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08/12/2016

Les sociologues et le périurbain

La Revue française de sociologie publie un numéro consacré aux territoires périurbains. Une revue de littérature pointe les limites de l’apport des sociologues, tardif par rapport à celui des démographes et des géographes. Les travaux menés depuis les années 2000, non dénués d’aspects polémiques, mettent toutefois « en exergue qu’il s’agit d’un espace diversifié et non homogène », d’un « territoire pluriel et ouvert socialement et non intrinsèquement fermé », « en relation étroite tant avec la centralité qu’avec le monde rural » et animé par des « pratiques innovantes », par exemple en matières de gouvernance, d'aménagement ou encore d'agriculture biologique et solidaire.

Signalons deux autres articles : l’un, consacré à la quantification et aux approches statistiques, aboutit à relativiser « l’idée répandue d’une '‘explosion'’ du périurbain » ; l’autre, qui s’intéresse aux règles locales et aux décisions d’urbanisme, rappelle certains facteurs – notamment la « forte proximité entre producteurs et usagers de la règle » – qui font de l’étalement urbain une tendance lourde.

Source : Revue française de sociologie

11:40 Publié dans Enseignement et recherche, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : périurbain, sociologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Un dictionnaire participatif pour clarifier les notions de l'agroécologie

Qu'est-ce que l'agroécologie ? Qu'est-ce qui en relève ou pas ? Quelles sont les pratiques qui peuvent s'en recommander ? Issu d'un travail imposant de croisement de références scientifiques, réglementaires, administratives et associatives, ce dictionnaire d'agroécologie propose des définitions validées (rédigées par des experts, puis mises en débat dans la communauté scientifique) sur les principaux concepts couverts par ce domaine. Plus de 300 termes ont ainsi été identifiés à ce stade, et sont consultables selon quatre niveaux d'observation : la parcelle, l'exploitation, le territoire ou générique.

Adossé à un projet scientifique porté par l'Inra, le dictionnaire est participatif et évolutif : chacun peut ainsi contribuer à la construction d'un savoir partagé dans un domaine au contour flou, et souvent sujet à controverse. Il se veut ressource pédagogique pour un large public.

Entrée « Agroécologie »

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Source : dicoagroecologie.fr

Source : Inra

11:37 Publié dans Exploitations agricoles, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agroécologie, dictionnaire, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/12/2016

Lancement d'un observatoire citoyen des risques naturels

Mi-novembre, le BRGM a annoncé le lancement, en partenariat avec l'université de technologie de Troyes et avec le soutien de la Fondation MAIF, d'un projet d'« observatoire citoyen des risques naturels ». Via une plateforme web, l'objectif est d'exploiter, immédiatement après une catastrophe naturelle, les « témoignages émis sur les réseaux sociaux (Twitter dans un premier temps) ». Cela permettrait de mobiliser des informations pour « tenter de construire une représentation réaliste de la situation », phase critique après la survenue de catastrophes naturelles.

Source : BRGM

11:29 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : observatoire, risques, brgm |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/12/2016

Frontières symboliques entre espèces : prénoms de chiens et prénoms des humains

Les Annales de démographie historique publient un article de Baptiste Coulmont (université Paris 8) basé sur des informations individuelles concernant un peu plus de 10 millions de chiens nés entre 1970 et 2012. Par exemple, le palmarès des prénoms voit Maya et Lola remplacer, au cours des années 2000, Tina et Chipie.

Les frontières sociales et symboliques entre espèces sont plus complexes qu'on ne pourrait le croire. L'auteur montre ainsi que « dans de très nombreux cas », les noms « donnés aux chiens et aux humains sont similaires, et quand les chiens reçoivent des prénoms humains, ils sont à la mode chez les chiens avant de l'être chez les humains ».

Source : Annales de démographie historique

11:13 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : espèces, prénoms, chien |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/11/2016

Jeunesses rurales, jeunesses ordinaires

Sous ce titre, la revue Savoir/Agir livre un éclairage intéressant sur une jeunesse rurale qui ne se distingue « ni par son excellence, ni par ses troubles », et fait « pas ou peu l’objet de politiques publiques spécifiques », « contrairement aux jeunes des quartiers ». Étonnamment, au regard de cette affirmation, aucun des articles n’est consacré à l’enseignement agricole, mais le dossier donne à voir une diversité de situations.

Juliette Mengneau s’intéresse aux mobilisations de parents d’élèves dans les communes rurales de l’Ouest. Face au monopole de l’enseignement privé, de nouveaux habitants réclament la réouverture d’écoles publiques : « contre l’image d’un rural forcément conservateur (…), les territoires ruraux sont des lieux de conflictualité sociale et politique ».

Deux articles sont consacrés à la scolarité en lycée professionnel, parfois vue comme filière de relégation. Dans le cas étudié par Sabine Depoilly, en Champagne-Ardenne, les lycéens s’approprient leur scolarité de façon « positive », tout en gardant une certaine distance, « ludique » plus qu’« oppositionnelle ». Au contraire, le cas d’un jeune « issu de l’immigration », habitant un quartier populaire d’une ville ouvrière de Bourgogne, permet à Thibault Cizeau de faire sentir comment les « relations de domination entre ville et campagnes » nourrissent une scolarité malheureuse et un certain sentiment de désaffiliation.

L’attachement à la campagne des jeunes ruraux n’est pas non plus une donnée générale. En Loire-Atlantique, cas étudié par Caroline Mazaud, la structure du marché du travail et la proximité des grands centres urbains permettent de concilier poursuite des études et maintien dans le territoire. A contrario, les articles de Fanny Renard sur une jeune apprentie en CAP coiffure et de Claire Lemaître et Sophie Orange, sur les choix d’orientation post-bac de lycéens en Vendée, suggèrent que dans d’autres configurations, « le rôle de l’école est loin d’être anodin dans l’assignation à l’inertie territoriale, notamment chez les jeunes femmes ».

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source: Savoir/Agir

09:50 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : jeunesse, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/11/2016

Gouverner les conduites, Sophie Dubuisson-Quellier (dir.)

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Les modalités d'intervention de l'État sur les marchés et la société sont nombreuses : lois, réglementations, incitations, contrats, coercitions, informations, etc. Il recourt aussi, de plus en plus, à des dispositifs visant à orienter les comportements individuels, à influencer les choix quotidiens des personnes et des familles. L'objectif de cet ouvrage, qui mobilise une quinzaine de contributeurs, est d'explorer ce "gouvernement des conduites", en répondant successivement à trois questions : quelles sont ses modalités de mise en œuvre ? Quelles sont ses finalités ? Qu'en est-il de ses effets sur les individus et sur les entreprises ?

Les domaines considérés sont très divers (fiscalité et impôt, éducation financière, lutte contre le réchauffement climatique, auto-entrepreneurs et bénévolat, jeux d'argent, médicaments génériques, économie sociale, etc.), et l'ensemble dresse un large portrait des modes de vie et des problèmes publics contemporains. Plusieurs chapitres concernent des sujets en lien direct avec les champs de compétence du ministère de l'Agriculture : lutte contre l'obésité (chap. 4 et 9), consommation et développement durables (5), greenwashing publicitaire (8), précarité alimentaire et accompagnement budgétaire des ménages (10), comportements des mangeurs (11).

Les auteurs racontent l'histoire de cette forme relativement nouvelle d'intervention politique, qui a pour cible principale la population et ses aspirations : "Mangez 5 fruits et légumes par jour", "Manger c'est bien, jeter ça craint !", etc. Ils expliquent que pour être efficaces, ces dispositifs d'encadrement des pratiques doivent influencer les individus tout en leur laissant croire qu'ils agissent volontairement. Au lieu d'assister à un désengagement de l’État, comme l'affirment certains, on observerait donc plutôt un raffinement croissant de son emprise sociale.

Très intéressant est le chapitre 11, qui montre que l'exposition des mangeurs au gouvernement public des conduites varie selon leur trajectoire de vie et leur espace social, certaines bifurcations biographiques constituant des moments particulièrement propices à l'inflexion des consommations alimentaires : mise en couple, arrivée ou départ des enfants, déménagement, séparation, rencontres professionnelles, veuvage, retraite, etc. Très utile aussi est la conclusion, qui classe les instruments d'influence en trois catégories, selon leur mode opératoire : certains visent à susciter la réflexion des individus en les mettant en face des externalités négatives de leurs comportements (outils d'autocontrôle, campagnes d'information et d'éducation) ; d'autres cherchent à modifier l'architecture du choix des consommateurs (systèmes experts et automates, nudges) ; d'autres enfin essaient de rendre leurs conduites plus rationnelles (taxes, prix, étiquettes, labels).

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Presses de Sciences Po

Pizza. Cultures et mondialisation, Sylvie Sanchez

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Réédité dix ans après sa première parution et s'appuyant initialement sur son travail de thèse en anthropologie, l'ouvrage de Sylvie Sanchez s'intéresse à la pizza. Riche en détails et analyses (historiques, verbatim d'entretiens, etc.), allant au plus près des acteurs (mangeurs, pizzaïolos, etc.) et de leurs pratiques, vécus, ressentis, etc., cette étude d'un mets « étalon de référence de l'économie mondialisée » reste d'actualité au regard des questions prégnantes liées à la globalisation. « Objet simple et modeste », la pizza permet ainsi l'analyse de phénomènes complexes pour répondre à la question centrale du livre : « pourquoi certains mets ont-ils la capacité, plus que d'autres, de se prêter à l'emprunt, et dans le même temps de signer le renouvellement et le maintien de la diversité culturelle ? ».

Conçu comme un voyage dans le temps et l'espace, cet ouvrage aborde dans une première partie l'origine italienne (Naples) de la pizza, pour suivre ensuite ses évolutions au cours des XIXe et XXe siècles aux États-Unis et en France, et identifier des formes « nationalisées », issues de processus de réappropriation multiples. La seconde partie s'intéresse à l'introduction de la pizza américaine en France et à la confrontation entre deux modèles, mettant en particulier en évidence une ligne de partition Nantes-Besançon. La troisième partie revient à l'Italie et cherche notamment à identifier, sous ses « habits d'arlequin », les caractéristiques d'une « vraie pizza ».

Dans l'épilogue, S. Sanchez souligne que les données empiriques recueillies ne permettent pas de vérifier l'idée d'une homogénéisation ou de la « destruction des cultures et identités locales volontiers associée à l'influence américaine », même si des éléments de convergence, des tendances communes, une attraction pour le modèle américain sont bien présents. Elle souligne ainsi quatre caractéristiques habituelles des processus d'hybridation alimentaire : i) une homogénéisation qui n'est souvent « que de surface » ; ii) un « effet boomerang » ; iii) une spécificité (dans les modes de production et de consommation, les recettes, le sens investi) des réponses apportées par les sociétés face à des tendances communes, du fait de la pérennité du fonds culturel ; iv) le caractère inévitable du changement culturel (adaptations, adoptions, réactualisations), qui est non pas « perte de spécificités identitaires » mais plutôt « renouvellement de la diversité ».

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : CNRS Éditions

09:42 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : sanchez, pizza |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/11/2016

Une nouvelle monnaie complémentaire a été lancée début octobre

Localtis a consacré récemment un article au lancement, début octobre, du Coopek, monnaie complémentaire numérique de portée nationale, les initiatives pré-existantes étant de dimension locale. S'adressant tant aux particuliers qu'aux entreprises, associations et collectivités, le Coopek a trois objectifs principaux : « développer une activité économique » (sans spéculation ni placement à terme et défiscalisation), « lutter contre la pauvreté », « financer des actions en faveur de la transition énergétique, carbone, alimentaire et sociale ». Le déploiement s'appuie sur des partenariats régionaux ou nationaux (par exemple avec Biocoop SA, l'Association française d'agroforesterie), avec l'ambition d'atteindre l'échelle nationale dans deux ans. Le Coopek est une « monnaie de consommation, mais aussi un outil d'investissement », et le financement de plusieurs projets est ainsi en cours : AMAP, plate-formes de regroupements pour la vente de produits, etc.

Vidéo de présentation de la démarche

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Source : Localtis

09:29 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : monnaie complémentaire, coopek |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2016

L'Insee publie ses projections de population à l'horizon 2070

L'Insee a récemment publié le résultat de ses projections de la population française à l'horizon 2070, notamment dans l'Insee Première n°1619. Le prolongement des tendances actuelles (scénario « central ») amènerait à une population totale de 76,54 millions de personnes, soit 10,7 millions de plus qu'en 2013 (dernier recensement). Plusieurs scénarios alternatifs ont été construits, la population totale variant alors de 66,1 à 87,6 millions en 2070.

D'après le scénario central, « la quasi-totalité de la hausse de la population d'ici 2070 concernerait les personnes de 65 ans ou plus (+ 10,4 millions) » : leur part passerait de 18 % en 2013 à environ 26 % en 2040 et 29 % en 2070, ce dernier pourcentage variant de 25 à 34 % selon les hypothèses. À noter également que les plus de 75 ans seraient deux fois plus nombreux en 2070 par rapport à 2013 (+ 7,8 millions).

Source : Insee

09:27 Publié dans 3. Prévision, Société | Lien permanent | Tags : insee, projections, population |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/11/2016

Animaux familiers : des attentes de moins en moins fondées sur les services rendus, et de plus en plus sur l’apport de compagnie

Dans un article paru dans L’année sociologique, Nicolas Herpin et Daniel Verger s’appuient sur les données de l’Insee pour analyser, sur plus de vingt ans (1988-2010), l’évolution de la possession d’animaux de compagnie en France. Les attentes à l’égard des animaux changent et les animaux préférés aussi : le chat progresse par rapport au chien.

Les auteurs privilégient une analyse en termes de consommation où l’animal est considéré comme « un équipement de loisirs et d’éducation ». Pour réductrice qu’elle puisse paraître, cette approche leur permet de réfuter quelques lieux communs. Par exemple, l’idée courante que la possession d’animaux domestiques serait un palliatif, une compensation psychologique à l’éclatement de la famille et à la montée de la solitude, dans les sociétés occidentales, résiste mal à l’analyse : « cette thèse serait vérifiée si les couples sans enfants et a fortiori si les personnes seules sans enfants possédaient un animal de compagnie plus fréquemment que les familles avec enfant(s). Or le constat statistique est inverse. Les animaux de compagnie sont plus fréquents dans les familles ».

Source : L'année sociologique

09:24 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : animaux de compagnie |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/10/2016

Médiation animale : vers une meilleure prise en compte du bien-être de l'animal

La revue Le Point Vétérinaire a récemment consacré un article au colloque annuel de l'International association of human animal interaction (IAHAIO), qui s'est déroulé en juillet 2016. Cette manifestation a été l'occasion de dresser un bilan des techniques de médiation animale.

La médiation animale, c'est-à-dire l'aide thérapeutique que peut apporter le contact avec un animal, est utilisée depuis plusieurs dizaines d'années. On peut citer notamment la mise au point, à la fin des années 1970, de l'« intervention animale modulée précoce » (IAMP), dont le principe est de favoriser, chez des enfants ayant des troubles de langage, un mode de communication alternatif (tactile, gestuel, olfactif) en les mettant en contact avec des animaux.

Le recours à la médiation animale, outre des bienfaits sur la santé physique (baisse de la tension artérielle, régulation du rythme cardiaque) ou mentale (états dépressifs post-traumatiques notamment), contribue à améliorer les interactions sociales de personnes vivant isolées, par le lien direct avec l'animal d'abord, et par les contacts sociaux qu'il peut engendrer avec d'autres personnes ensuite (lors de promenades des chiens, par exemple). La médiation peut aussi faciliter la réinsertion des détenus, par la responsabilisation que leur donne le fait de s'occuper d'un être dépendant.

Lors de son intervention, Dennis Turner, éthologue à l'Institut d'éthologie appliquée et de psychologie animale de Zurich, a rappelé qu'il convient d'être attentif aux signaux de l'animal et donc de tenir compte aussi de son bien-être dans les actions de médiation. L'animal ne doit pas être limité à un outil au service de l'homme, mais doit pouvoir exprimer le comportement normal de son espèce, au moins sur des plages de temps réservées. Il estime ainsi que des recherches complémentaires permettraient de discerner comment l’animal perçoit les comportements humains et réagit en fonction de ces interactions, afin de mettre en parallèle ces données avec les bénéfices de la médiation animale pour les humains.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Le Point Vétérinaire

11:13 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : médiation animale |  Imprimer | | | | |  Facebook

Ville affamée. Comment l'alimentation façonne nos vies, Carolyn Steel

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« Les villes, comme les gens, sont ce qu'elles mangent ». Cette citation, reprise de la quatrième de couverture, illustre pleinement l'objet de cet ouvrage riche et dense, portant sur les relations entre nourriture et ville, et sur la façon dont la première a toujours façonné la seconde. Architecte, C. Steel a consacré sept ans à l'écriture de Hungry city, s'appuyant notamment sur son expérience d'animation du premier atelier de conception urbaine de la London School of Economics : la nourriture représente un « langage commun pour parler de la ville » entre acteurs (architectes, politiques, économistes, promoteurs, sociologues, ingénieurs, etc.). Rédigé à une période où les thématiques alimentaires prennent de plus en plus de place en Angleterre, cet ouvrage n'en traite pas moins de thèmes « essentiels aussi vieux que la civilisation », et se veut une « introduction à un mode de réflexion ».

Les six premiers chapitres suivent les grandes étapes alimentaires : « la terre », « l'approvisionnement », « marché et supermarché », « la cuisine », « à table », « les déchets ». Chacun comprend un portrait de Londres et de la situation anglaise, fait de larges détours historiques et identifie les problèmes actuels. À titre d'exemple, le second chapitre revient sur les modalités historiques d'approvisionnement des villes : si les problématiques varient selon les cas et les époques, certains enjeux restent d'actualité. Ainsi, pour l'auteur, « nous dépendons autant de nos livraisons à flux tendus, énergivores et congelées que les Romains de l'Antiquité dépendaient de leurs conquêtes territoriales, de leurs navires et de leurs esclaves ».

Le dernier chapitre, « Sitopia » (du grec ancien sitos, la nourriture), présente une réflexion sur l'utilisation de la nourriture pour repenser les villes à l'avenir. Partant du projet avorté d'éco-cité de Dongtan et faisant un détour par la façon dont les villes, et leur alimentation, ont été imaginées dans différentes utopies (la cité-État idéale de Platon, l'Utopie de More, les cités-jardins d'Howard notamment), C. Steel envisage à quoi ressemblerait une ville « sitopique », conçue à travers la nourriture et façonnée par elle. L'auteure termine son ouvrage en en appelant à l'implication de chacun au travers de « petites réponses », vecteurs de changements par leur agrégation.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : Rue de l'échiquier

11:06 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : système alimentaire, ville, steel |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/10/2016

Le paysage, Thierry Paquot

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Les discussions sur le paysage font souvent référence à l'agriculture, soit pour considérer, de façon positive, qu'elle entretient et modèle les espaces vécus (jolies collines verdoyantes des régions d'élevage, beaux damiers colorés des zones de plaine, etc.), soit au contraire pour déplorer sa destruction des images ancestrales (disparition des haies et des bocages, tristesse de l'openfield, enfrichement des terres peu accessibles aux agro-équipements, etc.). L’intérêt de cet ouvrage est de "désagricoliser" le débat. Il explique, d'une part, qu'il y a une multitude d'acteurs, de processus et d'activités qui façonnent les paysages. Il montre, d'autre part, que les paysages agraires ne sont qu'un type parmi d'autres d'ordonnancement visuel du territoire : paysages naturels, urbains, péri-urbains, commerciaux, industriels, routiers, etc.

L'auteur privilégie une approche sensible et fait la part belle à l'histoire des idées et des théories, à l'analyse des sentiments et des représentations sociales. Après avoir retracé l'histoire du concept de "paysage", issu du vocabulaire des peintres, il indique comment diverses disciplines se sont emparées de la "question paysagère", depuis la suprématie ancienne des géographes jusqu'à l'actuelle domination des philosophes. Le chapitre suivant explore le "sentiment paysager" à travers les âges et dresse le portrait de quelques penseurs essentiels : Thomson, de Laprade, Reclus, Mornet, Paulhan, Dauzat. D'autres pages, très intéressantes, sont consacrées aux différents enjeux véhiculés par le paysage : objet de reproductions picturales et de jugements esthétiques ; support de promotion touristique ; argument de marketing territorial et politique ; capital à patrimonialiser, à protéger ou à classer. Quant au dernier chapitre, il décrit les métiers qui interviennent directement sur le paysage (les "paysagistes" d'aujourd'hui n'étant plus que des dessinateurs de jardins...), mais aussi tous les autres acteurs qui concourent à leur production : jardiniers du dimanche, apprentis horticulteurs, habitants, aménageurs, architectes, écologues, paysans, ou plutôt "paysangistes", pour reprendre la formule de Jacques Simon.

Au total, ce livre vivant et instructif, complété d'une importante bibliographie, est une très bonne introduction à la géo-histoire de la pensée paysagère.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : éditions La Découverte

11:09 Publié dans Environnement, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : paysage, paquot |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/10/2016

Quand agriculture rime avec culture

Que recouvre le terme « culture » pour les Français ? Le ministère de la Culture publie les résultats d'une enquête conjointe avec le CREDOC, qui met en lumière la place importante qu'occupent l'agriculture, la gastronomie et le patrimoine naturel dans ce qui fait culture pour nos concitoyens. Ainsi, à la question « qu'est ce que vous évoque le mot culture ? », une fois sur huit la réponse fait référence au sens premier de ce terme : l'agriculture et l'élevage, mais également toutes les productions liées.

Deuxième enseignement de cette enquête, lorsqu'on les interroge plus précisément sur le fait que telle ou telle activité relève ou pas du champ culturel, on recueille – entre autres – les résultats suivants : la cuisine est une activité plutôt culturelle pour 93 % des personnes, le jardinage pour 65 % et la chasse et la pêche pour 52 %. Notons que, pour les deux derniers points, les réponses varient nettement en fonction du niveau d'études : les diplômés de l'enseignement supérieur ont une vision plus restrictive du champ culturel.

Appartenance des activités au périmètre de la culture

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Source : ministère de la Culture et de la Communication

Source : ministère de la Culture et de la Communication

10:54 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : culture, cuisine, jardinage, pêche, chasse |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/10/2016

Publication de la DGE sur la part de la consommation collaborative dans les achats et revenus des ménages en 2014

Daté de septembre 2016, le n°61 des 4 pages de la Direction générale des entreprises (DGE) s'intéresse à la part de la consommation collaborative dans les achats et revenus des ménages : celle-ci était inférieure à 10 % en 2014. Le thème de la « consommation collaborative » connaît un engouement depuis plusieurs années : elle vise « à échanger et à partager des biens et services entre particuliers » et « à limiter les intermédiaires entre le producteur et le consommateur ».

consommation collaborative

Source : DGE

Dans le domaine alimentaire, les pratiques se répartissent entre la participation à des repas chez des particuliers, hors famille et amis, l'achat de produits frais à des producteurs de manière collaborative (ex : AMAP), l'achat de productions personnelles hors famille et amis. La dépense annuelle des ménages est estimée à plus de 2 milliards d'euros en 2014, avec la répartition suivante :

- 1,2 milliard (soit 0,8 % des achats d'aliments et de boissons, hors tabac) pour des achats de nourriture ;

- 1 milliard pour les ventes de repas à des personnes hors famille et amis.

Source : DGE

10:46 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : consommation collaborative |  Imprimer | | | | |  Facebook