction de l'insécurité alimentaire partout, montrant que l'accès à l'alimentation est le problème central, plutôt que la disponibilité alimentaire. Si la majorité des pays en développement est donc en voie d'atteindre les 5 % de PoU, des mesures plus importantes restent nécessaires, pour que les pays les plus pauvres, en Afrique subsaharienne en particulier, éradiquent la sous-alimentation.

Évolutions du nombre de personnes en insécurité alimentaire selon les quatre scénarios par rapport au scénario tendanciel

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Source : OCDE

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

14/12/2016

Évolution des politiques internationales et réformes multilatérales

L'OCDE a récemment publié une étude sur l'évolution des politiques agricoles dans le monde, depuis le début du cycle de Doha en 2001, et sur leurs impacts sur l'agriculture mondiale. En quinze ans, la production agricole mondiale a significativement augmenté, les échanges se sont accrus et les prix ont repris une tendance haussière assortie d'une forte volatilité jusqu'à 2010. Dans ce contexte, des politiques de protection des marchés intérieurs ont émergé dans de nombreux pays, notamment des restrictions aux exportations.

Cette étude de l'OCDE synthétise la littérature internationale et quantifie les impacts des politiques agricoles sur la production, les échanges et la consommation, au moyen de différents scénarios originaux d'évolution. Dans ce cadre, seules les politiques commerciales et de soutien domestique (subventions) sont prises en compte.

Quatre scénarios politiques sont étudiés et comparés à la situation actuelle : 1) une suppression de toutes politiques agricoles et commerciales, 2) un retrait partiel de celles-ci dans tous les pays, 3) un retrait partiel dans un certain nombre de pays développés, et 4) une augmentation des droits de douane et du soutien interne par des grands pays producteurs émergents, reflétant la tendance à l’œuvre ces dernières années. Les modèles METRO et AGLINK-COSIMO sont utilisés pour estimer l'impact de ces hypothèses sur les prix mondiaux et l'intensité des flux commerciaux.

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Source : OCDE

Parmi les résultats obtenus, l'étude relève que les politiques actuelles entravent les flux commerciaux, mais ont un impact légèrement positif sur la production agricole mondiale (+0,1%), tout en limitant la diversité de produits alimentaires disponibles (-0,7%). Leur suppression (scénario 1) impacterait en revanche la répartition géographique de la production, au bénéfice des pays disposant d'une action politique aujourd'hui limitée (par exemple l'Australie et la Nouvelle-Zélande), et élargirait l'éventail de produits alimentaires disponibles (cf. graphique ci-dessus). Le scénario 4, quant à lui, contraindrait la production agricole mondiale en limitant notamment la progression du secteur animal au profit du secteur végétal.

Barthélemy Lanos, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

13:27 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : ocde, politiques agricoles |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/09/2016

Examen de la performance environnementale de la France par l’OCDE

Tous les 10 ans, les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) se soumettent à un examen approfondi de leur performance environnementale par leurs pairs et le secrétariat de l’organisation. Celui de la France, remis le 11 juillet 2016 à la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, par le secrétaire général de l'OCDE, fait le point sur les progrès accomplis depuis le précédent examen de 2005. Il formule 33 recommandations pour stimuler la croissance verte et améliorer la gouvernance et la gestion de l’environnement en France. Cet examen repose sur un processus de plus d’un an, qui a étroitement mobilisé les services de l’Etat afin de répondre aux questions de l’organisation.

Après avoir détaillé les évolutions environnementales clés en France depuis 2005 et le contexte de mise en œuvre des politiques publiques sur cette période, l’examen porte sur la stimulation de la croissance verte, la transition énergétique et la protection de la biodiversité, ce tous secteurs confondus. Il se révèle globalement positif, soulignant que la France a réduit depuis 2005 ses émissions de gaz à effet de serre, la concentration des principaux polluants atmosphériques et ses prélèvements d’eau douce. Néanmoins, le rapport met en exergue la nécessité de limiter l’artificialisation des sols, la faible probabilité que le pays atteigne son objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020, le besoin d’améliorer la qualité de l’air et d’agir sur les pollutions par les nitrates et les pesticides.

Parmi les secteurs économiques couverts, l’examen se révèle particulièrement mitigé sur la performance environnementale de l'agriculture française. Les principales critiques de l’OCDE portent sur l'usage des nitrates et des pesticides, et le bilan du premier plan Ecophyto. L'intensification agricole est également pointée du doigt comme facteur de dégradation de la biodiversité en milieu rural. Au regard de ces constats, l’OCDE recommande à la France, en matière agricole, de poursuivre l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse et d’instaurer une redevance analogue sur les engrais minéraux azotés. Pour améliorer spécifiquement l’impact de l’agriculture sur la biodiversité, elle l’encourage notamment à ratifier le protocole de Nagoya et à promouvoir l'agro-écologie.

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Vanina Forget, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

15:10 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Environnement | Lien permanent | Tags : ocde, performance environnementale |  Imprimer | | | | |  Facebook