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12/06/2017

Commerce mondial de produits forestiers : qui perd, qui gagne ?

Alors que les États-Unis ont relancé en avril le conflit commercial les opposant au Canada sur le bois d’œuvre résineux depuis 35 ans, des chercheurs américains ont récemment mesuré (article publié dans Forest Policy and Economics) les gains globaux liés au commerce mondial de produits forestiers, et tenté d'identifier les gagnants et les perdants de la mondialisation dans ce domaine.

Le poids du commerce international de bois, dans ses différentes utilisations, est important : le quart des sciages et des panneaux, et près du tiers de la pâte à papier et du papier sont échangés sur le marché mondial. Les auteurs ont donc essayé de mesurer l'impact des échanges sur les volumes produits et consommés au niveau mondial. Ils ont également cherché, plus finement, à identifier les pays bénéficiaires de la mondialisation, en termes de volumes, de prix, mais également de contribution à la valeur ajoutée.

Ils ont, pour ce faire, utilisé un modèle d'équilibre de marché, le Global Forest Products Model (GFPM), qui décrit la demande, l'offre et les échanges pour 14 catégories de produits et 180 pays, sur la base des données de la FAO. Après avoir calibré le modèle sur la situation de 2013, ils ont simulé un nouvel équilibre d'autarcie générale, chaque pays devant alors subvenir à ses propres besoins en matière de produits forestiers. L'ensemble des résultats est fourni par différence entre la situation d'autarcie et l'état de référence, en 2013.

De manière conforme à la théorie sous-jacente à cette analyse, la participation aux échanges permet un niveau mondial de production et de consommation supérieur de 10 à 20 % selon les produits. Les pays dont une part importante de la production ou de la consommation est liée au commerce mondial enregistrent les gains les plus importants, soit pour leurs consommateurs, soit pour leurs producteurs. In fine, l'étude met en évidence, au-delà des impacts en début ou fin de chaîne, la conséquence pour la valeur ajoutée au niveau de la transformation, reflétant par là le degré d'industrialisation du secteur dans chaque pays : ainsi, au niveau européen, l'industrie du bois en Finlande (+700 %), Suède (+400 %) et Autriche (+22 %) bénéficie pleinement d'un marché ouvert, alors qu'à l'opposé, l'industrie italienne (-26 %) et britannique (- 27 %) enregistrent de fortes pertes de valeur ajoutée.

Effet du commerce sur la production, la consommation et le prix d'une commodité échangée entre deux pays. La partie hachurée représente le gain net en bien-être social, somme des variations des surplus des consommateurs et des producteurs liées aux échanges.

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Source : Forest Policy and Economics

Enfin, l'article met en évidence les pertes supportées par les producteurs de bois ronds des pays du Sud (-21 % par rapport à une situation autarcique), posant la question des modalités de soutien à une gestion durable de leurs massifs forestiers, afin d'éviter une exploitation minière des forêts, notamment tropicales.

Muriel Mahé, Centre d'études et de prospective

Source : Forest Policy and Economics

04/05/2016

Immeubles en bois, le ciel pour limite

Bordeaux, Nice, Paris mais aussi Stockholm, Londres : les projets d'immeubles en bois de grande hauteur fleurissent et suscitent l'intérêt des médias. Les Échos, mais également France Télévision y ont consacré chacun un dossier le mois dernier.

La Tour Hypérion, attendue pour 2020 à Bordeaux

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Source : LesEchos.fr d'après Jean-Paul Viguier & Associés

Les avantages du bois d'un point de vue environnemental sont évidents. Mais pourquoi cet intérêt pour les constructions de grande hauteur ? Au-delà de la réduction de l'empreinte carbone de la construction, les immeubles en bois bénéficient d'innovations technologiques au plan structurel : le bois lamellé croisé (CLT) permet la production de panneaux de grande portance, courbes ou rectilignes, concurrençant directement l'acier et le béton. Les limites jusque-là imposées concernant les immeubles de grande hauteur (15 étages et plus), sont en passe d'être levées : c'est le pari qui est fait dans le cadre du plan « Industries du bois » de la Nouvelle France Industrielle.

Alors que les panneaux sont pour une part importante importés d'Allemagne ou d'Autriche, fabriqués à partir d'épicéas, l'objectif poursuivi par le plan est de soutenir et développer une industrie française utilisant la ressource forestière nationale, composée majoritairement d'essences feuillues. Le hêtre pourrait ainsi bénéficier de ce nouveau débouché.

Sources : Les Échos, francetvinfo.fr

09:17 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : immeuble, bois |  Imprimer | | | | |  Facebook