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17/09/2010

Adaptation au changement climatique en Afrique

Un document de discussion, produit par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), s’est intéressé à l’adaptation au changement climatique dans le secteur agricole dans 10 pays d’Afrique subsaharienne : Burundi, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Madagascar, République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda, Soudan et Tanzanie.

Il établit une liste de 26 stratégies d’adaptation – dont deux sont communes aux 10 pays, et cinq sont partagées par plus de cinq pays – et passe en revue les progrès enregistrés dans l’adaptation à des tendances climatiques imprévisibles.

Les sept principales stratégies :

1. Développer des variétés de cultures à croissance rapide et résistantes à la sécheresse

2. S’intéresser aux nouvelles sources d’énergies renouvelables telles que l’énergie solaire

3. Utiliser des petits barrages pour collecter les eaux de pluies

4. Procéder à des croisements pour produire des espèces plus résistantes ; réduire le nombre total de têtes de bétail par la vente ou l’abattage

5. Conserver le couvert végétal en instaurant des zones interdites au pâturage, et garder des animaux plus petits comme les moutons et les chèvres

6. Protéger et rétablir la végétation dans les zones dégradées

7. Développer des systèmes intégrés de réponse et de surveillance des maladies et de préparation aux urgences pour prévenir, atténuer et répondre aux épidémies agricoles.

10:04 Publié dans Climat, Environnement, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : afrique, adaptation |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le miracle brésilien

Le magazine The Economist consacre un article spécial à la révolution de l'agriculture brésilienne et au miracle du cerrado. Passé d'importateur net de produits alimentaires à puissance exportatrice de produits agricoles en à peine 30 ans, ce succès provient de la mise en place d'un ensemble d'éléments qui ont constitué un système agricole extrêmement performant et qui pourrait être reproduit dans d'autres pays de la zone tropicale sèche.

 Le Brésil est naturellement doté de vastes terres arables (potentiel de 450 millions d'hectares sans même toucher à la forêt amazonienne) et de précipitations plutôt régulières. Mais c'est le système agricole développé par l'Embrapa (société publique de recherche agronomique brésilienne) qui a véritablement permis de mettre en culture les vastes étendues de prairie sèche du cerrado :

  • Investissement conséquent en recherche et développement agricole ;

  • Amendements pour alcaliniser les sols naturellement acides du cerrado ;

  • Introduction, amélioration et adaptation de fourrages et bovins aux conditions agroécologiques locales ;

  • Adaptation du soja au climat tropical et réduction de sa période végétative permettant une double récolte annuelle ;

  • Coupe haute des grains pour laisser les pailles sur pieds, puis semis direct ;

  • Modèle d'exploitation gigantesque (milliers ou dizaines de milliers d'hectares en moyenne) à mécanisation moderne pour les grandes cultures et plantations afin d'employer les populations rurales et optimiser la productivité du travail ;

  • Modèle agroforestier pour le système d'élevage bovin ;

  • Peu de subventions directes aux agriculteurs.

 Ayant encore un potentiel de croissance énorme, l'agriculture brésilienne contribuera certainement à nourrir le monde. Mais sa contribution pourrait, selon ce dossier, être encore plus marquante dans le développement de systèmes agricoles adaptés aux zones tropicales sèches de l'Afrique où le problème de la faim reste encore prépondérant.

Source : The Economist

 (voir aussi les analyses d'impact environnemental de cette révolution dans les commentaires des lecteurs en bas de l'article).

Jo Cadilhon, Centre d'études et de prospective

09:22 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : brésil |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/09/2010

Les cours des matières premières agricoles seraient de plus en plus liés aux prix de l'énergie et à la spéculation

Une étude de la Banque Mondiale revient sur les raisons de la hausse des prix des matières premières qui a abouti au pic des prix agricoles en 2006-08. Elle relativise tout d'abord l'importance de deux facteurs qui ont souvent été mis en avant ; biocarburants et demande des pays émergents. A l'inverse, trois facteurs sont mis en avant : le prix du pétrole, la spéculation et l'intégration des marchés agricoles.

Selon l'étude, l'augmentation de la demande des pays émergent n'aurait pas eu d'effet significatif. L'impact de l'essor des biocarburants serait moindre qu'initialement pressenti. Les auteurs soulignent par contre l'importance de l'influence des prix des énergies fossiles sur la formation des prix agricoles internationaux. Cette influence a été forte sur toute la deuxième moitié du XXè siècle, et elle a cru lors de la dernière crise. L'étude insiste aussi sur la forte intégration des différents marchés des matières premières : ainsi la hausse des prix du pétrole s'est d'abord répercutée sur les prix du maïs (sollicité pour la production d'éthanol), puis sur celui du blé. Enfin, l'étude insiste sur le rôle de la spéculation liée à la financiarisation croissante des marchés agricoles et du marché de l'énergie. Ainsi, il semble que la formation des prix agricole soit de plus en plus déconnectée de l'évolution de l'offre et de la demande agricole.

Le rapport conclue sur la forte incertitude qui pèse sur l'évolution des prix futurs. En effet, il est impossible actuellement de tracer de réelles tendances de prix, la volatilité est ce qui caractérise le mieux l'évolution des prix des matières premières.

Enfin, le rapport met en garde les décideurs politiques : avant toute tentative de mesure politique visant à résorber l'impact de la hausse des prix agricoles pour les pays émergents, il faut tout d'abord s'attacher à mieux connaître les facteurs qui altèrent les prix sur le long terme.

Marie-Aude Even, Fabienne Portet (CEP)

L'étude (42 p.)

31/08/2010

La Chine concurrence les tomates italiennes

Depuis plusieurs semaines, les associations d'agriculteurs de la péninsule ont alerté l'opinion et les pouvoirs publics sur les importations massives de tomates chinoises sous forme de concentré et pulpe, qui menacent la production italienne. Selon la Coldiretti, principale organisation professionnelle des agriculteurs italiens, ces dix dernières années, les importations de concentré chinois ont progressé de 272 %.
Le ministère de l'Agriculture italien a annoncé le jeudi 26 août 2010 vouloir renforcer les contrôles sur la production de pulpe et concentré de tomates, et soumettre le problème à la Commission européenne « afin que l'Europe adopte des mesures nécessaires pour sauvegarder les produits communautaires et les consommateurs européens », selon un communiqué ministériel.

Source : La Stampa

14:43 Publié dans Filières agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/08/2010

Perspectives des biocarburants en Afrique

Une nouvelle étude révèle que la production de bioénergie peut augmenter en Afrique et fournir des revenus et de l’énergie aux agriculteurs sans supplanter les produits alimentaires.

Selon un rapport produit par le Forum pour la Recherche Agricole en Afrique (FARA), l’Imperial College London et CAMCO International, il y aurait en Afrique suffisamment de terres cultivables disponibles pour augmenter significativement les cultures bioénergétiques telles la canne à sucre, le sorgho et le jatropha sans pour autant prendre la place des cultures alimentaires.

Les conclusions de ce rapport, Mapping Food and Bioenergy in Africa, sont tirées de l’examen d’une recherche et d’études de cas déjà effectuées sur la production et la politique en matière de biocarburant dans six pays, à savoir le Sénégal, le Mali, la Tanzanie, le Kenya, la Zambie et le Mozambique.

10:40 Publié dans Energie, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : biocarburants |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'Algérie veut réduire sa dépendance alimentaire

Dans les dix prochaines années, l’Algérie veut multiplier par dix ses exportations agroalimentaires. «La nouvelle politique de renouveau agricole et rural à l’horizon 2025 vise à accroître la sécurité alimentaire et à réduire la facture des importations», explique Laurent Damasse, conseiller Export à la Mission économique – Ubifrance à Alger.

La dépendance alimentaire de l’Algérie est forte pour certains produits : 57% pour le lait, 70% pour les céréales, 95% pour l’huile, 100% pour le sucre.

La France est sont premier fournisseur, avec 15,7 % du marché des biens alimentaires algérien.

Source : MOCI

17/08/2010

Pénuries d'eau en Asie

Selon le Strategic Foresight Group, think tank indien, les bassins versants de l’Himalaya en Chine, Inde, Bangladesh et Népal, qui abritent près de 20% de la population de la planète, connaîtront d’ici 20 ans une réduction drastique de leurs ressources en eau du fait du réchauffement climatique .

Le Fleuve Jaune en Chine et le Gange en Inde, seront les cours d’eau les plus touchés, avec une perte estimée de 15% à 30% de leur débit du fait de la fonte des glaciers himalayens. D’ici 20 ans, les quatre pays d’Asie auront perdu 275 millions de milliards de m3, soit plus que la quantité d’eau totale disponible au Népal aujourd’hui.

Dans le même temps, la pression sur l’eau, notamment pour l’agriculture qui consomme en Chine plus de 60% de la ressource, ira en augmentant. En cumulant les autres facteurs (érosion des sols, inondations, pollution...), le think-tank prévoit une baisse de 30% à 50% des rendements en blé et en riz, en Chine et en Inde. Cela entrainera logiquement une hausse des importations de ces denrées de l’ordre de 200 à 300 millions de tonnes, faisant grimper les prix mondiaux.

Le Strategic Foresight Group appelle à un partage renforcé des données et à une politique conjointe de la gestion des ressources en eau, clé d’une diplomatie de l’eau.

Le résumé de l'étude (8 p.)

16:22 Publié dans Climat, Environnement, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/07/2010

Le Brésil, acteur du développement économique

Le Brésil fait parler de lui du fait de son développement économique et de son rôle géopolitique croissant. Mais il commence également à s'insérer discrètement dans le club des pays contributeurs à l'aide au développement.

Bien que lui-même toujours bénéficiaire de celle-ci et encore confronté à des problèmes de pauvreté dignes du Tiers-monde, le Brésil rejoint la Chine et l'Inde parmi les pays émergents qui souhaitent appuyer le développement des pays les moins avancés. Entre son aide bilatérale, la coopération technique financée par d'autres instituts publics brésiliens, sa contribution aux programmes de l'ONU et les prêts commerciaux consentis par sa banque de développement, The Economist estime que l'aide directe totale du Brésil en 2010 pourrait atteindre 4 milliards de dollars. C'est moins que la Chine, mais au même niveau que l'aide au développement du Canada ou de la Suède.

 

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Le Brésil est particulièrement apprécié pour son expertise technique en agronomie et en irrigation, ainsi que pour les déclinaisons de son modèle d'aide sociale Bolsa Família. L'aide technique brésilienne vise également à développer les filières de transformation d'éthanol afin d'accroître la valeur d'un marché mondial sur lequel le pays est actuellement le fournisseur le plus compétitif.

Source : The Economist

Jo Cadilhon (Centre d'études et de prospective)

09:59 Publié dans Développement, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2010

Le retour de la question alimentaire en Inde

Le 19 juin 2010, lors d’un discours prononcé à l’occasion du cinquantenaire de l’université d’agriculture et de technologie G. B. Pant, le Premier ministre indien Manmohan Singh a réaffirmé le rôle primordial de l’agriculture pour son pays.

 Selon lui, le taux de croissance actuel de la production agricole indienne, évalué à près de 2%, devrait être doublé. La possibilité d’étendre la superficie des terres cultivées et irriguées ayant atteint ses limites, la solution réside dans l'amélioration des rendements, qui sont encore très inférieurs à ceux de la Chine ou du Vietnam pour le riz.

 Le Premier ministre, qui a souligné que, depuis la révolution verte, les technologies agricoles n’avaient pas connu de percée décisive, a appelé les centres de recherche à relever le défi.

 L’Inde doit nourrir environ 17% de la population mondiale avec 2,3% de la superficie des terres émergées et 4% des ressources en eau douce.

16:56 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : inde |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/07/2010

Cessions d’actifs agricoles à des investisseurs étrangers

Le CAS (Centre d'analyse stratégique) a rendu public son rapport sur les cessions d’actifs agricoles à des investisseurs étrangers dans les pays en développement.

Après une première partie de diagnostic, qui montre que les cessions d'actifs agricoles devraient s'amplifier dans le futur et que ces investissements, s’ils sont mal préparés et mal conduits, peuvent entraîner de graves dommages sociaux et environnementaux, la seconde partie présente des pistes de régulation de ce phénomène.

Cette régulation pourrait s’appuyer sur deux principes :

- Un apport de capital massif dans les filières agricoles des pays du Sud

- Une «responsabilisation» de ces investissements, qui pourrait passer par la création d’un label «Agro Investissement Responsable». Elle devrait également s’appuyer sur les institutions internationales qui réfléchissent activement sur ce sujet, et sur une action déterminée de l’Union européenne et de la France pour aider les pays hôtes à négocier avec les investisseurs.

Le dossier de presse (18 p.)

Le rapport (102 p.)

Voir aussi le rapport récent de l'IIED

10:54 Publié dans Développement, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/06/2010

Des alternatives aux acquisitions massives de terres dans les pays en développement

Un rapport publié le 22 juin 2010 par l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED) et commandité par la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et l'Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC) montre comment les investissements dans l'agriculture des pays en développement peuvent être structurés en alternative aux acquisitions massives de terres.

Il présente divers types de collaboration dont les gros investisseurs et les petits paysans peuvent tirer des avantages réciproques, en les répartissant en six grands chapitres: agriculture sous contrat, contrats de gestion, fermage et métayage, joint ventures, coopératives fermières et liens amont-aval.

Aucun modèle unique ne semble l'emporter comme panacée valable en toutes circonstances pour les petits agriculteurs. Pour offrir des avantages aux exploitants tout en gardant un attrait pour les investisseurs, chaque contexte spécifique doit prendre en compte le régime foncier local, les politiques, la culture, l'histoire, et les considérations biophysiques et démographiques.

 Il indique que les directives internationales en matière d'investissement agricole devraient promouvoir les modèles d'investissement qui offrent davantage d'opportunités aux petits agriculteurs locaux.

Le rapport (116 p.)

 

11:27 Publié dans Développement, Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/06/2010

Perspectives agricoles à l'horizon 2019

L'OCDE et la FAO ont publié le 15 juin leurs dernières prévisions conjoncturelles pour les dix prochaines années. Les principales hypothèses utilisées pour réaliser ces prévisions sont une reprise économique mondiale et une hausse des couts de l'énergie. Au final, l'OCDE estime que les prix des produits agricoles sur la prochaine décennie pourraient être supérieurs aux prix observés entre 1997-2006, soit avant la flambée des prix. Cela est valable aussi bien pour les produits végétaux que pour les produits animaux (à l'exception de la viande de porc). Les plus fortes hausses concernent les huiles végétales et les produits laitiers (beurre) avec des hausses de plus de 40% en termes reels.

Les pays en développement pourrait être la principale source de croissance de la production agricole mondiale, de la consommation et des échanges : (cliquer pour aggrandir)

 

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L'OCDE et la FAO reconnaissent que ces prévisions se fondent sur des hypothèses de conditions «normales» et ne prennent donc pas en compte des nombreuses incertitudes sur les conditions climatiques, les facteurs macroéconomiques ou les interventions publiques. Ils recommandent des actions publiques pour faire face aux conséquences négatives de la volatilité, notamment le maintien de stocks de sécurité de produits alimentaires.

Pierre-Emmanuel Lecoq (CEP)

 

La synthèse (100 p)

16/06/2010

Programme américain Feed the future

Les Etats-Unis ont présenté leur futur plan de soutien aux programmes alimentaires dans le monde, intitulé Feed the future. Le gouvernement américain s'est engagé à investir 3,5 milliards de dollars sur trois ans afin de faire reculer le nombre de personnes en sous-alimentation et de garantir la stabilité géopolitique des pays en voie de développement.

Les efforts seront concentrés sur une vingtaine de pays : douze en Afrique sub-saharienne, quatre en Amérique centrale et quatre en Asie. Les programmes structurels porteront autant sur les infrastructures et la formation que sur l'amélioration des performances agronomiques. Près de 10 % des fonds financeront des programmes de recherche appliquée.

Selon le directeur de l'USAID, l'Agence américaine pour le développement international, le programme Feed the Future permettra une augmentation sensible des revenus de 40 millions de personnes pour la décennie à venir. Les investissements visent particulièrement les femmes. En effet, des études montrent qu'une meilleure place des femmes dans l'agriculture fait croître le chiffre d'affaires de 10 %, grâce à une utilisation plus raisonnée des bénéfices, vers les besoins familiaux et l'achat de nouveaux intrants agricoles.

 

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Guide de présentation de Food the Future (41 p.)

 

11/06/2010

Gestion des ressources naturelles : un accord innovant

Les 21 grands groupes forestiers et transformateurs de pulpe, qui détiennent les droits d'exploitation de 70% de la forêt boréale du Canada, ont signé un accord avec 9 associations écologistes reconnues (dont Greenpeace) dans le domaine de la conservation de la biodiversité. Ayant réussi à se libérer de leurs rôles stéréotypés, les parties prenantes ont trouvé un terrain d'entente via la responsabilité sociale des entreprises : répondre aux demandes de la société tout en continuant à faire des bénéfices.

 

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Cet accord montre que les environnementalistes ont intérêt à inclure dans leur stratégie les grands acheteurs industriels (ici de papier et de bois) qui peuvent amener les producteurs à des pratiques plus durables de gestion, tout en continuant à recevoir un produit qui convienne à leur propre activité.

De tels accords, mêlant stratégies commerciale et environnementale, ont déjà été mis en oeuvre au Brésil dans les secteurs du soja et de l'élevage bovin, ainsi que sur les conditions de travail dans le secteur de la canne à sucre.

Jo Cadilhon (CEP)

Source : The Economist

 

20/05/2010

L'Algérie sur la voie de l'auto-suffisance en céréales ?

Pour la première fois depuis 1970, l'Algérie est devenu exportateur de céréales grâce à une belle campagne agricole en 2008-09 au cours de laquelle le pays a récolté 11 millions de tonnes d'orge, une production record qui permet de couvrir les besoins nationaux pour les trois années qui viennent, diminuant au même temps fortement la facture céréalière. L'Office national interprofessionnel des céréales (OAIC) a été autorisé par le ministère de l'Agriculture et du Développement Rural algérien à exporter une partie de la production d'orge de 2009 (environ 0,3 millions de tonnes). Le ministère a précisé que cette exportation pourrait prendre la forme d'un échange contre du blé tendre que l'Algérie continue d'importer. Parmi les pays ciblés par cet échange, on compte les fournisseurs traditionnels de l'Algérie en céréales : Union européenne, États- Unis et Canada.

Ancien « grenier de Rome », le pays avait vu une dégradation de son agriculture depuis l'indépendance et importait massivement des céréales pour couvrir ses besoins en blé tendre et orge. Aujourd'hui, elle semble être devenue auto-suffisante en orge et en blé dur (réduction des importations du 80%). Les réformes introduites depuis 2001 avec le Plan National de développement de l'agriculture (PNDA) ont pu aider à cette transformation. Cette volonté politique semble se poursuivre puisque le gouvernement d'Ahmed Ouyahia a annoncé un programme d'investissement de 1,3 milliards d'euros, soit l'équivalent des économies réalisées grâce à la baisse des importations alimentaires, pour construire des silos et doubler les capacités de stockage du pays à l'avenir.

 

Source : CIHEAM