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09/09/2014

Les Français veulent vivre plus intensément

Publié en juillet 2014 par le Crédoc, le numéro 268 de Consommation et modes de vie présente une synthèse du Cahier de recherche La société des loisirs dans l'ombre de la valeur travail (décembre 2013). À l'instar de nombreux pays, les Français veulent de plus en plus réussir toutes les facettes de leur vie (famille, travail, relations amicales, loisirs, etc.). La France se distingue toutefois par une place centrale accordée à la vie professionnelle et par un moindre investissement de la dimension « loisir et temps libre » par rapport aux habitants des pays nordiques et anglo-saxons.

La place symbolique accordée à la vie amicale, au temps libre et aux loisirs a progressé. Le temps libre a ainsi cru de 47 minutes par jour entre 1986 (7h19) et 2010 (8h06) ; les Français consacrent notamment neuf minutes supplémentaires aux repas. Par rapport aux autres pays, un intérêt plus important est constaté pour le repas, le bricolage et le jardinage, alors qu'il est par exemple moindre pour des pratiques artistiques amateurs ou les visites de monuments. Les Français passent ainsi, en moyenne et par jour, 2h15 à table, soit un peu plus que dans les pays latins et beaucoup plus qu'au Royaume-Uni (1h25) et qu'en Suède (1h34).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Crédoc

10:04 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : crédoc |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/09/2014

Réduire la taille des portions – Les guerres alimentaires aux États-Unis

Publié en juillet 2014 dans le cadre du Programme États-Unis de l'Institut français des relations internationales (IFRI), le numéro 19 de la collection Potomac Paper est consacré à l'alimentation aux États-Unis, de la fin du XIXe siècle à nos jours. L'auteur y examine la mise en place d'un système industriel de production agroalimentaire, le « triomphe du marketing » des années 1980, l'épidémie d'obésité et les réactions qui ont suivi la prise de conscience de ce problème de santé publique. Si les États-Unis furent le lieu d'importation de cuisines diverses, mélangées aux aliments et méthodes de préparation des Amérindiens, ils ont également donné naissance à la nourriture industrielle et standardisée du XXe siècle, ainsi qu'à des techniques de marketing tenues pour responsables de l'épidémie d'obésité et de diabète.

Source : IFRI

09:27 Publié dans Alimentation et consommation, IAA, Société | Lien permanent | Tags : etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2014

Vues d'ensemble sur l'agriculture urbaine

Faute de données, d'enquêtes et de définitions communes, les enjeux et le potentiel de l'agriculture urbaine restent difficiles à cerner. Plusieurs contributions ont récemment essayé de fournir cette vue d'ensemble, suivant des voies différentes.

La revue Environmental Research Letters présente, dans son numéro de mai, une étude qui prétend mesurer, au-delà de la diversité des cas de figure, la capacité de l'agriculture urbaine et péri-urbaine à répondre aux besoins des citadins en matière de consommation de légumes. 27 cultures et 165 pays sont retenus pour le calcul d'un ratio entre besoins des populations et potentiel de production (déterminé en croisant surface de l'aire urbaine et rendements). Les besoins des populations sont quant à eux déterminés à partir de la consommation constatée en 2001 pour les zones urbaines concernées et des recommandations de la FAO sur l'apport nutritionnel quotidien.

À en croire les auteurs, les perspectives de l'agriculture urbaine semblent bien limitées : l'étude « suggère que dans de nombreux pays, l'agriculture urbaine ne peut pas assurer l'autosuffisance en légumes des citadins, et encore moins résoudre le problème général de la sécurité alimentaire » faute d'espace urbain disponible. « La contrainte spatiale » est encore plus forte dans les pays les plus vulnérables en matière de sécurité alimentaire, « en raison de densités plus élevées ». À vrai dire, ces résultats sont assez peu surprenants.

Le raisonnement démographique utilisé ici n'est pas sans analogie avec de nombreux débats autour des stratégies de développement agricole et il pourra être perçu comme participant d'un effort de relégitimation des systèmes conventionnels d'agriculture intensive. Deux des co-auteurs avaient d'ailleurs participé à l'article « Comparing the yields of organic and conventional agriculture » paru dans Nature en 2012, publication ayant contribué à relancer le débat sur « le bio peut-il nourrir le monde ? ».

De son côté, la revue Agronomy for Sustainable Development livre deux analyses bibliographiques intéressantes. L'une porte sur les pays développés (Amérique du Nord, Grande-Bretagne, Australie et Japon), l'autre sur les pays en voie de développement (y compris la Russie post-soviétique). Quatre dimensions sont particulièrement mises en lumière : les impacts de l'étalement urbain et la possibilité de maintenir ou développer les surfaces cultivées en ville ou en périphérie ; les perspectives en matière de souveraineté alimentaire ; les pollutions et risques sanitaires ; et enfin les mesures d'accompagnement public (notamment les règles d'urbanisme).

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Sources : Agronomy for Sustainable Development

Agronomy for Sustainable Development

Environmental Research Letters

17:46 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/07/2014

GOODCoins, une nouvelle monnaie virtuelle et sociale

À l'occasion du Forum MIHealth, qui s'est tenu à Barcelone les 21 et 22 mai derniers, le fondateur de l'entreprise Zerofootprint, Ron Dembo, a présenté le dispositif GOODCoins. Développé au Canada, ce système repose sur une monnaie virtuelle, les GOODCoins, qui récompense des pratiques bonnes pour la santé ou l'environnement. Ainsi, dans les villes canadiennes de London et de Newmarket, une demi-heure de marche pendant un mois rapporte 100 GOODCoins ; à Toronto, l'achat d'un abonnement pour quatre mois aux transports en commun équivaut à 800 GOODCoins. Les GOODCoins s'échangent ensuite contre des aliments biologiques ou d'autres produits, issus du commerce équitable par exemple.

Répondant à un objectif général d'évolution des comportements, ce dispositif vise à mettre en place un cercle vertueux afin d'améliorer la santé et stimuler l'économie locale ou économiser les ressources naturelles. Le coût faible de ce programme de prévention est mis en avant. L'utilisation d'une monnaie virtuelle permet un contrôle de la dépense finale, en fonction des objectifs locaux (promotion de l'activité physique, économie d'électricité, etc.). Ce dispositif est toutefois confronté à un enjeu de confidentialité puisqu'il utilise, par exemple, des données personnelles pour mesurer l'activité physique, notamment via des objets connectés.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : El Pais

17:42 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : canada, monnaie virtuelle |  Imprimer | | | | |  Facebook

Quel rôle peuvent avoir les taxes alimentaires dans la lutte contre l'obésité ?

Le 7 avril 2014, la British Nutrition Foundation organisait à Londres une conférence intitulée Food taxes – what role might they have in the battle against obesity? (cf. document de synthèse des échanges). Un consensus se forme sur la nécessité de répondre au problème de l'obésité et sur l'existence d'un important gradient socio-économique. Au Royaume-Uni, environ un quart des adultes est obèse et près du tiers des enfants est en surpoids ou obèse. 24,3% des enfants vivant dans les foyers les plus défavorisés sont obèses, alors que ce taux n'est « que » de 11,7% pour les 10% de foyers les plus aisés.

L'impact des taxes a été discuté sur la base de travaux en conditions réelles et de modélisations. Au Danemark, la mise en place d'une taxe pour réduire les consommations de graisses saturées s'est traduite par un échec (retrait du texte législatif au bout de quinze mois), n'ayant pas permis de changements dans les comportements alimentaires. En effet, ont été constatés un stockage des produits concernés avant l'entrée en vigueur de la taxe, un déplacement des achats de ces produits vers les enseignes de hard discount ou encore des achats effectués dans les pays voisins. Par ailleurs, d'après les travaux de modélisation présentés, une taxe sur les produits contenant des graisses saturées au Royaume-Uni ne permettrait qu'une faible baisse du taux d'obésité, et une taxe de 20% sur les sodas ne réduirait que de 1,3% l'obésité et de 1,9% le surpoids chez les adultes. De même, dans le Nord-Ouest de l'Angleterre, une augmentation de 20% du prix des sodas ne serait pas suffisante pour inciter les personnes à modifier leur consommation.

Les connaissances actuelles sur les effets indirects, et potentiellement contradictoires, des taxes sont limitées : substitutions entre produits alimentaires consommés, réactions de l'industrie alimentaire (reformulation des produits, transmission de l'entièreté, ou non, des taxes au consommateur). De manière générale, les enjeux liés à l'obésité et au surpoids nécessitent une action publique sur la base d'un ensemble d'outils ayant fait l'objet d'une évaluation solide. La taxation en est un, pouvant prendre différentes formes : taxe sur les aliments contenant des sucres ou graisses ajoutés, subvention à l'achat de fruits et légumes. Enfin, des politiques sociales larges sont nécessaires, différenciées en fonction des populations et basées sur une compréhension plus fine des choix individuels.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : British Nutrition Foundation

17:41 Publié dans 4. Politiques publiques, Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : taxes alimentaires |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/07/2014

Panser avec les animaux. Sociologie du soin par le contact animalier. Jérôme Michalon

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La sociologie des relations homme-animal est aujourd'hui un champ éditorial en plein essor, borné d'un côté par des travaux sur les « animaux de rente » et les pratiques d'élevage (par exemple, ceux de Jocelyne Porcher, Sébastien Mouret ou Catherine Rémy), et de l'autre par des études sur l'animal de compagnie et de loisir. Jérôme Michalon, en prenant pour objet les pratiques émergentes de soin par le contact avec les animaux, se situe clairement du second côté. De plus en plus, en effet, certains animaux (chiens, chevaux, etc.) sont impliqués dans des thérapies, que ce soit dans des environnements semi-ouverts (fermes pédagogiques) ou dans des hôpitaux.

Dans les première et deuxième parties de l'ouvrage, l'auteur explore l'histoire de ces pratiques, qu'il fait remonter au début des années 1960. Les fondements scientifiques et les bénéfices pour les patients demeurent aujourd'hui encore contestés, mais cela n'a pas empêché la mise en place, au fil des années, d'une « communauté Human-Animal Interactions » - HAI, regroupant les acteurs à l'interface entre le monde des animaux et le monde du soin. Des réseaux professionnels ont été constitués, au sein desquels les vétérinaires jouent un rôle important. Dans la troisième partie de l'ouvrage, l'observation ethnographique permet d'analyser la manière dont ces praticiens créent une relation entre les patients et les animaux. La thérapie apparaît comme une occasion de « montée en personnalité » des animaux, construction fugace qui résiste mal au compte rendu et aux protocoles d'expérimentation. Plus généralement, les recherches de l'auteur l'amènent à formuler une hypothèse qui ne manquera pas d'intéresser les prospectivistes et les décideurs publics : le développement de ces pratiques préfigurerait l'avènement d’un nouveau régime de compagnonnage anthropo-zoologique, dans lequel la bienveillance vis-à-vis de l’animal et sa personnalité sont catalysées par le partage d’une activité commune, mise au service de la santé humaine.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Presses des Mines

17:18 Publié dans Enseignement et recherche, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

30/06/2014

Les think tanks : des acteurs utiles à la décision publique

Les think tanks sont indispensables au renouvellement des idées dans la vie politique, et pour cela ils doivent penser contre les politiques et non pas comme eux : c'est l'idée qu'a exprimée Bruno Le Maire, à l'occasion d'une conférence organisée le 12 juin 2014 par SAF Agr'idées, et intitulée « Les think tanks, nouveaux acteurs d'un monde en profonde mutation ? ».

Mais ces nouveaux acteurs ne sont pas uniquement des laboratoires d'idées, selon Olivier Urrutia, vice-président de l'Observatoire des think tanks. Au-delà de la notion de réservoir, le terme « tank » renvoie également à l'instrument de guerre. Car les think tanks ont vocation à influer la politique publique, à s'engager dans la guerre des idées.

Pour être considérée comme think tank, une organisation doit donc avoir pour objectif de peser sur le débat public, et être en capacité de réunir divers acteurs autour de ses idées. En effet, pour être crédibles, affirme Vincent Charlet, directeur de la Fabrique de l'Industrie, les idées doivent être discutées. Un think tank doit aussi jouir d'une certaine indépendance et être une structure pérenne, avec une équipe propre et un réseau d'experts capables de produire des analyses.

En France, divers types de think tanks ont émergé depuis une vingtaine d'années, sous forme de fondations politiques, de cercles, d'instituts ou de clubs. Mais leur influence reste, pour la plupart, bien moindre que dans les pays anglo-saxons. L'une des raisons tient, d'après M. Urrutia, à la mobilité des carrières des fonctionnaires qui, en France, serait très limitée. Le financement de ces structures reste également très inférieur à ce qui s'observe dans d'autres pays.

Au final, se dégage de ces contributions l'idée que les think tanks restent en France une forme d'expertise encore mal connue et sous-exploitée. Selon plusieurs intervenants, dans un pays où l'État compte dans ses rangs de nombreux experts, une certaine méfiance existe vis-à-vis de ces structures productrices d'idées nouvelles.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Lien : SAF Agr'idées

17:12 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : think tank |  Imprimer | | | | |  Facebook

23/06/2014

Évolutions de la population vétérinaire aux États-Unis, de 1990 à 2010

Au cours des vingt dernières années, les modes d'exercice de la profession vétérinaire aux États-Unis ont connu des changements notables. Une étude publiée par le Center for Agricultural and Rural Development (université de l'Iowa) montre que la population des vétérinaires a augmenté proportionnellement plus que la population générale et s'est fortement féminisée. Il est constaté une préférence marquée pour l'exercice urbain, centré sur les animaux de compagnie ou de sport, et un désintérêt (voire une aversion) pour l'exercice rural, et ce principalement pour la filière porcine. Cette tendance est surtout notable chez les vétérinaires femmes.

Source : Center for Agricultural and Rural DevelopmentIowa State University

16:43 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Société | Lien permanent | Tags : etats-unis, vétérinaires |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/05/2014

Le marketing alimentaire à l'heure du DIY et des geeks

« Do it yourself » (DIY) : ce mot d'ordre a un sens fort dans certains domaines où des « communautés de pairs » bricolent des découvertes « dans leur garage » (garage biology), mettent au point des applications, des langages informatiques open source, etc. Le marketing alimentaire tente aujourd'hui de décliner cette approche (ou de la récupérer) dans le domaine des plats préparés.

La plupart du temps, le DIY alimentaire renvoie simplement à une mise au travail du consommateur. C’est par exemple le cas avec les services de livraison à domicile d’ingrédients de base pour des recettes à préparer soi-même.

Dans certains cas, cependant, le phénomène semble avoir plus de consistance. Le New Yorker consacre ainsi un long article, significativement intitulé « The end of food », à une start-up et à son produit, le Soylent, une crème alimentaire de type Slim fast. Trois informaticiens geeks de San Francisco, cherchant à simplifier leurs repas au maximum pour pouvoir continuer à travailler sur leurs programmes, ont mis au point, à partir des conseils en ligne de nutritionnistes, un aliment complet sous forme de crème. Dans un premier temps, ils ont commandé les composés sur Internet, à savoir des poudres (protéines, acides aminés, etc.), et testé le produit pour eux-mêmes. Ils ont ensuite mis la recette en libre accès et, enfin, s’avisant du succès de leur formule sur des forums de discussion, où les « fans » s’échangeaient des propositions d’amélioration, ont réorienté leur start-up vers la commercialisation du produit, avec un succès certain.

Pour les amateurs de science-fiction, le nom Soylent évoquera immédiatement Soleil vert, un film de 1973 avec Charlton Heston, qui sonne comme une provocation. Pour le monde agricole, le business model de la start-up rappellera celui des fabricants d'aliments pour animaux : à partir d'une formule, ceux-ci optimisent l'approvisionnement en nutriments en fonction des diverses sources possibles et de leurs coûts. Ainsi, dans la filière porcine, c'est le développement des acides aminés de synthèse qui a permis de limiter le coût de l'alimentation et de réduire les effets de la hausse des prix du soja.

Le Soylent lifestyle, mis en perspective dans cet article du New Yorker, se confirmera-t-il comme une tendance de société ? Les éléments donnés permettent en tout cas de se faire une bonne idée de l’environnement où se diffuse ce produit, de l’univers mental des geeks et des enjeux de marketing associés. Est concernée une catégorie de consommateurs (ici plutôt des étudiants, plutôt dans la Silicon Valley), qui considèrent la plupart des repas comme une contrainte, un gaspillage de temps et d'argent.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : New Yorker

15:52 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : do it yourself, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/04/2014

Le plus important agriculteur du Royaume-Uni vend son affaire

The Co-operative, gigantesque coopérative de commerçants britanniques s'étant développée depuis 150 ans dans divers secteurs, a vu sa branche financière essuyer un très sérieux revers en 2013. Pour renflouer ses comptes, le groupe souhaite se débarrasser de ses activités agricoles.

Né au XIXe siècle à l'initiative de commerçants de détail anglais, le groupe s'est rapidement développé dans divers secteurs. Dès ses débuts, la coopérative, qui compte en 2014 plus de huit millions de membres, s'intègre vers l'amont pour approvisionner ses magasins. Elle développe ainsi une activité agricole dans tout le Royaume-Uni pour atteindre, dès 1918, près de 15 000 hectares en exploitation, et plus de 28 000 aujourd'hui. Néanmoins, cette logique d'intégration vers l'amont est loin d'être centrale de nos jours : seuls 2% de la production sont vendus dans les magasins du groupe, alors que la filiale est spécialisée en productions végétales (céréales, fruits et légumes). Quinze « fermes » fonctionnent majoritairement en faire-valoir direct et accessoirement en fermage, et sont parfois constituées de plusieurs unités en partie autonomes. Premier agriculteur du Royaume depuis un siècle, Co-op pense ainsi à céder ses fermes pour renflouer des pertes de plusieurs milliards de livres sterling concédées par sa filière financière en quelques mois.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : The Guardian

15:43 Publié dans Exploitations agricoles, Mondialisation et international, Société | Lien permanent | Tags : royaume-uni |  Imprimer | | | | |  Facebook

Eurobaromètre sur les Européens, l'agriculture et la PAC

Publié en mars 2014, l'Eurobaromètre spécial 410 sur « Les Européens, l'agriculture et la PAC » s'inscrit dans le contexte de l'adoption de la nouvelle PAC 2014/2020. Sur commande de la Commission européenne, cette enquête d'opinion, qui porte donc essentiellement sur des jugements déclaratifs, a été réalisée fin novembre-début décembre 2013 par TNS Opinion & Social dans les vingt-huit États membres, auprès d'un échantillon de près de 28 000 citoyens. Elle fait suite aux deux enquêtes précédemment conduites en novembre 2009 (Eurobaromètre spécial 336) et mars 2012 (Eurobaromètre spécial 389).

Parmi les principaux résultats, on peut relever que les Européens accordent une importance croissante à l'agriculture et que, pour une majorité, il est nécessaire d'assurer une diversité des agricultures et des produits alimentaires au sein de l'UE. La connaissance de la situation de l'agriculture reste relative, mais 61% des personnes interrogées savent que les revenus agricoles restent moins importants que dans d'autres secteurs économiques.

Près des deux tiers (contre seulement 41% en 2009) des Européens ont entendu parler du soutien accordé aux agriculteurs dans le cadre de la PAC, sans toutefois en connaître les détails. Plus de 80% des personnes interrogées soutiennent les éléments clés de cette politique (garantie de l'approvisionnement en produits alimentaires, développement plus équilibré des zones rurales, soutien aux jeunes agriculteurs, etc.). Par ailleurs, environ 90% des Européens perçoivent positivement le principe d'accorder les aides de manière plus équitable et plus ciblée, et de les lier au respect de pratiques agricoles bénéfiques à l'environnement. Pour plus des trois quarts des personnes interrogées, la PAC profite à tous les citoyens de l'Union. Les Européens soutiennent ainsi l'aide financière accordée aux agriculteurs, leur attribuant un rôle important dans la société (offre d'une diversité de produits de qualité, maintien de l'emploi et de l'activité économique dans les zones rurales, protection de l'environnement).

Deux types de denrées alimentaires, le lait et certaines viandes, ont également été abordés au cours de l'enquête. En matière de traçabilité, le pays d'origine est l'information la plus attendue par les consommateurs, et 53% des personnes se disent prêtes à payer plus cher (1 à 2%) pour que ces informations apparaissent sur les étiquettes. Enfin, la qualité est le premier facteur d'achat de ces produits pour les consommateurs de l'UE.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

15:38 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent | Tags : ue |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/03/2014

Image des agriculteurs dans la société française: une dégradation en 2013 ?

À l'occasion du Salon de l'agriculture, l'Ifop a publié son 14e « baromètre » sur l'image des agriculteurs, réalisé pour le compte de Ouest-France. L'enquête par sondage auprès d'un échantillon de 1011 personnes permet de constater une certaine dégradation de l'image de la profession. Les « traits d'image » positifs reculent : ainsi, « les Français ne sont plus que 70% à juger que les agriculteurs sont des personnes en qui les consommateurs peuvent avoir confiance, soit une chute de 10 points » par rapport à février 2013. D'autres traits d'image sont également en baisse, avec respectivement 53% et 49% des Français estimant que les agriculteurs sont « compétitifs » et « respectueux » de l'environnement. Les traits d'image négatifs, eux, resteraient stables : « 44% des Français les voient comme des assistés ». S'agissant de la consommation des produits de l'agriculture, « une majorité de Français (56%) se dit toujours prête à payer plus cher les produits alimentaires afin de garantir un revenu correct aux agriculteurs ». Des pistes d'analyse sont avancées comme l'effet de l'« affaire Spanghero » sur la confiance du consommateur.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : IFOP 

14:38 Publié dans Agriculteurs, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2014

Le tourisme à la campagne : quelles attentes des différentes clientèles ?

La DATAR publie une étude, réalisée par GMV Conseil, sur les attentes des consommateurs à l'égard du tourisme à la campagne. L'enquête Destination Campagnes a pris pour cible différentes clientèles : Belges, Britanniques, Espagnols et Français. Il en ressort que la campagne bénéficie d'un imaginaire très positif auprès des catégories socioprofessionnelles supérieures, qui l'associent à la détente, au ressourcement et à l'authenticité. Cela n'est, à vrai dire, pas très étonnant.

Mais les attentes fortes qui sont exprimées par ailleurs, en termes de « proximité » et « d'accessibilité » des services, sont sans doute relativement contradictoires avec cette idéalisation de la campagne. « Une fois arrivés sur leur lieu de villégiature, les vacanciers n'entendent pas parcourir de grandes distances. (…) en matière de commerces et de services ». Par exemple, 70% de la clientèle « estiment qu'ils doivent être accessibles à moins de 20 minutes ».

Ce développement du tourisme semble ainsi aller de pair avec le mouvement d'éclatement des villes et de périurbanisation, et avec les stratégies d'équipement fortes des communes péri-urbaines.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : DATAR

10:25 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : tourisme, ruralité |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/02/2014

Felfies, réseaux sociaux et besoins numériques des agriculteurs

Alors que les selfies (des photos de soi-même prises par ses propres soins) enflamment les réseaux sociaux, les agriculteurs se sont aussi emparés de ce phénomène à leur manière, et ce à travers le monde. Le Irish Farmers Journal a organisé un concours de felfies sur Facebook, qui a connu un grand succès. Il existe maintenant un blog dédié aux felfies, contraction de "farming" et "selfies", créé par un agriculteur de l'Essex au Royaume-Uni. 

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P.J. Ryan de Newport, Co. Tipperary, gagnant du concours de felfies.

Photo: IRISH FARMERS JOURNAL/FACEBOOK

Ce phénomène donne matière à réfléchir sur le lien entre Internet, médias sociaux et agriculteurs. Un récent sondage (enquête « Agrinautes-agrisurfeurs » 2013 réalisée par BVA pour Terre-net) a montré que 44% des agriculteurs avaient besoin d'Internet en dehors du bureau, sur les parcelles, en salle de traite, etc., et que 22% des agriculteurs étaient équipés de smartphones. Malgré les inégalités numériques qui touchent encore le monde agricole (la moitié des agriculteurs n'a pas accès à Internet à haut débit), l'utilisation d'applications numériques suit une tendance haussière depuis plusieurs années, principalement pour les prévisions météorologiques, le suivi des cours et marchés, la gestion des données en lien avec l’exploitation (élevage, parcelles, comptabilité). Cette enquête a également révélé qu'un quart des agriculteurs utilisait aujourd'hui les réseaux sociaux dans le cadre professionnel. Autant de thèmes qui font écho à la conférence organisée par le SYRPA intitulée « Réseaux sociaux et agriculteurs : l'agriculture est-elle (enfin) à la page? », qui a eu lieu le 13 février 2014.

Élise Delgoulet et Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Sources : http://farmingselfie.com/ et Terre-net 

 

10:21 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Agriculteurs, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/01/2014

Les préoccupations environnementales et sociales des consommateurs plus élevées dans les pays émergents qu'en Europe

Une étude à l'échelle mondiale du cabinet de marketing Nielsen bat en brèche l'idée selon laquelle les préoccupations sociales et environnementales sont l'affaire des pays riches. Les consommateurs soucieux des pratiques des entreprises, et se disant prêts à payer plus pour cela, seraient proportionnellement plus nombreux dans les pays émergents qu'en Europe.

Les pays où les consommateurs se disent les plus sensibles à l’attitude des entreprises en matière de RSE seraient en effet l’Inde (75 %), les Philippines (71 %), la Thaïlande (68 %), l’Indonésie (66 %), l’Égypte (64 %) et le Vietnam (64 %). À l'inverse, la France fait partie des pays où les consommateurs semblent les moins sensibles, avec 31 % de réponses positives. Dans le même ordre de grandeur, le Japon est prêt à acheter responsable à 31 %, l’Allemagne à 38 %, la Norvège à 39 % et les États-Unis à 44 %.

En comparant ces résultats à ceux d'une étude similaire réalisée en 2011, les auteurs constatent une rapide évolution. À l'échelle internationale, la part des consommateurs enquêtés prêts à payer plus cher leurs biens de consommation, à condition que les entreprises aient un impact positif sur la société, serait passée de 45 à 50% en 2 ans.

De tels résultats sont à prendre avec prudence, la méthode (sondage en ligne auprès de 29 000 consommateurs dans 58 pays) comportant des limites (seuls les internautes sont consultés). Cependant, une tendance de fond significative est ici illustrée. L'apparition d'une classe moyenne dans les pays émergents, importante en nombre, et qui devrait tirer la consommation mondiale de demain, s'accompagne d'une exigence croissante vis-à-vis des pratiques sociales et environnementales des entreprises.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Source : The Nielsen Compagny

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