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13/10/2015

Les liens entre changements environnementaux et transmission des maladies à vecteur

Publié récemment, l’ouvrage Impact of a decade (2004-2015) of research on vector-borne diseases présente les résultats de travaux conduits par 80 équipes scientifiques, issues de 23 pays européens et africains, sur les facteurs en lien avec les changements environnementaux et pouvant influer sur les maladies à contaminations vectorielles. Ces maladies sont transmises par des vecteurs (arthropodes hématophages) qui inoculent l’agent contaminant (virus, bactérie ou parasite) d’un individu (homme ou animal) à l’autre. Les facteurs étudiés sont d’ordres environnemental, climatique, social ou économique. Les données présentées sont issues de deux réseaux de recherche européens, animés par le Cirad : les réseaux EDEN (axés sur la santé humaine et animale) et EDENext (axé sur la biologie des vecteurs et réservoirs).

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Parmi les maladies identifiées dans cet ouvrage figurent les fièvres hémorragiques à hantavirus, pour lesquelles les rongeurs sylvicoles, hôtes intermédiaires asymptomatiques, font office de réservoirs. Le rôle clé des rongeurs dans de nombreux écosystèmes est souligné, notamment en cas d’hivers chauds.

Les maladies transmises par les tiques (par ex. maladie de Lyme) font l’objet d’un développement car il est avéré que le réchauffement climatique a un impact significatif sur la prolifération de ces vecteurs à travers le monde. Certaines de ces maladies sont préoccupantes pour le cheptel bovin, notamment la borreliose ou fièvre Q, qui provoque des baisses de production et des avortements.

Sont également étudiées les maladies transmises par les moustiques de type culicoïdes, les leishmanioses et la fièvre de West Nile, qui atteint les équidés et les humains. Ce document cite par ailleurs les travaux du projet VBORNET, notamment sur les pathologies liées au moustique aèdes albopictus, vecteur du chikungunya et de la dengue.

En conclusion de ce recueil, il est indiqué que ces réseaux sont un bon exemple d’intégration des travaux de recherche pour l’évaluation des risques et pour la mise en place de modèles de prédiction, ce qui est important pour la gestion future des maladies vectorielles.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Cirad

 

09/09/2015

Avancées dans la connaissance des mécanismes des effets cocktails

Dans un article publié le 3 septembre dernier dans la revue Nature Communications, des chercheurs français (Inserm, Cnrs)présentent les résultats de leurs travaux sur un mécanisme moléculaire pouvant contribuer à l’« effet cocktail ». Suspecté jusqu’à présent, ce phénomène correspond au fait que la combinaison, dans des mélanges complexes, de molécules exogènes auxquelles est exposé le corps humain (dont des perturbateurs endocriniens) « pourrait exacerber leur toxicité ».

Travaillant in vitro sur 40 substances (médicaments, pesticides, polluants environnementaux), ils ont montré qu’un œstrogène pharmaceutique et un pesticide organochloré (interdit dans les années 1990 mais persistant), bien que faiblement actifs quand ils sont étudiés séparément, ont « la capacité de se fixer simultanément à un récepteur situé dans le noyau des cellules et de l’activer de façon synergique ». La « coopérativité » entre ces deux molécules « induit un effet toxique à des concentrations largement plus faibles » que pour chacune prise séparément. Selon le communiqué diffusé à l’occasion de la publication de l’article, « si ces travaux sont confirmés in vivo, des retombées importantes sont attendues dans les domaines de la perturbation endocrinienne, la toxicologie et l’évaluation des risques liés à l’utilisation des produits chimiques ».

Sources : Nature communications, CNRS

22/06/2015

Biosécurité et surveillance des animaux

La Revue d’anthropologie des connaissances consacre son dernier numéro aux réagencements de la surveillance des animaux à l’aune des préoccupations de « biosécurité ». Par là, il faut entendre une « transformation des techniques scientifiques et politiques en matière de gestion des maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes », désormais de plus en plus orientées vers la préparation à « une catastrophe dont la probabilité est incalculable et dont l’arrivée est perçue comme imminente ».

Selon Nicolas Fortané (Inra) et Frédéric Keck (musée du Quai Branly), qui coordonnent le numéro, « pour saisir ce que fait et ce qui fait la biosécurité », il importe « d’étudier ‘par le bas’ » les activités de surveillance, « au lieu de partir des injonctions ou des principes qui les orientent ‘par le haut’ ». L’attention à l’« émergence », au cœur des approches unitaires de la santé (One Health), est ainsi mise en perspective à partir de différents terrains : rôle de l’OMS dans les premières mobilisations internationales autour d’un réservoir animal de grippe, surveillance des animaux d’élevage au Zimbabwe et en Mongolie, attente des invasions de criquets pèlerins en Mauritanie, contrôle des moustiques à La Réunion, fonctionnement d’un réseau de surveillance des bactéries résistantes d’origine animale (Resapath).

Les dispositifs de surveillance existent « au sein d’univers complexes, qui ne sont pas nécessairement organisés (ou en tout cas principalement organisés) autour de cette activité qu’est la surveillance des animaux ». C’est ainsi « un des enjeux de la surveillance que de faire entrer dans des dispositifs de préparation aux crises sanitaires des pratiques d’encadrement des productions agricoles, des pratiques commerciales, des pratiques académiques ou encore des pratiques de contrôle des populations humaines ou de préservation de la biodiversité ».

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Revue d’anthropologie des connaissances

09:16 Publié dans Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : biosécurité, surveillance |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les végétaux, vecteurs possibles de prions ?

Des chercheurs de l’University of Texas Medical School et de la Colorado State University ont publié en mai 2015 dans la revue Cell Report les résultats d’une étude accréditant la possibilité de transmission de prions via des végétaux. Agents infectieux de nature protéique, les prions sont responsables de plusieurs graves maladies animales et humaines : encéphalopathie spongiforme bovine, tremblante du mouton, maladie de Creutzfeld-Jacob, maladie débilitante chronique des cervidés (Chronic wasting disease-CWD, identifiée dans 22 États des USA et également préoccupante au Canada), etc. Ces quinze dernières années, la CWD est devenue la maladie la plus importante qui affecte les populations de cervidés sauvages et d’élevage en Amérique du Nord, et elle fait l’objet d’un dépistage organisé au Canada.

Répartition nord-américaine de la CWD, avril 2014

 

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Source : MFFP

Les travaux de l’équipe de recherche ont mis en évidence la possibilité de liaison du prion du CWD à différentes parties du blé. L’expérience consistait à mettre des racines et épis en incubation avec de la matière cérébrale contaminée. Même en cas de dilution très faible du contaminant, la liaison prion-plante s’est produite, puis des hamsters ont été infectés in vitro par consommation de ce filtrat contaminant. Le prion a aussi été détecté sur des plantes exposées à l’urine et aux fèces d’animaux infectés. Enfin, l’étude a montré que les plantes peuvent assimiler des prions à partir d’un sol contaminé, lequel se retrouve ensuite dans les différentes parties du végétal.

Ces éléments donnent à penser que les plantes pourraient jouer un rôle important de support de l’infectiosité dans la contamination environnementale et la transmission horizontale de la maladie. Après cette première phase de recherche en laboratoire, l’équipe va procéder à des travaux au niveau environnemental. Plus largement, cette découverte pourrait élargir les connaissances sur les modes de transmission possibles des encéphalopathies spongiformes transmissibles affectant les espèces domestiques.

Le Center for Disease Control (CDC) américain a d’ores et déjà recommandé aux chasseurs le port de gants pour manipuler les dépouilles de cerfs, et également déconseillé de consommer la viande issue de cerfs malades.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Cell Reports

 

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19/06/2015

Santé publique vétérinaire : les métiers d’aujourd’hui et de demain

Le 9 juin dernier, lors d’une séance de la Société Vétérinaire Pratique de France, ont été présentés plusieurs métiers vétérinaires d’avenir. Si l’exercice en clientèle, rurale ou canine, est la première fonction des vétérinaires, d’autres types d’activités se développent, par exemple en matière de :

– médicament vétérinaire : par rapport au médicament humain, existence d’exigences plus élargies pour la prise en compte des effets sur la santé animale mais également sur la santé humaine (via notamment les résidus) et sur l’environnement ;

– industrie agroalimentaire : montée en puissance de la commercialisation de poulets élevés sans antibiotique, démarche initiée en 2010 en région Auvergne et ayant pris un réel essor ;

– conseil en hygiène alimentaire, dans le cadre de l’application de la réglementation européenne du « Paquet Hygiène » : activité de conseil en hygiène alimentaire auprès d’industriels et de collectivités, qui pourrait se développer dans les prochaines années suite à l’intérêt croissant, dans les cantines scolaires, pour les produits locaux cuisinés sur place, remplaçant des repas élaborés en cuisines centrales.

Cette liste, loin d’être exhaustive, pourrait être complétée par la fonction de vétérinaire comportementaliste et la mise en place de thérapies « par l’animal ».

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Lien : CIV

26/05/2015

Propositions pour des politiques australiennes équilibrées et efficaces en matière de bien-être des animaux d’élevage

En avril 2015, le Farm Australian Institute, organisme indépendant travaillant sur l’agriculture australienne, a publié un rapport intitulé Designing balanced and effective farm animal welfare policies for Australia. Ce rapport présente un état des lieux del’application des règles de bien-être animal en Australie et propose des pistes d’amélioration, afin de concilier politiques de bien-être animal, opinion publique et réalités de l’industrie agroalimentaire. En effet, bien que desnormes de niveau satisfaisantsoient globalement appliquées dans le pays, une partie de l’opinion les juge insuffisantes et éprouve une certaine défiance vis-à-vis de l’industrie agroalimentaire.

Une analyse bibliographique des pratiques montre des disparités selon les États. Si les dispositions relatives au commerce, à l’exportation et à l’abattage des animaux relèvent du gouvernement centralisé, le bien-être des animaux d’élevage est du ressort des États, lesquels peuvent se référer à des orientations données par des instances nationales (Australian Capital Territory et Australian Animal Welfare Strategy). Pour le Farm Australian Institute, l’absence d’une politique nationale peut toutefois conduire à des effets négatifs sur le bien-être animal ainsi qu’à des différences de coûts, qui peuvent parfois sembler injustifiées aux yeux des professionnels.

Les États ont formalisé le bien-être animal de manières différentes. Par exemple, si le Queensland a privilégié les termes de « soins et protection animales », le Territoire du Nord a préféré insister sur la santé, la sécurité et le bien-être.

Se plaçant dans une logique de recherche de consensus, le rapport fait plusieurs propositions, dont celle de l’adoption d’une loi nationale sur le bien-être des animaux d’élevage, basée sur des principes fondamentaux et des critères scientifiques objectifs. De plus, le gouvernement devrait faire le choix de structures consultatives appropriées afin de s’assurer que les décisions prises soient cohérentes et fondées. Enfin, la mise en place d’une réglementation nationale devrait être assortie d’enquêtes, de contrôles et de répression des infractions, tout en fixant prioritairement à ces dernières des objectifs de formation à la prévention des mauvais traitements. Il s’agirait ainsi de mettre en place un dispositif équilibré et efficace de respect du bien-être des animaux d’élevage, en cohérence avec les impératifs de production.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Farm Australian Institute

19/05/2015

Santé publique et travail agricole : quels sont les mécanismes de la « production de l’ignorance » ?

 

Dans le sillage de plusieurs articles (voir un précédent billet sur ce blog) consacrés aux mobilisations d’agriculteurs « victimes des pesticides », François Dedieu (INRA) et Jean-Noël Jouzel (CSO) publient dans la Revue française de sociologie une contribution sur le dispositif de prévention des intoxications professionnelles en France. À partir de l’exemple de l’interdiction de l’arsenite de soude en 2001, les chercheurs entendent montrer « comment ce dispositif parvient à s’accommoder des savoirs ‘inconfortables’ susceptibles de remettre en cause ses arrangements institutionnels ordinaires », et mettre « en évidence les mécanismes par lesquels les organisations qui produisent ces savoirs offrent à leurs membres de ‘bonnes raisons’ de les ignorer, en désamorçant leur sens critique et en évitant d’œuvrer aux changements institutionnels qui devraient découler de leur prise en considération ». Leur travail débouche ainsi sur une intéressante réflexion sur les ressorts du changement institutionnel.

Lien : Revue française de sociologie

15/04/2015

Allemagne : pour un élevage accepté par la société

Le 20 mars 2015, le Conseil scientifique de la politique agricole, placé auprès du Ministère fédéral allemand de l’alimentation et de l’agriculture, a publié son rapport intitulé Chemins vers un élevage accepté par la société. Ce conseil pluridisciplinaire rend ses avis et expertises de manière indépendante et peut également s’autosaisir. Il est constitué d’une quinzaine d’universitaires, qui ont travaillé trois ans pour rédiger ce document de près de 400 pages sur l’élevage.

Le rapport part du constat que l’élevage en Allemagne est devenu, durant les dernières décennies, un secteur économique florissant, dans lequel des progrès importants ont été réalisés en termes d’efficience. Dans le même temps, il relève de graves déficits, en premier lieu dans le domaine de la protection animale, mais aussi dans celui de l’environnement. Combinés à une évolution du rapport Homme-Animal, ces déficits conduisent selon ce rapport à un niveau d’acceptation réduit de l’élevage par la société. Les manifestations locales et nationales contre les élevages de masse ou les « usines à animaux », régulières en Allemagne, confirment d’ailleurs cette analyse.

Selon le conseil, l’élevage tel que pratiqué en Allemagne n’est pas viable (« nicht zukunftsfähig »). Le rapport présente des recommandations multiples et chiffrées pour le niveau fédéral, les Länder et l’UE, afin de réformer en profondeur l’élevage allemand, notamment dans le domaine du bien-être animal. Au-delà de productions plus respectueuses des animaux et de l’environnement, les scientifiques se prononcent également pour une réduction de la consommation de viande.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Les Verts, dont la transition agricole est devenue le nouveau cheval de bataille depuis l’abandon du nucléaire, les agriculteurs biologiques comme les protecteurs des animaux se réjouissent des conclusions du rapport. Les organisations agricoles le condamnent sévèrement, estimant que la science a capitulé devant le « mainstream vert ». Même s’il y contribue de manière scientifique et constructive, il n’est pas certain que ce rapport apaise le débat autour de l’élevage, déjà très polarisé outre-Rhin. Dans tous les cas et face à une population allemande réceptive aux thèses défendues, le gouvernement fédéral pourra difficilement ignorer ses conclusions.

Arnaud Brizay, Conseiller pour les affaires agricoles, Service Économique Régional, Ambassade de France en Allemagne

Source : Bundesministerium für Ernährung und Landwirtschaft

Rapport, Résumé en anglais

10/04/2015

La sécurité sanitaire des aliments face au changement climatique

Food Research International a publié un numéro spécial sur les risques sanitaires alimentaires et les impacts attendus du changement climatique. L’éditorial rédigé à cette occasion propose un tour d’horizon intéressant sur cette problématique, mettant en perspective les articles de ce numéro au regard de la littérature existante.

Dans un premier temps, une recherche bibliographique sur Scopus (base de données d’articles publiés dans des revues à comité de lecture) avec les expressions « climate change » et « food safety » (ou « food chemistry ») met en évidence la relative nouveauté de ce sujet interdisciplinaire (33 publications en juillet 2014, contre 20 en 2010). L’éditorial montre aussi l’évolution des connaissances sur ce sujet via les travaux cités dans les derniers rapports du GIEC, des informations de plus en plus nombreuses mais jugées limitées (peu de résultats de terrain ou d’analyses quantitatives par exemple).

Puis, des impacts attendus du changement climatique sont développés dans l’éditorial : maladies d’origine alimentaire et micro-organismes, mycotoxines, ainsi que nuisibles et usages de pesticides. Sur ce dernier point, une revue de la littérature scientifique est proposée, qui conclut à une utilisation potentiellement accrue de pesticides (doses, fréquences, volumes et diversité des produits appliqués). De plus, le changement climatique augmenterait la volatilité et la vitesse de dégradation de ces pesticides.

Au-delà de ces conclusions essentiellement qualitatives, ce numéro considère aussi des approches quantitatives (analyse statistique et études de terrain). Il est complété par des travaux mobilisant des scénarios climatiques afin d’évaluer les impacts des évolutions du climat sur la distribution des mycotoxines (en Espagne et en Belgique), des toxines paralysantes des algues (PSP) ou encore du Vibrio parahaemolyticus dans les huîtres. Un article présente également les résultats d’une étude Delphi sur les stratégies d’adaptation pour garantir une sécurité sanitaire des aliments dans le temps long.

Nombre d’articles de cette livraison de Food Research International sont issus des travaux réalisés dans le cadre du projet européen Veg-i-Trade, centré sur les produits frais, lancé en 2010 pour une durée de 4 ans et financé par le septième programme-cadre européen (2007-2013) pour la recherche et le développement technologique.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Food Research International

10/03/2015

Le gouvernement écossais entreprend de moraliser le commerce des animaux exotiques

Richard Lockhead, Cabinet Secretary for Rural Affairs and the Environment du gouvernement écossais, a récemment diligenté un examen des modalités de commerce des animaux exotiques sur son territoire. Il a commissionné à cette fin des organisations vétérinaires, des biologistes et des organismes de protection animale, parmi lesquelles l’association OneKind.

Le marché européen des animaux exotiques concerne actuellement des millions d’animaux sauvages importés chaque année, répartis entre plus de 1 000 espèces (mammifères, oiseaux, invertébrés, reptiles et amphibiens, poissons). Si une grande partie de ce commerce est destinée aux parcs zoologiques, il existe également un marché, parfois illégal, touchant les particuliers. En effet, le choix d’un animal de compagnie d’origine exotique est une tendance constatée dans les pays occidentaux.

L’importation de ce type d’animaux peut constituer une menace à plusieurs niveaux : pour la santé et le bien-être de ces animaux, dont les besoins physiologiques ne sont pas forcement pris en compte par leurs propriétaires, mais aussi pour les animaux domestiques autochtones et la santé humaine.

Il apparaît de ce fait important de renforcer les mesures prévues par la législation actuelle, notamment en ce qui concerne le commerce d’animaux non-domestiques sur Internet, lequel échappe souvent aux contrôles et propose, avec peu de garanties, une gamme d’animaux exotiques très divers (singes, hérissons pygmées, ratons laveurs, iguanes, caméléons, tortues, boas, pythons, etc.). Ainsi, alors que le dispositif actuel repose sur des listes négatives d’espèces interdites, définies notamment par la Convention de Washington, l’association OneKind propose de fixer une liste positive des animaux pouvant être détenus comme animaux de compagnie.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : The Scottish Government

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07/01/2015

Consultation publique de l’EFSA sur le bien-être des vaches laitières dans les exploitations de petite taille

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a lancé mi-décembre dernier une consultation publique dans le cadre de l'examen des conditions de vie des vaches laitières dans les exploitations de petite dimension. Cette consultation à laquelle participent, outre les pays de l'Union européenne, la Norvège, la Suisse, l'Islande et le Monténégro, donnera lieu en 2015 à un avis scientifique.

Cette démarche, justifiée notamment par les préoccupations des consommateurs quant aux conditions de production, s'inscrit dans une série d'enquêtes de l'EFSA sur le bien-être en productions animales.

Répartition de la population de vaches laitières entre les pays concernés par la consultation

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Source : EFSA

Source : EFSA

 

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11/12/2014

Découverte d’une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides

Des chercheurs de l’Institut de microbiologie de l'École Polytechnique Fédérale de Zurich ont découvert une protéine aux propriétés antibiotiques bactéricides, la copsine, dans le champignon Coprinopsiscinerea.

Le mécanisme d’action de cette protéine, particulièrement stable et capable de se maintenir plusieurs heures à 100 °C, serait lié à sa capacité à se lier aux lipides constitutifs de la paroi bactérienne et à détruire ainsi la bactérie.

Structure tri-dimensionnelle de la copsine

copsine.jpg

Source : Essig A et al. JBC 2014

Pour Markus Aebis, qui a dirigé les travaux, l’intérêt potentiel principal, au-delà d'une éventuelle utilisation en thérapeutique, serait de savoir comment ces antibiotiques naturels ont pu garder une activité pendant des millions d’années alors que certains antibiotiques, utilisés depuis seulement quelques décennies, deviennent inactifs. Les structures végétales de type moisissures semblent avoir un code génétique interne leur permettant d’utiliser ces substances sans induire de résistance. Décoder cette instruction serait un sujet de recherche important.

Les applications potentielles de la copsine sont d'ores et déjà enregistrées et protégées par un brevet. Ainsi, une valorisation serait envisageable en industrie alimentaire. En effet, la copsine se révèle efficace contre la bactérie listeria, à l'origine d’intoxications alimentaires dues à la consommation d'aliments non traités par la chaleur (fromages au lait cru et viandes séchées).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : École Polytechnique Fédérale de Zurich

 

10/12/2014

La santé des abeilles : la surveillance aujourd’hui, les perspectives pour demain

Un colloque organisé le 9 décembre par l’ANSES a fait un bilan sur la santé des abeilles et ses conséquences environnementales.

Lors de ce colloque, un point d'actualité (cf. dossier du participant) a été présenté sur le programme européen EPILOBEE, programme de surveillance des mortalités d'abeille mis en œuvre dans 17 États membres, et surle programme MUST-B de l'EFSA, chargé de l'évaluation du risque des facteurs de stress multiples vis-à-vis des abeilles, ces deux programmes étant articulés.

Par ailleurs, un temps a été consacré à un nouveau danger qui menace les colonies d'abeilles européennes. Franco Mutinelli, de l'Institut expérimental zooprophylactique de Vénétie, a fait la chronologie de l'infestation de ruchers italiens par Aethina Tumida, le petit coléoptère de la ruche (small heeve beetle), depuis la première détection en Calabre le 5 septembre 2014. La progression du parasite atteint depuis novembre la Sicile. Les territoires touchés ont été mis sous surveillance sanitaire et le commerce d'abeilles, bourdons ou produits de la ruche non transformés est interdit.

 Zones touchées en Italie par Aethina Tumida, au 01/12/2014

italie.jpg

Source : Anses

Le coléoptère Aethina Tumida peut se multiplier abondamment dans les colonies infestées où il se nourrit du couvain, du miel et du pain d'abeille. Dans certains cas, l'infestation peut conduire à la destruction des cadres. Les excréments du coléoptère entraînent la dégradation et la fermentation du miel. Ainsi, des infestations importantes peuvent entraîner la mort de la colonie ou la désertion des abeilles. Aux États-Unis, l'arrivée du petit coléoptère des ruches a occasionné des pertes de production importantes. En Europe, il y avait déjà eu un cas en 2004 au Portugal, rapidement circonscrit.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Lien : Anses

 

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01/12/2014

Une encyclopédie en ligne des ravageurs et auxiliaires de plein champ

Le bureau de développement de l'agriculture et de l'horticulture du Royaume-Uni a publié une encyclopédie de plus de 200 ravageurs et auxiliaires de plein champ. Ces derniers y sont décrits, ainsi que leur nuisibilité ou utilité, et les moyens de les limiter ou de les favoriser (en grandes cultures principalement). L'ouvrage, accessible en ligne, fournit des clés d'identification des stades larvaires, des seuils d'intervention, des descriptions des cycles de reproduction, etc. L'encyclopédie n'est disponible qu'en anglais mais les noms latins des espèces permettent de trouver la traduction française.

Source : AHDB Agriculture & Horticulture Development Board

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12/11/2014

Rapport de l’OCDE sur l’utilisation des antimicrobiens en élevage

Publié en octobre, le rapport sur La résistance aux antimicrobiens : utilisation des antimicrobiens dans l'élevage de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), fait suite à une étude soutenue par la Suède et encouragée par d'autres États membres, dont la France et les Pays-Bas.

Ce rapport présente les caractéristiques des risques liés aux antibiorésistances en médecine humaine ou animale, et distingue les antimicrobiens utilisés en tant que médicaments de ceux utilisés comme promoteurs de croissance. Cette dernière utilisation est interdite depuis le 1er janvier 2006 dans l’Union européenne, mais est encore pratiquée dans les pays tiers (dont les États-Unis). Les incertitudes et inégalités entre pays dans le domaine de la consommation d'antimicrobiens sont également pointées : de fortes disparités persistent dans l'évaluation de cette consommation en tant que médicaments vétérinaires (dispositifs performants en France, au Royaume-Uni, au Danemark et en Suède, procédures de comptage aux États-Unis et au Canada, mais peu de données pour la plupart des pays en développement).

Le rapport aborde également les aspects économiques qui, souvent, sont devancés par les enjeux de santé. Le cabinet conseil Vetnosis, spécialisé en santé animale et médicament vétérinaire, évalue le marché mondial annuel du médicament vétérinaire à 22 milliards de dollars, ce chiffre ne pouvant être garanti compte tenu des divergences de distribution entre régions. Par ailleurs, les impacts économiques mondiaux des antibiorésistances ne sont pas aisés à quantifier. Or, le recours aux antimicrobiens en élevage peut, dans certains cas, donner lieu à un dilemme entre le gain à court terme (résultant d'une croissance pondérale et d'une productivité accrues) et les coûts à long terme résultant des risques d'antibiorésistance. Les modalités d'utilisation doivent donc faire l'objet d'un compromis à l’échelle de l’élevage.

Le travail autour de ce thème majeur se poursuit au sein de l'OCDE et devrait donner lieu, en fin d'année 2015, à une conférence internationale sur le sujet, qui réunira les experts des gouvernements afin de clarifier les positions et intérêts des pays membres de l’organisation sur cette question. La question de l'impact sur les antibiorésistances de l'utilisation des antimicrobiens en élevage est un enjeu de santé publique fort. Ainsi, le présent rapport cite notamment l'OMS en précisant qu'à l'échelle mondiale, on utilise plus d'antimicrobiens pour traiter des animaux en bonne santé que pour traiter des humains malades.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE